L’Observatoire citoyen de la radioactivité dans l’environnement : un outil unique qui est menacé

Dès 1988, l’ACRO a mis en place un programme de surveillance citoyenne de la radioactivité sur le plateau de La Hague où l’usine de retraitement a les rejets dans l’environnement les plus élevés du pays. Cette surveillance a été étendue à l’échelle de tout le bassin Seine-Normandie en 1997 et est devenue l’« Observatoire citoyen de la radioactivité dans l’environnement » en 2007. Si la surveillance des rejets de la centrale nucléaire de Chinon est effectuée depuis le début de l’ACRO, l’observatoire citoyen couvre aussi tout le bassin Vienne-Loire depuis 2017.

En associant un réseau de préleveurs volontaires et un laboratoire performant, l’ACRO a mis en place, au fil des ans, un outil unique au monde qui effectue une surveillance régulière de la radioactivité dans l’environnement en des lieux où nul autre organisme n’effectue de mesure. Tous les résultats sont en ligne sur notre site Internet. Cette démarche vise à permettre à tout un chacun de devenir un acteur majeur de la protection de l’environnement et s’est révélée particulièrement pertinente en cas d’évènements particuliers, comme un accident nucléaire au Japon, par exemple. Le laboratoire Chikurin-sha, que nous avons aidé et soutenu, a repris le flambeau sur place.

Cet observatoire citoyen de la radioactivité dans l’environnement est menacé par une baisse significative des subventions et nous avons besoin de vous pour maintenir notre vigilance face aux rejets des installations nucléaires.

Nous lançons donc un appel aux dons
– en ligne via la plateforme sécurisée helloasso, ou
– par chèque à l’ordre de “Association ACRO”, en l’envoyant à l’adresse suivante :
138 Rue de l’Eglise 14200 Hérouville-Saint-Clair.

Les donateurs bénéficieront d’une déduction fiscale de 66% (60% pour les entreprises).

Radioactivité dans l’environnement : le rôle des associations de contrôle

Le magasine scientifique « Reflets de la physique » consacre son numéro 60, au nucléaire civil en France. Il contient notamment une contribution de l’ACRO sur le rôle des associations de contrôle :

Ce magasine est entièrement en libre accès :

 

Flamanville : le PPI nouveau est arrivé, qui va trinquer ?

Lire le communiqué en version PDF

Plus d’informations : Remarques de l’ACRO sur le PPI 2018 de Flamanville

L’ACRO a étudié le projet de nouveau PPI (plan particulier d’intervention) de Flamanville. Il contient des évolutions positives par rapport à la version précédente, mais n’est pas assez protecteur pour les populations potentiellement exposées à des retombées radioactives. L’Association, qui a travaillé sur les plans d’urgence nucléaire en France, en Belgique, en Inde et au Canada, a remis ses observations à la Préfecture de la Manche.

Le PPI part du principe que les populations vont réagir comme prévu dans le plan qu’elles ignorent. Pourtant, certaines solutions proposées vont à l’encontre du bon sens. La plus grosse absurdité concerne la mesure la plus complexe à mettre en œuvre, à savoir l’évacuation des populations.

Elle est limitée à 5 km autour de la centrale de Flamanville alors que les recommandations européennes validées par la France demandent qu’une stratégie générale soit définie afin d’être en mesure d’étendre l’évacuation sur un rayon allant jusqu’à 20 km. Mais le plan « déplacement massif de population » est en cours de rédaction. Un premier aperçu a de quoi inquiéter : sur la carte du département (page 33) on invite la population de Cherbourg à se diriger vers la nationale 13, mais aussi vers la route qui va vers Les Pieux donc vers le lieu de l’accident. Pourquoi n’est-il pas prévu une évacuation vers l’Est (Maupertus puis Quettehou) ?

Cette carte indique aussi en bleu une « ligne d’arrêt hermétique » allant de Lessay à Carentan via Périers. Mais à aucun moment on ne mentionne sa fonction. S’agit-il de faire du Nord-Cotentin une île ?

L’ACRO invite la Préfecture à aller à la rencontre des populations afin de proposer des solutions réalistes. Elle demande aussi qu’une évaluation des conditions et du temps d’évacuation soit réalisée, comme aux Etats-Unis.

Concernant la protection de la thyroïde, il est prévu une extension de 10 à 20 km de la distribution des pastilles d’iode « à une date à ce jour non définie ». L’ACRO milite depuis des années pour une extension à 100 km, à l’instar de la Belgique. En effet toutes les études s’accordent pour dire qu’en cas d’accident grave sur une centrale nucléaire, il est nécessaire de protéger la thyroïde des enfants et des femmes enceintes ou allaitantes en particulier, sur des distances pouvant dépasser la centaine de kilomètres.

La France a validé, au niveau européen, la recommandation des autorités de sûreté nucléaire indiquant qu’une stratégie générale doit être définie afin d’être en mesure d’étendre la mise à l’abri des personnes et la distribution d’iode sur un rayon allant jusqu’à 100 km (rapport ATHLET 2014). Mais elle refuse de l’appliquer sur son territoire ! Les Gaulois seraient-ils trop hostiles au changement ?

D’autre part, à aucun moment on n’imagine que l’usine Orano La Hague (située dans le rayon des 20 km) soit impactée par un panache radioactif venant de Flamanville ? Si cela devait se produire, on doit prévoir dans le PPI de Flamanville les procédures à mettre en œuvre.

L’ACRO lance donc une double invitation à la population du Cotentin et d’ailleurs :

  • écrire au préfet pour demande la distribution préventive d’iode dans un rayon de 100 km (voir le modèle de lettre sur le site de l’ACRO) ;
  • mentionner sur le registre de consultation en mairie ou à la préfecture de La Manche, ses interrogations (et éventuellement ses propositions) face aux manques et aux absurdités de ce nouveau PPI (voir l’ensemble détaillé des observations formulées par l’ACRO sur son site).

Plus d’informations : Remarques de l’ACRO sur le PPI 2018 de Flamanville

L’héritage radioactif de Chalk River

La construction d’un dépotoir pouvant stocker un million de mètres cubes de déchets faiblement radioactifs à Chalk River, en Ontario, suscite des craintes environnementales car l’emplacement choisi est à moins d’un kilomètre de la rivière des Outaouais, la source d’eau potable de millions d’habitants du Canada.

L’équipe de Radio-Canada est donc venue enquêter sur le Centre de Stockage de la Manche qui est devenu une référence internationale pour les mauvaises pratiques en matière de gestion des déchets radioactifs. L’ACRO, qui effectue une surveillance citoyenne de site, a contribué au documentaire.

Le reportage a été diffusé à Découverte, dimanche 25 mars à 18h30 (HAE) à ICI Radio-Canada Télé :

L’ACRO a effectué quelques analyses de la radioactivité dans les environs du site de Chalk River qui font apparaître une faible contamination au cobalt-60 et au césium-137 des sédiments de la rivière des Outaouais. Du tritium a aussi été détecté dans l’eau. Voir le rapport d’analyse.

Une animation du dépotoir nucléaire proposé à Chalk River.

Appel aux dons exceptionnel : MERCI ! Grâce à vous nous pouvons poursuivre notre surveillance de la radioactivité dans l’environnement 

Fin 2017, l’ACRO lançait un appel aux dons exceptionnel, suite au non renouvellement par la nouvelle région Normandie de la subvention de 23 000 euros précédemment attribuée chaque année par la Basse-Normandie. Près de 300 donateurs y ont répondu. Cela montre leur confiance et leur adhésion à notre mission de vigilance citoyenne. Nous les remercions très chaleureusement.

Ainsi, nous avons récolté plus de 25 000 euros de plus que ce que nous recevons habituellement sur une année. C’est une somme importante, qui va nous permettre de boucler l’exercice 2017. Si nous avons gagné la « bataille » de la trésorerie, nous n’avons pas gagné celle du retour de cette subvention régionale, qui couvrait en partie les frais de l’Observatoire citoyen de la radioactivité dans l’environnement (OCRE).

Nous allons bien-sûr poursuivre nos actions de vigilance aux abords des sites nucléaires, car, une fois de plus en 2017, nous avons constaté que sans notre contrôle, des pollutions ne seraient pas révélées. En est-il ainsi de la contamination en américium et en plutonium du Ru des Landes, près du site de La Hague.

Pour cela, il nous faut assurer la pérennité de nos ressources financières, ce qui suppose plus d’adhérents, plus de donateurs. C’est pourquoi nous encourageons les lecteurs de ce texte à adhérer et/ou à nous soutenir financièrement si ce n’est pas déjà fait.


L’appel aux dons d’octobre 2017 :

La démarche que nous entreprenons aujourd’hui a un caractère exceptionnel : l’exercice financier 2017 devrait accuser un déficit élevé dû essentiellement à la non reconduction, par la nouvelle région Normandie, de la subvention annuelle de 23 000 euros que nous versait la Basse-Normandie jusqu’en 2016, car notre demande « ne répond pas aux nouvelles orientations de la politique environnementale de la Région Normandie ».

Et pourtant l’action de l’ACRO, grâce à son laboratoire agréé, à ses bénévoles et à son réseau de préleveurs volontaires, est plus que jamais pertinente et donc nécessaire. En effet, face au manque d’informations et aux pressions exercées par les acteurs de la filière nucléaire, l’ACRO agit tel un « contre-pouvoir » pour protéger les populations et leur environnement. Sans l’ACRO, des pollutions ne seraient pas révélées. Ainsi, récemment, nous avons mis à jour une pollution à l’américium et au plutonium aux abords des usines Aréva de La Hague suffisamment importante pour que l’exploitant annonce l’enlèvement des terres contaminées. Nous avons également donné l’alerte sur l’introduction de radioactivité dans des biens de consommation vendus pour des vertus soit disant de “bien être”.

Par ailleurs, l’ACRO siège dans plusieurs commissions mises en place par les pouvoirs publics au niveau local (les CLI par exemple) comme national. Il s’agit d’y relayer les attentes des citoyens en matière de transparence et de sûreté et d’y apporter notre expertise et notre vigilance. L’ACRO s’est ainsi très impliquée pour obtenir une transparence maximale sur le dossier de la cuve de l’EPR et sur les falsifications de pièces à l’usine du Creusot.

Malgré tout ce travail reconnu, l’ACRO fait face à des difficultés financières que nous espérons temporaires. Cela fragilise notre association alors que la vigilance citoyenne est plus que jamais nécessaire dans un contexte de plus en plus critique avec le vieillissement des centrales, les défauts de l’EPR, la gestion incertaine des déchets, etc…

Pour continuer nos actions, nous avons besoin de vous et de votre soutien financier. Sachez que 66% de votre don ou votre adhésion sont déductibles de votre impôt (dans la limite de 20% de vos revenus imposables); ainsi, par exemple, un don de 50 euros ne vous revient en réalité qu’à 17 euros. Vous pouvez effectuer votre versement par chèque (à envoyer à ACRO – 138 rue de l’église – 14200 Hérouville Saint Clair) ou en ligne sur https://www.acro.eu.org/agir-faire-un-don/

Voir ce communiqué en version PDF

Notre appel aux dons dans les médias :

L’ACRO assiste Greenpeace dans sa campagne de mesure de la radioactivité des fonds marins à Fukushima

Le Rainbow-Warrior III de Greenpeace est de nouveau à Fukushima pour une campagne de mesure de la contamination des fonds marins au large de la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi.

L’ACRO est à bord pour assister Greenpeace dans cette opération. Chikurin, le laboratoire indépendant monté à Tôkyô avec le soutien de l’ACRO est aussi partenaire.

A suivre sur notre site dédié à la catastrophe de Fukushima.

Voir le témoignage de Mylène Josset, chargé d’études à l’ACRO, en mission sur le Rainbow Warrior III au large de Fukushima (site de Greenpeace)

Cahiers d’acteur de l’ACRO dans le cadre du débat public CIGEO

Dans le cadre du débat public CIGEO (stockage profond de déchets radioactifs à Bure), l’ACRO vient de publier 2 cahiers d’acteurs (pour consulter l’ensemble des cahiers d’acteurs sur le site officiel, cliquez ici) :

Cahier d’acteur de l’ACRO N°79

Cahier d’acteur de l’ACRO N°81