L’ACRO recrute un(e) Assistant(e) administratif(ve) & communication (H/F)

Date de publication de l’offre : le 19 décembre 2025

Poste à pourvoir : dès que possible à temps partiel à 60%, modulable selon profil

L’Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest (ACRO) recrute un(e) Assistant(e) administratif(ve) & Communication en CDI.

Sous la tutelle du Conseil d’Administration de l’association et de la coordinatrice, au sein d’une petite équipe de salariés, vos missions seront :

  • Communication : gestion et refonte du site internet, création de contenus et gestion des réseaux sociaux, valorisation des activités du laboratoire, coordination de la revue trimestrielle de l’association (collecte des articles, corrections, suivi de la réalisation), rédaction d’une newsletter, organisation d’évènements.
  • Administratif : accueil téléphonique, rédaction courriers, divers suivis administratifs, gestion des fournitures, soutien administratif aux différents interlocuteurs (notamment bénévoles), facturation, règlements et relances, suivi de la trésorerie et du budget prévisionnel avec la coordinatrice et l’experte comptable en soutien ;
  • Suivi de la vie associative : gestion des adhésions, demandes de subventions, suivi des procédures réglementaires liées à la vie associative, organisation des réunions (bureau, CA, AG)

Compétences et savoir être : Expérience de la vie associative appréciée, intérêt pour les enjeux environnementaux, adhésion aux missions de l’ACRO et être impliqué dans la structure, capacités rédactionnelles, autonomie et initiatives, polyvalence, esprit coopératif, esprit créatif, maîtrise des outils informatiques et des codes de la communication.

Niveau de formation : Bac+2 minimum

Type de contrat : CDI à temps partiel 60% à pourvoir dès que possible

Rémunération : 2030€ brut mensuel (base 100%) soit 1218€ brut mensuel à temps partiel 60%.

Localisation : Association ACRO, 711 Boulevard de la Grande Delle, 14200 Hérouville-Saint-Clair.

Envoyer votre candidature avec une lettre de motivation et un CV à :

Candidature ouverte jusqu’au 4 janvier, entretiens prévus la semaine du 12 janvier

Pour continuer à mener nos missions nous avons besoin de votre soutien : appel aux dons

L’ACRO (Association pour le Contrôle de la radioactivité dans l’Ouest) va célébrer son quarantième anniversaire l’an prochain. Au cours de ces presque 4 décennies, elle a assumé, dans son domaine de vigilance face aux risques nucléaires, une mission essentielle et reconnue.

Malheureusement notre situation financière est devenue critique. Les baisses de subventions qui se poursuivent et la diminution des demandes de prestations et d’études fragilisent fortement notre équilibre économique. Malgré des efforts importants pour réduire les dépenses et diversifier nos ressources, la situation reste préoccupante.

Sans aide rapide, nous pourrions être contraints de réduire notre activité, voire de recourir au chômage partiel ou à des suppressions de postes.

Une information indépendante a un coût et l’ACRO demeure plus que jamais indispensable face aux enjeux actuels : vieillissement des centrales, relance du nucléaire, rejets dans l’environnement, développement du site Orano la Hague avec son projet « d’aval du futur », gestion incertaine des déchets, pollutions diverses, etc.

Pour continuer à mener nos missions nous avons besoin de votre soutien.
Chaque don, même modeste, contribuera directement à maintenir nos emplois, nos projets et notre indépendance.

Faire un don dès aujourd’hui 

Merci pour votre confiance et votre solidarité.

A la veille des 40 ans après l’accident de Tchernobyl : lancement de la campagne de prélèvements de champignons

Retrouvez les premiers résultats en bas de cette page

  • Qu’est-ce que le projet “Tchernobyl +40” ?

D’ici quelques mois, quatre décennies se seront écoulées depuis le début de la catastrophe de Tchernobyl. En 40 ans, la radioactivité du césium-137, qui a contaminé une grande partie de l’Europe, dont la France, doit avoir diminué mais elle est loin d’avoir disparu.

Quelles activités trouve-t-on encore aujourd’hui dans notre environnement ? Les denrées contaminées sont-elles les mêmes qu’en 1986 ?

En collaboration avec l’association Les Enfants de Tchernobyl, l’ACRO souhaite dresser une cartographie de la contamination en césium-137 encore présente en France. Pour cela elle organise une grande campagne de prélèvements de champignons sur l’ensemble du territoire, entre septembre et décembre 2025. Nous lançons donc un appel à tous les volontaires qui souhaitent participer à la réalisation de ce bilan 40 ans après le passage du nuage de Tchernobyl sur la France, pour nous aider à collecter des échantillons à travers tout le pays (voire, d’autres pays européens).

  • Quels champignons prélever ?

Les cèpes et les pieds de mouton font partie des espèces les plus sensibles à la contamination des sols. A défaut, vous pouvez collecter d’autres espèces de champignons comestibles que vous avez l’habitude de cueillir.

  • Méthode : couper à la base du pied.
  • Quantité : au mieux 500g, au minimum 300g de frais par espèce. NE PAS MELANGER LES ESPECES 

Conditionnement des échantillons :

  • Traçabilité : renseigner la fiche de prélèvement (espèce prélevée, lieu : coordonnées GPS et date au minimum) et la joindre aux échantillons. Si plusieurs prélèvements d’une même espèce sont effectués en des lieux différents, annoter clairement le lieu de prélèvement sur chaque sac pour éviter toute confusion (étiquette autocollante ou marqueur indélébile). Ne pas mélanger les espèces
  • Conditionnement pour transport : boîtes hermétiques (ou sacs plastiques à zip). Ne mettre qu’une seule espèce par sac de prélèvement et mettre au frais avant leur expédition. La congélation est possible si l’envoi ne se fait pas rapidement après prélèvement, elle ne nuit pas à la mesure

Expédition des échantillons par voie postale :

Mettre chaque échantillon dans un double emballage type sac « zip » (2 sacs l’un sur l’autre). Nous prévenir par mail de l’envoi de l’échantillon avec vos coordonnées.

A envoyer à l’adresse suivante :

  • ACRO 711 Boulevard de la Grande Delle 14200 Hérouville-Saint-Clair FRANCE

Cette campagne de prélèvements est ouverte à tous.

Voir le guide complet

Cette étude a été réalisée il y a 10 ans, pour les 30 ans de l’accident. Voir le rapport 

Les premiers résultat

20 ans de notre Observatoire citoyen de la radioactivité dans l’environnement

L’observatoire citoyen de la radioactivité dans l’environnement (OCRE) mis en place par l’ACRO permet de connaître les niveaux et les évolutions de la radioactivité présente dans l’environnement, principalement des écosystèmes aquatiques.

Depuis 2004, cet observatoire couvre l’ensemble du littoral normand (600 km de côte, de la baie du Mont St-Michel à Dieppe) ainsi que les principaux cours d’eau du bassin Seine-Normandie (de Nogent-sur-Seine à La Hague).

A l’occasion des vingt ans de cette surveillance, nous avons réalisé un bilan de ce suivi permettant sous forme didactique de montrer les tendances et évolutions de la qualité radiologique des eaux marines le long des côtes normandes mais également la mise en place d’événements (webinaire, réunions publiques, etc.) au cours de l’année 2025, permettant de réunir l’ensemble des contributeurs (associations locales, préleveurs volontaires et partenaires) afin de présenter les résultats obtenus et de faire connaitre cette démarche auprès d’un large public.

Voir le bilan des 20 ans de notre Observatoire Citoyen

 

Contamination radioactive des sables du Sahara : mise au point

6 février 2021, le ciel est jaune ocre sur tout l’est de la France. Cette couleur est due à des particules fines transportées par un vent venant du Sahara. Ces phénomènes météorologiques se répètent fréquemment. Ce jour-là, l’ACRO collecte un échantillon de ces retombées de sable et l’analyse dans son laboratoire. Du Césium-137 est mesuré et l’ACRO l’attribue aux essais nucléaires réalisés dans les années 60, notamment les 4 essais nucléaires atmosphériques réalisés par la France dans la région de Reggane au Sahara (voir communiqué 24 février 2021)

Photos prises le 6 février 2021 dans le massif du Jura © ACRO

Photos prises le 6 février 2021 dans le massif du Jura © ACRO

 

 

 

 

 

 

 

La mesure sera répétée par notre laboratoire associatif agréé, l’année suivante à l’occasion d’un nouvel épisode de vents du Sud, sur un échantillon de poussières de sable plus conséquent, récolté en Touraine par un préleveur bénévole de l’association. Notre constatation est identique, cette nouvelle analyse montrant à nouveau la présence de césium-137 avec un niveau mesuré (22 Bq/kg de sable) bien plus élevé que les niveaux généralement relevés dans les sables du territoire métropolitain (voir communiqué du 22 mars 2022).

Rappelons que les retombées globales de ces essais nucléaires proviennent des plusieurs centaines d’essais atmosphériques réalisés dans le monde pendant les années 60 à 80 par l’URSS (219 tirs), les Etats-Unis (219 tirs), La Chine (22 tirs), la France (50 tirs, dont 4 tirs au Sahara et 46 en Polynésie) et le Royaume-Uni (23 tirs).

Ce 31 janvier 2025 parait une publication scientifique qui réinterroge plus précisément l’origine de cette radioactivité véhiculée avec ces particules portées par des vents provenant d’Afrique du nord. A partir d’échantillons de particules fines collectées dans plusieurs pays européens en mars 2022, les auteurs utilisent des techniques sophistiquées d’analyse portant notamment

  • sur les ratios des isotopes du plutonium,
  • sur les ratios d’activité entre le Cs-137 et les plutonium239/240 et
  • sur des analyses minéralogiques.

Les concentrations massiques en césium-137 dans ces sables mesurées par l’ACRO sont cohérentes avec les valeurs de la publication, qui confirme que cet élément radioactif, qui n’existe pas à l’état naturel, a pour origine les retombées des essais nucléaires. Mais, sur la base de leurs analyses, les auteurs considèrent que ces particules fines véhiculées par des vents provenant de ces régions d’Afrique du Nord portent une « signature isotopique » caractéristique des essais nucléaires globaux, dominés par les essais américains et russes, alors que les essais nucléaires français présentent, selon eux, une autre « signature isotopique ».

L’ACRO prend acte de ces résultats et n’a aucune raison de les contester. Il s’agit de laboratoires universitaires reconnus, notamment le LSCE avec lequel le laboratoire de l’ACRO a pu travailler en partenariat dans le passé. Sur un plan scientifique, les résultats présentés dans la revue SCIENCE ADVANCES ne manqueront pas d’intéresser la communauté scientifique concernée par ce sujet.

Sur un plan sociétal, compte tenu que les retombées globales de l’ensemble des essais nucléaires ont largement contaminé l’hémisphère nord de la planète et donc le Sahara d’où partent régulièrement ces vents de sable, nos concitoyens retiendront d’abord une responsabilité collective – dont celle de la France – de tous ces Etats engagés dans une course effrénée pour construire leur armement nucléaire. 60 ans plus tard, ces armes continuent de menacer l’humanité, avec un risque plus élevé dans le contexte géopolitique actuel.

L’ACRO, une vigie citoyenne de la pollution radioactive de l’environnement

Par Pierre BARBEY,  vice-président de l’ACRO, David BOILLEY, président de l’ACRO et Mylène JOSSET, coordinatrice et chargée d’études de l’ACRO

Article paru dans la revue Responsabilité et Environnement, numéro de janvier 2025 (N°117), des Annales des mines

Dans un contexte de défiance d’une partie des citoyens à l’égard des exploitants nucléaires mais aussi vis-à-vis des institutions, le besoin d’une information indépendante et d’une expertise contradictoire est devenu saillant au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl. C’est ainsi qu’a été créée l’Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest, région fortement nucléarisée. S’appuyant sur le potentiel de son laboratoire, l’ACRO s’est donnée pour mission principale de produire et délivrer de l’information avec pour objectif de « rendre le citoyen auteur et acteur de la surveillance de son environnement comme de son information, mais également acteur dans le cadre des processus de concertation ».

In the wake of the Chernobyl disaster, the need for independent information and contradictory expertise became very apparent, as citizens began to distrust both nuclear operators and institutions. This led to the creation of the Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest (Association for the Control of Radioactivity in the West), a region heavily nuclearized. Drawing on the potential of its laboratory, ACRO’s main mission is to produce and deliver information, with the aim of “making citizens the authors and actors in monitoring and informing their environment, as well as actors in consultation processes”.

Introduction

Le 26 avril 1986 survient  la catastrophe de Tchernobyl. Choqués par le traitement de l’information en France, des citoyens se mobilisent ici et là. Dans la région Nord-Ouest, fortement nucléarisée, les réunions d’information se multiplient et font salles combles. Chaque fois, la même question revient : comment disposer d’informations fiables et indépendantes ? Une association est créée pour répondre à cette attente, l’Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest (ACRO).

La montée en compétence de l’ACRO

Le premier laboratoire a bénéficié d’un financement citoyen pour l’achat d’une chaîne de spectrométrie gamma HPGe. Les premiers résultats de mesures dans l’environnement mettent en évidence les retombées du « nuage » de Tchernobyl. Puis, très vite, l’ACRO lancera une première alerte sur la contamination en 137Cs de laits en poudre 1er âge de plusieurs marques.

À l’époque, le fonctionnement du laboratoire repose entièrement sur le bénévolat d’acteurs disposant de compétences professionnelles reconnues dans ce domaine. Pour remplir sa mission d’information, l’association édite une revue trimestrielle, l’ACROnique du Nucléaire, qui publie l’ensemble des résultats de mesure et s’attache également à une communication scientifique et technique vulgarisée sur la question nucléaire.

Puis la surveillance s’oriente vers les installations nucléaires du Nord-Cotentin et porte sur des matrices de l’environnement, mais aussi, et surtout, sur des produits de consommation confiés par des particuliers.

Vers la fin des années 1980, l’ACRO a publié des résultats de mesures portant sur la Sainte-Hélène, un cours d’eau dont la source est en bordure du Centre de Stockage de la Manche, géré par l’ANDRA. Au-delà du tritium dans l’eau, un cocktail de radionucléides est observé dans les sédiments, en particulier les 137Cs et 134Cs à des niveaux d’au moins un ordre de grandeur supérieur à ceux publiés par les exploitants et le SCPRI. Les résultats de l’ACRO sont contestés par un exploitant nucléaire. La Commission Spéciale Permanente d’Information près de l’Établissement de La Hague (CSPI, CLI de l’époque) organise alors un essai inter-laboratoires sur le site même de la Sainte-Hélène (seul le SCPRI refusera de rendre les résultats). La presse locale titre « Le laboratoire ACRO avait raison ! ». Non seulement les trois laboratoires (ACRO, SPR-COGEMA et le laboratoire départemental) obtinrent des résultats en parfaite cohérence mais ils ont validé les niveaux de contamination révélés par l’ACRO. Depuis cet épisode, la qualité des données publiées par l’association n’est plus mise en cause.

Le mesurage mais aussi la citoyenneté

Surveillance citoyenne

Le laboratoire de l’ACRO n’est pas un laboratoire comme les autres. Il est en effet piloté par une association avec pour objectif de « rendre le citoyen auteur et acteur de la surveillance de son environnement comme de son information, mais également acteur dans le cadre des processus de concertation ».

C’est ainsi que depuis plus de 20 ans, en appui au laboratoire, l’Observatoire Citoyen de la Radioactivité dans l’Environnement (OCRE) a été créé pour regrouper les citoyens bénévoles réalisant les prélèvements dans l’environnement (voir la Figure 1). Ces acteurs de terrain, connaisseurs de leur propre environnement, sont formés et s’appuient sur des protocoles techniques. À noter que cette idée originale est reprise aujourd’hui par d’autres acteurs institutionnels et associatifs.

Actuellement, l’observatoire permet de suivre les niveaux de radioactivité sur plus de 600 km du littoral normand, les principaux cours d’eau du bassin Seine-Normandie, ainsi que le long de la Loire et de la Vienne.

Figure 1 : Prélèvements de l’ACRO dans la Manche (© ACRO).

L’activité en iode-129, déterminée dans le cadre de l’observatoire citoyen dans les algues le long du littoral normand, est représentée sur la Figure 2. Ce radioélément est uniquement rejeté par les usines de retraitement à La Hague et peut être détecté jusqu’au Danemark. La technologie pour le filtrer est utilisée au Japon –  l’ACRO réclame la mise en œuvre des meilleures technologies disponibles afin de réduire les rejets, conformément aux engagements pris dans le cadre de la convention OSPAR de protection de l’Atlantique Nord-Est.

Figure 2 : Exemple de résultats de mesures ACRO le long des côtes de la Manche. En haut : concentration en iode-129 dans les algues prélevées lors des deux campagnes de 2023, en Bq/kg sec. En bas : Variations des niveaux d’iode-129 dans les algues mesurés par l’ACRO entre 2013 et 2023, en Bq/kg sec.

Démarche participative

L’ACRO siège activement dans le collège associatif de presque toutes les Commissions Locales d’Information (CLI) de Normandie. L’on observe que sans la présence de ce collège des associations, les débats y resteraient bien ternes.

Dans le milieu des années 1990, suite à l’émotion qui a accompagné la publication des travaux épidémiologiques du Pr Jean-François Viel, la ministre de l’Environnement a chargé l’IPSN d’animer un groupe d’expertise pluraliste – le Groupe Radioécologie du Nord-Cotentin (GRNC) – en vue d’évaluer l’impact dosimétrique des installations nucléaires du Nord-Cotentin. L’ACRO accepte d’y participer, s’impliquant dans les différents sous-groupes de travail, pour apporter sa connaissance du terrain (contestant notamment les zones d’impact retenues par les exploitants) et fournir ses propres résultats de mesure.

Les trois missions successives du GRNC [GRNC, 2010], présidé par Annie Sugier, se sont poursuivies jusqu’en 2010.

Puis c’est une autre controverse environnementale qui apparaît autour des anciennes mines d’uranium du Limousin. Fort de l’expérience tout à fait novatrice du GRNC, un nouveau groupe d’expertises pluraliste (GEP) est constitué, le GEP-Mines qui rendra son rapport en novembre 2013 (GEP, 2013). De nouveau l’ACRO y est présente et contribue à cette expertise.

Le nucléaire est un sujet bien conflictuel dans la société. La démarche participative ne va donc pas de soi car elle implique une confrontation avec les exploitants nucléaires dans un contexte de déséquilibre exacerbé de moyens dont chacun dispose. Le choix de participer ou pas se fait au cas par cas, avec le souci de ne pas jouer les faire-valoir. Le regard critique que porte l’association et son expérience de terrain peuvent faire évoluer des positions (notamment du côté institutionnel). La participation de l’ACRO à différentes instances contribue aussi à sa montée en compétence, surtout en cas d’expertise pluraliste.

En tout état de cause, la participation de l’ACRO ne signifie en aucun cas cogestion de situations à risque et l’association ne peut être associée à un processus de décision qui doit rester le rôle des instances régaliennes.

L’ACRO est aujourd’hui présente dans diverses instances : Le Haut Comité pour la Transparence et la Sécurité et l’Information Nucléaire (HCTISN), le Plan National pour la Gestion des Déchets et Matières Radioactives (PNGMDR) ou encore le Comité Directeur sur le Post Accidentel (CODIRPA).

Quelques illustrations des actions de l’ACRO

L’ACRO est souvent la seule organisation à effectuer une surveillance de la radioactivité sur les sites qu’elle a retenus. La plupart du temps, les résultats sont conformes aux attentes. Mais, à maintes reprises le rôle de vigie citoyenne et d’alerte de l’ACRO s’est révélé fort pertinent, comme l’illustrent ces quelques exemples.

Les incidents de rejets de 106Ru en 2001

En mai 2001, en s’appuyant sur ses propres données de surveillance autour de l’usine de retraitement de La Hague, l’ACRO remet en cause les annonces de l’exploitant sur un incident de rejets atmosphériques de 106Ru en provenance de l’usine. Utilisant le modèle de dispersion aérien du GRNC, l’association évalue que le rejet radioactif a dû être environ 1 000 fois supérieur à ce qu’indique l’exploitant. Un incident analogue surviendra fin octobre 2001, avec, encore une fois, une sous-estimation du rejet par l’exploitant. Un nouveau groupe technique du GRNC, mandaté par l’ASN, met alors en évidence que le dispositif de surveillance des rejets aériens, situé à mi-hauteur de la cheminée de rejet, est inadapté pour le 106Ru et confirme ainsi les données de l’ACRO.

La pollution au 226Ra à Saint Nicolas d’Aliermont

Fin novembre 1993, à la demande de citoyens inquiets d’un projet de lotissement sur un terrain ayant appartenu à la société BAYARD (fabricant de réveils à aiguilles lumineuses peintes au radium), l’ACRO intervient sur le site de Saint Nicolas Aliermont afin de procéder à des prélèvements. Les résultats de mesurages indiquent des contaminations élevées en 226Ra dans la terre végétale (jusqu’à plusieurs centaines de milliers de Bq/kg) ainsi que ses descendants proches (214Pb et 214Bi). Cette alerte lancée par l’ACRO a conduit le préfet à décider la fermeture du site (installation d’une clôture), à suspendre le projet de lotissement et à diligenter sa décontamination que l’ANDRA engagera l’année suivante.

Par la suite, l’ACRO a procédé à des prélèvements de végétaux qui ont souligné un important transfert terre à plante du 226Ra et qui ont permis à l’association d’esquisser une évaluation d’impact sanitaire et ainsi de contester les seuils de décontamination présentés par le ministère de la Santé.

Le Tritium dans la Loire

Depuis 2017, le collectif Loire Vienne Zéro nucléaire, s’est associé à l’ACRO afin de mettre en place une surveillance radiologique de l’environnement des installations nucléaires du bassin de la Loire (Loire et Vienne). Le 21 janvier 2019, une valeur tout à fait anormale de Tritium à 310 Bq/L est observée à Saumur. Des analyses complémentaires effectuées sur place montrent qu’il n’y a toujours pas de « bon mélange » dans la Loire des rejets radioactifs de la centrale de Chinon, située à une vingtaine de kilomètres en amont.

À la suite des échanges entre les différents acteurs (ASN, IRSN, ACRO, Associations, CLI…), l’IRSN conduit une campagne spécifique de mesurages pendant 5 mois au niveau de Saumur. Un des enseignements majeurs de cette étude et des modélisations réalisées est de montrer que la station multi-paramètres d’EDF, censée assurer la surveillance des rejets de la centrale de Chinon, ne détecte pas ou très rarement les rejets du Centre Nucléaire de Production d’Électricité de Chinon, seulement dans certaines conditions de débit du fleuve.

Les actions internationales de l’ACRO

L’existence d’associations indépendantes dotées d’un laboratoire et d’une capacité d’expertise dans le champ nucléaire est assez exceptionnelle sur la scène internationale et explique les sollicitations auxquelles l’ACRO a pu répondre.

L’intervention de l’ACRO en Biélorussie (l’après Tchernobyl)

Au début des années 2000, l’ACRO est intervenue dans plusieurs villages du sud de la Biélorussie pour fournir des équipements de mesurage de la radioactivité dans les denrées alimentaires et former les habitants en vue de développer des pratiques quotidiennes permettant de réduire le risque de contamination interne.

Centrée sur les écoles, la formation des enseignants à l’utilisation des instruments de mesure a permis d’élaborer avec eux des projets pédagogiques à destination des élèves, contribuant par leur approche pratique liée à la mesure, à donner du sens à un apprentissage dans le domaine de la radioactivité et de la contamination potentiellement présente dans leur environnement immédiat, qu’il s’agisse des lieux ou des produits de consommation courante.

L’ACRO en appui aux citoyens japonais après l’accident de Fukushima

Dès les premières semaines suivant l’accident de Fukushima, l’ACRO a procédé à de nombreux mesurages de radioactivité à la demande d’associations japonaises, soulignant l’étendue de la catastrophe jusqu’à Iitate ou la ville de Fukushima. En outre, l’association a été fortement sollicitée pour venir en appui à des groupes de citoyens mobilisés pour développer des moyens autonomes de mesurage de la radioactivité. La défiance vis-à-vis de l’exploitant et du gouvernement est très forte et de nombreux petits laboratoires de mesure vont voir le jour. L’ACRO accueille et forme dans son laboratoire des citoyens japonais dont la mission va être de créer un laboratoire analogue au Japon (Chikurin) qui constitue une référence métrologique auprès des petits laboratoires autonomes. Grâce à un soutien financier de la région Île-de-France, l’association fournit deux détecteurs GeHP et un château de plomb à Chikurin.

Mais, en parallèle, dans l’immédiat post-catastrophe, l’ACRO répond aux nombreuses demandes de résidents au Japon, dont des Français expatriés, inquiets des conséquences sanitaires pour leurs enfants. Le laboratoire de l’association s’est alors consacré presque entièrement à des mesurages de radiotoxicologie qui souligneront la présence de 137Cs dans tous les premiers échantillons urinaires.

L’ACRO aujourd’hui

Depuis son origine, l’association a déménagé à quatre reprises, accroissant à chaque fois les surfaces de son laboratoire et adaptant les locaux et les équipements de façon à mieux répondre aux exigences normatives et de qualité. Les pratiques internes sont conformes aux exigences organisationnelles et techniques fixées par la norme ISO/CEI 17025. L’activité quotidienne du laboratoire est assurée par 4 salariées à temps plein et les bénévoles du réseau OCRE constituent un vivier de ressources humaines.

Le laboratoire participe aux campagnes annuelles d’intercomparaisons (IRSN et AIEA) et dispose de multiples agréments délivrés par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) qui procède à des inspections régulières.

Tableau 1 : Agréments délivrés à l’ACRO par l’Autorité de Sûreté Nucléaire  
(Source : ACRO).

Le laboratoire de l’ACRO est également agréé pour procéder aux analyses et aux essais, pour la répression des fraudes dans les denrées alimentaires et divers objets.

L’ACRO publie tous ses résultats environnementaux sur son site internet ainsi qu’au Réseau National de Mesure de la Radioactivité dans l’Environnement (RNME) (ASN, 2024). Enfin, si la mission principale de l’association est de produire et délivrer de l’information vulgarisée auprès d’un large public, le laboratoire a pu être associé à divers travaux et publications scientifiques (Daillant et al., 2003 ; Daillant et al., 2004 ; Paquet et al., 2013 ; Picat et al., 2002 ; Pittet et al., 2021).

Conclusion

Créée en réaction à une crise de confiance, l’ACRO répond à un besoin de contrôles indépendants de la radioactivité dans l’environnement en permettant aux personnes concernées de devenir des vigies. Cette position singulière exige une qualité sans faille pour garder la confiance du public et des autorités. En s’impliquant, les citoyens ont transformé un sujet purement technique en un sujet politique. Ils ont ainsi contribué à plus de transparence et à une meilleure surveillance de l’impact des rejets radioactifs.

La mesure citoyenne de la radioactivité a encore de longs jours devant elle et devrait être étendue à d’autres types de polluants. La publication du rapport Houllier (Houllier, 2016) sur les sciences et recherches participatives en France a montré l’intérêt et la richesse de cette démarche.

Références

ASN (2024), « Les acteurs du Réseau National de Mesure de la Radioactivité dans l’Environnement (RNME) », https://mesure-radioactivite.fr/les-acteurs-du-rnm

DAILLANT O., BOILLEY D., GERZABEK M., PORSTENDÖRFER J. & TESCH R. (2003), “Tritium and radiocarbon metabolism in lichens and their use as bio-monitors”, BIOMAP Congress, Bled, Slovenia, 21-25 septembre 2003.

DAILLANT O., KIRCHNER G., PIGREE G. & PORSTENDÖRFER J. (2004), “Lichens as indicators of tritium and radiocarbon contamination”, The Science of the Total Environment, 323(1), pp. 253-262.

GEP (2013), « Groupe d’Expertise Pluraliste (GEP) sur les sites miniers d’uranium du Limousin », http://www.gep-nucleaire.org/gep/sections/actualites

GRNC (2010), « Le Groupe Radioécologie Nord-Cotentin », http://www.gep-nucleaire.org/norcot/gepnc/

HOULLIER F. & MERILHOU-GOUDARD J.B. (2016), « Les sciences participatives en France », Natures Sciences Sociétés, 25(4), pp. 418-423, doi:10.15454/1.460620124
8693647E12

PAQUET F., BARBEY P., BARDIES M., BIAU A., BLANCHARDON E., CHETIOUI A., LEBARON-JACOBS L. & PASQUIER J.L. (2013), “The assessment and management of risks associated with exposures to short-range Auger- and beta-emitting radionuclides. State of the art and proposals for lines of research”, Journal of Radiological Protection, 33, pp. R1-R16.

PICAT P., CALMET D., LOUVAT D., VRAY F., LEMAITRE N., LINDEN G., BARBEY P., PIGREE G., BOURCER T., LEVY F., LE BAR S., BARON Y., DELACROIX D., PANAÏVA E., DE BRUYNE T., HERVÉ J.Y., BEGUINEL P., CABANNE N., DE PAEPE A., SANTUCCI C., PROT T., MATRAY J.L. & TILLIE J.L (2002), « Radioactivité d’origine naturelle dans l’environnement en France : niveaux non perturbés par l’homme », Radioprotection, 37(3), pp. 283-327.

PITTET P.A., JOSSET M., BOILLEY D., BERNOLLIN A., ROUGIER G. & FROIDEVAUX P. (2021), “Origin and age of an ongoing radioactive contamination of soils near La Hague reprocessing plant based on 239+240Pu/238Pu and 241Am/241Pu current ratios and 90Sr and Ln(III) soil contents”, Chemo

Engagement étudiant : rejoignez l’ACRO !

Mis en avant

Etudiants, participez à la surveillance citoyenne de la radioactivité dans l’environnement mise en place par l’ACRO. Vous pourrez mettre à profit vos compétences en biologie, environnement, physique ou informatique (gestion de bases de données, SIG…) dans un cadre convivial !

L’ACRO a créé l’Observatoire Citoyen de la radioactivité dans l’environnement, un réseau de surveillance basé sur la vigilance des citoyens, riverains ou non d’installations nucléaires. Les deux principaux volets sont le suivi des niveaux de radioactivité le long du littoral normand et le suivi du tritium dans les eaux douces et les eaux de consommation. Dans les deux cas, il s’agit d’évaluer les répercussions des rejets d’effluents radioactifs des installations nucléaires dans l’environnement.

Vous pouvez participer à l’ensemble des opérations, des prélèvements dans l’environnement jusqu’à la valorisation des résultats, en passant par toutes les étapes de traitement et d’analyse des échantillons au sein du laboratoire de l’ACRO. L’équipe sera présente pour assurer un encadrement technique et scientifique qui vous permettra d’acquérir, ou de perfectionner différents savoirs et savoir-faire, certains étant propre à notre domaine d’activités (analyses par spectrométrie gamma et scintillation liquide), d’autres étant plus universels (préparation d’échantillons, gestion de bases de données, SIG, sites internet…).

Par votre implication au sein de l’Observatoire Citoyen vous acquerrez de nouvelles compétences qui vous seront profitables.

Si vous êtes intéressés, contactez-nous au plus vite ! Si vous êtes à l’Unicaen, la demande doit être déposée avant le 18 novembre.

Appel aux dons : 20 ans de surveillance citoyenne, aidez nous à continuer

 

Qu’est-ce-que l’observatoire citoyen (OCRE) ?

L’Observatoire Citoyen de la Radioactivité dans l’Environnement (OCRE) est un réseau de surveillance unique, mis en place par l’ACRO, afin de connaître les niveaux et les évolutions de la radioactivité dans l’environnement.

En associant un réseau de 250 préleveurs volontaires (citoyens bénévoles) et son laboratoire agréé, l’ACRO a mis en place un outil performant de vigilance citoyenne ouvert à toute personne souhaitant s’impliquer.

Le long des 600 km de côtes du littoral normand, l’ACRO surveille notamment les rejets des usines Orano de La Hague – les plus élevés au monde – et milite pour une réduction de ces rejets, conformément aux engagements pris dans le cadre de la convention OSPAR pour la protection de l’Atlantique Nord. Et, le long des 650 km de rivages de la Loire et de la Vienne, l’Observatoire citoyen, impliquant des associations locales, a permis de mettre en évidence des lacunes dans la surveillance officielle : la station multiparamètres de la centrale de Chinon ne voit souvent pas passer les rejets radioactifs de la centrale qu’elle est supposée contrôler.

Les résultats sont publiés sur notre site internet (acro.eu.org) afin de permettre à tous de connaître les niveaux de radioactivité autour de chez lui et sont versés dans la base de données du Réseau national de mesures

Cet observatoire citoyen ne génère pas de recettes mais des coûts financés en partie sur les fonds propres de l’association. Il est aujourd’hui menacé par une baisse significative des subventions et nous avons besoin de vous pour maintenir notre vigilance face aux rejets des installations nucléaires. 

Avec l’arrivée du nouvel EPR à Flamanville et les rejets de l’usine de retraitement ORANO qui détient le triste record des rejets radioactifs les plus forts au monde, il est plus que jamais important de continuer cette surveillance citoyenne dans l’environnement.

 Il est possible de venir prélever avec nous ou de faire un don par carte bancaire via la plateforme sécurisée HelloAsso, que vous pouvez retrouver sur notre site internet : acro.eu.org

Le don par chèque est également possible (à l’ordre de “Association ACRO”), en l’envoyant à l’adresse suivant : 711 Bld de la Grande Delle 14200 Hérouville-Saint-Clair.

Les donateurs bénéficieront d’une déduction fiscale de 66% (60% pour les entreprises).

L’extrême-droite, une menace pour l’action associative et citoyenne

Comme plus de 1 100 associations, l’ACRO est signataire de la tribune initiée par le Mouvement associatif :

Les élections européennes du 9 juin dernier ont entériné une progression sans précédent de l’extrême-droite. Face à ce constat, le Président de la République a fait le choix de dissoudre l’Assemblée nationale, convoquant brusquement des élections législatives les 30 juin et 7 juillet prochains. Le risque qui s’annonce pour notre démocratie, pour notre République et les valeurs qui la fondent ne peut pas être ignoré.

Nous avons la chance dans notre pays de pouvoir compter sur une dynamique associative particulièrement forte qui nous accompagne au quotidien. Ce sont nos associations, d’abord, qui permettent de proposer à nos enfants de pratiquer une activité sportive. Ce sont elles, encore, qui viennent en soutien des plus démunis, leur proposant un repas ou un toit. Ce sont elles, toujours, qui permettent d’animer nos bourgs et nos quartiers, proposant des activités culturelles accessibles à tous et toutes. Ce sont également elles qui préservent la nature… Nous pourrions poursuivre cette liste à l’infini tant les actions menées par les associations sont diverses et au plus près des besoins des habitantes et habitants.

Ce qui nous réunit aujourd’hui au sein de nos associations, c’est un socle de valeurs et de principes partagés qui est incompatible avec l’extrême-droite. Là où elle prospère sur le sentiment d’abandon et la peur du déclassement, les associations rassemblent et soutiennent les citoyennes et citoyens.

Partout où les forces autoritaires ont accédé au pouvoir, elles n’ont eu de cesse de s’en prendre à la vie associative et celles et ceux qui font association. C’est le cas en Hongrie où le gouvernement de Viktor Orban a été condamné par la Cour de Justice de l’Union Européenne pour ses restrictions imposées au financement des organisations civiles. Mais c’est aussi le cas en France dans les communes administrées par le Rassemblement National. Ainsi, à Hayange (57) en 2016, le maire a mis à la porte le Secours populaire de ses locaux et lui a coupé le chauffage du fait de son caractère “politisé et pro-migrants” alors que l’association comptait près de 1000 bénéficiaires. À ce titre, comment ne pas s’inquiéter de l’utilisation d’un outil déjà largement dévoyé tel que le Contrat d’Engagement Républicain entre les mains d’un tel pouvoir ?

Car ces exemples trahissent une vérité simple : si l’extrême-droite s’en prend aux associations, c’est surtout parce qu’elles agissent au service de tous et toutes, sans discrimination, car les droits sont universels, aucune préférence nationale ne s’y appliquant ; et c’est parce qu’elles sont le réceptacle de la parole citoyenne, du débat contradictoire et d’un pluralisme indispensable à notre vie démocratique.

Parce que les associations portent la parole des citoyennes et citoyens là où l’extrême-droite voudrait la contenir. Parce que les associations prônent le dialogue là où l’extrême-droite se construit sur l’éviction des divergences. Parce que les associations prônent l’ouverture et la tolérance là où l’extrême-droite revendique le repli sur soi. Parce que les associations sont des écoles de la démocratie là où l’extrême-droite en est le fossoyeur. Les valeurs associatives sont incompatibles avec l’extrême-droite.

Nous appelons chacune et chacun d’entre nous à défendre nos valeurs républicaines lors des prochaines élections. Dans la continuité du Pacte du Pouvoir de Vivre qui rendra visible les débats, rassemblements ou les initiatives portées par la société civile (www.pactedupouvoirdevivre.fr), nous appelons toutes les associations à se mobiliser. Nous portons toutes et tous une responsabilité. Il s’agit d’investir pleinement ce combat !