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N°139 : Projet de construction de six EPR2 dont une première paire à Penly – Pollution au plutonium à La Hague révélée par l’ACRO (décembre 2022)

N°138 : Surveillance de la contamination de l’eau potable et de légumes autour de Valduc (septembre 2022)

N°137 : Résultats 2021 de la surveillance radiologique de l’environnement autour des installations nucléaires de la Loire et de la Vienne (juin 2022)

N°136 : Suivi du projet de la piscine nucléaire EDF à La Hague / Enquête publique sur la poursuite du démantèlement de la centrale de Brennilis (mars 2022)

Historiques des Acroniques


Fukushima, deux ans après, retour à l’anormal

ACROnique du nucléaire n°101

ACRO, 23 février 2013

Les autorités japonaises rêvent d’une catastrophe réversible : le gouvernement a engagé un immense programme de « décontamination » et a promis un retour à une partie des 160 000 personnes qui ont quitté leur habitation pour fuir les dangers de la radioactivité. Dans d’autres zones, non évacuées, mais aussi contaminées de 8 régions du Japon, ce sont les municipalités qui ont la charge des travaux qui consistent à laver, frotter, couper les herbes, arbustes, gratter la terre… Pour les zones évacuées, le gouvernement a lancé des appels d’offres et ce sont les majors du BTP, sans aucune expérience, mais pouvant mobiliser une large main d’œuvre, qui ont été retenues. L’une d’entre elles avait la charge du génie civil lors de la construction des réacteurs de la centrale de Fukushima. Comme toujours, ce sont des sous-traitants qui font les sales travaux.

L’Asahi, un des principaux quotidiens du Japon, a enquêté et révélé ce que tout le monde savait sur place : le travail est bâclé. Les déchets sont parfois seulement rejetés un peu plus loin, l’eau de lavage n’est pas récupérée… le débit de dose n’est pas toujours contrôlé à la fin des travaux. Les ouvriers ne sont pas mieux traités : le ministère du travail a trouvé que le droit du travail est violé dans 45% des cas. Non paiement de la prime de risque absorbée dans le mille-feuille des intermédiaires pour des centaines, voire des milliers d’entre eux, équipements de protection individuelle pas toujours utilisés, contrats caducs, absence de visite médicale… Pas étonnant qu’il y ait une pénurie de main d’œuvre. Seulement 10% des postes sont pourvus.

Seul l’appât du gain intéresse les compagnies retenues, qui n’ont subi aucune sanction. Personne n’a été sanctionné suite à cette catastrophe. Les cadres dirigeants limogés de TEPCo, l’exploitant de la centrale accidentée, se sont recasés dans des filiales et la compagnie espère toujours pouvoir continuer à exploiter son autre centrale nucléaire. On retire le permis de conduire à un chauffard, pas à un exploitant du nucléaire. TEPCo, s’accroche à ses 7 réacteurs de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa, sur la mer du Japon, dans la province de Niigata, même si deux d’entre eux sont situés sur une faille sismique qui a été requalifiée en faille active suite aux révisions des critères de sûreté. Les autres, à eau bouillante, de la même technologie que ceux de Fukushima, nécessitent des investissements massifs et des années de travaux de remise aux normes durcies par la nouvelle autorité de sûreté. TEPCo n’a pas renoncé non plus à ses réacteurs non accidentés de Fukushima, même s’ils ont été noyés par de l’eau de mer corrosive lors du tsunami de mars 2011 et même si les autorités locales n’en veulent plus. Des milliers de travailleurs y sont exposés à des doses inutiles pour tenter de les remettre en état de marche.

Les autres compagnies d’électricité ne sont pas en reste. 14 réacteurs ont été arrêtés par les séisme et tsunami du 11 mars 2011 et ceux de Hamaoka ont été arrêtés sur ordre du 1er ministre en mai 2011. Et les autres n’ont pas été autorisés à redémarrer suite à l’arrêt programmé tous les 13 mois. Le gouvernement a finalement autorisé le redémarrage de deux réacteurs durant l’été 2012, même s’ils n’étaient pas aux normes provisoires. Il est passé outre l’opinion publique et les manifestations massives. Le pays aurait pu passer l’été sans. Ils seront à nouveau arrêtés après 13 mois de fonctionnement durant l’été 2013 et le pays sera de nouveau sans nucléaire. La validation d’un nouveau référentiel de sûreté, la remise aux nouvelles normes des réacteurs et les inspections vont prendre du temps. Nombreux réacteurs, situés sur des failles sismiques jugées actives suite à une réévaluation ou étant câblés avec des câbles inflammables ne redémarreront probablement jamais. Il se pourrait que la moitié du parc nucléaire japonais ne redémarre jamais et c’est même certain pour plus d’un quart du parc.

Les compagnies d’électricité font un lobbying intense pour obtenir un assouplissement des règles de sûreté et une période de grâce, comme si elles n’avaient rien retenu de la catastrophe en cours. Elles ne veulent pas non plus entendre parler de l’ouverture du marché de l’électricité et garder leur monopole très lucratif. Elles mettent en avant les coûts élevés des énergies fossiles de remplacement comme argument principal. Mais ce sont les réacteurs nucléaires, devenus inutiles, qui leur coûtent cher. Les seules compagnies qui ne sont pas dans le rouge sont celles qui n’ont pas ou peu de nucléaire !

L’industrie nucléaire, qui a sa part de responsabilité dans la catastrophe, mais qui n’a pas déboursé un yen pour venir en aide aux populations touchées, espère toujours vendre des réacteurs à l’étranger, le marché intérieur étant fermé pour longtemps. Les modèles en catalogue n’ont pas évolué depuis Fukushima.

Pour les populations touchées par la catastrophe la vie est toujours anormale. Les déplacés volontaires ne bénéficient de quasiment aucune aide. On ne sait même pas combien ils sont, nombre d’entre eux n’allant pas s’enregistrer sur le nouveau lieu de vie. Pour ceux qui sont restés par force ou par choix, la vie dans les territoires contaminés est difficile. L’alimentation est toujours un sujet d’inquiétude. Les enfants ne jouent presque plus dehors et prennent du poids. Pour les réfugiés, qui ont dû évacuer sur ordre des autorités, la vie est aussi difficile dans le logement provisoire, souvent exigu. Comment refaire sa vie quand on ne sait pas combien de temps cette attente va durer, quand on ne sait pas si l’on pourra rentrer un jour chez soi ? Pour les agriculteurs, l’espoir de retrouver une ferme est très mince.

L’indemnisation des personnes déplacées de force coûte cher aux autorités qui avancent l’argent à TEPCo. Comme il est fort probable qu’elle ne pourra jamais rembourser, ce sera le contribuable qui, in fine, paiera. Alors que les autorités ont baissé les concentrations limites de césium radioactif dans l’alimentation, pour tenter de regagner la confiance des consommateurs, elles refusent de baisser la limite d’évacuation, pourtant beaucoup trop élevée. Fixée à 20 mSv/an, comme pour les travailleurs du nucléaire, elle s’applique maintenant à toute la population, même les personnes les plus vulnérables comme les enfants. Pire, le gouvernement a gardé cette limite pour autoriser le retour des populations. Il a vaguement promis une limite plus basse à long terme, sans donner aucun calendrier.

Dans certaines zones, les habitants sont autorisés à rentrer chez eux durant la journée, pour remettre en état leur habitation, mais à pas à dormir sur place car les services comme l’eau, l’électricité, endommagés par le séisme, n’ont pas pu être rétablis à cause de la radioactivité. Le gouvernement a donc engagé un programme de « décontamination » à marche forcée.

Même en cas de travail soigné, avec récupération des déchets, la décontamination semble être une mission impossible. Avec 70% de montagnes et de forêts, le débit de dose dans les zones nettoyées ne diminue que modestement, sauf à raser de grandes étendues. Souvent, il y a recontamination avec la pluie, le vent. Et il n’y a toujours pas de solution pour les déchets engendrés.

Ce n’est pas mieux dans les zones non évacuées : selon le ministère de l’environnement, fin décembre 2012, seulement 23% des 103 000 habitations contaminées des 7 provinces autres que Fukushima, qui sont aussi touchées, ont été « décontaminées ». Et l’on ne connaît pas l’impact des travaux en terme de dose.

La mer continue à se contaminer sans que l’on n’y puisse rien. Les infiltrations d’eau souterraine polluent le rivage sur le site de la centrale et le lessivage des sols par les eaux de pluie entraîne une augmentation de la contamination des sédiments dans l’embouchure des fleuves. C’est particulièrement flagrant dans la Baie de Tôkyô où la contamination croît de jour en jour. Le pire est peut-être à venir : TEPCo est contrainte d’injecter d’énormes quantités d’eau pour refroidir les combustibles fondus des réacteurs 1 à 3 de la centrale de Fukushima daï-ichi. Cette eau se contamine, s’infiltre dans les sous-sols des bâtiments réacteur et menace de déborder dans la mer. TEPCo la pompe donc continuellement, la décontamine très partiellement et la réinjecte. Mais de l’eau souterraine s’infiltre aussi, se contamine et augmente les stocks. La compagnie ne sait plus où mettre les cuves pleines d’eau contaminée sur son site. Elle n’a d’autre perspective que de la rejeter en mer à plus ou moins longue échéance, après une décontamination plus poussée, promet-elle, mais toujours partielle. La station de traitement, prévue pour septembre 2012, ne fonctionne toujours pas.

Sur place, ce sont les ouvriers sous-traitants qui payent le plus lourd tribut. Ce sont eux qui prennent les plus fortes doses de radioactivité et leur statut précaire les pousse à tricher en minimisant l’enregistrement des doses reçues. Avec environ 3 000 personnes par jour sur le site, plus de 25 000 personnes y sont passées.

Quant aux habitants évacués, ils n’en peuvent plus. Ils ne croient plus à un retour à la normale. De nombreux habitants, surtout ceux avec de jeunes enfants, se sont résignés et ne rentreront jamais. Quelle sera leur vie quand les indemnités s’arrêteront ? Quel sera leur état de santé à long terme ? Il y a déjà, officiellement, trois cas de cancer de la thyroïde avérés chez les enfants de Fukushima, qui ont subi une intervention chirurgicale. 7 autres cas suspects sont en cours d’analyses complémentaires. Cela ne va qu’empirer, le pic du nombre de cas étant apparu 4 à 5 ans après les rejets massifs à Tchernobyl.

Combien seront-ils au Japon ? Pour eux, comme pour beaucoup, aucun retour à la normale n’est possible.

Les informations sont tirées de notre suivi quotidien de la catastrophe. Le titre est inspiré d’un article d’Alissa Decotes-Toyosaki dans Zoom Japon de février 2013

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Peut-on supporter le coût d’une catastrophe nucléaire majeure ?

ACROnique du nucléaire n°101

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Communiqué du 10 décembre 2012

En cette période de débat sur l’énergie et sur les coûts associés, l’ACRO souhaite attirer l’attention du public sur une étude de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) passée inaperçue : un accident nucléaire majeur en France pourrait coûter 430 milliards d’euros.

L’IRSN a présenté au forum Eurosafe (http://www.eurosafe-forum.org) une évaluation du coût financier d’un accident « sévère » et d’un accident « majeur ».

  • L’accident sévère étudié consiste en une fusion d’un cœur de réacteur et de rejets radioactifs qui ne sont pas considérés comme « massifs ». Le nombre de personnes forcées à évacuer dans le scénario étudié ne serait que de l’ordre de 3 500. Coût estimé : 120 milliards d’euros. 47% de ce coût seraient dus à l’impact sur l’industrie touristique et agro-alimentaire dont l’image serait détériorée.
    A titre de comparaison, une catastrophe comme celle d’AZF ou la marée noire de l’Erika, a coûté de l’ordre de 2 milliards d’euros.
  • L’accident majeur étudié consiste aussi en la fusion d’un seul cœur de réacteur, mais associée à des rejets massifs cette fois-ci, entraînant l’évacuation de 100 000 personnes. 160 000 ont été déplacées par la catastrophe nucléaire de Fukushima.
    La facture pour le pays s’élèverait à 430 milliards d’euros cette fois-ci. C’est plus de 20% du PIB d’une année ou plus de 10 ans de croissance économique. C’est plus que le budget de l’Etat français. L’étude IRSN met les conséquences d’une telle catastrophe au même niveau qu’un conflit régional, sans préciser ce qu’elle entend par là.

L’IRSN souligne qu’il y a de grosses incertitudes à propos de ces coûts, mais que l’estimation n’est pas conservative et a plutôt tendance à sous-estimer la réalité. Elle ne concerne, de plus, que la France alors que plusieurs pays européens pourraient être affectés par des rejets radioactifs massifs.

Rappelons qu’à Fukushima, il y a eu fusion totale de trois cœurs de réacteur et que, 80% des rejets radioactifs sont allés vers l’océan.

Pour mettre en perspective cette étude, il nous paraît important de rappeler que, selon une estimation de l’Institut d’économie de l’Académie des sciences du Belarus, l’ensemble des dommages financiers entraînés par la catastrophe de Tchernobyl, qui couvrent une période de réhabilitation de 30 ans, s’élèvent à 235 milliards de dollars américains (soit 175 milliards d’euros) pour ce seul pays. D’autres pays ont été fortement touchés. Le budget de la santé n’a pas cessé d’augmenter depuis les premières années et a atteint 54,32 milliards de dollars américains (soit 40 milliards d’euros) pour la période 2001-2015. Le coût total pour cette même période s’élève à 95 milliards de dollars (70 milliards d’euros)[1]. Il est trop tôt pour connaître le coût total de la catastrophe nucléaire au Japon, mais les premières estimations dépassent les 200 milliards d’euros.

L’Autorité de Sûreté Nucléaire l’a dit, on ne peut pas exclure une catastrophe nucléaire majeure en France. Le risque économique incommensurable que fait peser l’industrie nucléaire sur notre pays doit donc absolument être pris en compte dans le débat en cours.

L’ACRO, qui est intervenue de nombreuses années dans les territoires contaminés de Biélorussie et qui suit la catastrophe de Fukushima au jour le jour, peut témoigner que les conséquences humaines et sociales de ces catastrophes sont aussi terribles.

L’ACRO demande à l’IRSN de mettre en ligne, en français, ses études complètes sur le sujet et pas seulement un résumé en anglais sur un site spécialisé.

Sources :

• Résumé :

http://www.eurosafe-forum.org/userfiles/file/Eurosafe2012/Seminar%202/Abstracts/02_06_Massive%20releases%20vs%20controlled%20releases_Momal_final.pdf

• Présentation :

http://www.eurosafe-forum.org/userfiles/file/Eurosafe2012/Seminar%202/02_06_Eurosafe%202012%20-%20Momal%20-%20short.pdf

[1] Department for the Mitigation of the consequences of the Catastrophe at the Chernobyl NPP of the Ministry for Emergency Situations of the Republic of Belarus, A quarter of a century after the Chernobyl catastrophe: outcomes and prospects for the mitigation of the consequences, Minsk 2011

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Résultats des mesures ACRO en Corée du Sud

(mise à jour du 8 octobre 2012)

Suite à la catastrophe de Fukushima, l’ACRO a étendu son observatoire citoyen de la radioactivité dans l’environnement au Japon.
Nous avons également reçu des échantillons en provenance de Corée du Sud.

AOUT 2011 :
Echantillons prélevés à l’Est de la Corée du Sud

DECEMBRE 2011 :
Echantillon de papier peint en provenance de Corée du Sud

AOUT 2012 :
Lait infantile en provenance de Corée du Sud

Voir tableaux ci-dessous


PRELEVEMENTS ENVIRONNEMENTAUX – COREE DU SUD : RESULTATS ACRO

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(Sommaire)


PAPIER PEINT EN PROVENANCE DE COREE DU SUD : RESULTATS ACRO

Télécharger le rapport d’analyse (en anglais)

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Commentaires :

A la demande de l’association « Save Child Korea », l’ACRO a analysé du papier peint en provenance de Corée.
Ce papier est fortement contaminé par des éléments radioactifs d’origine naturelle qui ont été concentrés.

Il s’agit :
–          de l’uranium 238, qui se désintègre en une chaîne d’éléments également radioactifs : pour chaque élément de cette chaîne, la concentration est de l’ordre de 1 000 Bq/kg ;
–          de l’uranium 235, présent en plus faible quantité, comme dans la nature ; même si ces descendants n’ont pas été identifiés, ils sont forcément présents ;
–          du thorium 232, qui se désintègre en une chaîne d’éléments également radioactifs : pour chaque élément de cette chaîne, la concentration est de l’ordre de 8 000 Bq/kg.

L’ACRO a par ailleurs analysé séparément les différentes parties du papier en fonction des couleurs afin de déterminer si un pigment particulier pouvait expliquer un tel niveau de radioactivité. Mais il apparaît que la contamination est répartie uniformément.
De tels niveaux de radioactivité sont anormalement élevés, plus élevés que les seuils d’exemption fixés par la directive Euratom 96/29 : si la concentration en thorium 232 dépasse 1 000 Bq/kg, le produit doit être considéré comme une matière radioactive. La limite est la même pour l’uranium 238.
Ainsi, en Europe, la production d’un tel produit devrait être considérée comme « une activité nucléaire » soumise préalablement à déclaration ou à autorisation auprès d’une autorité compétente et être ainsi encadrée par des règles strictes de radioprotection et de gestion de déchets radioactifs.
Plus stricte, la réglementation française interdit toute addition intentionnelle de radionucléides artificiels et naturels dans des produits de consommation (sauf dérogation au cas par cas basée sur le principe de justification).
L’utilisation de ce papier pour tapisser des pièces d’habitation conduit inévitablement à une exposition des habitants, aux rayonnements ionisants, certes faible mais de façon chronique. Elle n’a aucune justification.

Par conséquence, ce papier peint devrait être retiré du marché et considéré comme un déchet radioactif.

Ce papier peint a été fabriqué par Daedong Wallpaper ( http://www.ddwp.co.kr/ ) qui a fait faillite en juillet 2011. L’usine est située à Gimhae et doit être aussi contaminée. Il s’agit du modèle “vif printemps”.
OCC_en1Dans son brevet, la compagnie prétend : “L’invention concerne un papier peint fonctionnel contenant des poudres de tourmaline et d’elvan de manière à émettre des anions et des rayons dans l’infrarouge lointain. Le papier fonctionnel contient une couche de base, une couche comprenant une résine de polychlorure de vinyle moussée contenant de la poudre de tourmalin et d’elvan, ainsi qu’une couche d’impression, lorsqu’elle est vue depuis la surface inférieure collée à une surface murale. Le papier peint fonctionnel émet une grande quantité d’anions et de rayons dans l’infrarouge lointain, par conséquent il rafraîchit les environnements intérieurs et procure d’excellents effets favorables au corps humain.”

(Sommaire)


LAIT INFANTILE DE COREE DU SUD : RESULTATS ACRO

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Commentaires :

Suite à la catastrophe de Fukushima, les Coréens ont commencé à mesurer la radioactivité partout. Ils ont ainsi trouvé une rue de Seoul dont l’asphalte présentait une contamination radioactive : la municipalité à dû l’enlever.

L’ACRO a été contactée par une association coréenne pour faire des analyses. C’est ainsi que nous avions trouvé un papier peint très radioactif (voir ACROnique n° 96 de mars 2012). Cette fois-ci, c’est du lait maternisé en poudre que nous avons contrôlé à la demande de « save the children Korea ». Ce sont 5 marques que nous avons testées, avec, à chaque fois, trois âges différents.

A notre grande surprise, un lait était contaminé. Il est à base de lait de chèvre provenant de Nouvelle Zélande. Nous n’avons trouvé que du césium 137 comme contaminant artificiel, pas de césium 134, qui a une demi-vie de 2 ans. On ne peut donc pas incriminer la catastrophe récente de Fukushima. Ce césium pourrait avoir comme origine les essais nucléaires atmosphériques.

La contamination est certes très faible, mais il n’y a aucune raison de donner un lait contaminé à des bébés.

Faites un don pour l’ACRO  :


(Sommaire)

 
Ancien lien

Results of ACRO’s monitoring in South Korea

(8th of October 2012 update)

Donate for ACRO or Japan:





After the nuclear disaster of Fukushima, ACRO has extended its Citizen Watch of Radioactivity in the Environment to Japan.
We also received samples from South Korea.

AUGUST 2011 :
Samples collected in eastern South Korea

DECEMBER 2011
Wallpaper sample from South Korea

AUGUST 2012 :
Infant milk from South Korea

See data below


SOUTH KOREA ENVIRONMENTAL SAMPLES : ACRO’s RESULTS

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WALLPAPER SAMPLE FROM SOUTH KOREA : ACRO’s RESULTS

Download the analysis report

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Comments:

ACRO analysed wallpaper from Korea at the request of the NGO “Save Child Korea”.
This paper is highly contaminated by natural radioactive elements that have been concentrated.
It is:
–          uranium 238 that decays into a chain of other radioactive elements. For each of them, the concentration is of the order of 1,000 Bq/kg;
–          uranium 235, present in lower quantity, as in nature. Even if the decay products were not identified, they should also be present in the paper;
–          thorium 232 that decays into a chain of other radioactive elements. For each of them, the concentration is of the order of 8,000 Bq/kg;

ACRO also checked various part of the wallpaper to see if a given pigment could explain such a level of radioactivity. It appears that the contamination is quite uniform.
Such levels of radioactivity are anomalously high. They are higher than the exemption levels fixed by the Euratom 96/29 directive. If the concentration of thorium 232 is larger than 1,000 Bq/kg, the product should be considered as a radioactive matter. The threshold is the same for the uranium 238.
In Europe, the production of such a product should be considered as a nuclear activity that requires authorizations and strict rules for the workers and the waste.
The French law forbids the introduction of radioelements into goods expected if it is authorized after justification. The use of this wallpaper leads to an irradiation of the inhabitants that is small but continuous and not justified.

As a consequence this wallpaper should be withdrawn from the market and considered as a radioactive waste.

This wallpaper was made by Daedong Wallpaper ( http://www.ddwp.co.kr/ ) that bankrupted in July 2011. The factory is located in Gimhae and is very probably also contaminated. It is callOCC_en1ed “Spring Vivid”.

In its patent, the company pretends: “Disclosed is functional wallpaper comprising tourmaline and elvan powders so as to emit anions and far infrared rays. The functional wallpaper comprises a base layer, a layer formed of a foamed polyvinyl chloride resin comprising tourmaline and elvan powder, and a print layer, when viewed from the bottom surface adhered to a wall surface. The functional wallpaper emits a great amount of anions and far infrared rays, and thus refreshes indoor environments and provides excellent effects favorable to the human body.”


INFANT MILK FROM SOUTH KOREA : ACRO’s RESULTS

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Donate for ACRO or Japan:





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n°98, septembre 2012

  • Edito : Quelles leçons tirer d’une catastrophe nucléaire?
  • Fukushima : initiatives citoyennes
  • Nucléaire au Japon : un redémarrage aux forceps
  • Résultats d’analyses ACRO au Japon
  • La doctrine du CODIRPA ( COmité DIRecteur Post Accidentel)
  • Revue de presse

Urines d’enfants en provenance de différentes régions du Japon (juin 2012)

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Commentaires (urines analysées de mars à juin 2012)

L’ACRO continue à faire face à une forte demande d’analyses d’urine en provenance du Japon et continue donc son aide. Nous présentons ici 59 nouveaux résultats.
Tous les résultats des analyses sur des enfants à Tôkyô et sa banlieue ne montrent pas de contamination, à l’exception d’un enfant de la ville de Matsudo, dans la province de Chiba.
Moins loin de la centrale, des enfants présentent toujours une contamination de leurs urines, plus d’un an après les rejets massifs dans l’environnement. C’est le cas en particulier dans la province de Fukushima, mais aussi dans les provinces voisines de Miyagi et de Tochigi. Ces contaminations sont faibles, mais persistent dans le temps.
A Kurihara, dans la province de Miyagi, ce sont tous des enfants d’agriculteurs qui mangent des produits de la ferme. Les niveaux de contamination de leurs urines sont similaires variant de 1,68 à 2,5 Bq/l pour les deux césiums.
Pour 5 personnes, il s’agit d’un suivi. Dans tous les cas, il y a une baisse de la contamination, ce qui montre l’utilité de ce genre de test qui permet aux personnes concernées de faire attention.

Nucléaire au Japon : un redémarrage aux forceps

ACRO, 9 juillet 2012 ; mis à jour le 18 juillet.

« 再稼働「反対」- Saïkadô hantaï – saïkadô hantaï… » (Non au redémarrage). C’est le cri de protestation de milliers de manifestants devant la résidence du premier ministre japonais tous les vendredis à 18h. Ils étaient 150 000 selon les organisateurs vendredi 6 juillet, 21 000 selon la police. C’est plus que la semaine précédente. Le nombre de participants n’a fait qu’augmenter depuis le 29 mars, semaine après semaine, le bouche à oreille et les réseaux sociaux aidant. Du jamais vu au Japon depuis les années 70. A tel point que les grands médias commencent à en parler. Le vendredi suivant, ils étaient tout aussi nombreux, bien que la police ait essayé de bloquer les accès en mettant des barricades et en fermant la station de métro la plus proche.

A Ôsaka, devant le siège de KEPCo, Kansaï Electric Power Co, qui est en train de redémarrer deux de ses réacteurs de la centrale d’Ôï (ou Ohi) dans la province de Fukui, sur la côte de la Mer du Japon, la manifestation du vendredi voit aussi le nombre de participants augmenter, même si l’affluence n’est pas encore comparable. Là aussi, la police a fermé la station de métro la plus proche le vendredi 13 juillet, en vain. D’autres manifestations plus sporadiques ont aussi été organisées ça et là au gré des déplacements des ministres.

Mais c’est le lundi 16 juillet, férié au Japon, qu’a eu lieu la plus grosse manifestation anti-nucléaire de l’histoire du Japon : 170 000 personnes dans le parc de Yoyogi à Tôkyô selon les organisateurs, 75 000 selon la police. L’objectif de 100 000 personnes a donc été fort probablement dépassé.

« Saïkadô hantaï… »

Sur 54 réacteurs de production de l’électricité, 14 ont été arrêtés par le séisme du 11 mars 2011. En mai 2011, le premier ministre de l’époque a ordonné l’arrêt immédiat de la centrale de Hamaoka située sur une faille. Les autres réacteurs ont été arrêtés les uns après les autres après 13 mois de fonctionnement pour remplacer une partie du combustible et assurer la maintenance. Le dernier s’est arrêté le 5 mai 2012. Leur redémarrage est tributaire des autorités locales qui exigent des garanties après la catastrophe survenue à la centrale de Fukushima daï-ichi.

La décision prise par le gouvernement, le 16 juin dernier, d’autoriser le redémarrage de deux réacteurs avant l’été suscite une forte réaction d’opposition de la population, ce qui est compréhensible après la catastrophe de Fukushima, et divise aussi la majorité au pouvoir. 30% des parlementaires du Parti Démocratique du Japon, soient 117 personnes, ont signé une pétition demandant au gouvernement de ne pas redémarrer de réacteur cet été. Il est possible pour eux de faire des économies d’électricité. Mais, le premier ministre, faute d’avoir pu convaincre, dit endosser la responsabilité de cette décision. Alors qu’il ne sera bientôt plus premier ministre…

L’arrêt de tout le parc nucléaire japonais dernier coûte cher aux exploitants. Les compagnies d’électricité et le gouvernement mettent en avant le coût élevé des énergies fossiles de substitution. Mais ce qui plombe les comptes des compagnies, c’est l’investissement massif dans une technologie nucléaire qui se trouve inutilisable. A cela s’ajoutent la main d’œuvre et les frais liés au maintien des centrales et le refroidissement des combustibles usés. La pression est donc forte pour redémarrer au plus vite les réacteurs. Selon une estimation du ministère de l’économie japonais, 4 compagnies feraient faillite si le nucléaire était abandonné dès 2012 parce qu’elles sont trop endettées.

« Saïkadô hantaï… »

Le gouvernement, surpris par l’opposition des élus locaux et des populations, a organisé des stress-tests en prenant exemple sur l’Europe. Il voulait aller vite pour qu’il n’y ait pas d’arrêt complet du parc nucléaire. Ce sont les réacteurs n°3 et 4 de la centrale d’Ôï qui ont rendu le plus vite leur copie. Mais il ne s’agit que d’un exercice de simulation numérique sur un réacteur virtuel qui ne permet en rien de garantir la sûreté des réacteurs réels. Par ailleurs, l’autorité de sûreté en place, complètement discréditée par la catastrophe en cours qu’elle n’a pas su prévenir, n’a aucune légitimité pour les expertiser. Elle a beau avoir entériné l’exercice fait par l’exploitant en mars 2012, cela n’a pas suffit à convaincre. L’AIEA, appelée à la rescousse, n’a pas été plus convaincante car elle est aussi plus préoccupée par la promotion du nucléaire que par sa sûreté.

« Saïkadô hantaï… »

Les élus locaux ont demandé en préalable que toute la lumière soit faite sur l’accident de Fukushima et de nouveaux standards de sûreté qui éviteront une nouvelle catastrophe. Un processus trop long pour le gouvernement. Si le pays pouvait se passer du nucléaire cet été, au moment où la demande en électricité est la plus forte à cause de la climatisation, comment convaincre ensuite que le pays a un besoin impératif de cette énergie ?

Le gouvernement a donc entériné de nouveaux standards de sûreté en deux jours ! 3 jours plus tard, KEPCo soumettait un rapport au gouvernement expliquant comment il satisfaisait à ces nouveaux critères pour sa centrale d’Ôï et son plan à moyen et long terme de renforcement de la sûreté. Et il n’a fallu qu’une demi-journée au gouvernement pour se déclarer satisfait de ce rapport. Plus besoin d’autorité de contrôle ! Mais il a décidé de laisser passer une semaine pour annoncer sa décision officielle, histoire de paraître plus crédible. Nous sommes encore à la mi-avril et il n’a pas encore perdu espoir de pouvoir annoncer un redémarrage avant le 5 mai.

« Saïkadô hantaï… »

Ne restait plus qu’à convaincre les élus locaux. Quels élus ? Dans quel périmètre ? Uniquement ceux de la ville d’Ôï et de la province de Fukui qui dependent des subsides de la centrale, bien que la catastrophe en cours à Fukushima a montré que les particules radioactives pouvaient retomber massivement jusqu’à plus d’une cinquantaine de kilomètres. Les autres élus sont donc légitimement inquiets. Avec l’élargissement du périmètre de sûreté à 30 km autour de la centrale, de nombreux maires ont demandé voix au chapitre. Ce nouveau périmètre empiète aussi sur le territoire des provinces voisines de Kyôto et Shiga. Les gouverneurs ont donc posé leurs conditions. Enfin, le maire de la ville d’Ôsaka, située plus loin, mais sous les vents dominants, s’est fermement opposé au redémarrage de toute centrale nucléaire. Il réclame qu’un accord soit signé avec toutes les communes dans un rayon de 100 km et une nouvelle autorité de sûreté indépendante. Le lac Biwa, le plus grand du Japon, qui alimente en eau potable une partie de cette région du Kansaï est aussi menacé par un accident à la centrale.

« Saïkadô hantaï… »

Mais le gouvernement n’en démord pas. Pas question d’élargir le périmètre de la consultation. Il est soutenu par l’exploitant nucléaire, Kepco. Evidemment. C’est le gouverneur de Fukui qui exigera que le gouvernement convainque les gouverneurs de provinces voisines pour qu’il donne son accord. Les tractations sont allées bon train, et finalement à la mi-mai, il y a eu un retournement spectaculaire des opinions des gouverneurs de la région et du maire d’Ôsaka, mais juste pour la période de l’été.

Les populations quant à elles, n’auront jamais été consultées. Pourtant, tous les sondages montrent qu’une majorité de Japonais est opposée au redémarrage et préfère affronter la pénurie d’électricité. Une pétition a rassemblé suffisamment de signatures aussi bien à Ôsaka qu’à Tôkyô pour réclamer un référendum d’initiative populaire sur la question du nucléaire. En vain, les gouvernements locaux ont rejeté la demande comme la loi le leur permet.

« Saïkadô hantaï… »

Le 26 avril, des représentants du gouvernement, accompagnés de membres de la NISA, organisme en charge de la sûreté, ont tenu une réunion publique à Ôï à propos du redémarrage des réacteurs. L’accès à la réunion n’était possible qu’aux porteurs d’une invitation et le contrôle était aussi sévère que dans les aéroports : passage sous des détecteurs de métaux, contrôle des sacs, interdiction d’apporter de la nourriture ou une boisson… Les manifestants contre le redémarrage ont été tenus à distance par des contrôles très stricts : chaque voiture, camion ou bus ont été arrêtés et contrôlés. Malgré cela, environ 540 personnes ont assisté à la réunion, soit environ 10% des électeurs du village. Les opinions étaient partagées entre les risques économiques (la centrale fournit 58% du budget de la commune) et les risques nucléaires. L’assemblée était plutôt favorable au redémarrage, mais a critiqué la façon dont le gouvernement a traité ce dossier.

Impossible de connaître le détail des tractations qui ont conduit au revirement des élus locaux. Mais le risque de coupure pendant l’été, faute de capacité suffisante d’approvisionnement, a sûrement pesé fortement dans la balance. Si ces coupures provoquent des drames, sûr que le gouvernement en fera porter la responsabilité aux élus locaux qui, inconscients, refusaient le redémarrage du nucléaire. Le maire d’Ôsaka a reconnu sa défaite mais a affirmé qu’il allait tenter d’obtenir l’arrêt des réacteurs à l’automne quand la situation sur le marché de l’électricité ne sera plus tendue. Les gouverneurs de Kyôto et de Shiga lui ont emboîté le pas, mais il est peu probable qu’ils obtiennent gain de cause.

« Saïkadô hantaï… »

La région desservie par Kepco, l’exploitant de la centrale d’Ôï, est celle où la situation est la plus critique car cette compagnie tirait 40% de sa production de l’énergie nucléaire. Si l’été 2012 est aussi chaud que l’été 2010, qui a été exceptionnellement chaud, il manquera à KEPCo 16,3% des capacités de production au moment des pointes de consommation. Même avec le redémarrage de deux réacteurs d’Ôï, la situation restera tendue car il pourra manquer jusqu’à 8% des capacités de production. De toutes façons, il faudra faire des économies. Avec la température moyenne des dernières années, il manquera 13,5%. Ces chiffres de l’exploitant ne prennent pas en compte les possibilités d’achat d’électricité aux autres compagnies qui sont dans une situation moins tendue. Ni les possibilités d’imposer une baisse de la consommation aux gros consommateurs comme cela a été fait l’été dernier dans la zone alimentée par TEPCo, l’exploitant de la centrale de Fukushima.

KEPCo avait déjà hurlé au loup en février dernier, appelant à une baisse de 10% de la demande pour éviter la rupture de l’approvisionnement et cela s’est avéré inutile… Les capacités hydrauliques ont été plus abondantes que prévu. La fourniture d’électricité des autres compagnies a aussi été supérieure. Evidemment, les efforts des consommateurs ont aidé à diminuer le pic de demande. Les prédictions pour l’été à venir de KEPCo ne prennent pas en compte cette nouvelle réalité sociétale.

« Saïkadô hantaï… »

Le réacteur n°3 d’Ôï a finalement redémarré le 1er juillet et atteint sa pleine puissance le 9. Le redémarrage du réacteur n°4 est en cours depuis le 18 juillet. Après de longues tractations avec l’opposition, le parlement japonais a réussi à s’entendre sur la nouvelle autorité de sûreté nucléaire qui devrait être mise en place à l’automne. En attendant, les réacteurs d’Ôï satisfont très partiellement à des critères de sûreté provisoires. KEPCo affirme que sa centrale d’Ôï peut faire face à un tsunami de 11,4 m. Pourquoi 11,4 m et pas 11 ou 12 m, voire 15 m comme à Fukushima daï-ichi ? La plus grosse vague attendue à Fukushima était de 5,5 mètres, d’après les calculs de la Société japonaise des ingénieurs en génie civil. Mais le tsunami du 11 mars 2011 faisait 9,5 m de plus que prévu. La NISA, l’autorité de sûreté japonaise, a donc demandé à chaque exploitant d’ajouter 9,5 m à ses prédictions. A Ôï, les calculs savants avaient prédit une vague de 1,9 m maximum. Et le nouveau critère est devenu 1,9+9,5 = 11,4 m. Rassuré ? Pour les centrales où les prédictions étaient déjà assez élevées, la NISA fixé la barre à 15 m, pas plus haut. Ces 15 m correspondent à la hauteur de la vague à la centrale de Fukushima daï-ichi, pas la plus grande hauteur enregistrée sur la côte pacifique…

Une faille active courrait aussi sous cette centrale, selon deux sismologues japonais réputés. La commission d’experts auprès de la NISA a aussi de sérieux doutes sur cette faille présentée comme inactive par l’exploitant. L’enjeu est important, car, d’après la loi japonaise, il n’est pas possible de construire une centrale nucléaire sur une faille active. Le 18 juillet, la NISA a officiellement demandé à KEPCo de réétudier cette faille et de présenter son plan de travail avant la fin du mois, mais n’a pas arrêté pour autant le réacteur n°3 ni bloqué le démarrage du n°4.

« Saïkadô hantaï… »

Des camions avec des générateurs électriques de secours ont été positionnés sur place. Mais parmi les 91 mesures nécessaires à l’amélioration de la sûreté, 37 restent à implémenter, et pas des moindres : le centre de secours résistant aux séismes sera prêt, promis, en 2015. Le centre actuel est dans les sous-sols et peut être inondé en cas de tsunami… En attendant, la compagnie va aménager une salle de réunion à proximité de la salle de contrôle, qui ne peut accueillir que 50 personnes et qui est trop près des réacteurs. Les filtres qui doivent retenir une partie de la radioactivité si les réacteurs doivent être éventés, ne seront installés qu’en 2015. La digue sera rehaussée en 2014…

Mais, il n’y a pas que les réacteurs à améliorer. Il y a aussi la gestion de la crise. La centrale d’Ôï est située tout au bout d’une péninsule avec une seule route d’accès qui peut être bloquée par la neige en hiver ou être très glissante (carte). Les secours pourront-ils arriver ? Le jour du redémarrage du réacteur n°3, le 1er juillet, seulement quelques centaines manifestants avaient réussi à bloquer l’accès à la centrale. Le président de Kepco a dû se rendre sur les lieux en bateau… En cas d’accident, comment évacuer les 300 000 personnes qui vivent dans un rayon de 30 km de la centrale ? En hiver, il y a peu de routes pour s’enfuir et une seule ligne de chemin de fer.

« Saïkadô hantaï… »

Le gouvernement ne veut pas s’arrêter là. Il commence déjà à annoncer partout qu’il y aura une pénurie cet hiver à Hokkaïdô, la région la plus froide du pays, si l’on ne redémarre pas de réacteurs nucléaires sur cette île. Même TEPCo n’a pas renoncé à redémarrer un jour sa centrale de Fukushima daï-ni, située à 12 km de celle accidentée de Fukushima daï-ichi ! Elle dépense 90 milliards de yens (900 millions d’euros) par an pour tenter une remise en état de marche alors que les autorités régionales n’accepteront naturellement jamais. Elles ont été claires là-dessus. Et les dommages sont probablement irréversibles. In fine, c’est le consommateur qui paye cette folie. La compagnie a inclus ces coûts dans son bilan pour justifier l’augmentation de ses tarifs. 2 000 personnes y travaillent quotidiennement dans un environnement très contaminé et prennent des doses inutiles.

« Saïkadô hantaï, saïkadô hantaï… »

Les informations de cet article sont tirées du suivi quotidien de la catastrophe fait par l’ACRO.

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