An trois de la catastrophe de Fukushima

L’ACROnique de Fukushima : la catastrophe au jour le jour
suivi chronologique de l’an III

An deux de la catastrophe de Fukushima
Actualités à partir du 11 mars 2013
A partir de 2015, suivez l’actualité sur http://www.fukushima.eu.org/

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L’an un de la catastrophe est décrit dans un autre fichier qui commençait à être trop long. Il a été rédigé en direct, au jour le jour. Je le laisse ainsi, avec toutes ses fautes de frappes, son français parfois approximatif et ses liens qui ne sont peut-être plus valables. Car ce travail est entièrement fait bénévolement.
Les archives de l’an deux sont ici.

Nous continuons aussi la reconstitution des premières heures de l’accident en fonction des information glanées ça et là. C’est ici en français.

Nous avons aussi rédigé deux rapports qui font un bilan de la première année de la catastophe :

Ce qui suit, est essentiellement basé sur la presse japonaise, quelques blogs et sites officiels pertinents, ainsi que sur des informations transmises directement par quelques personnes avec qui nous sommes en contact.

Chronologie (de novembre 2013 à décembre 2013) :

Mardi 31 décembre 2013 :
• La pollution radioactive dans le puits 1-16 vient de battre un nouveau record : 2,1 millions de becquerels par litre en bêta total (prélèvement du 26 décembre).

• TEPCo observe de nouveau de la vapeur au dessus du réacteur n°3, comme c’était déjà le cas cet été. Voir les communiqués en japonais du 24 décembre, 25 décembre et 27 décembre. TEPCo a cessé de traduire en anglais ces communiqués.
Cela a conduit un site américain à en déduire que la fusion du réacteur n°3 a repris et d’alerter la population américaine à se préparer au pire. Pas les Japonais, semble-t-il ! La photo qui accompagne le texte date de 2011.
Ce genre d’alerte, reprise par quelques sites français, est ridicule : si la fusion avait repris, il y aurait des rejets massifs (ceux qui menacent les Américains) qui auraient été vus par les nombreuses balises accessibles sur Internet et les nombreuses stations de mesures indépendantes au Japon.
La situation est déjà suffisamment grave pour qu’il ne soit pas nécessaire d’en rajouter.

Lundi 30 décembre :
• Le Sri Lanka a trouvé de la radioactivité dans des aliments à base de produits marins importés du Japon : la contamination est inférieure à 100 Bq/kg. La presse mentionne 15 à 20 Bq/kg.

• Le gouvernement japonais va autoriser les ouvriers engagés dans la décontamination et la réhabilitation des zones évacuées à dormir sur place si l’exposition externe est inférieure à une dose équivalente à 20 mSv/an. Il s’agit de satisfaire à une demande des compagnies et des autorités locales afin de gagner sur le temps de transport pour accélérer la décontamination. La dose en dehors des heures de travail va-t-elle être prise en compte ?
Les habitants originaires de ces zones peuvent rentrer dans la journée mais ne sont pas autorisés à dormir sur place.
Les municipalités devront en faire la demande auprès du gouvernement. Iitaté l’a déjà fait.

• L’agence de presse Reuters continue à enquêter sur les conditions de travail après la catastrophe nucléaire. Elle propose un article, des photos et une vidéo sur des sans-abris embauchés dans des travaux de décontamination. A lire !
La pénurie de main d’oeuvre incite donc les compagnies à user de tous les moyens pour trouver des travailleurs qui acceptent de faire le sale boulot pour un salaire ridicule, souvent inférieur au salaire minimum après les ponctions de chaque couche de sous-traitance. Les sans-abris recrutés à Sendaï (Miyagi) interrogés par Reuters travaillaient sur un chantier de la deuxième compagnie de construction du Japon, Obayashi, une des majors du bâtiment qui ont remporté les marchés de décontamination sans aucune expérience.
Le recrutement des personnes les plus vulnérables pour servir de main d’oeuvre sur les chantiers est souvent contrôlé par la pègre.
Les nombreuses couches de sous-traitance permettent tous les abus et rendent les contrôles difficiles. Reuters a dénombré 733 compagnies impliquées dans les chantiers de décontamination des zones les plus contaminées prises en charge par le gouvernement et l’autoroute. Parmi elles, 56 ne sont pas habilitées par le ministère de l’environnement. Les contrats associés représentent 2,5 milliards de dollars.
L’agence a aussi découvert 5 compagnies fantômes, sans adresse, téléphone, site Internet, ni enregistrement.
Le ministère de l’environnement, qui gère là son plus gros budget depuis qu’il existe, se défausse entièrement sur les quelques majors qui ont remporté les contrats. Elles mêmes sous-traitent tout et ne contrôle pas la situation. Un patron d’une compagnie sous-traitante avoue que s’il commençait à contrôler tous les contrats, cela n’avancerait pas et il n’aurait pas le dixième de la main d’oeuvre nécessaire. Alors tout le monde ferme les yeux.
Ces problèmes de sous-traitance existaient déjà avant la catastrophe dans le batiment et la décontamination nucléaire. Ils ont été exacerbés par l’ampleur de la tâche suite à la catastrophe, la pénurie de main d’oeuvre et l’attrait de la prime de risque de 100 000 yens par jour qui n’est pas toujours versée aux travailleurs. Selon la police qui a enquêté sur les sans-abris de Sendaï, seulement un tiers de ce qui est versé par Obayashi arrive dans la poche des travailleurs journaliers. Après leur avoir pris les frais de logement et nourriture, il ne leur reste plus que 6 dollars de l’heure, ce qui est moins que le salaire minimum qui est 6,5 dollars de l’heure. Certains sans-abris auraient même des dettes quand tous les frais ont été déduits !
Le recruteur des sans-abris à Sendaï a été arrêté en novembre et relâché sans charge car la police voulait remonter la chaîne de d’embauche et coincer la pègre locale qui logeait les sans-abris dans des dortoirs insalubres et se faisait 10 000 dollars par mois sur leur dos. Le membre de la pègre qui a été arrêté, a dû payer une amende de 2 500 dollars. La compagnie qui a embauché les sans abris envoyés par la pègre a eu une amende de 5 000 dollars, son manager aussi. Elle les a ensuite envoyés à une autre compagnie, à peine plus grosse, qui prétend n’avoir prélevé que 10 dollars par personne avant de les envoyer au véritable sous-traitant. Cette deuxième compagnie et son manager ont aussi eu une amende de 5 000 dollars chacun. Elle prétend que si l’on ne traite pas avec la pègre, il n’est pas possible d’avoir de la main d’oeuvre : ce serait toujours ainsi dans le bâtiment. Quant sous-traitant sur les chantiers, il prétend ne pas être au courant du recrutement. Cette compagnie et la major du bâtiment, n’ont pas été punies.
Des pratiques similaires existent sur les chantiers de traitement des débris du tsunami.

Dimanche 29 décembre :
• Un ancien employé de TEPCo a mis en place une organisation pour venir en aide aux travailleurs de la centrale de Fukushima daï-ichi. Il donne aussi des conférences pour expliquer les conditions de travail déplorables à la centrale. Selon l’Asahi, il collecte de l’argent pour acheter des sous-vêtements chauds et des chaufferettes pour les ouvriers qui doivent faire face aux frimas de l’hiver. Pourquoi ce n’est pas TEPCo qui fournit ces équipements ?
Le site internet de cette initiative, entièrement en japonais, contient quelques photos.

Samedi 28 décembre :
• TEPCo a mis en ligne (en japonais et en anglais) des photos d’un des assemblages endommagés de la piscine du réacteur n°4. Le problème date d’avant le séisme du 11 mars 2011. La compagnie prétend que le débit de dose n’est pas anormal à proximité et suggère qu’il ne fuit pas. Qu’en est-il des autres assemblages endommagés ?

Vendredi 27 décembre :
TEPCo vient de procéder à la cinquième demande d’augmentation du soutien financier de l’Etat japonais : elle réclame 999 milliards de yens de plus (7,1 milliards d’euros). Cela fait un total de 4 789 milliards de yens (34,2 milliards d’euros). Elle justifie cette nouvelle demande par le changement de règles concernant l’indemnisation du foncier et à la prolongation des indemnisations liées aux restrictions de vente de produits de Fukushima et aux « rumeurs néfastes ».
La veille, le comité gouvernemental en charge de fixer les règles d’indemnisation a demandé à TEPCo de payer 7 millions de yens (50 000 euros) supplémentaires à chaque personne qui ne pourra pas rentrer chez elle tout au long de sa vie. La compagnie devra aussi les aider à acheter une nouvelle maison. 25 000 personnes, originaires des zones où la contamination pourrait engender une dose annuelle supérieure à 50 mSv, sont concernées. Ces personnes recoivent déjà 100 000 yens (715 euros) par mois.

• TEPCo a mis en ligne la version anglaise des informations et photos concernant les dernières fuites des réceptacles sous les cuves. Elle a aussi mis en ligne une vidéo montrant les mesures prises pour éviter que cela se reproduire.
TEPCo n’a pas trouvé de fissure dans ces réceptacles et pense donc que ce sont les joints qui ont laisser fuir l’eau de pluie contaminée. Elle a donc ajouté une résine par dessus les joints. Le bricolage continue… TEPCo va mettre de la résine sur les 20 réceptacles et mieux les surveiller.

• Tôhoku Electric Power Co a déposé une demande d’autorisation de redémarrage du réacteur n°2 de sa centrale d’Onagawa (Miyagi) qui avait été fortement secouée lors du séisme du 11 mars 2011. C’était l’installation nucléaire la plus proche de l’épicentre. Les trois réacteurs se sont arrêtés automatiquement lors du séisme. La vague de tsunami faisait 13 mètres, mais n’avait pas submergé la centrale. Un incendie s’était déclaré et certains générateurs de secours avaient été noyés.
La compagnie est en train de construire un mur anti-tsunami de 29 m de haut pour pouvoir faire face à une vague de 23 m, ce qui fait 10 m de plus que ce que était estimé auparavant. Les filtres pour retenir les particules radioactives pour limiter les rejets en cas d’accident ne seront pas installés avant mars 2016. C’est obligatoire, sans période de grâce, pour les réacteurs à eau bouillante.
C’est la 16ième demande de redémarrage.

• Les autorités régionales de Fukushima avaient distribué un questionnaire aux populations pour estimer a posteriori la dose reçue. Il s’agissait de reconstituer l’emploi du temps des personnes concernées, du temps passé à l’extérieur, du lieu etc afin de calculer l’expostion à partir de la reconstitution des retombées radioactives. Le questionnaire avait été envoyé quelques mois après le début de la catastrophe aux 2 millions d’habitants de la province. Le taux de retour est toujours de 23,6%. Plus le temps passe, plus il sera difficile de le remplir.

• La NRA devrait confirmer que la faille qui passe sous la centrale d’Ôï (Fukui) n’est pas active.

Jeudi 26 décembre :
• TEPCo a présenté un nouveau plan financier, accepté par son conseil d’administration. La compagnie espère renouer avec les profits, mais prévoit pour cela le redémarrage de deux réacteurs de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa (Niigata) à partir de juillet 2014 et deux autres réacteurs à partir du printemps 2015. Elle espère aussi pouvoir rassurer les banques et obtenir des prêts supplémentaires. Mais la compagnie est peut-être trop optimiste sur le redémarrage de ses réacteurs et personne ne peut dire combien coûtera le démantèlement des réacteurs accidentés et définitivement arrêtés. Ni combien coûtera l’indemnisation des victimes de la catastrophe.
Si la compagnie fait à nouveau des bénéfices, elle baissera ses tarifs : elle n’a pas trop le choix car à partir de 2016, le marché de l’électricité sera entièrement libéralisé et les tarifs de TEPCo sont très élevés.
Pour les trois réacteurs restants de Kashiwazaki-Kariwa, TEPCo parle d’un redémarrage après 2016, voir 2023. C’est à dire jamais…

• Le gouvernement a admis qu’il lui faudra plus de temps pour traiter les débris du tsunami à Fukushima à cause de la radioactivité. Cela devrait durer jusqu’en 2016, soit deux ans de retard, sans compter les zones les plus contaminées où rien n’est prévu pour le moment. La quantité totale de déchets des zones où les travaux sont possibles serait de 802 000 tonnes.
En ce qui concerne la décontamination, le gouvernement se donne trois ans de plus pour finir en mars 2017. La simple idée que la décontamination puisse avoir une fin est assez saugrenue : les niveaux atteints restent élevés et les habitants ne s’en satisfont pas. Il y a aussi 70% de montagnes et forêts à Fukushima qui ne sont pas décontaminées et qui recontaminent certaines zones près des habitations.
Le gouvernement va mettre la priorité sur les infrastructures et les zones habitées de façon à permettre le retour des habitants. Les zones les plus contaminées, où l’exposition externe dépasserait 50 mSv/an, ne sont pas concernées par ce plan. Ni la commune de Futaba car les discussions avec la municipalité n’ont pas abouti. 96% de cette commune sont classés en zone de retour difficile.

Mercredi 25 décembre :
• Comme l’an dernier, les personnes évacuées provenant de zones pas trop contaminées peuvent retourner chez elles pour les fêtes du nouvel an, et sont même autorisées à dormir sur place. Seulement 1 700 personnes, réparties dans 556 familles en ont fait la demande alors que 27 150 auraient pu le faire.

• Chûgoku Electric Power Company a officiellement demandé à la NRA l’autorisation de redémarrer le réacteur n°2 de sa centrale de Shimané. C’est un réacteur à eau bouillante qui ne bénéficie pas d’un délai de grâce pour l’installation de filtres à particules radioactives. La compagnie ne va pas les installéer avant mai 2014. Elle a rehaussé la digue de protection contre les tsunamis de 6,5 à 15 m. La salle de contrôle excentrée ne sera mise en service qu’à partir de septembre 2014.
Cette centrale est située près de la capitale régionale. En cas d’accident, il faudrait évacuer 470 000 personnes dans un rayon de 30 km.
La compagnie envisage de demander l’autorisation de démarrer le réacteur n°3 qui est presque fini de construire. Le réacteur n°1, qui a été mis en service en 1974, nécessite des investissements massifs pour être remis aux normes.
C’est la 15ième demande de redémarrage sur 48 réacteurs (54 avant la catastrophe), aucune n’a été accordée pour le moment et le Japon a toujours zéro réacteur en fonctionnement.

• La NRA a fait refaire des mesures du débit de dose à partir l’hélicoptères dans un rayon de 80 km autour de la centrale accidentée. Les valeurs rapportée à 1 m du sol montrent une diminution moyenne de 47% depuis les premières cartes. C’est dû la disparition progressive du césium 134 qui a une demi-vie de 2 ans et au lessivage des sols par l’eau de pluie. Cette baisse doit être prise comme référence pour évaluer l’efficacité de la décontamination. Les données datent de septembre 2013 et une présentation est ici en anglais.
La précédente carte a été publiée en mai 2013 avec des données de mars 2013.

Mardi 24 décembre :
• Il y a de moins en moins d’étudiants à Fukushima alors que dans les provinces voisines, le nombre d’étudiants est revenu au niveau de l’avant 11 mars 2011. C’est surtout le nombre d’étudiants en provenance d’autres régions qui a chuté.

Le blog ex-skf a déniché et traduit une petite annonce pour aller décontaminer à Fukushima : « Travail facile, surtout tonte, élagage et élimination de la couche supérieur de sol ». Aucune mention de la radioactivité, même si les lieux concernés sont contaminés.

• TEPCo continue de découvrir des fuites dans les réceptacles autour des cuves. Dans deux nouveaux cas l’eau accumulée a baissé de 7 et 11 cm respectivement depuis vendredi 20 décembre. Et cette eau a 20 et 440 Bq/l de strontium 90 et ne peut donc pas être rejetée dans l’environnement. La compagnie va vider les réceptacles pour trouver par où l’eau a fui. 225 m3 se seraient ainsi échappés.
Les cas précédents étaient dus à des fissures dans le béton et à un joint qui n’était plus étanche. TEPCo a bouché ces fuites. Voir des photos et explications en japonais, ainsi qu’en anglais.

TEPCo a reçu 141,2 milliards de yens (1 milliard d’euro) d’aide sous forme de prêt sans intérêt du gouvernement.

TEPCo a mis en ligne la version anglaise d’une partie de ses nouvelles conclusions sur l’accident (cf 13 décembre).

Lundi 23 décembre :
• TEPCo a trouvé de nouvelles fuites au niveau des barrières qui entourent les cuves. Le volume d’eau qui aurait fui serait de 2,6 m3 (il inclut les 1,6 m3 de la veille). Dans un des réceptacles, il y avait 190 Bq/L en strontium 90. A partir de 10 Bq/L, TEPCo est supposée pomper cette eau et ne peut pas la relâcher. Dans l’autre réceptacle qui a fui, ce serait 0,8 m3 qui se serait échappé, avec 3 Bq/l en strontium.
La compagnie prétend que cette eau n’a pas atteint la mer.
Par ailleurs, le Maïnichi donne la parole à une personne employée par un sous-traitant de TEPCo pour construire les cuves : ellle dénonce un travail bâclé car il fallait faire vite. Elle dit craindre d’autres fuites. La peinture anti-rouille n’a pas toujours été bien appliquée. La dalle en béton n’était pas toujours bien plate non plus. On pouvait parfois passer un doigt sous la cuve. Quand le témoin trouvé par le Maïnichi a signalé le problème au contremaître, il lui a été répondu que cela ne servait à rien car personne n’écoute au-dessus d’eux.
Le quotidien a interrogé TEPCO et Taisei, son sous-traitant, qui se sont voulus rassurants, sans pour autant répondre aux questions précises.

• Deux centrales japonaises sont particulièrement exposées au risque volcanique : il s’agit de la centrale de Sendaï à Kagoshima, tout au Sud de l’île de Kyûshû et de la centrale de Tomari au Sud de l’île de Hokkaïdô. D’autres sont aussi concernées (Higashidori, Genkaï, Ikata…).
Les compagnies d’électricité doivent étudier les risques engendrés par les volcans situés dans un rayon de 160 km autour de leurs centrales et déterminer le rique d’éruption dans les 60 ans à venir.
Même si la lave n’atteint pas directement la centrale, les cendres peuvent perturber fortement son fonctionnement. Les secours peuvent aussi être empêchés de rejoindre la centrale en cas d’accident durant une éruption volcanique.

• Nouvelle manifestation anti-nucléaire dimanche 22 décembre qui a encerclé le parlement. Il y avait 15 000 personnes, selon les organisateurs, et 2 000 selon la police.

• La municipalité de Minami-Sôma a mis en ligne quelques données de mesure sur des champignons avec des contaminations en césium qui montent à plus de 400 000 Bq/kg.

Dimanche 22 décembre :
Les dernières données mises en ligne sur le site de la NRA concernant la contamination de l’eau de mer montrent que la pollution est toujours beaucoup plus forte près de la centrale qu’au large, ce qui prouve que les fuites en mer continuent et sont visibles.

• TEPCo a découvert une nouvelle fuite : de l’eau de pluie contaminée, qui aurait dû être retenue dans les réceptacles autour les cuves, se seraient écoulée eta été absorbée par le sol. TEPCo estime à 1,6 m3 la fuite.

Vendredi 20 décembre :
• TEPCo a mesuré  les débits de dose le long de la cheminée de rejet des réacteurs 1 et 2 : cela monte jusqu’à 3,6 mSv/h à 10 m du sol. (Données et photos en japonais).

• Chûgoku Electric Power Co va demander aux autorités locales de la province de Shimané et de la ville de Matsué l’autorisation de soumettre à la NRA la demande de redémarrage du réacteur n°2 de la centrale de Shimané. C’est un réacteur à eau bouillante.
La compagnie du Tôhoku, quant à elle, envisage de faire une demande similaire pour le réacteur n°2 de sa centrale d’Onagawa (Miyagi) qui avait été fortement secouée par le séisme du 11 mars 2011. Ce serait la première demande pour un réacteur affecté par ce séisme. C’est aussi un réacteur à eau bouillante.

• 60% des communes qui sont à moins de 30 km d’une centrale nucléaire n’ont toujours pas finalisé leur plan d’évacuation en cas de catastrophe : 82 sur 135 à la date du 2 décembre 2013. Elles ont du mal à trouver des centres d’accueil, surtout pour les résidents en maisons de retraite ou les personnes hospitalisées.

• Le gouvernement veut accélérer le retour des populations en leur donnant une prime de retour pour les aider à reconstruire leur vie sur place. Les personnes qui rentreront dans les deux ans qui suivent la levée de l’ordre d’évacuation devraient recevoir 900 000 yens supplémentaires (6 400 euros). Les détails sur cette prime seront connus à partir du printemps prochain. Il va aussi leur distribuer des dosimètres individuels pour qu’elles puissent contrôler leur exposition réelle dans des zones où elle pourrait monter jusqu’à 20 mSv/an, comme pour les travailleurs du nucléaire. De nombreuses associations d’aide aux victimes réclament de laisser le choix aux populations évacuées en leur proposant soit de rentrer, soit de se réinstaller ailleurs sans discrimination financière.
Pour le moment, l’aide à la réinstallation ailleurs n’est prévue que pour les 25 000 personnes qui vivent dans une zone classée « retour difficile » car l’exposition externe pourrait y dépasser les 50 mSv/an.
C’est TEPCo qui devra payer ces aides supplémentaires grâces aux prêts sans intérêt du gouvernement.

TEPCo a annoncé qu’elle allait créer une filiale chargée du démantèlement. La compagnie va donc séparer la production d’électricité de la prise en charge des conséquences de la catastrophe. (Voir aussi le deuxième communiqué à ce propos).

• TEPCo aurait trouvé de la pollution radioactive dans de l’eau souterraine prélevée à 25 m de profondeur sous le réacteur n°4 : il y aurait 6,7 Bq/L en césium 137 et 89 Bq/L en bêta total. Les nappes phréatiques sont fortement contaminées, mais c’est la première fois que TEPCo trouve une pollution à une telle profondeur. La compagnie n’exclut pas une nouvelle erreur de mesure. (Données en japonais).
Par ailleurs, la contamination de l’eau du puits 1-16 vient de battre un nouveau record avec 1,9 millions de becquerels par litre en bêta total. (Prélèvement du 19 décembre).

Jeudi 19 décembre :
• Le gouvernement japonais a finalement remonté à 9 000 milliards de yens (65 milliards d’euros) le plafonds des prêts sans intérêt qu’il compte accorder à TEPCo. C’est le contribuable qui payera les intérêts. Il était de 5 000 milliards de yens auparavant. TEPCo a déjà dépensé plus de 3 000 milliards de yens (22 milliards d’euros) en indemnisation.
Le gouvernement va aussi prendre en charge la décontamination au-delà des 2 500 milliards de yens (18 milliards d’euros) payés par TEPCo et les centres d’entreposage de déchets issus de la décontamination pour un total de 1 100 milliards de yens (8 milliards d’euros).

• TEPCO a mis en ligne une présentation des progrès effectués à la centrale de Fukushima daï-ichi (en anglais).

• Le gouverneur de Fukushima a réitéré sa demande de voir tous les réacteurs nucléaires de sa province définitivement arrêtés. TEPCo n’a pas encore pris officiellement de décision pour les 4 réacteurs de Fukushima daï-ni qui ont été innondés par le tsunami.

• Japan Nuclear Fuel Ltd a reporté pour la 20ième fois la date de démarrage de son usine dite de retraitement des combustibles irradiés de Rokkashô-mura (Aomori). La nouvelle date est octobre 2014. Il lui faut mettre son usine aux nouvelles normes de sûreté entrée en vigueur la veille. La toute première date de démarrage proposée était en 1997…

• Suite du voyage de presse français à Fukushima encadré par l’IRSN : les journalistes sont allés visiter une coopérative de production de kakis séchés et ont vu le détecteur qui permet de contrôler tous les colis mis sur le marché. Une machine coûte 63 millions de yens (450 000 euros). Il y en a 5 prises en charge par TEPCo, qui paye aussi 1 000 yens (7 euros) par analyse. C’est une coquette somme. Les fournisseurs d’instruments de détection de la radioactivité s’en mettent plein les poches.
L’ACRO a un devis pour une chaîne de spectrométrie gamma comme celle que nous avons financée et installée au Japon, mais proposée par Canberra : c’est trois fois plus que ce que nous avons payé chez Itech ! L’ordinateur, avec clavier et OS japonais, était proposé à 4 280 euros HT avec l’imprimante. Il n’est même pas plaqué or.

Mercredi 18 décembre :
Voici un écho du voyage de presse au Japon qui détonne par rapport aux autres articles. Une vingtaine de journalistes français ont rencontré leurs homologues de Fukushima et il en ressort que : « Les mêmes journalistes présents à la réunion racontent comment les familles se divisent sur le fait de savoir s’il faut ou non rester au pays. Et comment, bien souvent, elles éclatent, minées par les divisions internes. Un phénomène qui semble s’être massifié. A Iitate, le maire confiait que sa ville comptait 1.700 ménages avant mars 2011. Or depuis, les séparations et les divorces se sont à ce point multipliés que le nombre de foyers fiscaux a presque doublé pour atteindre le chiffre record  de 3.000. » (Ce n’est le seul phénomène qui explique cette augmentation du nombre de foyers, comme nous l’avons déjà signalé : les familles incluaient souvent plusieurs générations qui n’ont pas pu trouver à se reloger ensemble. Le problème des divorces est cependant bien réel.)
« Ce sont encore les réfugies des zones contaminés qui, selon qu’ils appartiennent à la zone la plus proche de la centrale ou non, ont reçu des indemnités allant de un million de yens à 80.000. Ou presque rien, provoquant de fortes jalousies au sein de « la diaspora des évacués de Fukushima. »
« C’est Masaya Hayakawa, du Fukushima Minpo Newspaper, qui explique la difficulté d’informer les populations locales. […] « Tepco, dit-il, en assurant parler au nom de tous ses confrères, n’est pas pour nous un source fiable. Non pas parce qu’ils falsifient les données, mais tout simplement parce qu’ils sont dépassés, débordés, et littéralement affolés. Deux ans et neuf mois sont passés depuis l’accident, et Tepco n’est toujours pas en mesure de trier les informations qui se bousculent dans ses bureaux ».

• TEPCo a mis en ligne des données sur la contamination des poissons pêchés dans un rayon de 20 km autour de la centrale. Il y a encore de nombreux spécimens qui dépassent les 100 Bq/kg en césium. Cela monte jusqu’à 1 070 Bq/kg. En ce qui concerne les poissons pêchés dans le port devant la centrale, la contamination est toujours beaucoup plus élevée car ils ne peuvent pas sortir et sont directement exposés aux fuites en mer. Elle monte jusqu’à 131 000 Bq/kg.

• TEPCo en est à 88 assemblages retirés de la piscine du réacteur n°4.

• La station de traitement des eaux contaminées ALPS est toujours en phase de test. Son démarrage a été une nouvelle fois reporté de novembre 2013 à avril 2014. Les premières annoncent mentionnaient septembre 2012… Elle coûte 15 milliards de yens (107 millions d’euros).
Le dernier bilan de l’eau contaminée accumulée est ici en anglais.

TEPCO a officiellement annoncé qu’elle avait engagé la procédure de mise à l’arrêt définitif des réacteurs 5 et 6 de Fukushima daï-ichi. Elle devrait être effective le 31 janvier prochain. Les 6 réacteurs de la centrale seront donc définitivement arrêtés après 42 ans de fonctionnement pour le plus ancien. Il faudra plus de temps pour les démanteler…
Le démantèlement des réacteurs 5 et 6, secoués par le séisme et noyés par le tsunami, mais pas accidentés, servira de laboratoire au démantèlement des réacteurs accidentés (voir le document en anglais). TEPCo a commencé à retirer le combustible des cuves pour le mettre dans les piscines de refroidissement. Elle en aura jusqu’en septembre prochain.
En ce qui concerne les 4 réacteurs de Fukushima daï-ni, TEPCo n’a pas encore pris de décision officielle.
Le Japon n’aura donc plus que 48 réacteurs contre 54 avant le 11 mars 2011.

• Le puits 0-3-2 est soudainement devenu très contaminé. TEPCo avait annoncé 63 000 Bq/L en bêta total dans l’eau. Et comme il n’est pas séparé de la mer par le mur souterrain, cela a beaucoup inquiété quant à l’ampleur de la fuite. Le lendemain, la contamination est redevenue indétectable. TEPCo pense donc avoir fait une erreur et mélangé l’échantillon de ce puits avec un échantillon beaucoup plus contaminé (provenant du puits 1-16 ?).

• L’International Research Institute for Nuclear Decommissioning vient de lancer un nouvel appel à idées pour aller inspecter et démanteler le combustible fondu (page spéciale, avec document explicatif).

• Sept habitants de Futaba vivaient encore dans le lycée désaffecté de Kazo (Saïtama), dans la banlieue de Tôkyô. Ils ont tous plus de 60 ans. Ils ont trouvé un nouveau logement et  devront quitter les lieux avant la fin de l’année.

• La NRA avait estimé que la centrale de Tsuruga (Fukui) est sur une faille active et qu’elle ne peut donc pas être redémarrée. L’exploitant n’a pas accepté ce verdict et a apporté de nouvelles données pour démontrer l’inverse. La NRA va donc rouvrir le dossier.

Mardi 17 décembre :
• Le directeur de l’IRSN et son équipe étaient en visite à Fukushima daï-ichi la veille, accompagné d’une armada de journalistes français. Il y a donc de nombreux articles dans la presse française aujourd’hui. Cela s’apparente à une belle opération de communication. On n’apprend pas grand chose de neuf si ce n’est que les discussions pour rejeter en mer l’eau partiellement décontaminée ne débuteront pas avant deux ou trois ans.

• Le nombre de décès liés à l’évacuation provoquée par l’accident nucléaire à Fukushima est maintenant de 1 605 (au 30 novembre 2013). C’est plus que le nombre de décès directs dus au séisme et tsunami dans la province : 1 603. C’est aussi beaucoup plus que les 919 décès indirects qui avaient suivi le séisme de Kôbé en 1995. A Miyagi, les décès indirects liés à l’évacuation provoquée par le tsunami s’élèvent à 878. C’est 428 à Iwaté.
Ces décès incluent des personnes qui n’ont pas pu recevoir des soins appropriés, ou qui ont développé de nouvelles maladies, ou encore, qui se sont suicidées.
A Fukushima, 309 dossiers de demande de reconnaissance de décès liés à la catastrophe ont été rejetés. 76 dossiers sont en cours d’évaluation. Cela devient de plus en plus difficile de faire le lien avec l’évacuation.
Si le décès est reconnu comme état lié à la catastrophe, les familles peuvent recevoir 5 millions de yens. Mais il n’y a pas de critères prédéfinis et les dossiers sont examinés au cas par cas.

• Japan Nuclear Fuel Limited, qui a fait construire l’usine de retraitement à Rokkashô-mura, espère pouvoir la démarrer à partir d’octobre 2014.

• La contamination bêta totale de l’eau du puits 1-16 stagne à un niveau très élevé : 1,4 million de becquerels par litre (prélèvement du 13 décembre) et 1,7 million de becquerels par litre (prélèvement du 16 décembre). A noter que la contamination du puits 0-3-2 augmente aussi fortement.

• La NRA a mis en ligne un recueil de données sur la contamination de l’eau de mer au large de la centrale de Fukushima. L’eau est contaminée, à de faibles niveaux, sur des centaines de kilomètres.

Lundi 16 décembre :
La NRA a mis sur Internet des débits de dose mesurés dans la zone des 20 km autour de la centrale de Fukushima daï-ichi et leur évolution. C’est encore fortement contaminé. Pour rappel, la limite d’évacuation, considérée comme trop élevée par beaucoup, est fixée à 3,8 microsievert par heure.

• La dette de TEPCo auprès de 77 banques et autres institutions financières privées va être plafonnée à 4 500 milliards de yens (32 milliards d’euros). Cette dette vient d’augmenter de 300 milliards de yens (un peu plus de 2 milliards d’euros). C’est plus de deux fois la dette de la compagnie avant l’accident.
Il faut aussi ajouter ce que TEPCo doit au gouvernement.

• A Shirakawa, les sacs contenant les déchets radioactifs issus de la décontamination sont entreposés à l’air libre dans un parc, comme partout ailleurs. Mais ce parc est juste devant des immeubles et une habitante a vu des enfants jouer sur ces sacs. Elle a alerté les autorités régionales, propriétaires des habitations, qui n’ont pas réagi. Un journaliste du Maïnichi, qui révèle l’affaire, a mesuré jusqu’à 2,23 microsieverts par heure à proximité de sacs situés près de la rue. Il y avait 10 fois moins en s’éloignant des sacs. Le quotidien est ensuite aller inspecter d’autres complexes d’habitations, dans la même ville. Il a trouvé deux collégiens (ou collégiennes) en train de bavarder à proximité de tels sacs sans être informé(e)s du risque.
Le quotidien rappelle que les autorités locales sont responsables des déchets et de la protection des populations. La loi impose un débit de dose inférieur à 1 mSv/an (ou 0,23 microsievert par heure) au niveau de la bordure du site d’entreposage.La région a réagi après l’intervention du journal.
La région possède 78 complexes d’habitation et n’en a décontaminé que 21.

Samedi 14 décembre :
• Alors que le démantèlement des réacteurs de Fukushima, puis de tous ceux qui ne pourront pas redémarrer, va devenir une activité centrale de l’industrie nucléaire japonaise, l’autorité de sûreté, la NRA a aucun expert sur le sujet. le Japon vient à peine de mettre en place un Research Institute for Nuclear Decommissioning.

• Le gouvernement va acheter les terrains où il veut installer les centres d’entreposage des déchets radioactifs issus de la décontamination. Mais la valeur du terrain va être calculée en prenant en compte leur dépréciation suite à la catastrophe. Le gouvernement va tenter d’estimer la valeur des terrains en fonction de leur utilité potentielle après la levée de l’ordre d’évacuation. Le manque à gagner suite à la dépréciation devra être compensé par TEPCo. Le gouvernement applique ainsi les règles habituelles pour les expropriations, à savoir la veleur du terrain au moment de l’achat. Mais on ne sait pas comment il va estimer la valeur du terrain dans le futur, car l’ordre d’évacuation ne sera pas levé de si peu dans ces zones.
La surface totale à acheter est de 19 km2 pour 28 millions de m3. Elle inclut un centre de tri et d’incinération sur chaque site. Trois communes sont concernées pour le moment : Ôkuma (11 km2), Naraha (3 km2) et Futaba (5 km2) et plusieurs milliers de propriétaires. Certains demandent un achat au prix du terrain avant la catastrophe. D’autres ne veulent pas vendre. Cela va prendre du temps.
Les ministres de l’environnement et de la reconstruction étaient en visite à Fukushima pour convaincre les autorités locales d’accepter les sites d’entreposage. Les concertations avec les habitants évacués auront lieu l’an prochain.
On se demande pourquoi le gouvernement veut acheter les terrains si l’entreposage est limité à 30 ans. Il pourrait aussi les louer. Cette limitation dans le temps n’est pas crédible.

• Le gouvernement prête de l’argent à TEPCo pour qu’elle puisse indemniser certaines victimes de la catastrophe. Le plafond est fixé à 5 000 milliards de yens (36 milliards d’euros), mais le gouvernement pourrait le remonter à 9 000 voire 10 000 milliards de yens.
Le gouvernement, déjà fortement endetté, emprunte lui-même ces sommes et les intérêts sont à la charge du contribuable.

• La contamination bêta totale de l’eau du puits 1-16 continue de monter et de battre des records : 1,5 million de becquerels par litre (prélèvement du 9 décembre), puis 1,8 million de becquerels par litre (prélèvement du 12 décembre).
Un bilan de la contamination de l’eau souterraine est ici en anglais.

Vendredi 13 décembre :
• On s’en souvient, les habitants de la partie Est du district de Miyakoji à Tamura, située à moins de 20 km de la centrale, peuvent retourner et dormir chez eux pour rétablir les conditions de vie sur place. L’ordre d’évacuation n’est pas encore levé pour qu’ils puissent continuer à recevoir une indemnisation. Il devrait l’être au printemps prochain et l’aide financière s’arrêtera un an plus tard.
Sur 117 foyers concernés, seuls 30 sont revenus pour une longue durée. Le débit de dose est tel que l’irradiation externe dépasse 1 mSv par an, la limite de dose en temps normal. Les jeunes avec enfants ne veulent donc pas rentrer.Certaines personnes âgées préfèrent rentrer, d’autres préfèrent rester avec leurs enfants et petits enfants.
L’Asahi a interrogé les 117 foyers et a obtenu 60 réponses : 16 vont rentrer après la levée de l’ordre d’évacuation, 7 ne rentreront jamais. 24 ne rentreront pas, mais n’excluent pas de le faire plus tard. Les 13 restant sont indécis.
Le quotidien a ensuite demandé aux 37 foyers qui n’ont pas encore de réponse définitive, quelle seraient les conditions nécessaire à un retour. C’est la stabilisation de la situation à la centrale qui arrive en premier (29 réponses), suivie par la baisse des niveaux de contamination (26 réponses). Trois réponses étaient possibles.

• Les dernières statistiques du ministère de l’éducation, après examen de 700 000 enfants âgés de 5 à 17 ans, montre que le surpoids diminue dans le pays, sauf à Fukushima où il continue d’augmenter. Le ministère met en avant le manque d’activité physique et la perturbation des conditions de vie.

• TEPCo a rendu publiques de nouvelles conclusions sur la fusion du coeur du réacteur n°3. Elle avait estimé, que la fusion avait commencé le 13 mars 2011 à 13h40. La fusion est due à un manque d’eau qui serait dû, d’après la nouvelle étude, à un dysfonctionnement d’un système de secours (pas vraiment une révélation…). Le système d’injection d’eau de refroidissement sous pression serait tombé en panne. Le rapport d’enquête gouvernemantale avait dit que ce système avait été arrêté manuellement, mais TEPCo prétend qu’il était déjà défaillant. La fusion aurait donc pu commencé plus tôt et plus de combustible pourrait avoir fondu et percé la cuve.
Ce n’est pas le seul problème : l’eau injectée par les camions pompier à partir de 9h ce jour là ne serait pas parvenue dans la cuve du réacteur à cause de vannes restées ouvertes qui auraient dévié une partie de l’eau vers d’autres zones. TEPCo prétend que la quantité d’eau injectée était suffisante. Plus de 7 fois la quantité nécessaire pour le réacteur n°2. Des problèmes similaires sur les vannes auraient eu lieu dans les réacteurs 1 et 2, où il y a aussi eu fusion du coeur. Il était impossible d’envoyer des personnes actionner les vannes à cause de la trop forte radioactivité.
Voir le document, la présentation et le communiqué de presse en japonais. Le version anglaise est maintenant disponible pour la présentation.
TEPCo connaissait ces problèmes de circulation de l’eau depuis la fin mars 2011, mais n’en a jamais parlé avant… TEPCo reste TEPCo. Elle a modifié les vannes en conséquence dans ses réacteurs de Kashiwazaki-Kariwa, toujours à l’arrêt.

• Les maires de Futaba et Ôkuma, communes qui hébergent la centrale de Fukushima daï-ichi, ont accepté l’arrêt définitif des réacteurs 5 et 6. Il faut encore l’accord des autorités régionales avant que TEPCo n’engage les démarches administratives.

• La loi sur le secret a été promulguée… mais l’opposition reste forte.

• L’ACRO inaugure son nouveau détecteur, le même que celui qui équipe le laboratoire Chikurin que nous aider à mettre en place au Japon.

Jeudi 12 décembre :
• Toshiba et ses 17 sous-traitants se sont fait rappeler à l’ordre par l’inspection du travail car les ouvriers ont travaillé trop longtemps à proximité de l’eau radioactive. La loi japonaise limite à 10 heures par jour la durée du travail quand il y a des risques, 8 heures plus deux heures supplémentaires. Toshiba et ses sous-traitants ont reconnu que certains de leurs employés ont dépassé cette durée. Et comme les alarmes des dosimètres sonnaient au bout de 9 heures et trente minutes de travail, ils étaient changés avant de retourner sur le chantier.
Ils ont donné comme excuse qu’ils ne savaient pas que le temps de préparation et d’attente est compris dans le temps de travail. Un représentant de la compagne a même dit que le dépassement n’était, au plus, que de quelques heures… Après dix heures de travail, on l’espère ! Si une multinationale comme Toshiba n’est pas capable de comprendre correctement le droit du travail, c’est inquiétant.

• Le conseil municipal de Tomioka a accepté une demande d’arrêt définitif des réacteurs de Fukushima daï-ni. Les réacteurs 3 et 4 sont à la limite de son territoire. C’est la première fois qu’une commune vote un tel texte à Fukushima.

• Le gouvernement envisage de mettre dans la loi que les centres d’entreposage de déchets radioactifs qu’il veut installer à Fukushima ne dépasseront pas 30 ans et que les déchets seront stockés en dehors de la province. Il espère ainsi rassurer les élus locaux. Mais comment trouvera-t-il un autre site d’ici là ?

• Des cochons abandonnés lors de l’évacuation se sont croisés avec des sangliers sauvages. Ils pénètrent dans les maisons et les fermes abandonnées à la recherche de nourriture. Les autorités veulent demander à des chasseurs de les abattre pour faciliter le retour des populations.

• TEPCo veut goudronner le sol de sa centrale afin de réduire le débit de dose et limiter les infiltrations d’eau de pluie qui finissent dans les nappes phréatiques. Elle doit d’abord retirer les débris, racler le sol avant de pouvoir l’asphalter (voir des photos et les mesures envisagées, en japonais).

• Alors que la loi sur le secret continue de faire des remous, que les sondages montrent une forte opposition, le premier ministre se veut rassurant. Il a promis qu’il n’y aurait pas d’abus. Mais les promesses n’engagent que ceux qui y croient… Il a aussi proposé, à la dernière minute, la mise en place d’une commission qui supervisera le secret. Mais, comme l’explique le Maïnichi, depuis la mise en place de la nouvelle autorité de sûreté, en septembre 2012, le secret concernant le nucléaire n’est contrôlé par personne. Une telle commission avait été mise en place par la précédente autorité de sûreté, la NISA. La nouvelle, qui est plus indépendante, se déclare être, elle même juge dans cette affaire. Mais elle a surtout des compétences techniques et d’autres urgences. En attendant, les compagnies classifient ce qu’elles veulent.

Mercredi 11 décembre :
• Le gouvernement va acheter les terrains où il compte installer les centres d’entreposage des déchets issus de la décontamination : cela devrait lui coûter 100 milliards de yens (plus de 700 millions d’euros) sur le budget 2014 qui ne seront pas remboursés par TEPCo. La construction des centres et leur exploitation devraient coûter 10 fois plus. En 2013, 14,6 milliards de yens (100 millions d’euros) ont été affectés aux études préliminaires sur les sites présentis à Futaba, Ôkuma et Naraha.
Le gouvernement espère commencer à y mettre des déchets en 2015. Les estimations sont de l’ordre de 3 à 5 km2 pour ces sites et le gouvernement prévoit d’acheter 18 km2 de terrains. Le volume de déchets à y mettre serait de l’ordre de 15 à 28 millions de m3. Les deux ministres viendront le 14 décembre tenter de convaincre les élus locaux.

• On l’a déjà dit, l’installation de retraitement de Tôkaï-mura (Ibaraki) a des déchets liquides qui menacent. La NRA va donc autoriser la reprise partielle des activités afin de reprendre ces solutions. Il y a 3,5 m3 d’une solution qui contient du plutonium et plus de 400 m3 de déchets très radioactifs à vie longue. La solidification du plutonium devrait prendre deux ans et la vitrification des déchets liquides, 21 ans !

• TEPCo devrait annoncer la semaine prochaine qu’elle va demander l’arrêt définitif des réacteurs 5 et 6 de Fukushima daï-ichi, comme cela lui a été fortement suggéré par le premier ministre. Elle va consulter les élus locaux avant.

Mardi 10 décembre :
• Le président de la commission d’enquête parlementaire qui avait travaillé sur l’accident de Fukushima, n’est pas entièrement satisfait de la nouvelle autorité de sûreté japonaise, la NRA. Elle est certes indépendante, comme cela avait été réclamé, mais il l’a trouve trop repliée sur elle-même. Dans un interview à l’agence Bloomberg, il réclame une internationalisation de la sûreté à l’instar de ce qui a été fait pour l’aviation civile.
Les grandes compagnies d’électricité gardent une grande influence sur la politique du pays et font un lobbying intense pour retarder certaines décisions concernant l’ouverture du marché.

• Un groupe gouvernemental veut limiter les indemnisations reçues par les évacués de la catastrophe de Fukushima de 10 à 14 millions de yens (71 000 à 100 000 euros). Et comme les habitants des zones les plus contaminées, où l’exposition externe dépasse les 50 mSv/an, ont déjà reçu 7,5 millions de yens, ils seront bientôt au maximum. De nombreuses personnes concernées sont furieuses.

• Le gouvernement va promulguer la loi sur le secret ce vendredi 13 décembre. En France, ce sera la sainte Lucie, fête de la lumière. Au Japon, celle de l’opacité…

• Les ministres de l’environnement et de la reconstruction sont à Fukushima pour prier les populations locales d’accepter les centres d’entreposage des déchets radioactifs issus de la décontamination dans les commune de Futaba, d’Ôkuma et de Naraha, qui sont les plus proches de la centrale.
Officiellement, ces déchets n’y resteront que 30 ans, le temps de trouver un site définitif, mais personne n’est dupe. Ces trois communes avaient accepté les études pour la recherche de site, pas les sites. Les discussions sont avec le gouverneur de Fukushima et les trois maires.
Les deux ministres veulent aussi convaincre le maire de Tomioka d’accepter les boues de station d’épuration et les cendre d’incinérateur qui dépassent les 100 000 Bq/kg en césium.
Le ministre de l’environnement va aussi mettre en place un groupe de travail pour discuter du transport des déchets vers ces trois sites. La quantité totale de sol contaminé est de l’ordre de 35 millions de tonnes, selon les estimations officielles. Cela va donc prendre des années.

La contamination de l’eau souterraine du puits 1-16, qui avait battu des records, augmente encore : 1 400 000 Bq/L en bêta total. Pas d’explications en anglais.
La contamination en tritium de l’eau du puits E1, situé près de la cuve qui avait fui cet été, remonte : 450 000 Bq/L.

TEPCo a refait un transport de combustibles de la piscine du réacteur n°4 vers la piscine commune. Elle a retiré 66 (3×22) assemblages sur 1 533.

Lundi 9 décembre :
• A Nagadoro, une des zones les plus contaminées d’Iitaté, des rizières ont été décontaminées en retirant la couche superficielle et plantées au printemps dernier. Après la moisson d’octobre dernier, 3 kg de ce riz ont été analysés et la contamination en césium était inférieure à 10 Bq/kg, ce qui est moins que la limite fixée à 100 Bq/kg. L’agriculture dans les zones évacuées est interdite et le riz produit ne sera pas vendu, mais cette expérience sera renouvelée l’année prochaine.

• 540 kg de riz de Fukushima vont être servis à la cantine d’un ministère à Tôkyô pendant neuf jours. Ils ne prennent pas beaucoup de risques…

• L’Asahi a étudié les logements des personnes forcées à évacuer 7 communes de Fukushima et a trouvé que de nombreuses familles sont encore disloquées, plus de 1 000 jours le déclenchement de la catastrophe nucléaire. Les grandes familles avec plusieurs générations sous un même toit n’ont souvent pas trouvé à se reloger ensemble. La recherche d’un nouvel emploi a aussi forcé certains à se séparer.
Le quotidien a compté 1,3 logement temporaire de personnes évacuées pour un logement avant la catastrophe. A Iitaté, c’est même 1,6.

• L’équipe d’inspecteurs mandatés par la NRA pour osculter les failles sous la centrale de Mihama (Fukui) ont fini sans pouvoir conclure, par manque de données. L’exploitant, KEPCo, va donc devoir mener des investigations supplémentaires.

• Le ministère du travail va mieux contrôler les doses prises par les personnes engagées dans les travaux de décontamination et introduire un carnet de doses, comme pour les travailleurs du nucléaire. Voir le communiqué de presse et son annexe avec plus de détails. Enfin ! Espérons que le système sera appliqué et effectif.

Samedi 7 décembre :
• TEPCo a découvert un point chaud avec un débit de dose de 25 Sv/h (par d’erreur, c’est bien des sieverts par heure), dose qui est léthale en 20 minutes, près d’un tuyau reliant le bâtiment réacteur à la cheminée de rejet des réacteurs 1 et 2 qui 120 m de haut. Voir des photos et plans en japonais. Il s’agit d’un calcul à partir de mesures prises à distance. Un autre point chaud aurait 15 Sv/h.

• TEPCo a mis en ligne des photos prises par un robot dans le réacteur n°1 (en japonais et en anglais).

• La NRA a commencé à inspecter les failles sous la centrale de Mihama (Fukui).

• Les manifestations contre la loi sur le secret continuent.

Vendredi 6 décembre :
• La chambre haute du parlament a, à son tour, voté la loi sur le secret. Un grand recul pour la démocratie. Pour rassurer les opposants, qui craignent l’arbitraire dans le classement des documents, le premier ministre a promis la mise en place d’une agence qui surpervisera le secret, mais dont les contours sont très flous. Et comme elle sera uniquement constituée de hauts-fonctionnaires, elle ne sera pas indépendante.
La précipitation avec laquelle la coalition au pouvoir a imposé cette loi, sans prendre le temps d’écouter l’opposition, la population, la presse… a beaucoup choqué. Même des prix Nobel en sciences comme Toshihide Maskawa et Hideki Shirakawa, peu connus pour leur implication politique, on pris position contre cette loi liberticide qui permettra au gouvernement de classer ce qui l’arrange. Le monde du cinéma aussi. Des associations de juristes, journalistes, d’écrivains… ont manifesté leur opposition.
Le secrétaire général du principal parti au pouvoir, le parti libéral démocrate, a traité les manifestations d’actes de terrorisme.
Un triste jour pour le Japon.

• Allison Macfarlane, à la tête de la NRC, l’autorité de sûreté nucléaire américaine, en visite au Japon, a déclaré que l’eau partiellement décontaminée par ALPS, mais contenant toujours beaucoup de tritium, devrait être rejetée en mer, après avoir été diluée, car il n’y a pas d’autre solution.

• Selon une étude de l’Agence de reconstruction, presque 70% des personnes évacuées à Futaba et Ôkuma, qui sont les communes les plus proches de la centrale, ne veulent pas rentrer chez elles. Il y a 2 760 foyers à Ôkuma et 1 730 à Futaba. Plus précisément, à Ôkuma, 67% des familles ont abandonné l’idée de rentrer, 9% veulent rentrer et 20% sont indécises. A Futaba, c’est respectivement  65, 10 et 17%.
Pour 70% de ceux qui ne veulent pas rentrer, c’est la crainte des radiations qui conduit à cette décision. 65% disent aussi que les délais sont trop longs.

• L’eau du puits de contrôle 1-16, situé à 40 m du rivage, avait battu un record de contamination (cf 3 décembre). La contamination bêta total continue d’augmenter : il y a maintenant 1,3 million de becquerels par litre. TEPCo affirme que c’est une conséquence de la fuite d’avril 2011. Elle disait déjà cela avant d’avouer que les fuites en mer continuent. Et de présenter ce résultat comme un succès… sans expliquer pourquoi.
Celle du puits E1, situé près de la cuve qui a fui cet été, repart à la hausse.

• Le président de TEPCo, Kazuhiko Shimokobé, quittera ses fonctions en juin, après l’assemblée générale des actionnaires.

Jeudi 5 décembre (1 000ième jour de la catastrophe) :
• Il y a encore 278 000 réfugiés suite aux trois catastrophes du 11 mars 2011. Ils étaient 470 000 dans les premiers jours. Il y a eu 15 883 décès directs et 2 651 disparus, ce qui fait un total de 18 534. Il faut ajouter 2 688 décès supplémentaires (à la fin mars 2013) dus aux conditions de vie dans les refuges et aux suicides liés à l’évacuation.

• Au 3 décembre 2013, TEPCo prétend avoir 390 000 m3 d’eau contaminée dans des cuves, dont 31 000 m3 traités par ALPS. Il faut encore ajouter tout ce qu’il y a dans les sous-sols.

• La NRA a demandé à Kansaï Electric (KEPCo) de démontrer qu’une faille active passant à proximité de la centrale de Mihama (Fukui) ne peut pas affecter d’autres failles passant sous la centrale. La faille en question passe à 1 km à l’Est de la centrale et pourrait faire bouger 9 autres failles connues sous la centrale, dont 6 sous les réacteurs, selon certains sismologues.
KEPCo prétend que ces 9 failles n’ont pas bougé durant ces 120 000 dernières années et ne peuvent donc pas être considérées comme actives et que, bien-sûr, elles ne peuvent pas être affectées par d’autres failles. Cela n’a pas suffit à convaincre à la NRA qui a demander des études complémentaires.

• La demande d’indemnisation auprès de TEPCo était limitée à 3 ans, c’est à dire bientôt. Le parlement vient d’étendre à 10 ans cette période. Les partis au pouvoir, qui ont proposé la loi, se justifient en disant que certaines personnes ne peuvent pas justifier leurs bien en vivant loin de chez elles et ne peuvent donc pas remplir les dossiers. La loi demande aussi au gouvernement de faciliter les démarche en proposant de l’information et de l’aide.

TEPCo a mis en ligne des résultats de mesure sur des poissons, crabes… pêchés entre 1 et 3 km de la centrale de Fukushima daï-ichi. La compagnie donne, pour la première fois, la teneur en argent 110m. Les crabes sont systématiquement contaminés par cet élément. Pour les poissons, c’est plus variable. L’ACRO, qui avait fait des mesures pour Greenpeace Japon la première année, trouvait aussi de l’argent 110 parfois. La demi-vie de cet élément est de 250 jours. S’il est encore présent avec de telles teneurs, c’est qu’il y a encore des fuites en mer.
Le tableau donne aussi quelques résuiltats de mesure en strontium 90, qui est très radiotoxique, mais difficile à mesurer : il semble être présent à chaque fois qu’il a été recherché, mais à des teneurs assez faibles.
A noter qu’il y a des spécimens dont la concentration en césium dépasse la limite de mise sur le marché de 100 Bq/kg.

Mercredi 4 décembre (999ième jour de la catastrophe) :
• A la veille du 1 000ième jour de la catastrophe, important pour les médias, c’est l’heure des bilans. Que ce soient les personnes déplacées du tsunami ou celles de la catastrophe nucléaire, elles ont l’impression de ne pas voir le bout du tunnel. Les projets de reconstruction ont pris beaucoup de retard. Les populations quittent donc les zones dévastées, voire la région du Tôhoku.
D’après le Yomiuri, à Onagawa, par exemple, dans la province de Miyagi, 2 236 nouvelles unités d’habitation sont prévues. Aucune n’est terminée, mais 203 devraient l’être d’ici la fin mars 2014. Seulement 580 devraient être construites d’ici mars 2016. Le problème principal est de trouver des terrains en hauteur mais plats. Ou les propriétaires des terrains sont parfois décédés et il faut trouver les héritiers. Cela prend du temps et il n’y a pas pas assez d’employés municipaux. La situation est assez semblable ailleurs.
Le taux d’occupation des logements provisoires mis en place par les autorités est toujours de plus de 80% (86,7% à la fin octobre). C’était beaucoup moins 1 000 jours après le séisme de Kôbé en 1995 (58,4%).

• L’AIEA a rendu un rapport préliminaire suite à sa dernière mission à Fukushima (communiqué et rapport). La mission de 19 membres a fait 19 constats et 19 recommandations. En particulier, elle souligne qu’il faudra sûrement rejeter le tritium en mer, sans préciser que la quantité à rejeter dépasse largement l’autorisation annuelle de rejet. Elle n’apporte pas de solution autre qu’une étude environnementale pour expliquer que les rejets massifs en tritium ne poseront pas de problème…

Mardi 3 décembre :
• L’Université Médicale de Fukushima et l’AIEA ont organisé une conférence internationale qui s’est tenue à Fukushima, du 21 au 24 novembre dernier, intitulée « Rayonnements, Santé et Société : les implications post-Fukushima pour les professionnels de santé ». Cela semble intéressant, mais quand on y regarde de plus près, il n’est quasiment question que de santé mentale, risque et communication… Voir l’annonce, le poster et le programme.

• Cinq organisations internationales de protection des droits humains, dont Human Rights Watch et Amnesty International, ont protesté auprès de gouvernement japonais à propos de son projet de loi sur le secret. Le Haut Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, Navi Pillay, a aussi alerté le gouvernement sur ce projet de loi trop flou et qui pouvait conduire à des dérives. Elle a ajouté qu’il n’y a pas d’urgence et qu’il fallait d’abord garantir l’accès à l’information et la liberté d’expression.

• La municipalité d’Ôkuma va compléter l’indemnisation des populations évacuées car elle n’est pas satisfaite par les propositions gouvernementales. C’est la première commune à agir ainsi. Le gouvernement a fixé des niveaux différents de compensation en fonction de la zone évacuée. Comme ces disparités peuvent diviser la communauté, la municipalité va compléter de façon à ce que tout le monde soit traité de la même façon.

• Un groupe gouvernemental s’est réuni pour proposer des solutions à propos de l’eau contaminée qui continue de s’accumuler. Il est question de boucher les galeries et les fissures, de construire des cuves géantes avec un mur de protection, de mettre de l’asphalte pour limiter les infiltrations de l’eau de pluie… Il a aussi été question de construire un autre mur souterrain autour du projet de mur gelé, sans qu’aucune décision ne soit prise à ce propos.
Le groupe va aussi travailler sur le tritium. Ce que les médias ne disent pas, c’est que les stocks actuels dépassent largement les autorisations de rejet. Il faudra donc revoir les autorisations à la hausse si TEPCo veut rejeter l’eau filtrée en mer.
En attendant, TEPCo continue de construire une cuve tous les deux jours pour stocker l’eau contaminée…

• Selon la NRA, l’entreposage de solutions contenant du plutonium et d’autres substances dangereuses à l’unité de retraitement de Tôkaï-mura est très dangereuse en cas de défaillance installations. Il y a 3,5 m3 de liquide contenant du plutonium et 430 m3 de déchets liquides très radioactifs. En cas d’arrêt du refroidissement, cette dernière solution pourrait se mettre à bouillir 55 heures. En 23 heures pour la solution au plutonium. En cas de défaillance du système d’extraction de l’hydrogène, une explosion hydrogène serait possible au bout de 38 heures pour les déchets et 11 heures pour le plutonium.
L’exploitant dit qu’il lui faut 18 mois pour transformer le plutonium en combustible MOx, sans solution d’utilisation par la suite, et 20 ans pour vitrifier les déchets liquides. Cela ne pourra commencer qu’après avoir démontré que les installations satisfont aux nouveaux critères de sûreté qui entreront en application le 18 décembre prochain. L’exploitant, la JAEA, a donc demandé l’autorisation d’exploiter ses installations au plus vite, sans attendre l’instruction de ses dossiers…

La pollution de l’eau souterraine vient de battre un nouveau record : 1,1 million de becquerels par litre en bêta tota dans le puits 1-16 situé à 40 m du rivage, à l’Est du réacteur n°2. Le prélèvement date du 28 novembre 2013. Il n’y a plus de communiqué de presse en anglais sur le site de TEPCo à propos de la pollution.
Le précédent record était dans un prélèvement du 25 novembre dernier : 910 000 Bq/L dans le puits 1-16 (tableau de données).

• TEPCo prévoit de redémarrer les 7 réacteurs de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa d’ici 2016. Ben voyons ! Les réacteurs 1 et 2 sont sur une faille active. On ne sait même pas si les dossiers déposés pour les réacteurs 6 et 7 sont recevables. C’est pourtant dans l’accord entre TEPCo et le fond gouvernemental qui lui avance l’argent. Est-ce que TEPCo pense que les banques sont assez stupides pour gober de tels pronostiques ?
La compagnie va aussi investir en Asie du Sud-Est pour tenter de faire des profits à l’étranger. Les habitants apprécieront de payer les dégâts au Japon. Elle veut aussi se préparer à l’ouverture du marché domestique en vendant de l’électricité en dehors de sa zone de monopole. Mais comme elle a l’électricité la plus chère du pays, à l’exception d’Okinawa, ce ne sera pas facile. Surtout si elle ne peut pas redémarrer de réacteurs nucléaires qui continuent à lui coûter cher sans rien produire.
La compagnie devrait dédier 28 milliards de yens (200 millions d’euros) à l’investissement dans l’amélioration de l’efficacité de son parc thermique et à des investissements à l’étranger.

• Japan Nuclear Fuel, l’entreprise qui espère pouvoir exploiter un jour l’usine de retraitement des combustibles usés à Rokkashô-mura, va devoir investir 200 milliards de yens supplémentaires (1,4 milliard d’euros) pour la mettre aux nouvelles normes de sûreté. Cela devrait augmenter son coût de 10%. Elle n’a encore jamais fonctionné alors qu’elle aurait dû démarrer en 1997 ! Ce sont les actionnaires qui paieront. TEPCo, le plus gros actionnaire, détient 28,6% des parts… Cela va donc lui coûter plus de 60 milliards de yens.

• La NRA a de nouveau mis en ligne un recueil de données sur la pollution marine.

• TEPCo a mis en ligne des photos de robots décontamineurs pour le réacteur n°2.

• La contamination du fameux puits E1 continue de diminuer rapidement : il reste tout de même 8 000 Bq/L pour le bêta total et 4 000 Bq/L pour le tritium (prélèvement du 1er décembre).

Lundi 2 décembre 2013 :
TEPCo a mis en ligne une vidéo promotionnelle en anglais du transfert des combustibles. Cette vidéo ne dit comment la compagnie va s’y prendre avec les assemblages endommagés. On voit beaucoup de monde à côté de la piscine. Ce ne sera pas possible pour les réacteurs 1 à 3 car le débit de dose y est trop élevé. La compagnie ne dit pas non plus comment elle compte procéder.
Le container de transport est en partie flouté.

• Une campagne de la contamination dans la commune de Toridé située au Sud de la province d’Ibaraki a commencé. Il s’agit de déterminer quelle habitation nécessite une décontamination. Environ 70% de la commune est a priori concernée et 35 000 habitations seront contrôlées.
La décontamination des écoles et des parcs a déjà commencé.

• Avec l’approche de l’hiver et ses frimas, la campagne de réduction de la consommation d’électricité a débuté au Japon. Elle durera jusqu’au 31 mars. Aucun objectif chiffré n’est donné, sauf à Hokkaïdô où une baisse de 6% par rapport à la consommation de 2010 est demandée entre le 9 décembre et le 7 mars.

• Le fameux puits E1, situé à proximité de la cuve qui a fui cet été, a vu sa contamination chuter brusquement en 24 heures : le tritium est passé de 360 000 Bq/L (prélèvement du 29 novembre) à 18 000 Bq/L (prélèvement du 30 novembre). Pour la contamination bêta totale, c’est passé de 38 000 à 5 800 Bq/L entre ces deux jours.

• L’autorité de sûreté américaine, la NRC, a déclassifié des documents relatifs aux premiers jours de la crise à Fukushima (voir cet article avec les liens). Si la loi sur le secret passe au Japon, ils pourraient être emprisonnés !

Dimanche 1er décembre 2013 :
• TEPCo a détecté une fuite d’acide chloridrique sur une des chaînes de sa station ALPS de traitement des eaux, toujours en cours de test. C’est un joint de pompe qui est en cause. La fuite serait de l’ordre d’un litre.La station a été arrêtée.
Des photos et un schéma sont disponibles en japonais.

Samedi 30 novembre :
• TEPCo a transféré les 22 assemblages de combustible usé dans la piscine commune.

TEPCO a mis en ligne les dernières statistiques relatives aux doses prises par les travailleurs. Ils sont maintenant plus de 30 000 à être passés sur le site de la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi : plus de 26 000 sous-traitants pour 4 000 employés de TEPCo. En octobre dernier, ils sont 3 500 sous-traitants à être intervenus, contre 813 employés de TEPCO. Il y a eu 561 nouvelles personnes en octobre.

Vendredi 29 novembre :
• TEPCo a fini de retirer un deuxième lot de combustibles de la piscine du réacteur n°4. Les 22 assemblages étaient usés, cette fois-ci.
La compagnie a mis photos et vidéos en ligne.

• Les nouvelles données concernant la contamination marine concernant le césium mettent en évidence un fort gradient de concentration dans l’eau, ce qui indique que les fuites continuent. Il y a aussi du tritium dans l’eau de mer au large de la centrale, qui ne s’accumule pas dans les sédiments marins, qui montre, sans ambiguité que les fuites sortent toujours du port, contrairement aux affirmations du premier ministre. (C’est moins que dans la Manche).

• Le lycée privé Shoei de Minami-Sôma va fermer ses portes en mars prochain par manque d’étudiants. Situé à moins de 30 km de la centrale, il avait dû fermer après le 11 mars 2011. La fermeture est maintenant définitive. Des indemnités vont être demandée à TEPCo.

• TEPCo a fait tomber une caméra vidéo dans la piscine du réacteur n°3.

• Un ancien intervenant sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi, embauché par une compagnie au 5ième niveau de sous-traitance, a porté plainte (aux prudhommes?) suite à son licenciement en juin denier. A l’embauche, on lui aurait dit que le travail serait sans danger, mais, au bout d’un certain temps et il aurait été exposé à de fortes radiations. Il a donc refusé une tâche qui lui a été assignée et a été licencié.
Il ne recevait que 13 000 yens par jour (100 euros), alors qu’il pense que TEPCo payait 50 000 yens. Le reste aurait donc été ponctionné par les couches de sous-traitance. Il devait payer pour son logement.

• TEPCo aurait oublié de signaler à l’autorité de sûreté le remplacement de 5 équipements divers sur ces centrales entre août 2008 et avril 2001. Des réacteurs de Fukushima daï-ichi et daï-ni sont concernés, ainsi qu’à Kashiwazaki-Kariwa.

Jeudi 28 novembre :
• TEPCO avait récemment découvert une contamination de l’eau souterraine de 6 000 Bq/L en bêta total dans un puits près du rivage, entre les réacteurs 1 et 2. C’est plus que son autorisation de rejet. Elle a donc décidé de pomper cette eau, mais vient de reporter les opérations, faute de place pour la stocker.

• Le gouvernement avait déjà décidé de consacrer 47 milliards de yens (336 millions d’euros) au problème de l’eau radioactive qui pénètre dans les sous-sol et celle accumulée. Il devrait ajouter 20 milliards de yens (143 millions d’euros) à cette somme, afin de tester d’autres technologies.

• Mardi, la chambre basse du parlement japonais a adopté le projet de loi qui consiste à punir sévèrement tout fonctionnaire qui ferait fuir des documents secrets. Jusqu’à 10 ans de prison sont prévus. Et pour tout journaliste qui chercherait à les obtenir, cela peut aller jusqu’à 5 ans. Cette loi est fortement critiquée par la presse et toutes les associations citoyennes qui craignent que le gouvernement ne disent même pas ce qu’il classe comme secret. Il pourrait donc classer tout ce qu’il veut, ce qui est menace pour la démocratie. Sur certains sujets, le classement est de 60 ans renouvelables, c’est à dire à jamais. Evidemment, sous prétexte de sécurité, des informations cruciales concernant les centrales nucléaires pourront devenir secrète. Et comme le texte de loi est tellement vague, qu’il pourrait même concerner des données environnementales ou concernant la catastrophe en cours.
Des auditions ont été menées la veille à Fukushima où l’opposition était claire. Les personnes consultées sont outrées : à quoi servent les consultations ?

• La NRA a décidé de revoir la sismicité des failles qui passent sous la centrale de Kashiwazaki-Kariwa (Niigata). TEPCo prétend qu’aucune des 23 failles n’est active, bien évidemment. Mais la NRA n’a pas été convaincue par les arguments de la compagnie et demande des investigations complémentaires en creusant une tranchée. L’instruction des dossiers est suspendue, le temps qu’elle présente un plan d’investigation.Le redémarrage des réacteurs va donc être moins rapide que ce qu’espérait TEPCo.
Par ailleurs, TEPCo s’était engagée auprès du gouverneur de Niigata de ne dépressuriser les réacteurs et donc relâcher des gaz radioactifs en cas d’accident qu’après avoir obtenu son accord. Ce n’est pas acceptable pour la NRA. Une mesure de sûreté ne peut pas toujours attendre et la NRA ne donnera pas son autorisation de redémarrer dans ces conditions.

Mercredi 27 novembre :
• Le J-Village était le centre d’entraînement national pour le foot. Situé à Naraha, à environ 20 km de la centrale de Fukushima, il a été transformé en base de vie pour les travailleurs qui interviennent à la centrale accidentée. Mais TEPCo va construire une nouvelle base de vie et rendre à temps le J-Village pour les jeux olympiques de 2020 !

TEPCo a dévouvert une nouvelle fuite sur une valve de citerne à raison d’une goutte par seconde. L’eau ne serait pas sortie du réceptacle, ni fait de flaque.

• Une alarme a sonné dans un poste électrique. Après investigation, ce serait dû à de l’urine de souris… Pourtant ces rongeurs, qui ont fait disjoncter 9 installations électriques dans le passé, n’étaient plus supposés pouvoir entrer dans les armoires électriques. Il y avait une faille dans celle là. Pas de communiqué en anglais sur ce sujet.

• TEPCO a décidé de limiter à 50 milliards de yens par an (385 millions d’euros) ses remboursements de l’argent prêté par les autorités pour indemniser les populations sinistrées. Et c’est donc le contribuable qui va payer les intérêts supplémentaires. C’était le double auparavant. La compagnie justifie cette décision par le fait qu’elle veut consacrer plus de moyens au démantèlement. Comme les autorités se sont engagées à prêter 5 000 milliards de yens, TEPCO mettra plus de 100 ans à rembourser. Pour les banques, elle sera plus rapide à rembourser.

• Le container de transport de combustible est entièrement chargé de combustibles usés de la piscine n°4. Il contient donc 22 assemblages. Nouvelle vidéo.

• La NRA a adopté les nouvelles règles de sûreté pour les installations nucléaires autres que les réacteurs. Elles seront appliquées à partir du 18 décembre prochain. L’exploitant de l’usine de retraitement devrait déposer rapidement son dossier, mais personne ne sait combien de temps prendra l’instruction. Et puis, il y a le problème des failles qui peuvent être actives.

Mardi 26 novembre :
• L’autorité de sûreté japonaise a mis en ligne un bilan de la surveillance de la pollution marine. On retrouve du césium à des centaines de kilomètres de la côte du Japon.

• Le gouvernement et les municipalités se sont mis d’accord pour limiter les indemnisations pour les terres agricoles aux seules communes évacuées. Les fermes de la zone comprise entre 20 et 30 km où l’évacuation était recommandée, mais pas obligatoire, ne seront donc pas indemnisées.

• TEPCo a, comme prévu, commencé le retrait de combustibles usés cette fois-ci de la piscine du réacteur n°4. 6 assemblages ont été déposés dans le conteneur.
Elle continue aussi à soigner sa communication sur le sujet : page oueb spéciale avec décompte des assemblages retirés et nouvelle vidéo.

• L’Asahi fait le point sur l’inventaire en plutounium du Japon. Il y a 260 tonnes de plutonium sur la planète, dont 120 tonnes au Royaume-Uni. Sur ces 120 tonnes, 96 proviennent de réacteurs britanniques. Sur les 24 autres tonnes, 17 appartiennent au Japon. En Grande-Bretagne, aucun réacteur n’utilise de combustible au plutonium (MOx).
Le Japon a aussi 17,9 tonnes de plutonium en France et 9,3 tonnes sur son territoire. Les perspectives d’utiliser ce combustible sont très réduites car aucun réacteur ne fonctionne actuellement. Le seul réacteur japonais à utiliser du MOx était à Fukushima… Cela n’empèche pas le Japon à souhaiter démarrer un jour son usine de retraitement toute neuve qui n’a jamais servi. Elle peut produire 7 tonnes de plutonium par an.
L’Allemagne, qui veut consommer tout son plutonium avant 2016, a fait des échanges avec le Japon. Du plutonium Japonais stocké en France a été échangé contre du plutonium allemand stocké en Grande-Bretagne. La France a ensuite transformé le plutonium devenu allemand en MOx et le Royaume Uni est payé pour entreposer le plutonium devenu japonais.
La loi japonaise est telle que les exploitants n’ont pas d’autre solution que le retraitement, même si ce n’est pas rentable économiquement, car les piscines d’entreposage près des réacteurs sont bientôt pleines et il n’y a pas d’entreposage centralisé. La province d’Aomori n’accepte d’entreposer des combustibles usés qu’à la condition qu’ils soient destinés à être retraités.

• La province de Fukushima va reprendre la vente d’une de ses spécialités culinaires : les kakis séchés (anpo). Cela avait été suspendu après la découverte d’échantillons dépassant la limite de mise sur le marché. Mais à Daté et Yanagawa, cette contamination est passée sous la limite et la vente va pouvoir reprendre. 580 fermes, soit la moitié des producteurs du Nord de Fukushima, ont donc repris la récolte et la préparation. Des mesures de la radioactivité seront à nouveau effectuées avant la vente.

Lundi 25 novembre :
• L’Asahi consacre un article à la spirale d’irresponsabilité qui a conduit à nier les fuites en mer jusqu’à l’été 2013 alors que tout le monde savait. La troïka de l’irresponsabilité, comme l’appelle le quotidien, qui regroupe TEPCo, le ministère des finances et celui de l’industrie, se chamaille encore pour savoir qui va prendre en charge l’eau contaminée, la décontamination et le démantèlement. En attendant les fuites en mer continuent…
TEPCo, ne voulant pas payer, a tout fait pour reculer les mesures pour colmater les fuites. Elle aura pu installer un mur souterrain en amont pour dévier l’eau souterraine, mais n’a rien fait. Le gouvernement propose maintenant une technologie beaucoup plus complexe qui consiste à geler le sol.
Pendant tout ce temps, les deux ministères se disputaient pour savoir qui doit payer la décontamination. 5 mois après le déclenchement de la catastrophe, une loi a établi que le gouvernement allait avancer l’argent, mais se ferait rembourser par la compagnie, au nom du principe pollueur-payeur. Le ministère de l’industrie a fait pression sur le nouveau parti au pouvoir pour changer la loi et faire prendre en charge une partie de la décontamination par le contribuable. Mais le ministère des finances a réussi a changer le texte de la nouvelle proposition de loi pour ne pas engager l’argent public.
En ce qui concerne la prise en charge du démantèlement par une agence d’Etat, c’est le ministère de l’industrie qui s’y est opposé car il ne voulait pas être tenu pour responsable et trouvait bien pratique d’avoir TEPCo comme bouc-émissaire.

• La contamination bêta totale de l’eau du du fameux puits E1 diminue, mais celle en tritium reste très élevée (prélèvements du 21 novembre et du 22 novembre). La contamination de l’eau dans les bâtiments turbine 1 et 2 est aussi très élevée : il y a 3,3 millions de Bq/L en césium dans le 1 et 22,6 millions Bq/L dans le 2. Pour la contamination bêta totale, c’est respectivement 3,4 millions et 91 millions de Bq/L. Le tritium n’est pas indiqué.

• TEPCo a mis en ligne des résultats de mesure sur des poissons pêchés à 20 km de la centrale de Fukushima où un spécimen dépasse les 100 Bq/kg en césium total et dans le port devant la centrale où la contamination est beaucoup plus forte, allant jusqu’à 110 000 Bq/kg.

• Seulement un tiers des évacués de Minami-Sôma (Fukushima) veulent rentrer chez eux, selon une enquête menée par l’agence de reconstruction auprès de 5 677 foyers. 3 543 ou 62% ont répondu. 44% des personnes qui ont répondu hésitent encore et 26% ne rentreront pas. Pour les 44% d’indécis, les infrastructures et services publics feront pencher la balance d’un côté ou de l’autre.

• Deux autres maires sortant de Fukushima viennent, à leur tour, de perdre les élections municipales. Il s’agit des communes de Nihonmatsu et de Hirono.

Dimanche 24 novembre :
• Le tracé de la future ligne à grande vitesse (Shinkansen) fait l’objet d’âpres négociations, les élus locaux voulant un passage près de chez eux. Et, d’après le Japan Times, ceux qui ont du nucléaire ont un moyen de pression supplémentaire : leur feu vert en faveur du redémarrage en échange de la ligne à grande vitesse. Le gouverneur de Fukui est un spécialiste de ce genre de marchandages. A quoi tient la politique énergétique du pays…

• Le prochain retrait de combustibles de la piscine du réacteur n°4, qui devrait débuter mardi 26 novembre, devrait concerner du combustible usé.

Samedi 23 novembre :
• Le gouvernement envisage d’acheter les terrains autour de la centrale de Fukushima daï-ichi afin d’y entreposer les déchets radioactifs. Il est question de 15 km2, ce qui signifie des milliers de propriétaires. La bande fait 5 km de long dans la direction Nord-Sud et 3 km de large dans la direction Est-Ouest. Il s’agit aussi de créer une zone tampon autour de la centrale.

• TEPCO n’a pas encore obtenu l’autorisation de redémarrer deux réacteurs de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa (Niigata) qu’elle rêve déjà d’en redémarrer deux autres pour en avoir 4 en fonctionnement en 2015. Ce sont les réacteurs 1 et 5 qui devraient suivre alors que le 1 est sur une faille maintenant considérée comme active.

• TEPCo et Mitsubishi veulent construire deux centrales à charbon à Fukushima. Une à Hirono et une à Iwaki. Elles feront 500 MWh chacune pour un démarrage prévu en 2020 environ. C’est surtout Mitsubishi qui va financer la construction et TEPCo aura l’exploitation.

Vendredi 22 novembre :
• Le comité en charge de définir le niveau d’indemnisation propose de verser une somme fortaitaire aux personnes originaires de zones où l’irradiation externe dépasse les 50 mSv/an et où le retour n’est pas possible avant longtemps.

• TEPCo a reçu 119,2 milliards de yens (presqu’un milliard d’euros) d’aide supplémentaire de la part des autorités. C’est le 22ième versement.

• Les 22 assemblages neufs de la piscine du réacteur n°4 transportés la veille sont maintenant dans la piscine commune située au niveau du sol, à une centaine de mètres du réacteur. TEPCo a mis en ligne des photos et des vidéos.

Jeudi 21 novembre :
TEPCo a transporté le container de transport chargé de 22 assemblages de combustible neuf de la piscine du réacteur n°4 vers la piscine commune. Elle a mis en ligne des photos et une vidéo.
Les médias ont aussi envoyé des hélicoptères pour couvrir l’évènement, ce qui n’a pas été du goût de TEPCo qui a protesté pour des raisons de sécurité.
Cette opération devra être répétée 70 fois environ.

• La NRA a débuté sa première inspection des réacteurs 6 et 7 de Kashiwazaki-Kariwa (Niigata) suite à la demande de redémarrage déposée par TEPCo.

TEPCo a débuté des tests sur la chaîne B de sa station ALPS de traitement des eaux contaminées. Les trois chaînes sont donc en fonctionnement pour test maintenant. Elles avaient été arrêtées en juin dernier suite à des fuites dues à des problèmes de corrosion.
Une fois les tests terminés, TEPCo ne devrait utiliser que deux chaînes sur trois en parallèle. Chaque chaîne peut traiter 250 m3/jour. Si tout va bien, le nombre de chaîne devrait être doublé, grâce à un soutien financier gouvernemental.

Mercredi 20 novembre :
• Le Japon a connu, au mois d’octobre, un déficit commercial pour le seizième mois d’affilée. Ce solde négatif était deux fois plus élevé qu’un an plus tôt, et s’est établi à l’équivalent de 8,25 milliards d’euros. En cause, la hausse très forte (26%) de la valeur des importations, qui s’explique par une augmentation des importations d’hydrocarbure suite à l’arrêt du parc nucléaire et la dévaluation du yen.

• L’autorité de sûreté, la NRA, a confirmé son intention de proposer au gouvernement de passer d’une dose estimée à une dose mesurée en fournissant un dosimètre à chaque personne qui rentrera chez elle. Le but est d’obtenir une dose plus faible et de rassurer les gens. Une équipe de conseillers dans chaque commune va aider les populations à réduire leur dose. On propose donc aux populations évacuées de rentrer vivre dans la zone contrôlée d’une centrale nucléaire avec limite de dose égale à celle des travailleurs et dosimètres. Les autorités se défaussent de leur pouvoir régalien de protéger les populations sans pour autant les consulter sur leur avenir et leurs droits.
Et les dosimètres distribués aux enfants et femmes enceintes de zones non évacuées n’affichent que les doses cumulées. Il n’est donc pas facile de s’en servir pour tenter de diminuer la dose reçue en contrôlant l’impact de chaque action. Les autorités envisagent donc de procurer un dosimètre plus évolué qui peut aussi donner le débit de dose, la moyenne journalière ou hebdomadaire.
Le ministère de l’environnement va inscrire 670 millions de yens (5 millions d’euros) à son budget de l’an prochain, pour financer 4 200 dosimètres. Cela fait cher le dosimètre…

• Le gouvernement japonais attendait depuis 2002 que des communes se portent volontaires pour accueillir les déchets nucléaires. Faute de candidat, il va changer son approche. La commune de Toyo (Kôchi) avait candidaté, puis s’est rétractée face à l’opposition des habitants. Il va rechercher lui-même le site le plus adapté, proposer des mesures d’accompagnement financier et aller rencontrer les élus locaux pour les convaincre. Une carte des lieux potentiellement favorables, où l’activité sismique et volcanique est réduite, devrait être publiée l’an prochain.
Le gouvernement devrait aussi réorganiser l’organisme en charge des déchets.

• TEPCo a finalement décidé de demander l’arrêt définitif des réacteurs 5 et 6 de sa centrale de Fukushima daï-ichi, conformément à la demande du premier ministre. Ces deux réacteurs, arrêtés et partiellement déchargés le 11 mars 2011, ont pu être sauvé grâce à un générateur diesel. Comme ils ont aussi été noyés par le tsunami, il s’agit d’une sage décision. La décision offcielle devrait être prise en décembre prochain.
Ces deux réacteurs vont aussi servir de centre d’entraînement au démantèlement avant de s’attaquer aux réacteurs où le coeur a fondu.

• TEPCo prévoit maintenant le redémarrage de ses réacteurs 6 et 7 de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa en juillet 2014. Elle est encore bien optimiste… mais cela lui permettrait d’afficher un résultat bénéficiaire supposé rassurer les banques. Si le démarrage n’a lieu qu’en janvier 2015, l’année prochaine sera encore déficitaire.

TEPCo a mis en ligne une vidéo prise sous l’eau, dans la piscine de combustible du réacteur n°4 lors du retrait des combustibles. Le container avec ses 22 assemblages neufs, a été sorti de la piscine et posé au niveau du sol pour être décontaminé avant d’être transporté. Il pèse 91 tonnes.

Mardi 19 novembre :
• « Happy » est le pseudonyme d’un intervenant sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi qui twitte régulièrement et a 87 000 abonnés. Cela presque 20 ans qu’il travaille dans le nucléaire et est à Fukushima depuis le début de la catastrophe. Il a écrit un livre sur les 700 premiers jours et a répondu à une interview du Asahi. Les chefs d’équipe ne se rendent presque plus sur le site de la centrale car ils ont presque atteint la limite de dose. Ils donnent donc des instructions aux équipes, mais sont de plus en plus coupés de la réalité, ce qui complique les tâches et entraîne des erreurs.
Il confirme aussi que TEPCo cherche à dimunuer les coûts et choisi l’option la moins chère. Au tout début de la catastrophe, TEPCo ne se préoccupait pas du coût. Puis, une fois l’arrêt à froid déclaré, en décembre 2011, le siège à Tôkyô est devenu plus regardant sur les prix.

• Le chargement du container de transport de combustible dans la piscine du réacteur n°4, se poursuit. TEPCo a fini de le remplir de ses 22 assemblages neufs vers 18h30. Il n’y a eu aucun incident.
Il faut environ 40 minutes pour déplacer un assemblage. Les équipes de 6 personnes ne restent pas plus de 2 heures à cause de la radioactivité et des conditions de travail difficiles. Ils ont trois paires de gants, un masque intégral… ce qui complique chaque geste. Le débit de dose au bord de la piscine est de l’ordre de 0,4 mSv/h. Deux membres de l’équipe manipulent le pont roulant qui soulève les assemblages, deux les caméras qui sont dans la piscine. Leur équipement rend les communications difficiles.

La contamination de l’eau souterraine prélevée dans le puits 1-9 situé à proximité du rivage, entre les réacteurs 1 et 2, a soudainement augmenté pour battre un record : 2 100 Bq/l en bêta total alors que le précédent record était de 600 Bq/l en septembre 2013. Cela a rebaissé le lendemain, à 470 Bq/L. TEPCo ne peut pas expliquer ces fortes variations.

Lundi 18 novembre 2013 :
• TEPCo a commencé le retrait de combustibles de la piscine du réacteur n°4 et a mis des photos en ligne, avec une chronologie détaillée (en japonais et en anglais). On voit des êtres humains à côté de la piscine en train de surveiller les opérations. Ce ne sera pas possible pour les autres réacteurs car le débit de dose y est trop élevé. Une vidéo est aussi disponible ici.
TEPCo a plongé un container de transport de combustible dans la piscine. Il sera chargé de 22 assemblages, fermé hermétiquement, décontaminé, puis transporté par camion vers la piscine de combustibles commune située à proximité au niveau du sol où le container sera déchargé. Quatre assemblages neufs, qui ne dégagent pas de chaleur et sont peu radioactifs, ont été mis dans le container lors de cette première journée. Ce sera le cas pour tous les assemblages de ce premier transport qui devait prendre une semaine. TEPCo a deux containers et va en charger un pendant qu’elle décharge l’autre.
Elle espère avoir vidé la piscine d’ici la fin 2014.
Pour la compagnie, qui a fortement médiatisé l’évènement, il s’agit d’une étape importante dans le démantèlement. Voir son communiqué de presse en anglais. Pour le réacteur n°4, à l’arrêt et complètement vidé au moment de l’accident, le démantèlement est possible. En revanche, pour les réacteurs 1 à 3, où il y a eu fusion du coeur, la tâche est beaucoup plus complexe. Et dans tous les cas, le Japon n’a aucune solution à proposer pour les déchets engendrés par ces opérations. C’est déjà le cas pour les réacteurs non accidentés en cours de démantèlement. A Tôkaï-mura (Ibaraki), Japan Atomic Power Co. a, encore une fois, reporté le début des travaux de démantèlement, faute de solution pour les déchets. Le réacteur en question, mis en service en 1966 et arrêté en 1998, est le premier réacteur commercial à devoir être démantelé. Les travaux auraient dû commencer en 2011.
Le pays n’a pas plus de solution à proposer pour les combustibles usés ou les combustibles fondus, ainsi que les déchets de haute activité à vie longue. Les combustibles usés de la piscine commune de la centrale de Fukushima daï-ichi vont rester là pendant longtemps.

• Après Kôriyama, Iwaki et Tomioka, cette année, c’est au tour du maire de Fukushima de perdre son siège lors des élections. Toutes ces municipalités ont été fortement affectées par la catastrophe nucléaire. A Fukushima, le taux de participation, de 49%, est supérieur à celui des dernières élections en 2009, 38%. Le nouveau maire a récolté 72 441 suffrages contre 32 851 pour le maire sortant.
Le nouveau maire, un indépendant complètement inconnu il y a quelques mois, a axé sa campagne sur la décontamination, la gestion des déchets et le retour à une « vie normale ». Le maire sortant était pourtant soutenu par les principaux partis politiques du conseil municipal. 6 000 personnes ont quitté la ville de Fukushima par crainte des radiations, sans soutien car la ville n’est pas classée en zone à évacuer et il y a 115 000 habitations à décontaminer. Les travaux n’ont été menés que pour 18% d’entre elles. Les travaux de décontamination n’ont même pas commencé pour certains chemins menant à des écoles.

Dimanche 17 novembre :
• Il y a 173 stations de mesure de la contamination en césium pour le riz à Fukushima. Chaque sac produit dans la province est contrôlé. L’an dernier, cela a représenté 10 millions de sac de 30 kg. La mesure prend une minute et une étiquette est collée si la contamination est inférieure à 100 Bq/kg. Seulement 71 sacs avaient plus que cette limite et la plus forte concentration était de 360 Bq/kg. Les agriculteurs dopent leurs champs en engrais à base de potassium pour diminuer le transfert du césium vers la plante. Ils étendent aussi parfois des zéolites qui absorbent le césium. Et il s’avère que si l’on laisse la paille de riz dans les champs, le taux de césium dans le riz est moindre.
Le riz produit à Fukushima est toujours vendu moins cher sur le marché. Avant la catastrophe, le koshihikari, un riz très prisé, produit à Fukushima était vendu plus cher que la moyenne du pays. En 2012, il était de 92 à 98% de la moyenne nationale.
Environ 20% des Japonais déclarent hésiter ou éviter à acheter des produits agricoles de Fukushima.

• TEPCo a finalement reconnu que 80 assemblages de combustible étaient endommagés avant la catastrophe, dont 70 dans la seule piscine du réacteur n°1. Cela représente près du quart des 292 assemblages ! Il y en a aussi 3 dans la piscine du réacteur n°2 et 4 dans celle du 3, et 3 dans celle du 4. TEPCo ne sait pas encore comment elle va les retirer.
Le réacteur n°1 de Fukushima daï-ichi est le plus ancien de la compagnie. Au début la qualité des assemblages laissait à désirer. Cela s’est amélioré par la suite.

• Les mobil-homes où sont hébergés de nombreuses personnes évacuées suite à la catastrophe nucléaire se dégradent très vite. Il y a plus de 300 demandes de réparation par mois. Les habitants se plaignent et craignent l’arrivée de l’hiver quand les ouvertures ne ferment plus. Ils ont aussi peur en cas de fort séisme. Est-ce que cela tiendra ?
Il y a 29 500 personnes dans ces logements provisoires à Fukushima.

Vendredi 15 novembre :
• TEPCo devrait commencer à retirer du combustible de la piscine du réacteur n°4 à partir de lundi 18 novembre. Elle va commencer par du combustible neuf.

• Le groupe d’experts de la NRA a finalement conclu que la faille F6 sous la centrale d’Ôï (Fukui) n’est pas active, conformément aux affirmations de l’exploitant.

• Un consortium de banques a accepté de prêter 500 milliards de yens (3,8 milliards d’euros) à TEPCo. Il y a 300 milliards de reconduction et 200 milliards d’augmentation de la dette. Pour convaincre ses créanciers, TEPCo a mis en avant un redémarrage de deux réacteurs de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa en 2014 qui devrait lui permettre de faire jusqu’à 100 milliards de yens de bénéfice en 2014. Ce n’est pas encore gagné… La perte pourrait être de 80 milliards de yens sans redémarrage et pourrait être compensée par une nouvelle augmentation de 10% des tarifs d’électricité.
La compagnie pourrait, en 2014, réduire sa masse salariale de plusieurs centaines, voire d’un millier d’emplois, sur la base d’un départ volontaire, souvent en pré-retraite, afin de réduire ses frais et espérer ainsi obtenir une aide supplémentaire de l’Etat. La compagnie a déjà réduit sa masse salariale depuis le début de l’accident : avec 37 000 employés, elle en a 2 400 de moins qu’en avril 2011.

• Le Japon a réduit ses ambitions en terme de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il veut désormais avoir des émissions de CO2 en 2020 inférieures de 3,8% au niveau de 2005. Ce sera 3,1% de plus que le niveau de 1990 alors que le précédent engagement de 2009 était une réduction de 25% par rapport au niveau de 1990 en s’appuyant, notamment, sur un développement de l’électricité nucléaire.
Pour s’en sortir, le Japon explique que cet objectif et de 15% inférieur à ce qu’auraient été les émissions en 2005 s’il n’y avait pas eu d’énergie nucléaire. Ce calcul n’est pas honnête car le Japon aurait pu consommer moins d’électricité s’il avait été sans nucléaire en 2005. Il suppose aussi que le Japon sera sans nucléaire en 2020. Et d’ajouter qu’il va financer des mesures de réduction d’émission de CO2 dans les pays en développement. Pourquoi ne peut-il pas les dépenser dans son pays ?

• L’un des arguments de l’ancien premier ministre Koïzumi pour demander l’arrêt de la production d’électricité nucléaire est l’absence de solution pour les déchets radioactifs. Cela a réveillé ses collègues qui vont lancer un groupe d’étude parlementaire pour proposer des solutions qui incluera des membres de l’opposition. Le Japon a 17 000 tonnes de combustibles usés. Et puis, il y a ce qu’il a envoyé en Europe.

TEPCo a découvert une nouvelle cuve provisoire en train de fuir à raison d’une goutte toutes les 4 secondes. L’eau serait restée dans le réceptacle sous la cuve (voir des photos commentées en japonais). Quant aux conséquenses de la cuve similaire qui avait fui pendant un mois cet été avant que TEPCo ne s’en aperçoive, elles ne se résorbent pas : l’eau souterraine de l’eau du puits E1 reste fortement contaminée avec 650 000 Bq/l en bêta total et 310 000 Bq/L en tritium.

• TEPCo a mis en ligne des nouvelles images de l’inspection du réacteur n°1 par un bateau robot qui avait permis de découvrir par où de l’eau fuyait de l’enceinte de confinement.

Jeudi 14 novembre :
• Alors que TEPCo s’apprête à commencer un retrait test d’assemblages de combustibles de la piscine du réacteur n°4, la compagnie reconnaît que certains assemblages sont endommagés depuis longtemps, bien avant l’accident nucléaire. L’un d’entre eux l’est depuis 1982, suite à une erreur de manipulation. Un câble empêcherait le retrait de deux autres assemblages. La compagnie le sait depuis 2010. Enfin, certaines barres auraient des microfissures qui laissent s’échapper des gaz radioactifs. TEPCo ne sait pas encore comment retirer ces trois assemblages qui posent problème.
Chaque assemblage fait 4,5 m de long et contient de 60 à 80 barres.

• Alors que la plupart des réacteurs nucléaires vont être arrêtés encore longtemps, voire définitivement pour certains d’entre eux, la province d’Ibaraki va changer son système de taxe pour continuer à avoir des revenus du nucléaire : elle va taxer le combustible.
Elle touchait 1,1 milliard de yens par an avant l’arrêt du seul réacteur commercial de la province, puis 600 millions après. En taxant le combustible, elle espère récolter 8,8 milliards de yens sur 5 ans.

Mercredi 13 novembre :
• Alors que les échographies de la thyroïde des enfants de Fukushima se poursuivent, le nombre de cas de cancer a encore augmenté. 226 000 enfants ont été contrôlés, ce qui représente 33 000 de plus que lors de la publication des derniers résultats. Il y a maintenant 26 mineurs qui ont développé un cancer de la thyroïde confirmé après une opération chirurgicale. C’est 8 de plus qu’avant. Un enfant a été opéré, mais le nodule était bénin. Le nombre de cas suspects est de 32. Il y a donc 59 cas avec un cancer ou suspectés pour 226 000 enfants contrôlés.
Sur les 26 cas de cancer avérés, 10 concernent des enfants provenant de villages évacués et 16 de commnues non évacuées. Si l’on rapporte cela à la population concernée, il y a 3 fois plus de risque de développer un cancer pour les enfants évacués qui ont été plus fortement exposés dans les premiers jours de la catastrophe que pour les enfants non évacués.
On est donc à quasiment 12 cancers confirmés pour 100 000 enfants alors qu’en 2007, il n’y avait 1,7 enfants sur 100 000 qui développait un cancer de la thyroïde entre 15 et 17 ans.
Les spécialistes japonais en charge de l’étude disent que le nombre de cas détectés augmente à cause de la campagne de dépistage systématique et que l’on ne peut pas accuser l’accident nucléaire. Mais, on ne peut pas le disculper, et cela ils ne le disent pas. Par ailleurs, le Japon a lancé une campagne de dépistage de moindre ampleur dans d’autres provinces, et aucun cas de cancer n’y a été détecté.
Les dernières données sont ici en japonais (une traduction non officielle de quelques tableaux est ici en anglais). Les statistiques de 2012 pour tous les cancers au Japon sont ici en deux langues.

• La NRA avait mis comme condition, une amélioration de la culture de sûreté à la centrale de Fukushima daï-ichi ainsi que pour la gestion de l’eau contaminée, avant d’instruire la demande de redémarrage de TEPCo pour deux réacteurs de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa (Niigata). TEPCo a fait des annonces, mais il manque encore des preuves. Mais la NRA semble s’en contenter et va lancer l’instruction. Le président de la NRA, maintient, cependant, que la priorité de TEPCo doit être la gestion de l’eau et la sûreté.
Le gouverneur de Niigata a demandé plus d’explications sur ce revirement, alors que les fuites en mer continuent. Et même si la centrale satisfait aux nouveaux critères de sûreté, rien ne dit qu’elle sera exploitée correctement. Il attend aussi des garanties sur la protection des habitants en cas d’accident grave.

• Un robot a découvert par où l’eau contaminée fuyait du réacteur n°1. Il a repéré deux trous dans l’enceinte de confinement par où l’eau s’écoule. TEPCo ne connaît pas le débit de la fuite, mais il semble important, comme de l’eau qui jaillit d’un robinet. Les débits de dose sont de l’ordre de 0,9 à 1,8 Sv/h. Il est donc impossible d’y envoyer des humains.
Voir les photos commentées en japonais et en anglais.

• La contamination bêta total de l’eau du fameux puits E1 a légèrement baissé, mais reste très élevée : 650 000 Bq/L dans le prélèvement du 11 novembre.

Mardi 12 novembre :
• Le premier ministre a accepté le plan élaboré par les membres de la coalition au pouvoir à propos du non retour des populations originaires des zones les plus contaminées, où l’exposition externe peut dépasser les 50 mSv/an. Il a aussi acccepté la prise en charge d’une partie des coûts par l’Etat, et donc le contribuable. Le ministre de l’environnement, Nobuteru Ishihara, fils de l’ancien gouverneur ultra-conservateur de Tôkyô, n’est pas d’accord avec ce deuxième point. Pour lui, c’est à TEPCo de payer la majeure partie des conséquences de la catastrophe, au nom du principe pollueur-payeur.
Quant aux principaux intéressés par le non-retour, ils regrettent que les politiciens leur aient donnés de faux espoirs. On aurait dû leur dire depuis longtemps qu’il y a des zones où les habitants ne rentreront jamais. C’était évident depuis le début.
C’est le cas, en particulier pour 96% du village d’Ôkuma. Que va-t-il devenir ? Les habitants vont-ils se disperser ? Un nouveau village va-t-il être créé ailleurs ? Les autorités n’ont aucune réponse à proposer.
Le gouvernement veut autoriser le retour là où la dose annuelle est inférieure à 20 mSv comme pour les évacuations, mais c’est trop. Qu’en est-il pour ceux qui sont originaires d’une zone où il y a entre 20 et 50 mSv/an. Et pour ceux à qui il sera proposé de rentrer, ce sera un dosimètre par personne pour limiter la dose par rapport aux estimations faites à partir de la contamination ambiante. Mais comment mettre cela en pratique ? Avec quelle limite ? Les individus qui dépassent les doses seront punis ? Réévacués ?
81 000 personnes sont concernées par cette politique de retour et non-retour. Il n’est pas acceptable que le gouvernement se défausse sur les populations pour assurer leur propre sécurité sans leur permettre de donner leur avis. Il y a toujours 280 000 évacués en tout, suite aux trois catastrophes. Ils étaient 470 000 en 2011.

• L’aéroport international de Narita, situé à côté de Tôkyô, va recevoir 3,2 milliards de yens (25 millions d’euros) d’indemnités de TEPCo pour compenser la baisse de fréquentation…

• Suite à une réunion entre TEPCo et le gouvernement, des mesures ont été proposées pour limiter les fuites radioactives en cas de fortes pluies : un cheneau autour des cuves va être installé, ce qui devrait diminuer de 60% l’eau de pluie qui s’accumule au pied des réservoirs. Le muret qui retient l’eau va être élevé pour atteindre 60 cm minimum. Il pourra atteindre 1,30 m par endroit. Les zones déjà contaminées vont être repeintes.

• Nous avons signalé la veille que la contamination de l’eau du puits E1, situé près de la cuve qui a fui cet été, était repartie à la hausse. Elle vient de battre un nouveau record : 710 000 Bq/L en bêta total (prélèvement du 10 novembre). C’était 550 000 Bq/L la veille. TEPCo ne met plus de note en anglais pour expliquer cette valeur.

• L’ancien premier ministre de 2001 à 2006, ce qui est très long pour le Japon, continue sa campagne contre l’énergie nucléaire, au grand dam du premier ministre actuel, pourtant issu de la même formation politique. Il suffirait que le gouvernement annonce la fin du nucléaire et tout le monde suivrait : « Si M. Abe décide maintenant, il y aura peu de parlementaires pour s’opposer à un tel plan, tandis que la population coopérera et que les intellectuels fourmilleront d’idées ». Et d’ajouter qu’il y a de nombreux autres membres du parti qui sont aussi opposés à cette énergie.
Il a aussi réclamé un abandon immédiat du retraitement des combustibles usés. Une autre raison à son opposition, est l’absence de solution pour les déchets.

Selon un sondage effectué auprès de 521 personnes, 77,5% des Coréens ont réduit leur consommation de poissons et autres produits de la mer par crainte des conséquences des fuites radioactives dans l’océan. Les autorités japonaises n’arrivent toujours pas à convaincre les autorités coréennes à lever l’embargo sur les produits marins.

L’agence de presse AP publie une enquête inquiétante sur les conditions de construction des cuves qui contiennent l’eau radioactive à Fukushima. Selon un des ouvriers qui a monté des cuves pendant 6 mois l’an dernier, un mécanicien auto qui n’y connaissait rien, le travail était bâclé à cause de la forte pression qui reposait sur les équipes. Ils n’attendaient pas que ce soit sec pour mettre de l’anti-rouille sur les boulons et les joints. Même sous la pluie ou la neige. La dalle en béton n’était pas toujours bien plate. Des ouvriers auraient même vu que de l’eau a été mise dans des cuves non finies ! Depuis, il a peur chaque qu’il y a un séisme.
En octobre 2012, on lui a demandé de remplacer les couvercles de l’orifice par lequel on insère un tuyau par une plaque en acier de la taille d’une assiette. Il a alors découvert que le précédent couvercle n’était que du papier collant…
Un membre de la NRA prétend que les tests d’étanchéité étaient parfois faits sous la pluie et qu’il était, par conséquent, impossible de détecter une fuite.

• La NRA a fini d’inspecter l’installation de retrait des combustibles de la piscine du réacteur n°4. Elle n’a pas trouvé de problème. Elle doit encore inspecter les procédures avant de donner son feu vert.
Voir la présentation par TEPCo, en anglais, sur le sujet.

 

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Contaminations radioactives

Mercredi 12 juin, un lecteur nous a signalé le dernier bilan que TEPCo a fait des rejets aériens des trois réacteurs où il y a eu fusion du coeur. C’est en japonais et je n’ai pas trouvé de version anglaise. Il date du 30 mai 2013.
Il est écrit que le rejet atmosphérique pour les trois réacteurs est de l’ordre de 10 millions de Bq/h (10 MBq/h). Je pense que cela ne prend en compte que le césium. Si l’on multiplie 24 h et 365 j, on arrive à presque 88 milliards de Bq/an (88 GBq/an). C’est beaucoup plus que les rejets aériens d’une centrale nucléaire en fonctionnement normal et même que les rejets aériens en césium de l’usine de retraitement de La Hague.
Les graphes montrent que ces rejets sont stables depuis un an.
TEPCo évalue l’impact sanitaire à la bordure du site à 0,03 mSv/an. Il n’est pas dit comment ils ont fait le calcul. C’est moins que ce qui dû à la contamination des sols au même endroit, mais ce serait jamais accepté pour une centrale en fonctionnement normal.

Dimanche 7 juillet, le laboratoire de mesure de la radioactivité mis en place avec l’aide de l’ACRO, Chikurin-sha, est opérationnel et reçoit de nombreuses demandes d’analyse. Des photos prises ce jour sont en ligne.

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 Contamination des sols

Mardi 12 mars 2013, le MEXT a mis en ligne des doses cumulées mesurées au-delà des 20 km. Les chiffres affichés sont en microsieverts. Au point 32, ce sont 205 millisieverts qui ont été accumulés alors que la limite annuelle avant un accident est de 1 millisievert !

Mardi 26 mars, le MEXT a mis en ligne des doses cumulées sur un mois, mesurées à l’aide de dosimètres. Les valeurs sont en millisievert. Au point 32, connu pour être particulièrement contaminé, la dose est de 5,9 mSv alors que la limite maximale admissible en temps normal est de 1 mSv. Sur une plus grande période, la dose cumulée en ce point est de presque 209 mSv. Attention, les chiffres sont cette fois-ci en microsieverts.

Vendredi 5 avril, les autorités régionales de Fukushima ont changé les détecteurs qui mesurent en continu la radioactivité ambiante en plusieurs points du territoire. Résultat, la contamination ambiante a baissé drastiquement et presque été divisée par deux par endroit ! A Kôriyama, c’est passé de 0,51 à 0,27 microsieverts par heure. A Minami-Sôma, de 0,30 à 0,14. Dans les deux cas, la position du détecteur a été déplacée de 80 et 45 m respectivement, vers une zone qui a été décontaminée auparavant… Par ailleurs, la technologie n’est pas la même et les deux détecteurs, portable pour l’ancien et fixe pour le nouveau, qui affichent un écart de 20%… à la baisse. Les anciennes mesures étaient en microsievert par heure et les nouvelles en microgray par heure.
Les autorités prétendent avoir choisi un lieu plus accessible et plus visible des habitants.
Voir un reportage d’une télé locale à ce sujet (en japonais) et des explications en anglais sur un blog bien informé.
Pour comprendre : le gray est l’unité de mesure de l’énergie déposée par les rayonnements. Le sievert prend en compte l’efficacité biologique, car certains rayonnements sont plus nocifs que d’autres. En cas de contamination, pour les rayonnements bêta et gamma, 1 sievert = 1 gray. Mais, dans le cas d’une contamination surfacique et de la mesure du rayonnement ambiant, on choisit 1 sievert x 0,8 = 1 gray.

Mardi 23 avril, selon le Yomiuri, il y a 389 balises de mesure de la radioactivité dans le pays, situées dans un rayon de 30 km des installations nucléaires, mais 40% d’entre elles (160) n’ont pas de générateur électrique de secours. Et de montrer le cas d’une balise nouvellement installée à 11 km de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa (Niigata). Les câbles électriques sont prêts, mais il n’y a pas de générateur ou batterie de secours.
De nombreuses autres balises sont équipées de batteries de secours qui ont une autonomie très courte, de quelques minutes. Elles peuvent faire face à une coupure électrique due à l’orage, par exemple, mais pas à un arrêt prolongé. Pour les autres, l’autonomie varie de 1 à 7 jours en fonction des cas.
Selon les nouvelles règles, c’est le gouvernement qui a la charge des balises, mais il s’est déchargé sur les pouvoirs locaux pour leur installation. Un responsable de la province de Niigata explique que les fonds versés ne permettent pas de financer le générateur électrique…
En 2012, le gouvernement a débloqué 8,9 millions de yens (89 000 euros) pour augmenter le nombre de balises qui est passé de 162 à 389.
Dans la province de Shimané, deux nouvelles balises ont été installées suite à l’extension de la zone d’évacuation à 30 km : aucune n’a de générateur de secours et elles saturent à 10 microsieverts par heure alors que le seuil d’évacuation immédiate est de 500 microsieverts par heure… Les autorités régionales prévoient l’utilisation de véhicules équipés pour faire face à la situation, ce qui entraînera l’exposition des conducteurs en cas d’accident.
Il n’y a pas d’instructions spécifiques pour ces balises et chaque province se débrouille comme elle peut.

Mercredi 8 mai, on trouve encore des points chauds. Dans la ville de Fukushima, deux parkings viennent d’être fermés après qu’une association ait découvert une contamination anormalement élevée : 430 000 Bq de césium par kilogramme de sol. La contamination des autres points dépasse aussi 100 000 Bq/kg et le débit de dose varie de 0,6 à 3,8 microsieverts par heure. 100 000 Bq/kg, c’est la limite à partir de laquelle les autorités classent les déchets en déchets radioatifs nécessitant un traitement spécial. Plus de deux ans après les rejets massifs, une cartographie précise de la contamination reste à faire.

Mardi 28 mai, les autorités ont remis les compteurs à zéro le 1er avril dernier pour les dosimètres en différents points situés au-delà des 20 km. Les doses cumulées indiquées couvrent donc la période qui va du 1er avril au 2 mai 2013, soit un mois. Au point n°32, il y a quand même 8,4 mSv !

Mardi 11 juin, près de 80% des rizières situées à proximité de Sendaï (Miyagi) qui ont été noyées par le tsunami de 2011 ont été désalées et du riz a pu être planté. 1 600 hectares ont été désalés et le riz semble pousser normalement.
Pour le césium, ce sera beaucoup plus long…

Mardi 18 juin, l’autorité de sûreté nucléaire a mis en ligne une présentation en anglais de l’évolution de la contamination radioactive dans la province de Fukushima. Cela a baissé en moyenne de 40% durant les deux premières années, à cause du césium 134 qui a une demi-vie de 2 ans, et du lessivage des sols. Comme le montre la page 14, maintenant, cela baisse beaucoup moins vite à cause du césium 137 qui a une demi-vie de 30 ans et qui va donc continuer à contaminer le Japon pendant des siècles. La cartographie actuelle va évoluer beaucoup plus lentement à partir de maintenant.

Jeudi 27 juin, des chercheurs japonais de la JAEA ont publié (enfin !) une carte de la contamination en iode 131. L’article est en accès payant. La carte ne correspond pas exactement à celle du césium. Le Sud de la centrale a été particulièrement touché par l’iode et plus épargné par le césium. Ces faits étaient déjà connus depuis longtemps, notemment, suite aux prélèvements faits par les universités japonaises.
Comme l’iode 131 a rapidement disparu grâce à sa courte demi vie (8 jours), les chercheurs ont mesuré l’iode 129 dans les sédiments et sont remontés à la concentration en iode 131, car les deux isotopes de l’iode se dispersent de la même façon.
Les cartes sont en libre accès sur le site de la JAEA, avec des commentaires et un communiqué en japonais.

Jeudi 4 juillet, des chercheurs ont utilisé une caméra gamma pour rechercher des points chauds dans la ville de Fukushima et ont trouvé une mousse sur un toit qui avait une contamination élevée. Ils ont mesuré jusqu’à 1,78 million de becquerels de césium par kilo. Le débit de dose à 1 m dessus de la mousse était de 0,5 mSv/h. La ville de Fukushima est située à 50 km de la centrale, et n’est pas évacuée.

TEPCo a mis en ligne des résultats d’analyse de sol du site de la centrale. Il y a jusqu’à 400 000 Bq/kg de sol sec en césium.

-> Définition de zones contaminées en Biélorussie (1991)
-> Cartographie des débits de dose ambiants fait par un réseau amateur
-> Cartographie des débits de dose mesurés par le MEXT
-> Carte dessinant les contours des données précédentes (Version n°7)
-> D’autres cartes sont disponibles ici
-> Carte des dépôts de césium 137 faite par l’université de Tsukuba
-> Cartes en anglais sur le site du Ministère des Sciences et Technologies (il y en a plus en japonais)
-> Carte consultable point par point faite par les universités japonaises (version anglaise en pdf)
-> Carte montrant le parcours des masses d’air contaminées
-> Carte interactive de la contamination (cliquer sur le bouton de gauche tout en bas de la page d’accueil)
-> Débits de dose dans les écoles de Fukushima et autres lieux publics en temps réel (la plupart de ces lieux ont été partiellement décontaminés et la valeur affichée n’est pas représentative de la région)
-> Carte regroupant des analyses faites sur la substance noire (matière organique décomposée ?).

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Contamination de l’eau douce

Les rivières du Nord-Est du Japon qui s’écoulent du côté Pacifique sont quasi-systématiquement contaminées. Les données du MEXT (Ministère des sciences et technologies), qui commencent à dater, sont maintenant disponibles en anglais.

Lundi 22 avril, l’Asahi a fait mesurer par le CRMS, un réseau de stations de mesures citoyennes à Fukushima, de la boue de deux piscines scolaires de la ville de Fukushima et d’une de Minami-Sôma. Ces piscines n’ont pas été vidées depuis le 11 mars 2011. La contamination dépasse les 100 000 Bq/kg à Fukushima et les 8 000 Bq/kg à Minami-Sôma. Ces boues doivent être traitées comme des déchets radioactifs, et même comme des déchets spéciaux à Fukushima. Le débit de dose à proximité des piscines ne dépasse pas le niveau ambiant car l’eau atténue le rayonnement.
63 des 70 piscines scolaires de la province ont été vidées et l’eau rejetée dans la rivière ou des canaux d’irrigation. Quant aux boues collectées, elles n’ont pas eu droit à un traitement spécial. Les autorités avaient vérifié l’eau avant de la rejeter, mais pas la boue.

Mardi 30 avril, une étude scientifique (aussi ici, dans Nature) fait le point sur la contamination des poissons d’eau douce à Fukushima. Certains poissons comme les ayu, sont contaminés dans tout l’Est du Japon et jusqu’à Shizuoka, 400 km à l’Ouest de la centrale. La carte de la contamination est très étendue.
Ils ont une contamination moyenne en césium 137 seulement de 2 657 Bq/kg dans la rivière Mano au Nord-Ouest de la centrale. La contamination des poissons carnivores est deux fois plus élevée que celle des ayu qui sont herbivores.

Jeudi 16 mai, d’après les derniers résultats mis en ligne, les eaux souterraines sont presques toutes contaminées au tritium sur le site de la centrale et c’est proche de la mer, en aval des réacteurs que la contamination est la plus forte : 3 600 Bq/L (puits n°3).
Les autres résultats de mesure de TEPCo peuvent être consultés ici en anglais.

Dimanche 9 juin, encore une anguille pêchée dans la rivière Edogawa qui dépasse les 100 Bq/kg. Elle avait 140 Bq/kg. Les autorités ont donc demandé de s’abstenir de pêcher des anguilles dans quatre rivières (Arakawa, Kyuedogawa, Nakagawa et Shin’nakagawa) en plus de l’Edogawa. Si c’est de la pêche récréative, les autorités demandent de relâcher l’animal.

Mercredi 3 juillet, un objet qui émet une forte radioactivité a été découvert dans le lit de la rivière Idé à Naraha. Le débit de dose est de 3,4 millisieverts par heure (3 400 microsieverts par heure). Naraha est à moins de 20 km de la centrale et la décontamination est sous la responsabilité du gouvernement. L’objet a été découvert le 20 juin dernier et le gouvernement a demandé à TEPCo de l’analyser. TEPCo a mis en ligne une photo de l’objet sans beaucoup d’explications en japonais et en anglais.

Vendredi 12 juillet, JDC Corp., une compagnie qui participe aux travaux de décontamination, a rejeté 340 m3 d’eau contaminée dans la rivière Iizaki. Cette rivière est utilisée pour l’irrigation de Minami-Sôma. La compagnie prétend avoir eu le feu vert de la Japan Atomic Energy Agency qui l’a engagée et que l’Etat a prévenu les autorités locales. Ces dernières nient et prétendent n’avoir jamais été informées. La Japan Atomic Energy Agency prétend avoir informé verbalement la mairie et la région du rejet.
Il s’agissait d’un des premiers chantiers tests menés par la Japan Atomic Energy Agency qui a fait appel à la JDC Co.. Il a eu lieu entre décembre 2011 et février 2012 dans l’école primaire de Kanabusa et autour. Le chantier a généré 609 m3 d’eau contaminée. 269 m3 ont été traitées et les 340 m3 restant ont été rejetés dans la rivière qui irrigue les rizières. 16 MBq ou 16 millions de becquerels auraient été rejetés dans la rivière. Pour 60 m3, la contamination de l’eau était de l’ordre de 100 à 121 Bq/l.

-> Les limites radiologiques pour les produits alimentaires et l’eau de boisson fixées par le gouvernement japonais sont disponibles ici.
-> La surveillance des rivières est ici en anglais.
-> Des données sur l’eau de puits et de rivières sont ici en japonais.

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Contamination de l’alimentation

Le gouvernement a décidé d’abaisser la limite maximale admissible en césium dans la nourriture à partir du 1er avril 2012. Les produits cultivés avant garderont l’ancienne limite jusqu’à épuisement du stock.

Les nouvelles limites seront :
– 100 Bq/kg pour la nourriture en général.
– 50 Bq/kg pour le lait et la nourriture pour enfant
– 10 Bq/kg pour l’eau.
Si l’on mange quotidiennement de la nourriture contaminée à la limite pendant un an, cela conduirait à une dose de presqu’un millisievert. L’hypothèse que 50% de la nourriture générale est contaminée à la limite a été prise pour ce calcul. La ration est supposée contaminée à 100% pour l’eau, les laitages et la nourriture pour enfant.

10 500 hectares de rizières ne devraient pas être cultivés dans la province de Fukushima cette année. La production de 4 000 autres hectares, où la moisson 2011 avait une contamination comprise entre 100 et 500 Bq/kg pour le césium, aura droit à un contrôle renforcé cette année : tous les sacs de riz devront être testés.

Il y a des milliers de résultats de mesure en ligne dispersés sur de nombreux sites Internet. Le ministère de la santé publie ses résultats, celui de l’agriculture et de la pêche aussi. Les autorités régionales ont leur propre site Internet avec des résultats. Les mairies aussi. A cela s’ajoutent une centaine de stations de mesure indépendantes qui contrôlent surtout l’alimentation. Certaines publient aussi tous leurs résultats. Mais, il n’existe pas, à notre connaissance, de travail de synthèse qui pourrait guider les populations et les autorités.

Le Japon importe officiellement environ 60% de sa nourriture et est auto-suffisant pour le riz. Mais ce chiffre est basé sur les calories. Comme le pays importe presque tous ses oléagineux, le blé, le sucre et l’alimentation pour l’élevage, cela a tendance à augmenter la part des importations. Le riz est 97% domestique, les légumes, à 81%, le poisson à 60%, la viande à 56%, les oeufs à 96%, le lait à 67% et les fruits à 71% (Ces chiffres sont en fait l’auto-suffisance. Pour la viande et le lait, c’est plus bas car les animaux mangent des produits importés). Les statistiques officielles sont ici en japonais.

Lundi 11 mars 2013, jour anniversaire des trois catastrophes,  44 pays ou régions (comme l’Europe) maintiennent des restrictions sur l’importation de produits alimentaires en provenance du Japon.

Lundi 25 mars, TEPCo a annoncé avoir étendu la zone où les agriculteurs, pêcheurs et forestiers peuvent obtenir des indemnisations à cause des « rumeurs néfastes ». Voir le communiqué de TEPCo. Cela va aller jusqu’aux shiitakés de Hiroshima, à l’autre bout de l’île principale. Pour les poissons, cela va jusqu’à Hokkaïdô. Les champignons de Hiroshima ont dû être cultivés sur du bois qui venait du Nord-Est du Japon…
Si la vente de tous ces produits souffre des « rumeurs néfastes », pour reprendre l’expression consacrée, c’est qu’ils ont été contaminés. Mais ce mot là n’apparaît jamais. Officiellement, TEPCo est prête à payer pour compenser la bêtise humaine. Et on va la croire…

Vendredi 29 mars, une enquête du Maïnichi montre que le prix des fruits et légumes produits à Fukushima a encore baissé en 2012 sur le marché de gros à Tôkyô. Le gouvernement avait baissé les limites maximales autorisées de contamination en césium, mais cela n’a pas aidé l’agriculture locale.
En 2011, le prix moyen des légumes produits dans toutes les autres régions du Japon a augmenté de 4% par rapport à l’année 2009. En revanche, les prix des légumes produits dans la province de Fukushima ont baissé de 5% par rapport à 2009. En 2012, les prix ont fléchi en moyenne de 0,2% par rapport à 2009, sauf à Fukushima où la baisse est de 18,7%.
Comme les consommateurs n’achètent plus les produits de Fukushima, officiellement à cause des « rumeurs néfastes », ils finissent dans les restaurants et l’industrie agroalimentaire.

Greenpeace Japon a mis en ligne une nouvelle série de résultats de mesure sur des poissons prélevés en super-marché. Une morue du Pacifique d’Iwaté avait 2,6 Bq de césium 137 par kilo. Les autres poissons sont tous sous la limite de détection.

Vendredi 12 avril, des agriculteurs de Hirono vont reprendre la culture du riz après deux ans d’arrêt dans la moitié des 210 hectares de rizière. Quelques essais avaient été menés l’an dernier et le riz produit ne dépassait pas les limites de contamination. Les 5 200 habitants de la commune ont été évacués. Seulement 10% sont revenus.

Lundi 22 avril, dernière liste officielle des restrictions alimentaires.

Jeudi 25 avril, le gouvernement a toujours 17 000 tonnes de riz contaminé sur les bras et ne sait pas quoi en faire. Il veut l’incinérer, mais les incinérateurs municipaux ne peuvent techniquement pas brûler des grains et il n’a pas trouvé d’installation privée qui l’accepterait. Et d’invoquer, comme toujours, le risque de « rumeurs néfastes ». Un seul incinérateur privé a accepté, mais il n’a brûlé que 10% du stock.
Il y a deux tonnes de la moisson 2012 qui dépasse la norme de 100 Bq/kg pour les deux césium. Le reste provient de la moisson 2011 : à cette époque, quand la limite de 500 Bq/kg était dépassée dans une ferme, toute la récolte du district était interdite à la vente et stockée. Il s’avère, finalement, que 95% de ce riz avait une contamination inférieure à la limite.
De nombreux agriculteurs sont choqués par le fait que le riz qui satisfait aux normes soit traité comme un déchet. Ils proposent de l’utiliser pour le bétail ou pour faire du bio-carburant. Mais, comme les producteurs concernés ont déjà été indemnisés par TEPCo, le ministère de l’agriculture pense que c’est impossible : il n’y a pas d’autre choix que de le traiter comme un déchet.

Vendredi 26 avril, jour anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, une usine à légumes faisant de l’agriculture hors sol vient d’ouvrir à Kawauchi. Tout y est artificiel, même l’éclairage, mais la production est garantie sans césium. Il est prévu que d’ici 3 ans, elle fasse 2 500 m2 et produise 280 tonnes de laitues par an. Jusqu’à une centaine de légumes pourraient y être produits. La municipalité espère ainsi relancer la production agricole du village qui a été évacué et changer l’image des produits. Une partie de la commune est à moins de 20 km de la centrale.
La presse reprend les termes officiels de « nourriture saine » pour lutter contre les « rumeurs néfastes » et d’un « renouveau de l’agriculture dans les territoires contaminés ».
L’usine a coûté 580 millions de yens.

Mardi 30 avril, une étude scientifique (aussi ici, dans Nature) fait le point sur la contamination des poissons d’eau douce à Fukushima. Certains poissons comme les ayu, sont contaminés dans tout l’Est du Japon et jusqu’à Shizuoka, 400 km à l’Ouest de la centrale. La carte de la contamination est très étendue.
Ils ont une contamination moyenne en césium 137 seulement de 2 657 Bq/kg dans la rivière Mano au Nord-Ouest de la centrale. La contamination des poissons carnivores est deux fois plus élevée que celle des ayu qui sont hebivores.

Vendredi 3 mai, début du repiquage du riz à Hirono, pour la première fois depuis deux ans pour certains agriculteurs. Ils ont bon espoir que la moisson satisfasse aux normes.

Mardi 7 mai, la pêche de tout petits poissons, comme des très jeunes sardines, a repris dans la province d’Ibaraki. Elle avait été suspendue après la découverte de spécimens très radioactifs. Ces poissons seront bouillis et séchés pour faire du « shirasu » avant d’être vendus. Ils seront contrôlés avant et après le process.

Vendredi 17 mai, les autorités régionales de Chiba et Tôkyô n’auraient rien fait après avoir appris que des anguilles pêchées dans la rivière Edogawa qui fait la frontière entre les deux régions. Le 9 mars dernier, une dame a pêché une anguille qu’elle a fait analyser par une université qui a trouvé 147 Bq/kg en césium. L’université a prévenu les autorités fin mars et l’agence de la pêche a prévenu les autorités régionales qui n’ont pas réagi. Avec comme excuse qu’il ne s’agissait pas d’une pêche professionnelle vendue dans le commerce. Et puis la saison de pêche est en été.
L’université a analysé d’autres anguilles pêchées par la même dame près de l’embouchure et il y avait 97,4 et 129,6 Bq/kg.

Samedi 18 mai, des agriculteurs du district de Miyakojimachi dans la commune de Tamura, situé à 15 km de la centrale, ont planté du riz avec l’intention de vendre la récolte. Ils ont répandu du potassium pour limiter l’absorption du césium. 6 hectares sur 3 exploitations sont concernés. Les habitants ne peuvent toujours pas habiter à Miyakojimachi, seulement y passer la journée.

Dimanche 9 juin, encore une anguille pêchée dans la rivière Edogawa qui dépasse les 100 Bq/kg. Elle avait 140 Bq/kg. Les autorités ont donc demandé de s’abstenir de pêcher des anguilles dans quatre rivières (Arakawa, Kyuedogawa, Nakagawa et Shin’nakagawa) en plus de l’Edogawa. Si c’est de la pêche récréative, les autorités demandent de relâcher l’animal.

Lundi 10 juin, du riz a été planté dans le district de Nagadoro, le plus contaminé d’Iitaté, où la dose annuelle externe dépasse les 50 mSv/an. Les rizières en question ont été « décontaminées » l’été dernier et la contamination du sol serait passée de 20 000 à 1 600 Bq/kg environ. La culture est expérimentale.

Vendredi 14 juin, des pêcheurs ont pêché un aïnamé à 20 km de la centrale avec 25 800 Bq/kg en césium.

Vendredi 12 juillet, un bar avec plus de 1 000 Bq/kg a été pêché au large d’Ibaraki. C’est plus de 10 fois la limite fixée par les autorités.

Samedi 13 juillet, Greenpeace Japon a de nouveau mis en ligne des résultats de mesure de produits de la mer (poissons, coquillages et algues) prélevés dans la province de Fukushima. Certains échantillons sont proches de la limite de 100 Bq/kg.

Les premières limites radiologiques pour les produits alimentaires et l’eau de boisson fixées par le gouvernement japonais sont disponibles ici. Ces limites ont été revues à la baisse depuis.
-> Des résultats gouvernementaux de surveillance de l’alimentation sont ici.
-> Résultats de mesures effectuées par la province de Fukushima sur l’alimentation (en japonais)
-> Notice de la FAO sur la contamination des aliments en cas d’accident nucléaire (en anglais)
-> Des nombreuses données sur la contamination de l’alimentation sont disponibles ici en japonais.
-> Les données officielles des autorités régionales de Fukushima sont ici en anglais.

(Sommaire)


Contamination de la mer

Vendredi 15 mars 2013, nous l’avons déjà dit et répété : la centrale de Fukushima continue de rejeter de la pollution radioactive dans la mer. Comme preuve, il y a le fait que la concentration en césium dans l’eau de mer est plus forte à proximité de la centrale qu’au large. Bien-sûr, une part du phénomène peut être expliqué par le fait que les sédiments sont plus chargés en césium qu’au large et qu’il y a moins d’eau. La résorption du césium entraîne donc une contamination plus forte.
Mais il y a aussi des données qui montrent une contamination en tritium près de la centrale. Il s’agit là d’une preuve irréfutable que la centrale continue à fuir.
Un universitaire japonais de la Tokyo University of Marine Science and Technology ensuite essayé d’évaluer la quantité de césium qui a fuit dans la mer depuis juin 2011 à partir des mesures officielles dans l’eau de mer, juste devant dans la centrale, dans le port, qui sont montées jusqu’à 100 bequerels de césium par litre d’eau de mer. Pourquoi cette date ? Parce que TEPCo prétend que les fuites ont cessé à partir de ce moment là. Il est arrivé à 16,1 térabecquerels (16,1×1012 Bq, ou 16 millions de millions de becquerels) de césium 137. C’est 73 fois plus que l’autorisation de rejet d’avant la catastrophe. Pour lui, cet apport ne peut pas être expliqué par le lessivage des sols et doit venir de l’eau souterraine.
L’étude universitaire est ici en libre accès, avec une annexe ici. Le journal scientifique, biogeosciences, propose de nombreux autres articles sur la pollution marine au large de la centrale de Fukushima.
TEPCo nie le diagnostique et continue à prétendre qu’il n’y a pas de fuite.
Le MEXT a mis en ligne des données sur la contamination en césium des sédiments marins dans la baie de Tôkyô.

Samedi 16 mars, comme en écho à l’information de la veille concernant les fuites en mer, TEPCo vient d’annoncer qu’un nouveau record de contamination vient d’être battu : 740 000 becquerels de césium par kilo dans un aïnamé (hexagrammos otakii) pêché le 21 février 2013 dans le port devant la centrale.
TEPCo a mis un filet à l’entrée du port pour empêcher les poissons fortement contaminés de prendre le large ou d’autres poissons de venir se contaminer fortement. La compagnie tente aussi de capturer tous les poissons du port pour les tuer. Quand il n’y aura plus de poissons dans cette zone, il n’y aura plus à communiquer sur les fortes contaminations. Mais ce n’est pas parce que la compagnie aura cassé le thermomètre que les fuites cesseront.

Vendredi 22 mars, les dernières données officielles sur la contamination marine montrent qu’il y a toujours plus de césium dans l’eau de mer près de la côte qu’au large. On trouve aussi plus de strontium et de plutonium dans l’eau à proximité de la centrale. Il y a aussi du tritium, hydrogène radioactif, qui signe que les fuites continuent.
Cette contamination en césium et strontium de l’eau de mer se retrouve sur des centaines de kilomètres, d’Ibaraki à Miyagi. Il en est de même pour les sédiments marins qui sont aussi contaminés avec du plutonium, de l’américium

L’étude universitaire qui estime le niveau des fuites en mer est ici en libre accès, avec une annexe ici. Le journal scientifique, biogeosciences, propose de nombreux autres articles sur la pollution marine au large de la centrale de Fukushima.

Mercredi 3 avril, TEPCo a mis en ligne une présentation succinte de la barrière souterraine qu’elle installe pour arrêter les infiltrations officiellement inexistantes des nappes phréatiques vers la mer. La première plaque vient d’être installée, mais il y a encore pour un an de travaux.

Lundi 13 mai, TEPCo a eu une réunion avec les coopératives de pêche pour obtenir leur accord afin de rejeter en mer de l’eau souterraine et limiter ainsi les infiltrations dans les sous-sols des réacteurs. Officiellement, cette eau serait moins contaminée que celle des rivières. TEPCo a mesuré jusqu’à 0,12 Bq/L de césium 137 dans cette eau. C’est moins que pour l’autorisation de rejet, mais cela signifie que la nappe est déjà bien contaminée et confirme l’hypothèses de fuites en mer. Qu’en est-il pour le tritium, beaucoup plus mobile ?
Mais les coopératives de pêches ont refusé de signer un chèque en blanc et demandent plus de temps pour décider. Les prochaines discussions auront lieu en juin, au plus tôt. TEPCo a sous estimé la défiance des pêcheurs. Les leaders des coopératives étaient d’accord, mais pas la base.
TEPCo estime que le volume d’eau quotidien s’infiltrant dans les sous-sols pourrait passer de 400 à 300 m3.
Greenpeace Japon et la Surfrider foundation ont proposé un contrôle citoyen de l’eau souterraine rejetée. Ces deux organisations s’opposent, bien entendu, aux rejets en mer d’eau contaminée.

Lundi 20 mai, les derniers résultats mis en ligne sur le site de la NRA montrent que les sédiments marins continuent à être toujours très contaminés à proximité de la centrale de Fukushima daï-ichi. Les analyses ont été faites par TEPCo qui met en ligne sur son site les mêmes résultats présentés différemment. La compagnie montre aussi l’évalution temporelle qui ne met pas en évidence de baisse significative. D’autres mesures plus récentes sont aussi en ligne sur le site de la NRA.

Mardi 21 mai, des chercheurs de la Japan Agency for Marine Earth Science and Technology ont prélevé du plancton en 10 points du Pacifique au large de la centrale de Fukushima, de Hokkaïdô à Guam, et ont trouvé une contamination systématique en césium 134 et 137. La contamination la plus élevée en césium 134 est de 8,2 à 10,5 Bq/kg et la plus basse, de 1,9 Bq/kg. Il faut ajouter le césium 137 : 14,9 Bq/kg pour l’échantillon le plus contaminé. Ils ont été prélevés moins d’un an après la catastrophe, en janvier-février 2012, de 500 à 2 100 km de la centrale.
Le plancton est tout en bas de la chaîne alimentaire marine et le césium peut s’accumuler tout au long de cette chaîne.
Les points où le plancton est le plus contaminé ne sont pas les points où l’eau est la plus contaminée. Les chercheurs n’ont pas l’explication.
La contamination de l’eau de mer ne baisse pas au large de Miyagi, selon les derniers relevés de TEPCo.

Vendredi 24 mai, l’eau de mer au large de Miyagi est toujours contaminée. Les mêmes résultats sont présentés sous forme de carte ici et sous forme de tableau et courbes avec évolution ici. L’eau est toujours beaucoup plus contaminée près de la centrale.
Les poissons pêchés dans le port devant la centrale continuent à être très contaminés. Et plus au large, il y a en a toujours dont la contamination dépasse l’autorisation de mise sur le marché.

Mercredi 29 mai, il y a toujours du tritium dans l’eau souterraine entre les réacteurs et la mer, jusqu’à 3 500 Bq/L et dans l’eau de mer à proximité de la centrale (3,8 Bq/L). C’est moins qu’à La Hague en France, mais cela prouve que les fuites vers la mer continuent.

Jeudi 30 mai, la Japan Agency for Marine-Earth Science and Technology (JAMSTEC) a prélevé des sédiments à 7 553 m de profondeur, dans une fosse située à 110 km de l’épicentre qu séisme du 11 mars 2011 et a trouvé du césium 134 à une teneur de 20 Bq/kg. Le césium 134, qui a une demi-vie de deux ans, est dû aux rejets récents liés à la catastrophe nucléaire. Il s’est retrouvé dans la fosse abyssale en moins de 4 mois. (Article scientifique en accès libre).

Vendredi 31 mai, TEPCo présente un bilan de la surveillance de la contamination des poissons qu’elle effectue, ainsi que les derniers résultats de mesure. Même si l’on note une baisse de la contamination, il y a toujours des poissons fortements contaminés. Le record de la dernière pêche est de 152 000 Bq/kg pour les deux césium. Pour quelques spécimens, d’autres radioéléments ont été recherchés. Il y a ainsi 6,0 Bq/kg de strontium 90, un élément très radiotoxique, dans une sole pêchée à 3 km au large. Cette sole avait aussi 1 690 Bq/kg de césium.

Mardi 4 juin, TEPCo tente toujours de convaincre les pêcheurs que rejeter de l’eau souterraine pompée en amont des réacteurs et de la rejeter en mer n’aura aucun impact. Une vidéo de l’installation peut être visionnée ici.
Lors de la précédente réunion, TEPCO avait dit que la contamination en césium était sous la limite de détection. Mais une nouvelle analyse effectuée à Fukushima daï-ni a montré que cette eau était contaminée au césium : 0,61 Bq/L. La première mesure avait eu lieu à Fukushima daï-ichi où la contamination ambiante a caché la contamination de l’eau. Cela reste inférieur à la limite que TEPCo s’est fixée pour rejeter de l’eau en mer (1 Bq/L), mais les pêcheurs ont le sentiment que l’on se moque d’eux.
C’est la NRA qui a demandé à TEPCo d’améliorer sa mesure.
Une explication est ici en japonais.

Mercredi 5 juin, le gouvernement a organisé une réunion publique dans la ville de Fukushima pour convaincre la population d’accepter le rejet en mer de l’eau souterraine pompée en amont des réacteurs accidentés de la centrale de Fukushima daï-ichi. Elle attendait 100 personnes, il y en a eu 20…

Jeudi 6 juin, TEPCo a mis en ligne des résultats de mesure sur de l’eau de mer prélevée au large de Miyagi. Les graphes montrent que la contamination ne baisse pas, mais qu’elle a même tendance à augmenter par endroit. Les mêmes données sont ici sur une carte. A titre de comparaison, voici des données plus près de la centrale, ou encore plus près. Plus on s’approche, plus la concentration augmente, ce qui indique que les fuites en mer continuent.

Vendredi 7 juin, TEPCo a eu une seconde réunion avec des pêcheurs et n’a pas plus réussi à les convaincre de donner leur accord à rejeter en mer l’eau souterraine pompée en amont des réacteurs. Même en promettant de faire des mesures avant rejet. Personne n’a confiance en TEPCo. Ce n’est pas à la compagnie de faire les mesures. Comment les autorités ne comprennent pas cela et ne proposent pas des solutions acceptables par tous ?

Jeudi 13 juin, TEPCo veut rejeter dans la mer l’eau souterraine pompée en amont des réacteurs accidentés afin de limiter les infiltrations dans les sous-sols. Comme elle peine à convaincre les pêcheurs, elle promet de mettre l’eau dans des cuves tampon et de la contrôler avant de la rejeter. Mais elle a du mal à faire des mesures fiables…
En mai dernier, TEPCo avait affirmé que la contamination en césium était inférieure aux niveaux détectables. Mais comme la mesure avait été faite à Fukushima daï-ichi, qui est contaminée, elle était moins fiable. La NRA a donc demandé de refaire la mesure à Fukushima daï-ni et là, TEPCo a trouvé du césium ! Le 3 juin dernier, elle a annoncé 0,61 Bq/L pour les deux césiums. Mais, TEPCo revient sur ces chiffres (en japonais) et annonce maintenant 0,055 Bq/L pour la même eau !
Cela ne fait pas très sérieux. La seule façon de s’en sortir est que les pêcheurs choisissent un laboratoire tiers qui fera des mesures de la radioactivité dans l’eau de souterraine avant rejet.

Vendredi 14 juin, des pêcheurs ont pêché un aïnamé à 20 km de la centrale avec 25 800 Bq/kg en césium.
Il y a toujours plus de césium dans l’eau de mer à proximité de la centrale qu’un peu plus au large, ce qui suggère que les fuites continuent. En revanche, TEPCo n’a pas trouvé de tritium dans l’eau de mer cette fois-ci.

Mercredi 19 juin, TEPCo a annoncé avoir mesuré 1 000 Bq/L de strontium-90 dans de l’eau souterraine prélevée dans un puits situé à 27 m de la rive. Le strontium est particulièrement radio-toxique, ce qui ne manque pas d’inquiéter. Il y a 500 000 Bq/l de tritium dans l’eau du même puits.
La contamination de l’eau de mer n’aurait pas changé. TEPCo annonce le forage de puits supplémentaires à proximité.
Les prélèvements du 24 mai dernier et le résultat tritium du 31 mai, il vient seulement d’être rendu public. TEPCo reste TEPCo… et explique que la mesure du strontium prend du temps. C’est vrai, mais rien ne l’empêchait de donner les autres résultats plus tôt.
Les données sont ici en japonais et ici en anglais. On trouve aussi du ruthénium, en moindre quantité. La mesure du strontium prend beaucoup de temps et l’on n’a pas encore les résultats pour juin. En revanche, les niveaux de tritium ne semblent pas baisser.
Cette eau souterraine est vraiment le problème n°1 à la centrale. Les pêcheurs n’accepteront jamais d’autoriser le rejet en mer d’eau souterraine. Pourtant, il faut bien empêcher celle en amont de la centrale de pénétrer dans les réacteurs. Si l’on ne fait rien, les fuites vers les nappes phréatiques, puis la mer, vont s’amplifier. Ce devraient être des laboratoires indépendants choisis par les pêcheurs qui contrôlent l’eau souterraine pompée en amont des réacteurs pour pouvoir être rejetée si elle n’est pas contaminée. Cela urge.
Les autorités régionales de Fukushima ont décidé de faire leur propre surveillance de la contamination marine devant la centrale.
Le denier bilan de l’eau contaminée est ici en anglais.

TEPCo a mis en ligne ses derniers résultats sur la contamination des sédiments marins. Aucune tendance à la baisse et plutôt des hausses par endroit. Ces mêmes résultats sont présentés sur une carte sur la site de la NRA.

Vendredi 21 juin, TEPCo a mis en ligne des résultats de mesure sur des poissons pêchés dans son port. Ils sont, dans l’ensemble, encore fortement contaminés, jusqu’à 320 000 Bq/kg pour les seuls césiums. C’est beaucoup plus que la contamination de l’eau de mer.
Plus loin, mais à moins de 20 km de la centrale, la contamination est plus basse, mais il y a encore des spécimens qui dépassent la limite d’autorisation de mise sur le marché.

Lundi 24 juin, TEPCO a mesuré le tritium dans l’eau de mer à proximité du puits où elle avait trouvé une forte concentration en tritium et strontium dans l’eau souterraine. La contamination en tritium de l’eau de mer augmente ! En un point, c’est passé de 500 Bq/l le 10 juin à 1 100 Bq/l le 21. En un autre point, c’est passé de 600 Bq/l le 14 juin à 910 Bq/l le 21. Mais, officiellement, il n’y a toujours pas de fuite !
Sur ce graphe, on voit que la contamination de l’eau de mer en tritium dans le port dépasse les 100 Bq/l depuis le début de la catastrophe. En 2011, lors de la forte fuite en mer, la contamination était beaucoup plus élevée. On voit aussi l’augmentation récente.
Les concentrations naturelles en tritium sont de l’ordre de 0,1 Bq/l et l’on trouve de l’ordre de 10 Bq/l dans la Manche à cause des rejets des installations nucléaires.
La dernière mesure en strontium 90 dans l’eau de mer indiquée sur ce même document date de novembre 2012

Jeudi 27 juin, ce n’est pas une surprise pour les lecteurs de cette page : la centrale de Fukushima daï-ichi continue à fuir dans la mer. Notre argumentation était essentiellement basée sur la présence de tritium dans l’eau de mer qui ne s’accumule pas dans les sédiments et qui n’est pas rejeté par les rivières après lessivage des sols, contrairement au césium. Le fait que la concentration dans l’eau de mer augmente signifie que les fuites s’amplifient. La NRA le reconnaît enfin et suspecte aussi fortement des fuites en mer depuis les réacteurs inondés. Et d’ajouter qu’il est dangereux de supposer que l’eau ne fuit pas. Elle va ordonner à TEPCo de prendre des mesures pour arrêter cette fuite. Est-ce possible ?
D’après les dernières données mises en ligne, la contamination de l’eau de mer par le tritium a encore augmenté. Il y a 1 500 Bq/l au point le plus contaminé.

Mercredi 3 juillet, la NRA a mis en ligne une carte de la contamination des sédiments marins au large de Fukushima. TEPCo, qui a fait les mesures, a aussi publié ces mêmes résultats (sans carte) en mettant en plus des courbes qui montrent l’évolution de la contamination : cela augmente en de nombreux points.

Samedi 6 juillet, nouvelles valeurs de la contamination en tritium de l’eau souterraine et de l’eau de mer. Il y a une légère augmentation par rapport aux valeurs du 1er juillet.

Dimanche 7 juillet, TEPCo a creusé un nouveau puits à proximité des deux autres puits où l’eau est très contaminée et avait mesuré 900 000 Bq/l en bêta total hors tritium. C’était un record (cf 5 juillet). Elle vient de donner les valeurs pour le tritium : 380 000 Bq/l (puits n°1-2). La situation dans ce puits est pour le moins étrange : la valeur pour la contamination bêta totale est nettement supérieure à celle pour le tritium, alors que c’était toujours l’inverse jusqu’à maintenant. Une erreur de mesure ? Espérons-le.
TEPCo a aussi mesuré 99 Bq/l pour le césium 134, 210 Bq/l pour le césium 137, 95 Bq/l pour le ruthénium 106, 62 Bq/l pour le manganèse 56… dans l’eau souterraine prélevée dans ce puits situé à 25 m de la mer. Ce sont aussi des valeurs très élevées pour de l’eau souterraine.
Dans le puits n°1-1, la contamination en tritium est passée à 600 000 Bq/l, un record. C’était 510 000 Bq/l le 5 juillet dernier dans le même puits !
Voir aussi le communiqué de presse en anglais.

Mardi 9 juillet, nouveau record de contamination de l’eau souterraine dans un puits (n°1-2) situé entre la centrale et la mer : TEPCo a annoncé 9 000 Bq/l pour le césium 134 et 18 000 Bq/l pour le césium 137. C’est 90 fois plus qu’il y a 3 jours ! La contamination bêta totale, extrêmement élevée, n’a, quant à elle, pas beaucoup changé.
Des photos et un plan sont disponibles en japonais.

Mercredi 10 juillet, la contamination en césium de l’eau souterraine du puits 1-2 a encore augmenté : 11 000 Bq/l pour le césium 134 et 22 000 Bq/l pour le césium 137. La contamination bêta total, quant à elle semble rester stable.
La NRA, l’autorité de sûreté a reconnu qu’il y avait fort probablement des fuites en mer. Elle va mettre en place un groupe de travail pour essayer de résoudre le problème. Selon le New-York Times, le chef de l’autorité de sûreté a même affirmé que les fuites en mer durent depuis au moins deux ans, comme le disent de nombreuses personnes dont l’ACRO.
TEPCo ne franchit toujours pas le pas.
Pourtant, depuis au moins le 6 mars 2013, il y a du tritium dans l’eau de mer à proximité de la centrale accidentée. Il ne peut venir que de fuites. Des articles scientifiques tentent d’estimer l’ampleur des fuites. Mais TEPCo n’a rien fait. Maintenant que les fuites deviennent plus graves et voyantes, elle va mettre une rustine provisoire dans l’urgence, avec photos et vidéo pour montrer qu’elle est active. Voir le communiqué en anglais et les explications en anglais plus courtes qu’en japonais.
Les valeurs affichées par TEPCo restent surprenantes : la contamination en césium de l’eau du puits n°1-2 a été multipliée par 100 en quelques jours, mais la contamination bêta total, hors tritium, n’a presque pas variée. Celle en tritium non plus.
TEPCo pense que ce sont des particules de sol qui ont fait augmenter la contamination en césium et qu’après avoir filtré l’eau, la contamination était revenue aux niveaux d’il y a 5 jours. Les données sont ici en anglais.
Cela ne contredit pas le fait que la centrale continue à fuir dans la mer car il y a toujours quelques centaines de becquerels de tritium par litre d’eau de mer à proximité. Voir le dernier tableau de données.
Le dernier bilan de l’eau stockée dans les citernes est ici en anglais. Et les derniers résultats de mesure sont ici en anglais.

Vendredi 12 juillet, suite du feuilleton sur les fuites et la contamination des puits de contrôle entre les réacteurs et la mer : TEPCo publie des données sur la contamination en strontium. La mesure de cet élément prend un mois et les données concernent donc des prélèvements faits le 7 juin 2013 dans les premiers puits creusés. Dans le puits n°1, il y a 1 200 Bq/l de strontium 90. La contamination bêta totale, hors tritium, était de 1 600 et 1 700 Bq/l. Le strontium représenterait donc plus de 70% de la contamination bêta total. Est-ce transposable aux autres puits, dont le puits n°1-2 qui a jusqu’à 900 000 Bq/l en bêta total ? Le strontium se fixe dans les os et est donc très radiotoxique. Ce serait très inquiétant. Le communiqué correspondant est ici en anglais.
Quant à la contamination du jour en césium dans le fameux puits n°1-2, elle a légèrement baissé : 8 200 Bq/l pour le césium 134 et 17 000 Bq/l pour le césium 137. La contamination bêta total reste stable avec 890 000 Bq/l. Le communiqué correspondant est ici en anglais.
La contamination en tritium de l’eau du puits 1-1 bat un nouveau record : 630 000 Bq/l. La contamination bêta totale y est de 4 400 Bq/l. Avec 70% de strontium ? Le même document donne aussi des données pour l’eau de mer qui continue à être contaminée au tritium. De nombreux points sont classés ND, pour non détecté, mais la limite de détection est de 120 Bq/l !!!
Le puits n°3 suit aussi ses voisins : la contamination bêta totale est passée de ND le 4 juillet, à 1 400 Bq/l le 11 juillet.
TEPCo n’admet toujours pas qu’il y a des fuites, mais met en place une protection pour empêcher les poissons fortement contaminés du port de s’en aller.

Un bar avec plus de 1 000 Bq/kg a été pêché au large d’Ibaraki. C’est plus de 10 fois la limite fixée par les autorités.

Samedi 13 juillet, TEPCo pense toujours que la forte contamination de l’eau souterraine entre les réacteurs et la mer est due à la fuite qu’il y a eu en avril et mai 2011 et qu’il n’y a pas de fuite nouvelle en mer. Des fosses à proximité de la mer seraient toujours pleines d’eau contaminée qui contaminerait les nappes phréatiques. La contamination ne viendrait pas directement des bâtiments réacteurs. Mais TEPCo n’explique pas d’où vient le tritium dans la mer… Pour la NRA la question de l’origine des contaminations élevées reste ouverte.
Le problème est que TEPCo base toute sa stratégie sur cette seule hypothèse. Elle veut installer une barrière souterraine pour bloquer les écoulements (comme si c’était possible) et pomper l’eau qui est restée dans les fosses (5 000 m3 pour le réacteur n°2 et 6 000 m3 pour le 3). Mais elle risque de faire venir de l’eau contaminée des sous-sols des réacteurs et aggraver la contamination des nappes… Et les niveaux de dose sont élevés, ce qui n’est pas sans conséquence pour les personnes qui travaillent sur ce chantier.
Comme certains indices de radioactivité ne varient pas ou peu et que d’autres varients rapidement, on peut penser que plusieurs origines contribuent à la contamination des nappes phréatiques proches de la mer.

Greenpeace Japon a de nouveau mis en ligne des résultats de mesure de produits de la mer (poissons, coquillages et algues) prélevés dans la province de Fukushima. Certains échantillons sont proches de la limite de 100 Bq/kg.

Lundi 15 juillet, TEPCo a mis de nouveaux résultats de mesure sur l’eau de mer et il y a toujours une forte contamination en tritium, jusqu’à 940 Bq/l. Il y a aussi 41 Bq/l en césium au même point.

Mardi 16 juillet, la plage d’Yotsukura à Iwaki a ouvert pour la première fois depuis l’accident nucléaire. C’est la deuxième plage à rouvrir avec Nakoso l’an dernier. Cette nouvelle plage est plus proche de la centrale.

Mercredi 17 juillet, l’eau des puits de contrôle entre les réacteurs et la mer continue à être très contaminée. TEPCo publie plusieurs photos, pour changer. Une carte aurait été plus utile…. Il y a toujours une forte contamination en tritium. L’eau du puits 1-2 est aussi fortement contaminée en bêta total et en césium. Pour le césium C’était presque, TEPCo a filtré l’eau et obtenu une concentration inférieure à une quarantaine de Bq/l pour les deux césium. Cette limite de détection est très élevée. 18 000 Bq/l en césium avant filtration.
L’eau de mer près de la centrale continue aussi à être très contaminée en tritium : il y a jusqu’à 2 200 Bq/l ce qui confirme les fuites. Il y a aussi jusqu’à une cinquantaine de Bq/l en césium.
Les poissons dans le port de la centrale sont toujours aussi contaminés : il y a jusqu’à 212 000 Bq/kg en césium. Au-delà, TEPCO continue à trouver de nombreux poissons avec une contamination qui dépasse les 100 Bq/kg en césium, qui est la limite d’autorisation de mise sur le marché. La pêche commerciale n’est donc toujours pas possible. Il y a jusqu’à 670 Bq/kg dans un poisson pêché à 2 km au large de la centrale de Fukushima daï-ni.
Le dernier bilan de l’eau contaminée dans les cuves et les sous-sols est ici en anglais. Cela continue à s’accumuler sans que TEPCo ne puisse donner de calendrier à propos de sa station de traitement. Il est aussi fort peu probable qu’elle obtienne l’autorisation de rejeter en mer l’eau traitée.

-> Les mesures disponibles concernent surtout l’eau de mer. Pour les êtres vivant dans la mer, il faut multiplier ces valeurs par un facteur de concentration. Quelques valeurs de facteurs de concentration sont données. Ce modèle basé sur la concentration directement via l’eau de mer ne marche pas bien qu’il soit utilisé partout. Une partie des poissons est contaminée via la chaine alimentaire à partir des sédiments marins.
-> Les limites radiologiques pour les produits alimentaires et l’eau de boisson fixées par le gouvernement japonais sont disponibles ici.
-> Les données de mesure officielles du MEXT sont ici et ici en anglais.
-> Simulation de la dispersion de la pollution radioactive dans le Pacifique par JAMSTEC : ici en anglais.

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Impact sur la faune et la flore

Mercredi 27 mars 2013, une espèce de mollusque gastéropode a disparu de la côte japonaise à proximité de la centrale de Fukushima, selon une étude du National Institute for Environmental Studies. Les chercheurs ne savent pas si c’est dû à la radioactivité. Ces animaux de 3 cm sont très répandus au Japon. Mais il n’y en avait aucun sur 30 km de littoral près de Fukushima, entre Futaba et Hirono. En revanche, il y en avait à Sôma ou Minami-Sôma, qui ont été fortement touchées par le tsunami. Il est donc peu probable que leur disparition soit seulement due au tsunami.

Lundi 1er avril, présentation du Prof. Timothy Mousseau et Anders Møller sur l’impact de la radioactivité sur les être vivants des zones contaminées. Comme le précise, avec humour, la diapo 5, les oiseaux ne boivent pas d’alcool, ne fument pas et ne sont pas dépressifs ! C’est donc un bon indicateur de l’impact sanitaire potentiel des radiations. Et cet impact est visible !

-> Lire notre article sur l’impact de la radioactivité expliqué aux enfants.

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Evacuation ou vie dans les territoires contaminés

Le 11 mars 2012, la zone des 20 km autour de la centrale nucléaire de Fukushima daï-ichi est toujours fermée. Il faut un laisser-passer pour y entrer ou passer à pied par des petits chemins. Environ 80 000 personnes y habitaient. Depuis la fin de la phase d’urgence en décembre 2011, les autorités souhaitent pouvoir laisser rentrer les populations dans les zones pas trop contaminées, après avoir réparé ce qui a été endommagé par le séisme et le tsunami.

D’autres zones ont été évacuées à cause de la forte contamination des sols. Il y a ainsi une bande vers le Nord-Ouest jusqu’à une cinquantaine de kilomètres de la centrale. Le critère d’évacuation est basé sur la seule irradiation externe qui ne doit pas dépasser 20 mSv/an, ce qui correspond à la limite des travailleurs du nucléaire en France. A cela s’ajoutent des points chauds évacués jusqu’à 80 km.

De nombreuses personnes sont aussi parties par elles-mêmes. Le nombre total de personnes évacuées est estimé à 150 000 environ.

Pour le retour des populations dans le rayon de 20 km, le nouveau zonage est  :
–    les zones où l’exposition externe peut dépasser 50 mSv sur un an : les autorités ne savent pas quand un retour sera possible ;
–    les zones où l’exposition externe peut entraîner une dose annuelle comprise en 20 et 50 mSv par an : les autorités comptent sur la décontamination pour permettre aux populations de rentrer d’ici quelques années ;
–    les zones où l’exposition externe entraîne une dose inférieure à 20 mSv par an : les autorités s’engagent à y effectuer les travaux nécessaires pour permettre un retour rapide. En effet, les dégâts du séisme et du tsunami n’ont pas pu être réparés dans cette zone.

Il y a en tout 260 000 personnes dans des logements provisoires, dont 110 000 dans des préfabriqués.

Les Amis de la Terre du Japon ont mis en ligne un rapport en anglais présentant les efforts des citoyens japonais pour la reconnaissance d’un droit à l’exil en cas de vie dans les territoires contaminés par la catastrophe de Fukushima.

Mercredi 13 mars 2013, le Maïnichi vient de découvrir que 3 employés municipaux de Futaba qui ont assisté la police à rechercher les corps des victimes du tsunami dans la zone évacuée n’avaient aucune protection ni dosimètre pendant presque un mois. Les policiers étaient protégés contre la contamination et portaient deux dosimètres. Leurs doses ont été enregistrées. 27 500 personnes ont participé à ces recherches dans les communes de Futaba et Minami-Sôma et l’irradiation externe est restée inférieure à 5 mSv pour chacune d’entre elles. C’est plus que la limite habituelle de 1 mSv.
Mais rien de tel pour ces trois employés municipaux, qui ont participé aux opérations de recherche entre le 22 avril et le 19 mai 2011, alors que leur municipalité avait déjà déménagé à Kazo, dans la province de Saïtama.

Vendredi 15 mars, un beau webdocumentaire sur la catastrophe de Fukushima et la vie dans les territoires contaminés.

Samedi 16 mars, nous en avons déjà parlé jeudi 14 mars, de nombreuses communes situées dans un rayon de 30 km d’une centrale nucléaire, qui doivent préparer un plan d’évacuation de leur population pour lundi 18 mars, ne sont pas prêtes.  C’est pourtant une condition nécessaire pour pouvoir redémarrer les réacteurs. Et les plans des communes qui ont rendu leur copie ne sont pas satisfaisants.
La province de Fukui, avec 14 réacteurs nucléaires, est particulièrement concernée. En juin 2012, elle a écrit rapidement un plan d’évacuation autour de la centrale d’Ôï, pour pouvoir la redémarrer. C’est la seule à fonctionner actuellement. Mais le plan est complètement irréaliste. Par exemple, les habitants de Takahama, à l’Ouest, ne doivent pas partir vers la ville de Maïzuru à 20 km de là, mais rester dans la province, en allant à Tsuruga, à 50 km de là, en passant au plus près de plusieurs réacteurs nucléaires… Le gouverneur de Fukui ne semble pas prêt à travailler avec les gouverneurs des provinces voisines. Il se focalise sur les communes à moins de 5 km pour le 18 mars.
Les plans des provinces voisines de Kyôto et Shiga ne sont pas sans critique : la province de Kyôto prévoit d’évacuer ses habitants vivant à moins de 30 km des centrales de Fukui à Maïzuru. Mais, on ne sait pas comment, ni où ces personnes seront hébergées.
Rien n’est prévu, non plus, si le lac Biwa, qui abreuve en eau potable 14,5 millions de personnes, est contaminé.
A Shizuoka, autour de la centrale de Hamaoka, il y a 860 000 personnes dans un rayon de 30 km. Comment trouver les bus et les chauffeurs pour les évacuer ?

Le Japan Times consacre un article intéressant au projet « Shinsai Big Data », ou base de données de la catastrophe sismique. Les enregistrements des téléphones portables ou des GPS permet de suivre la réaction des gens au moment de la fuite face au tsunami et d’abaisser le nombre de victime la prochaine fois. Il apparaît, par exemple, que les personnes sont commencé à fuir le plus loin possible de la côte, comme elles devaient le faire, puis que de nombreuses voitures ont fait demi-tour pour retourner dans les zones qui seront inondées. Elles seraient aller secourir des proches et cela leur a été fatal. D’autres mouvements montrent un point d’arrêt. Les gens se seraient donc rassemblés dans la zone d’évacuation prévue, qui a été inondée, alors qu’ils auraient eu le temps d’aller plus loin et être sauvés. De nombreuses personnes ont été bloquées dans les embouteillages.
Les mails et autres SMS ont aussi été très utiles pour retrouver des disparus. Il y a eu 180 de tweets au Japon le 11 mars 2011. Comment les exploiter ? Qu’en est-il de l’évacuation due à la catastrophe nucléaire ? Peut-on en tirer des informations similaires ?

Lundi 18 mars, date limite pour soumettre son plan d’évacuation à la NRA en cas d’accident nucléaire. 135 communes et 21 provinces ayant des habitants à moins de 30 km d’une centrale nucléaire sont concernées. Selon le Maïnichi, 59 communes et 13 provinces sont dans les temps. Mais seulement 58 communes et 12 provinces auraient trouvé un lieu d’accueil. Mais il n’y a pas que l’évacuation à prévoir. Et seulement 30 municipalités et 8 provinces sont prêtes.
A Ibaraki, par exemple, où 940 000 personnes vivent à moins de 30 km des installations nucléaires, cela semble impossible d’évacuer toute le monde en cas d’accident. Les autorités locales en appellent au gouvernement. A Shizuoka non plus, il n’y a pas encore de lieu d’accueil pour tout le monde.
Selon le Yomiuri, seulement 29 communes sont prêtes. 120 (ou 80%) pensent avoir fini à l’automne 2013. 7 autres se donnent jusqu’à mars 2014.

Dimanche 14 avril, en juin 2011, plusieurs familles avaient porté plainte pour obtenir l’évacuation des enfants des zones contaminées. La cour d’appel devrait rendre son verdict bientôt. Les familles, qui habitent à Kôriyama, ont saisi la justice au nom de 14 enfants pour obtenir le droit de vivre dans une zone où l’exposition à la radioactivité artificielle ne dépasse pas 1 mSv/an. Elles ont été déboutées en décembre 2011.

Mercredi 24 avril, le maire de Minami-Sôma, K. Sakuraï, a fait le bilan des 3 catastrophes qui ont frappé sa ville en 2011 devant la délégation des 3 CLI du Nord-Cotentin en voyage au Japon :
– il y avait 71 000 habitants avant la catastrophe. Ce nombre est descendu à 10 000 et est actuellement de 46 000. 25 000 autres ne sont pas revenus.
– le tsunami a entraîné le décès de 686 habitants. 406 autres, des personnes âgées essentiellement, sont décédées à cause de l’évacuation forcée qui a fait suite à la catastrophe nucléaire.

Jeudi 25 avril, nous en avions parlé le 14 avril, plusieurs familles avaient porté plainte au nom de leurs enfants pour obtenir le droit à évacuer avec compensations de la ville de Kôriyama, qu’elles considèrent trop contaminée. Elles avaient déjà été déboutées en décembre 2011 et avaient fait appel de la décision. Elles viennent à nouveau d’être déboutées.

Mardi 7 mai, le nombre d’enfants scolarisés à Fukushima a chuté et est passé sous la barre des 100 000. C’est 19 000 de moins qu’avant la catastrophe. L’Asahi rapporte que dans deux écoles, il n’y a plus qu’un seul élève. C’est le cas d’Ônami, située à 57 km de la centrale, où un seul garçon de 11 ans vient en classe (l’école primaire dure 6 ans au Japon) et est en dernière année. Il y avait 41 élèves avant la catastrophe. Trois personnes sont là pour s’occuper de lui…

Samedi 11 mai, le ministère de l’environnement a annoncé qu’il allait revoir les règles d’évacuation pour prendre en compte les animaux de compagnie.

Samedi 25 mai, la limite d’évacuation a fixée à 20 mSv/an par les autorités japonaises. Elle est de 10 mSv/an en France. Aux Etats-Unis, c’est 20 mSv la première année et 5 mSv la suivante. En Biélorussie, c’est 5 mSv qui a été appliquée 5 ans après le début de la catastrophe. 20 mSv/an correspond à la limite pour les travailleurs du nucléaire et c’est 20 fois plus que la limite pour la population générale en temps normal. Cette limite n’a pas été accepté par les populations qui ont tenté d’infléchir la décision gouvernementale. Evacuer à 10 mSv/an aurait entraîné le déplacement de 70 000 personnes supplémentaires selon l’IRSN. Cela a un coût et les autorités doivent choisir entre les finances publiques et la santé publique. Ce sont souvent les finances qui gagnent…
Le quotidien Asahi a eu accès à des documents officiels qui permettent de comprendre cette décision de maintenir une limite d’évacuation à 20 mSv/an. Le 17 octobre 2011, lors d’une réunion informelle de membres du gouvernement, le ministre de l’environnement, en charge de la catastrophe nucléaire, a proposé de baisser la limite d’évacuation à 5 mSv/an et a défendu sa proposition en arguant que le fossé entre 1 et 20 mSv est trop grand. Et puis, au Japon, une zone est classée en « zone contrôlée » à partir de 5,2 mSv/an. Et aussi, un travailleur du nucléaire qui a eu une leucémie après avoir reçu une dose de 5 mSv a pu faire reconnaître sa maladie en maladie professionnelle. Tous ces arguments ont fait pencher les ministres présents en faveur de la limite de 5 mSv/an pour ordonner des évacuations. Mais lors d’une autre réunion qui a eu lieu le 28 octobre 2011, le ministre de l’intérieur et le secrétaire du gouvernement ont refusé de changer la limite. 13% de la surface de la province de Fukushima est à plus de 5 mSv/an, dont une partie des villes de Fukushima et de Kôriyama. « La province ne peut pas survivre avec une évacuation à 5 mSv/an et puis il y a le problème des indemnisations ». Tels ont été les arguments qui ont fait pencher la balance en faveur du maintien d’une limite élevée. Et le 4 novembre, c’est la limite de 20 mSv qui a été adoptée.
Evidemment, ces arguments n’ont jamais été présentés au public qui n’a eu droit qu’à des affirmations qu’en dessous de 20 mSv/an, il n’y a aucun problème.
Maintenant que les autorités veulent que les populations rentrent chez elles pour ne plus à avoir à les indemniser, c’est toujours la limite de 20 mSv/an qui est gardée, même si un objectif d’un retour à 1 mSv/an est annoncé, sans calendrier. Et comme la décontamination n’apporte pas les résultats escomptés, il est peu probable que cette limite soit atteinte rapidement.

Mardi 28 mai, il y a 24 000 réfugiés de la catastrophe nucléaire à Iwaki. Cela ne va pas sans poser des frictions avec les habitants à cause de la congestion des services publics comme l’hôpital ou pour trouver un logement. Et puis, les réfugiés peuvent vivre sans travailler grâce aux compensations de TEPCo, ce qui provoque des jalousies. Ce regard est dur pour les réfugiés qui rêvent donc de pouvoir rentrer ou s’établir ailleurs pour reprendre une vie normale.

Vendredi 7 juin, l’IRSN a remis à jour son bulletin d’information à destination des Français expatriés au Japon.

Lundi 1er juillet 2013, l’ancien maire de Futaba avait emmené son administration et une partie de ses habitants se réfugier dan un lycée désaffecté de la banlieue de Tôkyô, dans la province de Saïtama. La nouvelle équipe municipale a décidé de déplacer les services munisipaux à Iwaki dans la province de Fukushima, mais une centaine de personnes âgées qui continuent de vivre dans un ancien lycée de Kazo ne veulent pas partir. L’âge moyen des 109 personnes est de 68 ans et trente ont besoin de soins. Ces réfugiés préfèrent l’inconfort à la solitude des logements provisoires qui leur sont proposés.
Le maire de Kazo est prêt à continuer à les héberger car sa commune qui a bénéficié de l’énergie nucléaire. Il doit donc continuer à les aider jusqu’à ce qu’ils retrouvent le sourire.
C’est le dernier centre d’évacuation collectif du pays. Tous les autres victimes des 3 catastrophes ont été relogées, parfois dans des mobile homes.

-> Des photos de la zone d’exclusion sont disponibles ici.

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« Décontamination » et déchets radioactifs

 Décontamination et retour des habitants

Les autorités japonaises pensent pouvoir décontaminer de larges portions du territoire. Le gouvernement va prendre en charge la décontamination dans la zone d’exclusion en commençant par les zones où l’exposition externe peut conduire à une dose annuelle comprise entre 10 et 20 millisieverts par an avec comme objectif de passer sous la barre des 10 mSv/an. Pour les lieux accueillant des enfants, c’est la valeur de référence de 5 mSv/an qui est visée.

Pour toutes les autres zones où la contamination des sols peut entraîner une dose annuelle supérieure à 1 mSv et qui n’ont pas été évacuées, le ministère de l’environnement a publié une ordonnance  le 14 décembre 2011 pour les décontaminer. Il revient aux municipalités de proposer un plan et le gouvernement financera. Plus de 100 municipalités sont concernées. Le gouvernement s’est aussi engagé à prendre à sa charge tous les déchets radioactifs issus de ces opérations qui présentent une contamination en césium supérieure à 8 000 Bq/kg.

Les premières expériences ne permettent pas d’être optimiste. Ce sont trois grosses compagnies de BTP qui ont emporté les premiers marchés de décontamination alors qu’elles n’ont aucune compétence particulière. Dans les faits, l’essentiel du travail est effectué par des sous-traitants qui embauchent des journaliers. Les habitants d’Iitaté ont commencé à décontaminer par eux-mêmes avec l’aide d’universitaires. Leur conclusion est qu’il faut commencer par décontaminer les forêts et montagnes avoisinantes, autrement il faut tout recommencer régulièrement.

Lundi 11 mars 2013, jour anniversaire des trois catastrophes, alors que l’on approche de la fin de l’année fiscale (31 mars), les autorités régionales des trois provinces les plus touchées, Iwaté, Miyagi et Fukushima, ainsi que 34 communes s’apprêtent à reporter à l’exercice suivant 1 400 milliards de yens (11 milliards d’euros) dédiés à la reconstruction selon un bilan fait par le Yomiuri. A Iwaté et Fukushima, c’est 90% de budget de reconstruction qui va être reporté d’une année.
Qu’est qui freine la reconstruction ? Le manque de main d’oeuvre est un problème crucial. La pénurie de matériau aussi. Le prix du béton a fortement augmenté dans les régions sinistrées.
A Fukushima, s’ajoute le problème de la « décontamination » qui n’avance pas. A Iwaki, la municipalité avait prévu de « décontaminer » 9 000 maison en 2012. Elle n’en a décontaminé que 12 car elle ne sait où mettre les déchets générés.
Selon l’Asahi, 60% des habitants de Fukushima qui ont dû fuir à cause des dangers de la radioactivité ne pourront pas rentrer chez eux avant 2017. Cela représente 54 000 personnes. Il s’agit surtout des habitants d’Ôkuma et Futaba, où est située la centrale, ainsi que de Namié et Tomioka. Et parmi ceux qui pourront rentrer, beaucoup ne le feront pas : 30 à 50% selon les municipalités. Ce sont surtout les familles avec de jeunes enfants.

Le Japan Times consacre un article au millier de réfugiés de Fukushima qui vivent à Kyôto. Ce sont beaucoup de familles monoparentales (la mère et les enfants) car le père est resté pour des raisons professionnelles. Même si le logement est gratuit car au soutien des autorités régionales, le coût financier de la séparation est lourd pour ces familles. A cela s’ajoutent le stress de la séparation et les interrogations sur l’avenir. Le logement gratuit n’est garanti que jusqu’à la fin 2014. Que va-t-il se passer ensuite ? La majorité aimerait pouvoir rentrer dans le Nord-Est (Tôhoku), mais la crainte des radiations rend leur retour difficile, voire impossible.
La branche locale de la Japan Federation of Democratic Medical Institutions, propose des échographies de la thyroïde, ce qui rassure les familles qui n’ont pas confiance dans les tests officiels menés par les autorités régionales de Fukushima.

La province de Fukushima a encore perdu 12 000 habitants en un an. 90% des communes de Fukushima sont touchées par cet exode, mais c’est dans les grandes villes qu’il est le plus fort, bien entendu. A titre de comparaison, Iwaté a perdu 2 500 personnes et Miyagi, a gagné 5 700 habitants.

Mardi 12 mars, plus de 30% des familles qui vivaient dans des communes proches de la centrale sont éclatées : dans la plupart des cas, le père est resté pour le travail alors que la mère et les enfants sont partis pour protéger les enfants. C’est 46,7% à Namié, 39,2% à Futaba, 34,9% à Tomioka et 31,2% à Ôkuma.

Des résidents de Fukushima veulent planter 20 000 sakura (cerisiers à fleur) le long de 190 km de routes côtières afin de rendre les lieux plus accueillants quand un retour sera possible.

Mercredi 13 mars, les autorités avaient tenté de maintenir les établissements scolaires des zones évacuées dans d’autres lieux. Certains réfugiés devaient donc faire de nombreux kilomètres pour pouvoir continuer à aller en classe avec leur camarades. Mais cela n’est pas tenable à long terme et de plus en plus d’écoliers, collégiens et lycéens s’inscrivent dans des établissements plus proche de leur lieu de vie. L’équivalent du rectorat est à la croisée des chemins et il n’a pas pris de décision pour la rentrée 2014 quant au maintien des lycées.

Selon des reporters de Canal+, qui sont allés enquêter sur la décontamination, des déchets radioactifs ont été utilisés pour rebâtir une digue face à la mer. Ils sont simplement empilés dans des sacs plastique sans aucune autre protection. Voir l’émission « effet papillon » du 9 mars 2013. Des photos sont aussi disponibles ici.
On voit aussi dans le reportage les projets d’agriculture hors-sol à Kawauchi, village pionnier dans la « reconquête » des territoires évacués, montré en exemple à Tôkyô. On comprend que les retours soient si peu nombreux.

Lundi 18 mars, TEPCo a proposé aux habitants de Katsurao de creuser des puits pour les alimenter en eau quand ils rentreront après avoir été forcés à évacuer. Le village, situé à une trentaine de kilomètres de la centrale, capte son eau dans une rivière qui est maintenant contaminée. L’eau souterraine ne devrait pas l’être. TEPCo offre se service à titre de dédommagement et les habitants ont accepté.

Samedi 23 mars, selon l’Asahi, qui continue d’enquêter sur les conditions de travail des « décontamineurs », les employeurs ont ordonné aux ouvriers de mentir sur leur prime en cas d’inspection inopinée. Il publie un fac-similé d’un document de la compagnie Maeda en date du 15 novembre 2012 qui prévient les ouvriers qu’il y aura une inspection « surprise » du ministère du travail. Et de menacer de sanctions financières si les inspecteurs n’étaient pas trompés.
Maeda avait convoqué ses sous-traitants le 12 novembre pour les prévenir de l’inspection et les obliger à ne rien révéler. Et l’inspection a bien eu lieu comme annoncé.
Le quotidien a recueilli les témoignages de deux ouvriers qui ont avoué avoir menti aux inspecteurs.
Il cite aussi un autre cas à Tamura où un ouvrier a enregistré les ordres du sous-traitant qui l’employait, juste avant une inspection « surprise » : « Vous allez être interrogés individuellement. Je serais content si vous déclariez aux inspecteurs la somme que vous êtes supposés recevoir et pas la somme que vous recevez effectivement. Ce que vous rapportez à la maison n’inclut pas le coût de la chambre et les repas. La réponse correcte est 15 700 yens (128 euros), qui correspond au salaire minimum et à la prime ». Et de menacer les ouvriers de perdre leur emploi si l’un d’entre eux dénonçait les pratiques de siphonage. « Vous pouvez avoir votre propre opinion, mais j’espère que vous vous comporterez en pensant à ce qui peut arriver aux autres ».
Ce sous-traitant avait déjà été pris sur le fait, alors qu’il rejetait des déchets radioactifs dans l’environnement.

Lundi 25 mars, certaines zones de Tomioka ont vu leur accès changer lundi 25 mars : les habitants pourront y retourner dans la journée, mais pas y séjourner. 70% de la ville serait passés sous la limite de 50 mSv/an, ce qui reste très élevé. L’accès au célèbre tunnel de sakura (cerisiers en fleur) du parc Yonomori devrait donc être partiellement autorisé cette année. Une partie est encore trop contaminée. Des travaux de décontamination sont en cours pour permettre la visite en bus.
Le retour des habitants ne sera pas possible avant au moins 4 ans. En ce qui concerne les zones où la contamination dépasse encore 50 mSv/an, l’accès sera interdit, sauf avec un laisser passer. Cela nécessitera pas mise en place de 128 barricades.
Il en sera de même pour certaines zones de Namié, à partir du 1er avril prochain.

Jeudi 28 mars, à la demande du maire, Google est allé photographier la ville de Namié et l’on peut se promener virtuellement dans les décombres de la ville abandonnée à cause de la radioactivité grâce à « street view ».

Samedi 30 mars, alors que l’année scolaire vient de se terminer, les écoles, collèges et lycées des communes évacuées ont du mal à recruter et sont menacés de fermeture. C’est donc une institution clé du lien social entre les personnes évacuées qui risque de disparaître. Le lycée de Namié, par exemple, avait environ 300 élèves avant la catastrophe. Relocalisé à Motomiya, 47 élèves de terminale viennent de partir. Ils étaient 22 en 1ère et 7 en seconde. Le nombre d’inscrits en seconde pour la rentrée prochaine ne suffit pas pour dépasser le seuil de 40 élèves nécessaires à l’ouverture du lycée.

Le conseil de radioprotection, qui était présidé par le Prof. Niwa et qui dépendait du ministère de l’éducation, des sciences et technologies, a été rattaché à la nouvelle autorité de sûreté, qui est indépendante depuis septembre 2012. Mais, les critères de sélection sont strictes et personne n’a été recruté. Tous les anciens membres, qui avaient des liens trop étroits avec l’industrie nucléaire, ne peuvent plus être qualifiés.
Le gouvernement, qui compte sur les conseils de ce comité pour définir les règles de retour, va voir ses plans retardés. La limite d’évacuation de 20 mSv/an (qui ne prend en compte que l’irradiation externe) devrait être revue à la baisse (enfin !) avant de permettre un retour, mais quelle limite va être choisie ?

Lundi 1er avril, les restrictions d’entrée viennent d’être levées dans une partie de la municipalité de Namié, la partie Est, près de la côte : il s’agit de la zone la plus peuplée de la ville, avec environ 20 000 habitants avant la triple catastrophe (80% de la population totale de la ville). Les habitants ne sont pas autorisés à y passer la nuit.La mairie va aussi rouvrir durant la journée.
Les derniers relevés de débit de dose dans les zones évacuées au-delà des 20 km sont ici. Les abords immédiats des balises ont souvent été « décontaminés » et les chiffres affichés sont généralement inférieurs à ce que l’on peut mesurer dans la zone.

Jeudi 4 avril, le nombre d’enfants scolarisés à Minami-Sôma n’évolue plus beaucoup, ce qui laisse présager que ceux qui sont partis ne reviendront pas de si tôt. Le 22 avril 2011, peu de temps après la triple catastrophe, il n’y avait que 30% des enfants dans les écoles primaires et 43% dans les collèges. A la rentrée d’avril 2012, un plus tard, il y avait respectivement 50 et 64% des enfants dans les écoles et collèges de la ville. Pour la rentrée 2013, qui aura lieu le 8 avril, l’inspection académique prévoit que ces chiffres passeront à 56 et 67% (2 020 élèves du primaire sur 3 603 et 1 259 collégiens sur 1 873). Les autres restent dans les écoles où ils sont partis se réfugier tout en étant inscrit comme résidents de Minami-Sôma.

Vendredi 5 avril, le Maïnichi revient sur les conditions de travail déplorables sur les chantiers de « décontamination » pilotés par le gouvernement. Ce sont des majors du BTP qui ont remporté les marchés et sur le terrain, ce sont des travailleurs journaliers embauchés tout en bas d’un millefeuilles de sous-traitance. Outre que les salaires sont très bas, les conditions de vie étaient indignes : des maigres repas, un bungalow de 12,5 m2 pour trois pour la nuit… La dame qui fournissait les repas a eu comme instruction de ne pas dépenser plus de 100 yens (0,80 euros) pour le petit déjeuner et 200 yens (1,60 euros) pour le dîner. Tout ça pour un travail physique épuisant. Quant au salaire de la personne de 59 ans qui a témoigné, il était de 11 000 yens par jour (moins de 100 euros) : 10 000 yens de prime de risque due à la radioactivité et 1 000 yens de salaire ! Le salaire minimum est plus de 5 fois plus élevé. En fait, quand il a signé le contrat, la case « salaire » était vide. Mais en consultant le contrat d’un collègue, il s’est rendu compte que la salaire journalier était de 15 700 yens : 10 000 yens de prime et 5 700 yens de salaire. Mais la compagnie prélève 1 000 yens pour la nourriture et 3 700 pour le logement.
Cet exemple était à un troisième niveau de sous-traitance et la prime de risque a été partiellement mangée par les intermédiaires. L’employeur a donc recours à des subterfuges pour justifier la ponction.
Le système est donc fait pour que les majors s’en mettent plein les poches sur le dos des personnes qui font le travail harassant et des contribuables.

Lundi 8 avril, c’est la saison des sakura en fleur à Tomioka, village évacué, où le parc de Yonomori est très célèbre pour ses 2,5 km de route sous un tunnel fleuri. L’an dernier, quelques journalistes s’y étaient rendus dans une combinaison de protection. Cette année, 300 m ont été rouverts au public pendant la journée, après une décontamination partielle, mais les visiteurs sont peu nombreux. Ils étaient 100 000 par an avant la catastrophe.

Vendredi 12 avril, des agriculteurs de Hirono vont reprendre la culture du riz après deux ans d’arrêt dans la moitié des 210 hectares de rizière. Quelques essais avaient été menés l’an dernier et le riz produit ne dépassait pas les limites de contamination. Les 5 200 habitants de la commune ont été évacués. Seulement 10% sont revenus.

Lundi 6 mai, l’Asahi poursuit son enquête sur la décontamination bâclée alors qu’un Yakuza vient d’être condamné à Yamagata pour avoir détourné une partie de la paye des sous-traitants qu’il a envoyé faire le sale boulot. Il est très difficile d’évaluer l’ampleur de la main-mise de la pègre sur ces chantiers très lucratifs. Dans un contexte de pénurie de main d’oeuvre, les employeurs ne sont pas trop regardants. Il y a des dizaines de milliers de compagnies sous-traitantes impliquées dans les nombreux chantiers. Le cas de Yamagata avec condamnation était à un troisième niveau de sous-traitance.

Mardi 7 mai, c’est au tour de Futaba d’être « rezoné » : la plus grande partie de la commune a une contamination qui entraîne une dose annuelle supérieure à 50 mSv et est donc classée en zone de « retour difficile ». L’accès y est interdit pendant au moins quatre années. Seule une toute petite partie, avec 250 habitants sur 6 520 va rouvrir. C’est la dernière commune située dans un rayon de 20 km à être rezonée. L’entrée en application aura lieu le 27 mai à minuit.

Jeudi 9 mai, une station médicale a ouvert dans la mairie de Namié, dans une zone évacuée. Elle est là pour prendre en charge les résidents qui rentrent chez eux durant la journée et qui en aurait besoin, avec un médecin et une infirmière présents de 9h30 à 15h. C’est le premier centre de ce type à ouvrir à moins de 20 km de la centrale de Fukushima daï-ichi.

Vendredi 17 mai, selon la télévision nationale NHK, la décontamination a très peu avancé. Dans les zones évacuées, c’est le gouvernement qui en la charge et il a délégué le travail à des majors du BTP. Seulement 4% des terrains ont été décontaminés. Ailleurs, ce sont les municipalités qui prennent en charge les travaux, avec une aide financière du gouvernement : seulement 5% des habitations qui devaient être décontaminées ont été nettoyées. Et où les travaux ont eu lieu, ce n’est souvent pas suffisant : il y a toujours plus de 1 mSv/an pour 77% des terrains décontaminés. Bref, le bilan n’est pas concluant et cette toute la politique de retour qui est à revoir.

Mardi 21 mai, environ 500 bénévoles tentent de décontaminer les rues où aura lieu un festival début juin, afin de rassurer les touristes. Il s’agit du Tôhoku Rokkon Saï qui sera célébré les 1er et 2 juin. Le débit de dose aurait baissé dans la plupart des lieux, parfois jusqu’à 90%. Un des organisateurs ne veut pas s’arrêter là et veut continuer après le festival.

Mercredi 22 mai environ 44% des réfugiés des catastrophes du 11 mars 2011 qui se sont installés à Tôkyô veulent y rester. Ils étaient 37% l’an dernier. 32% ont répondu vouloir rentrer, contre plus de 50% l’année précédente. L’enquête a été distribuée à 3 555 foyers par les autorités régionales. 1 139 ont répondu, dont 81% de Fukushima. Parmi les réponses, 26% des foyers ont maintenant un membre avec un emploi stable à Tôkyô, mais pour 50% des foyers, c’est toujours le chômage.

Mardi 28 mai, la commune de Futaba vient d’être rezonée. La plus grande partie restera interdite d’accès car le débit de dose y est trop élevé. L’irradiation externe y serait supérieure à 50 mSv/an en cas de retour. Les habitants pourront retourner pour la première fois chez eux dans les zones moins contaminées situées près du littoral. Il ne sont pas autorisés à y rester la nuit. Seulement 4% des 6 500 habitants vivent dans les trois quartiers côtiers. Un retour définitif nécessitera aussi de nouvelles protection contre les tsunamis.
C’est la dernière commune à être rezonée. Pour les 9 communes de la zone des 20 km, 70% des 77 000 habitants peuvent maintenant rentrer chez eux durant la journée, sans pouvoir y résider. Les sacs de déchets radioactifs issus des travaux de la décontamination s’y accumulent. Les autorités espèrent que les premiers retours seront possibles au printemps prochain, mais les habitants sont pessimistes. Ils craignent aussi qu’il n’y ait plus de jeunes et d’enfants dans ces communes.

Samedi 1er juin, le Tôhoku Rokkon Matsuri qui regroupe des festivals des régions du Tôhoku a eu lieu à Fukushima cette année. Il a été suivi par 120 000 spectateurs environ.

Samedi 8 juin, selon les statistiques du ministère de l’environnement, seulement 25% des 138 700 habitations de sept provinces autres que Fukushima ont été complètement décontaminées en mars dernier. Le gouvernement suit de près 58 communes pour établir ses statistiques. En revanche, 98% des écoles et 80% des parcs et gymnases l’ont été. Du côté des forêts, cela descend à 1%.

Mardi 11 juin, deux grandes routes traversent les zones interdites d’accès où la dose annuelle externe dépasse les 50 mSv. Elles ne sont utilisées que par les personnes autorisées à pénétrer dans la zone. Les autorités veulent faciliter le passage pour éviter de grands détours à partir du lundi 17 juin. Il faudra demander un laisser-passer.
Le gouvernement veut commencer à décontaminer ces zones interdites à partir de septembre 2013.

Vendredi 14 juin, en plus des personnes évacuées par zones, d’autres foyers ont dû quitter leur maison situées à proximité d’un point chaud. L’exposition externe aurait dépassé 20 mSv/an. 485 personnes réparties dans 128 foyers sont concernées à Daté et 3 personnes d’une même famille à Kawauchi. Le gouvernement a déclaré, il y a exactement 6 mois jour pour jour, que les ces personnes pouvaient rentrer sans danger, mais 284 (59%) d’entre elles ne sont pas rentrées. La famille de Kawauchi s’est rapprochée, mais vit toujours dans un logement provisoire.
A Daté, des agriculteurs n’ont pas encore repris la culture du riz, même si l’interdiction a été levée, car ils pensent qu’ils n’arriveront pas à le vendre.

Dimanche 16 juin, c’est un secret pour personne, la décontamination promise par les autorités n’est pas réaliste. Le gouvernement refuse de l’admettre officiellement, mais suggère discrètement aux autorités locales que ses ambitions ne seront pas réalisées. Selon l’Asahi, il fait savoir que les délais ne seront pas tenus. Il va aussi refuser de redécontaminer les zones où la décontamination n’a pas entraîné une baisse significative du niveau de dose.
D’un autre côté, on ne compte plus les déclarations dans les médias où le gouvernement affirme qu’il va accélérer la décontamination. Il l’a encore répété en mars dernier et a prévu de dépenser 1 500 milliards de yens durant cette année à cet effet.
Mais les difficultés s’ajoutent : problèmes pour trouver un site de stockage, retard dans l’avancement des travaux (1% des maisons à Iitaté par exemple), recontamination…
Les élus locaux demandent que le gouvernement l’admette officiellement. C’est important pour les personnes forcées à évacuer. De plus en plus de personnes se demandent s’il est utile de dépenser autant d’argent à des tâches inutiles et qu’il faudrait mieux l’utiliser à reconstruire la vie des réfugiés ailleurs. 40% d’entre eux ne sont pas prêts à rentrer. Ce sont surtout les personnes âgées qui veulent retourner chez elles.
Mais avec l’approche des élections à la chambre haute, il est difficile de changer officiellement la politique affichée.

Lundi 17 juin, la mairie de Futaba, qui était dans un lycée désaffecté de la banlieue de Tôkyô (Saïtama), a fini par déménager à Iwaki, dans la province de Fukushima. C’est le quatrième emplacement des services municipaux depuis le début de la catastrophe (nous avions déjà raconté la saga de cette municipalité et de ses habitants).
3 782 habitants de Futaba se seraient réfugiés à Fukushima et 3 132 dans d’autres provinces. 110 personnes vivent encore dans le lycée désaffecté de Kazo (Saïtama) et ne savent pas où aller. Sur les 89 employés municipaux, 67 vont travailler à Iwaki et 11 restent à Kazo. Les autres sont dans une branche à Kôriyama. Quant à la population, elle pourrait bien rester dispersée malgré les efforts de la mairie de regrouper ses habitants et maintenir le tissu social.

Lundi 24 juin, le ministère de l’environnement a annoncé que la décontamination du district de Miyakoji dans la commune de Tamura était terminée. Les 380 habitants devraient pouvoir rentrer à partir de la mi-août. Par ailleurs, les routes, l’électricité, l’eau ont presque été rétablis. Un centre de soin aussi.
Ce district est à moins de 20 km de la centrale, mais pas dans la zone la plus contaminée. Selon les autorités, le débit de dose aurait baissé de 24 à 56%. Mais sans rien faire, il a baissé de 40% en moyenne depuis le début de la catastrophe. Ces chiffres ne représentent pas une performance exceptionnelle. Le débit de dose y serait de 0,32 à 0,56 microsievert par heure. C’est encore beaucoup plus qu’avant la catastrophe, mais les autorités annoncent sans vergogne que de tels niveaux ne posent pas de problème pour la santé. La dose annuelle dépasse pourtant le millisievert.

Vendredi 28 juin, la décontamination engagée n’est pas aussi efficace qu’espérée. A Kawauchi, par exemple, 1 061 maisons évacuées ont été décontaminées et dans 480, le débit de dose entraînerait une dose annuelle supérieure à 1 mSv/an. La municipalité a lancé sa propre expertise en avril 2013 et envisage de refaire une décontamination. En juin de cette année, elle a contrôlé 160 maisons à l’aide d’une caméra gamma qui permet de repérer les points chauds. Elle espère terminer en avril 2014 et va demander au gouvernement une deuxième campagne de décontamination.
A Hirono, ce sont 1 908 maisons qui ont été décontaminées et le débit de dose n’a quasiment pas baissé dans nombre d’entre elles. La municipalité réclame aussi une deuxième campagne. Mais le gouvernement n’a rien promis pour le moment.

Samedi 29 juin, le gouvernement commence à comprendre que la décontamination est souvent un échec, mais il pousse toujours à un retour rapide des populations évacuées à cause du coût des indemnisations. Lors d’une réunion avec les habitants de Miyakoji dans la commune de Tamura qui a eu lieu le 23 juin, les habitants réclamaient une nouvelle campgne de décontamination et le gouvernement leur a proposé… des dosimètres. Les débits de dose actuels varient de 0,32 à 0,54 microsievert par heure. Les habitants réclament un seuil de 0,23 microsievert par heure, qui correspond à 1 millisievert par an (pour cela, les autorités comptent 8 heures par jour à l’extérieur et le reste du temps à l’intérieur avec un facteur d’écran qui diminue la dose reçue comme si l’intérieur des maisons n’était pas contaminé). Mais les autorités prétendent que l’on peut recevoir moins d’un millisievert par an en contrôlant la dose reçue, même dans les zones les plus contaminées.
L’Asahi, qui rapporte l’affaire, a voulu interroger le ministre de l’environnement, qui a d’abord nié. Mais quand le quotidien lui a fait écouter des enregistrements audio de la réunion, il a refusé de répondre.

Vendredi 12 juillet :
• Le gouvernement a reporté 60% des fonds de 2012 destinés à la décontamination, selon l’Asahi. Dans les zones les plus contaminées, c’est le gouvernement qui a la charge de la décontamination. Ailleurs, ce sont les communes, qui se font ensuite rembourser par le gouvernement, qui enverra ensuite la facture à TEPCo. 36 communes sont ainsi concernées à Fukushima et elles n’ont dépensé que 40% du budget qui leur était alloué.
Les plans de décontamination des communes sont souvent rejetés par le gouvernement car ils satisfont pas exactement au cahier des charges ou parce qu’ils coûtent trop chers. Et puis, il n’y a toujours pas de solution pour les déchets radioactifs engendrés. Un fonctionnaire du ministère de l’environnement a expliqué au Asahi qu’il doit prendre en compte les critères fixés par TEPCo pour espérer se faire rembourser un jour. La compagnie refuse toujours de rembourser 16 milliards de yens sur une facture de 21 milliards.

JDC Corp., une compagnie qui participe aux travaux de décontamination, a rejeté 340 m3 d’eau contaminée dans la rivière Iizaki. Cette rivière est utilisée pour l’irrigation de Minami-Sôma. La compagnie prétend avoir eu le feu vert de la Japan Atomic Energy Agency qui l’a engagée et que l’Etat a prévenu les autorités locales. Ces dernières nient et prétendent n’avoir jamais été informées. La Japan Atomic Energy Agency prétend avoir informé verbalement la mairie et la région du rejet.
Il s’agissait d’un des premiers chantiers tests menés par la Japan Atomic Energy Agency qui a fait appel à la JDC Co.. Il a eu lieu entre décembre 2011 et février 2012 dans l’école primaire de Kanabusa et autour. Le chantier a généré 609 m3 d’eau contaminée. 269 m3 ont été traitées et les 340 m3 restant ont été rejetés dans la rivière qui irrigue les rizières. 16 MBq ou 16 millions de becquerels auraient été rejetés dans la rivière. Pour 60 m3, la contamination de l’eau était de l’ordre de 100 à 121 Bq/L.

Samedi 13 juillet, en lavant la route avec de l’eau sous pression, la JAEA a pu faire baisser le débit de dose de 20 microsieverts par heure à 5 microsieverts par heure. Quand on voit la taille des appareils et que l’on compare à la surface de bitume à décontaminer, c’est un travail sans fin. Le test a eu lieu à Ôkuma.

Lundi 15 juillet, il y a toujours 100 000 personnes qui vivent dans les logements provisoires au Japon suite à la triple catastrophe du 11 mars 2011. Et il y a 300 000 déplacés en tout. Le gouvernement Abe a augmenté le budget dédié à la reconstruction, de 19 000 milliards de yens à 25 000 milliards de yens d’ici 2015, mais c’est sans effet. Seulement 1,2% des projets de construction d’habitation de l’état ont abouti. C’était presque le même chiffre sous le gouvernement précédent.
Une partie de l’argent a été détourné. Mais ce sont surtout les problèmes techniques qui freinent : il n’y a pas assez d’experts pour repenser l’aménagement des sites dévastés. La relance de l’économie espérée par le gouvernement en investissant dans des projets d’infrastructure réduit encore plus la main d’oeuvre utile à la reconstruction.

Jeudi 18 juillet, alors que la campagne électorale bat son plein (et c’est vraiment bruyant au Japon !), la problématique des réfugiés/déplacés semble ignorée des candidats. Même à Fukushima, les candidats se concentrent sur les grandes villes et évitent les villages temporaires dans lesquels sont logés une partie des déplacés.
Evidemment, tous les partis disent vouloir accélérer le processus de reconstruction et réhabiliter Fukushima, mais cela ne dépasse pas la déclaration de bonnes intentions. Comment vont-ils s’y prendre ? Dans un éditorial, l’Asahi réclame des mesures concrètes qui prennent compte des réalités. Que se passera-t-il pour les personnes qui ont dû fuir les dangers de la radioactivité et qui ne peuvent pas ou ne veulent pas rentrer chez elles ? Cela nécessite la mise en place d’un système de soutien qui va au-delà des simples indemnisations pour aider ces personnes à reconstruire leur vie. En particulier, quand l’ordre d’évacuer certaines zones sera levé, les indemnités cesseront rapidement. Pourtant, qu’elles décident de rentrer ou de ne pas rentrer, les personnes évacuées de force auront encore besoin d’aide.

Vendredi 19 juillet, reportage de 8 minutes de la chaine britannique Channel 4 dans la zone interdite autour de Fukushima. TEPCO n’aurait autorisé les journalistes que pendant 5 heures… Cela permet de voir Futaba, devenue une ville fantôme.

Mardi 12 novembre, le premier ministre a accepté le plan élaboré par les membres de la coalition au pouvoir à propos du non retour des populations originaires des zones les plus contaminées, où l’exposition externe peut dépasser les 50 mSv/an. Il a aussi acccepté la prise en charge d’une partie des coûts par l’Etat, et donc le contribuable. Le ministre de l’environnement, Nobuteru Ishihara, fils de l’ancien gouverneur ultra-conservateur de Tôkyô, n’est pas d’accord avec ce deuxième point. Pour lui, c’est à TEPCo de payer la majeure partie des conséquences de la catastrophe, au nom du principe pollueur-payeur.
Quant aux principaux intéressés par le non-retour, ils regrettent que les politiciens leur aient donnés de faux espoirs. On aurait dû leur dire depuis longtemps qu’il y a des zones où les habitants ne rentreront jamais. C’était évident depuis le début.
C’est le cas, en particulier pour 96% du village d’Ôkuma. Que va-t-il devenir ? Les habitants vont-ils se disperser ? Un nouveau village va-t-il être créé ailleurs ? Les autorités n’ont aucune réponse à proposer.
Le gouvernement veut autoriser le retour là où la dose annuelle est inférieure à 20 mSv comme pour les évacuations, mais c’est trop. Qu’en est-il pour ceux qui sont originaires d’une zone où il y a entre 20 et 50 mSv/an. Et pour ceux à qui il sera proposé de rentrer, ce sera un dosimètre par personne pour limiter la dose par rapport aux estimations faites à partir de la contamination ambiante. Mais comment mettre cela en pratique ? Avec quelle limite ? Les individus qui dépassent les doses seront punis ? Réévacués ?
81 000 personnes sont concernées par cette politique de retour et non-retour. Il n’est pas acceptable que le gouvernement se défausse sur les populations pour assurer leur propre sécurité sans leur permettre de donner leur avis. Il y a toujours 280 000 évacués en tout, suite aux trois catastrophes. Ils étaient 470 000 en 2011.

-> Site du ministère de l’environnement dédié à la « décontamination » (en anglais)

(Sommaire)

Déchets radioactifs

La catastrophe a déjà généré d’énormes volumes de déchets radioactifs. Il y a en particulier, les boues de station d’épuration et les cendres des incinérateurs. La décontamination devrait en générer encore plus.

Le gouvernemnt japonais a décidé qu’en dessous de 8 000 Bq/kg pour le césium, les boues et cendres pouvaient être traité comme des déchets ordinaires. Au dessus de 100 000 Bq/kg, les déchets doivent être gérés comme les autres déchets nucléaires. Entre 8 000 et 100 000 Bq/kg, la décision sera prise au cas par cas.

Il n’y a, pour le moment, aucune solution pour gérer ces déchets. C’est aux municipalités de se débrouiller avec, le temps de trouver une solution meilleure. Le gouvernement veut ouvrir un ou plusieurs centres d’entreposage centralisés et espère trouver une solution définitive d’ici 30 ans.

Il y a aussi d’énormes volumes de débris du tsunami. Le gouvernement veut les répartir dans tout le pays, mais les riverains des installations de traitement (incinérateurs) refusent, de peur qu’ils soient contaminés. La situation est bloquée pour le moment. Il y en a plus de 20 millions de tonnes. La province d’Iwaté en a 4,75 millions de tonnes, soit l’équivalent de 11 années d’ordures ménagères. Elle n’a pu en traiter que 8% pour le moment. A Miyagi, c’est 15,69 millions de tonnes, ou 19 années d’ordures ménagères et seulement 5% ont été traités. A Fukushima, il y en a 2,08 millions de tonnes, dont 350 000 à 474 000 tonnes dans la zone interdite de 20 km.
1,3 millions de tonnes de débris ont été emportés par la mer. Parmi eux, 40 000 tonnes devraient arriver sur les côtes Nord américaines d’ici février 2013. Les premiers débris sont déjà arrivés.
Le gouvernement japonais a autorisé le recyclage des débris recyclables si la contamination en césium est inférieure à 100 Bq/kg. A Fukushima, le gouvernement a autorisé l’utilisation de débris de béton pour la construction des routes si la contamination est inférieure à 3 000 Bq/kg. Ces débris doivent être au moins 30 cm sous la surface du sol.

Mercredi 13 mars 2013, selon des reporters de Canal+, qui sont allés enquêter sur la décontamination, des déchets radioactifs ont été utilisés pour rebâtir une digue face à la mer. Ils sont simplement empilés dans des sacs plastique sans aucune autre protection. Voir l’émission « effet papillon » du 9 mars 2013. Des photos sont aussi disponibles ici.
On voit aussi dans le reportage les projets d’agriculture hors-sol à Kawauchi, village pionnier dans la « reconquête » des territoires évacués, montré en exemple à Tôkyô. On comprend que les retours soient si peu nombreux.

Vendredi 29 mars, le ministère de l’environnement a entamé des consultations pour trouver des sites de stockage des déchets radioactifs engendrés par la catastrophe nucléaire. Il a commencé par la province de Miyagi, voisine de Fukushima. Trois autres devraient suivre. Les maires se plaignent de ne plus avoir de place pour entreposer les déchets déjà collectés, mais ils sont peu nombreux à accepter un site définitif sur le territoire de leur commune et demande une aide financière conséquente pour pouvoir accepter.

Samedi 6 avril, la gestion des boues de station d’épuration qui sont devenues radioactives suite à la catastrophe de Fukushima est devenue un casse-tête. Il y en aurait 68 000 tonnes dans la province de Fukushima. Le ministre de l’environnement, vient d’inaugurer, dans la ville de Fukushima, une unité de traitement de ces boues, présentée comme unique. Mais, en fait, il ne s’agit que d’une étuve qui a dessécher ces boues pour en réduire le volume. Chauffées à 450°C, les boues voient leur volume réduit à 20% du volume initial. L’unité peut traiter 30 tonnes par jour. Il y en a donc pour 2 300 jours, rien que pour dessécher le stock.
Aucune indication n’est donnée sur la consommation d’énergie.

Mardi 9 avril, les études préliminaires pour choisir l’emplacement d’un site d’entreposage des déchets radioactifs issus de la décontamination ont commencé à Naraha. Les études complémentaires avec forage devraient commencer en mai prochain. Il s’agit toujours d’un entreposage provisoire, mais les habitants ne sont pas dupes : ils savent que le gouvernement ne trouvera jamais un autre site.

Jeudi 18 avril, « rumeurs néfastes » : c’est une expression à la mode au Japon. Le Maïnichi rapporte une histoire cocasse à ce propos. Un ancien site industriel d’Aïzuwakamatsu a son sol pollué aux métaux lourds par une industrie d’électronique. Il a été racheté par les autorités régionales, mais la teneur en plomb, qui peut atteindre 0,026 milligramme par litre, dépasse la limite de 0,01 milligramme par litre fixée par les autorités. Il faut donc retirer le sol et le stocker dans une décharge ad-hoc. Comme il n’y en a pas à Fukushima, les autorités régionales se sont retournées vers un site d’accueil dans la ville de Yonézawa à Yamagata. Il y a 150 tonnes en tout. Mais les autorités régionales de Yamagata ont refusé les déchets par crainte de la contamination radioactive et des « rumeurs néfastes » qu’elles pourraient provoquer. La proposition de faire des analyses de la radioactivité dans le sol n’a pas plus convaincu Yamagata. Un responsable de l’environnement explique que ces déchets, tout comme les débris du tsunami, n’empêchent pas la reconstruction. Il continuera donc à les refuser. Ainsi, tenter de protéger Yamagata contre les « rumeurs néfastes » accentue les « rumeurs néfastes » à Fukushima ! Rien n’est dit dans cet article sur la contamination réelle des sols concernés par cette affaire…

Mardi 7 mai, le séisme et le tsunami du 11 mars 2011 a généré 26 millions de tonnes de débris à Iwaté, Miyagi et Fukushima. Le gouvernement s’est donné pour but de tout ramasser pour mars 2014. L’objectif sera probablement atteint à Iwaté et Miyagi, mais pas à Fukushima où la radioactivité freine les travaux. Le devenir de ses débris n’est pas fixé non plus. Pour Iwaté et Miyagi, d’autres provinces en ont accepté 700 000 tonnes. Pas pour Fukushima.

Lundi 27 mai, dans la ville de Fukushima, on doit séparer les déchets contaminés en deux catégories : les déchets verts d’un côté et la terre de l’autre. La végétation sera brûlée pour réduire les volumes. Trois personnes employées par un sous-traitant basé à Sapporo (Hokkaïdô) le 20 mai dernier ont dû tout mélanger dans des sacs les 21 et 22 mai. Ils se sont plaint auprès de la compagnie qui a remporté le contrat du chantier et ont été licenciés le lendemain. Selon le Maïnichi, le bureau du travail, alerté par les trois ouvriers, a contacté leur employeur qui a admis le licenciement à cause de leur comportement au travail. Il a dû leur payer un mois de travail, conformément à la législation japonaise.

Lundi 3 juin, selon le Yomiuri, 42% des communes concernées par un projet de stockage des déchets radioactifs dus à la catastrophe auraient accepté. Le quotidien a interrogé 194 mairies de Miyagi, Ibaraki, Tochigi, Gunma et Chiba. 83 d’entre elles seraient d’accord, 37 opposées et les 74 restantes n’auraient pas encore décidé. Les élus locaux et les populations commencent à se résigner car il faut bien trouver une solution pour ces déchets.
Il s’agit surtout de cendre d’incinération de déchets, de boues de station d’épuration et de paille de riz qui ont une contamination en césium qui dépasse les 8 000 Bq/kg. Il y en avait 121 000 tonnes réparties de 10 provinces en mars dernier.
Pour le moment, le gouvernement étudie plusieurs sites par province. L’opinion pourrait changer quand il n’y aura plus qu’une seule commune en lice.

Jeudi 20 juin, la province de Fukushima a confirmé son refus d’accepter des déchets radioactifs provenant d’autres provinces contaminées par les rejets de Fukushima daï-ichi. Le gouvernement est toujours à la recherche de sites d’accueil dans chaque province contaminée, mais a du mal à trouver. Les provinces de Miyagi et de Tochigi ont suggéré d’envoyer leur déchets à Fukushima. Et c’est non.

Samedi 13 juillet, les autorités ont commencé les investigations sur un deuxième site pour entreposer les déchets radioactifs issus de la décontamination. Le premier site est à Ôkuma et le deuxième à Naraha. La municipalité a donné son feu vert à la condition qu’il n’y aura que des déchets provenant de la commune. Un troisième est prévu à Futaba, mais le gouvernement doit encore présenter son projet à la population.
Le gouvernement est en retard sur ses prévisions et le site n’ouvrira pas avant 2015, s’il ouvre.

-> Carte avec les régions qui acceptent et qui refusent les débris potentiellement radioactifs du tsunami

(Sommaire)

Impact sanitaire pour la population

Les autorités locales ont lancé une grande étude de suivi médical des habitants de la province de Fukushima. La première étape consiste à reconstituer la dose reçue à l’aide d’un questionnaire où chacun doit renseigner son emploi du temps lors des premiers jours de la catastrophe. Mais seulement 21,5% des personnes concernées ont répondu. Parmi les obstacles, il y a le fait que cette étude soit dirigée par le tristement célèbre Prof. Shunichi Yamashita, qui prétend partout que le risque principal est la radiophobie et que si l’on sourit, les radiations ne nous affectent pas. L’autre est qu’une partie de la population ne fait pas confiance aux autorités et ne veut pas servir de cobaye.

Mardi 12 mars 2013, selon le Tokyo Shimbun, 789 personnes sont décédées suite à l’évacuation autour de la centrale de Fukushima.

Mercredi 13 mars, le Maïnichi vient de découvrir que 3 employés municipaux de Futaba qui ont assisté la police à rechercher les corps des victimes du tsunami dans la zone évacuée n’avaient aucune protection ni dosimètre pendant presque un mois. Les policiers étaient protégés contre la contamination et portaient deux dosimètres. Leurs doses ont été enregistrées. 27 500 personnes ont participé à ces recherches dans les communes de Futaba et Minami-Sôma et l’irradiation externe est restée inférieure à 5 mSv pour chacune d’entre elles. C’est plus que la limite habituelle de 1 mSv.
Mais rien de tel pour ces trois employés municipaux, qui ont participé aux opérations de recherche entre le 22 avril et le 19 mai 2011, alors que leur municipalité avait déjà déménagé à Kazo, dans la province de Saïtama.

Samedi 16 mars, en décembre dernier, 9 soldats américains avaient porté plainte contre TEPCo. Ils sont maintenant 26 et ils pourraient bientôt être une centaine.

Mercredi 27 mars, selon une étude publiée dans PLOS ONE, menée sur 328 personnes âgées, qui résidaient dans 5 maisons de retraite à Minami-Sôma et qui ont toutes été évacuées, parfois à plus de 200 à 300 km en bus, a montré que 75 d’entre elles sont décédées en moins d’un an, ce qui est 2,7 fois plus élevé que la normale, calculée sur les 5 années précédentes.
L’auteur précise que cette augmentation est plus élevée que ce qui avait été observé aux Etats-Unis après l’ouragan Katrina.
Il y a aussi de grandes différences entre les maisons de retraite. Trois maisons ont évacué rapidement les résidents, dès le début de la catastrophe, sans l’aide du gouvernement, et ils ont donc été accueillis dans de mauvaises conditions. Les soins n’étaient pas toujours disponibles à l’arrivée. Les deux autres ont attendu deux semaines avant d’évacuer les résidents dans de meilleures conditions et avec une mortalité moindre. L’évacuation rapide a entraîné une augmentation d’un facteur 4 à 5 le nombre de décès.
Mais il y a aussi une différence entre ces deux dernières, comme l’explique un des auteurs au Japan Times : dans l’une, les résidents confinés n’ont pas eu assez de repas car les livraisons étaient suspendues et n’avaient pas de chauffage pour ne pas faire entrer la poussière radioactive, alors que dans l’autre, les conditions de vie ont été peu affectées. La cuisine était faite sur place et le chauffage n’y entraînait pas l’introduction de poussières. Cela a eu une forte influence sur le taux de mortalité qui n’a pas augmenté pour la maison de retraite où les conditions de vie n’ont pas changé et a augmenté dans l’autre, d’un facteur 3 à 4.

Lundi 8 avril, selon la directrice d’une crèche de Fukushima, le nombre d’enfants aux pieds plats a été multplié par 2,5 depuis le début de la catastrophe. Elle soupçonne le manque d’activité physique.
La crèche, qui a ouvert en 2003, a photographié les pieds des enfants pour enregistrer leur croissance. En 2009, avant la catastrophe, donc, sur 66 enfants âgés de 3 à 5 ans, 9 (ou 13,6%)  avaient des pieds plats. En mars 2013, ce sont 21 enfants sur 64 qui ont les pieds plats, soit 32,8%. Depuis la catastrophe, les enfants ne sont pas autorisés à jouer plus de deux heures par jour dans la cour, alors qu’il y passaient au moins trois heures auparavant. Surtout, il ne se déplacent plus à pied dans la rue.
La crèche va donc installer des équipements, comme un trempoline, pour permettre aux enfants de faire plus de sport.

Lundi 22 avril, les autorités régionales de Fukushima ont toujours refusé de publier les données détaillées des résultats des échographies de la thyroïde qu’elles effectuent. En particulier, elles refusent de donner les résultats par municipalité pour ne pas stigmatiser une commune plutôt qu’une autre et ses habitants. Cependant, selon le Maïnichi, une ONG a obtenu ces données commune par commune, en s’adressant à la commission d’accès aux documents administratifs, mais ne les a pas publiées. Elles font apparaître de fortes disparités. La proportion d’enfants classés A2, qui ont des nodules inférieurs à 5 mm, varie de 25,2 à 41,6%. Pour les enfants classés B, avec un nodule plus grand que 5 mm, mais qui ne nécessite pas d’examen médical supplémentaire, ce taux varie de 0 à 1,7% selon les communes.
L’ONG a les données depuis janvier 2013, mais en février 2013, lors de la présentation des derniers résultats officiels, le prof. Shin’ichi Suzuki, qui pilote l’étude, a refusé de donner de tels détails.

Samedi 27 avril, le Maïnichi revient sur la surveillance de la thyroïde exercée par les autorités régionales de Fukushima et montre la frustration de la population. Il mentionne le cas d’une mère de Nihonmatsu qui a amené son garçon de 6 ans faire l’échographie officielle de la thyroïde : l’examen n’a duré que deux munite et elle n’a reçu aucune information, même si l’opérateur semblait avoir détecté quelque chose. Elle est donc aller refaire faire une échographie dans un hôpital. L’examen a duré 10 minutes et un nodule de 7 mm a été découvert. Son enfant devrait être classé dans la catégorie B qui implique un autre examen. Cependant, quand, un mois plus tard, elle a reçu les résultats officiel des autorités régionales, son fils était classé dans la catégorie A2, qui signifie qu’un suivi doit être fait, sans rien de plus. Aucune autre information n’est fournie. Elle a donc réclamé le rapport d’examen complet où il est mentionné un kyste de 1,6 mm et pas de nodule.
De plus, il apparaît que les examens officiels ne sont pas complets. L’Association japonaise d’échographie de la thyroïde et du sein préconise de contrôler 12 items lors d’un examen de la thyroïde. Les autorités régionales se sont toujours référées à ce guide dans leur communication, mais il s’avère que 4 items sur 12 ne sont pas contrôlés lors du dépistage officiel. Comme il y a 360 000 enfants à contrôler, le but des échographies est de faire un dépistage des cas les plus graves et pas un examen complet, afin de gagner du temps.
De nombreux parents sont choqués. Lors d’une réunion publique à Aïzuwakamatsu en mars dernier, les autorités ont expliqué que leur but était de rassurer les parents. Une mère a alors clairement expliqué que ce qu’elle attendait, ce n’était pas que les autorités la rassurent, mais la vérité. Elle tirera elle-même ses propres conclusions.
Des citoyens et des mairies commencent donc à s’organiser pour effectuer leurs propres examens thyroïdaux. C’est le cas en particulier de Motomiya et de Namié. Une association qui propose des examens thyroïdaux a aussi été créée à Iwaki. Comme pour la mesure de la radioactivité, les autorités n’ont plus le monopole.

Lundi 27 mai, l’Asahi s’est procuré une version non définitive du rapport de l’UNSCEAR (le comité de l’ONU en charge de la protection contre les rayonnements ionisants) sur les conséquences de la catastrophe de Fukushima. Il se veut rassurant mais souligne les grandes incertitudes sur les doses reçues et les effets de la radioactivité.
La dose à la thyroïde pour un enfant d’un an est comprise entre 33 et 66 mSv au-delà de 30 km (8 à 24 mSv pour un adulte) et entre 20 et 82 mSv en-deçà.
Les experts ont calculé la dose collective à la thyroïde et ont trouvé 30 fois moins que pour Tchernobyl. Ils ont trouvé 99 000 sieverts.hommes au Japon avec 130 millions d’habitants et presque 3 millions de sieverts.hommes pour l’ancienne URSS et les pays avoisinants avec 600 millions d’habitants. Cela s’explique partiellement par le fait que 80% des retombées de Fukushima daï-ichi sont allées vers l’océan alors que Tchernobyl est au milieu des terres et a affecté un plus grand nombre de personnes. Le régime alimentaire joue aussi.
Ils en ont déduit une augmentation de 2 cancers de la thyroïde pour 1 000 filles et 0,5 pour 1 000 garçons sur toute la vie.
En ce qui concerne la dose au corps entier, elle serait de 32 000 sieverts.hommes au Japon, environ 10 fois moins qu’après Tchernobyl. Individuellement, la dose reçue en dehors du rayon de 30 km serait inférieure à 4 mSv pour les adultes et 7,5 mSv pour les enfants de 1 an. Ce serait moins et 10 et 20 mSv respectivement dans la zone de 30 km.
Le rapport sera présenté à l’Assemblée Générale de l’ONU en septembre prochain.

Le rapporteur spécial chargé des droits de l’Homme de l’ONU a rendu son rapport sur les conséquences de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Il est disponible ici en anglais. Il mentionne les résultats de l’ACRO (note n°68) sur les analyses d’urine. Il recommande d’étendre la surveillance sanitaire à tous les enfants vivant dans une zone où la contamination entraîne une dose annuelle supérieure à 1 mSv et d’inclure des analyses d’urine. Il recommande aussi de prendre en compte les mesures citoyennes de la radioactivité. Il réclame aussi l’établissement d’un calendrier pour le retour à une limite de dose de 1 mSv par an. Ce document tranche avec ce que l’on peut lire dans les rapports des autres agences de l’ONU.

Vendredi 31 mai, le 27 mai dernier, nous avions parlé du rapport de l’UNSCEAR sur les conséquences sanitaires de la catastrophe de Fukushima. Le rapport n’est pas en ligne, seulement un communiqué de presse rassurant : « pas de risques immédiats sur la santé liés à la catastrophe de Fukushima, prétend un comité d’experts de l’ONU ».
L’évacuation d’urgence a pourtant entraîné plusieurs centaines de décès. Les populations évacuées et non évacuées apprécieront. Les doses reçues seraient faibles par rapport à la radioactivité naturelle. Comme si la radioprotection était basée sur la radioactivité naturelle… Pas un mot dans le communiqué sur les trois enfants qui ont un cancer de la thyroïde avéré. Chiffre provisoire.
Le communiqué parle aussi d’une protection efficace des populations mais ne mentionne pas les villages évacués tardivement où les populations n’ont pas été protégées ou les habitants de Namié qui sont allés se réfugier dans une zone plus exposée aux retombées radioactives.
Le communiqué mentionne aussi qu’il n’y a pas de décès liés aux radiations à déplorer chez les travailleurs qui sont intervenus à la centrale de Fukushima daï-ichi. Combien de malades à long terme ? Quel suivi médical ?
Le rapport du rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’homme (cf 27 mai 2013) n’a pas plu aux autorités japonaises. Leurs commentaires et corrections sont en ligne. Ce rapport serait « non scientifique » et donc sans fondement. Elles opposent une fin de non recevoir à quelques idées pertinentes (comme, par exemple, prendre en compte les mesures citoyennes de la radioactivité).

Mercredi 5 juin, il y a maintenant officiellement 12 cas avérés de cancer de la thyroïde chez les enfants de Fukushima et 15 autres cas suspects sur 174 000 enfants contrôlés. Selon la presse,
– au 31 mars 2012, 40 000 enfants de Fukushima avaient bénéficié d’une échographie de la thyroïde. 205 avaient dû subir des examens complémentaires qui ont conduit à 4 cas suspects et un enfant qui a eu une intervention chirurgicale pour une tumeur bénigne ;
– un an plus tard, au 31 mars 2013, 134 000 mineurs supplémentaires ont bénéficié d’une échographie. 935 ont dû subir des examens complémentaires. 5 d’entre eux avaient un cancer confirmé et 11 cas étaient suspects.
Les statistiques sur les échographies sont ici en japonais (sans les cancers) et le rapport est ici en japonais. Voir la page 15.

Jeudi 6 juin, le groupe d’experts qui pilote la surveillance sanitaire de la population de Fukushima vient de revoir ses objectifs : ce ne sera plus de « rassurer la population » mais « maintenir et promouvoir la santé des résidents de la province dans le futur ». Un changement énorme, qui, espérons, se traduira dans les faits.
Quatre experts, dont le très célèbre Prof. Yamashita, ont démissionné. Il était très controversé pour ses déclarations sur l’absence de danger de la radioactivité. Les autorités locales espèrent ainsi regagner la confiance de la population.

Dimanche 9 juin, de plus en plus d’initiatives ont été créées pour proposer des échographies de la thyroïde aux enfants exposés au retombées radioactives car de nombreuses familles n’ont pas confiance dans le dépistage effectué par les autorités. Elles veulent aussi plus d’information qu’un simple classement en catégories.

Lundi 10 juin, les familles de quatre patients décédés par manque de soins à la suite de la catastrope nucléaire ont porté plainte contre TEPCo. Ils réclament 125 millions de yens (presque 1 million d’euros).

Mardi 11 juin, selon un sondage, 60% des habitants de Fukushima craignent que leur irradiation ait un impact sur leurs descendants. Les 40% restants pensent que ce risque est faible, voire très faible.

Jeudi 13 juin, la Croix Rouge japonaise n’était pas préparée à faire face à une catastrophe nucléaire. Alors qu’elle était très présente sur le terrain pour aider les victimes du tsunami, elle était plutôt absente de Fukushima. L’organisation a donc décidé de revoir son engagement et a fixé à 1 mSv la dose limite pour les personnes qu’elle envoie dans les zones contaminées. Chaque intervenant sera équipé d’un dosimètre, aura des tablettes d’iode, n’a pas le droit d’aller dans les zones évacuées et doit quitter les territoires contaminés dès qu’il y a un danger ou si la limite de 1 mSv est atteinte.
L’organisation est critiquée pour avoir fixé une limite si basse : en cas de catastrophe nucléaire, elle peut être rapidement atteinte par les secours. D’autres ajoutent que les policiers, pompiers, l’armée vont réclamer une limite similaire et que cela va entraver l’aide aux victimes.
Mais la Croix-Rouge se défend en disant qu’elle a créé ce guide pour pouvoir venir en aide aux victimes d’une catastrophe nucléaire tout en protégeant les secouristes.

Dimanche 16 juin, le 15 mars 2011, l’hôpital universitaire de Fukushima a distribué des comprimés d’iode à son personnel. Les autres secouristes engagés à aider les personnes évacuées, à rétablir l’électricité ou les moyens de transport… n’y ont pas eu droit. De nombreux réfugiés dans la ville de Fukushima faisaient la queue à l’extérieur pour obtenir du ravitaillement. Ils n’en ont pas eu non plus. Cela choque beaucoup de monde au Japon.

Mardi 18 juin, Sanae Takaïchi, qui préside le groupe de réflexion sur la politique du parti au pouvoir, a déclaré, à Kôbé, que la catastrophe de Fukushima n’a pas provoqué de décès direct et qu’il fallait relancer le nucléaire. Cette remarque a beaucoup choqué les milliers de déplacés et les proches des victimes de l’évacuation d’urgence. Face aux critiques, elle a précisé qu’elle voulait dire que personne n’était mort suite à l’exposition aux radiations. C’est assez restrictif comme point de vue.

Jeudi 20 juin, la députée du parti au pouvoir qui avait osé affirmer que la catastrophe nucléaire n’a pas fait de mort, est revenue sur ses propos suite au tollé qu’ils ont provoqué. Elle est maintenue à son poste de chef de la politique de son parti par le premier ministre.
Des membres de son parti, dans la section de Fukushima, ont tenu à lui rappeler que l’évacuation et les suicides ont fait environ 1 400 victimes et qu’il y a environ 150 000 déplacés. Et d’ajouter que la pêche et l’agriculture sont sinistrées.
En août 2012, l’agence pour la reconstruction avait évalué à 1 263 le nombre de décès indirects liés à l’évacuation et le manque de soins médicaux auxquels il faut ajouter 34 suicides. Les autorités régionales, reprises par les médias, parlent d’un total de 1 415 décès maintenant.

Mercredi 26 juin, les autorités de la provinces de Fukushima ont essayé de reconstituer les emplois au temps des habitants lors des quatre premiers mois de la catastrophe pour calculer la dose reçue. Des questionnaires ont été envoyés, mais le taux de retour n’était pas très élevé. Les autorités régionales ont annonce que les doses estimées et transmises étaient erronées pour 16 118 personnes. Le NIRS (National Institute of Radiological Sciences ) qui a fait les calculs pour 420 000 personnes s’est trompé dans les dates et a sous-estimé la dose reçue pour 12 469 personnes. Il faut ajouter jusqu’à 0,4 mSv aux chiffres calculés précédemment. Pour les 3 649 autres, la dose était surestimée jusqu’à 0,2 mSv. Le programme va être corrigé et les nouveaux chiffres corrigés envoyés aux habitants.
Certaines personnes ont reçu plus d’un millisiervert en quatre mois, qui est la dose à ne pas dépasser en un an pour la population en temps normal.

Mardi 2 juillet, l’ACRO a mis en ligne un communiqué de presse pour attirer l’attention sur une étude australienne qui met en évidence une augmentation de 24% de l’incidence des cancers chez les enfants qui ont subi un ou plusieurs scanners. Elle met aussi en évidence l’apparition de ces effets à partir d’une dose voisine de 4,5 millisieverts (4,5 mSv), ce qui est dix fois plus faible que ce qui est communément admis. Cette démonstration, basée sur une grande cohorte (680 000 personnes), vient renforcer notre opinion que la limite de 20 mSv/an fixée par le gouvernement japonais pour décider de l’évacuation des populations n’est pas acceptable.

Samedi 6 juillet, selon la RTBF, les experts de la délégation belge auprès de l’UNSCEAR, l’organisme de l’ONU en charge d’évaluer l’impact des radiations, sont revenus choqués de la dernière réunion à Vienne. Selon eux, tout est verrouillé pour minimiser l’impact de la catastrophe de Fukushima. Les dernières découvertes sur l’impact des radiations ne sont pas prises en compte.
Ces experts sont des universitaires ou des membres du centre de recherche nucléaire de Mol. Article à lire !

Samedi 20 juillet, la NRA a changé ses prescriptions en matière de distribution de comprimés d’iode : ils seront distribués à tout le monde alors qu’avant, seules les personnes âgées de moins de 40 ans étaient concernées. La règle précédente avait été établie par les prédécesseurs de la NRA en 2002 et se basait sur les survivants de Hiroshima et Nagasaki. Mais si le taux de cancer de la thyroïde était plus faible chez les plus de 40 ans, il n’était pas nul.
4,8 millions de personnes vivant à moins de 30 km d’une centrale nucléaire sont maintenant concernées. Il n’y a qu’une compagnie phramaceutique au Japon qui produit ces comprimés, ce qui devrait retarder la distribution.

Dimanche 21 juin, des chercheurs japonais ont contrôlé la contamination de 10 placentas humains entre octobre 2011 et août 2012. 5 femmes vivaient à moins de 50 km de la centrale et 5 vivaient entre 210 et 290 km de la centrale. Tous les placentas étaient contaminés au césium 134 et 137, sauf un, à Tôkyô, qui n’avait que du césium 137. La contamination allait de 0,1 à 1,7 Bq/kg pour la somme des deux césium. Les auteurs de l’étude expliquent que cette contamination est inférieure à la contamination des placentas dans les années 60 au Japon et Canada, au moment des essais atmosphériques et aussi inférieure à la contamination des placentas en Italie du Nord après la catastrophe de Tchernobyl.
L’article scientifique est en accès payant.

(Sommaire)

Doses et conditions de travail à la centrale

Au 31 décembre, ils étaient presque 20 000 travailleurs à être passés sur le site de la centrale. Au début, il n’y avait pas un dosimètre par personne, ce qui a conduit à une évaluation très approximative des doses. Les premières anthropogammamétries n’ont eu lieu que tardivement, ce qui fait que l’estimation de la contamination interne, qui a pu être forte au début, est aussi mal connue. Plusieurs travailleurs n’ont pas pu être retrouvés et n’ont pas été contrôlés a posteriori. Enfin, il n’y a pas ou peu de mesure neutron, alors que le flux a beaucoup augmenté quand les réacteurs se sont vidés de leur eau.

Mardi 12 mars, le gouvernement a annoncé qu’il allait revoir la politique d’embauche à la centrale de Fukushima car il s’avère que 47% des intervenants ont des contrats qui violent le droit du travail : ils seraient recrutés comme intérimaires et envoyés comme spécialistes avec des contrats de travail en bonne et due forme. Mais si le gouvernement est plus regardant, la pénurie de main d’oeuvre risque de s’aggraver.
TEPCo a contrôlé 4 000 travailleurs entre septembre et octobre 2012 et 47% ont déclaré que la compagnie qui leur donne des ordres n’est pas celle qui les paye. Une telle situation est interdite car il y a ambuiguïté sur qui est responsable de la sécurité du travailleur.
L’été dernier, le gouvernement et TEPCo avaient estimé que les travaux à la centrale et la « décontamination » allaient nécessiter 12 000 personnes par jour. En mai, il y avait 24 300 travailleurs enregistrés comme habilités à travailler sous rayonnements ionisants, mais 1 000 d’entre eux avaient déjà dépassé la dose maximale. L’évaluation faite à l’époque étaient qu’il ne devrait pas y avoir de pénurie de main d’oeuvre avant 2017. Mais si l’on applique rigoureusement le droit du travail, la pénurie va arriver beaucoup plus vite. Les sous-traitants n’accepteront jamais d’embaucher les intérimaires et de continuer à les payer une fois la dose limite atteinte. Les autorités risquent donc d’être condamnées à accepter cette situation du « travailleur jetable ».
La pénurie risque d’être aussi cruciale quand les autres exploitants voudront redémarrer leurs centrales nucléaires. Auront-ils assez de personnel qualifié qui n’a pas atteint sa limite de dose ?
Le 30 janvier dernier, nous avions rapporté qu’il n’y avait que 10% des emplois liés à la décontmination qui étaient pourvus.

Vendredi 29 marsTEPCo a mis en ligne un nouveau bilan des doses prises par les intervenants sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi au cours des mois de décembre 2012 et janvier-février 2013. Ce sont toujours les sous-traitants qui sont les plus nombreux et qui prennent les doses les plus élevées. La dose la plus forte en un mois est de 17,44 mSv.
26 308 personnes sont déjà intervenues sur le site de la centrale : 22 653 sous-traitants et 3 565 employés de TEPCo. Je ne pense pas que les pompiers, l’armée, etc… qui sont intervenus au début, mais qui ne sont pas classés parmi les sous-traitants, soient pris en compte dans ce chiffre.

Samedi 20 avril, selon l’Asahi, des ouviers qui sont intervenus sur les fuites ont travaillé sans dosimètre ! 14 personnes sont concernées, selon TEPCo.

Mardi 30 avril, TEPCo a mis en ligne les doses reçues par les personnes qui travaillent sur le site de Fukushima daï-ichi durant les mois de janvier, février et mars 2013. Ce sont toujours les sous-traitants qui prennent les doses les plus fortes car leur statut précaire ne les protège pas. Près de 27 000 personnes sont intervenues à la centrale accidentée.

Mardi 7 mai, la presse japonaise rapporte de nouveaux extraits des enregistrements des visio-conférences des premiers jours de la catastrophe : dans la nuit du 14 mars un débit de dose 3,2 millisieverts par heure est détecté par la balise située au portail d’entrée de la centrale. Pour être sûr d’être bien compris, le directeur de la centrale précise que c’est plus de 3 000 microsieverts par heure. Un des directeurs à Tôkyô demande si c’est bien la plus forte valeur enregistrée jusqu’à présent. Le directeur de la centrale, Masao Yoshida, répond : « On a déjà eu des valeurs comme 1 500 ou 2 000 microsieverts. Maintenant, on ne fait plus attention ».

Samedi 11 mai, le ministère du travail a mis en garde trois compagnies sous-traitantes basées à Nagasaki pour avoir envoyés illégalement des travailleurs à la centrale de Fukushima. C’est la première fois que le ministère publie les noms des entreprises réprimandées. Les travailleurs s’étaient retrouvés à travailler à Fukushima alors que ce n’était pas mentionné dans le contrat. D’autres ont été moins payés que promis.
Un des travailleurs concernés avait alerté le ministère en juillet 2012 et il a fallu presqu’un an pour que des mesures disciplinaires soient prises et TEPCo n’a pas pu résoudre le problème.

Mardi 21 mai, le Monde mentionne cet appel lancé au gouvernement japonais pour qu’il protège mieux les 3 000 personnes qui interviennent quotidiennement sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi et en particulier des sous-sous-traitants qui font le sale boulot avec des CDD. Quand la dose limite est atteinte, c’est le chômage.

Jeudi 23 mai, TEPCo fait face à une pénurie de main d’oeuvre. La compagnie refuse de l’admettre, mais les témoignages des personnes qui sont intervenues mentionnent la forte demande de main d’oeuvre dans le bâtiment pour reconstruire les zones dévastées par le tsunami. De nombreux travailleurs qualifiés ont aussi atteint la limite de dose et ne peuvent plus travailler dans une centrale nucléaire. TEPCo se refuse à donner le nombre de ces personnes qui partent. Si les autres exploitants sont autorisés à redémarrer leurs centrales, ils auront aussi besoin de main d’oeuvre et la situation sera encore plus tendue.
Et comme ce n’est pas TEPCo qui emploie la plupart des 3 000 intervenants quotidiens, mais des sous-traitants, avec parfois 5 niveaux de sous-traitance, la compagnie n’est pas consciente des difficultés et des réalités. Et comme la compagnie semble plus préoccupée par la réduction des coûts que par les conditions de travail, de nombreuses personnes, même très qualifiées, quittent le chantier.
Tous les témoignages sont anonymes car les contrats de travail interdisent tout contact avec la presse.
En ce qui concerne la « décontamination » autour de la centrale, ce n’est pas mieux. Selon l’administration, il y a eu 2 124 emplois publiés durant le premier trimestre 2013 et seulement 312 postes pourvus.

Vendredi 31 mai, TEPCo a mis en ligne les dernières statistiques sur les doses enregistrées des personnes qui sont intervenues sur le site durant les mois de février, mars et avril 2013. Ce sont toujours les intérimaires qui reçoivent les doses les plus fortes. La dose mensuelle la plus forte est de 19,76 mSv.
Il y aurait eu 27 392 intervenants depuis le début des évènements.
Il y a 699 intervenants, tous employés de TEPCo, qui ont une limite de dose relevée à 100 mSv car ils sont indispensables à la gestion de la catastrophe. 122 d’entre eux ont déjà pris plus de 75 mSv.

Mercredi 12 juin, un lecteur nous a signalé le dernier bilan que TEPCo a fait des rejets aériens des trois réacteurs où il y a eu fusion du coeur. C’est en japonais et je n’ai pas trouvé de version anglais. Il date du 30 mai 2013.
Il est écrit que le rejet atmosphérique pour les trois réacteurs est de l’ordre de 10 millions de Bq/h (10 MBq/h). Je pense que cela ne prend en compte que le césium. Si l’on multiplie 24 h et 365 j, on arrive à presque 88 milliards de Bq/an (88 GBq/an). C’est beaucoup plus que les rejets aériens d’une centrale nucléaire en fonctionnement normal et même que les rejets aériens en césium de l’usine de retraitement de La Hague.
Les graphes montrent que ces rejets sont stables depuis un an.
TEPCo évalue l’impact sanitaire à la bordure du site à 0,03 mSv/an. Il n’est pas dit comment ils ont fait le calcul. C’est moins que ce qui dû à la contamination des sols au même endroit, mais ce serait jamais accepté pour une centrale en fonctionnement normal.

Samedi 29 juin, un camion est sorti de la centrale de Fukushima alors qu’il était plus contaminé que permis. Il y avait jusqu’à 22 000 coups par minute alors que cela ne doit pas dépasse 13 000 cpm. Il est allé recharger en béton et est revenu à la centrale un peu plus d’une heure plus tard.

Lundi 1er juillet 2013, TEPCo a mis en ligne, comme tous les mois, les doses enregistrées des travailleurs intervenant sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi. Au 31 mai denier, on est à 28 279 intervenants au total dont 24 480 sous-traitants. La dose maximale prise par les sous-traitants ces 3 derniers mois est de 19,3 mSv.

Samedi 6 juillet, 479 travailleurs qui sont intervenus à la centrale de Fukushima daï-ichi aveint des doses internes erronnées dans les dossiers de TEPCo. Pour 452 d’entre eux, la dose a été revue à la hausse et pour les autres, à la baisse. La plus forte hausse est de 48,9 mSv ! C’est dû à des erreurs dans le calcul des doses.
Au 31 mars 2013, 6 personnes ont reçu une contamination interne qui implique une dose supérieure à 100 mSv. 24 autres, une dose supérieure à 50 mSv. La dose maximale admissible est de 100 mSv sur 5 ans. Au moins deux personnes ont continué à travailler à la centrale après avoir dépassé cette limite.

Mardi 9 juillet, le directeur de la centrale de Fukushima daï-ichi au moment de l’accident est décédé des suites d’un cancer de l’oesophage. Il avait 58 ans. Il est considéré comme un héros au Japon par certains, même si d’autres lui reprochent de ne pas avoir su prévenir la catastrophe.

Vendredi 19 juillet, TEPCo estime à 1 973 le nombre de travailleurs qui ont reçu une dose à la thyroïde supérieure à 100 mSv et qui auront droit à un suivi annuel gratuit de la glande par échographie. On ne sait si elle financera les soins en cas de problème. 976 sont ses propres employés, les autres sont des sous-traitants.
TEPCo n’a fait de mesure que pour 522 travailleurs, pour les autres, il s’agit d’une estimation à partir de mesure sur le césium. Les autorités ne le lui ont jamais demandé non plus. C’est donc très approximatif. Le seuil international à partir duquel il est recommander de prendre un traitement à l’iode est pourtant de 50 mSv (ne pas confondre la dose à un organe particuier, comme la thyroïde, à la dose au corps entier. Les règles ne sont pas les mêmes). TEPCo aurait pu prendre ce seuil au lieu du double. Elle devrait même proposer des contrôles à toutes les personnes présentes sur le site en mars 2011, mais, une fois de plus, elle est limitée par le coût et par l’idéologie concernant de prétendus seuils d’innocuité.
Il lui a fallu plus de deux ans pour arriver à ce résultat alors que l’exposition à l’iode n’au eu lieu qu’au tout début et personne ne va contrôler… C’est la pression internationale et le questionnement des agences de l’ONU qui aurait poussé la compagnie à revoir ses chiffres initialement beaucoup plus bas.
Voir les explications en anglais de TEPCo datées du 22 juillet.

(Sommaire)

Arrêt du nucléaire et situation énergétique

14 réacteurs nucléaires ont été arrêtés par le séisme du 11 mars 2011. Le premier ministre de l’époque a ordonné la fermeture de la centrale de Hamaoka en mai 2011. Tous les autres réacteurs ont été arrêtés normalement au bout de 13 mois pour changer une partie du combustible et faire des contrôles. Mais aucun n’a redémarré ensuite, car les autorités locales demandent des garanties sur le sûreté. Comme l’autorité de sûreté actuelle est discréditée par la catastrophe, la situation est bloquée.

Au 10 mars 2012, il ne restait que deux réacteurs sur 54 en fonctionnement. Tout le parc nucléaire devrait être arrêté fin avril 2012.

Ce taux de disponibilité du parc nucléaire a été de 23,7% sur l’année fiscale 2011 (1er avril 2011 – 31 mars 2012), contre 67,3% l’année précédente. La demande globale d’électricité, et donc la production, toutes sources confondues, a baissé de 5,1% pour la même période par rapport à l’année précédente.
Le taux d’utilisation du parc nucléaire a été de 3,9% durant l’année fiscale 2012 (1er avril 2012 – 31 mars 2013).

Une des raisons des problèmes d’approvisionnement électrique actuels vient du fait qu’une partie du Japon (Kansai) utilise du 60 Hz alors qu’une autre partie (Kanto) utilise du 50 Hz. Il n’y a que trois transformateurs entre les deux régions et il est donc difficile de transférer de l’électricité d’une partie à l’autre. Seuls un million de kilowatts peuvent être transférés entre les deux parties du pays, une fraction de la capacité perdue par TEPCO lors du tremblement de terre du 11 mars qui est de 21 millions de kilowatts.

Si le gouvernement dit vouloir se passer de l’énergie nucléaire, il ne donne pas de calendrier. Par ailleurs, il continue à vouloir exporter cette technologie et n’arrive pas à se décider d’arrêter le surgénérateur Monju, en panne depuis 1995, et l’usine de retraitement, qui aurait dû démarrer il y a 5 ans. Mais ces deux installations ont aussi un intérêt militaire… Enfin, il pousse au redémarrage de quelques réacteurs. Combien ? Personne ne sait. Au moins une quinzaine ne redémarreront jamais. Soit parce qu’ils ont été endommagés le 11 mars 2011, soit parce qu’ils sont trop vieux. Les autorités ont exprimé leur volonté de limiter à 40 ans la durée de vie des réacteurs nucléaires, sauf dérogation.

Les stress-tests ne sont que des simulations informatiques et ne permettent pas de garantir la sûreté des réacteurs réels.

Jeudi 14 mars 2013, les municipalités situées dans un rayon de 30 km autour des centrales nucléaires doivent se préparer à une catastrophe majeure et préparer un plan d’évacuation. La NHK, a sondé les 135 communes et 21 provinces concernées et 46% ont déclaré que leur plan sera prêt pour la date limite fixée au 18 mars. 40% ne seront pas prêts. De nombreuses communes se plaignent que le guide préparé par l’autorité de sûreté est arrivé trop tard et que les explication n’étaient pas suffisantes. Parmi les item qui restent à régler, il y a pour 59% des communes qui sont en retard, l’évacuation des personnes âgées et dépendantes. Pour 50%, il y a les moyens de transport et pour 45% la distribution des pastilles d’iode.
Cela concerne 4,8 millions de personnes en tout.

La consommation d’électricité en février 2013 a baissé de 7,2% par rapport à février 2012. C’est la deuxième baisse consécutive. Les températures moyennes ont été plus clémentes.

Vendredi 15 mars, le premier ministre a confirmé les modifications de la commission qui conseille le gouvernement sur les choix énergétiques qui conduisent à éliminer 6 des 8 conseillers qui sont contre la poursuite de l’exploitation de l’énergie nucléaire. Le nouveau président, un ancien vice-président du patronat japonais, avait déjà présidé cette commission avant la catastrophe de Fukushima.Retour à l’anormale…
Parmi les nouveaux, il y a le gouverneur de la province de Fukui qui héberge 14 réacteurs nucléaires et un professeur en ingéniérie nucléaire de l’université de Kyôto.
Cette commission, nouvelle mouture, s’est réunie aujourd’hui pour la première fois après deux mois d’inaction.

Samedi 16 mars, nous en avons déjà parlé jeudi 14 mars, de nombreuses communes situées dans un rayon de 30 km d’une centrale nucléaire, qui doivent préparer un plan d’évacuation de leur population pour lundi 18 mars, ne sont pas prêtes.  C’est pourtant une condition nécessaire pour pouvoir redémarrer les réacteurs. Et les plans des communes qui ont rendu leur copie ne sont pas satisfaisants.
La province de Fukui, avec 14 réacteurs nucléaires, est particulièrement concernée. En juin 2012, elle a écrit rapidement un plan d’évacuation autour de la centrale d’Ôï, pour pouvoir la redémarrer. C’est la seule à fonctionner actuellement. Mais le plan est complètement irréaliste. Par exemple, les habitants de Takahama, à l’Ouest, ne doivent pas partir vers la ville de Maïzuru à 20 km de là, mais rester dans la province, en allant à Tsuruga, à 50 km de là, en passant au plus près de plusieurs réacteurs nucléaires… Le gouverneur de Fukui ne semble pas prêt à travailler avec les gouverneurs des provinces voisines. Il se focalise sur les communes à moins de 5 km pour le 18 mars.
Les plans des provinces voisines de Kyôto et Shiga ne sont pas sans critique : la province de Kyôto prévoit d’évacuer ses habitants vivant à moins de 30 km des centrales de Fukui à Maïzuru. Mais, on ne sait pas comment, ni où ces personnes seront hébergées.
Rien n’est prévu, non plus, si le lac Biwa, qui abreuve en eau potable 14,5 millions de personnes, est contaminé.
A Shizuoka, autour de la centrale de Hamaoka, il y a 860 000 personnes dans un rayon de 30 km. Comment trouver les bus et les chauffeurs pour les évacuer ?

Les manifestations anti-nucléaire du vendredi soir devant la résidence du 1er ministre continuent. Ils étaient environ 3 000 manifestants pour la 46ième qui a eu lieu le 15 mars 2013. Ils sont en général entre 2 500 et 13 000 cette année.

Lundi 18 mars, date limite pour soumettre son plan d’évacuation à la NRA en cas d’accident nucléaire. 135 communes et 21 provinces ayant des habitants à moins de 30 km d’une centrale nucléaire sont concernées. Selon le Maïnichi, 59 communes et 13 provinces sont dans les temps. Mais seulement 58 communes et 12 provinces auraient trouvé un lieu d’accueil. Mais il n’y a pas que l’évacuation à prévoir. Et seulement 30 municipalités et 8 provinces sont prêtes.
A Ibaraki, par exemple, où 940 000 personnes vivent à moins de 30 km des installations nucléaires, cela semble impossible d’évacuer toute le monde en cas d’accident. Les autorités locales en appellent au gouvernement. A Shizuoka non plus, il n’y a pas encore de lieu d’accueil pour tout le monde.
Selon le Yomiuri, seulement 29 communes sont prêtes. 120 (ou 80%) pensent avoir fini à l’automne 2013. 7 autres se donnent jusqu’à mars 2014.

L’exploitant de la centrale de Hamaoka a revu à la hausse la hauteur de son mur anti-tsunami et espère finir en décembre prochain : il fera 22 m de haut sur 1,6 km de long. Le mur actuel fait 18 m de haut.

Mercredi 20 mars, l’autorité de sûreté japonaise, la NRA, va donner une période de grâce de 5 ans aux exploitants du nucléaire pour implémenter certaines mesures de sûreté, comme une deuxième salle de contrôle excentrée ou certains systèmes de refroidissement supplémentaires. Les discussions continuent sur le calendrier d’implémentation des nouvelles exigences de sûreté.

La NRA a annoncé qu’elle allait autoriser le fonctionnement des deux réacteus d’Ôï jusqu’en septembre 2013, au-delà de l’adoption de nouveaux critères de sûreté prévus pour juillet. Ils ne s’appliqueront qu’après l’arrêt afin de leur permettre de passer l’été, période où la demande est la plus forte. Après, le Japon sera à nouveau sans aucun réacteur nucléaire en fonctionnement. Leur redémarrage ne sera possible que s’ils satisfont aux nouveaux critères.
La NRA ne veut pas créer de précédent qui impliquerait l’arrêt des réacteurs à chaque fois qu’il y a une modification des règles de sûreté. En janvier dernier, le président de la NRA avait affirmé qu’il pourrait ordonner l’arrêt de ces deux réacteurs en juillet s’ils ne satisfont pas aux nouvelles normes. Ce nouveau point de vue apparaît donc comme un rétro-pédalage et l’exploitant s’en réjouit. En revanche, les deux réacteurs d’Ôï seront inspectés à partir d’avril prochain pendant 3 mois. Si de graves problèmes de sûreté sont détectés, la NRA ordonnera l’arrêt des réacteurs.

Jeudi 21 mars, Areva a confirmé l’envoi de combustible MOx destiné à la compagnie KEPCo, qui avait déjà utilisé ce type de combustible chargé au plutonium dans le réacteur n°3 de Takahama. Pour le moment, personne ne sait si la compagnie pourra l’utiliser. Pour se justifier, KEPCo explique qu’Areva en a marre d’entreposer ce combustible…

Vendredi 22 mars, la compagnie qui tente d’exploiter l’usine de traitement des combustible usés espère pouvoir en traiter 80 tonnes cette année. De quoi extraire 0,6 tonnes de plutonium. Outre le fait que cela démontre le très faible taux de recyclage, comme en France, et que l’usine aurait dû démarrer il y a 5 ans, mais qu’elle ne fonctionne toujours pas, il y a aussi les problèmes de prolifération. Pour rassurer la planète, les compagnies d’électricité doivent donc présenter leur plan d’utilisation de ce plutonium. Alors que la fin de l’année fiscale approche (au 31 mars), elles ne peuvent pas planifier l’utilisation du plutonium et ne vont donc pas répondre.

Samedi 23 mars, le gouvernement japonais veut démanteler les quelques tentes d’indignés anti-nucléaire qui campent devant le ministère de l’industrie. Ils ont été soutenus par 300 manifestants.

Lundi 25 mars, 7 000 personnes se sont rassemblées samedi dernier dans un gymnase de Fukushima pour réclamer l’arrêt définitif de tous les réacteurs de la province.

Le quotidien Maïnichi a enquêté sur les fonds distribués par les compagnies d’électricité pour faire accepter le nucléaire.
Une troupe de marionnettes, officiellement initiée en 2000 par un groupe de mère de famille, pour sensibiliser aux bienfaits de cette énergie, a en fait été créée par le service de communication de TEPCo. Selon le site Internet de la troupe, ces mères veulent sensibiliser leurs enfants aux problèmes énergétiques. En fait, les 5 membres de a troupe appartiennent à une agence de publicité qui travaille pour TEPCo. La troupe essaye de se faire inviter chez des particuliers pour vanter l’énergie nucléaire. Une des membres a organisé 300 séances chez elle. Des employés de TEPCo assistaient parfois aux spectacles, sans se faire connaître.
Un des spectacles met en scène une maman ourse séparée de son petit par la banquise qui fond à cause du réchauffement climatique. Un autre retourne au 19ième siècle pour montrer la vie sans électricité.
La troupe continue à travailler pour l’Atomuseum à Niigata où il y a la centrale de Kashiwazaki-Kariwa exploitée par TEPCo.
D’autres ONG ont été créées avec le soutien de la fédération des compagnies d’électricité pour faire la promotion du nucléaire. Il s’agit de FORUM Energy Think Together (ETT) et de Shutoken Energy Kondankai (Enekon).
Même après la catastrophe, alors qu’elles sont dans le rouge, les compagnies d’électricité ont continué à arroser ces organisations de promotion. L’ASCA Energy Forum a reçu, en 2012, 18 millions de yens de l’industrie nucléaire (150 000 euros).

Mardi 26 mars, un membre de la commission à l’énergie atomique a défendu l’idée que le retraitement des combustibles usés ne devait être effectué que quand il sera clair que le plutonium extrait pourra être utilisé dans un réacteur. Evidemment, ce sont les risques de prolifération et la réaction de la communauté internationale qui motive ce point de vue. Il devrait en être de même pour le combustible MOx qui doit bientôt partir de France.
Pour le moment, il s’agit essentiellement d’un débat théorique puisque l’usine de retraitement ne fonctionne toujours pas, 5 ans après la fin de sa construction.

Jeudi 28 mars, la compagnie d’électricité du Tôhoku a annoncé avoir renoncé à son projet de centrale nucléaire dans la province de Fukushima. C’est bien la moindre des choses, d’autant plus que le lieu d’implantation était dans la zone contaminée, à une dizaine de kilomètres de la centrale de Fukushima daï-ichi. Le site a aussi été submergé par le tsunami.
L’opposition au projet était déjà forte avant la catastrophe nucléaire.
C’est la première annonce officielle d’abandon d’un projet nucléaire depuis le 11 mars 2011. Il en reste 11 autres dans les cartons…

Vendredi 29 mars, pour la première fois, le PDG de TEPCo a déclaré : « Notre culture de sûreté, nos compétences et notre savoir faire étaient insuffisants. Nous devons reconnaître humblement notre échec à prévenir l’accident, qui aurait pu être évité avec la volonté et la préparation des ressources humaines ». Difficile de prétendre l’inverse, même si TEPCo, toujours aussi arrogante, cherchait des boucs émissaires. Mais comme la compagnie veut redémarrer sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa, elle n’a pas d’autre choix que de faire amende honorable pour tenter de convaincre qu’elle a changé.

Le gouvernement japonais a estimé à 1 200 milliards de yens (10 milliards d’euros) le coût annuel de maintien du parc nucléaire arrêté. On ne connait pas ce coût pour chaque compagnie. Ce coût vient s’ajouter au coût de production de l’électricité par d’autres moyens et explique que les compagnies concernées soient dans le rouge. Et ce sont les consommateurs qui, in fine, payeront.

Samedi 30 mars, il y a eu, la veille, la 48ième manifestation anti-nucléaire avec environ 6 000 personnes devant la résidence du premier ministre. C’est aussi le 1er anniversaire de ces manifestations hebdomadaires.

Le premier ministre a reconnu qu’il serait difficile de redémarrer les réacteurs 5 et 6 de Fukushima daï-ichi et les 4 réacteurs de Fukushima daï-ni, même s’il satisfaisaient aux nouvelles règles de sûreté. Comme ils ont été noyés par de l’eau de mer corrosive, c’est une hypothèse très peu probable. TEPCo, quant à elle, n’a pas encore officiellement abandonné ces 6 réacteurs et engagé les procédures administratives pour les arrêter définitivement.

Mardi 2 avril, le gouvernement a décidé de libéraliser le marché de l’électricité à partir de 2016. La loi devrait être soumis au parlement en 2015 et la séparation des activités de distribution et de production de l’électricité devrait avoir lieu entre 2018 et 2020.
Les petits producteurs ne sont pas rassurés pour autant. Ils s’inquiètent du coût de l’accès au réseau qui restera contrôlé par les majors.

Mercredi 3 avril, le gouvernement précédent voulait limiter à 40 ans l’âge des réacteurs nucléaires. Cela ne semble plus à l’ordre du jour. La loi passée en juin 2012, met une limite à 40 ans, mais autorise les exploitants à demander 20 ans de plus, sous réserve d’acceptation par l’autorité de sûreté nucléaire (la NRA). Trois réacteurs ont plus de 40 ans actuellement et trois autres en sont très proches.
La NRA a proposé de nouvelles règles concernant l’extension de la durée de vie : outre un examen approfondi des structures du réacteur, les câbles électriques inflammables seront interdits et un double système d’injection sera recquis. 13 réacteurs ont des câbles inflammables.
Les installations de ce qui est communément appelé le « cycle du combustible », alors qu’il n’y a pas de cycle, vont voir leur démarrage une nouvelle fois retardé car les nouvelles règles de sûreté ne seront pas établies avant décembre 2013.

Jeudi 4 avril, la NRA veut établir qui critères de sûreté tels que la probabilité qu’un accident grave survienne soit inférieure à 1 tous les 10 000 ans. Par accident grave, elle entend un endommagement du coeur qui conduit à un rejet de 100 Térabecquerels de césium 137. C’est à peu près 100 fois moins ce qui a été rejeté par lors de l’accident de Fukushima.
Pour les accidents plus graves, ce sera moins de 1 tous les 1 million d’années.
Par ailleurs, un groupe de travail de la NRA suggère de prendre en compte le risque volcanique dans un rayon de 160 km autour de la centrale. Presque toutes les centrales sont concernées. Les exploitants doivent envisager une éruption avec écoulement de lave, ou des gaz et roches chaudes qui atteignent les réacteurs nucléaires. En cas de risque élevé, le réacteur pourrait ne pas redémarrer.

Samedi 6 avril, le premier ministre a reconnu qu’il sera difficile de redémarrer la cenrale de Fukushima daï-ni, même si l’autorité de sûreté la juge apte. Mais il se refuse à prendre la décision de l’arrêter définitivement, comme le réclame le gouverneur de Fukushima.

Lundi 8 avril, le ministère de l’industrie a porté plainte contre deux associations d’indignés anti-nucléaire qui campent devant le ministère pour occupation illégale d’un terrain. Il envisage dedéposer une autre plainte et réclamer 11 millions de yens (86 000 euros) pour le loyer. A-t-il porté plainte contre TEPCo pour occupation illégale de terrains avec ses déchets radioactifs ?
Les occupants et leurs trois tentes sont déterminés à rester et se battre pour cela.

Mardi 9 avril, le gouvernement ne devrait pas demander à la population de faire des efforts pour réduire la consommation d’électricité cet été car l’offre devrait dépasser de 6,3% la demande sur tout le pays. Les compagnies d’électricité ont augmenté leur capacités de production et certaines réductions dans l’industrie par exemple sont pérennes. Cela signifie donc que le Japon peut se passer de l’énergie nucléaire s’il le souhaite !
Il devrait, cependant, continuer à demander de faire des efforts pour réduire les émissions de CO2. Mais ce gaz à effet de serre n’est préoccupant que quand il sert à justifier l’énergie nucléaire. Autrement, ni les compagnies d’électricité ni le gouvernement ne semblent s’en préoccuper.

Mercredi 10 avril, l’autorité de sûreté, la NRA, a approuvé les nouvelles règles de sûreté. On ne sait toujours pas ce qui devra être implémenté avant le redémarrage et ce qui va bénéficier d’une période de grâce. Le public a encore un mois pour donner son avis. TOUS les réacteurs actuels sont recalés, même les deux en fonctionnement à Ôï ! Et donc, pour tous les réacteurs, sans exception, des travaux onéreux sont nécessaires. Dans certains cas, les compagnies pourraient décider de ne pas les faire et arrêter définitivement le réacteur.
Nous avions estimé qu’entre un tiers et la moitié du parc ne repartira jamais.

La province de Yamanashi veut devenir autonome énergétiquement (que pour l’électricité, semble-t-il !) à partir de 2050.

Lundi 15 avril, une nouvelle organisation anti-nucléaire vient d’être lancée à Tôkyô. Elle rassemble des scientifiques qui veulent peser sur la politique énergétique du Japon et influencer les décision de la NRA. Elle a reçu un soutien financier du Takagi Fund for Citizen Science.

Mardi 16 avril, 262 résidents du Kansaï avaient porté plainte pour réclamer l’arrêt des deux réacteurs de la centrale d’Ôï. Leur principal argument est que des sismologues avaient estimé que les failles sous les réacteurs sont actives. Ils viennent d’être déboutés par le tribunal d’Ôsaka.

Mercredi 17 avril, le combustible MOx est parti de Cherbourg pour le Japon. Destination, la centrale de Takahama dans la province de Fukui, exploitée par KEPCo. Elle est actuellement arrêtée et personne ne sait quand elle pourra redémarrer et si elle pourra un jour utiliser ce combustible. Arrivée prévue fin juin 2013.

L’autorité de sûreté nucléaire, la NRA, a annoncé qu’elle allait commencer à inspecter la seule centrale en fonctionnement à Ôï à partir de vendredi 19 avril. Le verdict est attendu pour juin. Le Japon devrait pouvoir passer l’été sans problème même si ces deux réacteurs sont arrêtés. Et ils seront arrêtés au plus tard en septembre 2013.

Jeudi 18 avril, la compagnie d’électricité du Tôhoku n’accepte pas le verdict de la NRA à propos des failles qui passent près de sa centrale de Higashidôri (Aomori). Elle prétend toujours qu’il s’agit de zone de déformation et pas de failles actives. Mais elle n’a pas réussi à convaincre la NRA qui a rejeté les arguments de l’exploitant.

Vendredi 19 avril, lors de la première réunion avec l’autorité de sûreté, la NRA, Kansaï Electric ou KEPCo, a affirmé que ses deux réacteurs en fonctionnement d’Ôï satisfont aux nouveaux critères de sûreté qui devraient être inscrits dans la loi à partir de juillet 2013 et que les failles qui passent sous ou à proximité de la centrale ne sont pas actives. Et d’ajouter que si la nouvelle salle de contrôle excentrée n’est pas encore disponible, une salle de réunion à proximité des réacteur peut faire l’affaire en attendant.
La NRA n’a pas pris ces affirmations pour argent comptant : KEPCo doit évaluer l’impact d’un mouvement simultané des trois failles sismiques. Et qu’il n’est pas réaliste d’utiliser la salle de réunion qui est trop proche des réacteurs en cas d’accident.
Pour le risque tsunami, la compagnie a calculé une hauteur maximale de 2,8 m et comme la centrale est située à 9,7 m au dessus du niveau de la mer, KEPCo prétend qu’il n’y a pas de problème.
Un article du Tôkyô Shimbun, traduit ici en anglais, fait le point sur ce qui reste à faire à KEPCo pour que ses réacteurs de la centrale d’Ôï puissent satisfaire aux nouveaux critères de sûreté.

L’avenir est sombre pour la centrale de Kashiwazaki-Kariwa dans la province de Niigata. Après les réacteurs 1 et 2, qui sont sur des failles maintenant considérées comme actives, c’est au tour des réacteurs 3, 5 et 7 qui sont sur des failles qui sont aussi suspectés d’avoir bougé entre 200 000 et 400 000 ans auparavant. Il ne resterait plus que 2 réacteurs sur 7 et l’exploitant, TEPCo, en faillite et avec une culture de sûreté entièrement à revoir.

Samedi 20 avril, la NRA a précisé à la Japan Atomic Power Co. (JAPC) que ses dénégations n’étaient pas acceptables et qu’elle estime toujours que les failles sous le réacteur n°2 de sa centrale de Tsuruga sont très probablement actives. Ce réacteur est donc fort probablement condamné. Le réacteur n°1 de cette même centrale a dépassé 40 ans. Quant à la centrale de Tôkaï, les élus locaux sont contre son redémarrage. Bref, cette compagnie est en mauvaise posture car elle pourrait perdre tous ses réacteurs.

Dimanche 21 avril, un article du Tôkyô Shimbun, traduit ici en anglais, fait le point sur ce qui reste à faire à KEPCo pour que ses réacteurs de la centrale d’Ôï puissent satisfaire aux nouveaux critères de sûreté.

Lundi 22 avril, des élections municipales ont porté au pouvoir des maires opposés au redémarrage de la centrale de Hamaoka, située dans la province de Shizuoka. Cela porte à 4, le nombre de municipalités officiellement opposées au redémarrage.
La compagnie, Chubu Electric, continue à investir massivement dans sa centrale et espère pouvoir la redémarrer après 2015.

Mardi 23 avril, le maire d’Ôsaka va continuer à plaider la sortie du nucléaire lors de la prochaine AG des actionnaires de KEPCo qui aura lieu en juin. Mais ce ne sera pas lui qui représentera la municipalité, premier actionnaire, à l’AG.

TEPCo a trouvé un repreneur pour le combustible MOx en France prévu pour son réacteur n°3 de Fukushima daï-ichi : une compagnie allemande. En échange, TEPCo aurait récupéré l’équivalent en plutonium au Royaume-Uni où il restera longtemps. Et c’est sans vergogne que TEPCo prétend ainsi oeuvrer en faveur de la « promotion des utilisations pacifiques du plutonium ainsi que d’une utilisation efficace des ressources énergétiques« . C’est beau, un tel dévouement ! 400 kg de plutonium ont été échangés, mais on ne connaît pas le coût de la transaction.
La compagnie possède maintenant 2,1 tonnes de plutonium en France et 5,3 tonnes en Grande-Bretagne.

Mercredi 24 avril, les Etats-Unis font pression contre le Japon à propos de l’usine de « retraitement » qui extrait le plutonium des combustibles usés. Comme il n’y a pas de plan pour utiliser le plutonium, les Etats-Unis s’inquiètent des risques de prolifération. Cela rendrait moins crédibles les pressions vers l’Iran et la Corée du Nord.
L’exploitant prétend pouvoir démarrer son usine en octobre 2013. Mais cela fait plus de 5 ans qu’elle doit démarrer dans six mois… Et comme il lui faudra la renforcer pour satisfaire aux nouvelles règles de sûreté, cette annonce n’est pas plus crédible que les précédentes. Cependant, même à plus long terme, la question de l’utilité de cette usine se pose.
En France, moins de 4% de ce qui sort des centrales est recyclé, le reste est classé en « matières recyclables », même si ce n’est pas recyclé. C’est donc avant tout une usine de blanchiment qui permet de ne pas classer ce qui sort des centrales en déchets, même si aucune technologie n’existe actuellement pour le recyclage.

Jeudi 25 avril, le Yomiuri croit savoir que Mitsubishi et Areva ont remporté le contrat pour constuire 4 réacteurs nucléaires en Turquie. L’annonce officielle sera faite lors du déplacement du premier ministre japonais sur place. Le contrat pour les 4 réacteurs de moyenne puissance ATMEA serait de 2 000 milliards de yens (15,4 milliards d’euros). La centrale est située à Sinop sur la Mer Noire. Il s’agit d’une zone sismique…

L’Autorité de sûreté nucléaire, la NRA, n’a pas autorisé les tests sur l’usine de « retraitement » des combustibles usés de Rokkashô-mura. Il faut attendre que les nouvelles règles de sûreté pour ce type d’installation soient établies et ce devrait être fait en décembre 2013. L’exploitant, qui n’a jamais réussi à faire fonctionner son usine depuis plus de 5 ans n’est plus à cela près. D’autant plus que le seul réacteur à utiliser du MOx (avec du plutonium recyclé) était le n°3 de Fukushima daï-ichi… 3 autres sont autorisés, mais on ne sait même pas s’ils vont redémarrer.

Vendredi 26 avril, jour anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, pour gagner du temps, TEPCo a décidé de fabriquer elle-même les systèmes de filtrage des gaz qui pourraient être relachés en cas d’accident à sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa (Niigata). On ne sait pas qui va qualifier le système, ni comment. Elle espère être prête pour cet été et ce serait les premiers réacteurs à eau bouillante du Japon à être équipés.En espérant que le système soit plus robuste que ce qui a été fait à Fukushima…

Dimanche 28 avril, les compagnies d’électricité travaillent sur le dossier de sûreté de certaines de leurs installations nucléaires pour tenter de décrocher un feu vert des autorités le plus rapidement possible. Elles pourraient soumettre leur demande dès juillet, une fois la nouvelle loi votée. KEPCo espère ainsi pouvoir démarrer rapidement deux réacteurs de sa centrale de Takahama (Fukui), Kyûshû Electric, sa centrale de Sendaï (Kagoshima) et Shikoku Electric celle de Ikata (Ehimé). On ne sait pas combien de temps il faudra pour les inspections et si les autorités locales donneront leur feu vert.

Mercredi 1er mai, la campagne « cool biz », qui consiste à ne plus mettre de cravate et à s’habiller moins chaudement pour aller travailler débute à nouveau au Japon dans le but de réduire la climatisation. La climatisation ne devrait pas descendre en dessous de 28°C.

Jeudi 2 mai, le Japon devrait vendre des réacteurs ATMEA en partenariat avec Areva à la Turquie et a signé un accord de coopération nucléaire avec les Emirats arabes unis. La Turquie est un pays très sismique. Quant aux Emirats, ils n’ont pas besoin de nucléaire pour leur approvisionnement énergétique.

Lundi 6 mai, à peine plus de deux ans après le début de la catastrophe, un tiers des provinces japonaises (17) ont des projets de grosses centrales solaires. C’est une conséquence du nouveau tarif de rachat établi par le précédent gouvernement.

Mercredi 8 mai, un sondage montre que 70% des experts de la Société Japonaise pour l’Energie Atomique sont toujours confiants dans l’énergie nucléaire. C’était 62% en 2011. 92% d’entre eux pensent qu’il faut continuer à exploiter cette énergie.

Jeudi 9 mai, la décision finale de la NRA à propos de la faille qui passe sous le réacteur n°2 de la centrale de Tsuruga, prévue pour le 15 mai, est attendue. Le groupe d’experts mandaté a, à l’unanimité, considéré la faille fort probablement active, ce qui signifie la fin de l’exploitation du réacteur. L’exploitant, Japan Atomic Power Co. (JAPC), qui exploite trois réacteurs pour revendre l’électricité produite aux compagnie d’électricité, est dans une situation critique. Le réacteur n°1 de Tsuruga a plus de 40 ans et celui de Tôkaï fait face à une forte opposition locale. La compagnie a donc fait savoir qu’elle utiliserait tous les moyens possibles pour obtenir l’autorisation de redémarrer le réacteur, y compris aller en justice contre le gouvernement. L’argent semble plus important que la sûreté pour elle…

Samedi 11 mai, l’autorité de sûreté, la NRA, a demandé à KEPCo de revoir la résistance des réacteurs de sa centrale d’Ôï en supposant que les trois failles bougent en même temps lors d’un séisme. La compagnie prétend que c’est inutile car les failles, situées à moins de 30 km de la centrale, ne seraient pas liées. Deux sont sous la mer et une sous terre.

Le marché de l’électricité est libéralisé pour les compagnies qui peuvent choisir leur fournisseur depuis mars 2000. TEPCo a perdu 7 000 clients en 2012, ce qui est la plus forte perte. C’est dû, en partie, à la hausse de ses tarifs de 14,9% en moyenne. Elle a perdu 22 400 clients depuis 2000.

Lundi 13 mai, le surgénérateur expérimental Monju, arrêté depuis 1995, après quelques mois de fonctionnement seulement, suite à une fuite de sodium et que l’exploitant tente de redémarrer, pourrait être définitivement arrêté. L’autorité de sûreté nucléaire pense qu’il ne satisfait pas aux critères de sûreté et elle ne donnera pas d’autorisation de d’exploitation. La décision est attendue mecredi 15 mai.
L’exploitant n’avait pas inspecté plus de 10 000 pièces, dont certaines importantes pour la sûreté comme un détecteur de neutron ou un diesel de secours. Même après un rapport interne sur ce problème, la situation a perduré. La NRA a aussi trouvé des violations des règles internes de l’exploitant.
Bref, tout est à revoir et la Japan Atomic Energy Agency (l’équivalent du CEA) ne peut pas espérer un redémarrage avant 2014, ce qui fera 20 ans d’arrêt ! Et cela avant même que de nouvelles règles de sûreté soient adoptées. Et puis, il y a le problème de la faille qui passe sous le réacteur qui pourrait être active.
Il serait temps d’abandonner ce projet. Les surgénérateurs au sodium ne marchent pas et sont trop dangereux. Et comme l’usine de retraitement qui doit fournir le plutonium ne marche pas non plus, c’est toute la gestion des combustibles usés qui est à revoir. Elle reposait sur des chimères. Il faut maintenant tout reprendre à zéro sur des bases réalistes.
Le Japon a déjà dépensé 1 000 milliards de yens (8 milliards d’euros) sur le projet Monju, pour rien.

Mardi 14 mai, selon le Maïnichi, ce sont maintenant 8 communes (Makinohara, Kikugawa, Kakégawa, Fukuroï, Iwata, Fujiéda, Yoshida et Mori) situées près de la centrale de Hamaoka (Shizuoka) qui s’opposent à son redémarrage. Elles sont toutes situées à moins de 30 km de la centrale, dans le périmètre d’évacuation.

Mercredi 15 mai, la NRA s’est réunie aujourd’hui et a avalisé les rapports de ses experts et inspecteurs. Ainsi, comme cela a déjà été annoncé :
– le redémarrage du surgénérateur Monju (qui n’a fonctionné que quelques mois en 18 ans) est suspendu jusqu’à nouvel ordre car les problèmes de sûreté y sont trop nombreux.
– le réacteur n°2 de la centrale de Tsuruga (Fukui) est bien sur une faille jugée fort probablement active. Cet avis avait déjà été annoncé en janvier dernier. L’exploitant, a apporté des arguments contradictoires qui ont été rejetés par la NRA, car jugés non convainquants. Il va donc continuer les études destinées à prouver que la faille n’est pas active pour sauver son réacteur. Un rapport est attendu en juillet.
Le maire de Tsuruga, qui craint de voir les finances de sa commune fondre, comme d’autres politiciens, a essayé de faire pression, en vain.
Le patron de Japan Atomic Power, l’exploitant, est furieux et a tenu à le faire savoir : il n’aurait pas eu la chance de faire valoir ses arguments, le point de vue de la NRA ne serait pas basé sur des faits et données. Il critique aussi le fait de ne pas avoir été invité à la réunion.
Les travaux de construction de ce réacteur ont commencé en 1982 et il a démarré en 1987.
Comme les deux autres réacteurs de la Japan Atomic Power ont aussi peu de chance de redémarrer, elle va faire faillite. Et ses actionnaires sont les neuf compagnies d’électicité qui exploitent l’énergie nucléaire (Tokyo Electric Power Co. : 28,23%, Kansai Electric : 18,54%, Chubu Electric : 15,12 %, Hokuriku Electric : 13,05%, Tohoku Electric : 6,12%, Electric Power Development Co. : 5,37%, Kyushu Electric Power Co. : 1,49% et Chugoku Electric Power Co. : 1,25%). L’impact financier va donc bousculer tout le Japon. De plus, d’autres centrales pourraient être sur des failles actives et ne redémarreront pas.

Jeudi 16 mai, les indignés, qui campent devant de ministère de l’économie et des finances, ont entamé une grève de la faim pour protester contre leur expulsion. Elle va durer jusqu’à mercredi prochain, qui la veille du procès suite à la plainte déposée par le gouvernement pour occupation illégale.

Vendredi 17 mai, comme tous les vendredis depuis plus d’un an, les manifestations continuent devant la résidence du premier ministre.

Le groupe d’experts de la NRA a confirmé que certaines zones de déformation sous la centrale de Higashidôri (Aomori) sont actives. Tôhoku Electric, l’exploitant, n’est, évidemment, pas d’accord. Cette compagnie pourrait aussi perdre tous ses réacteurs nucléaires.

Le président de la Japan Atomic Energy Agency qui tente d’exploiter le surgénérateur Monju a démissionné suite à la décision de l’autorité de sûreté de geler tous les travaux pour manquements graves à la sûreté. Il a 70 ans et était en place depuis 2010. La sûreté de l’installation n’en est pas pour autant améliorée. C’est toute la culture d’entreprise et l’organisation qu’il faut revoir.

Samedi 18 mai, la NRA continue ses inspections des deux réacteurs de la centrale d’Ôï en fonctionnement. Elle a notamment demandé à KEPCo, l’exploitant, d’étudier l’impact d’un mouvement simultané de trois failles lors d’un séisme. Mais l’exploitant rejette la demande sous le prétexte que ses recherches ont montré qu’il était peu probable que les trois failles bougent simultanément. Mais des experts de la NRA affirment que cette éventualité ne peut pas être exclue et doit donc être étudiée. Pourtant, quand KEPCo demandait l’autorisation de redémarrer ces deux réacteurs il y a un an, le président de la compagnie avait promis de se plier aux nouvelles normes de sûreté quand elles seraient prêtes. Mais, au Japon aussi, les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Et la principale leçon de Fukushima est qu’il faut aussi se préoccuper des évènements peu probables s’ils menacent la sûreté des réacteurs. KEPCo ne semble pas avoir compris, comme le dénonce l’Asahi dans un éditorial.

Dimanche 19 mai, TEPCo met les bouchées doubles pour pouvoir demander l’autorisation de redémarrer ses 7 réacteurs de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa dès la fin juillet, quand le nouveau référentiel de sûreté sera dans la loi. Elle veut doubler ses concurrents pour que les inspecteurs de la NRA, qui ne sont pas assez nombreux pour tout inspecter simultanément, viennent d’abord chez elle. Mais, ce n’est pas gagné pour autant. Il y a le problème des failles dont l’étude peut prendre du temps. Et puis, une partie des autorités locales n’est pas prête à signer un chèque en blanc. Le gouverneur de Niigata a toujours dit qu’il fallait d’abord tirer toutes les conclusions de la catastrophe de Fukushima avant de prendre une décision. Mais TEPCo, qui est en faillite, compte sur ces réacteurs pour espérer voir les profits revenir.
TEPCo a démenti cette information du Yomiuri.

Les Etats-Unis ont donné leur feu vert à l’exportation de gaz de schiste vers le Japon, ce qui va faire baisser les prix du gaz naturel liquide. Les importations de Chubu Electric et Osaka Gas, qui devraient débuter en 2017, représenteront environ 5% des importations de gaz naturel. D’autres compagnies pourraient suivre et les gaz de schiste pourraient représenter 20% des importations, ce qui devrait changer la donne énergétique du pays.

Un groupe de personalités, présidé par Akito Arima, physicien nucléaire, ancien président de l’université de Tôkyô, ancien membre du parlement, ancien ministre de l’éducation et de la recherche, a envoyé un avis de 5 pages au premier ministre en février dernier, demandant le redémarrage rapide des réacteurs nucléaires et critiquant la nouvelle autorité de sûreté, la NRA. Ce texte a été signé par 29 personalités. Si les dirigeants des compagnies d’électricité ne sont pas parmi les signataires, on trouve des personnes affiliées à l’industrie nucléaire.
L’Asahi a découvert que c’est l’Agence des resources naturelles et de l’énergie, qui dépend du ministère de l’industrie, qui a rédigé le texte. Le quotidien a obtenu de nombreux documents électroniques officiels pour appuyer ses dires. Un haut fonctionnaire de la division nucléaire de l’agence a confirmé que le premier jet a été proposé par l’Agence dont des membres étaient présents lors des réunions. Ce sont aussi des membres de cette agence qui ont organisé le rendez-vous entre le groupe et le premier ministre.

Mercredi 22 mai, la NRA a officiellement validé l’avis de son groupe d’experts à propos des failles sous la centrale de Tsuruga. Elle ne va pas l’inspecter et le réacteur n°2, qui a 26 ans, ne pourra donc pas redémarrer. La NRA n’a pas le pouvoir de demander l’arrêt définitif, mais elle peut refuser l’exploitation. Elle joue sa crédibilité dans cette affaire. L’exploitant est furieux. La NRA va lui demander l’étudier la tenue de la piscine de combustibles usés à un séisme impliquant ces failles.
Pour Monju, la décision de la NRA sera officiellement annoncée le 29 mai.

Mardi 28 mai, la NRA va mettre en place 3 équipes d’une vingtaine d’inspecteurs pour analyser les dossiers de sûreté à la lumière des nouvelles normes. Chaque équipe sera constituée d’experts en sûreté nucléaire, sismologie… L’instruction d’un dossier pourra prendre de six mois à un an. La NRA manque de recul pour évaluer le temps requis car des éléments de sûreté qui n’étaient pas pris en compte auparavant doivent maintenant être contrôlés. Et puis, les compagnies d’électricité doivent obtenir le consentement des autorités locales et des plans d’urgence doivent être mis en place dans un rayon de 30 km.
Kansaï Electric (KEPCo) va demander en priorité l’autorisation de redémarrer ses réacteurs 3 et 4 de sa centrale de Takahama (Fukui). Kyûshû Electric va aussi faire la demande pour deux réacteurs (Sendaï 1 et 2), Shikoku Electric, 1 (Ikata 3) et Hokkaïdô Electric, 3 (Tomari 1, 2 et 3). Ce sont tous des réacteurs à eau sous pression. Les 3 équipes de la NRA ne vont pas suffire.

Mercredi 29 mai ,la NRA a confirmé que Monju ne serait pas autorisé à redémarrer et elle va lancer une inspection de la faille qui passe sous le réacteur à partir du 13 juin prochain. Elle a aussi ordonné à la Japan Atomic Power Company d’évaluer la tenue de la piscine de combustible de sa centrale de Tsuruga face aux séismes.

Jeudi 30 mai, KEPCo a reporté une nouvelle fois la publication des résultats des ses études sismiques à la centrale de Mihama (Fukui). Initialement prévue pour mars, la publication a déjà été reportée à mai 2013. C’est pour juillet cette fois.

Vendredi 31 mai, le gouvernement va nommer Shojiro Matsuura, qui présidait la Nuclear Safety Commission au moment de la catastrophe de Fukushima, à la tête de Japan Atomic Energy Agency engluée dans les scandales à Monju et au niveau de l’accélérateur de J-Parc. C’est quelqu’un du sérail qui a présidé le Japan Atomic Energy Research Institute de 1998 à 2000 et qui préside actuellement le Japan Nuclear Safety Institute, créé l’an dernier par les compagnies d’électricité. Il a 77 ans.

Dimanche 2 juin, il y avait environ 85 000 manifestants contre le nucléaire ce jour à Tôkyô selon les organisateurs, 20 000 selon la police. Une chaîne humaire de 1,2 km a entouré le parlement.

Lundi 3 juin, la campagne « super cool biz » qui autorise de s’habiller légèrement au travail pour économiser sur la climatisation débute au Japon. Elle va durer jusqu’au 30 septembre.

Vendredi 7 juin, 57ième manifestation anti-nucléaire devant la résidence du premier ministre, comme tous les vendredis. Il y avait environ 900 personnes.

Samedi 8 juin, le parti au pouvoir et le principal parti d’opposition se sont mis d’accord pour réformer le marché de l’électricité. Une nouvelle loi sera donc soumise au parlement le 13 juin. Elle vise à libéraliser le marché en séparant la production et le transport.
Areva et l’entreprise japonaise Atox vont créer une filiale commune spécialisée dans le démantèlement des réacteurs nucléaires. C’est plus porteur que la construction en ce moment. Elle sera basée à Kashiwa, dans la province de Chiba, qui est une ville de la grande banlieue de Tôkyô qui a été particulièrement touchée par les retombées radioactives.
La compagnie américaine Edison Co., propriétaire de la centrale nucléaire de San Onofre en Californie a décidé d’arrêter définitivement les réacteurs n°2 et 3 suite à de graves problèmes de sûreté. Elle va demander des indemnités à Mitsubishi Heavy Industry suite à une fuite sur les générateurs de vapeur qui ont été remplacés en 2009 et 2010. C’est Mitsubishi qui est le partenaire d’Areva pour construire une centrale en Turquie…

Dimanche 9 juin, la NRA va inspecter les deux réacteurs d’Ôï (Fukui) en fonctionnement à partir du 15 juin. La question est de savoir s’il est possible de les laisser fonctionner au-delà de juillet, quand les nouvelles règles de sûreté seront entrées en vigueur. Comme c’est en été que la demande d’électricité est la plus forte et que ces réacteurs seront arrêtés en septembre, il y a de fortes chances pour qu’ils obtiennent un feu vert.

Lundi 10 juin, un éditorial cinglant du Japan Times critique les accords nucléaires signés entre la France et le Japon lors de la visite de François Hollande. Il parle de cynisme alors que la crise est loin d’être terminée et que de nombreux Japonais souffrent encore de la catastrophe de Fukushima. Le quotidien critique l’exportation de centrales nucléaires alors que la centrale de San Onofre en Californie, construite par Mitsubishi Heavy Industry, le partenaire d’Areva en Turquie, vient d’être définitivement arrêtée suite à des défauts de construction. Il critique aussi les accords concernant le « recyclage » des combustibles usés qui est un fiasco au Japon et qui s’apparente à du blanchiment en France (plus de 90% de ce qui sort des réacteurs est classé en « matières recyclables », même si elles ne sont pas recyclées et n’entrent pas dans l’inventaire des déchets nucléaires…).
Les deux pays se sont mis d’accord pour développer un nouveau surgénérateur comme Superphénix ou Monju qui est excessivement dangereux car il est refroidi au sodium liquide qui explose au contact de l’eau et s’enflamme dans l’air. Comme de nombreux pays européens refusent de financer la recherche sur la fission nucléaire qui ne profite qu’à un très petit nombre de pays, la France se retrouve seule et cherche à tout prix des partenaires. Quant au Japon, il veut maîtriser le retraitement pour des raisons militaires. Les deux pays se sont mis d’accord pour coopérer au démarrage de l’usine dite de retraitement, construite par Areva. On n’en est qu’au 19 report… La « maîtrise du cycle », pour reprendre le vocabulaire de l’industrie nucléaire, a déjà coûté au Japon presque 10 000 milliards de yens (77 milliards d’euros) pour rien.
Bref, ces accords sont un scandale.

Mardi 11 juin, KEPCo a étudié le mouvement simultané des trois failles qui passent sous sa centrale d’Ôï, la seule en fonctionnement, et est arrivé à la conclusion que l’accélération maximale engendrée par une telle secousse serait de 760 gals. La NRA estime cette valeur a priori satisfaisante. Il lui faut maintenant expertiser le dossier. Le tsunami engendré serait au plus de 3,68 m (quelle précision !) et la centrale est à 9,7 m au dessus de la mer.

Alors que le gouvernement espère un redémarrage rapide des réacteurs nucléaires pour des raisons financières, de nombreuses autorités locales se préparent à se passer du nucléaire. La région d’Ôsaka, par exemple, vient de publier un rapport d’experts intitulé « le Japon peut sortir du nucléaire d’ici 2030 ». Et de proposer des mesures à mettre en place dès 2017 pour y arriver. Cela passe par une libéralisation du marché plus rapide que ce que prévoit le gouvernement pour faciliter l’émergence de producteurs nouveaux. Le rapport recommande aussi de prendre le temps de bien inspecter les réacteurs avant d’autoriser un redémarrage temporaire, le temps de mettre en place une autre politique énergétique. Cela pourrait prendre 3 ans.
Les autorités régionales vont s’inspirer de ce rapport pour mettre en place leur propre politique énergétique.
Les provinces voisines de Kyôto et de Shiga ont aussi leur plan pour sortir du nucléaire. Plus près de Fukushima, la province de Yamagata va dans le même sens, ainsi que celle d’Ibaraki.
La femme du premier ministre a aussi avoué à sur une chaîne de télévision qu’elle était aussi opposée au nucléaire et à son exportation. Le Japon devrait investir dans d’autres formes de production d’énergie, selon elle.

Kyûshû Electric dépense 10 milliards de yens (77 millions d’euros) par an pour les réacteurs nucléaires n°1 et 2 de sa centrale de Genkaï (Saga) qui ne produisent rien. Pourtant, le réacteur n°1 aura 40 ans en octobre 2015. La compagnie prétend que les coûts du nucléaire sont moins élevés que ceux des énergies fossiles et qu’elle n’a pas encore toute la somme nécessaire au démantèlement (35,8 milliards de yens, 275 millions d’euros).
Inversement, mettre le réacteur aux nouveaux standards de sûreté nécessite un gros investissement qui partira en fumée à partir de 2015. Mais la compagnie se refuse à arrêter définitivement le réacteur n°1. Elle espère peut-être pouvoir aller au-delà de 40 ans. Et en attendant, elle dépense de l’argent à son maintien, même si elle est déficitaire.
Le plus grave est que la cuve du réacteur vieillit plus vite que prévu, sans que la compagnie ne puisse apporter d’explication ni ne puisse garantir sa sûreté. Il est donc peu probable que ce réacteur puisse redémarrer un jour. Mais l’exploitant s’entête, comme s’il n’avait tiré aucune leçon de ce qui s’est passé à Fukushima. Faut dire que la précédente autorité de sûreté, la NISA, avait donné son feu vert jusqu’en 2033. Alors…

Mercredi 12 juin, le précédent gouvernement voulait limiter la durée de vie des réacteurs nucléaires à 40 ans. Une prolongation pouvait être accordée à titre exceptionnel. La NRA vient de décider que la prolongation maximale pourrait être de 20 ans ! Une ralonge de 50% ! En France, l’ASN ne donne des autorisations que par tranche de 10 ans maximum.
Evidemment, la NRA demande que les réacteurs ayant 40 ans satisfassent les règles de sûreté les plus récentes. C’est un changement pour le Japon, contrairement à l’Europe. Les compagnies doivent transmettre les résultats des inspections qu’elles effectuent. 3 réacteurs ont plus de 40 ans au Japon et 4 autres plus de 37 ans. Ces 7 réacteurs vont bénéficier d’un délai de grâce de trois ans pour se mettre aux normes si les compagnies veulent étendre leur durée d’exploitation.
Qu’en est-il du problème des câbles électriques inflammables sur 13 réacteurs ?

La NRA continue à s’intéresser aux deux seuls réacteurs en fonctionnement, les réacteurs n°3 et 4 d’Ôï (Fukui). Il n’y a pas de centre de contrôle d’urgence délocalisé et qui résiste aux séismes pour faire face à un accident. KEPCo va en construire un, mais cela ne sera pas terminé avant 2015. La compagnie a donc proposé d’utiliser une salle de réunion à proximité des réacteurs 3 et 4. Cela a été refusé par la NRA car trop proche des réacteurs. KEPCo a donc proposé d’utiliser une salle de réunion près des réacteurs 1 et 2. La NRA a accepté à la condition que ces deux réacteurs restent arrêtés. Cela signifie aussi que les réacteurs n°1 et 2 ne pourront pas être redémarrés avant 2015 au plus tôt.
Si lors de l’inspection qui débutera la 15 juin, aucun problème grave n’est trouvé, les réacteurs devraient être autorisés à fonctionner jusqu’en septembre 2013. Arrivera alors l’arrêt réglementaire au bout de 13 mois de fonctionnement et l’entrée dans le nouveau régime de sûreté.

Le gouverneur de la province de Fukushima a réitéré sa demande de voir tous les réacteurs de Fukushima arrêtés définitivement. Il l’a fait dans une lettre adressée au ministre de l’économie. Il demande donc au gouvernement de prendre ses responsabilités et de décider la fermeture définitive des réacteurs 5 et 6 de Fukushima daï-ichi et des quatre réacteurs de Fukushima daï-ni. Le ministre ne s’est pas engagé.

Vendredi 14 juin, le gouvernement a adopté le livre blanc sur l’énergie qui ne renonce plus à l’énergie nucléaire.

Samedi 15 juin, alors que le combustible MOx parti de France devrait arriver ce mois-ci au Japon, deux compagnies d’électricité vont demander l’autorisation de redémarrer en utilisant ce combustible au plutonium : il s’agit de KEPCo pour sa centrale de Takahama (Fukui) et de Shikoku Electric pour sa centrale d’Ikata (Ehimé). Mais il leur faut obtenir l’assentiment des autorités locales, ce qui n’est pas gagné.
Le MOx avait déjà été utilisé durant 14 mois dans le réacteur n°3 d’Ikata.
Les autorités prévoyaient que le MOx soit chargé dans 16 à 18 réacteurs, mais pour le moment seuls 4 réacteurs avaient été autorisés, dont le réacteur n°3 de Fukushima daï-ichi… Outre les réacteurs n°3 et Takahama et d’Ikata déjà mentionnés, il y a aussi le n°3 de Genkaï (Saga). On ne sait pas combien de réacteurs pourront redémarrer et encore moins combien pourront utiliser du combustible MOx. Les autorités d’accrochent cependant à leur programme basé sur le plutonium avec des arrières pensées militaires évidentes. Le Japon a actuellement 45 tonnes de plutonium en stock, en partie entreposé à l’étranger.

Comme prévu, la NRA a commencé à inspecter les deux seuls réacteurs en fonctionnement.

Il n’y a pas que la femme du premier ministre japonais : 58,3% des Japonais sont opposés à l’exportation de réacteurs nucléaires par leur pays.

Dimanche 16 juin, le gouverneur de Shizuoka a été réélu. Un des enjeux étaient le redémarrage de la centrale de Hamaoka. Le vainqueur, Heita Kawakatsu, se présentait comme indépendant, mais était soutenu par le principal parti d’opposition, le Parti Démocratique du Japon. Il avait promis un référendum local sur l’avenir de la centrale. Son principal challenger, soutenu par le parti au pouvoir, le Parti Libéral Démocrate, a dit qu’il s’en remettrait à la décision du gouvernement. Le dernier candidat, du Parti Communiste, avait promis l’arrêt définitif de la centrale.

Lors l’inspection de la veille des deux réacteurs d’Ôï en fonctionnement, la NRA n’aurait rien trouvé de rédibitoire à la poursuite de l’exploitation jusqu’en septembre prochain. A l’issue de l’arrêt programmé en septembre, ce seront les nouvelles règles qui s’appliqueront dans leur ensemble.

Lundi 17 juin, le combustible Mox devrait arriver de France le 27 juin 2013.

Selon le quotidien Asahi, le gouvernement a déjà dépensé 2,48 milliards de yens (20 millions d’euros au cours actuel) pour promouvoir le nucléaire depuis la catastrophe de Fukushima. Et 66% de cet argent est allé dans l’escarcelle d’organisation qui emploient des bureaucrates ou des cadres de l’industrie nucléaire à la retraite. L’argent provient des taxes sur l’électricité que payent les consommmateurs, même si cette somme a été divisée par deux depuis la catastrophe. Le « village nucléaire » continue à se soigner. Sont visés en priorité, les riverains des installations nucléaires pour qu’ils acceptent le redémarrage.

TEPCo pourrait reporter la demande d’autorisation de redémarrage de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa. Officiellement, elle aurait peur de braquer les autorités locales et donnant l’impression de leur forcer la main. Elle préfèrerait d’abord les convaincre avant d’entreprendre les démarches. Le gouverneur de Niigata est en première ligne pour réclamer que toute la lumière soit faite sur ce qui s’est passé à fukushima avant de donner son accord.

Le premier ministre japonais est à Varsovie pour rencontrer ses homologues du groupe de Visegrad (Pologne, Tchéquie, Slovaquie et Hongrie) pour leur vendre du nucléaire.

Mardi 18 juin, les fortes chaleurs sont déjà là au Japon et dans la région de Tôkyô, la consommation d’électricité a dépassé les 90% des capacités de production. Les chiffres de TEPCo sont ici en anglais. C’était même 93% le 14 juin dernier.

Jeudi 20 juin, l’autorité de sûreté nucléaire, la NRA, a validé le nouveau référentiel de sûreté pour les réacteurs nucléaires japonais. Il sera appliqué à partir du 8 juillet 2013, après acceptation par le gouvernement. Certains points vont bénéficier d’un délai de grâce de 5 ans.
L’équipe d’inspecteurs, qui est allée inspecter les réacteurs en fonctionnement d’Ôï, a, dans son rapport, donné un feu vert à l’exploitation jusqu’à l’arrêt programmé en septembre. Elle s’est, en revanche, plaint du manque de coopération de l’exploitant, KEPCo.
Il s’agissait d’une inspection express qui n’a pas regardé des problèmes comme celui des failles. Une inspection plus détaillée aura lieu après l’arrêt des réacteurs en septembre.

La consommation d’électricité a baissé de 0,7% par rapport au mois de mai de l’année précédente. C’est le 5ième mois consécutif de baisse.

Vendredi 21 juin, le maire d’Iitaté veut installer une immense centrale solaire sur un terrain qui appartient à la commune : il s’agit d’un ranch qui n’est plus utilisable à cause de la radioactivité. Les bénéfices seront destinés à la réhabilitation du village.

Le ministre de l’industrie, Toshimitsu Motegi, a reconnu que la part du nucléaire dans la production d’électricité allait passer de 30% avant la catastrophe de Fukushima à 10% dans un premier temps. Cela signifie qu’il n’envisage le redémarrage que d’un tiers du parc pendant un certain temps. Les 2/3 restant ne satisferont pas aux nouveaux critères de sûreté avant longtemps…

Samedi 22 juin, le surgénérateur expérimental Monju a démarré en 1994 et s’est arrêté en 1995 suite à une fuite de sodium. Depuis, l’exploitant JAEA tente depuis de le remettre en route. Mais tout le processus a été arrêté récemment par la NRA pour défaut graves de sûreté : l’explotant n’avait pas contrôlé presque 10 000 pièces, dont certaines importantes pour la sûreté. On vient d’apprendre que ce n’est pas fini et qu’il y a 2 300 pièces supplémentaires qui n’ont pas été contrôlées ! C’est le cas par exemple pour une pompe qui fait circuler le sodium liquide de refroidissement.
Le Japon a déjà gaspillé plus de 1 000 milliards de yens (8 milliards d’euros au cours actuel) dans ce projet.

Le 26 juin, ce sont les assemblées générales des compagnies d’électricité du Japon : pour 8 compagnies sur neuf, une proposition d’arrêter l’exploitation des réacteurs nucléaires sera présentée (c’est Hokuriku Electric Power Co. qui fait exception). Dans le cas de Chubu Electric Power Co. et Kansai Electric, il y a aussi une demande d’arrêter de soutenir Japan Atomic Power Co., propriétaire de la centrale de Tsuruga située sur une faille considérée comme active par la NRA.
Mais toutes ces propositions devraient être rejetées car ce sont des compagnies financières qui détiennent la majorité et leurs décisions sont toujours en faveur des profits immédiats. Il faut, en effet, la majorité des 2/3 pour qu’une telle proposition soit acceptée.

Mardi 25 juin, avec l’arrivée prochaine du MOx envoyé par la France, des manifestants anti-nucléaire convergent vers Takahama (Fukui). Tous les gouvernements japonais maintiennent leur volonté d’extraire le plutonium des combustibles usés, même s’ils ne peuvent pas le brûler par la suite. Ce n’est pas sans poser des problèmes de prolifération. Le stock total de plutonium du serait de 44 tonnes, dont neuf au Japon avec cette arrivée. Personne ne sait quand il pourra être utilisé. Le bateau apporte 20 assemblages de MOx qui contiennent 900 kilogrammes de plutonium.
Le combustible MOx coûte 1,3 milliard de yens la tonne (10 millions d’euros), soit 5 fois plus que le combustible classique. C’est le gouvernement qui pousse l’option communément appelée « retraitement », même s’il n’y a quasiment pas de recyclage. Mais la priorité des compagnies est, pour le moment, de redémarrer leurs réacteurs, pas d’introduire un nouveau combustible. Selon KEPCo, ce serait la France qui aurait forcé la main pour renvoyer le MOx.

Mercredi 26 juin, c’était le jour des assemblées générales des compagnies d’électricité qui ont, sans surprise, rejeté les demandes d’arrêter définitivement la production d’énergie nucléaire déposées par des groupes d’actionnaires. Au contraire, les compagnies ont réaffirmé leur volonté de redémarrer au plus vite leurs réacteurs pour retrouver les profits. En effet, elles payent pour le nucléaire qui ne produit pas et pour les énergies fossiles de remplacement.

Le projet de loi sur la libéralisation du marché de l’énergie, qui va séparer la production de la transmission, et permettre aux consommateurs de choisir leur fournisseur, n’est pas passé à la chambre haute. Les trois principaux partis politiques s’étaient mis d’accord et la loi a été votées le 13 juin dernier par la chambre basse. Mais la chambre haute a adopté une motion de censure contre le premier ministre qui a entraîné un ajournement de la session parlementaire.

Jeudi 27 juin, le combustible MOx est arrivé à Takahama (Fukui) vers 7h. Il ne sera pas utilisé avant longtemps s’il est utilisé un jour. Une centaine de manifestants étaient pour protester.

Samedi 29 juin, pour redémarrer les centrales nucléaires, il faut un plan d’évacuation d’urgence dans un rayon de 30 km et de nombreuses communautés ne sont pas prêtes. 135 communes sont maintenant concernées mais pas forcément consultées… Certaines d’entre elles ont voulu signer des accords avec les compagnies d’électricité, mais elles n’ont pas réussi à s’entendre. Elles doivent réclamer des sous. En revanche, certaines communes qui hébergent les centrales nucléaires ne veulent pas partager la rente et sont réticentes à l’extension de la zone d’évacuation d’urgence. Elles ont aussi peur que cela retarde le redémarrage et les taxes qui l’accompagnent. Cela conduit à des absurdités.
A Fukui, avec 14 réacteurs, la côte est surnommée le Ginza du nucléaire ou les Champs Elysée du nucléaire. Les autorités régionales de Fukui n’ont pas réussi à s’entendre avec les provinces voisines de Kyôto et de Shiga, dont une partie du territoire est à moins de 30 km d’une centrale nucléaire. Et donc Fukui s’est débrouillée toute seule : en cas d’accident à la centrale de Mihama, les habitants de Mihama doivent se réfugier à Ôï où il y a une autre centrale au lieu d’aller plus loin dans les centrales voisines. Et si les deux centrales sont touchées par la même catastrophe naturelle, rien n’est prévu…
Les leçons de l’évacuation de la catastrophe de Fukushima ont-elles vraiment été tirées ?

Le gouverneur de Niigata, où il y a la centrale de Kashiwazaki-Kariwa de TEPCo, doute de l’efficacité des nouvelles règles de sûreté tant que l’on a pas fait toute la lumière sur ce qui s’est passé à Fukushima, ce qui prendre des années.

Dimanche 30 juin, alors que la compagne officielle pour les élections à la chambre haute du 21 juillet va débuter, le premier ministre va tenir son premier meeting à Fukushima le jeudi 4 juillet.
Lors d’un débat entre les 9 partis politiques qui présentent des candidats à Ôsaka la veille, le parti au pouvoir, le Parti Libéral Démocrate, était le seul à défendre la poursuite de l’exploitation de l’énergie nucléaire.

Lundi 1er juillet 2013, KEPCo a fini de creuser une nouvelle tranchée de 70 m de long et de 40 m de profondeur sur le site de la seule centrale en activité du Japon à Ôï et a conclu que la faille qui menace les réacteurs n’est pas active. Le mot de la fin appartient à la NRA qui est divisée sur la question.

C’est le premier jour de la campagne d’économie de la consommation électrique, même si le gouvernement n’a pas fixé d’objectif cette année. Pour le moment, les températures sont plutôt clémentes (pas trop chaudes) et cela n’est pas difficile. La campagne dure jusqu’à la fin septembre.

Mardi 2 juillet, TEPCo a finalement décidé de demander rapidement l’autorisation de redémarrer ses réacteurs 6 et 7 de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa (Niigata). Le gouverneur y est opposé.

Mercredi 3 juillet, l’autorité de sûreté nucléaire japonaise a présenté les nouvelles règles de sûreté pour les usines liées à la chaîne du combustible qui devraient être effective à partir de décembre 2013. Neuf installations sont concernées au Japon.

Le gouverneur de Niigata est furieux contre TEPCo qui veut redémarrer la centrale de Kashiwazaki-Kariwa sans venir expliquer sa stratégie aux riverains. Il parle de mépris pour la population locale. « Qui peut faire confiance à une telle compagnie ? ».

La NRA a donné son feu vert pour la poursuite de l’exploitation des réacteurs 3 et 4 d’Ôï, jusqu’en septembre. Ils seront ensuite arrêtés au bout de 13 mois et le Japon se retrouvera à nouveau sans nucléaire.

Vendredi 5 juillet, le PDG de TEPCo est allé rencontrer le gouverneur de Niigata et les maires de Kashiwazaki et Kariwa. Il a été mal reçu et a affirmé qu’il faudra d’autres rencontres pour convaincre d’autoriser le redémarrage. Le gouverneur n’a officiellement pas son mot à dire, mais les maires oui. Et comme ils dépendent des taxes de la centrale, ils seront plus faciles à convaincre.
La compagnie a embauché Barbara Judge (c’est son nom), une anglo-américaine, pour superviser la sûreté nucléaire en interne. Elle manie déjà la langue de bois avant de commencer.

Samedi 6 juillet, c’est la fin de la saison des pluies et le début des fortes chaleurs. La consommation d’électricité va augmenter pour la climatisation.

Dimanche 7 juillet, 500 mères de famille ont protesté devant la résidence du premier ministre contre la demande des compagnies d’électricité d’être autorisées à redémarrer certaines de leurs centrales nucléaires. Elles étaient porteuses de 20 000 messages de soutien fixés sur des branches de bambou en ce jour de Tanabata.

Lundi 8 juillet, avec l’entrée en vigueur du nouveau référentiel de sûreté, quatre compagnies de production d’électricité ont soumis un dossier à l’autorité de sûreté pour redémarrer dix réacteurs nucléaires. Il s’agit de
– Hokkaido Electric Power Co. pour les réacteurs 1 à 3 de sa centrale de Tomari ;
– Kansai Electric Power Co. pour les réacteurs 3 et 4 de sa centrale d’Ôï, ainsi que pour les 3 et 4 de celle de Takahama (Fukui) ;
– Shikoku Electric Power Co. pour le réacteur n°3 de sa centrale d’Ikata (Ehimé) ;
– Kyushu Electric Power Co. pour les réacteurs n°1 et 2 de sa centrale de Sendaï (Kagoshima). Elle devrait aussi faire la demande pour les réacteurs 3 et 4 de sa centrale de Genkaï (Saga) d’ici peu.
Les compagnies de Shikoku et du Kansaï ont aussi demandé l’autorisation d’utiliser du MOX dans 3 réacteurs : n°3 d’Ikata et n°3 et 4 de Takahama. C’est le réacteur d’Ikata qui aura probablement le premier feu vert car il est situé en hauteur et il n’y a pas de faille à proximité.
TEPCo, qui s’est fait rabrouer par le gouverneur de Niigata, n’a pas déposé de demande pour les réacteurs 6 et 7 de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa. Le gouverneur a été intransigeant lors de la rencontre de vendredi 5 juillet. Comme la NRA a des capacités limitées pour inspecter les réacteurs, TEPCo ne peut plus espérer un redémarrage rapide. Elle prévoit pourtant toujours le redémarrage lors de cette année fiscale dans ses comptes.
Aucune compagnie de production d’électricité n’est prête, pour le moment, à arrêter définitivement un réacteur. Pourtant, pour nombre d’entre eux, la remise aux normes va coûter très cher. Mais l’attitude du gouvernement actuel qui fait pression sur l’opinion pour redémarrer le nucléaire rend les compagnies plus arrogantes et convaincues qu’elles pourront à nouveau fonctionner comme avant, comme s’il ne c’était rien passé à Fukushima. Elles espèrent même redémarrer les réacteurs qui ont plus de 40 ans. Rappelons que 13 réacteurs ont des câbles électriques inflammables, ce qui désormais interdit, que d’autres sont des failles reconnues comme actives… Alors que les compagnies qui ont du nucléaire sont dans le rouge, elles ne peuvent pas se permettre d’avouer que certains réacteurs devront être arrêtés. Le coût de démantèlement pourrait faire peur aux banques et investisseurs. Alors, elles préfèrent le statu-quo.
La NRA a annoncé qu’elle allait de nouveau aller examiner la faille qui passe sous la centrale d’Ôï (Fukui), la seule en fonctionnement, dès ce mois-ci. Lors des deux inspections précédentes, il n’y avait pas consensus entre les experts mandatés. La faille passe sous la prise d’eau en mer de la centrale. La compagnie, quant à elle, avait conclu, sans surprise que la faille n’était pas active.
Les élus locaux, quant à eux, ne sont pas encore convaincus. Le Yomiuri, qui défend l’énergie nucléaire, a interrogé 11 gouverneurs et 61 maires concernés par la zone d’évacuation de 30 km autour de sept centrales nucléaires. Seulement quatre maires ont répondu soutenir le redémarrage de la centrale (Kariwa et Izumozaki (Niigata), Genkaï (Saga) et Nagashima (Kagoshima)). 30 autres ont émis des réserves. Plus de la moitié a répondu ne pas avoir les moyens de répondre à la question.
La NRA a, quant à elle, encore une fois insisté pour dire qu’elle a établi le référentiel de sûreté le plus strict du monde. Même si cela était vrai, les médias doutent de ses capacités à les mettre en application. Elle a mis en place 3 équipes, ou 80 personnes au total, pour étudier les dossiers et mener les inspections nécessaires.
Les exploitants, eux ne sont pas prêts. La NRA avait été choquée par l’attitude de KEPCo qui se contentait de faire le minimum requis sans chercher à améliorer la sûreté par elle-même lors de l’inspection des réacteur d’Ôï. Si elle continue ainsi, sa nouvelle demande pourrait être rejetée. La culture de sûreté met du temps à s’établir. Rappelons que ce sont les compagnies qui sont responsables de la sûreté de leurs installations.
A Takahama, KEPCo n’a pas changé la hauteur du tsunami potentiel fixée à 2,6 m, même si les autorités locales ont estimer que la vague pouvait atteindre 3,74 m. A Hokkaïdô, la compagnie a même diminué la hauteur du tsunami potentiel de 9,8 à 7,3 m.

Jeudi 11 juillet, l’exploitant de la centrale de Tsuruga (Fukui), qui, d’après la NRA, est sur une faille active, a fait des études complémentaires qui conduisent à la conclusion voulue : la faille n’est pas active et ne passe même pas sous le réacteur n°2 ! Il a soumis ses conclusions à la NRA.

Le Japon est en train de battre des records de chaleur. Il a eu 39°C à Kôshû pour le 3ième jour consécutif. 39,5 °C à Tatebayashi (Gunma). Mais pas de problème d’alimentation électrique avec seulement deux réacteurs nucléaires en fonctionnement.

Vendredi 12 juillet, les compagnies de production d’électricité ont du mal à admettre les nouvelles règles de sûreté. Avec le retour de la droite conservatrice et pro-nucléaire au pouvoir, elles pensent pouvoir se comporter comme avant et donner des ordres à l’autorité de contrôle. L’exemple le plus édifiant est Japan Atomic Power Co (JAPC) qui a 3 réacteurs : le n°1 de Tsuruga (Fukui) a plus de 40 ans. Son redémarrage ne peut être autorisé qu’à titre exceptionnel. Le n°2 de Tsuruga est sur une faille active, selon la nouvelle autorité de sûreté. Enfin, le réacteur n°2 de Tôkaï (Ibaraki) fait face à une forte opposition des élus locaux car le nombre de personnes à évacuer en cas d’accident serait trop élevé. Bref, ses trois réacteurs risquent de ne jamais redémarrer et la compagnie pourrait faire faillite. Mais comme elle a comme actionnaires les compagnies d’électricité auxquelles elle vent sont courant pour le distribuer, cela n’affectera pas la sécurité de l’approvionnement électique.
Tous ces obstacles ne semblent pas affecter le PDG de JAPC qui a annoncé, lors d’une conférence de presse, qu’il allait demander l’autorisation de tout redémarrer ! Il va aussi faire appel des compléments d’étude de sûreté réclamés par la la NRA !
La compagnie joue aussi la montre, pour retarder la faillite. Le ministère de l’économie, qui est conscient qu’il devra faire face à l’arrêt définitif de plusieurs réacteurs nucléaires, pourrait changer les règles financières liées au démantèlement. La fédération des compagnies d’électricité prétend que si le réacteur n°2 de Tsuruga doit être arrêté, c’est dû à un changement de règles et le gouvernement doit mettre la main à la poche.
Le maire de Tôkaï se plaint que le PDG de JAPC n’est jamais venu lui rendre visite pour lui expliquer ses intentions. Quant au maire de Tsuruga, il soutient la compagnie et ses subsides.

Samedi 13 juillet, le gouvernement japonais va dépenser 20 milliards de yens (154 millions d’euros) pour une installation dédiée à la transmutation des déchets à Tôkaïmura. Elle va utiliser les accélérateurs de J-Parc, où il vient d’y avoir une fuite due à de fortes négligences en terme de sûreté. Elle devrait démarrer dans 5 ans, mais il ne faut pas trop en attendre en terme de gestion des déchets.

Selon un sondage, 49,7% des personnes interrogées sont contre le redémarrage des réacteurs nucléaires et 41,1% sont pour.

Kyûshû Electric a déposé une dossier de demande d’autorisation de redémarrage de deux réacteurs supplémentaires. Il s’agit des réacteurs n°3 et 4 de la centrale de Genkaï (Saga). Pour le n°3, la demande inclut l’utilisation de combustible MOx, comme c’était déjà le cas avant le 11 mars 2011. Cette centrale est aussi en hauteur et il n’y a pas de faille à proximité. Elle est donc considérée comme étant parmi les premières à pouvoir être redémarrée.
Cela porte à 12 le nombre de demandes. Tous les réacteurs concernés sont de type à eau sous pression qui ont une enceinte de confinement plus grande et ont donc obtenu un délai de grâce de 5 ans pour installer des filtres qui doivent limiter les rejets radioactifs en cas d’accident.

Mardi 16 juillet, la NRA avait jugé que la faille qui passe sous le réacteur n°2 de la centrale de Tsuruga dans la province de Fukui est active. Il était donc hors de question d’envisager une demande de redémarrage. Elle a aussi logiquement demandé à l’exploitant d’étudier la tenue de la piscine de combustible usé à un séisme où il y a 1 700 assemblages.
L’exploitant, la Japan Atomic Power Co, a fait appel de la demande de la NRA sous le prétexte que la faille n’est pas active et que la demande est donc sans fondement. Mais elle va quand même répondre aux risques liés à une perte de refroidissement de la piscine pour toute autre raison qu’un séisme d’ici la fin juillet car elle ne veut pas être punie.

La NRA a mené ses premières auditions des compagnies d’électricité qui demandent le redémarrage de réacteurs nucléaires.

L’Asahi révèle que TEPCo a poussé un de ses sous-traitants à acheter en secret du terrain près du projet de centre d’entreposage de combustibles usés à Mutsu dans la province d’Aomori en échange de promesse de contrats futurs.

Mercredi 17 juillet, l’Asahi continue ses révélations sur le centre d’entreposage des combustible usés de Mutsu (Aomori) dont TEPCO est actionnaire. La compagnie famiiale de l’ancien maire s’est trouvée en difficultés financières et le sous-traitant de TEPCo, la compagnie de construction Nishimatsu lui a accordé un prêt afin de la sauver, avec l’accord de TEPCo. Comme le maire était favorable au projet de centre d’entreposage… Une partie de la somme n’a jamais été remboursée.

Les élections à la chambre haute approchent (dimanche 21 juillet) et le principal parti au pouvoir, le parti libéral démocrate, ne parle jamais de nucléaire dans sa campagne, même s’il est clair qu’il veut redémarrer au plus vite les réacteurs. Son allié, le nouveau Kômeitô, lié à une branche du boudhisme, est plutôt contre et veut abandonner cette énergie le plus vite possible. Il est aussi contre le retraitement. Il n’en parle donc pas non plus. Tous les autres partis en lice défendent une sortie du nucléaire à plus ou moins long terme.

Le PDG de TEPCo est allé à la rencontre des conseils municipaux de Kariwa et de Kashiwazaki pour leur expliquer que la centrale était plus sûre qu’avant et qu’il fallait redémarrer rapidement deux réacteurs car la compagnie a besoin d’argent.

La NRA a commencé à inspecter les failles sous le surgénérateur Monju (Fukui). Il y a 8 failles sous l’enceinte de la centrale, dont une qui passe sous le réacteur et qui pourrait bouger si la faille active qui est 500 m plus loin se mettait à bouger. L’équipe est constituée d’un commissaire de la NRA, Kunihiko Shimazaki, et de quatre experts extérieurs.
De toutes façons le réacteur est arrêté depuis 1995, moins d’un an après son démarrage, suite à une fuite de sodium, et la tentative récente de redémarrage a tourné court pour de graves problèmes de sûreté. Le réacteur a déjà coûté plus de 1 000 milliards de yens (plus de 10 milliards d’euros) pour 250 jours de fonctionnement en tout.

Avant 2011, les employés japonais allaient travailler en costume cravate et la climatisation était fixée pour quelqu’un de très habillé. En manches courtes, on avait froid dans les restaurants, magasins, surper-marchés et même les transports en commun. Après la triple catastrophe, le gouvernement a allongé la campagne « coolbiz », qui ne durait que quelques semaines, en encouragent les employés à s’habiller plus légèrement afin de moins climatiser. Avec le « super coolbiz », c’était devenu plus agréable et raisonnable, même si certains magasins restaient très froids. Surtout des super-marchés. Cet été, le gouvernement a demandé à la population de faire des économies d’énergie sans pour autant fixer d’objectifs chiffrés. C’est sûrement un sentiment subjectif, mais il fait de nouveau froid dans les restaurants, magasins, super-marchés…

Jeudi 18 juillet, après deux jours d’inspection sur place, la NRA a expliqué qu’il faudra du temps et des expertises complémentaires pour évaluer le risque sismique à la centrale de Monju. La question est de savoir si les zones de fracture sous le site de la centrale peuvent bouger avec la faille active située à 500 m.

Dans un éditorial, le Maïnichi se plaint de la nullité du débat électoral concernant l’avenir énergétique du pays. Seul le principal parti au pouvoir soutient la relance du nucléaire et tous les autres sont contre. Mais concrètement, qu’est ce que cela signifie ? Il est clair, et nous l’avons déjà exposé en détails, qu’une partie conséquente du parc nucléaire japonais ne redémarrera jamais et la population n’est pas prête à accepter la construction de nouveaux réacteurs. Inversement, peu de partis sont contre un redémarrage temporaire. Ceux qui sont pour une sortie du nucléaire avec un redémarrage temporaire des réacteurs les moins dangereux ne sont pas plus précis non plus. Qu’est-ce qui différentie ces deux approches dans les faits ?
Et puis se pose la question du démantèlement et des déchets nucléaires qui est loin d’être réglée. Les partis politiques n’en parlent pas.
La Maïnichi appelle donc les partis d’opposition à être plus clair sur leur programme énergétique en soutenant les énergies renouvelables et les économies d’énergie. Il appelle aussi les électeurs à voir à plus long terme que les simples échéances électorales sur ces sujets.

Suite du feuilleton des magouilles de TEPCo et la compagnie de construction Nishimatsu par l’Asahi : Nishimatsu a prêté 230 millions de yens à la compagnie du fils d’un maire pro-nucléaire de Fukushima. La demande aurait pu venir de TEPCo et Nishimatsu a dû bénéficier de contrats de TEPCo en échange. M. Kusano, maire de Naraha qui accueille Fukushima daï-ni à l’époque, dément toute implication.

Samedi 20 juillet, la centrale de San Onofre en Californie a dû être arrêtée définitivement suite à une fuite radioactive du générateur de vapeur fourni par Mistubishi. Les 4 générateurs du réacteurs étaient garantis 20 ans mais la fuite a eu lieu moins d’un an après l’installation de nouveaux générateurs. Les tubes étaient trop fins et une investigation de l’autorité de sûreté américaine a montré que Mistubishi s’est trompée dans ses modélisations numériques du flux de vapeur, ce qui a conduit à une usure très rapide. Mitsubishi va remplacer les générateurs, mais l’exploitant considère cela comme une faute grave et demande la prise en charge de tous les frais engendré par l’arrêt du réacteur. Evidemment, Mitsubishi conteste ce point de vue.
Dire que c’est avec Mitsubishi que le gouvernement japonais veut relancer l’exportation du nucléaire japonais et que c’est cette compagnie, alliée à Areva, qui a été choisie par la Turquie…

-> Lire notre article faisant le point sur le redémarrage (9 juillet 2012, remis à jour le 18 juillet).
-> Site Internet du gouvernement pour débattre de la politique énergétique à l’horizon 2030 : ici en japonais.
-> Le nouveau référentiel de sûreté des installations nucléaires japonaises est maintenant disponible en anglais, dans ses grandes lignes. Les liens pour accéder aux documents sont ici. Il s’agit de prescriptions provisoires.

(Sommaire)

Coût de la catastrophe nucléaire

Lundi 11 mars 2013, jour anniversaire des trois catastrophes, 1 650 personnes se sont jointes aux plaintes déposées contre TEPCo.

Mercredi 13 mars, la NRA, la nouvelle autorité de sûreté nucléaire, veut revenir sur la limite de 40 ans imposée aux réacteurs nucléaires par le précédent gouvernement, à la condition qu’ils satisfassent aux nouveau critères de sûreté, bien-sûr. Au Japon, 17 réacteurs ont plus de 30 ans et 3 plus de 40 ans. L’impact de cette décision est donc énorme.
Le nouveau référentiel de sûreté a été discuté par des experts lors de réunions ouvertes au public. Mais la NRA veut autoriser le fonctionnement des réacteurs au-delà de 40 ans sans discussions ouvertes devant le public. Le Maïnichi, dans un éditorial, dénonce cette procédure.

Dimanche 17 mars, TEPCo avait prévu de consacrer 70 milliards de yens à l’amélioration de la sûreté de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa, avec 7 réacteurs. Elle a revu l’addition qui pourrait dépasser les 100 milliards de yens (presque 1 milliard d’euros). Personne ne sait comment elle pourra payer.

Lundi 18 mars, la commission en charge des consommateurs du gouvernement estime que l’augmentation des tarifs de l’électricité demandée par les compagnies du Kansaï et de Kyûshû est trop élevée.

Jeudi 21 mars, la cellule de contentieux créée par le gouvernement pour régler les conflits relatifs aux indemnisations de TEPCo, n’a pu régler, pour le moment, qu’un tiers des dossiers : 1 900 cas sur 5 800.

Vendredi 22 mars, le ministère de l’environnement a envoyé une facture de 14,9 milliards de yens (122 millions d’euros) à TEPCo pour payer une partie des coûts de la décontamination, comme la loi l’y autorise. Mais TEPCo ne paye pas et doit encore plus de 10 milliards de yens à l’Etat. En février dernier, le gouvernement a donc renvoyé une facture de rappel à la compagnie, en vain.
En revanche, TEPCo a accepté de payer une taxe d’entreposage du combustible usé à la ville de Kashiwazaki pendant 5 ans. A 480 yens par kilo (4 euros par kilo), la municipalité devrait toucher 2,87 milliards de yens sur 5 ans (23,4 millions d’euros). La compagnie espère ainsi s’attirer les bonnes grâces de la ville afin qu’elle donne son feu vert au redémarrage de la centrale avec 7 réacteurs.

Dimanche 24 mars, Japan Atomic Power Co., qui a peu d’espoir de voir ses réacteurs nucléaires redémarrer et qui a déjà revendu une partie de l’uranium qu’elle possédait, a annoncé qu’elle ne va pas recruter en 2014.

La compagnie d’Electricité de Hokkaïdô envisage de demander la permission d’augmenter de 10% en moyenne ses tarifs pour les particuliers à partir du 1er septembre prochain.

Lundi 25 mars, TEPCo a annoncé avoir étendu la zone où les agriculteurs, pêcheurs et forestiers peuvent obtenir des indemnisations à cause des « rumeurs néfastes ». Voir le communiqué de TEPCo. Cela va aller jusqu’aux shiitakés de Hiroshima, à l’autre bout de l’île principale. Pour les poissons, cela va jusqu’à Hokkaïdô. Les champignons de Hiroshima ont dû être cultivés sur du bois qui venait du Nord-Est du Japon…
Si la vente de tous ces produits souffre des « rumeurs néfastes », pour reprendre l’expression consacrée, c’est qu’ils ont été contaminés. Mais ce mot là n’apparaît jamais. Officiellement, TEPCo est prête à payer pour compenser la bêtise humaine. Et on va la croire…

Mardi 26 mars, alors que l’Office Parlementaire des Choix Scientifiques et Technologiques vient de saisir le Haut Comité pour Transparence et l’Information sur la Sécurité Nucléaire, à propos de la transparence de la production des données au sein de l’IRSN suite à l’affaire des études cachées sur le coût d’un accident nucléaire, l’IRSN se résoud à mettre en ligne l’étude de 2007 révélée par le JDD.
Rappelons que l’ACRO avait attiré l’attention sur l’étude de 2012.

Vendredi 29 mars, TEPCo a envoyé les formulaires pour l’indemnisation du foncier. 50 000 familles sont concernées.
Elle est en retard. TEPCo et le gouvernement auraient dû le faire à la fin de l’an dernier, mais la procédure d’évaluation de la part des dommages qui sont dus au séisme et au tsunami aurait été plus complexe que prévu. Ces dommages ne seront pas pris en charge par TEPCo.
Le taux d’idemnisation dépend de la date de retour prévue : au bout de 6 ans, la valeur du bien est considérée comme nulle. Pour le mobilier, la compensation sera évaluée de façon forfaitaire en fonction du nombre de résidents et la composition de la famille.
En ce qui concerne les terrains agricoles et les forêts, tout reste à faire.

Le gouvernement japonais a estimé à 1 200 milliards de yens (10 milliards d’euros) le coût annuel de maintien du parc nucléaire arrêté. On ne connait pas ce coût pour chaque compagnie. Ce coût vient s’ajouter au coût de production de l’électricité par d’autres moyens et explique que les compagnies concernées soient dans le rouge. Et ce sont les consommateurs qui, in fine, payeront.

Une enquête du Maïnichi montre que le prix des fruits et légumes produits à Fukushima a encore baissé en 2012 sur le marché de gros à Tôkyô. Le gouvernement avait baissé les limites maximales autorisées de contamination en césium, mais cela n’a pas aidé l’agriculture locale.
En 2011, le prix moyen des légumes produits dans toutes les autres régions du Japon a augmenté de 4% par rapport à l’année 2009. En revanche, les prix des légumes produits dans la province de Fukushima ont baissé de 5% par rapport à 2009. En 2012, les prix ont fléchi en moyenne de 0,2% par rapport à 2009, sauf à Fukushima où la baisse est de 18,7%.
Comme les consommateurs n’achètent plus les produits de Fukushima, officiellement à cause des « rumeurs néfastes », ils finissent dans les restaurants et l’industrie agroalimentaire.

Dimanche 31 mars, alors que TEPCo réclame de l’argent aux autorités car elle est en faillite, elle continue à payer sa cotisation à la Fédération des Compagnies d’Electricité. L’adhésion annuelle est de 1,8 milliards de yens (15 millions d’euros). La principale activité de cette fédération est de faire du lobbying en faveur de l’énergie nucléaire.
C’est la première fois que le montant de la cotisation d’une compagnie membre est rendue publique. L’Asahi, qui a révélé l’affaire, est surpris par le montant. A quoi sert l’argent ? Les comptes de la fédération ne sont pas publics et TEPCo ne peut pas répondre sur l’utilisation des fonds.
Les experts gouvernementaux qui avaient osculté les comptes de la compagnie quand elle avait réclamé une aide financière avaient tranché : « la cotisation n’est pas essentielle pour maintenir une alimentation électrique stable ».

Mardi 2 avril, le gouvernement a donné son feu à l’agmentation des tarifs de l’électricité vendue aux ménages par Kansaï Electric (KEPCo) et par Kyûshû Electric. Ce sera respectivement 9,75% et 6,23% en moyenne à partir du mois de mai prochain. Pour KEPCo, c’est plus que ce qu’avait obtenu TEPCo sous le précédent gouvernement. Les deux compagnies avaient demandé 11,88% et 8,51% respectivement.
L’électricité du pays est l’une des plus chères des pays occidentalisés. Elle y est presque trois plus chère qu’en Corée du Sud.

Mercredi 10 avril, on l’a déjà rapporté : les compagnies d’électricité du Kansaï et de Kyûshû vont augmenter leurs tarifs à partir du 1er mai. Dans le Kansaï cela va représenter une hausse annuelle de 5 500 yens par an (50 euros) pour un ménage moyen. Et ce n’est pas fini, car les compagnies ont prévu de pouvoir redémarrer rapidement leurs réacteurs, ce qui n’est pas gagné. Elles ont des investissement massifs à réaliser avant pouvoir espérer obtenir un feu vert. Alors que tout le monde doit faire des efforts, les dirigeants des deux compagnies maintiennent des privilèges, comme le dénonce l’Asahi dans un éditorial. Les PDG de Kansaï et Kyûshû Electric gagnaient, respectivement, 41 et 33 millions de yens par an (315 000 et 254 000 euros). le gouvernement a recommandé aux compagnies de s’aligner sur le salaire d’un haut fonctionnaire : 18 millions de yens par an (138 000 euros). Mais elles sont passées outre et versent, respectivement, 21 et 20 millions de yens par an (161 000 et 154 000 euros).

Mardi 16 avril, TEPCo a annoncé à la délégation des trois CLI du Nord Cotentin en voyage au Japon avoir déjà indemnisé plus 1,5 millions de personnes et que cela représente une somme de 17 milliards d’euros.
Et ce n’est pas fini ! Les populations ne vont pas rentrer de si tôt et la compagnie n’a pas encore indemnisé le foncier.

Jeudi 18 avril, TEPCO a reçu 223,5 milliards de yens (1,7 milliards d’euros) du gouvernement pour l’aider à payer les indemnisations. C’est le quinzième apport financier.

Dimanche 21 avril, nous en avions parlé le 22 mars dernier, TEPCo rechigne à payer une facture de 10,55 milliards de yens (81 millions d’euros) au ministère de l’environnement pour financer le coût de la décontamination car elle n’aurait aucune obligation légale à le faire !
Le bras de fer continue. Le ministère n’a pas mis de date limite et il n’y aura donc pas de pénalités de retard.
Si TEPCo ne paye pas, ce seront les contribuables qui payeront. Si TEPCo paye, ce seront les contribuables qui avanceront l’argent… et les consommateurs qui devront payer.
Le gouvernement a engagé 372,1 milliards de yens (2,9 milliards d’euros) en 2012 pour financer la décontamination. Pour 2013, ce sont 497,8 milliards de yens (3,8 milliards d’euros) qui devraient être dépensés. Mais il n’en facture qu’une petite partie à TEPCo et elle ne paye pas !
En novembre 2012, le gouvernement a envoyé une facture de 7,6 milliards de yens (58 millions d’euros) à TEPCo pour couvrir une partie des frais jusqu’à août 2012. Cette somme inclut 1,7 milliard de yens pour les zones spéciales près de la centrale, 2,4 milliards de yens de subventions aux autorités locales engagées dans la décontamination, 1,94 milliards de yens pour financer des recherches sur la décontamination des habitations et 960 millions en publicité sur ces actions. TEPCo n’a payé que la première somme de 1,7 milliard pour les zones spéciales près de la centrale.
En février 2013, le ministère a renvoyé une facture de rappel pour le reste et il a ajouté 7,3 milliards de yens pour la période qui va de septembre à novembre 2012. TEPCo ne devrait payer que 2,65 milliards sur cette nouvelle facture et refuse de payer les 4,65 milliards restants.

Mardi 23 avril, le gouvernement a approuvé un projet de loi qui reporte la date limite pour porter plainte contre TEPCo afin d’être indemnisé. Comme il y a actuellement prescription au bout de 3 ans que la moitié des 6 000 dossiers de réclamation n’ont pas encore été résolus, le gouvernement prévoit d’autoriser les personnes concernées à porter plainte dans un délai d’un mois après l’échec de la demande de compensation. Un mois, c’est court pour préparer un dossier de plainte.

Mercredi 24 avril, la compagnie d’électricité, Tôhoku Electric, prépare une demande d’indemnisation de plus de 20 milliards de yens (154 millions d’euros) suite à la catastrophe nucléaire. Cette compagnie fournit la région de Fukushima et elle a enregistré une baisse de 10% de la demande en 2011. Son projet de centrale nucléaire à Namié-Odaka, à 10 km de Fukushima daï-ichi, a aussi dû être abandonné. Elle y avait déjà investi 18,5 milliards de yens (142 millions d’euros). Elle a aussi perdu deux centres à Tomioka et Namié, villes évacuées.
Alors que les compagnies d’électricité ont promu le nucléaire ensemble, une telle attitude est surprenante. Elles aussi contruit en commun certains réacteurs (le n°1 de Kashiwazaki-Kariwa et le n°1 de Higashidôri). Leurs zones de vente étant contigües, elles se sont souvent échangé de l’électricité.
Suite à un accord avec le syndicat maison, Tôhoku Electric ne donnera pas de prime à ces employés cet été, pour la première fois de son histoire. La compagnie a été créée en 1951.

Jeudi 25 avril, la compagnie Hokkaïdô Electric a demandé l’autorisation d’augmenter ses tarifs de 10,2% en moyenne pour les ménages. Les compagnies et industries, l’augmentation devrait être de 13,46% en moyenne et n’a pas besoin du feu vert du gouvernement.

Mardi 30 avrilTEPCo a présenté ses résultats financiers pour l’année fiscale 2012, qui s’est terminée le 31 mars 2013 : elle est encore dans le rouge avec une perte de 685 milliards de yens (5,3 milliards d’euros). La perte était de 781 milliards de yens lors de l’exercice précédent. Elle a provisionné plus de 1 000 milliards de yens (près de 10 milliards d’euros) d’indemnisation pour cette année, ce qui portera à 3 686,9 milliards de yens (près de 30 milliards d’euros) la totalité des indemnisations depuis le début de la catastrophe.

Mercredi 1er mai, sur les 10 compagnies d’électricité du Japon, qui se sont partagées le territoire, 8 sont dans le rouge lors de l’année fiscale 2012 (1er avril 2012 – 31 mars 2013) : les pertes cumulées s’élèvent à 1 560 milliards de yens (12 milliards d’euros). Pour quatre d’entre elles, il s’agit d’une perte record : Hokkaido Electric Power Co. (132,8 milliards de yens), Kansai Electric Power Co. (243,4 milliards de yens), Shikoku Electric Power Co. (42,8 milliards de yens) and Kyushu Electric Power Co. (332,4 milliards de yens). Le nucléaire représente environ 40% de leur production électrique.
Les seules à faire des bénéfices sont la compagnie d’électricité d’Okinawa qui n’a pas de nucléaire et Hokuriku Electric Power Co. qui n’a qu’une seule centrale nucléaire.
La maintenance des réacteurs nucléaires qui sont presque tous arrêtés a coûté 1 200 milliards de yens (preque 10 milliards d’euros) durant cette même année fiscale et ils n’ont presque rien produit… Les investissements pour mettre les réacteurs qui le peuvent aux nouvelles normes devrait coûter autant selon les compagnies.
Les tarifs d’électricité vendue par les compagnies d’électricité du Kansaï et de Kyûshû augmentent de 9,75% et 6,23% en moyenne pour les ménages à partir de ce jour. Leurs tarifs pour les entreprises ont été augmentés le mois précédent de de 17,26% et 11,94% en moyenne.

Mardi 21 mai, TEPCo a reçu 154,9 milliards de yens (1,2 milliards d’euros) d’argent public.

Les compagnies d’électricité du Tôhoku et de Shikoku ne pourront pas augmenter leur tarifs d’électricité pour les particuliers avant le mois d’août au plus tôt alors qu’elles espéraient un feu vert du gouvernement pour juillet. Le groupe du ministère de l’économie qui étudie leur demande a besoin de plus de temps.

Environ 700 habitants de Hippo, situé à Miyagi, sur la frontière avec la province de Fukushima, ont porté plainte pour obtenir la même indemnisation que celle reçue par les résidants de Fukushima. Ils ont demandé à TEPCo de leur verser 70 millions yens (5,4 millions d’euros) en dommages-intérêts. Les résidants de Hippo ont soutenu que les niveaux de radiation dans leur district dépassaient ceux de Fukushima, mais le plan d’indemnisation de base du gouvernement japonais ne concerne que les habitants de Fukushima.

Jeudi 30 mai, le maire de Namié et des avocats représentant 11 602 personnes, soit plus de la moitié de la population du village, ont déposé une réclamation auprès de la structure en charge des litiges concernant les indemnisations. Ils demandent à être mieux indemnisés : ils recoivent actuellement 100 000 yens par personne et par mois (770 euros) et veulent 350 000 yens (2 700 euros). L’indemnité actuelle, qui sera versée tant que les habitants restent réfugiés, est basée sur ce que versent les assurances aux personnes victimes d’un accident de la route.
C’est la première fois qu’une mairie agit au nom de ses administrés. C’est elle qui finance l’action. C’est aussi le plus gros groupe à porter plainte.

Vendredi 31 mai, TEPCo a demandé 666,255 milliards de yens (5,1 milliards d’euros) supplémentaires au gouvernement, ce qui porte l’aide financière totale à 3 789,334 milliards de yens (presque 30 milliards d’euros). Il ne s’agit que d’une partie du coût de la catastrophe. Cette hausse est justifiée par la compagnie de la façon suivante :
– redéfinition des zones d’évacuation et des indemnisations afférentes : 370 milliards de yens (1,2 milliards d’euros) de plus.
– indemnisation des « rumeurs néfastes » : 43 milliards de yens (331 millions) de plus.
– indemnisation des personnes qui ont besoin de soin : 13 milliards de yens de plus.
– extension des restrictions de mise sur le marché et « rumeurs néfastes » : 240 milliards de yens (1,85 milliards d’euros) de plus.
Pauvre TEPCo qui doit faire face à la « rumeur » la plus chère de l’histoire de l’humanité…

Samedi 1er juin, on en a déjà parlé, TEPCo refuse de payer certains travaux de décontamination au ministère de l’environnement. 16,5 milliards de yens (123 millions d’euros) sont en jeu. Le gouvernement envisage donc de porter plainte contre la compagnie. En cas de procès et de victoire du gouvernement, TEPCo aura aussi à payer des intérêts sur le retard. Le gouvernement espère donc convaincre la compagnie de payer sans passer par la justice.
Le gouvernement a engagé 1 300 milliards de yens (10 milliards d’euros) dans les travaux de décontamination jusqu’à la fin 2013. Il ne réclame le remboursement que d’une toute petite partie. Et TEPCo n’a accepté de payer que 4,4 milliards de yens (34 millions d’euros) sur les 21,1 milliards (162 millions d’euros) que lui réclame le gouvernement. Elle devrait verser prochainement 0,25 milliard de yens.

Lundi 3 juin, Nagadoro est le district le plus contaminé d’Iitaté et le retour n’est pas possible à court et moyen terme. Les 180 résidents avaient réclamé une meilleure indemnisation à la commission en charge des litiges et ils ont gagné. Le village avait été évacué tardivement et les habitants ne s’étaient pas protégés contre les retombées durant les rejets massifs des premiers jours. Ils vont donc recevoir une indemnisation supplémentaire, en plus de celle qu’ils recoivent comme réfugiés, en raison des craintes qu’ils ont pour leur santé à venir : 1 million de yens pour les femmes enceintes (7 700 euros) et les enfants, la moitié pour les autres.
C’est la première fois que les craintes pour la santé sont prises en considération lors de l’indemnisation. D’autres personnes pourraient réclamer la même chose. Pour l’avocat des victimes, c’est une reconnaissance officielle de la responsabilité de l’Etat et de TEPCo. La compagnie va encore parler de « rumeur néfaste »…
La famille d’un agriculteur bio qui s’était suicidé va aussi obtenir plus de 10 millions de yens (plus de 77 000 euros). Mais la famille est choquée que TEPCo ait refusé de présenter ses excuses. Les fils demandent que TEPCo viennent rendre hommage au défunt car ils ne supportent pas d’entendre dire qu’il n’y a pas eu de décès liés à la catastrophe nucléaire.
D’autres familles ont réclamé d’être dédommagées du suicide d’un des leurs suite à la catastrophe nucléaire. Selon les autorités, la catastrophe aurait entraîné au moins 80 suicides.

Vendredi 7 juin, 11 000 personnes sur 160 000 n’auraient pas encore demandé de compensations à TEPCo. Ce droit risque d’expirer en septembre 2014.

Lundi 10 juin, les familles de quatre patients décédés par manque de soins à la suite de la catastrophe nucléaire ont porté plainte contre TEPCo. Ils réclament 125 millions de yens (presque 1 million d’euros).

Vendredi 14 juin, un employé de TEPCo a perdu dans le train les dossiers de demande d’indemnisation de 22 personnes avec de nombreuses informations personnelles.

Samedi 15 juin, TEPCo a reconnu avoir déjà perdu 60 dossiers de demande de compensation avec des données personnelles, en plus des 22 dossiers perdus dans un train le 14 juin.

Lundi 17 juin, selon le quotidien Asahi, le gouvernement a déjà dépensé 2,48 milliards de yens (20 millions d’euros au cours actuel) pour promouvoir le nucléaire depuis la catastrophe de Fukushima. Et 66% de cet argent est allé dans l’escarcelle d’organisation qui emploient des bureaucrates ou des cadres de l’industrie nucléaire à la retraite. L’argent provient des taxes sur l’électricité que payent les consommmateurs, même si cette somme a été divisée par deux depuis la catastrophe. Le « village nucléaire » continue à se soigner. Sont visés en priorité, les riverains des installations nucléaires pour qu’ils acceptent le redémarrage.

Mardi 18 juin, les demandes d’indemnisation des autorités régionales de Fukushima et des mairies feraient un total de 46,64 milliards de yens (370 millions d’euros) au 30 avril 2013, mais TEPCo n’aurait versé que 5,2 milliards de yens (41 millions d’euros). Les demandes émanent de 45 mairies et 19 groupements de communes alors qu’il y en a respectivement 59 et 29. D’autres demandes pourraient donc encore être faites.
Certaines demandes sont refusées comme le paiement des travaux de décontamination d’une aire de jeu et de sport à Nihonmatsu. TEPCo répond que c’est à l’Etat de payer. Certaines mairies envisagent d’aller en justice.

Mercredi 19 juin, l’agence Bloomberg a obtenu des comptes-rendus de réunions concernant TEPCo concernant la fuite des jeunes cadres de l’entreprise et va poser problème dans l’avenir. Environ 1 200 personnes ont démissionné durant les deux premières années de la catastrophe. La moitié a moins de 30 ans.
La raison principale avancée serait l’argent : les salaires ont été coupés de 25% pour les cadres et de 20% pour les employés.
Il apparaît aussi que TEPCo ne sait pas combien va lui coûter cette catastrophe et qu’il est difficile d’imaginer l’avenir.

Lundi 24 juin, TEPCo a reçu 115,1 milliards de yens (presque 1 milliard d’euros) des autorités pour l’aider à indemniser les victimes de la catastrophe.

Mardi 25 juin, le gouvernement japonais a accepté de verser 666,2 milliards de yens (5 milliards d’euros) supplémentaires à TEPCo. Cela va porter à 3 789,3 milliards de yens (près de 30 milliards d’euros) le total des fonds publics accordés à Tepco pour les indemnisations. A cela s’ajoutent 1 000 milliards de yens injectés dans l’entreprise.

Mercredi 26 juin, le village d’Iitaté, bien que fortement contaminé, a été évacué tardivement. Les habitants, inquiets pour leur santé ont donc réclamé une indemnisation supplémentaire à l’organisme d’arbitrage. La commission a recommandé que les 190 habitants du district de Nagadoro à Iitaté, qui vivaient dans une zone où le retour ne sera pas possible avant longtemps, aient droit à une compensation complémentaire. C’est la première fois que des craintes pour la santé étaient indemnisées. Mais TEPCo a déclaré qu’elle ne suivrait pas cette recommandation, qu’elle qualifie, de « non scientifique », car les faibles doses seraient sans danger.
Il en sera probablement de même pour les habitants du district de Warabidaïra qui fait la même demande.

Jeudi 27 juin, les 10 compagnies d’électricité du Japon et les 4 compagnies de gaz vont augmenter leur tarifs à partir d’août.

Vendredi 28 juin, on savait déjà que l’argent dédié à la reconstruction des zones touchées par le séisme et tsunami du 11 mars 2011 avait été en partie détourné. L’Asahi révèle qu’une partie a aussi servi à soutenir financièrement les compagnies d’électricité qui ont leurs réacteurs nucléaires à l’arrêt. 10 milliards de yens ont été dédiés à l’aide à la production d’électricité. Ils viennent en grande partie de l’impôt post-catastrophe naturelle. Cet argent peut servir à payer les intérêts des emprunts effectués par les compagnies d’électricité pour redémarrer une centrale thermique. Seule Chubu Electric, qui exploitait la centrale nucléaire de Hamaoka, en a bénéficié et a reçu un total de 1,9 milliards de yens (15 millions d’euros) en 2011 et 2012.
Par ailleurs, la centrale de Hamaoka fournissait gratuitement de l’eau chaude à un élevage de poissons (en France, la centrale de Gravelines fournit aussi de l’eau chaude à un élevage de poissons). Mais avec l’arrêt, il a fallu acheter une chaudière et payer la facture d’électricité. C’est la région de Shizuoka qui a payé : 400 millions de yens (3 millions d’euros).
Interrogé par le quotidien, le ministère de l’industrie a expliqué que Chubu Electric a bénéficié de cette faveur car c’est le gouvernement qui lui a demandé d’arrêter ses réacteurs en mai 2011. Mais cela va s’arrêter en juillet 2013. Les 6 à 7 milliards de yens qui restent dans ce fond vont être réaffectés à la reconstruction.
100 milliards de yens (0,7 milliard d’euros) auraient été détournés au total et le gouvernement va tenter de les récupérer.

Sur les 160 000 personnes qui ont droit à des indemnités suite à la catastrophe nucléaire, 7% n’auraient pas fait la demande. TEPCo va les relancer car, après mai 2014, ce sera trop tard.

Vendredi 12 juillet, le gouvernement a reporté 60% des fonds de 2012 destinés à la décontamination, selon l’Asahi. Dans les zones les plus contaminées, c’est le gouvernement qui a la charge de la décontamination. Ailleurs, ce sont les communes, qui se font ensuite rembourser par le gouvernement, qui enverra ensuite la facture à TEPCo. 36 communes sont ainsi concernées à Fukushima et elles n’ont dépensé que 40% du budget qui leur était alloué.
Les plans de décontamination des communes sont souvent rejetés par le gouvernement car ils satisfont pas exactement au cahier des charges ou parce qu’ils coûtent trop chers. Et puis, il n’y a toujours pas de solution pour les déchets radioactifs engendrés. Un fonctionnaire du ministère de l’environnement a expliqué au Asahi qu’il doit prendre en compte les critères fixés par TEPCo pour espérer se faire rembourser un jour. La compagnie refuse toujours de rembourser 16 milliards de yens sur une facture de 21 milliards.

Vendredi 19 juillet, TEPCo avait coupé de 30% environ le salaire de ses cadres après la catastrophe. Beaucoup partent en retraite plus tôt que prévu : 700 l’an dernier alors qu’ils étaient 130 en 2010. 40% étaient à des postes clé. Pour garder ses cadres plus longtemps, elle va donc verser une prime de 100 000 yens environ à 5 000 d’entre eux. Cela va faire grincer des dents alors qu’elle ne survit que grâce à l’argent public.

-> Rapport de Greenpeace de 2012 avec une partie sur les indemnisations (en français)
-> Rapport de Greenpeace de 2013 avec une partie sur les indemnisations et la responsabilité (en anglais)
-> Rapport de l’OCDE de 2012 : Japan’s compensation system for nuclear damage

(Sommaire)

L’accident nucléaire

Généralités

L’accident a été classé au niveau 7 de l’échelle INES.

Le premier rapport écrit par l’autorité de sûreté nucléaire japonaise sur l’accident pour l’AIEA est disponible ici en anglais (juin 2011).

Le site de la commission d’enquête mise en place par le gouvernement, avec le rapport d’étape en anglais, est ici : Investigation Committee on the Accident at the Fukushima Nuclear Power Stations. Le rapport définitif est aussi disponible en anglais.

Le site de la commission d’enquête indépendante d’initiative privée est ici : The Rebuild Japan Initiative Foundation Le rapport est en cours de traduction en anglais. Le résumé et les conclusions sont déjà disponibles.

La commission d’enquête parlementaire sur l’accident de Fukushima a présenté son rapport début juillet 2012. Il est disponible en ligne en japonais ici et ici en anglais. Le résumé est aussi disponible en français grâce à une équipe de traducteurs bénévoles.

TEPCo a mis en place sa propre commission d’enquête interne : le résumé en anglais est ici. Le rapport d’enquête interne complet, en date du 20 juin 2012, est maintenant disponible en anglais. Les autres données de la compagnie sont regroupées ici en anglais.

L’Institute of Nuclear Power Operations (INPO) aux Etats-Unis a mis à jour son rapport sur l’accident nucléaire. Il est disponible en ligne.

TEPCo a mis en ligne 2 145 photos qui datent des premiers jours de la catastrophe. Elles ont été prises, pour la plupart, par des employés. TEPCo a censuré 849 photos sous le prétexte de la protection de données sensibles relatives à la technologie nucléaire.

La CIPR a tiré les leçons de la catastrophe de Fukushima. Le résumé est disponible en ligne.

Jusqu’au 15 mai pour le réacteur n°1 et au 24 mai 2011 pour le n°2 et 3, TEPCo prétendait que le combustble était partiellement endommagé, avant d’admettre soudainement qu’il y avait fusion complète du coeur dans ces 3 réacteurs.

Outre les réacteurs, les piscines de combustibles ont fait très peur et sont toujours menaçantes. Leur inventaire officiel est sur le site du ministère de l’industrie. La première colonne correspond au n° du réacteur. La deuxième, à la capacité de stockage, la troisième au nombre d’assemblages de combustible usé et la dernière au nombre d’assemblages de combustible neuf. Un assemblage contient 72 barres de combustible. A cela s’ajoute la piscine d’entreposage commune du site avec 6 375assemblages.

La BBC a diffusé un reportage remarquable sur l’accident qui peut être visualisé ici en anglais.

La Commission canadienne de sûreté nucléaire utilise le mot ‘incident’ pour décrire ce qui s’est passé à Fukushima. Pour Areva aussi, il n’y a eu qu’un incident à Fukushima… Un ACROnaute nous a envoyé par mail un scan du programme 25ième congrès de radioprotection organisé par l’ATSR les 10-11-12 octobre à Orléans : l’IRSN y a fait une présentation intitulée « Conséquence incident FUKUSHIMA »… Sans s à conséquence.
Ce serait bien que tous ces gens expliquent ce qu’est un accident nucléaire si Fukushima n’est qu’un incident.

3 des 4 réacteurs de la centrale de Fukushima daï-ni (n°2) ont failli suivre ceux de daï-ichi sans une source de courant encore disponible pas trop loin. Heureusement qu’il y avait 2 000 personnes sur le site de la centrale. Cela a permis de tirer un câble sur 9 km. La nuit ou le week-end, avec seulement 400 personnes présentes, cela n’aurait peut-être pas été possible.

Si la centrale d’Onagawa a pu être sauvée, c’est grâce à l’obstination d’un homme, Yanosuke Hirai, qui a obtenu que la digue de protection contre les tsunami fasse 14,8 m. Sa conviction était basée sur l’étude du passé et du tsunami de 869, alors que la plupart de ses collègues se seraient contentés d’une digue de 12 m. Le tsunami du 11 mars 2011 a atteint une hauteur de 13 m… Comme un tsunami provoque d’abord un retrait de la mer, il s’était aussi assuré que la prise d’eau ne serait pas asséchée.

Lundi 11 mars 2013, jour anniversaire des trois catastrophes, l’IRSN a mis en ligne une vidéo sur la catastrophe de Fukushima.

Lundi 18 mars, le système de refroidissement des piscines de combustible usé est tombé en panne suite à une coupure de courant vers 19h. TEPCo ne trouve pas l’origine et a mis 3 heures à faire l’annonce. Il y a aussi eu une coupure électrique dans le centre de crise, mais le courant a pu y être rapidement rétabli. Ce n’est pas le cas pour les piscines des réacteurs 1, 3 et 4 qui ne sont plus refroidies.Il y a plus de 2 000 assemblages dans ces piscines.
Le système de traitement de l’eau contaminé est aussi arrêté, ainsi que le refroidissement de la piscine commune avec 6 377 assemblages. Le système de refroidissement des coeurs de réacteurs fondus ne semble pas affecté.
Les piscines peuvent tenir plusieurs jours sans refroidissement, mais si une telle panne arrivait sur le système de refroidissement des coriums (combustibles fondus), ce serait beaucoup plus grave : les cuves étant percées, l’eau partirait assez rapidement et les rejets radioactifs massifs pourraient reprendre.

Mardi 19 mars, retour sur la panne de courant de la veille qui a entraîné l’arrêt du refroidissement des piscines des réacteus 1, 3 et 4, ainsi que de la piscine commune, de la station de traitement des eaux contaminées à partir de 18h57, le 18 mars.
L’injection d’azote, qui doit empêcher toute nouvelle explosion hydrogène, est maintenue, mais une des deux installations de fourniture d’azote a été suspendue.
TEPCo a réussi à rétablir progressivement la situation au cours de la journée. Le système primaire de refroidissement de la piscine n°4 fonctionne depuis 13h20. Le deuxième circuit est reparti à 16h13 grâce à un générateur diesel. Depuis 18h48, il est alimenté par le réseau électrique normal.
A 14h20, les deux circuits de refroidissement de la piscine du réacteur n°1 sont repartis. Pour ceux de la piscine du réacteur n°3, il a fallu attendre 22h43.
Pour la piscine commune, TEPCO a d’abord annoncé le 20 mars, vers 8h. Mais, finalement, le refroidissement a été rétabli à 0h12 le 20 mars. La température de la piscine était de 31,8°C.
Il aura fallu 29 heures et 50 personnes pour rétablir le refroidissement des piscines ! Trois tableaux électriques auraient cessé de fonctionner.
La température de la piscine n°4 était de 25°C avant la panne et de 30,5°C à 10h, puis 31,6°C à 13h. Elle pourrait monter à 65°C en 4 jours.
TEPCo ne semble pas connaître l’origine de la panne, ce qui n’est pas très rassurant.
Les résidents locaux sont choqués que la compagnie ait mis 3 heures à informer le public. Combien de temps faudra-t-il de temps en cas de rejets plus massifs que les rejets continus actuels ? Cet incident a ravivé les plaies de la catastrophe et inquiète beaucoup. Pourront-ils rentrer un jour ?
Voir le dernier communiqué laconique de TEPCo sur le sujet. L’AIEA n’est pas plus locace.

Mercredi 20 mars, TEPCo est en train de chercher pourquoi trois tableaux électriques sont tombés en panne et entraîné l’arrêt de 9 installations. Elle a des doutes sur un panneau situé sur un camion. Un ouvrier a trouvé de la suie sur les parois du local d’un des panneaux. Les pompiers de Futaba sont venus et ont indiqué qu’il n’y a pas eu d’incendie. Communiqué de TEPCo en anglais et photos avec légendes en japonais (16h30) et en anglais.
La compagnie soupçonne qu’une souris a créé un court-circuit. (Photo de la souris ou ce qu’il en reste…)

Jeudi 21 mars, le rat ou la souris qui a provoqué la panne électrique a choqué : comment TEPCo a-t-elle pu se reposer sur un système aussi fragile pour maintenir des fonctions aussi cruciales que le refroidissement de son installation ? Comment, le court-circuit provoqué par le pauvre animal a-t-il pu faire disjoncter un autre circuit alors qu’ils auraient dû indépendants l’un de l’autre ? Ils ont été temporairement inter-connectés pendant des travaux de maintenance. Est-ce permis ?
Pourquoi les animaux peuvent-ils pénétrer et provoquer des courts-circuits ?
Pourquoi TEPCo n’a pas installé des systèmes redondants pour faire face à des pannes ? Pourquoi cela n’a pas été imposé par les autorités ? Comment la compagnie compte-t-elle exploiter sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa sans avoir tiré les leçons de la catastrophe en cours ni amélioré sa culture de sûreté ?

« Tout va très bien,
Madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien
Pourtant il faut,
Il faut que l’on vous dise,
On déplore un tout petit rien,
Un incident,
Une bêtise,
La mort d’une souris grise.
Mais à part ça,
Madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien »

Lundi 25 mars, TEPCo a confirmé, dans un rapport, que le rat est bien à l’origine du court-circuit qui a provoqué une panne de 29 heures. Une photo du rat kamikaze est en ligne, ainsi que le rapport en japonais.

Mercredi 27 mars, la Société Japonaise pour l’Energie Nucléaire a publié un rapport d’étape sur la catastrophe. Le rapport définitif est pour décembre prochain. D’après les médias, il n’y aurait rien de neuf dans ce rapport, qui souligne le manque de préparation de TEPCo face à la catastrophe.
Par ailleurs, le rapport mentionne une enquête interne auprès de 289 membres qui a montré qu’une partie d’entre eux pensent avoir été trop arrogants et trop sûrs d’eux. Ils reconnaissent qu’il est difficile de contredire l’industrie nucléaire.

Jeudi 28 mars, la NRA, qui est la nouvelle autorité de sûreté, va mener sa propre investigation sur la catastrophe en cours afin de tenter de répondre aux nombreuses questions restées sans réponse. L’Autorité est consciente que cela prendra des décennies.

Vendredi 29 mars, TEPCo teste des robots décontamineurs et a mis en ligne des vidéos.

TEPCo a mis en ligne 113 vidéos d’enregistrements des visioconférences des premiers jours de la catastrophe.

Mercredi 3 avril, fausse alerte sur le site de la centrale nucléaire de Fukushima daï-ichi : à 15h55, une balise qui mesure la radioactivité des poussières sur les filtres sonne l’alarme près du poste de garde principal de la centrale. L’ordre a été donné d’enfiler un masque intégral. Aucune autre anomalie n’a été trouvée. D’autres mesures sont venues confirmer qu’il s’agissait d’une panne de la balise. L’ordre de porter un masque intégral a été levé à 20h10. Photo.

Trois directeurs de TEPCo vont voir leur salaire baissé de 5% à cause de la panne de courant du mois dernier. Il s’agit du Président Naomi Hirosé, du Vice-Président Zengo Aïzawa et du « Managing Executive Officer » Akio Komori. Quatre autres directeurs ont été réprimandés, dont celui en charge des relations publiques. Communiqué de TEPCo.

Vendredi 5 avril, le système de refroidissement de la piscine du réacteur n°3 s’est brusquement arrêté. Une alarme a retenti à 14 h 27 et TEPCo a constaté l’arrêt. La température de l’eau était de 15,1°C à 14h. Le système est reparti à 17h20. Communiqué de TEPCo.
Une fourmi ?

Samedi 6 avril, la panne d’électricité de la veille aurait été causée par l’installation de grilles métalliques pour prévenir l’intrustion de rongeurs dans les armoires électriques… C’est lors de l’installation d’une de ces grilles qu’il y a eu une panne électrique. TEPCo aurait dû arrêter le système avant d’installer la grille pour éviter tout problème, mais elle ne l’a pas fait… Des explications en japonais et une photo de la grille anti-intrusion sont ici. Lien en anglais à venir.
Décidément, ce petit rat est une véritable menace !

Dimanche 7 avril, les évènements des dernières semaines sont révélateurs de la situation à la centrale : un simple court-circuit provoqué par un rongeur peut arrêter 9 systèmes sur le site. Deux réseaux électriques étaient inter-connectés alors qu’ils n’auraient pas dû et il n’y avait pas de circuit de secours. La compagnie avait mis trois heures pour alerter.
Dans le cas des fuites, c’est encore plus grave : TEPCo a mis plus de deux jours avant d’alerter. Sans la fuite du réservoir n°2, aurait-elle découvert celle du n°3 ? Qu’en est-il du troisième réservoir qui contient de l’eau contaminée ? Et elle n’envisage pas de vider le réservoir n°3 qui fuit car elle n’en a pas les moyens. Rappelons qu’il y a 7 réservoirs identiques, dont 3 avec de l’eau, et que TEPCo est en train de vider le réservoir n°2 vers le 1 et le 6. Ne vont-ils pas se mettre à fuire aussi ? Quelle garantie la compagnie a-t-elle apportée ?
Elle construit des réservoirs et installe des cuves à la va-vite, tout en étant juste à la limite. Si de nombreuses cuves se mettaient à fuir, suite à un séisme par exemple, la compagnie n’a pas de solution de secours. Cela entraînerait une fuite majeur.
Et c’est cette même compagnie qui veut continuer à exploiter des centrales nucléaires : elle compte redémarrer les réacteurs de Kashiwazaki-Kariwa à Niigata et n’a pas renoncé à ceux de Fukushima daï-ni, ni même aux n°5 et 6 de Fukushima daï-ichi !
La gravité de la situation pour les 4 réacteurs détruits semble dépasser complètement les capacités de TEPCo. Est-ce bien raisonnable de la laisser gérer seule la situation ?
TEPCo a créé une cellule de crise pour améliorer la sûreté. Est-ce que ce sera suffisant ?

Dimanche 14 avril, un séisme d’une magnitude de 5,2 a secoué la région de la centrale de Fukushima à 22h25. TEPCo annonce qu’aucune anomalie n’a été constatée.

Samedi 20 avril, Jacques Repussard, directeur général de l’IRSN, sur France-Inter, dans l’émission le « téléphone sonne » du 17 avril :
– Après son désormais célèbre « imaginer l’inimaginable« , il ajoute (7’33) : « Quand les accidents comme cela se produisent, c’est forcément une conjonction tout à fait extraordinaire et peu prévisible de différents facteurs indépendants les uns des autres. Un tsunami + un séisme + une centrale qui avait vieilli prématurément, qui n’avait pas mise à l’état de l’art, tout ça ensemble a créé l’accident. »
Un tsunami n’est pas inimaginable au Japon ! C’est même un mot japonais. Tout comme les séismes, qui ne sont pas des évènements « peu prévisibles ». Et puis, un séisme et un tsunami ne sont pas des facteurs indépendants les uns des autres. La centrale de Fukushima était vieille, mais pas « vieillie prématurément ».
Et d’ajouter, vers 12’30 : « qu’il y aura un faible impact sanitaire ». L’évacuation a fait près de 800 décès prématurés (chiffre officiel). C’est moins que le tsunami (19 000 décès), mais ce n’est pas faible.
Si l’on a besoin de changer la réalité, c’est que l’on a quelque chose de pas très reluisant à cacher…
–  Pierre Franck Chevet, président de l’ASN explique, quant à lui, à propos des niveaux d’accident nucléaire (33’50) : « Tchernobyl 7, Fukushima 6 ». Fukushima c’est 7. Ce devrait même être un triple, voire un quadruple 7 (un par réacteur) !
Bon, l’accident est possible en France, cela a été rappelé et répété.
Répéré par P. Fetet.

Lundi 22 avril, l’AIEA a rendu ses conclusions aux autorités japonaises et tenu une conférence de presse. Le communiqué lénifiant est ici en anglais. La presse française, qui reprend l’AFP, et la presse japonaise n’ont pas retenu la même chose. Pour la presse française, « l’eau accumulée sur le site est le plus gros problème (…) il faut une stratégie complète nouvelle pour gérer cette énorme quantité. Il faut renforcer le contrôle des risques de fuites ». Et d’ajouter que « Tepco doit poursuivre ses efforts pour améliorer la fiabilité des systèmes essentiels, pour évaluer l’intégrité des installations et pour élever la protection vis-à-vis des risques extérieurs ». Bref, que des évidences. Pas besoin d’être un expert de l’AIEA pour savoir cela.
La presse japonaise a plutôt retenu qu’« il sera presque impossible de garantir le temps du démantèlement d’une installation si complexe en moins de 30 ou 40 ans, comme cela est actuellement défini dans la feuille de route ». Un autre évidence qui mérite d’être rappelée.

Jeudi 2 mai, la NRA va étudier les dégâts causé par le séisme lors de la catastrophe de Fukushima. Ce sujet est très polémique et les conclusions peuvent avoir un impact énorme sur le reste du parc nucléaire. Elle veut aussi compléter les enquêtes indépendantes sur l’accident qui ont laissé de nombreuses questions en suspend.

Mardi 14 mai, selon simplyinfo.org, une compagnie israélienne, Magna BSP, a installé des caméras de surveillance sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi en 2010 pour la protéger contre les intrusions de personnes malveillantes. Selon la compagnie, ce système aurait dû résister aux séismes et tsunami. Après les explosions hydrogène, peut-être pas. Il est équipé de batteries de secours. Simplyinfo montre des photos du site accidenté où l’on voit des caméras de surveillance.
Où sont les images ? TEPCo ne les a jamais mentionnées. Il se pourrait même que les caméras thermiques soient sensibles à la radioactivité, selon le patron de la compagnie.

Jeudi 30 mai, la NRA va aller inspecter le réacteur n°1 de la centrale de Fukushima daï-ichi pour voir si le séisme a déjà sévèrement endommagé le réacteur. Ils vont aller en particulier au 3ième étage (4ième niveau) où des fuites auraient été observées pour vérifier si c’est dû à un système de refroidissement ou, comme l’affirme TEPCo, de la piscine de combustibles usés. Mais le niveau de dose est tel que les 5 inspecteurs ne pourront pas rester plus de 10 minutes.

Samedi 8 juin, TEPCo a fini de réparer le système de refroidissement de sa centrale de Fukushima daï-ni (la n°2, située à 12 km de daï-ichi). Des photos avec explications en japonais sont ici. Et ici en anglais.

Mardi 11 juin, TEPCo a publié une nouvelle version de sa feuille de route qui prévoit le retrait du corium (combustible fondu) à partir de 2020 pour les réacteurs 1 et 2, et 2021 pour le 3. C’est 18 mois plus tôt que pour la précédente feuille de route. On ne sait pas encore quel jour…
Ces travaux pourraient ne commencer qu’en 2022 en fonction de la méthode applicable. Comme personne ne peut dire où sont ces coriums, ces prévisions sont à prendre avec recul.

Mardi 18 juin, la NRA est allée inspecter le réacteur n°1 de Fukushima daï-ichi pour voir si le séisme seul a endommagé un système de refroidissement de secours qui peut fonctionner sans électricité. Selon ses premières conclusions, il est peu probable que ce soit dû au séisme. Une telle hypothèse avait été avancée par la commission d’enquête parlementaire.

Lundi 24 juin, un travailleur sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi livre un témoignage très pertinent qui change de la communication lissée de TEPCo. A lire ici en anglais. Pour lui, les fuites à répétition ne sont pas une surprise car tout a été construit à la va-vite avec du matériel provisoir qui a une durée de vie limitée, parfois de l’ordre d’un an. Certaines entreprises sous-traitantes auraient même fait ajouter « sans garantie » dans leur contrat.
Par ailleurs, TEPCo qui est en faillite, rogne sur tous les budgets et choisit des matériaux bon marché, mais peu robustes.
Il dénonce aussi l’approche administrative avec des budgets qui doivent être dépensés avant la fin de l’année fiscale, quitte à bâcler le travail. Pourquoi une catastrophe nucléaire d’une telle ampleur doit être gérée de cette façon ?
Il confirme aussi qu’il est de plus en plus difficile de trouver de la main d’oeuvre. Avec les nombreux niveau de sous-traitance qui prélèvent leur part, les salaires sont bas et les travailleurs qui viennent de loin pour l’appât du gain, découvrent vite qu’on est mieux payé à décontaminer et que c’est moins risqué.
Quant aux travailleurs spécialisés qui viennent des autres centrales, ils ne seront plus disponibles s’il y a un redémarrage du parc nucléaire. Et ceux de Fukushima sont proches ou ont dépassé la limite de dose.

Dans une interview, un travailleur du site de la centrale de Fukushima daï-ichi mentionne le réacteur n°4 où le problème n°1 est la piscine de combustibles irradiés. Mais il y a une autre piscine avec des pièces très irradiantes. Le réacteur était à l’arrêt le 11 mars 2011 et ouvert. Certaines pièces y ont été placées pour réduire le débit de dose, l’eau servant d’écran. Cette piscine tiendra-t-elle ? Quand il a été décidé de retirer les combustibles usés, il a aussi été envisagé de retirer les pièces très irradiantes de l’autre piscine. Mais cela a été abandonné à cause du coût.
Et d’ajouter que l’état du réacteur n°2 reste un mystère. Y-a-t’il eu explosion hydrogène ou pas ? Y-a-t’il eu fusion du coeur avec percement de la cuve comme pour le 1 et 3 ? Si ce n’est pas le cas, comment expliquer les rejets massifs de radioéléments ? Plus massifs que pour les réacteurs 1 et 3 ?

Mercredi 3 juillet, pour l’AIEA, l’accident de Fukushima pourrait donner des idées aux terroristes. Et pour cela, il suffit de couper l’alimentation électrique durant une période prolongée. Pas si difficile…

Jeudi 4 juillet, un rat aurait créé un court-cicuit à Fukushima daï-ni. Décidément !

Jeudi 18 juillet, selon une étude, 94% des Japonais pensent que la centrale de Fukushima daï-ichi n’est pas encore sous contrôle. Et 57% d’entre eux pensent qu’un nouvel accident nucléaire grave est probable. 23% en sont même sûr si les réacteurs sont remis en route.

-> Les résultats de mesure de la radioactivité faits par TEPCo peuvent être consultés ici en anglais.

(Sommaire)


Gestion de l’eau contaminée

TEPCo injecte continuellement de l’eau dans les cuves des trois réacteurs accidentés. Au contact du combustible fondu, elle se contamine fortement, s’inflitre dans les sous-sols par les fissures, où elle s’accumule et menace de déborder dans la mer. Une partie de cette eau est pompée et partiellement décontaminée (le strontium reste), avant d’être réinjectée. Il est officiellement question de « circuit fermé ». Mais, entre 300 et 500 m3 d’eau souterraine s’ajoutent quotidiennement et TEPCo ne sait pas comment faire face aux volumes d’eau qui ne cessent d’augmenter. Elle espère mettre au point un meilleur système de décontamination pour pouvoir la rejeter en mer.

Vendredi 29 mars 2013, la fin de l’année fiscale et administrative approchant, c’est l’heure des bilans. En ce qui concerne l’eau contaminée qui continue à s’accumuler au rythme de 400 m3 par jour, TEPCo a mis plusieurs documents en ligne :
– son plan d’installation de nouvelles cuves de stockage (en japonais). Une nouvelle zone est en cours d’aménagement pour les mettre.
– les progrès réalisés dans les travaux de génie civil destinés à dévier l’eau souterraine qui pénètre dans les bâtiments réacteur (en anglais). 12 pompes sont en cours d’installation en amont des réacteurs 1 à 4. Cette eau sera, in fine, rejetée en mer. Mais comme il y a un risque certain que l’eau accumulée dans les sous-sols des bâtiments réacteur, qui est très contaminée, s’infiltre dans la nappe et contamine tout, TEPCo prévoit d’analyser cette eau et de l’entreposer dans des cuves tampon avant rejet.
Pour le moment, l’eau pompée dans les 12 puits n’est pas contaminée : moins de 1 Bq/L pour le césium. Des analyses ont aussi été faites par un laboratoire tiers. Il y a une contamination en tritium, très mobile, qui varie de 9 à 450 Bq/L. C’est beaucoup moins que l’autorisation de rejet (avant accident) qui est de 60 000 Bq/L. On retrouve aussi une partie de ce tritium dans l’eau de mer proche, ce qui prouve que les fuites continuent.
– une présentation de son installation de traitement des eaux contaminées avant rejet en mer (en anglais), qui s’appelle Alps. L’installation actuelle ne retire qu’une partie du césium. Le document mis en ligne contient des photos. TEPCo annonce que les tests sont concluants : la contamination résiduelle est inférieure aux objectifs pour 62 radio-éléments. Le tritium ne sera pas retiré. Ni le carbone 14 ou le chlore 36 qui sont des émetteurs bêta purs (si on ne les cherche pas, on ne les voit pas). Le tritium et le carbone 14 sont massivement rejetés par les installations nucléaires.
Le document présente les activités avant et les objectifs après traitement pour les 62 radio-éléments testés. C’est le strontium qui domine avec 122 millions de becquerels par litre avant traitement. Un test de la station va commencer ce week-end, pour vérifier si les performances sont stables. Lors de ce test, 250 m3 (ou tonnes) seront traités quotidiennement. TEPCo espère passer à 500 m3 par jour ensuite.

Mercredi 3 avril, TEPCo a mis en ligne une présentation succinte de la barrière souterraine qu’elle installe pour arrêter les infiltrations officiellement inexistantes des nappes phréatiques vers la mer. La première plaque vient d’être installée, mais il y a encore pour un an de travaux.

Jeudi 4 avril, la nouvelle station de traitement de l’eau contaminée, Alps, en cours de test, s’est arrêtée à 5h23. Comme aucun problème n’a été détecté, le traitement de l’eau restante dans le système a repris à 6h33. Cela devrait durer jusqu’à 17h. Ce serait dû à une erreur d’un opérateur qui n’a pas appuyé sur le bon bouton ! Voir les photos des écrans de contrôle en japonais et en anglais.

Vendredi 5 avril, dans la nuit de vendredi à samedi, TEPCo a annoncé avoir découvert une fuite sur une cuve enterrée. A suivre.

Samedi 6 avril, comme annoncé la veille, un réservoir enterré fuit. TEPCo avait découvert une contamination anormale en strontium et autres radioéléments dès mercredi 3 avril, mais s’est bien gardée de le signaler. C’est finalement au milieu de la nuit de vendredi à samedi qu’elle a convoqué une conférence de presse pour annoncer la fuite. En espérant que les journalistes seront partis en week-end ?
TEPCO a estimé à 120 tonnes (ou m3) la quantité d’eau radioactive qui a fui, en se basant sur la variation de niveau dans le réservoir.
La compagnie a commencé à pomper l’eau de la cuve dans le réservoir n°1 adjacent, à l’aide d’une seule pompe à partir de 5h43. Trois autres pompes ont été installées à partir de 9h38 (communiqué) et arrêtées à 12h07 (communiqué). Une quatrième pompe est ajoutée et elles repartiront à 12h57 (communiqué). Le flux était de 100 tonnes par heure. A ce rythme, TEPCo en a pour au moins 5 jours à vider le réservoir n°2 qui contenait 13 000 tonnes (ou m3) d’eau contaminée. Et, pendant ce temps, cela continue à fuir… 47 tonnes supplémentaires pourraient fuir. Il s’agit donc de la fuite la plus importante depuis que le gouvernement ait annoncé « l’arrêt à froid » en décembre 2011.
Pour accélérer le processus, TEPCo a installé cinq pompes supplémentaires durant la journée de samedi 6 avril qui envoient aussi l’eau dans le réservoir n°6. Elle espère ainsi finir en 3 jours. (Communiqué où TEPCo explique pomper du 1 vers le 2, c’est à dire à l’envers !).
Des photos prises lors de l’installation du réservoir et des explications en japonais sont ici. Lien en anglais à venir.
La « réservoir », fait 60 m de long, 53 m de large et 6 m de profondeur. Il s’agit plutôt d’un grand trou avec une couche d’argile de 6,4 mm et deux couches de polyéthylène.
TEPCo estime qu’il y a 710 milliards de becquerels (710 GBq) qui ont déjà fui à travers les joints. Ce serait majoritairement du strontium, très radiotoxique. C’est environ 3 fois la limite annuelle de rejet pour toute la centrale (6 réacteurs). La nappe phréatique est contaminée. La mer, à 800 m, ne serait pas atteinte.
Mercredi 3 avril, TEPCo a mesuré 20 000 Bq/L dans de l’eau pompée dans la nappe à proximité du réservoir n°2, alors qu’il n’y avait rien les jours précédents. Le lendemain, il y avait 35 000 Bq/L. A 15h, vendredi 5 avril, un prélèvement d’eau a été fait entre le liner et l’argile et le résultat était connu à 22h : 6 millions de becquerels par litre ! Voir le 1er communiqué et 3ième communiqué en anglais.
Il y aurait 290 millions de becquerels par litre dans l’eau des réservoirs.
Samedi, l’eau de la nappe prélevée à proximité du réservoir n°3 est aussi contaminée : 110 Bq/L. TEPCo prétend que la contamination vient de la fuite du réservoir n°2. Le n°3 contient 11 000 tonnes (ou m3) d’eau contaminée.
Il y a 7 réservoirs comme celui-ci. Et de nombreuses autres cuves en surface. Comme TEPCo est à la limite en terme de capacités de stockage de l’eau contaminée, la perte de cette cuve, d’une capacité totale de 14 000 tonnes, rend la situation tendue et la compagnie va devoir accélérer l’installation d’autres cuves. Les capacités de stockage sont actuellement de 325 300 tonnes et il y a 271 800 tonnes d’eau contaminée.
Le stock total augmente toujours de 400 tonnes par jour. En cas de problèmes sur plusieurs cuves ou réservoirs, suite à un séisme par exemple, TEPCo ne pourrait pas faire face.

Dimanche 7 avril, TEPCo a découvert une deuxième fuite, mais bien moindre au niveau du réservoir n°3. De nouvelles données de contamination en bêta total sont en ligne ici en anglais. Il faut multiplier par 1 000 pour avoir des Bq/L. La contamination bêta est de 6,9 millions de Bq/l dans un trou de contrôle au nord du réservoir n°2. Il y a 110 Bq/L près du réservoir n°3 et 69 Bq/l près du 1.
Plus tard, TEPCo publie une autre mesure sur un échantillon prélevé à 3h45 au Sud Ouest du réservoir n°3, entre le liner du fond et la couche d’argile : 2,2 millions de becquerels par litre en bêta total ! La contamination vient bien de ce réservoir et pas du voisin.
TEPCo n’avait pas encore évalué la quantité d’eau qui a fui du réservoir n°3 en vérifiant la variation de volume, quand elle a fait ses annonces, mais elle prétend que c’est faible. Plus tard, dans la soirée, elle a prétendu que 3 litres auraient fui du réservoir n°3.
Il y a 10 000 tonnes (ou m3) d’eau dans ce réservoir et TEPCo n’a pas l’intention de le vider comme elle le fait pour le n°2.
Les pêcheurs de la région sont très inquiets.

Lundi 8 avril, toujours à propos des fuites : TEPCo va finalement pomper 2 000 tonnes (ou m3) du réservoir n°3 car elle suppute que la fuite est dans la partie haute. Le réservoir contient 10 000 tonnes. TEPCo a suspendu temporairement le pompage du réservoir n°2, qui fuit, vers le réservoir n°1 rempli maintenant à 57% (communiqué en anglais). Le pompage vers le 6 se poursuit.
Elle espère avoir fini de vider le réservoir n°2 mercredi 10 avril. Pour le réservoir n°3, les opérations de pompage vont durer jusqu’à vendredi 12 avril. La compagnie compte le laisser rempli à 80% de ses capacités. Elle a aussi promis d’accélerer l’installation de cuves métalliques.
TEPCo va aussi renforcer sa surveillance en faisant 2 prélèvements par jour dans les 24 puits de contrôle situés autour des réservoirs enterrés. Les données du jour sont ici en anglais.
La compagnie suspecte une mauvaise installation du… détecteur de fuite entre les deux couches de polyéthylène. La soudure n’aurait pas été bien faite à cet endroit. L’ouverture a pu s’élargir sous le poids de l’eau. Et donc, ce problème pourrait être générique et affecter les 7 réservoirs enterrés. Mais TEPCo ne peut pas s’en passer pour le moment car leur volume total est de 58 000 m3.
Sur sa page photos et vidéos, n’a rien d’autre à mettre qu’une vidéo de la visite du ministre des affaires étrangères

Mais pour des experts, TEPCo pourrait avoir largement sous-estimé l’ampleur de la fuite. Pour estimer la quantité qui a fuit, TEPCo s’est basée sur la contamination de l’eau piégée entre le liner et l’argile et a obtenu 710 milliards de becquerels (710 GBq). Mais si TEPCo avait utilisé la concentration de l’eau contenue dans le réservoir, elle aurait abouti à 35 000 milliards de becquerels (35 TBq), soit 50 fois plus. Personne ne comprend pourquoi a pris comme référence cette eau diluée pour estimer l’ampleur de la fuite. Et si de l’eau souterraine a pénétré dans le réservoir, ce sont que les 120 tonnes annoncées qui auraient fui.

Mardi 9 avril, un troisième réservoir fuit ! Il s’agit du réservoir n°1 qui reçoit les eaux contaminées du réservoir n°2 où il y a une grosse fuite.
TEPCo a fait des analyses de la concentration en chloride dans l’équipement de détection des fuites situé au Nord-Est du bassin : elle est passée de 4 ppm à 910 ppm (à 8h35), puis 1 100 ppm (à 13h40), ce qui signe une fuite. L’eau y est aussi très radioactive : 10 millions de becquerels par litre en bêta total pour le prélèvement de 8h35 et 15 millions de becquerels par litre en bêta total pour le prélèvement de 13h40. Ce doit être essentiellement du strontium très radiotoxique.
TEPCo a donc suspendu le pompage du réservoir n°2 vers le n°1 à 12h47.
A 10h, le taux de remplissage des différents réservoirs était : n°1 : 55%, n°2 : 31%, n°6 : 33%. (A noter qu’à 7h, le réservoir n°1 était rempli à 57% mais de l’eau serait retournée dans le réservoir n°2 par effet siphon ! TEPCo aurait résolu le problème.)
Laissons le mot de la fin aux shadoks.
La question qui se pose maintenant qu’il est clair que les défauts des réservoirs souterrains sont génériques : à qui la faute ? A TEPCo qui a fait le design ou à Maeda qui les a construits ? Les deux compagnies se renvoient la faute pour le moment. TEPCo n’a pas renoncé à utiliser ces réservoirs, une fois les fuites colmatées.

Mercredi 10 avril, TEPCo a annoncé qu’elle avait installé des pompes pour récupérer une partie de l’eau contaminée qui a fui des réservoirs 1 et 2… pour la remettre dans les réservoirs percés !
Elle fait déjà la même chose avec les réacteurs, mais elle n’a pas le choix car il faut continuellement les refroidir sinon la fusion et les rejets radioactifs massifs reprendront. Mais pour les réservoirs, on frise l’absurde le plus complet. Et comme de l’eau souterraine vient diluer l’eau qui a fui, le stock va augmenter.
Pourquoi n’inspecte-elle pas les réservoirs souterrains vides pour comprendre l’origine des fuites qui semblent génériques ?
Refaisons un bilan de l’eau :
– réservoir n°1 dans lequel l’eau du n°2 était transférée : à moitié plein et il fuit. 6 250 m3 le 9 avril à 13h.
– réservoir n°2 où la première fuite a été découverte : le pompage vers le réservoir n°1 a été stoppé. Il continue vers le n°6. 3 150 m3 le 9 avril à 13h.
– réservoir n°3 où il y a une petite fuite. Plein à 80%. En attente. 10 430 m3 le 9 avril à 13 h.
– réservoir n°4 : plein, pas de fuite détectée. 3 000 m3
– réservoir n°5 : vide.
– réservoir n°6 : en cours de remplissage avec l’eau du réservoir n°2. Pas de fuite détectée. 3 230 m3 le 9 avril à 13h.
– réservoir n°7 : vide.
Il y a environ 27 000 m3 d’eau très contaminée dans ces réservoirs. TEPCo n’a que 22 000 m3 de disponibles dans les cuves métalliques en surface et elle ne veut pas toutes les remplir car 400 m3 s’ajoutent quotidiennement à cause des infiltrations d’eau souterraine dans les sous-sols des réacteurs. Il n’y a plus qu’à espérer que les réservoirs qui ne fuient pas tiennent !
Le ministre de l’industrie a déclaré devant le parlement qu’il allait demander à TEPCo de ne plus utiliser les réservoirs enterrés et de pomper l’eau dans des cuves métalliques en surface. Mais ce n’est pas possible pour le moment ! TEPCo espère pouvoir installer 15 000 m3 supplémentaires d’ici la mi-avril.
Le président de TEPCo a annoncé que la compagnie allait renoncer aux réservoirs, en commençant par vider ceux qui fuient. Il a promis que ce serait fait pour juin prochain, c’est à dire pour la saison des pluies où les infiltrations vont augmenter.
L’autorité de sûreté, quant à elle, va faire passer le nombre de ses inspecteurs sur le site de 8 à 9 pour surveiller le travail de 3 000 personnes par jour…

Jeudi 11 avril, TEPCo a arrêté à 13h06 le pompage du réservoir n°2, qui a fuit, vers le n°6. Elle a commencé à transvaser le n°3 vers le 6 à 14h. Mais le pompage a été suspendu 3 minutes plus tard après la découverte d’une fuite sur un tuyau. L’eau contaminée a été absorbée par le sol. TEPCo estime à 22 litres la quantité d’eau contaminée qui a fui. La contamination est de 290 millions de becquerels par litre. Des photos commentées en japonais sont ici. TEPCo a trouvé l’origine Mais le débit de dose y est toujours très élevé : 28 mSv/h. Elle va donc enlever plus de terre. de la fuite et a comencé à retirer la terre contaminée. Des photos de la fuite commentées en anglais sont ici et des travaux ici.
Pendant ce temps là, TEPCo continue à pomper une partie de l’eau qui a fui pour la remettre dans les réservoirs percés… Cette eau est toujours contaminée : 25 millions de Bq/L pour le réservoir n°1.

Vendredi 12 avril, TEPCo a mis en ligne des explications de la fuite du tuyau. Pour le réservoir n°2, elle a creusé près du point suspecté de fuir mais n’a rien trouvé.

Le dernier bilan de l’eau contaminée de TEPCo est ici en anglais.
La présentation du PDG de TEPCo à propos de la vidange des réservoirs est ici en anglais.

Dimanche 14 avril, TEPCo a annoncé qu’elle aurait du retard dans la vidange des réservoirs souterrains car il lui faudra plus de temps que prévu pour installer les tuyaux. Communiqué en anglais. La vidange partielle du réservoir n°3 vers le 6 est terminée.
La contamination des eaux collectées à proximité du réservoir n°1 augmente (communiqué en anglais).

Mardi 16 avril, TEPCo a commencé à pomper l’eau contaminée du réservoir n°2 vers une cuve en surface à 12h13 et s’est arrêtée à 15h55. Il n’y a pas eu de fuite détectée le long des tuyaux. La vidange de ce qui reste ne sera effectuée que de jour et va prendre une semaine. Le débit est de l’ordre de 20 m3/h.
La contamination au SO du réservoir n°3 augmente, alors qu’elle diminue au NE.

Mercredi 17 avril, TEPCo a mis en ligne son dernier bilan de l’eau contaminée. Elle y a ajouté un graphe concernant les réservoirs enterrés où il apparaît qu’elle compte les vider d’ici début juin.
La présentation du 17 avril dernier du président de TEPCo à propos des fuites des réservoirs et des solutions apportées est maintenant disponible en anglais. TEPCo a continué de pomper l’eau du réservoir n°2 vers une cuve en surface pendant le jour. Elle s’est arrêtée à 9h53 après avoir transféré 1 070 m3. Elle va bientôt pomper l’eau du réservoir n°1 vers la même cuve.
Elle continue aussi à pomper l’eau qui a fui pour la remettre dans les réservoirs percés.

Mardi 23 avril, TEPCo a commencé à transvaser l’eau contaminée du réservoir n°1 vers une cuve en surface.

Samedi 27 avril, TEPCo a creusé des puits d’accès à la nappe phréatique autour des réservoirs et a commencé à contrôler la contamination à partir du 24 avril. Résultat, elle a trouvé une contamination dans 13 puits sur 22. La valeur maximale est de 48 Bq/L en bêta total. Le 27 avril, il n’y avait plus que 2 puits sur 22 où la contamination dépasse le limite de détection. Puis, c’est passé à 0 puits.

Lundi 29 avril, TEPCo a fini de transférer 4 600 m3 d’eau contaminée du réservoir n°1 vers une première cuve en surface. L’eau restante sera transférée ultérieurement, quand les tuyaux seront installés vers l’autre cuve.

Mercredi 1er mai, TEPCo a mis en ligne son dernier bilan de l’eau contaminée sur le site et a légèrement progressé dans la présentation de ses courbes.

Jeudi 2 mai, TEPCo a trouvé du tritium dans de l’eau souterraine dans deux puits creusés à proximité de la mer. Il y avait du tritium dans deux puits sur huit. La concentration maximale est de 3 800 Bq/L. TEPCo souligne que ce ne doit pas être dû aux fuites dans les réservoirs, même s’il y a aussi du tritium dans l’eau souterraine à proximité des réservoirs.
Ce résultat n’est pas une surprise car l’on trouve régulièrement du tritium dans l’eau de mer à proximité de la centrale qui provient de fuites via l’eau souterraine.

Mercredi 8 mai, TEPCo a creusé douze puits en amont des réacteurs, côté Ouest, afin de pomper l’eau souterraine et de la rejeter en mer. L’idée est d’abaisser le niveau des nappes phréatiques pour réduire les infiltrations dans les sous-sols des réacteurs. En effet, TEPCo estime qu’il y a 400 m3 d’eau souterraine qui s’infiltre chaque jour dans les sous-sols où elle se mélange à l’eau très contaminée qui a servi à refroidir les combustibles fondus (corium). Cette eau est pompée pour éviter les débordements en mer et la compagnie ne sait plus où la mettre ensuite.
Le test a consisté à pomper 200 m3 d’eau phréatique qui n’est, selon TEPCo, pas plus contaminée que celle des rivières voisines. Ce qui ne veut pas dire grand chose. Elle ferait mieux de donner des chiffres.
TEPCo espère obtenir l’accord des coopératives de pêche le 13 mai et commencer à pomper le 14. Le principal risque est que l’eau des sous-sols vienne contaminer les nappes phréatiques.
TEPCo continue à observer une contamination au tritium de l’eau souterraine à proximité de la mer. La contamination la plus forte est de 3 500 Bq/L.

Jeudi 9 mai, nouveau bilan de l’eau contaminée par TEPCo.

Lundi 13 mai, TEPCo a eu une réunion avec les coopératives de pêche pour obtenir leur accord afin de rejeter en mer de l’eau souterraine et limiter ainsi les infiltrations dans les sous-sols des réacteurs. Officiellement, cette eau serait moins contaminée que celle des rivières. TEPCo a mesuré jusqu’à 0,12 Bq/L de césium 137 dans cette eau. C’est moins que pour l’autorisation de rejet, mais cela signifie que la nappe est déjà bien contaminée et confirme l’hypothèses de fuites en mer. Qu’en est-il pour le tritium, beaucoup plus mobile ?
Mais les coopératives de pêches ont refusé de signer un chèque en blanc et demandent plus de temps pour décider. Les prochaines discussions auront lieu en juin, au plus tôt. TEPCo a sous estimé la défiance des pêcheurs. Les leaders des coopératives étaient d’accord, mais pas la base.
TEPCo estime que le volume d’eau quotidien s’infiltrant dans les sous-sols pourrait passer de 400 à 300 m3.
Greenpeace Japon et la Surfrider foundation ont proposé un contrôle citoyen de l’eau souterraine rejetée. Ces deux organisations s’opposent, bien entendu, aux rejets en mer d’eau contaminée.

Jeudi 16 mai, d’après les derniers résultats mis en ligne, les eaux souterraines sont presques toutes contaminées au tritium sur le site de la centrale et c’est proche de la mer, en aval des réacteurs que la contamination est la plus forte : 3 600 Bq/L (puits n°3).
Les autres résultats de mesure de TEPCo peuvent être consultés ici en anglais.

Vendredi 17 mai, il y a encore eu une fuite d’eau découverte à 8h55. 27 m3 d’eau traitée auraient fui et auraient été absorbés par le sol.
TEPCo a revu à la baisse la quantité d’eau qui a fui des réservoirs. Pour le réservoir n°2, où la première fuite a été découverte,  c’est passé de 120 000 litres (120 m3) à 300 litres ! Pour les réservoirs 1 et 3, ce seraient maintenant 90 litres qui auraient fui. En plus, sur ces 390 litres, seulement 30 litres se seraient infiltrés dans le sol. Le reste serait resté entre les trois couches qui forment le fond des réservoirs. Comment expliquer une telle variation ?
D’après les dernières données mises en ligne, il y a toujours beacoup plus de césium dans l’eau de mer à proximité de la centrale qu’ailleurs, ce qui laisse penser que les fuites vers la mer via l’eau souterraine continuent.

Jeudi 23 mai, TEPCo fait un nouveau point sur l’eau contaminée accumulée. Cela continue à monter sans que la compagnie n’ait de solution en vue.
La vidange des réservoirs qui fuient n’est pas encore terminée. Il y a du tritium dans l’eau à proximité des fuites, jusqu’à 4 900 Bq/L.
Au 7 mai, il y avait 290 000 m3 d’eau contaminée dans 940 cuves, plus environ 94 500 m3 dans les sous-sols des réacteurs. Le stock continue à augmenter de 400 m3/jour. Parmi ces cuves 280 sont considérées comme « temporaires » car elles ne peuvent être utilisées que pendant 5 ans. TEPCo devra commencer à les remplacer au printemps 2016 si elles tiennent bien comme prévu.
TEPCo avait envisagé de construire une barrière souterraine en amont des réacteurs pour dévier les nappes phréatiques. Mais elle y a officiellement renoncé par crainte que l’eau contaminée des sous-sols des réacteurs ne prenne la place. Quant à l’idée de pomper une partie de cette eau en amont et de la rejeter en mer, elle est toujours suspendue, suite à l’opposition des coopératives de pêche. On est sans nouvelle des progrès de la station de traitement des eaux contaminées en cours de test. La fameuse « Alps ». Cette station ne retirera pas tout et la contamination en tritium de l’eau traitée, de l’ordre de 1 à 5 millions de becquerels par litre, dépasse les autorisations de rejet fixées à 60 000 Bq/L. TEPCo veut donc diluer l’eau avant de la rejeter en mer… Mais qui arrivera-t-elle à convaincre ?
Bref, l’eau reste le cauchemar n°1 de TEPCo qui aurait déclaré, lors d’une conférence de presse le 16 mai dernier, qu’elle espère recevoir des suggestions.

Mercredi 29 mai, il y a toujours du tritium dans l’eau souterraine entre les réacteurs et la mer, jusqu’à 3 500 Bq/L et dans l’eau de mer à proximité de la centrale (3,8 Bq/L). C’est moins qu’à La Hague en France, mais cela prouve que les fuites vers la mer continuent.

Vendredi 31 mai, pour diminuer la quantité d’eau souterraine qui s’infiltre quotidiennement dans les réacteurs accidentés, un groupe d’experts mis en place par le gouvernement a suggéré à TEPCo de geler le sol autour des réacteurs. C’est la compagnie Kajima, une des majors du BTP, qui a eu l’idée. Ce « mur gelé » souterrain pourrait être construit rapidement, mais ne durerait pas très longtemps. Et en cas de coupure de courant, le sol resterait gelé plusieurs mois. On ne connaît pas les coûts d’exploitation du système qui va consommer beaucoup d’énergie, ni la fréquence du remplacement des pièces. Cela pourrait coûter plusieurs dizaines de milliards de yens (centaines de millions d’euros), mais le gouvernement va prendre en charge une partie des fonds de recherche sur le budget de recherche lié au démantèlement.
TEPCo ne semble pas très convaincue par la solution, mais va la tester. Des conduits seront insérés dans le sol tous les mètres sur une profondeur qui peut aller jusqu’à 30 m et un liquide de refroidissement à -50°C va circuler pour geler le sol. Le « mur » pourrait faire 1,4 km de long.
Un groupe de travail conjoint va être créé pour étudier la faisabilité et la fabrication d’un tel procédé qui pourrait être mis en place à partir de la mi-2015. TEPCo continue à espérer pouvoir pomper l’eau souterraine et la rejeter dans la mer.

L’eau des sous-sols des réacteurs reste très contaminée : 5,4 millions de Bq/l pour les deux césiums dans le réacteur n°1 et 53 millions de Bq/l dans le réacteur n°2 (prélèvement du 22 mai 2013). Les niveaux sont similaires dans d’autres bâtiments.
A la sortie de l’installation de traitement des eaux, il reste du césium 137, jusqu’à 2 700 Bq/L au niveau de l’unité de désalinisation. Il y a d’autres éléments radioactifs, comme de l’antimoine 125 ou du tritium. La contamination bêta totale y atteint encore presque 100 millions de Bq/l.

Mardi 4 juin, TEPCo tente toujours de convaincre les pêcheurs que rejeter de l’eau souterraine pompée en amont des réacteurs et de la rejeter en mer n’aura aucun impact. Une vidéo de l’installation peut être visionnée ici.
Lors de la précédente réunion, TEPCO avait dit que la contamination en césium était sous la limite de détection. Mais une nouvelle analyse effectuée à Fukushima daï-ni a montré que cette eau était contaminée au césium : 0,61 Bq/L. La première mesure avait eu lieu à Fukushima daï-ichi où la contamination ambiante a caché la contamination de l’eau. Cela reste inférieur à la limite que TEPCo s’est fixée pour rejeter de l’eau en mer (1 Bq/L), mais les pêcheurs ont le sentiment que l’on se moque d’eux.
C’est la NRA qui a demandé à TEPCo d’améliorer sa mesure.
Une explication est ici en japonais.

Mercredi 5 juin, TEPCo a trouvé une fuite sur une cuve de stockage d’eau contaminée. Un joint gouttait et TEPCo estime à un litre la quantité d’eau qui a fui. Photos et explications en anglais.
La cuve a été immédiatement vidée et l’eau transférée vers une cuve proche qui était vide. Espérons qu’il ne s’agit pas d’un défaut générique. Il y a 63 cuves du même type… Il y a déjà eu trois fuites similaires en 2012.

Le gouvernement a organisé une réunion publique dans la ville de Fukushima pour convaincre la population d’accepter le rejet en mer de l’eau souterraine pompée en amont des réacteurs accidentés de la centrale de Fukushima daï-ichi. Elle attendait 100 personnes, il y en a eu 20…

Vendredi 7 juin, TEPCo a eu une seconde réunion avec des pêcheurs et n’a pas plus réussi à les convaincre de donner leur accord à rejeter en mer l’eau souterraine pompée en amont des réacteurs. Même en promettant de faire des mesures avant rejet. Personne n’a confiance en TEPCo. Ce n’est pas à la compagnie de faire les mesures. Comment les autorités ne comprennent pas cela et ne proposent pas des solutions acceptables par tous ?

TEPCo fait le point sur le transvasement de l’eau contaminée des réservoirs souterrains. Elle va aussi creuser de nouveaux puits d’accès pour surveiller les fuites.

Lundi 10 juin, TEPCo aurait fini de vider les réservoirs qui fuyaient. Elle aurait transvasé 24 000 m3 dans des cuves en surface. Il ne resterait que de l’eau « faiblement » contaminée. Il lui reste à trouver la cause des fuites.

Mercredi 12 juin, TEPCo est en train de raccourcir le circuit de refoidissement de fortune qu’elle a mis en place et qui est très fragile. Elle va passer de 4 km de tuyaux à 3 km. Elle TEPCo a fini de couvrir le réacteur n°4 avec une charpente métallique et a organisé un voyage de presse pour montrer le résultat.

Jeudi 13 juin, TEPCo veut rejeter dans la mer l’eau souterraine pompée en amont des réacteurs accidentés afin de limiter les infiltrations dans les sous-sols. Comme elle peine à convaincre les pêcheurs, elle promet de mettre l’eau dans des cuves tampon et de la contrôler avant de la rejeter. Mais elle a du mal à faire des mesures fiables…
En mai dernier, TEPCo avait affirmé que la contamination en césium était inférieure aux niveaux détectables. Mais comme la mesure avait été faite à Fukushima daï-ichi, qui est contaminée, elle était moins fiable. La NRA a donc demandé de refaire la mesure à Fukushima daï-ni et là, TEPCo a trouvé du césium ! Le 3 juin dernier, elle a annoncé 0,61 Bq/L pour les deux césiums. Mais, TEPCo revient sur ces chiffres (en japonais) et annonce maintenant 0,055 Bq/L pour la même eau !
Cela ne fait pas très sérieux. La seule façon de s’en sortir est que les pêcheurs choisissent un laboratoire tiers qui fera des mesures de la radioactivité dans l’eau de souterraine avant rejet.

Lundi 17 juin, nouvelle fuite d’eau fortement contaminée. C’est la nouvelle station de traitement des eaux, Alps, en cours de test qui est touchée et a dû être arrêtée et c’est une cuve qui goutte. Le débit de dose à proximité de la petite flaque est élevé : plus de 20 fois le bruit de fond et la concentration en césium serait de 6 000 Bq/L et celle en bêta total de 6,7 millions de Bq/L (6,7 Bq/L). Photos avec commentaires en japonais et en anglais.

Mercredi 19 juin, TEPCo a annoncé avoir mesuré 1 000 Bq/L de strontium-90 dans de l’eau souterraine prélevée dans un puits situé à 27 m de la rive. Le strontium est particulièrement radio-toxique, ce qui ne manque pas d’inquiéter. Il y a 500 000 Bq/l de tritium dans l’eau du même puits.
La contamination de l’eau de mer n’aurait pas changé. TEPCo annonce le forage de puits supplémentaires à proximité.
Les prélèvements du 24 mai dernier et le résultat tritium du 31 mai, il vient seulement d’être rendu public. TEPCo reste TEPCo… et explique que la mesure du strontium prend du temps. C’est vrai, mais rien ne l’empêchait de donner les autres résultats plus tôt.
Les données sont ici en japonais et ici en anglais. On trouve aussi du ruthénium, en moindre quantité. La mesure du strontium prend beaucoup de temps et l’on n’a pas encore les résultats pour juin. En revanche, les niveaux de tritium ne semblent pas baisser.
Cette eau souterraine est vraiment le problème n°1 à la centrale. Les pêcheurs n’accepteront jamais d’autoriser le rejet en mer d’eau souterraine. Pourtant, il faut bien empêcher celle en amont de la centrale de pénétrer dans les réacteurs. Si l’on ne fait rien, les fuites vers les nappes phréatiques, puis la mer, vont s’amplifier. Ce devraient être des laboratoires indépendants choisis par les pêcheurs qui contrôlent l’eau souterraine pompée en amont des réacteurs pour pouvoir être rejetée si elle n’est pas contaminée. Cela urge.
Les autorités régionales de Fukushima ont décidé de faire leur propre surveillance de la contamination marine devant la centrale.
Le denier bilan de l’eau contaminée est ici en anglais.

TEPCo a trouvé les trous à l’origine de la fuite survenue sur la nouvelle station de traitement des eaux contaminées (Alps). C’est la corrosion qui a déjà attaqué…

Vendredi 21 juin, encore une fuite : TEPCo a d’abord annoncé que 360 litres, puis 250 litres auraient fui de l’installation de désalinisation. C’est la onzième fuite sur cette unité. Le césium a déjà été retiré et il ne reste « plus que » 2 300 Bq/L ! Quant aux autres radioéléments, ils sont toujours là et la contamination bêta totale est de 26 millions de Bq/L. L’eau des sous-sols du réacteur n°3 (bâtiment turbine) contient, elle, 46 millions de Bq/l rien qu’en césium… Celle du réacteur n°4, où il n’y a pas eu de fusion du coeur, 36 millions…
L’eau se serait étalée sur une surface de 30 mètres sur 12, mais sans sortir de la structure de récupération. La fuite a été découverte à 3h du matin. Une fois le problème résolu, l’installation a repris ses activités à 19h.
Explications en japonais et en anglais.

Lundi 24 juin, TEPCO a mesuré le tritium dans l’eau de mer à proximité du puits où elle avait trouvé une forte concentration en tritium et strontium dans l’eau souterraine. La contamination en tritium de l’eau de mer augmente ! En un point, c’est passé de 500 Bq/l le 10 juin à 1 100 Bq/l le 21. En un autre point, c’est passé de 600 Bq/l le 14 juin à 910 Bq/l le 21. Mais, officiellement, il n’y a toujours pas de fuite !
Sur ce graphe, on voit que la contamination de l’eau de mer en tritium dans le port dépasse les 100 Bq/l depuis le début de la catastrophe. En 2011, lors de la forte fuite en mer, la contamination était beaucoup plus élevée. On voit aussi l’augmentation récente.
Les concentrations naturelles en tritium sont de l’ordre de 0,1 Bq/l et l’on trouve de l’ordre de 10 Bq/l dans la Manche à cause des rejets des installations nucléaires.
La dernière mesure en strontium 90 dans l’eau de mer indiquée sur ce même document date de novembre 2012 !

Mardi 25 juin, TEPCo a publié de nouvelles données sur la contamination en tritium de la nappe phréatique. Elles sont Bq/l cette fois-ci et non en Bq/cm3. Plus besoin de multiplier par 1 000 les données… Il y a toujours 430 000 Bq/l dans l’eau du puits n°1. Le document contient aussi des données sur la concentration en tritium de l’eau de mer déjà mentionnées la veille avec une contamination qui peut atteindre 1 100 Bq/l.

Mercredi 26 juin, on se souvient que TEPCo avait découvert une forte contamination en tritium et strontium dans l’eau souterraine prélevée dans un puits de contrôle et avait tardé à annoner les résultats. Elle donne de nouvelles valeurs pour les mêmes puits de contrôle, mais avec un prélèvement qui a eu lieu un peu plus tard, le 31 mai dernier. C’est toujours fortement contaminé dans le puits n°1, même si l’on note une très légère baisse : 460 000 Bq/l pour le tritium et 890 Bq/l pour le strontium 90.
Elle a aussi re-mesuré le tritium dans l’eau de mer et confirme les chiffres élevés, de l’ordre de 1 100 Bq/l.

Vendredi 28 juin, l’eau souterraine dans le puits qui inquiète est toujours fortement contaminée en tritium : 450 000 Bq/l selon le dernier relevé. L’eau de mer à proximité de la centrale est aussi systématiquement contaminée à quelques centaines de Bq/l.

Samedi 29 juin, TEPCo a annoncé avoir trouvé une forte contamination de l’eau souterraine dans un autre puits situé à 6 m du rivage : si l’on en croit la presse, il y aurait 3 000 Bq/l en bêta total, hors tritium. Pour le tritium, c’est 430 000 Bq/l.

Lundi 1er juillet 2013, TEPCO a annoncé avoir fini de vider tous les réservoirs souterrains qui contenaient de l’eau fortement contaminée. Certains fuyaient. La première avait été dcouverte le 5 avril dernier. Il a donc fallu 3 mois pour trouver régler provisoirement le problème.

Mercredi 3 juillet, série de photos des trous responsables de fuites dans la nouvelle station de traitement de l’eau contaminée en cours de test. Version en anglais. La corrosion a déjà endommagé l’installation alors qu’elle n’est qu’en phase de test.

Le 29 juin dernier, TEPCo avait trouvé une contamination élevée dans l’eau souterraine prélevée dans un puits situé à 6 m de la mer. Il y avait 3 000 Bq/l en bêta total (hors tritium). Dans le relevé publié ce jour, il y a 4 300 Bq/l. Le tritium est en cours d’analyse, tout comme le strontium.

Vendredi 5 juillet, le 3 juillet, nous avions mentionné que la contamination bêta totale (hors tritium) dans le puits situé à 6 m de la mer était passée de 3 000 à 4 300 Bq/l. La contamination en tritium est maintenant en ligne : elle est passée de 430 000 à 510 000 Bq/l (cf 29 juin). Le puits voisin où TEPCo avait découverte la première forte contamination en tritium est passé à 420 000 Bq/l.
Mais dans un nouveau puits, situé à 25 m de la mer, TEPCo vient de mesurer 900 000 Bq/l en bêta total (hors tritium). C’est un nouveau record.
Dans l’eau de mer tout près de la centrale, il y a jusqu’à 2 200 Bq/l. Et TEPCo ne parle toujours de fuite en mer…
La NRA a mis en ligne une nouvelle carte de la contamination des sédiments marins avec quelques données sur le strontium et le plutonium (2 points).

Samedi 6 juillet, nouvelles valeurs de la contamination en tritium de l’eau souterraine et de l’eau de mer. Il y a une légère augmentation par rapport aux valeurs du 1er juillet.

Dimanche 7 juillet, TEPCo a creusé un nouveau puits à proximité des deux autres puits où l’eau est très contaminée et avait mesuré 900 000 Bq/l en bêta total hors tritium. C’était un record (cf 5 juillet). Elle vient de donner les valeurs pour le tritium : 380 000 Bq/l (puits n°1-2). La situation dans ce puits est pour le moins étrange : la valeur pour la contamination bêta totale est nettement supérieure à celle pour le tritium, alors que c’était toujours l’inverse jusqu’à maintenant. Une erreur de mesure ? Espérons-le.
TEPCo a aussi mesuré 99 Bq/l pour le césium 134, 210 Bq/l pour le césium 137, 95 Bq/l pour le ruthénium 106, 62 Bq/l pour le manganèse 56… dans l’eau souterraine prélevée dans ce puits situé à 25 m de la mer. Ce sont aussi des valeurs très élevées pour de l’eau souterraine.
Dans le puits n°1-1, la contamination en tritium est passée à 600 000 Bq/l, un record. C’était 510 000 Bq/l le 5 juillet dernier dans le même puits !
Voir aussi le communiqué de presse en anglais.

Mardi 9 juillet, nouveau record de contamination de l’eau souterraine dans un puits (n°1-2) situé entre la centrale et la mer : TEPCo a annoncé 9 000 Bq/l pour le césium 134 et 18 000 Bq/l pour le césium 137. C’est 90 fois plus qu’il y a 3 jours ! La contamination bêta totale, extrêmement élevée, n’a, quant à elle, pas beaucoup changé.
Des photos et un plan sont disponibles en japonais.

Mercredi 10 juillet, la contamination en césium de l’eau souterraine du puits 1-2 a encore augmenté : 11 000 Bq/l pour le césium 134 et 22 000 Bq/l pour le césium 137. La contamination bêta total, quant à elle semble rester stable.
La NRA, l’autorité de sûreté a reconnu qu’il y avait fort probablement des fuites en mer. Elle va mettre en place un groupe de travail pour essayer de résoudre le problème. Selon le New-York Times, le chef de l’autorité de sûreté a même affirmé que les fuites en mer durent depuis au moins deux ans, comme le disent de nombreuses personnes dont l’ACRO.
TEPCo ne franchit toujours pas le pas.
Pourtant, depuis au moins le 6 mars 2013, il y a du tritium dans l’eau de mer à proximité de la centrale accidentée. Il ne peut venir que de fuites. Des articles scientifiques tentent d’estimer l’ampleur des fuites. Mais TEPCo n’a rien fait. Maintenant que les fuites deviennent plus graves et voyantes, elle va mettre une rustine provisoire dans l’urgence, avec photos et vidéo pour montrer qu’elle est active. Voir le communiqué en anglais et les explications en anglais plus courtes qu’en japonais.
Les valeurs affichées par TEPCo restent surprenantes : la contamination en césium de l’eau du puits n°1-2 a été multipliée par 100 en quelques jours, mais la contamination bêta total, hors tritium, n’a presque pas variée. Celle en tritium non plus.
TEPCo pense que ce sont des particules de sol qui ont fait augmenter la contamination en césium et qu’après avoir filtré l’eau, la contamination était revenue aux niveaux d’il y a 5 jours. Les données sont ici en anglais.
Cela ne contredit pas le fait que la centrale continue à fuir dans la mer car il y a toujours quelques centaines de becquerels de tritium par litre d’eau de mer à proximité. Voir le dernier tableau de données.
Le dernier bilan de l’eau stockée dans les citernes est ici en anglais. Et les derniers résultats de mesure sont ici en anglais.

Jeudi 11 juillet, l’IRSN vient de publier deux notes sur la gestion de l’eau contaminée à la centrale de Fukushima. Rien de neuf pour les lecteurs fidèles de cette page. Dans la première note, l’IRSN oublie de mentionner la durée de vie des cuves d’entreposage de l’eau contaminée qui est courte devant la durée de leur stockage. Il ne parle pas non plus de la volonté de TEPCo de rejeter en mer l’eau traitée qui restera fortement radiactive à cause du tritium.
Dans la deuxième note, l’IRSN explique que TEPCO « vérifie que cette contamination potentielle ne parvient pas jusqu’à l’océan » sans dire que l’on trouve du tritium dans l’eau de mer qui signe les fuites. Pour l’IRSN, les fuites venant de la centrale seront faibles devant les rejets en mer liés au lessivage des sols contaminés. L’institut mentionne plusieurs térabecquerels rejetés en mer par an dus au lessivage.

Vendredi 12 juillet, suite du feuilleton sur les fuites et la contamination des puits de contrôle entre les réacteurs et la mer : TEPCo publie des données sur la contamination en strontium. La mesure de cet élément prend un mois et les données concernent donc des prélèvements faits le 7 juin 2013 dans les premiers puits creusés. Dans le puits n°1, il y a 1 200 Bq/l de strontium 90. La contamination bêta totale, hors tritium, était de 1 600 et 1 700 Bq/l. Le strontium représenterait donc plus de 70% de la contamination bêta total. Est-ce transposable aux autres puits, dont le puits n°1-2 qui a jusqu’à 900 000 Bq/l en bêta total ? Le strontium se fixe dans les os et est donc très radiotoxique. Ce serait très inquiétant. Le communiqué correspondant est ici en anglais.
Quant à la contamination du jour en césium dans le fameux puits n°1-2, elle a légèrement baissé : 8 200 Bq/l pour le césium 134 et 17 000 Bq/l pour le césium 137. La contamination bêta total reste stable avec 890 000 Bq/l. Le communiqué correspondant est ici en anglais.
La contamination en tritium de l’eau du puits 1-1 bat un nouveau record : 630 000 Bq/l. La contamination bêta totale y est de 4 400 Bq/l. Avec 70% de strontium ? Le même document donne aussi des données pour l’eau de mer qui continue à être contaminée au tritium. De nombreux points sont classés ND, pour non détecté, mais la limite de détection est de 120 Bq/l !!!
Le puits n°3 suit aussi ses voisins : la contamination bêta totale est passée de ND le 4 juillet, à 1 400 Bq/l le 11 juillet.
TEPCo n’admet toujours pas qu’il y a des fuites, mais met en place une protection pour empêcher les poissons fortement contaminés du port de s’en aller.

Samedi 13 juillet, TEPCo pense toujours que la forte contamination de l’eau souterraine entre les réacteurs et la mer est due à la fuite qu’il y a eu en avril et mai 2011 et qu’il n’y a pas de fuite nouvelle en mer. Des fosses à proximité de la mer seraient toujours pleines d’eau contaminée qui contaminerait les nappes phréatiques. La contamination ne viendrait pas directement des bâtiments réacteurs. Mais TEPCo n’explique pas d’où vient le tritium dans la mer… Pour la NRA la question de l’origine des contaminations élevées reste ouverte.
Le problème est que TEPCo base toute sa stratégie sur cette seule hypothèse. Elle veut installer une barrière souterraine pour bloquer les écoulements (comme si c’était possible) et pomper l’eau qui est restée dans les fosses (5 000 m3 pour le réacteur n°2 et 6 000 m3 pour le 3). Mais elle risque de faire venir de l’eau contaminée des sous-sols des réacteurs et aggraver la contamination des nappes… Et les niveaux de dose sont élevés, ce qui n’est pas sans conséquence pour les personnes qui travaillent sur ce chantier.
Comme certains indices de radioactivité ne varient pas ou peu et que d’autres varients rapidement, on peut penser que plusieurs origines contribuent à la contamination des nappes phréatiques proches de la mer.

Dimanche 14 juillet, TEPCo a mis de nouveaux résultats en ligne concernant la contamination des nappes phréatiques entre les réacteurs et la mer :
le puits n°3 qui avait vu passé sa contamination bêta totale de ND à 1 400 Bq/l a une contamination en tritium 1 700 Bq/l qui elle est stable : il y avait 1 800 Bq/l le 7 juin et 1 700 Bq/l le 14 juillet. Enfin le puits 1-3 a 290 000 Bq/l en tritium.

Lundi 15 juillet, TEPCo a mis de nouveaux résultats de mesure sur l’eau de mer et il y a toujours une forte contamination en tritium, jusqu’à 940 Bq/l. Il y a aussi 41 Bq/l en césium au même point.

Mercredi 17 juillet, l’eau des puits de contrôle entre les réacteurs et la mer continue à être très contaminée. TEPCo publie plusieurs photos, pour changer. Une carte aurait été plus utile…. Il y a toujours une forte contamination en tritium. L’eau du puits 1-2 est aussi fortement contaminée en bêta total et en césium. Pour le césium C’était presque, TEPCo a filtré l’eau et obtenu une concentration inférieure à une quarantaine de Bq/l pour les deux césium. Cette limite de détection est très élevée. 18 000 Bq/l en césium avant filtration.
L’eau de mer près de la centrale continue aussi à être très contaminée en tritium : il y a jusqu’à 2 200 Bq/l ce qui confirme les fuites. Il y a aussi jusqu’à une cinquantaine de Bq/l en césium.
Les poissons dans le port de la centrale sont toujours aussi contaminés : il y a jusqu’à 212 000 Bq/kg en césium. Au-delà, TEPCO continue à trouver de nombreux poissons avec une contamination qui dépasse les 100 Bq/kg en césium, qui est la limite d’autorisation de mise sur le marché. La pêche commerciale n’est donc toujours pas possible. Il y a jusqu’à 670 Bq/kg dans un poisson pêché à 2 km au large de la centrale de Fukushima daï-ni.
Le dernier bilan de l’eau contaminée dans les cuves et les sous-sols est ici en anglais. Cela continue à s’accumuler sans que TEPCo ne puisse donner de calendrier à propos de sa station de traitement. Il est aussi fort peu probable qu’elle obtienne l’autorisation de rejeter en mer l’eau traitée.

Jeudi 18 juillet, même si les réservoirs qui fuyaient ont été vidés, TEPCo continue quotidiennement à publier les résultats de mesure de l’eau dans les drains. Il y a encore du tritium par endroit, jusqu’à 2 100 Bq/l.

-> Les résultats de mesure de la radioactivité faits par TEPCo peuvent être consultés ici en anglais.

(Sommaire)


Réacteur n°1

Le réacteur était en marche avant le séisme. Le combustible dans le coeur a entièrement fondu en quelques heures et a subi une explosion hydrogène le samedi 12 mars à 15h36. Il est recouvert d’un chapiteau pour empêcher l’eau d’y pénétrer et pour retenir une partie des gaz radioactifs.

Mercredi 13 mars 2013, suite au scandale créé par la révélation que TEPCo avait dit à la commission d’enquête parlementaire qu’il n’était pas possible d’aller dans le réacteur n°1 car il était trop sombre, ce qui n’était pas vrai, une commission d’enquête interne de TEPCo a été mise sur pied, avec des membres externes à la compagnie. Elle vient de rendre ses conclusions et a jugé que l’interlocuteur de la commission d’enquête n’avait pas voulu cacher les choses, mais qu’il méconnaissait la situation. Mais elle n’a pas interrogé les membres de la commission d’enquête parlementaires impliqués dans cette affaire. Seuls des salariés de TEPCo ont été interrogés.
Ainsi, TEPCo a choisi quelqu’un qui méconnaissait la situation pour répondre à la commission d’enquête parlementaire !

Vendredi 29 mars, TEPCo a mis en ligne deux vidéos du 3ième étage du bâtiment réacteur n°1.

Mercredi 10 avril, TEPCo a envoyé un robot inspecter une salle d’accès au bâtiment réacteur n°1 située au rez de chaussée : il y a relevé des débits de doses ahurissants allant jusqu’à 2,1 sieverts par heure (il n’y a pas d’erreur d’unité).

Jeudi 9 mai, TEPCo va retirer la structure qu’elle a construite autour du réacteur n°1. Les explications sont ici en japonais et ici en anglais. L’espèce de chapiteau avait été installé en octobre 2011 pour limiter les rejets radioactifs et l’eau de pluie. TEPCo avait alors prévu de faire de même pour les autres réacteurs. Elle a, depuis, revu ses plans. Les travaux commenceront cet hiver. Elle veut démanteler l’enchevètrement de poutrelles, comme pour le réacteur n°3. Puis, une autre structure sera construite dans 4 ans.
Les rejets atmosphériques seraient 100 fois plus faibles qu’au moment où la structure a été installée.

-> Photos de TEPCo du réacteur n°1

(Sommaire)


Réacteur n°2

Le réacteur était en marche avant le séisme. Le combustible dans le coeur a entièrement fondu. Après avoir annoncé une explosion hydrogène dans la bas du réacteur, TEPCo est revenue sur ses affirmations et prétend qu’il n’y a pas eu d’explosion.

Mercredi 13 mars 2013, TEPCo continue à chercher par où passe l’eau contaminée dans le réacteur n°2, mais elle n’a toujours pas trouvé de fuite. Voir son résumé en anglais.

Jeudi 14 mars, Tepco continue son inspection du réacteur n°2 et n’a toujours pas trouvé de fuite.

Lundi 18 mars, TEPCo continue à chercher les fuites dans le réacteur n°2 et ne les a pas encore trouvées. De nouvelles vidéos et images de ses recherches sont en ligne.

Jeudi 28 mars, TEPCo a creusé un trou dans le bâtiment réacteur n°2 afin de pouvoir y glisser une caméra pour inspecter le tore du réacteur. Le débit de dose au rez de chaussée du bâtiment, où a été creusé le trou, est de 4 à 7 mSv/h.

Vendredi 12 avril, TEPCo continue son investigation du réacteur n°2.

Mercredi 17 avril, les robots continuent à inspecter le rez de chaussée du réacteur n°2. TEPCo a mis en ligne quelques images et données.

Lundi 22 avril, TEPCo a trouvé à 10h13 deux cadavres de souris dans un transformateur électrique lié au réacteur n°2. Elle a dû couper le courant pour enlever les cadavres et vérifier le circuit électrique. Le système de refroidissement de la piscine de combustibles du réacteur n°2 a donc été suspendu à 11h36. La température de l’eau est de 13,6°C et TEPCo a du temps avant qu’elle atteigne un température trop élevée. L’échauffement serait de 0,187°C/h. Une présentation avec des photos est ici en anglais. Le refroidissement a repris à 15h48.
Une autre présentation bilan avec photos est ici en anglais.

Mercredi 5 juin, selon le quotidien Asahi, TEPCo s’est trompée le 16 mars 2011 en estimant la pression à l’intérieur de l’enceinte de confinement du réacteur n°2. Son estimation était de 400 kPa alors qu’elle était 10 fois plus faible. C’est moins que la pression atmosphérique et cela signifie qu’une grande quantité de gaz radioactifs s’étaient échappés. Quand TEPCo a trouvé l’erreur, un mois plus tard, elle n’a rien dit. Elle l’a corrigée et cachée dans une grande quantité d’informations diffusées le 16 mai 2011. Aucune des commissions d’enquête n’a noté la manipulation.
TEPCo avait conlu que la pression augmentait et elle a baissé la quantité d’eau injectée pour refroidir le réacteur le matin du 17 mars pour éviter une explosion de l’enceinte de confinement. Le directeur de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, enregistré sur les visio-conférences, avait pourtant conseillé de ne pas réduire l’injection d’eau. Le 17 dans l’après midi, TEPCo a augmenté l’injection d’eau car certains suspectaient que l’eau fuyait par le bas.
Le 16 mars, il ne restait que que 70 personnes environ sur le site de Fukushima daï-ichi. Il leur était impossible d’aller lire la pression à cause du débit de dose. Ils ont donc fait des calculs et se sont trompés.

Vendredi 21 juin, des images et des débits de dose collectés (en japonais) par le robot de Honda qui explore le rez de chaussée du réacteur n°2. Il a mesuré jusqu’à 17 mSv/h (cf p. 3). Ne fait pas bon y aller…

-> Photos de TEPCo du réacteur n°2

(Sommaire)


Réacteur n°3

Ce réacteur est chargé en MOx, combustible contenant plus de plutonium que le combustible classique. La température de fusion du MOX est aussi plus basse que celle du combustible classique.  Le combustible dans le coeur a entièrement fondu en quelques heures et a subi une explosion hydrogène. La piscine de combustibles usés a 566 assemblages.

Lundi 11 mars 2013, jour anniversaire des trois catastrophes, TEPCo a rebouché la trappe du réacteur n°2. Voici des photos.

Vendredi 5 avril, le système de refroidissement de la piscine du réacteur n°3 s’est brusquement arrêté. Une alarme a retenti à 14 h 27 et TEPCo a constaté l’arrêt. La température de l’eau était de 15,1°C à 14h. Le système est reparti à 17h20. Communiqué de TEPCo.
Une fourmi ?

Samedi 6 avril, la panne d’électricité de la veille aurait été causée par l’installation de grilles métalliques pour prévenir l’intrustion de rongeurs dans les armoires électriques… C’est lors de l’installation d’une de ces grilles qu’il y a eu une panne électrique. TEPCo aurait dû arrêter le système avant d’installer la grille pour éviter tout problème, mais elle ne l’a pas fait… Des explications en japonais et une photo de la grille anti-intrusion sont ici. Lien en anglais à venir.
Décidément, ce petit rat est une véritable menace !

Mardi 16 avril, les résultats de l’enquête interne à propos de la dernière panne de courant sur le système de refroidissement de la piscine du réacteur n°3 sont en ligne en anglais.

Mardi 23 avril, contrairement au réacteur n°4 où ce sont des humains qui ont démantelé la partie supérieure du réacteur, ce n’est pas possible pour les autres réacteurs à cause des combustibles fondus qui irradient tout. Le démantèlement du réacteur n°3 se fait donc avec des grues télécommandées. TEPCo a réussi à dégager le haut de la pisicine de combustibles usés et a mis une protection. Des photos et explications en anglais sont en ligne.

Jeudi 25 avril, TEPCo a annoncé qu’elle avait arrêté volontairement le refroidissement de la piscine du réacteur n°3 à 9h39 pour pouvoir effectuer des travaux sur le circuit électrique. La coupure devrait durer 33 heures. La température de l’eau devrait augmenter de 5°C. Mais comme elle est de 16°C, cela ne devrait pas poser de problème. Elle fera de même avec le circuit électrique de la piscine du réacteur n°4 où la coupure devrait être de 9 heures.

Mardi 28 mai, TEPCo continue à démanteler le mikado de poutrelles en haut du réacteur n°3 avec des grues télécommandées car le débit de dose y est trop élevé pour des humains. Elle a aussi commencé à couvrir la piscine de combustibles usés le 22 avril dernier pour éviter que des débris y tombent, comme cela s’est déjà produit. La couverture de la piscine avance et TEPCo a mis en ligne des photos avec des explications en anglais.

Mercredi 5 juin, la NRA est allée inspecter le 4ième niveau du réacteur n°1. Les 5 membres de l’équipe est restée environ 15 minutes et la dose maximale est de 4,8 mSv. Rappelons que la dose maximale à ne pas dépasser pour le public est de 1 mSv/an.

Lundi 17 juin, TEPCo va envoyer un nouveau robot inspcter le réacteur n°2. Voir la photo du robot, qui peut voir en hauteur, avec commentaires en japonais. Il a été construit par Honda et va mesurer les débits de dose dans les endroits inaccessibles aux autres robots.

Jeudi 18 juillet, TEPCo a annoncé avoir découvert de la vapeur d’eau qui s’échappe du 5ième niveau du réacteur n°3 sans pouvoir l’expliquer. Rien d’anormal n’a été détecté. La vapeur a été découverte vers 8h20 par un sous-traitant qui filmait le réacteur pour retirer des débris. Vers 16h, elle était toujours là. On ne voit rien sur la webcam.
Les communiqués successifs en anglais sont là : 1, 2, 3, 4 et 5. Ils ne nous apprennent pas grand chose.
La vidéo et des photos peuvent être consultées en japonais uniquement pour le moment. Et aussi en anglais maintenant.
Le retrait des débris est suspendu et TEPCo est prête à injecter du bore si nécessaire. Le bore absorbe les neutrons et peut arêter ou ralentir une réaction nucléaire en chaîne. Pour le moment, TEPCo soupçonne de l’eau de pluie qui serait entrée en contact avec des pièces chaudes.

Vendredi 19 juillet, selon TEPCo, à 7h55, il n’y avait plus de vapeur d’eau visible au niveau du quatrième étage (5ième niveau) du réacteur n°3. La compagnie va continuer à surveiller. Que fait la NRA ? Pourquoi n’a-t-on pas d’avis ou d’inspection sur place ?
La vidéo et les images de la vapeur de la veille sont maintenant disponibles en anglais.

-> Photos de TEPCo du réacteur n°3

(Sommaire)


Réacteur n°4

Le coeur du réacteur est vide. La piscine de combustibles usés a fait craindre le pire. La bâtiment réacteur a subi une explosion hydrogène. L’hydrogène provenait du réacteur n°3 via leur cheminée commune. La piscine est refroidie en circuit fermé.
La structure soutenant la piscine a été endommagée par l’explosion hydrogène et le séisme. TEPCo l’a renforcée et prétend que cela suffit. Les conséquences d’une fuite dans la piscine entraînant une perte du refroidissement et une fuite sont évaluées ici par holophi en Suisse.
La piscine contient 1 331 assemblages de combustible usé et 202 de combustible neuf. Deux assemblages neufs ont été retirés.

Mercredi 13 mars 2013, la construction de la structure pour recouvrir le réacteur n°4 avance. Voir la dernière photo.

Vendredi 5 avril, TEPCo a commencé à retirer du combustible usé de la piscine commune pour le mettre dans un entreposage à sec, afin de faire de la place au combustible de la piscine du réacteur n°4. Elle a retiré 37 assemblages. Il y en a 6 377 en tout. Voir les explications et photos en anglais.
Pour la piscine n°4, le retrait des 1 533 assemblages ne devrait pas commencer avant novembre 2013.

Jeudi 11 avril, photo de l’avancement du chantier sur le réacteur n°4 (en japonais et en anglais).

Mercredi 29 mai, la construction de la structure autour du réacteur n°4 avance. Les dernières photos commentées sont ici.

Mercredi 12 juin, TEPCo a fini de couvrir le réacteur n°4 avec une charpente métallique et a organisé un voyage de presse pour montrer le résultat.

-> Photos de TEPCo du réacteur n°4

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Réacteurs 5 et 6

Comme le réacteur n°4, les réacteurs 5 et 6 étaient arrêtés avant le séisme. A la différence du réacteur n°4 où tout le chargement était dans la piscine d’entreposage, il n’y en a qu’un tiers dans les piscines des 2 autres réacteurs arrêtés. Un générateur diesel a pu rapidement être redémarré, ce qui a permi d’éviter la fusion du coeur partiel resté dans la cuve de chacun de ses réacteurs. Ils sont en « arrêt à froid ».

Mercredi 21 mars 2012, un incendie s’est déclaré à proximité des réacteurs 5 et 6 alors que des ouvriers soudaient des canalisations. Ils ont couvert l’incendie avec une couverture anti-feu qui s’est envolée par le vent. 3 m2 d’herbes ont brûlé, mmais le feu a pu être éteint 5 minutes plus tard. Le communiqué de TEPCo en anglais est ici. La photo du lieu ici.

-> Photos de TEPCo du réacteur n°5
-> Photos de TEPCo du réacteur n°6

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Divers

Lundi 11 mars 2013, jour anniversaire des trois catastrophes, il y aurait eu 9 577 répliques du séisme du 11 mars 2011 en deux ans, selon l’Agence météorologique japonaise.

Dimanche 18 août, le séisme et tsunami a fait de l’ordre de 16 000 victimes, plus les disparus. 2 600 corps n’ont pas été retrouvés et 114 n’ont pas pu être identifiés. Avec le temps qui passe, les chances d’identification sont de plus en plus faibles.

Accident dans un accélérateur de particules à Tôkaï-mura (Ibaraki) :

Lundi 27 mai, un incident a eu lieu après d’un accélérateur de particules de J-Parc à Tôkaï-mura (Ibaraki) le 23 mai lors d’une expérience qui consiste à bombarder une cible d’or avec un faisceau de protons (à une énergie de plusieurs dizaines de GeV). L’alarme s’est déclenchée à 11h55. Les autorités et le public n’ont été prévenus que 30 heures plus tard.
L’intensité du faisceau aurait été 400 fois plus forte que prévu, en raison d’un problème dans l’alimentation électrique. Mais les scientifiques ont ignoré l’alarme et ont repris l’expérience 13 minutes plus tard. Cela a entraîné un échauffement de la cible en or qui s’est vaporisée, dispersant ainsi des gaz radioactifs.
Les détecteurs ont enregistré une augmentation de la radioactivité ambiante à partir de 12h30, jusqu’à 10 fois la normale vers 13h30. L’expérience a été arrêtée à 14h26. Les niveaux de radioactivité ont baissé après la mise en route de ventilateurs à 15h15. Les scientifiques ont repris l’expérience à partir de 15h32. La ventilation a entraîné un rejet radioactif car il n’y avait aucun filtre.
Les niveaux de radiation sont remontés vers 16h et l’expérience a de nouveau été stoppée à 16h15. Une contamination allant jusqu’à 300 000 Bq/m2 a été détectée vers 17h sur le sol. L’accès à l’installation a été interdit et les ventilateurs relancé vers 17h30. Les physiciens ont quitté les lieux entre 17h30 et 23h. Ils ont été contrôlés, mais leur contamination externe ne dépassait pas les niveaux autorisés. Le 24 mai, les scientifiques qui en ont fait la demande ont eu droit à une anthropogammamétrie. Les balises n’ont été contrôlées que le 24 mai et il est apparu que les niveaux ont augmentés à partir du moment où les ventilateurs ont été mis en route. Il a encore fallu attendre plusieurs heures avant que les autorités ne soient prévenues. L’autorité de sûreté sera informée du rejet à 21h20 le 24 mai et les mairies à 21h40.
Au début, il a été question de 4 physiciens contaminés, entraînant une dose interne de 1,6 millisievert. Mais on a rapidement appris qu’il y avait 55 personnes à proximité. Le nombre de personnes contaminées est ensuite passée à 6, puis 30 le 26 mai. Il y a deux femmes parmi les 30 personnes contaminées. La dose interne la plus élevée est de 1,7 millisievert. Le tableau de résultats quelques informations sur les personnes concernées est ici en japonais, complété par deux valeurs supplémentaires.
L’accélérateur est exploité par la Japan Atomic Energy Agency qui a aussi la charge du surgénérateur Monju qui vient d’être arrêté pour manquements à la sûreté. C’est toute la culture de sûreté de l’organisation qui est à revoir. L’expérience en cause avait lieu sous la responsabilité de la High Energy Accelerator Research Organization (KEK).
Le rejet radioactif est estimé à 100 milliards de becquerels en direction du Sud-Ouest. Parmi les éléments émetteurs gamma rejetés, il y aurait du mercure-197, du potassium-43, de l’or-198, du mercure-195 et du sodium-24. Ce sont tous des éléments à vie courte (toutes les demi-vies sont inférieures à 2,7 jours). L’incident a été classé provisoirement au niveau 1 de l’échelle INES des accidents nucléaires.
Un premier rapport en japonais de l’exploitant est en ligne. Un communiqué succinct en anglais est ici.

Mardi 28 mai, il y a maintenant 33 personnes contaminées par l’accident qui s’est produit dans l’accélérateur de particules du Tôkaï-mura (J-Parc). Le ministre de la recherche, des sciences et des technologies va mettre en place un groupe de travail pour réformer la Japan Atomic Energy Agency impliquée dans cet accident et qui rêve de pouvoir exploiter le surgénérateur de Monju.

Mercredi 29 mai, il y a maintenant 34 personnes contaminées à J-Parc, dont 4 étrangers. Selon des simulations, les rejets radioactifs sont allés jusqu’à 1 km vers l’Ouest, c’est à dire vers la terre. La dose maximale à la limite du site aurait été de 0,29 microsievert.
La NRA va revoir la sûreté de tous les accélérateurs du pays. Il y en a 8 000 en tout !

Autres sources d’information :

De nombreux autres sites Internet suivent l’évolution en continu de la catastrophe nucléaire :
– au Japon, mais en anglais, par Greenaction à Kyoto, association avec laquelle nous avons des liens très serrés ;
– au Japon, et toujours en anglais, EX-SKF, qui épluche et traduit la presse japonaise ;
– en France, Enerwebwatch, qui recense tout ce qui apparaît sur internet ;
– en France encore, le blog de Fukushima et génération 4 qui font un suivi régulier avec un oeil critique ;
– en France toujours, Information Fukushima qui ratisse la toile ; fukushima-is-still-news qui collecte les articles de la presse japonaise en anglais
– en France, Dissensus Japan met en ligne des vidéos sous-titrées en français et/ou anglais.
– en Suisse, un suivi est fait par 2000watts.org ;
– au Etats-Unis, le New York Times ;
– en France, l’ASN et l’IRSN ;
– au niveau international, l’AIEA.

La centrale accidentée est déjà visible sur google-earth.
Une webcam permet de voir le site de la centrale.
Les photos fournies à la presse par TEPCo sont ici.
Des images satellites de la centrale avant et pendant la catastrophe sont disponibles ici.
Des photos aériennes de grande qualité sont disponibles ici.
Les photos du quotidien Asahi sont visibles ici et les archives des jours précédents ici.
Une vidéo prise par un drone peut être visualisée en trois parties ici.
Des photos prises par une personne sur place sont disponibles ici.
Photos en ligne de Kazuma Obara sur les environs de la centrale de Fukushima daï-ichi et les manifestations contre le redémarrage des centrales nucléaires.

Les débits de dose sur le site de la centrale sont disponibles ici. Les autres données sont regroupées ici.

Les conditions météo sur place peuvent être consultées en français ici.

Tous les tremblements de terre qui ont eu lieu au Japon depuis le 11 mars sont répertoriés ici. Il y en a eu plus de 1 700.
Une vidéo recense tous les séismes de l’année 2011 en anglais et japonais.
Le site officiel de prévision des risques sismiques est ici en anglais.

De nombreuses données sismiques sont disponibles ici.

Des images satellites et une cartographie de l’impact du tsunami sont disponibles ici.

TEPCo avait falsifié des données importantes pour la sûreté dans la passé. Voir l’article de l’ACRO à ce sujet et un reportage de la télévision japonaise sur Youtube, sous-titré en anglais si l’on clique sur cc.

Articles de l’ACRO en ligne

pour comprendre la radioactivité :
La radioactivité expliquée aux enfants, suivie de la mesure de la radioactivité expliquée aux enfants (2011)
Notions de base de radioactivité, fiche technique
La contamination et l’irradiation, fiche technique
Exposé sur la radioactivité et ses effets (pdf, 2011)
Définition des zones contaminées en Biélorussie (1991) Plus de détails ici

et sur des évènements passés au Japon :
A propos des falsifications de TEPCo dans le passé
A propos de l’accident de Tokai-mura le 30 septembre 1999
A propos du tremblement de terre de 2007 et de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa (juin 2008)

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An deux de la catastrophe de Fukushima

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