Agissez avec l’ACRO pour que la France étende à 100 km la distribution d’iode stable

Première publication le 9 mars 2019

Alors que la Suisse et la Belgique ont étendu la distribution de comprimés d’iode de 20 à 50 et 100 km, respectivement, depuis la catastrophe de Fukushima, la France s’apprête péniblement à étendre cette distribution de 10 à 20 km. Ce n’est pas suffisant et l’ACRO milite depuis des années pour une extension à 100 km de cette distribution. Nous avons écrit à plusieurs ministres, sans obtenir de réponse. Nous avons besoin de votre aide pour tenter de faire bouger les pouvoirs publics.

En janvier 2019, le ministère de l’intérieur a publié une circulaire avec des instructions relatives à l’organisation de la campagne complémentaire d’information et de distribution préventive de comprimés d’iode stable dans un rayon de 10 à 20 km autour des CNPE exploités par EDF (lien direct, copie). Cette circulaire précise aussi le calendrier : les bons de retrait seront envoyés juste après les élections européennes.

La distribution est toujours limitée à 20 km et il n’y a pas de seuil plus protecteur pour les enfants en bas âges et les femmes enceintes ou allaitantes, comme c’est le cas en Belgique. Nous avons demandé au ministère de justifier sa décision de ne pas apporter la même protection aux Français qu’à nos voisins européens. Nous attendons toujours la réponse.

Il faut donc continuer à faire pression sur les pouvoirs publics avant que la campagne de distribution de soit lancée. Merci de continuer à écrire aux préfectures.

L’iode stable sert à protéger la thyroïde en cas d’exposition aux rejets radioactifs accidentels dans une centrale nucléaire, lesquels sont chargés en iodes radioactifs. Comme il doit être ingéré dans les 6 heures qui précèdent l’exposition au panache radioactif, il est indispensable de l’avoir sous la main, si le préfet a ordonné la mise à l’abri des populations. Les enfants sont les plus vulnérables en cas d’exposition à l’iode radioactif. Ils doivent être impérativement protégés.

Toutes les études s’accordent pour dire qu’en cas d’accident grave sur une centrale nucléaire, il pourrait être nécessaire de protéger la thyroïde des enfants et des femmes enceintes ou allaitantes sur des distances pouvant dépasser la centaine de kilomètres.

La France a validé, au niveau européen, la recommandation des autorités de sûreté nucléaire indiquant qu’« une stratégie générale doit être définie afin d’être en mesure d’étendre l’évacuation sur un rayon allant jusqu’à 20 km, la mise à l’abri des personnes et la distribution d’iode sur un rayon allant jusqu’à 100 km » (rapport ATHLET 2014). Mais elle refuse de l’appliquer sur son territoire ! Les Gaulois seraient-ils trop hostiles au changement ?

L’argument du coût n’est pas recevable car les stocks de comprimés d’iode existent. Il suffit de les rendre disponibles aux familles concernées via les pharmacies.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter nos explications détaillées. Pour trouver la centrale nucléaire la plus proche de chez vous, vous pouvez consulter la carte de Greenpeace France.

Continuez à écrire à votre préfet pour exiger de recevoir des comprimés d’iode pour vous et vos proches. Un modèle est proposé ci-dessous. Mettez-nous en copie pour que l’on puisse faire une évaluation de cette démarche.

Merci aussi de faire un don à l’ACRO pour que l’on puisse continuer à exercer notre mission de vigie citoyenne pour une meilleure protection de l’environnement des populations. Pour les résidents français, vous pouvez déduire 66 % des sommes versées de vos impôts, dans la limite de dons représentant 20 % du revenu imposable. Ainsi, par exemple, un don de 50 euros ne vous revient en réalité qu’à 17 euros.


Modèle de lettre à adapter :

Madame la Préfète ou Monsieur le Préfet,

 

La France devrait bientôt étendre la distribution de comprimés d’iode stable à un rayon de 20 km autour des centrales nucléaires alors que la Suisse l’a étendue de 20 à 50 km et la Belgique de 20 à 100 km. En effet, toutes les études s’accordent pour dire qu’en cas d’accident grave sur une centrale nucléaire, il pourrait être nécessaire de protéger la thyroïde de la population sur des distances pouvant dépasser la centaine de kilomètres. D’ailleurs, la France a validé le rapport européen ATHLET2014 recommandant « d’être en mesure d’étendre […] la mise à l’abri des personnes et la distribution d’iode sur un rayon allant jusqu’à 100 km ».

Habitant à moins de XXX kilomètres d’une centrale nucléaire, je demande à bénéficier de la même protection que nos voisins européens. Je vous prie donc de bien vouloir m’envoyer un bon de retrait de comprimés pour mon foyer composé de X personnes.

Comptant sur votre action en faveur de la protection des personnes, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, d’agréer l’expression de mes sentiments respectueux.

 

Nom et adresse.

Accès direct au site Internet des préfectures. Pour le Calvados, l’adresse mail est  . Il suffit de remplacer le nom du département.

acronique du nucleaire #125, juin 2019

 

  • En France métropolitaine, moins de 5% de la population bénéficiera de comprimés d’iode à la maison pour protéger sa thyroîde en cas d’accident nucléaire
  •  Becquerel Tour? Oui. Becquerelle tour? Aussi
  • Débat sur les déchets et matières radioactifs
  • Ces matières dites valorisables jamais valorisées
  • Les déchets radioactifs issus d’un accident nucléaire grave
  • Revue de presse.

 

 

En France métropolitaine, moins de 5% de la population bénéficiera de comprimés d’iode à la maison pour protéger sa thyroïde en cas d’accident nucléaire

Mis en avant

Plus de 8 ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, la France s’apprête à étendre la distribution d’iode dans un rayon de 20 km autour de ses 19 centrales nucléaires (site de la campagne). 3 millions de personnes bénéficieront d’une protection de leur thyroïde en cas d’accident nucléaire grave (chiffres officiels par centrale). Cela ne représente que 4,6% des 65 millions d’habitants en France métropolitaine.

A titre de comparaison, la Belgique propose de l’iode à toute sa population, ce qui représente un rayon de 100 km autour de ses centrales. Le Luxembourg aussi. La Norvège, qui ne possède pas de centrale nucléaire, recommande, depuis janvier dernier, à toute sa population d’avoir de l’iode à la maison (page, document). En Suisse, 60% de la population a reçu de l’iode à la maison, suite à l’extension de 20 à 50 km de la distribution.

Pourquoi les Français ne sont-ils pas bien protégés en cas d’accident grave ? L’ACRO a interrogé le ministère de l’intérieur, pour lui demander de justifier sa politique. La réponse reçue rappelle la politique française, mais ne répond pas aux questions posées. Nous sommes heureux d’apprendre que les “méthodes retenues répondent d’une part aux objectifs de traçabilité, de qualité de stockage et de manœuvrabilité et d’autre part de réactivité au plus près des installations”. (La réponse complète est ci-dessous). Mais, au vu du contenu des PPI quant à l’organisation de cette « réactivité » au delà des 20 km, nous ne sommes pas rassurés.

L’ACRO réclame que la zone de distribution soit étendue à 100 km et invite la population et en particulier les familles avec enfants, les femmes enceintes ou allaitantes à demander des comprimés d’iode en utilisant le N° Vert mis à disposition par les autorités : 0 800 96 00 20 (appels possibles de 10h à 18h en semaine).

L’ACRO milite depuis des années pour l’extension de la distribution d’iode en France. Suite à notre dernière campagne, des centaines de mails ont été envoyés dans les préfectures pour demander à bénéficier d’iode à la maison quand on n’est pas dans un rayon de 20 km d’une centrale nucléaire. A notre connaissance, personne n’a reçu de réponse.

Nous avons écrit au ministère de l’intérieur pour lui demander de justifier pourquoi les Français ne bénéficient pas de la même protection que leurs voisins européens en cas d’accident nucléaire. Nous demandions aussi que les enfants et les femmes enceintes ou allaitantes puissent être protégés en priorité et bénéficier de la prophylaxie à l’iode dès que la dose à la thyroïde dépasse les 10 mSv, conformément aux recommandations de l’OMS. La Belgique a adopté cette valeur.

La réponse que nous avons reçue rappelle la politique française, mais ne répond pas aux questions posées. Nous sommes heureux d’apprendre que les “méthodes retenues répondent d’une part aux objectifs de traçabilité, de qualité de stockage et de manœuvrabilité et d’autre part de réactivité au plus près des installations”. Rassurés ?

Des réunions d’informations devraient être organisées prochainement pour organiser la distribution d’iode entre 10 et 20 km autour des centrales nucléaires françaises. Il faut continuer à faire pression sur les autorités pour obtenir une meilleure protection.

Lettre envoyée par l’ACRO le 8 mars 2019 à Monsieur Christophe Castaner, ministre de l’intérieur :

La France devrait bientôt étendre la distribution de comprimés d’iode stable à un rayon de 20 km autour des centrales nucléaires alors que la Suisse l’a étendue de 20 à 50 km et la Belgique de 20 à 100 km. En effet, toutes les études s’accordent pour dire qu’en cas d’accident grave sur une centrale nucléaire, il pourrait être nécessaire de protéger la thyroïde de la population sur des distances pouvant dépasser la centaine de kilomètres. D’ailleurs, la France a validé le rapport européen ATHLET2014 recommandant « d’être en mesure d’étendre […] la mise à l’abri des personnes et la distribution d’iode sur un rayon allant jusqu’à 100 km ».

Comment pouvez-vous justifier que les Français ne bénéficieront pas de la même protection que leurs voisins européens ?

Nous vous demandons de revoir votre position et d’étendre la distribution de comprimés d’iode à une distance de 100 km voire à tout le pays. Les enfants et les femmes enceintes ou allaitantes doivent être protégés en priorité et bénéficier de la prophylaxie à l’iode dès que la dose à la thyroïde dépasse les 10 mSv, conformément aux recommandations de l’OMS. La Belgique a adopté cette valeur. Pourquoi la France maintient-elle une limite à 50 mSv pour tout le monde ?

Voici la réponse que nous avons reçue.

Pastilles d’iode : les Français sont particulièrement mal protégés en cas d’accident nucléaire

Communiqué commun Greenpeace – ACRO

La France s’apprête à renouveler la distribution de comprimés d’iode dans un rayon de 10 km autour des 19 centrales nucléaires françaises sans prendre en compte, ni les enseignements des catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima, ni les recommandations européennes. Pour Greenpeace et l’Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest (ACRO), cette distribution doit être étendue à 100 kilomètres autour des réacteurs nucléaires.

En effet :

  • Il existe un consensus international pour reconnaître que l’iode radioactif libéré lors d’un accident nucléaire peut être à l’origine d’une augmentation des cancers de la thyroïde chez les jeunes comme cela a été observé après la catastrophe de Tchernobyl, jusqu’à 500 km de la centrale accidentée.
  • Lors de l’accident de Fukushima, la zone dans laquelle la dose à la thyroïde pouvait dépasser les critères de prophylaxie fixés par l’Agence internationale de l’énergie atomique (50 mSv sur les 7 premiers jours) s’étendait jusqu’à environ 50 km de la centrale bien que les rejets soient allés à 80% vers l’océan.
  • AtHLET, le groupe de travail européen sur l’urgence nucléaire, mis en place par les autorités de sûreté et les autorités compétentes en radioprotection, a conclu que l’évacuation doit être préparée jusqu’à 5 km et, la prophylaxie à l’iode ainsi que la mise à l’abri jusqu’à 20 km. Il recommande, en outre, qu’une stratégie soit mise en place pour évacuer jusqu’à 20 km et mettre à l’abri et protéger la thyroïde jusqu’à 100 km.
  • En Allemagne, la Commission de Protection Radiologique (Strahlenschutzkommission) a conclu qu’il pourrait être « nécessaire d’administrer de l’iode stable aux enfants, jeunes et femmes enceintes qui sont bien plus éloignés de la centrale (>100 km) mais sous les vents. Les calculs ont montré que les limites de dose peuvent être dépassées jusqu’à 200 km autour des centrales allemandes. Les distances supérieures à 200 km n’ont pas été étudiées » car cela couvre déjà presque tout le territoire national.

La France s’illustre par un paradoxe choquant : étant donné le nombre record de réacteurs nucléaires sur son territoire, sa population est l’une des plus exposées dans le monde au risque d’un accident nucléaire. Mais dans le même temps, elle est particulièrement mal protégée par le plan de distribution d’iode en vigueur. Cette situation n’est pas acceptable. Il y a donc urgence à appliquer les mesures que les autorités compétentes ont admises au niveau européen

La France doit étendre la pré-distribution d’iode stable jusqu’à 100 kilomètres autour des réacteurs nucléaires afin de pouvoir protéger plus efficacement sa population en cas d’accident grave. Au-delà de cette zone, les plans de distribution de l’iode en situation d’urgence doivent être évalués et testés.

Actuellement, la distribution des comprimés d’iode est :

  • dans un rayon de 20 km en Belgique ;
  • dans un rayon de 50 km en Suisse ;
  • dans tout le pays au Luxembourg, c’est à dire jusqu’à une centaine de kilomètres de la centrale française de Cattenom ;
  • et… dans un rayon de 10 km en France.

Résultats de la surveillance du littoral et des rivières normands 2005

ACROnique du nucléaire n°76, mars 2007

RESULTATS 2005 DE LA SURVEILLANCE DES NIVEAUX DE LA RADIOACTIVITE ARTIFICIELLE D’ECOSYSTEMES AQUATIQUES APPARTENANT AU BASSIN SEINE-NORMANDIE