Tous les trimestres, nous publions un dossier thématique, une revue de presse, des résultats d’analyse de la radioactivité.

Abonnez-vous30€/an

Bulletin à télécharger pour un paiement en chèque ou espèce :

Derniers numéros :

N°148 : 20 ans de notre observatoire citoyen

N°147Étude des niveaux de radioactivité dans les environs du Centre de Stockage de l’Aube (CSA) – Les déchets du CSM et d’Orano – L’ACRO à la fête de la science

N°146 : Surveillance radioécologique réalisée autour de la centrale de Gravelines – 20 ans de surveillance citoyenne, aidez-vous à continuer ! – Distribution de comprimés d’iode autour des centrales nucléaires : la population mal protégée

N°145 : Surveillance radiologique du littoral normand 2023 – Traitement des combustibles nucléaires : quel avenir ?

N°144 : Le nucléaire français n’assume pas ses liens avec la Russie – Regard d’un haguais sur la décontamination du Ru des Landes – Pavlo, liquidateur – Petit point sur la catastrophe de Fukushima 13 ans après – Surveillance radiologique du plateau de la Hague 2022 ( printemps 2024)

N°143 : L’absorption de l’IRSN par l’ASN à marche forcée – Bilan 2022 de la surveillance radiologique de l’environnement autour des installations nucléaires de la Loire et de la Vienne (décembre 2023)

N°142 : Alors que les piscines françaises sont proches de la saturation, KEPCo va envoyer des combustibles en France – Le contrôle nucléaire recadré – Analyses environnementales du CNPE de Nogent sur Seine ( septembre 2023)

N°141 : L’humanité face au défi climatique – Quel avenir pour le combustible Mox et le retraitement ? – Au revoir Jean-Claude (juin 2023)

N°140 : D’où vient l’uranium importé en France ? – Nucléaire, un cycle du combustible grippé (mars 2023) Note d’information de l’ACRO

N°139 : Projet de construction de six EPR2 dont une première paire à Penly – Pollution au plutonium à La Hague révélée par l’ACRO (décembre 2022)

N°138 : Surveillance de la contamination de l’eau potable et de légumes autour de Valduc (septembre 2022)

N°137 : Résultats 2021 de la surveillance radiologique de l’environnement autour des installations nucléaires de la Loire et de la Vienne (juin 2022)

N°136 : Suivi du projet de la piscine nucléaire EDF à La Hague / Enquête publique sur la poursuite du démantèlement de la centrale de Brennilis (mars 2022)

Historiques des Acroniques


Parcours d’un échantillon à l’ACRO

Du prélèvement à l’analyse

FICHE TECHNIQUE extraite de l’ACROnique du nucléaire n°42, septembre 1998


Pour préparer « la science en fête », dans le cadre du centenaire de la découverte de la radioactivité, des lycéennes et une enseignante du lycée Charles De Gaulle sont venues à l’ACRO pour suivre le parcours d’un échantillon du prélèvement à l’analyse.


Pour contrôler la radioactivité d’un site, on contacte l’ACRO qui intervient, soit sur le terrain en envoyant son équipe qui ramène ensuite les échantillons prélevés, soit en lui envoyant directement les échantillons suspectés. En effet, nombreux sont les membres d’associations de protection de l’environnement, de consommateurs, ou les particuliers qui effectuent eux-mêmes les prélèvements et font ensuite parvenir les échantillons à l’association, parfois même par voie postale. L’ACRO compte aussi parmi ses clients des industriels, comme une société agroalimentaire produisant de la bière biologique ou des gérants de décharges industrielles qui, pour se conformer à la loi, ne doivent pas stocker de déchets radioactifs. Ou encore, des collectivités locales qui demandent des études plus complètes.

Dans tous les cas, la mesure de la radioactivité nécessite un traitement complet des échantillons… Ainsi l’été dernier, l’ACRO a reçu dans son laboratoire des crabes ou des morceaux de tartre ramassés à proximité de l’extrémité de la canalisation de rejet de la Cogema, par les équipes de Greenpeace. Certains font ensuite une belle «carrière médiatique».

Sur le littoral, ce sont en effet des crustacés, des algues, des mousses ou des lichens qui sont prélevés ; tandis que dans les cours d’eau, on privilégiera l’eau et les sédiments. Mais une fois le sédiment, le végétal, le crustacé extrait de son milieu naturel, quel est son devenir ? Prenons le cas des mousses prélevées en 1994 dans la Sainte Hélène qui prend sa source dans l’enceinte de l’usine de retraitement de La Hague.

En premier lieu, on prépare les échantillons pour la mesure de leur taux de radioactivité. Tout d’abord, ceux-ci sont lavés et nettoyés et n’est conservée que la partie caractéristique du végétal. Ensuite, ces mousses sont déshydratées dans l’étuve puis réduites en poudre de façon à garantir une bonne homogénéité de l’échantillon. La dernière étape de cette phase de préparation consiste à les conditionner en pots. On choisit alors une géométrie adaptée à la nature de l’échantillon, à son état solide ou liquide et à sa masse. Lorsque cette quantité est trop importante et la préparation trop longue, on conserve souvent les bio-indicateurs au congélateur de façon à les préserver dans l’état où ils ont été ramassés.

En second lieu, on mesure la radioactivité présente dans l’échantillon. C’est en fait la machine qui se charge du comptage. Cette mesure s’effectue dans un laboratoire distinct du premier où est installé un spectromètre gamma relié à un poste informatique. Cet appareil va mesurer l’énergie des photons émis et comptabiliser leur nombre pendant une durée déterminée. Il va ainsi permettre d’identifier les radioéléments présents et de déterminer leur activité. Des mesures de la radioactivité bêta pour la recherche du tritium peuvent être également effectuées au laboratoire mais cela nécessite une préparation chimique plus complexe. Si la contamination est importante, les mesures peuvent prendre quelques heures mais elles peuvent aussi durer jusqu’à 10 ou 22 heures, si elle est faible.

Enfin, des scientifiques effectuent le traitement des données. Ils entreprennent l’analyse qualitative des spectres en séparant la position des pics. En effet, l’ordinateur leur fournit des histogrammes du nombre de photons détectés en fonction de leur énergie. Chaque radioélément a une position caractéristique sur l’axe des abscisses qui permet de l’identifier. En calculant la surface des pics, ils déterminent leur activité en Becquerel qu’ils ramènent à la masse ou au volume de l’échantillon. (un Becquerel correspond à une désintégration par seconde).

Parfois, ils joignent aux mesures un commentaire des résultats obtenus et les publient dans le journal de l’ACRO.


Lire aussi

Ancien lien

n°41, juin 1998

L'ACROnique du nucléaire

  • Tchernobyl, une catastrophe en devenir
    – L’impact de Tchernobyl en France (rapport IPSN, nov. 1997)
    Une catastrophe en devenir, par Laurent Bocéno, Guillaume Grandazzi et Frédérick Lemarchand
  • Surveillance ACRO : autour de la centrale de Penly
  • Analyses ACRO : produits de Bélarus et pigeons de Sellafield
  • Fiche technique : l’iode
  • Revue de presse nationale et internationale
  • Presse alternative

 

Tchernobyl : une catastrophe en devenir

timbres commémoratifs du Bélarus
timbresPar Laurent Bocéno, Guillaume Grandazzi et Frédérick Lemarchand du Laboratoire d’Analyse Sociologique et Anthropologique du Risque (LASAR) de l’Université de Caen. ACROnique du nucléaire n°41, juin 1998.


Ayant effectué récemment, en décembre 1997, un voyage en Bélarus dans le cadre d’un contrat de recherche européen sur les conséquences de Tchernobyl, il nous apparaît important d’évoquer ici la situation des populations les plus affectées par l’explosion du réacteur n°4 de la centrale ukrainienne, au moment où des informations sur les répercussions, en France, du passage du “nuage” nous rappellent l’incidence planétaire de cet évènement.


Loin d’être un accident circonscrit dans le temps et dont on pourrait aujourd’hui dresser un bilan définitif, il convient au contraire de le considérer comme une tragédie sans fin dont les effets proporement catastrophiques commencent seulement à se manifester. Reconnaître que “les populations du Bélarus, de l’Ukraine et de la Russie, dans une certaine mesure, se ressentent encore de ces conséquences”, comme s’y résolvent les experts de l’OCDE [ 1], est un doux euphémisme pour signifier la durabilité et la gravité des séquelles engendrées par l’accident survenu il y a douze ans.

L’observation de la situation d’une région contaminée du Bélarus laisse penser qu’on a bien là affaire à une bombe à retardement dont les effets se déploient dans tous les registres de la société. “La catastrophe est un arbre qui pousse”, telle est l’image employée par certaines personnes interrogées pour signifier l’aggravation qu’elles perçoivent de la situation. L’absence de limites spatiales, et surtout temporelles, aux effets de l’accident ne permet pas d’établir et d’évaluer le moment qui en marquera la fin, la capacité du nucléaire à coloniser l’avenir trouvant dans les conséquences à long terme des catastrophes une de ses manifestations les plus douloureuses. Face à la banalisation dont fait l’objet cette catastrophe, il nous semble nécessaire de livrer dans ce journal quelques témoignages et analyses relatifs à notre expérience de terrain, alors même que la centrale de Tchernobyl continue de constituer une menace pour les populations, l’état du sarcophage ainsi que celui du dernier réacteur encore en fonctionnement étant jugés fortement préoccupants par les spécialistes en sûreté nucléaire.

Complexité de la situation post-catastrophique

Les retombées radioactives dues à l’accident survenu le 26 avril 1986 en Ukraine ont contaminé durablement un territoire essentiellement rural, équivalent à un quart de la France. Environ quatre millions de personnes vivent aujourd’hui en zone contaminée, en Russie et dans les nouveaux États indépendants (N.E.I.) du Bélarus et d’Ukraine. Le cas du Bélarus est particulièrement révélateur du caractère véritablement catastrophique de la situation dans la mesure où de toutes les Républiques de l’ancienne Union Soviétique, c’est celle qui est proportionnellement la plus touchée avec 23% de son territoire contaminé, où vivent plus de deux millions de personnes, soit un cinquième de la population totale. Par ailleurs, l’ensemble des problèmes que connaissent à des degrés divers ces Républiques s’y trouve concentré. Les conséquences sanitaires et psychiques de l’irradiation et de la contamination [ 2] se combinent en effet avec l’existence de nombreuses sources de pollutions d’origines agricole et industrielle, mais aussi avec la crise politique et idéologique qu’a entraîné le démantèlement de l’URSS, l’effondrement des secteurs industriel (diminution de 80% des marchés liés à l’industrie de l’armement soviétique) et agricole (abandon de nombreuses productions, baisse de 50% de la main d’œuvre agricole, gel des terres les plus contaminées), l’inflation des problèmes économiques et sociaux (non paiement des salaires par l’État, décompositions familiales, suicides, alcoolisme, carences alimentaires…), la dégradation générale de la santé des personnes et surtout, l’instauration d’un régime totalitaire depuis 1994, basé sur la coercition, la menace et la peur.

Tous ces problèmes sont étroitement intriqués et il est impossible de rendre compte des conséquences de Tchernobyl sans les appréhender simultanément. Le découpage de la réalité post-catastrophique en fonction des multiples disciplines concernées et de la division du travail entre les chercheurs s’avère sans réel fondement pour les ” victimes de Tchernobyl “, les habitants des zones contaminées qui subissent en bloc ces conséquences dans leurs multiples dimensions : le territoire dans lequel ils vivent est contaminé, leur santé et celle de leurs enfants est atteinte ou menacée, et aux problèmes psychologiques – stress et anxiété – qu’ils éprouvent s’ajoute l’accumulation des pénuries liées à la crise sociale, politique et économique que traverse le Bélarus.

Faire face à la contamination

La présence durable de la contamination radioactive dans une large partie du pays confronte les habitants à un risque résiduel et persistant. Que le risque associé à la présence de radionucléides dans l’environnement et l’alimentation soit dénié ou occulté, qu’il soit pris en compte et favorise éventuellement l’adoption de mesures protectrices ou qu’il soit exacerbé et suscite une inquiétude profonde chez certaines personnes, la contamination apparaît comme une donnée de la vie quotidienne, une présence qui conditionne les rapports pratiques et symboliques que les personnes entretiennent avec le milieu ” naturel “. Toutefois, le caractère permanent, tout au moins à l’échelle d’une génération, de la contamination et les difficultés éprouvées tant par les scientifiques que par la population à identifier précisément ses effets sur la santé contribuent à atténuer la vigilance de personnes qui disent s’être habituées, sinon physiquement du fait d’une immunisation de leur organisme, du moins psychologiquement en raison même de la durabilité de la situation radiologique due à l’accident. Nous avons en effet pu constater, au cours de notre enquête, que les pratiques de radioprotection étaient extrêmement limitées et en régression, ceci pour de multiples raisons dont on ne citera ici que les principales.

Tout d’abord, la réalité du danger n’a été révélée aux populations de la région où nous nous sommes rendus (district de Kastiokovitchi, à 250 Km au nord de Tchernobyl), au travers des mesures de relogement, que quatre ans après l’accident. Ensuite, les insuffisances des dispositifs publics de gestion post-accidentelle mis en oeuvre à partir de 1991, après l’accès du Bélarus à l’indépendance, et l’absence de moyens disponibles pour mettre en pratique des solutions viables et durables témoignent de l’impuissance des responsables politiques et scientifiques à ” liquider ” les conséquences de l’accident, objectif irréalisable et par ailleurs incompatible avec le caractère irréparable et irréversible que revêt, pour les populations touchées, la situation post-catastrophique qui les contraint à vivre dans un environnement irrémédiablement dégradé. Enfin, il existe actuellement une volonté politique de réhabilitation des territoires contaminés qui rejoint le désir d’une partie de la population de vivre ” normalement “, comme avant l’accident. Cette volonté politique, en ce qu’elle vise essentiellement le redéploiement de l’activité économique et le redémarrage de la production agricole, conduit à une relativisation de la problématique de radioprotection qui risque de s’avérer dommageable à long terme sur le plan sanitaire. La reprise, par les habitants des zones contaminées, de leurs anciennes habitudes de vie et l’adoption de comportements de déni de réalité répondent à l’aspiration globalement partagée d’en finir avec plusieurs années d’efforts et de sacrifices consentis et de retrouver des conditions de vie moins contraignantes sur le plan de la protection radiologique. La politique de l’actuel gouvernement conforte ces attitudes en tentant de banaliser la catastrophe et de nier la réalité des risques encourus.

L’alimentation comme premier souci

On assiste en fait, au milieu des ruines des bâtiments abandonnés suite à la contamination et aux mesures de relogement, dans des villages aux allures parfois fantomatiques, à la réémergence de pratiques paysannes qui constituent pour les habitants une condition sine qua non de la survie collective. La grave récession économique que connaît le pays depuis quelques années amène la population à se détourner du circuit public d’approvisionnement, la nourriture étant excessivement chère et souvent peu abondante dans les magasins d’État. Nous avons ainsi rencontré une jeune femme médecin qui, pour combler le déficit du salaire qu’elle perçoit de l’État [ 3], cultivait un jardin potager, possédait une vache, deux porcs, et des volailles. Ceci ne procédait pas, comme en France, d’un choix esthétique ou d’un quelconque désir de nature, mais bien d’une impérieuse nécessité économique. Une autre personne interrogée nous a avoué parcourir tous les mois jusqu’à 1000 Km en autocar pour s’approvisionner auprès de ses parents, à l’autre bout du pays. Le recours au mode de production domestique, aux solidarités locales et, en particulier, familiales, se révèle en effet indispensable à la survie quotidienne dans un contexte de pénurie. En milieu urbain, les difficultés sont d’autant plus importantes que les individus ne disposent pas de parcelle cultivable ou de parents résidant en zone rurale et susceptibles de leur procurer un complément, voire parfois l’essentiel de leurs besoins alimentaires. Ainsi, loin d’avoir un comportement suicidaire, des personnes restent dans les territoires contaminés où elles possèdent des lopins de terre et les cultivent pour nourrir leurs familles qui résident en zone ” propre “.

Le problème de l’autoproduction

La préoccupation quotidienne consiste ainsi, pour beaucoup, à se procurer de la nourriture qui provient donc en grande partie de l’autoproduction. La limite première de cette dynamique tient dans le fait que les habitants consomment des denrées alimentaires issues de leurs jardins et des forêts, et sont donc contaminées. Ils se chauffent, en outre, avec du bois contaminé et amendent leur terre avec de la cendre radioactive. Ils nourrissent aussi les chevaux, qui constituent bien souvent leur seul moyen de locomotion, avec du foin contaminé, le crottin contaminé étant intégralement utilisé. Le cycle de l’autoconsommation constitue donc un facteur aggravant dans la mesure où la contamination y est sans cesse ” recyclée “. C’est donc l’impossible mise en pratique d’une théorie selon laquelle on pourrait vivre sur un territoire contaminé pour autant qu’on ne s’alimente qu’avec des produits sains, alors qu’une part importante de l’alimentation de la population bélarusse provient de sols contaminés, comme les champignons qui constituent un mets très prisé dans une alimentation de survie.

Il n’est de toute façon plus question, pour ceux qui sont restés, de mobilité, de voyage, de fuir, de penser une quelconque trajectoire sociale ou professionnelle car ils sont assignés à (sur)vivre dans une zone contaminée : la politique de relogement a été stoppée et ils n’ont pas les moyens de partir [ 4]. Les relations familiales et de voisinage constituent, dans ce sens, l’ultime condition d’une vie sociale, tous les espaces intermédiaires entre l’individu et l’État ayant été liquidés : l’association n’existe pas, pas plus que les lieux de rencontre.

Discrédit des autorités

Le silence mensonger, évoqué plus haut, des autorités soviétiques les premières années qui ont suivi l’accident a durablement, sinon définitivement, ébranlé la confiance de la population envers les responsables politiques, aujourd’hui encore soupçonnés de subordonner la protection des habitants à la faisabilité économique des mesures envisageables. Les décisions en matière de radioprotection résultent de fait autant de choix politiques que de considérations d’ordre strictement scientifiques. On en donnera simplement deux exemples : le choix, d’abord, de la définition de zones très fortement contaminées (plus de 40 Ci/km) à faiblement contaminées (entre 1 et 5 Ci/km) et l’élaboration de cartes de contamination qui prennent en compte un élément radioactif (le césium 137) alors que les spécialistes reconnaissent l’existence de divers cocktails de radioéléments irrégulièrement répartis sur le territoire ; ou encore le choix du déplacement de populations de zones très contaminées vers d’autres zones moins contaminées.

De la même façon il n’est accordé aucune crédibilité aux contrôles et informations officiels. Ainsi, le recours aux services des laboratoires de contrôle radiologique de l’environnement et de l’alimentation, pourtant gratuits, est quasiment inexistant. Même si la pénurie alimentaire ne permet pas aux familles de se débarrasser des vivres dont la contamination est supérieure aux normes bélarusses, c’est surtout parce qu’ils ne font pas confiance aux responsables scientifiques, trop liés aux autorités, que les habitants ne contrôlent plus la nourriture issue de la production privée ou des activités de cueillette et qu’ils ne respectent plus les nombreuses interdictions qui régissent aujourd’hui encore la vie en zone contaminée. Dès lors, il apparaît indispensable de diversifier et décentraliser la production des informations concernant la situation radiologique dans la mesure où certaines sources sont systématiquement tenues en suspicion. Assurer et promouvoir la pluralité des activités de contrôle et d’expertise se révèle alors vraisemblablement comme un moyen incontournable, pour les autorités, de retrouver la confiance des populations – problème qui n’est pas, loin s’en faut, spécifique aux pays de l’ex-URSS – et semble en tout cas un élément essentiel pour une démocratisation effective des dispositifs de gestion du risque radiologique. La fiabilité des informations constitue donc une condition liminaire à l’accès des habitants des zones contaminées à l’autonomie et à la responsabilité, afin qu’ils puissent exercer réellement leur capacité de choix.

Sortir de l’impasse

La mise en place de stratégies de développement local qui visent à favoriser la possibilité, pour ces personnes, de vivre une vie dans des conditions satisfaisantes et qui ne soit pas simplement une survie surveillée, nécessite que le risque encouru ne soit pas dénié et que les conséquences actuelles et à venir de l’accident ne fassent pas l’objet d’évaluations qui ne sont trop souvent que des dissimulations. Aussi convient-il, si l’on veut contribuer un tant soit peu à la ” régénération ” de la vie dans les territoires contaminés et à l’autonomie des personnes qui y résident, de dénoncer systématiquement les tentatives de minimisation de l’appréciation des conséquences de ce qui apparaît pourtant bien comme la plus grave catastrophe industrielle et technologique qu’a connue le monde moderne, pour l’instant. Que la vérité quant à l’impact de l’accident de Tchernobyl ne soit pas réduite à la clandestinité constitue le préalable indispensable à une gestion démocratique des risques nucléaires, tant en Bélarus que dans les pays occidentaux.

Les scientifiques et autres intervenants dans l’appréhension et la gestion des conséquences de Tchernobyl doivent par ailleurs être attentifs à l’expression et l’invention des savoirs sociaux, ainsi qu’aux singularités culturelles et aux formes d’intégration de la catastrophe dans l’ordre de l’imaginaire et du symbolique. C’est en cela que l’approche socio-anthropologique peut se révéler féconde. Et si l’acceptabilité d’un risque présumé est liée, entre autre, à la légitimité scientifique des normes, celles-ci ne peuvent se prescrire sans s’articuler à une philosophie du devenir.


Résultats d’analyses de la radioactivité effectuées par l’ACRO pour le compte du LASAR dans le cadre de son étude  

Produit Césium 134 Césium 137 Expression
Miel
3,6 ± 0,8
280 ± 50
Bq/kg frais
Plat cuisiné :
Champignons + gras de porc
10,5 ± 1,3
830 ± 93
Bq/kg frais
Tourbe de chauffage
1,8 ± 0,5
132 ± 18
Bq/kg frais
Lait de ferme
25,9 ± 2,4
Bq/L
Lait UHT
4,4 ± 0,6
Bq/L
Gras de porc
0,8 ± 0,3
Bq/kg frais
Pommes
10 ± 2
Bq/kg frais
Vodka

Seuls les isotopes du Césium (134 et 137) ont été recherchés.Les prélèvements ont été effectués par le LASAR lors de leur étude en Bélarus (décembre 1997). Tous les aliments (sauf la vodka) sont contaminés en 137Cs. Quand le 134Cs est aussi présent, le rapport 137Cs / 134Cs est proche de 80, c’est une signature de l’accident de Tchernobyl. Les activités en césium 137 retrouvées dans le plat cuisiné (830 ± 93Bq/kg frais) (gras de porc + champignons) sont supérieures aux normes d’importation. Cette préparation culinaire ne pourrait donc pas être vendue en France. On s’aperçoit que le gras de porc seul a une activité très faible par rapport au plat cuisiné. On peut donc en conclure que ce sont les champignons qui ont un taux de radioactivité élevé. En ce qui concerne l’activité retrouvée dans l’échantillon de miel (280 ± 50 Bq/kg frais) elle est importante pour un tel produit.


[ 1] Cf Agence pour l’Energie Atomique de l’OCDE, Tchernobyl, Dix ans déjà, Impact radiologique et sanitaire, Paris, 1996.
[ 2] Il est impossible, de ce point de vue, d’obtenir des données officielles fiables. Il convient par ailleurs d’être circonspect quant aux estimations proposées par les agences internationales selon lesquelles, rappelons-le, seuls 31 morts sont attribuables à l’accident. Nous avons pu constater qu’environ un enfant sur deux, dans les écoles que nous avons visitées sur un mode aléatoire et sans prévenir, souffrait de problèmes de santé graves (affections thyroïdiennes, problèmes cardio-vasculaires,…). Tous les habitants de la zone, et en particulier les enfants, souffrent, globalement, d’un affaiblissement de l’organisme et des défenses immunitaires qui engendre de multiples pathologies.
[ 3] Les salaires (en moyenne 300 FF par mois) ne permettent pas de nourrir une famille de quatre personnes plus de 10 à 15 jours. Les compensations dérisoires (environ 6 FF par mois) octroyées pour vivre en territoire contaminé ne sont plus versées. L’inflation a en outre englouti toute l’épargne populaire.
[ 4] Le problème consiste à trouver simultanément un emploi et un logement, devenus rares aujourd’hui. La pénurie de logements permet à l’État de gérer les flux de populations entre les régions. Il faut attendre en moyenne dix ans pour se voir attribuer un véritable logement, soit l’équivalent, en France, d’une H.L.M. C’est par ce biais, et celui de la création programmée d’emplois dans la région où nous nous sommes rendus, que les autorités incitent la population à retourner vivre en zone contaminée. Signalons aussi que les jeunes cadres achevant leur formation, médecins ou enseignants, sont mutés d’office dans les territoires contaminés.

Ancien lien

Superphénix devient Phénix

Editorial de l’ACRonique du nucléaire n°40, mars 1998

Superphénix a été arrêté le 24 décembre 1996 pour être transformé en ” laboratoire de recherche pour étudier la transmutation des déchets nucléaires ” bien que le rapport Castaing (96) estimait qu’il n’y avait pas beaucoup à attendre de sa transformation en ” incinérateur “. Le combustible devait être changé et un nouveau cœur est prêt. Il s’agissait d’une décision importante car tout espoir de production d’énergie à partir du plutonium était abandonné ; mais pour les associations locales, cette fonction de recherche pour Superphénix n’était pas prévue par l’enquête publique qui avait eu lieu quelques années auparavant. Elles saisissent donc le Conseil d’Etat qui, le 28 février 1997, annule le décret du 11 juillet 1994 permettant son redémarrage. Doit-on refaire l’enquête ? Cette question va déchirer l’ancienne majorité et le changement de gouvernement permet une réponse claire le 19 juin 1997, Superphénix ne redémarrera pas. Il s’agit d’une décision courageuse mais très fragile, même si elle est confirmée par un comité inter-ministériel le 2 février 1998. Faire tourner encore un peu le réacteur n’apportera pas grand chose et l’arrêter ne peut que diminuer les risques (il est symptomatique qu’aucune commission indépendante n’ait eu à se pencher sur la sûreté du réacteur). La mise hors service du réacteur est très compliquée et n’a jamais été prévue, il y en a pour plusieurs années.  Pourtant faire tourner encore un peu le réacteur n’apportera pas grand chose et l’arrêter ne peut que diminuer les risques (il est symptomatique qu’aucune commission indépendante n’ait eu à se pencher sur la sûreté du réacteur). Pour que cet arrêt soit irrévocable, même à la suite d’un changement de gouvernement, il faudrait détruire immédiatement le cœur de remplacement, comme le suggère le GSIEN.

L’abandon de Superphénix ne plaît pas à tout le monde. Nous comprenons les sentiments des employés directs et indirects de la centrale. Car même si le démantèlement doit générer plus d’emplois, ce n’est pas pour tout de suite. Mais à entendre certains commentateurs, c’est comme si c’était la fin de l’énergie nucléaire en France, alors qu’au fond, EDF doit être bien contente d’en finir avec Superphénix qui ne lui apportait que des ennuis et une mauvaise image. Le remplacement par Phénix permet d’étudier la transmutation afin de faire croire à une solution alternative au stockage des déchets et rend les laboratoires souterrains plus acceptables pour la population. Alors pourquoi tant de pleurs ? La décision très proche de renouveler le parc électronucléaire français et de continuer ou non le retraitement n’a pas encore été prise. Le démantèlement risque de nuire à l’image de ce type d’énergie. Pour Brennilis, la partie la plus difficile des opérations – qui a entraîné des pollutions – s’est passée sans regard extérieur, et les parties moins radioactives sont maintenant démantelée à grand renfort de publicité. Pour Superphénix, cela risque de se passer autrement.

Le réacteur, utilisé comme producteur de courant ou consommateur de plutonium servait aussi l’alibi au retraitement du combustible irradié. Les contrats étrangers de l’usine de la Hague se terminent en 2000. Vont-ils être renouvelé ? Le dernier transport de combustible irradié en provenance du Japon vient d’avoir lieu. Si le retraitement du combustible étranger s’arrête, jusqu’à quand va-t-on continuer à retraiter le combustible français ? Ces questions, ne sont malheureusement pas apparues durant le débat car les enjeux sont beaucoup plus importants.

Lors du comité inter-ministériel du 2 février 1998, il a été aussi décidé de créer une instance de contrôle indépendante. Enfin ! Sa composition, type de fonctionnement… ne seront connus que durant l’été 1998. Nous espérons qu’il sera tenu compte des laboratoires indépendants comme l’ACRO dans le nouveau paysage nucléaire français.

Ancien lien

n°40, mars 1998

L'ACROnique du nucléaire

  • Editorial : Superphénix devient Phénix
  • Civaux
    – Naissance difficile pour la centrale de Civaux, par Stop Civaux
    – Point radioécologique zéro pour l’association Stop Civaux
    – Point radioécologique zéro pour le District de Poitiers
  • Littoral normand : quelle surveillance de la radioactivité ?
    – synthèse bibliographique des données sur la radioécologie des eaux marines du littoral normand entre 1980-1994
  • Surveillances ACRO :
    – autour de la centrale de Chinon
    – sur le plateau de la Hague
  • Centre de Stockage de la Manche : pollution aux métaux lourds
  • Un colloque sur “nucléaire et démocratie” est-il possible dans le Nord Cotentin ?
  • Fiche technique : le tritium
  • Revue de presse nationale et internationale
  • Presse alternative

 

IN FRANKREICH FEHLT EIN AKZEPTABLES KONZEPT FÜR DIE ENTSORGUNG DER NUKLEAREN ABFÄLLE

Die schmutzige Zukunft der sauberen Energie

Die Tageszeitung, Januar 1998


DASS Frankreich auf der Konferenz von Kioto vorbildlich niedrige Werte der Kohlendioxidemission vorweisen konnte, hat auch mit der Stromerzeugung durch Atomenergie zu tun. Doch die scheinbar “saubere” Energie birgt große Risiken, wie die technischen Problemen zeigen, die sich beim Abbau des Reaktors Superphenix ergeben. Die Beschwichtigungen der Atomlobby, die in Frankreich besonders mächtig ist, können nicht kaschieren, daß die Regierung keine befriedigende Lösung zur Entsorgung des Atommülls zu bieten hat. Damit befindet sie – unter Ausschaltung der demokratischen Öffentlichkeit – über das Schicksal der betroffenen Bevölkerung und künftiger Generationen.


Von DAVID BOILLEY

Vor kurzem wurden in den Departements Vienne, Gard und an der Grenze zwischen den Departements Meuse und Haute-Marne drei Anhörungsverfahren zur Errichtung eines Laboratoriums durchgeführt, das die unterirdische Lagerung von radioaktiven Abfällen in Frankreich untersuchen soll.1 Damit ist die Suche nach einem geeigneten Ort für die Lagerung hochradioaktiven Mülls mit langer Halbwertszeit – aus militärischen und zivilen Atomreaktoren und aus der Wiederaufbereitung atomarer Brennelemente – in eine entscheidende Phase eingetreten.

Die Anhörungen – für die Bürger eine der seltenen Chancen, ihre Meinung zu äußern – lösten keinerlei überregionale Diskussionen aus, denn die Medien hatten nur sehr zurückhaltend berichtet, insbesondere was die Demonstrationen von Tausenden Teilnehmern in Chaumont und Bar-le-Duc am 8. März 1997 betrifft, aber auch die Besetzung des Rathauses von Pleuville (Vienne) durch Gegner des Projekts. Dabei sprengt das Problem bei weitem den regionalen Rahmen, auf den sich die gegenwärtigen Auseinandersetzungen beschränken. Kein Land hat bisher eine Lösung für den Umgang mit dem Atommüll gefunden, der teilweise noch Millionen Jahre lang radioaktiv bleiben wird und die Atomindustrie vor gewaltige Entsorgungsprobleme stellt.

Im übrigen herrscht Unklarheit darüber, welche Art Atommüll eigentlich unterirdisch gelagert werden soll. Für manche Länder, etwa Schweden oder die Vereinigten Staaten, stellen die verbrauchten Brennelemente bereits den Endmüll dar, während in Frankreich ein Teil zur Gewinnung von Plutonium und Uran wiederaufbereitet wird: Von den 1200 Tonnen, die alljährlich in den französischen Reaktoren durch neue Brennelemente ersetzt werden, gehen 850 Tonnen nach La Hague, wo sie in der Anlage der Compagnie generale des matieres nucleaires (Cogema) wiederaufbereitet werden. Erst was hiervon übrig bleibt, ist Endmüll.

Über den beziehungsweise die beiden Standorte, die zur Errichtung eines unterirdischen Laboratoriums in Frage kommen, wird nach einem Verfahren entschieden, das nun bereits mehr als zehn Jahre dauert. Nach Demonstrationen und heftigem Widerstand vor Ort verfügte im Februar 1990 der damalige Premierminister Michel Rocard ein Moratorium in den fünf anvisierten Departements.2 Zum Vermittler wurde Christian Bataille, ein Abgeordneter aus dem Norden, ernannt. Dessen Bemühungen mündeten in das Gesetz vom 30. Dezember 1991 zur Erforschung von Entsorgungsmöglichkeiten für radioaktive Abfälle und zur Initiierung von entsprechenden Forschungsprogrammen. “Ich habe mich dafür entschieden, die gängige Vorgehensweise umzukehren. Statt die Standortauswahl allein auf wissenschaftliche und geologische Erwägungen zu stützen, habe ich freiwillige Bewerbungen angeregt, die dann alle einer geologischen Überprüfung unterzogen werden”, erläutert Bataille in seinem Bericht3. “Wir haben rund dreißig Bewerbungen erhalten, von denen etwa zehn vom geologischen Standpunkt aus unbedenklich sind.” Als ein gewisser Anreiz wirkten dabei sicherlich die in Aussicht gestellten 60 Millionen Franc (umgerechnet knapp 20 Millionen Mark) pro Jahr für “begleitende Maßnahmen und lokale Entwicklung”.

Den Bock zum Gärtner machen

DIE für die Untersuchungen zuständige Staatliche Agentur zur Entsorgung radioaktiver Abfälle (Andra) hat schließlich drei Standorte benannt, zu denen eine öffentliche Anhörung durchgeführt wurde: La Chapelle-Baton (Vienne), Marcoule (Gard) und Bure (Meuse). Erwartungsgemäß bekamen alle drei Standorte grünes Licht. Die Regierung wird die endgültige Auswahl von ein oder zwei Standorten für das Labor vornehmen, nachdem entsprechend der gesetzlichen Vorschrift die Bevölkerung zugestimmt hat. Die Bohrarbeiten müßten 1998 und die Forschungen im Jahr 2001 beginnen, 2006 könnten die ersten Resultate vorliegen. Nach Aussagen eines Vertreters der Andra wird man diesen Zeitplan allerdings nicht einhalten können.

Fünf Jahre Zeit also, um darüber zu entscheiden, ob der Standort geeignet ist, Atommüll für Millionen Jahre sicher aufzubewahren. “Einer der in die engere Wahl kommenden Laborstandorte könnte schließlich dem Parlament für die Errichtung eines Endlagers vorgeschlagen werden”, erklärt die Direction de la surete des installations nucleaires (Sicherheitsbehörde für atomare Einrichtungen, DSIN). Doch schon jetzt “erscheint unter Sicherheitsaspekten ein Standort als besonders geeignet: der im Osten”4. Sind die Würfel also schon gefallen?

In jeder Phase der Energiegewinnung – von der Uranerzmine bis zum Kraftwerk – entsteht Abfall, der im allgemeinen nach Radioaktivität und Halbwertszeit klassifiziert wird. Nur für schwach radioaktive Stoffe mit kurzer Halbwertszeit (unter dreißig Jahre) wurde bereits ein Endlager gefunden: Sie werden in Soulaines-Dhuys (Aube) oberirdisch gelagert. Dieser Standort löst den im Departement Manche ab, den die Andra notgedrungen schließen mußte, weil von den 530000 Kubikmetern Atommüll, die hier eigentlich auf ewig lagern sollen, bereits Radioaktivität entweicht und die Umwelt belastet.5 Das Lager im Aube ist achtmal so groß, und die Lagerung ist auf dreihundert Jahre befristet. Bei diesem Paradestück der Andra muß erst fünf Jahre nach Inbetriebnahme eine Volksbefragung über die Ableitung radioaktiver Abwässer an die Umgebung abgehalten werden. Auch konnte bis jetzt niemand den ersten Sicherheitsbericht zu Gesicht bekommen.

In anderen Ländern – wie Schweden, Finnland und Deutschland – werden solche Abfälle teilweise tief unter der Erdoberfläche gelagert. Diese Lösung ist jedoch für die 50 Millionen Tonnen Abfallgestein, die sich im Laufe des vierzigjährigen Uranerzabbaus in Frankreich angehäuft haben, unpraktikabel und zu teuer. In Deutschland liegen allein in den Lagerstätten bei Helmsdorf und Culmitzsch 50 beziehungsweise 86 Millionen Tonnen, weltweit sind es etwa 6 Milliarden Tonnen. Diese Abfälle sind zwar nur schwach radioaktiv, enthalten aber strahlende Elemente von sehr langer Lebensdauer, zum Beispiel 75000 Jahre im Fall von Thorium 230. Zudem entweicht beim Zerfall des Urans das giftige Gas Radon, was die Lagerung beziehungsweise Zwischenlagerung weiter erschwert. Diese Art Abfall wird meist in ehemaligen Tagebaugruben oder in abgedeckten Becken gelagert, bis eine bessere Lösung gefunden wird, die das Risiko der Freisetzung radioaktiver Stoffe durch Erosion oder Versickern vermeidet.6 In Gabun wurden die Abfälle bis 1975 von der Comuf, einer Tochtergesellschaft der Cogema, direkt in das Bett des Ngamabungu-Flusses geleitet.7

Die schwach radioaktiven Abfälle, die bei der Demontage atomarer Einrichtungen anfallen, sind ein zusätzliches großes Problem. In Frankreich rechnet man mit 15 Millionen Tonnen, für die man eine weniger kostenintensive Lösung finden muß. Ein Teil soll “recycelt” werden, danach läge die Radioaktivität unterhalb der gesetzlichen Grenzwerte und würde mithin ganz legal zu normalem Müll. Ein entsprechender Gesetzentwurf löste aber einen so heftigen Proteststurm aus, daß ihn das französische Parlament zurückziehen mußte. Unterdessen gibt es jedoch Grenzwerte, die auf der EU-Gesetzgebung beruhen8 und nun zunehmend bei der Beseitigung von industriellem Sondermüll zur Anwendung kommen. Daher dürfte bald eine “Banalisierung” sehr schwach radioaktiver Abfälle beginnen, ohne daß die Bevölkerung, die doch den unmittelbaren Folgen ausgesetzt ist, dazu befragt würde. Für Nuklearabfälle, die die Grenzwerte übersteigen, denkt man an überirdische Lagerzentren.

Die USA wollen denselben Weg einschlagen. Die Verbreitung von kontaminiertem Material kann jedoch unabsehbare gesundheitliche Auswirkungen haben. Aber solange nichts bewiesen ist, existieren die schädlichen Folgen für die Betreiber der Atomindustrie einfach nicht.

Bei den hochradioaktiven und langlebigen Abfällen, um die es bei den jüngsten Anhörungen vor allem ging, zeichnet sich ein internationaler Konsens für eine unterirdische Lagerung ab, auch wenn die Fortschritte bei der Suche nach geeigneten Stätten von lokalen politischen Faktoren abhängen. Als Hauptargument verweist man gewöhnlich auf den Schutz künftiger Generationen.9 Doch ist dieses Argument nicht stichhaltig, insofern man mit der unterirdischen Lagerung erst dann beginnen kann, wenn die Suche abgeschlossen ist, also lange nachdem die gegenwärtig laufenden Kraftwerke stillgelegt sein werden. Und für das Wohlergehen der ganz fernen Generationen sollte man besser auf Nummer Sicher gehen, als der Wissenschaft zu vertrauen.

Das französische Gesetz vom 30. Dezember 1991, das die Untersuchungen zur Entsorgung radioaktiver Abfälle regelt, sieht außer Forschungen zur unterirdischen Lagerung auch Studien über die Abtrennung der gefährlichsten radioaktiven Elemente mit langer Halbwertszeit vor sowie solche über ihre Wiederaufbereitung und über “Verfahren zur Konditionierung und langfristigen Zwischenlagerung dieser Abfälle an der Erdoberfläche”. Eine staatliche Evaluierungskommission (CNE) wurde eingerichtet, die alljährlich einen Bericht über den Fortschritt der Untersuchungsarbeiten veröffentlicht. Bis spätestens zum Jahre 2006 “wird die Regierung dem Parlament einen umfassenden Evaluierungsbericht über die Untersuchungen vorlegen sowie gegebenenfalls einen Gesetzentwurf über die Einrichtung eines Lagers für hochradioaktive Abfälle mit langer Halbwertszeit.”

Die vom Gesetz vorgeschlagenen Verfahren der Trennung und Wiederaufbereitung werden manchmal als Recycling der radioaktiven Abfälle dargestellt, das eine Alternative zur Endlagerung bieten könnte. Allerdings berücksichtigen die Untersuchungen “weder die in Glaskokillen verschmolzenen noch die mit Bitumen versetzten und in Fässer eingegossenen, noch die lose zwischengelagerten Abfälle der Kategorie B”, wie die CNE in ihrem ersten Bericht anmerkt. Die genannten Verfahren können also erst bei den abgebrannten Brennstoffen einer eventuellen neuen Reaktorgeneration eingesetzt werden, nicht aber bei den derzeit akkumulierten Abfällen.

Zur Trennung bestimmter Bestandteile der verbrauchten Energieträger sind komplexe chemische Verfahren erforderlich. Die aktuelle Forschung zielt vor allem darauf ab, die Wiederaufbereitungskapazitäten der Anlage in La Hague zu verbessern. Die Wiederaufbereitung, die den Einsatz von Atomreaktoren erfordert, dient zur nachträglichen Rechtfertigung von Schnellen Brütern. Die Castaing- Kommission, die 1996 den Auftrag hatte, die Eignung des Superphenix als Verbrennungsanlage zu evaluieren, hat betont, man sei sich zwar bewußt, daß die Untersuchungen “an einem speziell auf diese Aufgaben zugeschnittenen Reaktor viel befriedigendere Bedingungen geboten hätten. (…) Ein solcher Versuchsreaktor käme aber (…) zu spät, um zu dem im Gesetz vorgesehenen Zeitpunkt, also 2006, Resultate zu liefern, welche die zu erwartenden Diskussionen erhellen könnten.” Insofern sei “der enge Rahmen des geplanten Programms” zur Beseitigung des Atommülls “zu bedauern”. Nach einem Bericht, den der Rechnungshof vor Lionel Jospins Entscheidung über die endgültige Stillegung des Superphenix veröffentlichte, hätte der Reaktor, der insgesamt 60 Milliarden Franc gekostet hat, von 1995 bis zum Jahr 2000 7 Milliarden Franc an Betriebskosten verschlungen… Was die anderen Forschungen angeht, so hätten sie niemals bis 2006 zu einem Resultat geführt.

Japan hat ein ähnliches Forschungsprogramm gestartet, doch ein Unfall im Schnellen Brüter von Monju, der sich im Dezember 1995, nur wenige Monate nach Inbetriebnahme, ereignete, hat diesen Reaktortyp überhaupt in Frage gestellt. Die Explosion in der Wiederaufbereitungsanlage von Tokaimura im März 1997 könnte sein endgültiges Ende bedeuten. In den USA ist es dem Komitee für Trennungstechnologien und Wiederaufbereitungssysteme (Stats) nicht gelungen, den Nutzen dieser Verfahren für die Praxis zu beweisen. Es kam zu der Schlußfolgerung, man müsse an der Nichtwiederaufbereitung als der derzeit billigsten Lösung10 festhalten.

In Frankreich schätzt die Elektrizitätsgesellschaft EDF die Kosten für das “Recycling” von Plutonium auf 15 Milliarden Franc pro Jahr, etwa 4 Centimes pro Kilowattstunde. Dieses Verfahren belastet zudem in hohem Maße die Umwelt. Eine Forcierung der Wiederaufbereitung würde diese Kosten weiter ansteigen lassen. Für die bis heute angehäuften Abfälle bleiben also nur die unterirdische Lagerung oder die oberirdische Zwischenlagerung für einen mehr oder weniger langen Zeitraum. Dieser Alternative scheinen die Umweltschützer den Vorzug zu geben, doch werden die entsprechenden Möglichkeiten in Frankreich kaum erforscht: Hier hat “das Gesetz, anders als in bezug auf die übrigen Lösungswege, weder nennenswerte Forschungsfortschritte noch einen deutlichen Sprung in der technischen Entwicklung bewirkt”11. In allen Ländern bevorzugt die Industrie anscheinend die “geologische Entsorgung”, obgleich man sich noch im Untersuchungsstadium befindet und daher bis heute kein einziges unterirdisches Endlager existiert.

Grundsätzlich kann man zwei Arten unterirdischer Laboratorien unterscheiden: Die einen werden speziell zur Erforschung der unterirdischen Müllagerung gebaut, die anderen werden in bereits existierenden Stollen, zumeist stillgelegten Bergwerken, eingerichtet. Im ersten Fall ist die Wahrscheinlichkeit hoch, daß das Laboratorium später in eine Lagerstätte umgewandelt wird, wie dies in Frankreich der Fall ist. Daher wurde im schwedischen Aspö die Errichtung eines Laboratoriums von der Verpflichtung abhängig gemacht, es nach Abschluß der Untersuchungen zu schließen. Der zukünftige Standort wird anderswo errichtet, doch wie groß soll die Entfernung sein? In der Schweiz wird ein internationales Labor im technischen Stollen eines Staudamms am Grimsel-Paß eingerichtet; ein weiteres wurde soeben in einem in Bau befindlichen Autobahntunnel eröffnet.

In Frankreich gibt es schon solche kleinen Labors, etwa das in Tournemire, betrieben vom Institut de protection et de surete nucleaires (Institut für nukleare Sicherheit, IPSN). Der Umfang grundlegender Erkenntnisse, die in solch kleinen Labors noch ermittelt werden müssen, ist enorm. Daher wäre es verfrüht, bereits neue Laboratorien in industriellem Maßstab zu errichten, wie sie von der Andra geplant sind, vor allem, wenn man sich die Kosten vor Augen hält: zwischen 1,2 und 1,8 Milliarden Franc, Betriebskosten und begleitende Maßnahmen nicht eingerechnet.12

Im erdbebengefährdeten Japan ist ein sicherer Standort nicht leicht zu finden. Es ist zu befürchten, daß der Bau der Zwischenlagerstätte von Rokkasho-mura als Folge des Erdbebens vom Dezember 1994 bereits jetzt Risse aufweist. Presseberichten zufolge hat die benachbarte Urananreicherungsanlage mehr als sechzig Risse, die oberflächlich zugekleistert wurden. Als einfachere Lösung bietet sich für Japan damit der Müllexport ins Ausland an.

Diese Lösung praktiziert Taipeh, das gerade einen Vertrag mit Nord-Korea über die Zwischenlagerung von 60000 Fässern radioaktiver Abfälle in einem stillgelegten Kohlebergwerk unterzeichnet hat. Seit fünfzehn Jahren werden diese Fässer gegen den Willen des Tao-Volkes auf der Orchideeninsel vor der taiwanesischen Küste gelagert. Wenn es tatsächlich zu diesem Mülltransfer kommt, wird der Transport von radioaktivem Material wohl nicht mehr zu bremsen sein. Taiwan verhandelt offenbar auch mit Rußland und der Volksrepublik China über die Lagerung von hochradioaktivem Müll. China wiederum scheint die autonome Provinz Tibet als Deponie für seine Abfälle zu benutzen.

Auf der Südhalbkugel mangelt es zwar nicht an potentiellen Entsorgungsstandorten, doch untersagen die Lome-Verträge den Export von gefährlichen Abfällen aus den 15 EU-Ländern in die AKP-Staaten (Länder des afrikanischen, karibischen und pazifischen Raums).

Das Problem muß also innerhalb der EU gelöst werden. Manche Staaten würden die radioaktiven Abfälle am liebsten als normales Handelsgut betrachten, für das keine Grenzen gelten. Vor allem kleine Länder wie die Niederlande träumen von zentralen europäischen Lagerungsstätten13. Schweden und Frankreich lehnen solche Lösungen ab. Paragraph 3 des Gesetzes vom Dezember 1991 bestimmt, daß “die Lagerung von importiertem radioaktivem Müll in Frankreich über die technisch bedingte Dauer der Wiederaufbereitung hinaus untersagt ist, selbst wenn die Wiederaufbereitung im Lande erfolgte”. Dieses Verbot wurde bereits verletzt: In La Hague sind ausländische Abfälle gelagert, die bei der Wiederaufbereitung anfielen und längst ins Herkunftsland hätten zurückgeschickt werden können. Ganz zu schweigen von dem Atommüll, den die Cogema aufgrund früherer Verträge importiert hat und die noch keine Rücktransportklausel enthalten.

Mehr Polizisten, steigende Kosten

ALLEIN das Polizeiaufgebot, das den ersten Rücktransport von aufbereitetem, in Glas eingeschmolzenem Abfall im Castorbehälter nach Deutschland begleiten mußte, kostete den Steuerzahler 55 Millionen Mark. Beim zweiten waren die Kosten bereits auf 90 Millionen Mark gestiegen, und beim letzten, im März 1997, zu dessen Eintreffen in Gorleben sich rund 10000 Demonstranten versammelt hatten, auf 150 Millionen Mark. Insgesamt sind ungefähr hundert solcher Transporte vorgesehen. Die Cogema hofft, weitere 5 Prozent kompakteren Atommülls im Castor zurückzuschicken, die hochvolumigen Abfälle wird sie dagegen behalten müssen. Für dieses Material würden dann zwar Grenzwerte für die Radioaktivität gelten, dafür aber keine quantitativen Begrenzungen. Der britische Konkurrent BNFL bietet einen solchen Service schon offiziell an …

Diese Art von Zweiteilung ist bereits in vollem Gange: In La Hague weisen die im Lager in der Manche zwischengelagerten technologischen Abfälle ein zehnmal größeres Volumen auf als die Materialien, die am Ende zurücktransportiert werden sollen.14 Ein Vertrag über den Austausch von hochradioaktivem und schwach radioaktivem Müll wurde angeblich auch schon zwischen Belgien und Spanien abgeschlossen.

Die Entgleisung eines Zugs mit abgebrannten Brennelementen im Departement Moselle15 hat vor kurzem wieder daran erinnert, daß alljährlich etwa hundert solcher Konvois die deutsche Grenze passieren, ein Viertel davon geht in Richtung Großbritannien. Das IPSN schätzt die Anzahl der Konvois mit abgebrannten Brennelementen, die in Frankreich unterwegs sind, pro Jahr auf rund 450. Nach der Wiederaufbereitung wird das Plutonium, dessen Gefährlichkeit bekannt ist, von La Hague zur belgischen Anlage in Dessel und zu den französischen in Marcoule und Cadarache transportiert. Ab 2000 sind jährlich mindestens 117 Konvois vorgesehen.16 Später werden dann noch die Mülltransporte zu den Endlagerstätten dazukommen.

In Frankreich spricht man zur Zeit grundsätzlich nur von unterirdischen Laboratorien und nicht von zentralen Lagerstätten. Die öffentlichen Anhörungen sollen die Meinung der Bevölkerung ermitteln und ihre Fragen beantworten. Sie werden nur zwei Monate dauern, und Bürger, die angesichts der ungünstigen Öffnungszeiten der Gemeindeämter den Fragebogen zu Hause studieren möchten, müssen dafür circa 6700 Franc (etwa 2200 Mark) zahlen.

Die Andra hingegen hat genügend Geld, um ganzseitige Werbeseiten zu schalten und lokale Aktionen zu unterstützen: An jedem Standort stellte der Präfekt jährlich 5 Millionen Franc für Projekte zur Verfügung, hier für die Restauration eines Kirchturms und dort für den Bau eines Gemeindesaales. Sobald es jedoch darum geht, das anständige Funktionieren demokratischer Prozesse zu ermöglichen, sind die Kassen leer.

In Großbritannien wurde eine fünfmonatige öffentliche Anhörung zur geplanten Eröffnung eines unterirdischen Laboratoriums in Sellafield (West Cumbria) durchgeführt, was die “Friends of the Earth” dazu veranlaßte, eine Gegenexpertise17 zu erstellen, zu der zahlreiche namhafte unabhängige Wissenschaftler beitrugen. Nachdem ein internes Gutachten bekannt wurde, welches aufzeigte, daß die Betreiberfirma Nirex mindestens die zehn- bis hundertfache Datenmenge benötigen würde,18 bevor sie ein Labor betreiben könnte, lehnte die Regierung das Projekt ab. Die Verbände fordern ein Moratorium von zehn Jahren.

Derartiges ist in Frankreich offenbar unmöglich, wo der Präsident der Kommission zur Anhörung über zwei Standorte (im Osten und im Departement Vienne) in der Lokalpresse eine Durchleuchtung der unbequemen Verbände gefordert hat: “Sicherlich würden öffentliche Nachforschungen über gewisse Verbände, ihre Ziele, die tatsächliche Zahl ihrer Mitglieder und ihre Finanzquellen erstaunliche Fakten ans Tageslicht bringen. Eine solche Art Umfrage, die schließlich auch die Umwelt betreffen würde, sollte ins Auge gefaßt und ausgearbeitet werden.”19

Derselbe Funktionär hat bereits im Zuge einer früheren Anhörung zur Schließung des Lagers in der Manche seine Voreingenommenheit demonstriert, als sich die Andra bemühte, den tatsächlichen Zustand des Lagers und seine Auswirkungen auf die Umwelt zu vertuschen. Nach den Enthüllungen der Association pour le controle de la radioactivite dans l’Ouest (Vereinigung zur Kontrolle der Radioaktivität im Westen, ACRO) – eines unabhängigen Instituts – über das hohe Sicherheitsrisiko20 bestellte die Regierung von einer neuen Kommission unabhängiger Experten einen weiteren Bericht.21 Dessen Ergebnis widersprach den Resultaten der öffentlichen Anhörung, die nun wiederholt werden muß.

Die Kommission war zu dem schwerwiegenden Schluß gekommen, daß die fragliche Mülldeponie auf ewige Zeiten existieren würde, da dort zahlreiche Elemente mit langer Halbwertszeit sowie 27000 Tonnen Blei lagern. Das stand im Gegensatz zu den Vorstellungen der Andra, der zufolge die Abfälle in dreihundert Jahren ungefährlich sein werden. Dieser Widerspruch war für die Andra so unerträglich, daß sie die ACRO verklagte.

Wie stets bei Angelegenheiten, die mit Atomenergie zu tun haben, kommt in den Untersuchungsberichten der Enquetekommissionen die Meinung der Bevölkerung so gut wie überhaupt nicht vor. Im Departement Vienne findet sich im Untersuchungsbericht nur der lakonische Satz: “Da es sich um Feststellungen der Mitglieder der Enquetekommission handelte, fanden die befragten Organisationen und Einzelpersonen dies Anlaß genug, sie zu korrigieren.”

Diese ganzen Verfahren verlaufen so, als müßten die unterirdischen Lager um jeden Preis errichtet und eine Lösung in möglichst kurzer Zeit gefunden werden. Dabei handelt es sich hier um Angelegenheiten, die für die Bürger zutiefst beunruhigend sind. Manche Staaten haben sogar den Bau von neuen Atomkraftwerken untersagt, solange die Probleme der Entsorgung des Atommülls nicht gelöst und wirklich beherrschbar ist. Die bedingungslosen Befürworter der Kernenergie setzen hingegen alles daran, möglichst bald behaupten zu können, daß sie über sichere Lösungen verfügen, da sie die vorhandenen Einrichtungen erneuern wollen. Bis dahin hofft die EDF, daß sie die Lebensdauer ihrer gegenwärtig betriebenen Kernkraftwerke auf mindestens vierzig Jahre verlängern kann.

Das Entsorgungsproblem macht die atomare Stromerzeugung im Vergleich zu anderen Energiequellen zwangsläufig immer teurer. So ist zum Beispiel das Erdgas, das in Kombikraftwerken (Kraft- Wärmekoppelung) eingesetzt wird, heute bereits viel billiger, es erfordert geringere Investitionen, und auch seine Nutzung ist wesentlich einfacher.

Für die Kernindustrie steht also viel auf dem Spiel: Auch wenn zahlreiche europäische Staaten im Begriff scheinen, auf diese Energiequelle aus Kostengründen zu verzichten, macht die Industrie sich immer noch Hoffnungen auf eine Erneuerung der vorhandenen Anlagen und auf die Entstehung neuer Atomenergiemärkte auf der ganzen Welt.

Doch unabhängig von den Energiequellen, für die sich die einzelnen Staaten entscheiden werden, bleibt das Problem des bis heute angefallenen Atommülls bestehen. Um so wichtiger ist es, daß die entsprechenden Untersuchungen unter Bedingungen demokratischer Transparenz durchgeführt werden.
dt. Andrea Marenzeller

1 Vgl. zur Einführung in das Thema Jean-Paul Shapira, “Dans le labyrinthe des dechets nucleaires”, Le Monde diplomatique, Mai 1989; L’ACROnique du nucleaire, Nr. 18 und 35, September 1992 und Dezember 1996 (Association pour le controle de la radioactivite dans l’Ouest, ACRO: 138, rue de l’Eglise, F-14200 Herouville-Saint-Clair).
2 In anderen Ländern fanden ähnliche Kundgebungen statt. In Japan und Deutschland kam es zu zahlreichen gewalttätigen Demonstrationen; in Spanien wurden Beamte gekidnappt; in Korea gab es bei Kundgebungen sogar Todesopfer.
3 “Mission de mediation sur l’implantation de laboratoires de recherche souterrains” (Schlichtungsgruppe für die Errichtung von unterirdischen Forschungsanlagen), Bericht des Schlichters, 20. Dezember 1993, Paris (La Documentation francaise).
4 Controle, (DSIN), Nr. 113, Oktober 1996.
5 Vgl. “Le Centre de stockage de la Manche”, Herouville-Saint-Clair, hrsg. von ACRO, erscheint in Kürze.
6 Vgl. Jean-Louis Bugarel, “45000000 tonnes de dechets radioactifs; les depots de residus de traitement d’uranium”, Info-uranium, Nr. 55, März-April 1992. Eine weltweite Übersicht über die Abraumhalden aus der Uranerzgewinnung findet sich auf der Website des WISE Uranium Project: antenna.nl/wise.
7 Vgl. Claude Birraux, “Rapport sur le controle de la surete des installations nucleaires”, Office parlementaire d’evaluation des choix scientifiques et technologiques, Paris, März 1996.
8 Ministerratsverordnung 96/29/Euratom vom 13. Mai 1996, welche die Grundwerte hinsichtlich des Schutzes der Bevölkerung und speziell der Arbeiter vor gesundheitlichen Gefahren durch ionisierende Strahlung festsetzt, Journal officiel des Communautes
europeennes (Luxemburg), Nr. L159, 29. Juni 1996, Paragraph 5.
9 Siehe “Fondements environnementaux et ethiques de l’evacuation geologique”, OCDE/AEN, Paris 1995.
10 Vgl. La Gazette du nucleaire, Nr. 151/152, Juli 1996.
11 “Rapport sur l’evolution de la recherche sur la gestion des dechets nucleaires a haute activite” (“Bericht zur Entwicklung der Forschung auf dem Gebiet der Entsorgung hoch radioaktiver Abfälle”), Christian Bataille, Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques, Paris, März 1996.
12 Ebenda.
13 Das gilt auch für andere Arten von Müll. Vgl. im besonderen Jean-Loup Motchane und Michel Raffoul, “Die europäische Müllwirtschaft kennt keine Grenzen”, Le Monde diplomatique, September 1996.
14 Vgl. den Bericht der Kommission zur Evaluierung der Situation des Zwischenlagers in der Manche (die sogenannte Turpin-Kommission) vom Juli 1996.
15 Vgl. Le Monde, 6. Februar 1997.
16 “Les transports de l’industrie du plutonium en France”, WISE-Paris, Oktober 1995 (31-33, rue de la Colonie, 75013 Paris).
17 Näheres dazu auf der Website der Friends of the Earth: www.foe.co.uk/.
18 Friends of the Earth, Presseerklärung vom 15. Januar 1997.
19 L’Affranchi de Chaumont, 7. Februar 1977, und La Nouvelle Republique du Centre-Ouest, 12. Februar 1997.
20 Vgl. L’ACROnique du nucleaire, Nr. 31, März 1996.
21 Bericht der Turpin-Kommission, vgl. Anm. 14.

Physiker, Vereinigung zur Kontrolle der Radioaktivität im Westen (Acro).

Version Française

Version Italienne

Ancien lien

n°39, décembre 1997

L'ACROnique du nucléaire

  • Les sources de pollution radioactive dans la Manche
    – synthèse bibliographique sur l’origine potentielle de la pollution radioactive marine
  • Le carbone 14 des combustibles irradiés
  • Enquêtes publiques suite… Faut-il envoyer Pronost dans la lune ?
  • Analyses ACRO : crustacés prélevés par Greenpeace dans la zone de rejet de l’usine de retraitement de la Hague
  • Revue de presse nationale et internationale
  • Presse alternative

n°38, septembre 1997

L'ACROnique du nucléaire

  • Des commissions officielles se penchent sur La Hague
    – Commission pour une nouvelle étude épidémiologique en Nord Cotentin, dite Commission Souleau
    – Commission du centre de stockage de la Manche : compte rendu de réunion
  • Analyses ACRO :
    – pour Greenpeace
    – pour le Comité pour la transparence autour de Valduc
    – pour des particuliers
  • Revue de presse nationale et internationale
  • Presse alternative