Les enfants de Fukushima sont contaminés

Communiqué de presse du 30 juin 2011
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A la demande de citoyens japonais, l’ACRO a analysé les urines d’une dizaine d’enfants vivant dans la ville de Fukushima, à environ 60 km de la centrale nucléaire. Les résultats sont sans ambiguïté : toutes les urines sont contaminées en césium 134 et césium 137 à des concentrations allant de 0,4 à 1,3 becquerels par litre.

Cela signifie que ces enfants, âgés de 6 à 16 ans, sont tous contaminés en césium 134 et césium 137 et qu’ils l’ont probablement aussi été en iode 131. Ce dernier élément disparaît plus vite et l’on ne le détecte plus.

Il est difficile à ce stade, d’évaluer la contamination du corps entier à partir de ces données. Mais ces résultats devraient inciter les autorités japonaises à mesurer systématiquement la contamination interne des habitants qui ont été exposés aux panaches radioactifs et de ceux qui vivent dans les territoires contaminés et qui sont donc vraisemblablement soumis à une contamination chronique. Cela peut se faire sans difficulté technique (par anthropogammamétrie).

Les résultats de la mesure de la contamination interne devront ensuite être pris en compte dans l’évaluation des doses reçues par la population.

Cela nous conforte aussi dans l’idée que la limite fixée par les autorités japonaises pour déterminer les zones d’évacuation est trop élevée. Elle est de 20 millisieverts pour la première année, ce qui est fortement critiqué par de nombreuses organisations dont l’ACRO. En effet, elle est deux fois plus élevée que la limite française en cas d’accident et 20 fois plus élevée que la limite maximale admissible pour le public en temps normal.

Or, le calcul de dose effectué par les autorités japonaises pour déterminer les zones d’évacuation ne prend pas en compte cette contamination interne qui est due à l’exposition directe au panache radioactif et/ou à l’alimentation contaminée. Et cette contamination interne vient s’ajouter aux autres voies d’exposition aux radiations dues à la pollution radioactive. Il est donc impératif d’abaisser la limite due aux autres voies d’exposition.

L’ACRO a reçu de nouveaux échantillons du Japon qu’elle continue d’analyser gracieusement en attendant de pouvoir ouvrir un laboratoire sur place dès qu’elle aura rassemblé les fonds nécessaires. Toute aide financière est la bienvenue.

Les résultats sont en ligne ici

Version anglaise

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The children of Fukushima are contaminated

Press release, June 30th, 2011 (Download pdf)


ACRO has analyzed urine of children living in Fukushima-city located at about 60 km of the Fukushima NPP. There is no ambiguity on the results: all samples are tainted by cesium 134 and cesium 137 at concentrations ranging from 0.4 to 1.3 becquerels per litre.

This means that these children between 6 and 16 years old are all contaminated by cesium 134 and cesium 137. There were also probably contaminated by iodine 131 that disappears quickly and cannot be detected now.

It is difficult to evaluate the contamination of the whole body from these data. It is a strong incitation for the Japanese authorities to systematically measure the internal contamination of the people exposed to the radioactive plumes and of the people living in the contaminated territories. This can be easily done (by anthropogammametry).

The results of the measurement of the internal contamination should then be taken into account in the evaluation of the dose absorbed by the population.

 This reinforces our opinion that the evacuation threshold fixed by the Japanese authorities is too high. Many NGO’s, including ACRO, have criticized this limit that is fixed at 20 millisieverts for the first year. It is 2 times larger that limit fixed by the French authorities in case of an accident and 20 times larger than the usual maximum permissible dose for the public.

 This internal contamination is due to the exposition to the radioactive plume and/or to the tainted food. It should be added to the other ways of exposition of the population due to the radioactive pollution. The limit of the permissible dose due to these other ways of exposition should be decreased.

Results online here

French version

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La catastrophe nucléaire expliquée aux (grands) enfants

ACRO
138, rue de l’Eglise
14200 Hérouville St Clair
https://acro.eu.org

Pour faire de l’électricité, la méthode la plus répandue consiste à faire tourner des aimants, comme dans une dynamo de vélo. C’est le cas par exemple avec les éoliennes où c’est le vent qui travaille, ou avec l’eau des barrages qui chute de la montagne.

Mais quand on n’a pas sous la main de l’air ou de l’eau qui bougent naturellement, comment fait-on pour faire tourner les aimants ? On utilise de la chaleur : quand on fait chauffer de l’eau dans une cocotte-minute, la vapeur qui sort à grande vitesse peut faire tourner une hélice qui va faire tourner des aimants qui vont faire de l’électricité.

Pour faire chauffer l’eau, on peut brûler du bois, du gaz, de l’essence… ou utiliser une centrale nucléaire. Le nucléaire est la méthode la plus compliquée pour faire chauffer de l’eau qui va faire tourner les aimants qui vont faire de l’électricité. C’est aussi la plus dangereuse, comme le Japon vient de l’apprendre à ses dépens.

Pourquoi c’est dangereux ? Parce que dans une centrale nucléaire, on casse en deux l’atome le plus lourd que l’on trouve dans la nature que l’on appelle uranium (voir la radioactivité expliquée aux enfants). Cela dégage de la chaleur, beaucoup de chaleur. Mais les deux morceaux, qui sont des atomes plus petits, sont radioactifs. Il faut donc s’en protéger.

Pour cela, l’uranium est enfermé dans une gaine métallique, pour empêcher que les atomes radioactifs aillent dans l’eau. En fait, on ne peut pas tous les empêcher de sortir et l’eau devient radioactive. On essaye qu’il y en ait le moins possible qui sortent.

La cause de tous les malheurs à Fukushima, c’est la chaleur dégagée par les barres d’uranium, même quand on a arrêté la centrale nucléaire.

Il faut donc les refroidir, sinon le métal fond et les atomes radioactifs polluent l’eau qui devient à son tour très radioactive. Pour cela, on a besoin d’eau et de pompes qui pompent l’eau chaude pour la refroidir et la remettre dans la cocotte-minute (appelée cuve par les adultes). Ces pompes utilisent de l’électricité.

A Fukushima, les réacteurs nucléaires qui étaient en marche se sont arrêtés automatiquement après le tremblement de terre. La centrale nucléaire ne produisait donc plus d’électricité. En plus, les lignes électriques qui auraient pu amener de l’électricité d’ailleurs étaient coupées. Sans électricité, plus de pompe. Et sans circulation d’eau, les barres d’uranium chauffent.

Il y a donc des moteurs de secours qui font de l’électricité. Cette fois-ci, on utilise de l’essence pour faire tourner un moteur, qui entraîne des aimants qui vont faire de l’électricité qui va faire marcher les pompes qui vont refroidir la centrale nucléaire. Une panne à un seul endroit le long de cette chaîne, et les problèmes arrivent.

C’est ce qui s’est passé : le tsunami qui a inondé la centrale nucléaire moins d’une heure après le tremblement de terre et a ravagé une grande partie des côtes japonaises, a provoqué l’arrêt des moteurs de secours. Dans ce cas, il y a des batteries qui peuvent remplacer, mais elles ne durent pas longtemps.

En plus à Fukushima, le tremblement de terre a endommagé les tuyauteries et il a rapidement manqué d’eau. C’est donc, de l’eau de mer qui a été utilisée, le temps de réparer les tuyaux.

Si les combustibles chauffent, l’eau se met à bouillir. La pression monte dans la cocotte-minute et la température monte encore. A partir de 300°C, certains joints ne tiennent plus : l’eau commence à fuir.

Tout n’est pas encore clair, mais il est fort probable que le tremblement de terre a aussi bien endommagé les réacteurs de la centrale et provoqué des fuites d’eau. En effet, sans électricité, il n’y a plus d’instruments pour mesurer la température, la pression etc et donc savoir ce qui se passe dans le réacteur.

Quand l’eau s’est évaporée, la partie émergée des barres d’uranium, qui font 4 mètres de long, chauffe encore plus. Le métal des barres commence à se fissurer, ce qui libère les petits atomes radioactifs. L’eau devient très radioactive. L’air aussi. Cela aurait commencé à peine 3 heures après le tremblement de terre dans le réacteur n°1.

En plus, au niveau de la gaine métallique hors de l’eau, une réaction chimique dégage de l’hydrogène qui est très explosif. TEPCo, le propriétaire de la centrale, estime que 800 kilogrammes d’hydrogène ont été produits dans le réacteur n°1. Et à peine plus de 24 heures après le séisme, une forte explosion hydrogène a détruit partiellement le bâtiment abritant le réacteur n°1. Il y aura des explosions dans 4 réacteurs en tout.

On a vu que l’eau dans le réacteur est devenue très radioactive et qu’il y a des fuites qui vont rendre tout le réacteur radioactif. Les hommes ne peuvent plus approcher. L’inondation des sous-sols empêche aussi de rebrancher l’électricité qui est revenue.

L’eau continue à s’évaporer : la pression à l’intérieur de la cocotte-minute pourrait la faire exploser. Il faut donc laisser sortir des gaz. Les gaz radioactifs sont emportés par le vent et polluent de vastes territoires. Les gens doivent partir.

Une fois qu’il n’y a plus d’eau dans le réacteur, la température monte encore plus et peut atteindre presque 3 000°C. Les barres fondent et tombent au fond de la cuve en métal qui peut se percer et cela coule plus bas. On parle de « fusion du cœur ».

Dans le réacteur n°1 de Fukushima dai-ichi, la fusion du cœur a eu lieu en moins de 16 heures. Personne n’a pu l’empêcher. La fusion du cœur a eu lieu dans les réacteurs n°2 et 3 qui en sont aussi mauvais état. Les cuves métalliques d’une épaisseur de 16 cm sont probablement percées.

Pour se protéger, la cocotte-minute est enfermée dans un coffre-fort en béton armé appelé « enceinte de confinement ». C’est la dernière barrière entre le combustible fondu très très radioactif et le monde extérieur. Mais, cette barrière est aussi fissurée, voir percée et l’eau très radioactive fuit. Elle coule dans les sous-sols qui sont remplis d’eau radioactive et peut déborder dans la mer. Il y a déjà eu des débordements des réacteurs n°2 et 3 et la mer est fortement polluée.

Même fondu en fond de cuve, le combustible doit toujours être refroidi. TEPCo a d’abord injecté de l’eau à l’aide de camions pompe, puis de pompes plus classiques. L’eau injectée s’écoule par les fuites dans les sous-sols. Cela ne peut pas durer longtemps comme cela.

Bref, suite à la fusion des cœurs, on est passé de la cocotte-minute étanche à la cafetière : le jus qui sort du percolateur est devenu le principal problème. Il y en a déjà 120 000 tonnes ou 120 000 mètres cube qui se sont accumulés dans les sous-sols.

TEPCo a construit à la hâte une station d’épuration avec l’aide de compagnies étrangères pour filtrer l’eau des sous-sols avant qu’elle ne déborde dans la mer et la réinjecter dans les réacteurs pour les refroidir. Puis elle s’est vantée d’avoir réussi à refroidir les réacteurs « en circuit fermé » en si peu de temps.

Parler de circuit fermé est un peu abusif non ? L’eau injectée continue à fuir dans les sous-sols où elle doit être pompée. Une partie de cette eau s’évapore et continue à polluer l’environnement. Une autre partie s’infiltre dans la terre. Il en a encore pour des années avec ce fonctionnement car il n’est pas possible d’approcher pour boucher les trous et arrêter les fuites. C’est trop radioactif. TEPCo veut donc construire une immense barrière souterraine tout autour de la centrale qui irait jusqu’à la roche pour empêcher cette eau polluée d’aller plus loin.

Mais ce n’est pas tout ! Le combustible qui sort des centrales nucléaires reste chaud pendant des années. On l’entrepose temporairement dans des piscines que l’on doit refroidir. Il y a une piscine par réacteur.

Suite au tremblement de terre et tsunami, les piscines des 6 réacteurs de la centrale de Fukushima n’ont plus été refroidies et sont devenues aussi menaçantes que les réacteurs, voire plus. En effet, elles ne sont pas protégées par une enceinte de confinement. Mais comme le combustible est plus ancien, il est moins chaud et l’eau s’évapore moins vite. Sauf au niveau du réacteur n°4 : la piscine était pleine avec des combustibles anciens et des combustibles usés très chauds qui venaient à peine de sortir du réacteur.

Il y a aussi eu une explosion hydrogène et un incendie à proximité de la piscine n°4 qui a fait craindre le pire. Mais depuis, TEPCo a réussi à filmer l’intérieur de la piscine et il semblerait que le combustible n’ai pas fondu.

Début août, les 6 piscines sont refroidies. Pour celles des réacteurs 1 à 4, TEPCo a dû mettre en place un nouveau système de refroidissement.

Les réacteurs n°5 et 6 étaient à l’arrêt et une partie de leur combustible était entreposée dans leur piscine respective. Un générateur d’électricité diesel a pu rapidement être remis en route et leur refroidissement contrôlé. Ils ne posent plus trop de problèmes.

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La radioactivité expliquée aux enfants

ACROnique du nucléaire n°101

suivie de

ACRO
138, rue de l’Eglise
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Toute la matière qui nous entoure, l’eau, l’air, la terre…, nous, sommes faits de petits grains, extrêmement petits que l’on appelle « atomes ». Il y en a 92 différents en tout. Comme pour les blocs de légo, tout dans l’univers, des étoiles à nous, est « fabriqué » à partir de ces 92 atomes. Il y a d’autres atomes fabriqués par l’homme.

Chaque atome a un nom : le numéro 1, qui est le plus petit, s’appelle « hydrogène » et le n°92, qui est le plus lourd, « uranium ». Entre les deux, il y a sûrement des noms que tu connais, comme oxygène, or, fer… Deux atomes d’hydrogène accrochés à un atome d’oxygène forme un petit bloc qui est l’eau.

Mais je m’écarte du sujet. Certains de ces atomes sont dits « radioactifs ». Comme un canon, ils peuvent tirer un petit obus encore plus petit que l’atome lui-même. Ce sont ces petits obus qui sont dangereux, car ils peuvent traverser le corps humain comme quand on va faire une radio.

Dans un réacteur nucléaire, il y a énormément d’atomes radioactifs qui tirent des obus. C’est pourquoi ils sont enfermés dans un coffre-fort que l’on appelle « enceinte de confinement ». Le problème à la centrale de Fukushima, c’est que les atomes radioactifs s’échappent dans l’eau et dans l’air. Certains retombent près de la centrale, d’autres sont emportés par les vents tout autour de la Terre.

Un atome radioactif ne vise pas. S’il est à côté de nous, il y a des chances que l’obus parte au loin. Mais si l’on mange des légumes pollués, que l’on boit de l’eau polluée ou que l’on respire de l’air pollué par des atomes radioactifs, les obus tirés par les atomes dans le corps vont faire des dégâts à tous les coups !

Evidemment, il y a beaucoup plus d’atomes qui retombent près de la centrale accidentée. C’est pourquoi toute la centrale et ses environs sont très pollués par des atomes radioactifs qui tirent dans tous les sens.

Les travailleurs sur place, se protègent en s’emballant dans un vêtement qui les recouvre entièrement et mettent un masque sur le visage pour ne pas respirer de poussière radioactive. Mais ils ne peuvent rien contre le bombardement radioactif et ne peuvent donc pas rester longtemps sur place.

Quand on est loin et qu’il y a peu d’atomes, on risque moins d’être bombardé. Le principal problème est alors l’alimentation et la boisson.

La plupart des atomes radioactifs ne peuvent tirer qu’une seule fois, un ou deux obus à la fois. Après, ils ne sont plus radioactifs. Certains tirent très vite et la pollution ne dure pas longtemps, faute de munitions. C’est le cas par exemple pour l’atome appelé « iode 131 » qui était rejeté à Fukushima. Au bout de huit jours, il n’en reste que la moitié qui sont radioactifs. Après seize jours, plus qu’un quart. Et ainsi de suite… Pour celui appelé « césium 137 », cela prend trente ans et donc la pollution radioactive va rester longtemps ! C’est pourquoi il faudra un système de surveillance de la pollution pendant de longues années pour se protéger.

Le becquerel sert à compter le nombre d’atomes radioactifs : si l’on te dit qu’il y a 1000 becquerels, cela veut dire qu’il y a 1000 tirs d’obus par seconde.


La mesure de la radioactivité expliquée aux enfants

On a vu que la radioactivité était due à de méchants atomes tout tout petits qui pouvaient lancer des obus minuscules. Il y a deux façons d’être atteint par ces obus.

Soit l’on est dans une zone où il y a beaucoup d’atomes radioactifs qui tirent dans tous les sens et la seule façon de se protéger est de s’éloigner. C’est pourquoi les gens qui habitent autour des centrales de Fukushima ou de Tchernobyl ont dû partir.

La radioactivité, on ne la sent pas, on ne la voit pas, on ne l’entend pas. Alors il faut la mesurer avec des appareils spéciaux pour s’en protéger.

La mesure de cette forte radioactivité peut se faire avec de petits appareils qui comptent le nombre d’obus qui les cognent. Plus il y a d’obus et plus c’est dangereux.

Comment sait-on si c’est un peu dangereux, moyennement dangereux ou très dangereux ? Alors là, cela devient très compliqué car il y a plusieurs sortes d’obus : certains font plus de mal que d’autres. En plus, tous les obus ne cognent pas tous avec la même force : certains ont plus d’énergie que d’autres et sont donc plus dangereux.

Pour estimer la gravité des blessures dues aux obus, on utilise le sievert. Une personne qui reçoit quelques sieverts risque de mourir après quelques mois. Généralement, on compte donc avec une unité plus petite, le millisievert, comme pour les millimètres. La population ne doit pas recevoir plus d’un millisievert par an car les obus peuvent provoquer des cancers ou d’autres maladies qui apparaîtront bien plus tard.

Il existe des petits appareils qui peuvent mesurer les millisieverts pour surveiller tout cela.

Quand les atomes radioactifs sont à côté de toi, ils tirent dans tous les sens sans viser et seulement une petite partie peut t’atteindre. Il en faut beaucoup pour être dangereux. Mais si les atomes radioactifs sont dans ton corps, tous les obus vont te blesser et une toute petite quantité suffit à être dangereuse.

Il faut donc faire attention aux aliments que l’on mange, à l’air que l’on respire et à l’eau que l’on boit. C’est pour cela qu’il faut les surveiller en mesurant la quantité d’atomes radioactifs. Et là, c’est plus difficile parce qu’il y a déjà de la radioactivité dans la nature contre laquelle on ne peut rien, puisqu’il y en a partout.

En essayant de compter le nombre d’obus tirés par les atomes radioactifs d’un bol de myrtilles par exemple, on va avoir des obus qui viennent des myrtilles, mais aussi du bol, de la table etc etc. Si les myrtilles sont peu radioactives, on pourra rester à côté d’elles sans danger, mais il se peut que l’on ne puisse pas les manger. Comment faire alors pour savoir ?

A l’ACRO, comme dans les autres laboratoires, on utilise deux astuces : d’abord on enferme le bol de myrtilles dans un coffre-fort en plomb qui arrête les obus naturels qui viennent de loin. Et puis, l’appareil que l’on utilise est plus sophistiqué que ceux dont j’ai parlés avant : ils peuvent mesurer l’énergie des obus et faire un tri entre les obus qui viennent de la nature et les obus qui viennent de la pollution dans les myrtilles. Ainsi, on peut dire exactement combien d’atomes radioactifs dus à la pollution sont dans les myrtilles et donc décider si on peut les manger ou non. Une mesure peut prendre plusieurs heures.

On exprime le résultat en becquerel : cela permet de savoir combien il y a d’atomes radioactifs dans l’alimentation, l’eau et l’air. Le gouvernement japonais a décidé par exemple qu’il ne devait pas y avoir plus de 500 becquerels de césium 137 dans un kilo d’aliment.

On ne peut pas mesurer directement la gravité des blessures que tu auras si tu manges un aliment contaminé. On fait alors des calculs pour savoir combien de millisieverts cela fait.

Tous ces millisieverts s’ajoutent et il faut faire attention.


Les effets de la radioactivité expliqués aux enfants

Dans « la radioactivité expliquée aux enfants », nous avons vu que les atomes radioactifs peuvent tirer un petit obus encore plus petit que l’atome lui-même. Ce sont ces petits obus qui sont dangereux, car ils peuvent traverser le corps humain comme quand on va faire une radio.

Si l’on prend une balle dans le cœur, on meurt à tous les coups, pas si c’est dans le bras. C’est un peu pareil avec la radioactivité : les obus microscopiques ne heurtent pas toujours une partie vitale. Il y a des chanceux et des malchanceux. On parle alors d’effets « stochastiques ». S’il y a beaucoup de radioactivité, et donc beaucoup d’obus tirés, il y a plus de risques de toucher une partie importante du corps. Il n’y a plus de chanceux : tout le monde tombera malade, voire mourra si la dose est très très forte. On parle alors d’effets « déterministes ».

Quand on veut protéger l’Homme, on veut protéger chaque individu, les chanceux comme les malchanceux. On va donc s’intéresser aux faibles doses, sachant qu’il n’y a pas de limite d’innocuité, chaque dose est engendre un risque, même la plus petite. Il y a déjà la radioactivité naturelle contre laquelle on ne peut rien. On n’accepte aucune dose de radioactivité supplémentaire créée par l’homme, sauf s’il y a un bénéfice. C’est le cas de certains malades par exemple, que l’on peut soigner grâce à la radioactivité, même si l’on prend le risque de provoquer d’autres maladies plus tard. Dans ce cas, on essaye alors que la dose de radioactivité administrée soit la plus basse possible. Et puis, il y a des limites à ne pas dépasser qui correspondent à un risque jugé acceptable.

Depuis quelques années, il est aussi devenu important de protéger aussi l’environnement. Pas uniquement l’Homme. Et là, les critères sont complétement différents. Ce que l’on veut protéger, c’est une espèce, pas chaque individu. Peu importe s’il y a des malades ou des morts. Ce qui compte, c’est que l’espèce survive. Certains vont même plus loin et pensent qu’il ne faut protéger que les espèces importantes des écosystèmes et pas nécessairement toutes les espèces. Ils sont donc même prêts à accepter la disparition de certaines espèces à cause de la radioactivité à la condition que l’écosystème survive.

C’est la même chose quand on construit une route et que l’on coupe une forêt par exemple. On accepte la destruction d’écosystèmes sous le prétexte qu’il en existe de similaires ailleurs.

Les études des effets de la radioactivité sur l’environnement ne s’intéressent donc qu’aux fortes doses et aux effets dits « déterministes ». Cela ne veut pas dire que les faibles doses n’ont pas d’effet. Il y a aussi des malchanceux chez les animaux ou les plantes. On ne s’y intéresse pas.

A partir de quand dit-on qu’il y a un effet ? Quand 50% d’une espèce a disparu ? Au bout de combien de générations ? Se pose aussi la question encore plus difficile des pollutions multiples : on peut imaginer qu’un animal ou une plante fragilisés par un polluant résisteront moins bien aux fortes doses de radioactivité. Bref, pour le moment, on ne connaît pas grand-chose, les recherches n’en étant qu’à leur début.

Le cas des abeilles est parlant : certains pesticides ne les tuent pas, mais il semblerait qu’ils font qu’elles se perdent et ne retrouvent plus leur ruche. Limiter les études aux décès n’est donc pas suffisant.

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La catastrophe nucléaire n’existe pas

Editorial de l’ACROnique du nucléaire n°93


La catastrophe nucléaire n’existe pas. Pour les gens bien-pensants, Tchernobyl est une catastrophe « soviétique ». Cela ne pouvait pas se produire en Occident : à Three Miles Island en 1979, l’enceinte de confinement avait permis d’éviter le pire. En France, au Blayais en 1999, on avait fait la preuve que l’on était les meilleurs au monde.

Et pourtant, dans le pays le mieux préparé à faire face aux catastrophes naturelles, qui est un des leaders technologiques de la planète, quatre accidents nucléaires simultanés ont lieu en ce moment. Les promoteurs du nucléaire ont bien tenté d’expliquer que cet accident était une catastrophe naturelle, ils n’ont convaincu personne.

Le Japon doit faire face à une catastrophe nucléaire de grande ampleur dont il n’a pas fini de panser les blessures. Il est évident que ni l’exploitant, ni les autorités n’ont les moyens d’y faire face. A l’heure d’Internet, toute la planète est au courant.

Durant les deux premiers mois de la catastrophe, TEPCo, l’exploitant, s’est complètement trompé sur l’ampleur des dégâts. Aucun expert institutionnel n’a rien trouvé à y redire. Il est fort probable qu’aucun pays n’aurait fait mieux dans une situation similaire.

Dès les premières heures de la catastrophe, l’ACRO a tout mis en œuvre pour s’informer et informer en continu de l’évolution des évènements. Notre site Internet est devenu une référence.

Depuis, presque toute notre énergie est consacrée à cette catastrophe et à ses conséquences. Les permanents et les bénévoles ne comptent plus leurs week-ends et leurs soirées sacrifiés. Les outils que nous avons développés depuis plusieurs années se sont révélés pertinents : dès l’arrivée du « nuage » radioactif en provenance de Fukushima, nous avons étendu notre Observatoire Citoyen de la Radioactivité à tout le territoire national, puis à la Suisse et au Luxembourg. La conjonction d’un laboratoire performant et d’un réseau de préleveurs volontaires a permis d’être très réactif.

Mais notre priorité a été de venir en aide aux populations japonaises exposées aux radiations. Dans l’urgence, nous avons étendu notre Observatoire au Japon et nous analysons gratuitement des prélèvements envoyés par un nouveau réseau de « préleveurs volontaires » sur place.

Cette solution n’est pas viable à long terme : nous nous efforçons d’accompagner la création d’un laboratoire indépendant similaire au nôtre au Japon. Le matériel de détection performant étant très onéreux, nous n’avons pas encore réuni toute la somme nécessaire, mais la générosité citoyenne qui s’est déjà manifestée nous permet d’espérer que notre projet aboutisse.

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子供たちへの原子力という大惨事の説明

ACRO
138, rue de l’Eglise
14200 Hérouville St Clair
France
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よく知られているように、電気を作るためにいちばんよく使われる方法は、自転車のライトの発電機のように磁石を回転させるというものです。例えば風の力を使う発電や山から流れる水を使う発電の場合も(つまり風力発電と水力発電)その同じ方法を使っています。

しかし、自然の水と空気を使えない場合にはどうやって磁石を回転させる事ができるのでしょうか?そういう時には熱を使います。圧力鍋を使って水を沸かす時 に速いスピードで出てくる蒸気の力でプロペラを回す事ができます。その回っているプロペラが磁石を回転させて電気を作る事ができます。

電気を作るための熱を得るために、木、ガス、ガソリンを燃やしてお湯を沸かすという方法があります。または、、、原子力発電所を使うという方法もあります。
お湯を沸かすために原子力を使うという方法は一番複雑なやり方です。
さらに、それは日本人が身をもって経験したように一番危険な方法です。

なぜ危険なのでしょうか?原子力発電所の中でウランと呼ばれている自然の中で一番重い原子を2つに分裂するからです。(「子供たちのための原子力の説明」 を見て下さい)このウランという原子の分裂が信じられないくらいたくさんの熱を出します。しかし、分裂して小さくなったその2つのかけらは放射線を出しま す。なので、それらから身を守らないといけません。

そのために金属製のさやの中にウランを閉じ込めています。その放射線を出す原子が水の中に行かないように。
でも実際には放射能が少しも水の中に行かないようにする事はできません。なので、水は放射能で汚染されてしまいます。可能な限り最小限の放出となるよう試みているだけです。

福島で起きた大惨事の根本的な原因は原子力発電所が停止されてもウランの燃料棒からそのあとにもずっと出ている熱です。

だから、絶対にその燃料棒を冷やさないといけません。そうしなければ金属が溶けてしまい、放射能が水に溶けてその水自体が汚染されて大変危険になります。 そうならないように燃料棒を冷やすための水と、熱くなった水を吸い上げて冷やしてまた圧力鍋の中に戻すためのポンプが必要です。このポンプを動かすために は電気が必要です。

福島で運転していた原子炉は地震の後に自動的に止まりました。その時に原子力発電所は電気を作らなくなりました。さらに悪い事に、外から電気を運ぶはず だった電線が切れました。電気が無ければポンプは意味がありません。水の循環ができなくなったらウランの燃料棒がだんだん熱くなります。

その場合を考えて電気を作り出す非常用のエンジンが設置されています。その場合には電気を作る磁石を回すエンジンを運転するために石油が使われています。 そのエンジンにより作られる電気が原子力発電所を冷やすポンプを動かします。これらの機械はすべてつながっているので、どこか1カ所でも壊れると問題が次 から次へ起こります。

福島で起こった事はまさにそれでした。地震が起きてから1時間以内に原子力発電所の敷地を水浸しにして、日本の海岸を荒らした津波が非常用のエンジンの停止を引き起こしました。その場合の電気を提供する非常用のバッテリーがありますが、それは長持ちしません。

それに加えて福島では地震が配管に損害を与え、発電所を冷やすための水が早くも不足しました。なので、配管を修理するまでに海水が使われました。

もしも燃料が熱くなれば、水は沸騰しだします。そして圧力鍋の中の圧力が上がり、温度も上がります。
温度が300度に達すると、配管つなぎ目のどこかが持ちこたえられなくなります。そうすると水がもれ始めます。

未だに何が起こったのか全部の事が判っているわけではありませんが、地震が発電所の原子炉に損害を与えて、水のもれを引き起こした可能性が高いです。
水が蒸発した時に、4メートルの長さのウランの燃料棒の水の上に頭を出した部分がより熱くなります。燃料棒の金属にひびが入って、小さな放射性の原子が放 出されます。水の放射能汚染度がすごく高くなります。空気も同じです。それが福島第一原子力発電所の1号機でほんの3時間してから始まったようです。

水の上に頭を出した燃料棒の金属のさやのところに化学反応が起きて爆発しやすい水素が発生します。発電所所有者の東京電力の評価によると1号機の中に水素 800キログラムができてしまいました。地震のほんの24時間後に1号機の建屋が激しい水素爆発によりかなり破壊されました。結果的に全てで4つの原子炉 で爆発が起きました。

原子炉の中の水はものすごく放射能で汚染されて、その水のもれによって建物全部が大変な放射能汚染を浴びるということをいま上に述べました。そうなると人間が現場に近づけなくなります。地下も水浸しになっているので、回復した電気をつなぐ事ができません。

水が蒸発し続けて圧力鍋の中の圧力が高くなり、圧力鍋自体を破裂させる可能性があります。それを避けるためにガスを放出させなければなりません。そのガスは風によって運ばれ、広い範囲を汚染しました。人は汚染されたところから離れなければいけません。

原子炉の中の水がいったん無くなると、温度が3000度近くまで上がる可能性があります。燃料棒が溶けて、金属の容器の底に落ちて、底に穴を開ける可能性があります。そうするとさらに容器の下に流れて行きます。それは「メルトダウン」と呼ばれます。

福島第一原発の1号機では16時間足らずでメルトダウンが起きました。誰もメルトダウンを防ぐ事ができませんでした。メルトダウンは2号機、3号機でも起きて、その2号機、3号機は極めて悪い状態です。厚さ16センチの金属の容器にはおそらく穴があいています。

放射能が外に出ないようにするために圧力鍋が鉄筋コンクリート製の金庫のようなものに囲まれています。それが放射能汚染が極めて高い溶けた燃料と外の世界 の間の最後の障壁です。しかしこの障壁じたいにひびも入り、穴もあいていて、そうして放射能汚染が極めて高い水が漏れます。その水で地下が水浸しになって 海にあふれ出ます。2号機、3号機の場合はその水がすでにあふれ出て海がとても汚染されています。

容器の底に残った、溶けた燃料に関しては常に冷やし続けなければいけません。東京電力は最初の段階で消防車を使って水を注入しました。そのあとに一般のポンプを使いましたが、注入された水が地下のほうに漏れました。そういうやり方で問題を解決出来っこありません。

つまりメルトダウンのあとに絶対に外に漏れない圧力鍋の状態からポトポトとコーヒーを落とすコーヒーメーカーのような状態になりました。そのポトポト落ち るコーヒーがいま一番大きな問題になっています。地下に漏れた汚染水の量はすでに12万トン、または12万立方メートルに達しています。

東京電力は汚染された地下の水をろ過して、海に漏らさずにその水を原子炉の中にもう一度戻すために外国の企業の助けを頼りにして浄化装置を作りました。そして、わずかな時間で「閉じられた回路で」原子炉を冷やす事に成功したとホラを吹きました。

こんな状態の中で閉じられた回路という言葉を使うのはでたらめです。注入された水が地下にもれ続けるのでその水をポンプで吸い上げなければいけません。こ の水の一部は蒸発し、環境汚染を続けます。また、その水の一部は土の中にしみこんでゆきます。この行程を何年にも渡って続けなければいけません。なぜなら 穴をふさぐために近づく事、漏れを止める事が不可能だからです。その理由は放射能汚染が高すぎるからです。その汚染された水が遠いところまで広がらないよ うに東京電力は発電所を囲む大きな壁を地下に作りたいのです。この壁は地下の岩盤まで届く大きな壁です。

でも、問題はそれだけではありません。原子力発電所から出る燃料が何年にも渡って熱を出し続けます。そのためにその燃料を一時的に常に冷やさなければないプールの中に入れておきます。それぞれの原子炉ごとに一つずつプールがあります。

地震と津波のあとに福島第一原子力発電所の3つの原子炉のプールを冷やせなくなりました。そうして原子炉と同じぐらい危険、または原子炉よりも危険になり ました。というのはプールは原子炉と違ってバリアで囲まれていないからです。しかし、プールの中の燃料は原子炉の中の燃料よりも古いのでそれほど熱を出し ていないので、水の蒸発は原子炉よりもより遅いです。しかし4号機のプールの場合には事情が違います。そのプールが古い燃料と原子炉から取り出されたばか りのとても熱い使用済み燃料でいっぱいだったからです。
この4号機のプールのすぐ近くで水素爆発と火事が起こりました。その火事が最悪の大惨事に至るということが心配されました。しかしその後、東京電力がプールの中の映像を撮る事ができました。それによると燃料が溶けなかったように見えました。

8月のはじめにこの6つのプールが冷やされました。1、2、3、4号機のプールに関しては東京電力は新しい冷却システムを設置しなければいけませんでした。

地震が起きた時に5、6号機は停止していました。その5、6号機の燃料の一部分がそれぞれのプールの中に入れてありました。ディーゼル発電機が早く働いてその冷却ができました。5、6号機はそれほどの問題を含んでいないようです。

Ancien lien

子供たちに対する放射能の説明

ACRO
138, rue de l’Eglise
14200 Hérouville St Clair
France
https://acro.eu.org

 私たちが取り囲まれているすべての物質、水、大気、土、我々も小さな粒でできてい る。我々が「原子」と呼んでいる小さな粒である。全部で92種類あり、レゴのブロックのように、遠い星と我々の体自体も含む宇宙全体はなにもかも、この 92種類の原子から“作られている”。その他に人間の手によって作られた原子がある。

それぞれの原子には名前がある。もっとも小さい1番の原子は「水素」と呼ばれ、92番の最も重い原子は「ウラン」と呼ばれる。この2つの間には恐らくあ なたも知っている名前があるでしょう。例えば酸素、金、鉄など。一つの酸素原子にくっついた二つの水素原子は水という小さな塊を形成する。

本題に入る。いくつかの原子は「放射能」だと言われている。大砲のように、鉄砲のように、そのような原子は原子自身よりももっと小さい弾丸を発射するこ とができる。その小さな弾丸こそ危険である。というのも、人体を通り抜けることができるからだ。我々がレントゲンを撮ろうとするときのように。

原子炉の中には非常に多くの弾丸を放つ原子がある。というわけで、それらは我々が格納容器と呼んでいる金庫のような箱の中に閉じ込められている。福島原 発での問題は、それらの放射能が水中や大気中に逃げたことである。ある原子は発電所の近くの地面に落ち、もう一方は風によって地球全体のあちこちに運ばれ ている。

放射能は、ただ小さな弾丸を発射しているだけで、特定のものを狙っているわけではない。もしそれが我々の近くにあるならば、弾丸は遠くに離れる可能性が ある。しかし放能によって汚染された野菜を食べ、水を飲み、空気を吸っただけでも我々の体内で発射された弾丸は深刻な被害をもたらすのである。

もちろん、壊れた発電所の近くに落ちる原子の方が遠いところに飛んでいく原子よりもはるかにたくさんある。というのは、福島発電所全体とその周辺の汚染度は極めて高い。そこから放射能はあちこちに弾丸を発射している。

現場の労働者は、自分の身を守るために、体全体を防除服に包み、放射能の埃を吸わないように、顔にはマスクを着けている。しかし彼らは放射能の爆撃に対して何もできず、長い間その場にとどまることもできない。

遠く行くほど、原子は少なくなり、爆撃の危険性が減る。本当の問題は食飲摂取によるものである。

ほとんどの原子は一回にたった1つか2つの弾丸しか発射できない。そしてそれらはもはや放射能を含んでいない。いくつかは速く発射され、そして汚染は長 く続かない。弾丸がなくなったからである。現在、福島で排出された「ヨウ素131」と呼ばれる原子はその一例である。要素131の場合は、8日後、放射能 は半減する。また16日後には4分の1以下となる。このように徐々に減っていく。「セシウム137」と呼ばれる原子は30年間かけてその放射性物質を減ら す。従って長くとどまることとなる。そのため、長年の間身を守るために、汚染を監視するシステムが必要になるだろう。

ベクレルというのは、放射性原子の数を数える単位である。もし1000ベクレルあると言われたら、それは1秒間に1000もの弾丸が発射されていることを意味している。


子供たちのための放射能測定の説明

『放射能は極めて小さなたちの悪い原子によるものである。その原子は、小さな弾丸を発射することができる。』ということを私たちは前回の『子供たちのための放射能の説明』から学んできた。これらの弾丸は2通りの方法で人間を傷つける。

もし、あちらこちらに弾丸を発射する悪い原子がたくさんいるところに人がいれば、身を守るたった1つの方法は遠くへ逃げることだ。だから福島とチェルノブイリの発電所近くに住んでいた人たちは遠くへ移動しなければならなかった。

人間は放射能がすぐ側にあっても何も感じない上に、何も見えない、そして何も聞こえない。放射能から身を守るために特殊な機器で測定しなければならない。

この強い放射能の測定は小さな機器を使って行われる。原子が発射する弾丸がその機器に当たることで弾丸の数を測定するのである。弾丸が多くなればなるほど危険度は高くなる。

そうすると、その危険度が低いのか、高いのか、それともそれほどでもないのかはどのようにわかることができるのだろうか。

その危険度の判断は弾丸の種類がたくさんあるため、とても難しい。なぜならある弾丸は他の弾丸よりも悪かったりするからだ。また、全ての弾丸が同じ強さで当たるわけではない。他の弾丸よりもエネルギーを持っているためにさらに危険な弾丸もある。

弾丸によるけがの具合を推定するために、私たちは『シーベルト』という単位を使う。いくらかのシーベルトを浴びた人は何ヶ月後かに死ぬ恐れがある。一般的 には、ミリメートルのようにもう1つ小さい単位の『ミリシーベルト』を使って測定する。人は1年間に1ミリシーベルト以上の弾丸を浴びてはならない。なぜ なら、弾丸は時間が経ってから発症するガンやその他の病気を引き起こす可能性があるからだ。

これら全ての弾丸を監視するためにミリシーベルトを測定できる小さな機器がある。

放射性の原子があなたの近くにあるとき、その原子はどこも狙わずあちらこちらに弾丸を発射し、その中の極一部分があなたの体に当たる。あなたがいるところ に放射能がたくさんなければ、それほど危険な状態にはならない。しかし、放射能を放つ原子が少しでもあなたの体の中にあれば弾丸はあなたを傷つけ、とても 危険な状態になる。だから体の中にほんのちょっとでも弾丸があれば危険ということでる。

それを考えると私たちは自分たちが食べている物や、吸っている空気、飲んでいる水にも注意しなければならない。そのために食べ物や水、空気の中の放射能の量を常に検査しなければならない。

自然の中にはすでに放射能があるため、そこで食べ物などの中の放射能を検査するのはとても難しい。自然の中にある放射能に対して人間は何もできないし、放射能はあちらこちらに散らばっているのでその測定はややこしくなる。

例えば、ボール1杯のブルーベリーの中に放射性の原子による弾丸がどのくらいあるのか数えてみるとする。すると、ブルーベリーの中から出てくる弾丸もあれ ばボールやテーブルから出る弾丸もある。もしブルーベリーの中に放射能が少ししかなければ近くにいても危険ではないけれど、私たちはそのブルーベリーを食 べることができないかもしれない。それでは、そのブルーベリーを食べられるかどうかを知るためにはどうすればよいのか?

ACROという私たちフランス市民の研究所と他の研究所では2つのコツを使っている。まず、ボール1杯のブルーベリーを鉛の金庫の中に入れておく。その金 庫は遠くからきた自然の弾丸を止めることができる。ACROが使っている機械はかなりいい機械である。その機械は弾丸のエネルギーを測ることができるし、 弾丸が自然からのものなのか、ブルーベリーの中にあるものなのかを識別することもできる。そうすると、ブルーベリーの中に放射能汚染による原子がどのくら いあるか正確に知らせることができると同時に、そのブルーベリーを食べても大丈夫かそうでないかも判断することができる。1回測定するのに何時間もかか る。

その結果をベクレルで表す。ベクレルの数は食べ物や水、空気の中に放射性の原子がどのくらいあるのかを表す。例えば、日本政府は1キロの食べ物の中にセシウム137が500 ベクレル以上あってはならないと決めた。

もし、汚染された食べ物を食べたら、そのけがの深刻さを直接測ることができない。なので、私たちはその汚染された食べ物にどのくらいミリシーベルトがあるのか知るために様々な計算をする。

これら全てのミリシーベルトは体の中に蓄積されるので注意しなければならない。

Ancien lien

Radioactivity explained to children

ACRO
138, rue de l’Eglise
14200 Hérouville St Clair
https://acro.eu.org

All matter around us, water, air, earth… we are made of small grains, very small grains called “atoms”. There are 92 different kinds altogether. As with Lego blocks, everything in the universe, from stars to us, is “manufactured” from these 92 atoms. There are other man-made atoms.

Each atom has a name: the number 1, which is the smallest, is called “hydrogen” and No. 92, which is heaviest in nature, “uranium.” In between, there are certainly names that you know, like oxygen, gold, iron … Two hydrogen atoms attached to an oxygen atom form a small block that is water.

But I digress. Some of these atoms are said to be “radioactive.” Like a cannon, they can fire a small shell even smaller than the atom itself. These small shells are dangerous because they can penetrate the human body as when you go to an X-ray.

In a nuclear reactor, there are a lot of radioactive atoms that fire shells. That is why they are locked in a vault called “containment.” The problem at the Fukushima plant is that the radioactive atoms escape into the water and in air. Some fall near the plant, others are carried by winds around the Earth.

A radioactive atom has no target. If it is next to us, it is likely that the shells go away. But if you eat contaminated vegetables, drink polluted water or breathe air polluted by radioactive atoms, the shells fired by the atoms in the body will do damage every time!

Obviously, there are many more atoms that fall near the power plant. Therefore, the power plant and its surroundings are contaminated by radioactive atoms that fire in every directions.

Workers on site protect themselves in a garment that covers them completely and put a mask on the face to avoid breathing radioactive dust. But they can do nothing against the bombing from radioactivity and cannot stay long there.

When you are away and there are few radioactive atoms, you are less likely to be bombed. The main problem is food and drink.

Most of the radioactive atoms can fire only once, one or two shells at a time. Then they are no longer radioactive. Some fire very quickly and the pollution does not last long due to lack of ammunition. This is the case for the atom called “iodine 131” which was rejected by the Fukushima nuclear power plant. After eight days, only the half of them are radioactive. After sixteen days, only a quarter remains. And so on … As the atom called “cesium 137”, it takes thirty years and therefore the radioactive pollution will remain a long time! The pollution should be monitored for years to protect oneselves.

The becquerel is used to count the number of radioactive atoms: if you are told there is 1000 becquerels, it means that there are 1000 shelling per second.

Ancien lien