Accident nucléaire grave : la France n’est pas prête

Article initialement publié en Avril 2016

En cas d’accident nucléaire grave, la France n’est pas prête. Tel est le constat d’une étude de l’ACRO effectuée pour l’ANCCLI (Association Nationale des Comités et Commissions Locales d’Information). En effet, les leçons de la catastrophe de Tchernobyl ont été ignorées, car il s’agissait d’un accident qualifié de « soviétique », donc impossible en France. Celles de la catastrophe de Fukushima tardent à être prise en compte.

L’étendue des Plans Particuliers d’Intervention (PPI) est toujours limitée à 10 km, alors que l’impact des accidents graves va bien au-delà. Le rapport ATHLET des autorités de sûreté nucléaire et compétentes en radioprotection européennes recommande pourtant de se préparer à évacuer jusqu’à 20 km, protéger la thyroïde et se mettre à l’abri jusqu’à 100 km.

En cas d’évacuation, les personnes vulnérables, comme les malades hospitalisés ou les personnes âgées, sont celles qui risquent le plus. Il y a eu de nombreux décès au Japon. Il y a urgence à prévoir des mesures de protection appropriées pour elles.

Les plans d’urgence n’ont pas été évalués scientifiquement, comme c’est le cas en Amérique du Nord où une évaluation des temps d’évacuation est obligatoire.

Depuis l’accident nucléaire de Fukushima, il n’y a pas eu d’évolution : le plan national de janvier 2014 n’a pas étendu les distances de référence. Les nouveaux PPI sont essentiellement du copié-collé des anciens. Comparativement, la Suisse a étendu la pré-distribution d’iode à 50 km autour de ses centrales nucléaires. En Belgique, le Conseil Supérieur de la Santé vient de préconiser d’adopter des recommandations du rapport ATHLET et d’étudier les vulnérabilités, et ce d’ici la fin 2016. En Allemagne, la Commission de radioprotection recommande aussi d’étendre les PPI jusqu’à 100 km.

Qu’attend la France ?

Etude pour l’ANCCLI

Lire le rapport complet au format pdf

Pour lire le résumé : http://fukushima.eu.org/plans-durgence-nucleaire-en-france-forces-et-faiblesses/

Contamination au tritium de l’eau potable : mise au point de l’ACRO

Mis en avant

L’ACRO a rendu publique, mercredi 17 juillet dernier, une carte exclusive de la contamination de l’eau potable par le tritium à partir des données transmises par le ministère de la santé et a souligné le risque en cas d’accident nucléaire, comme l’indiquait le titre de son communiqué. La Direction Générale de la Santé, qui nous a fourni les données, a été prévenue par mail le lundi 15 juillet au soir de notre communication à venir et de nos revendications.

Cette cartographique de la contamination en tritium de l’eau potable n’avait jamais été faite. Les données étaient disponibles, mais elles n’étaient connues, ni de la presse, ni du public. Notre carte a donc eu un énorme impact, qui nous a nous même surpris. Notre site Internet a été consulté par plus de 160 000 citoyens en quelques jours !

Les promoteurs de l’énergie nucléaire ont vu d’un mauvais œil cette information sur les rejets de leurs installations qui impactent directement l’eau potable. Certains ont essayé de faire croire que ce tritium était naturel, alors qu’aux taux relevés, il ne peut être qu’artificiel. Mais, personne ne s’est intéressé à l’objet même de notre communication, à savoir quelle alimentation en eau potable en cas d’accident nucléaire grave ?

Dans ce contexte, un message a été posté anonymement sur les réseaux sociaux. Il mentionnait une contamination au « titanium », et non au tritium, et un prétendu arrêté préfectoral interdisant de boire de l’eau du robinet en Ile de France. Il a semé la panique et entraîné des messages rassurants des autorités sur la qualité de l’eau de consommation. L’ACRO a rapidement démenti sur twitter cette fausse information, dès qu’elle a découvert la rumeur.

Peine perdue, cette fausse information a permis d’accuser l’ACRO d’avoir semé la panique. S’en est suivie une avalanche de tweets insultants basés sur la théorie du complot : l’ACRO manipulerait les journalistes. C’est nous donner beaucoup de pouvoir ! Certains sont même allés à proférer des menaces.

TF1 s’est particulièrement distinguée dans le paysage médiatique français par sa propre fake news. Lors de son journal de 20h du 21 juillet 2019, la chaîne assène : « le communiqué alarmiste d’une association a semé la panique chez plus de 6 millions de Français. Sauf que tout était faux. » Il s’agit de propos diffamants : nos données viennent du ministère de la santé et n’ont jamais été contestées. La contamination est avérée et elle est issue des rejets des installations nucléaires.

L’ACRO est un lanceur d’alerte. Rien dans sa communication n’est anxiogène. Elle ne cherche pas à provoquer la panique, mais le débat. Le but de ce travail est d’éclairer le public et les autorités sur les niveaux de radioactivité et les risques engendrés en cas d’accident.

C’est Le Canard Enchaîné qui, le premier, a publié l’information, en précisant : « Pas de panique : la concentration en hydrogène radioactif (autre nom du tritium) reste très en deçà des normes sanitaires et est donc sans danger. » Notre communiqué précisait qu’« aucune valeur ne dépasse le critère de qualité fixé à 100 Bq/L instauré par les autorités sanitaires. » Nous disons que le tritium est un lanceur d’alerte et nous insistons sur le risque en cas d’accident nucléaire grave. La dépêche AFP qui a suivi, et qui a été reprise par presque toute la presse, citait notre phrase et précisait que les valeurs étaient bien en-dessous de la limite de potabilité de l’OMS.

Pour mémoire, nous avions déjà mis en avant, le 18 juin dernier, grâce à nos propres résultats d’analyse, la contamination de l’eau potable le long de la Loire. L’information avait déjà été largement reprise par la presse, sans pour autant provoquer de mouvement de panique.

On nous a aussi reproché d’avoir utilisé le mot « contamination », mais c’est celui utilisé dans le monde de la radioprotection. Il peut y avoir de faibles contaminations avec un risque faible et de fortes contaminations qui présentent des risques élevés. Le mot a pour but de souligner la présence d’éléments radioactifs artificiels. Nous continuerons donc à l’utiliser.

Nous avons été surpris et choqués, lors de notre étude, de découvrir que 6,4 millions de Français buvaient une eau contaminée directement par l’industrie nucléaire, même si cela n’avait pas d’impact sanitaire. Personne ne connaissait ce chiffre puisqu’une telle étude est inédite. Notre travail met en lumière la vulnérabilité de l’alimentation en eau potable de grandes agglomérations en cas d’accident nucléaire grave. Nous n’avons pas été démentis sur le sujet. Aucune préfecture n’a été en mesure d’indiquer qu’elle dispose un plan « ORSEC eau potable ».

Il nous a été reproché de faire peur avec l’accident nucléaire. Mais toutes les instances nationales et internationales invitent à s’y préparer : cela fait partie intégrante de la sûreté nucléaire. Cette vulnérabilité de l’eau potable est peu connue. Elle nous avait échappé lors de nos études précédentes sur les plans d’urgence nucléaire.

Nous nous devions d’alerter sur ce risque et nous allons continuer à faire pression pour qu’il soit pris en compte. Notre observatoire de la radioactivité dans l’eau va être étendu et nous continuerons à communiquer sur le sujet. C’est la raison d’être de notre association, qui milite pour le droit de savoir dans le domaine du nucléaire et de la radioactivité.

Mise à jour : les résultats du contrôle sanitaire de l’eau du robinet sont désormais disponibles sur le site data.gouv.fr

Contamination anormalement élevée à Saumur en janvier 2019 : du tritium à 310 Bq/L dans la Loire

Surveillance citoyenne de la radioactivité dans les eaux de la Loire et de la Vienne : contamination anormalement élevée à Saumur en janvier 2019

Plusieurs associations du bassin de la Loire réunies dans le Collectif Loire Vienne Zéro Nucléaire ont mis en place en 2017, avec le laboratoire indépendant de l’ACRO, un suivi de la radioactivité dans les cours d’eau et dans l’eau de consommation. Un premier bilan est publié ce jour.

Le principal radioélément retrouvé dans les eaux de la Loire et de la Vienne est le tritium, hydrogène radioactif, rejeté en grande quantité par les centrales nucléaires. Les rejets se cumulent tout au long du fleuve et en aval, la présence de tritium est quasiment systématique. On le retrouve aussi dans les eaux de consommation.

A Châtellerault, sur la Vienne, par exemple, les eaux de la rivière et de consommation sont contaminées à chaque prélèvement mensuel depuis décembre dernier, à des niveaux qui peuvent atteindre 50 becquerels par litre (Bq/L). C’est la centrale nucléaire de Civaux qui en est à l’origine.

A Saumur, en aval des cinq centrales nucléaires sur la Loire et la Vienne, la présence de tritium est quasi systématique aussi bien dans le fleuve que dans les eaux de consommation. En janvier 2019, la concentration en tritium dans l’eau de la Loire a atteint 310 Bq/L, qui est une valeur anormalement élevée : beaucoup plus que les valeurs publiées par EDF et plus que le seuil d’alerte de 100 Bq/L dans l’eau potable qui doit déclencher des investigations. Aucune autorité compétente n’a détecté ni évoqué cette pollution anormale.

Est-ce dû à un incident ? Le Collectif Loire Vienne Zéro Nucléaire et l’ACRO alertent donc les autorités et demandent une enquête pour déterminer l’origine de cette valeur exceptionnelle

La présence quasi systématique de tritium dans les eaux en aval des installations nucléaires nous inquiète. Les consommateurs devraient avoir droit à une eau non contaminée. En application des articles 1, 3, 4 et 5 de la Loi constitutionnelle n° 2005-205 du 1 mars 2005 relative à la Charte de l’environnement, nous demandons aux autorités que tous moyens soient mis en place pour ramener les taux de tritium dans l’eau de rivières et des nappes phréatiques à une valeur proche du « bruit de fond » afin de ne pas porter atteinte à l’environnement, et d’autre part pour éliminer totalement ce radioélément dans les eaux destinées à la consommation.

Les effluents contaminants  ne sont pas déversés en continu mais ponctuellement et massivement dans la Loire et la Vienne. Pour une information complète du public, nous demandons qu’EDF publie les dates et heures de ses largages d’eau contaminée déjà effectués et leur caractérisation (volume, mesures de radioactivité,…). Surtout, nous demandons qu’une coordination soit mise en place entre EDF et les organismes qui prélèvent l’eau de rivière et des nappes avoisinantes afin d’anticiper l’interruption des captages durant les périodes de rejet et de réduire ainsi la contamination de l’eau de consommation.

Ces résultats montrent tout l’intérêt de la surveillance citoyenne qui va être renforcée. Nous comptons sur votre soutien !

CP commun 18.06.19

Tous les résultats de la surveillance citoyenne de la radioactivité dans le bassin de la Loire sont dans notre rapport :

Réactions officielles :

– juin 2019 :

Dans une note d’information publiée le 19 juin 2019, l’ASN écarte toute conséquence sanitaire mais cherche l’origine du résultat inhabituel, car elle n’a pas eu connaissance d’événements anormaux à cette période. Le vendredi 21 juin, l’ASN a aussi mené une inspection inopinée à la centrale de Chinon, la plus proche de Saumur, mais n’a pas trouvé d’anomalie pour le moment. Voir la lettre de suite : lien direct, copie.

Dans sa note d’information publiée le 20 juin (copie), l’IRSN précise que sa surveillance durant les dix dernières années n’a pas permis de mettre en évidence une activité de l’ordre de 310 Bq/L. Et d’ajouter que le niveau mis en évidence par l’ACRO n’est pas un niveau habituel et son origine doit être recherchée.

Le Haut Comité pour la Transparence et à l’Information sur la Sécurité Nucléaire (HCTISN) a bousculé l’ordre du jour de sa séance plénière du jeudi 27 juin (copie) pour ajouter, notamment, un point d’actualité sur le tritium dans la Loire.

– juillet 2019 :

Le 19 juillet, l’IRSN a publié une nouvelle note d’information (copie) qui présente le résultat de ses premières investigations. L’Institut a exploré 3 pistes :
• Rejet exceptionnel / rejet non concerté entre les différentes installations d’EDF : aucun rejet exceptionnel ou aucun incident d’exploitation susceptible d’accroitre significativement le niveau de tritium des rejets liquides sur le bassin versant de la Loire n’a été reporté par EDF.
• Une autre source de tritium : le rejet aurait été dû être localisé en aval de Chinon et de Civaux mais en amont de Saumur. A ce jour, l’Institut ne dispose pas d’information sur une possible source de tritium.
• Le prélèvement de l’ACRO est ponctuel alors que la surveillance de l’IRSN est basée sur une moyenne sur 24h. Est-ce qu’un moins bon mélange du tritium peut expliquer cette valeur élevée ? Le code de dispersion de l’IRSN prend pour hypothèse une dilution parfaite des rejets dans la totalité du volume de dilution de chaque section du fleuve et ne permet pas de conclure. L’Institut continue ses recherches.

– octobre 2019 :

Le 17 octobre 2019, l’ASN et l’IRSN ont simultanément publié des notes d’informations sur le tritium.

L’ASN précise qu’elle a poursuivi ses investigations pour comprendre l’origine de cette valeur de 310 Bq/L : elle a “analysé une nouvelle fois les registres réglementaires remis par EDF [et] n’a relevé aucune anomalie concernant les modalités de rejets des centrales concernées sur la période considérée. Les calculs de dilution font état d’une activité moyenne de 60 à 80 Bq/L en aval de la confluence Vienne/Loire le 21 janvier 2019.” Mais ces calculs sont basés sur des valeurs moyennes.

“L’ASN a également interrogé les autres exploitants d’installations industrielles détentrices de sources de tritium et échangé avec son homologue pour la Défense (ASND) et la Direction générale de la santé.”

L’IRSN a repris (lien direct vers la note, copie) les trois hypothèses qu’elle avait émises en juillet et tente d’y apporter une réponse :

  • incident lors du processus de rejet : cette hypothèse est écartée, suite, notamment, aux investigations de l’ASN ;
  • rejet par une autre source qu’EDF : cette hypothèse est aussi désormais écartée car aucun émetteur potentiel n’a pu être trouvé entre Chinon et Saumur ;
  • “problème lié à la méthodologie de prélèvement” comme l’annonce l’IRSN ou problème de modélisation ? Les prélèvements effectués par l’IRSN au moyen d’hydrocollecteurs “produisent une information moyennée sur un mois”. Ils ne permettent donc pas de détecter des pics de pollution. Ceux d’EDF “fournissent des mesures de concentration de tritium journalières, voire horaires”, mais ces données détaillées ne sont pas publiques. Impossible de vérifier. Selon l’IRSN, l’écart entre un prélèvement ponctuel comme effectué par l’ACRO et un prélèvement intégré sur 1 ou 24 heures devrait être faible. Mais le graphe qui vient en appui de cette affirmation est basé sur un calcul, pas sur des données de mesure.
    L’IRSN suggère donc que l’ACRO a effectué un prélèvement en dehors de la “zone de bon mélange”. La modélisation des rejets radioactifs dans un cours d’eau est complexe et l’IRSN, dans ses calculs, fait l’hypothèse qu’il y a un “bon mélange” entre les eaux rejetées et celle du fleuve, tout en reconnaissant que ce n’est pas toujours de la cas. Dans les faits, les systèmes de surveillance peuvent détecter des concentrations plus faibles ou plus élevées que modélisé. L’Institut conclut que : “A la date de détection par l’ACRO du pic de concentration à Saumur, la principale source d’écart entre la mesure issue de la surveillance régulière et le modèle serait à attribuer principalement à un retard dans l’homogénéisation des rejets issus de la centrale de Chinon”. Le problème vient donc de la modélisation qui suppose une homogénéisation rapide, mais le titre de l’IRSN met en cause la “méthodologie de prélèvement”, ce qui n’est pas acceptable.
    L’IRSN ajoute qu’il “compte approfondir ses investigations, en lien avec l’ASN. L’Institut projette d’effectuer une campagne de prélèvement dans des conditions aussi proches que possibles de celles ayant conduit à la mesure de 310 Bq/L à Saumur (en hiver, dans une période de basses eaux).” On verra comment il fait pour repérer la “zone de bon mélange”
    A noter que l’IRSN saura à l’avance quand la centrale de Chinon effectue ses rejets, ce qui n’est pas le cas de l’ACRO, puisque cette information n’est pas publique.

A notre connaissance, EDF n’a pas encore officiellement réagi.

acronique du nucléaire #123, décembre 2018

  • Communiqués ACRO (publication et censure d’un rapport d’expertise IRSN)
  • Agissez avec l’ACRO pour que la France étende à 100 km la distribution d’iode stable (communiqué du 13.11.18)
  • Analyse du projet de dépotoir radioactif de Chalk River (étude réalisée par l’ACRO à la demande de la communauté métropolitaine de Montréal)
  • Revue de presse

Projet de dépotoir radioactif à Chalk River au Canada : expertise du projet par l’ACRO

Situé à 200 kilomètres en amont de la région Ottawa-Gatineau, le complexe nucléaire de Chalk River sert, depuis les années 1950, de laboratoire pour le développement de l’industrie nucléaire canadienne. Un lieu “d’élimination” de déchets radioactifs est projeté sur le site d’un milieu humide à proximité de la rivière des Outaouais présentant ainsi des risques de contamination en cas de fuite. Cette rivière est une importante source d’eau potable pour une grande partie des habitants du Grand Montréal. Les méthodes de stockage proposées suscitent d’importantes questions qui ont été soulevées lors du processus d’étude du projet par la Commission canadienne de sûreté nucléaire et les autres structures de contrôles.

Dans ce contexte la Communauté a donc souhaité mandater un expert afin qu’il puisse étudier le projet de dépotoir nucléaire proposé par les Laboratoires nucléaires canadiens (le promoteur) afin d’émettre des recommandations sur les mesures susceptibles de bonifier le projet tout en assurant les instances de la Communauté que les meilleures pratiques seront mises en œuvre dans le but premier de protéger l’approvisionnement en eau potable du territoire métropolitain. L’Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest (ACRO), organisation non gouvernementale française, forte d’une expérience de 30 ans dans le domaine, a été retenue pour effectuer ce travail.

Une animation du dépotoir nucléaire proposé à Chalk River.

 

Pollution radioactive à La Hague : l’ACRO demande plus de transparence et une concertation sur la dépollution

En octobre 2016, l’ACRO alertait sur une pollution à l’américium et au plutonium autour du ruisseau des Landes à La Hague et en janvier 2017, Areva reconnaissait la pollution et s’engageait à décontaminer la zone. Voir la chronologie des évènements.

En juillet 2017, Areva a proposé à l’ASN un plan de dépollution qui n’est pas public. Seul l’avis de l’IRSN est connu.

L’ACRO demande depuis la CLI Areva du 17 octobre que le plan de dépollution accompagné de son dossier technique soit rendu public et fasse l’objet d’une consultation du public.

Si l’on en croit l’avis de l’IRSN n°2017-00376 daté du 4 décembre 2017, Areva, devenu Orano, se focaliserait uniquement sur une petite partie de la zone humide et un apport via la nappe phréatique qui continuerait à polluer la zone en plutonium. L’ACRO considère que ce n’est pas suffisant car un talus en bordure de l’usine et de pâturage, situé en amont de la zone humide, est aussi fortement contaminé.

En 1998 – 2000, dans le cadre d’une commande d’Areva, l’IRSN détectait jusqu’à 1 770 Bq/kg en césium-137 et jusqu’à 12,5 Bq/kg en américium-241 dans la terre de ce talus. Du plutonium est donc nécessairement présent aussi. Des mesures plus récentes effectuées par l’ACRO dans la même zone montrent une contamination encore élevée. L’ACRO réclame en vain à l’IRSN, depuis des mois, les rapports d’analyse relatifs à ce talus. Sans réponse, elle va saisir la CADA.

En conclusion, l’ACRO demande :

  • que l’étendue de la pollution soit bien caractérisée ;
  • que les mécanismes de transfert des polluants radioactifs soient bien étudiés pour éviter de nouveaux apports ;
  • que l’impact sanitaire soit étudié à partir des années 1970 dans le cadre d’un groupe d’expertise pluraliste ;
  • que le plan de dépollution soit rendu public et fasse l’objet d’une consultation du public préalable.

En attendant, l’ACRO continue ses investigations sur ses fonds propres et maintient une surveillance citoyenne des opérations à venir.

Télécharger le communiqué de presse complet avec des données relatives à la pollution radioactive. 

Sécurité des réacteurs nucléaires et des piscines de combustible – Security of nuclear reactors and spent fuel pools

English below

L’ACRO a contribué au rapport de Greenpeace sur la sécurité des installations nucléaires face aux actes de malveillance. Pour des raisons évidentes, le rapport complet n’est pas public et n’a été remis qu’aux autorités compétentes. En revanche, un résumé est disponible :

Voir aussi la dépêche AFP reprise par Romandie.

ACRO contributed to Greenpeace’s report on the security of nuclear reactors and spent fuel pools. For obvious reasons, the full report is not public. Nevertheless, here is an executive summary:

Ontario is not ready to face a large-scale nuclear accident

Les autorités de l’Ontario ont soumis à la consultation du public la révision de leur plan d’urgence nucléaire (lien en français, lien en anglais). L’ACRO a envoyé l’analyse ci-dessous qui montre que la province n’est pas prête à faire face à un accident grave.

Cette étude fait suite à celles similaires déjà menées en