Uranium appauvri : des stocks qui s’accumulent, des déchets qu’il faut enfin reconnaître

COMMUNIQUE DE PRESSE commun : ACRO, AMFPGN, CRIIRAD, Global Chance, GSIEN (26 octobre 2026)

Classer l’uranium appauvri qui s’accumule en déchet radioactif :  un des enjeux de crédibilité pour le 6ème PNGMDR 2027-2031

A l’occasion de l’élaboration en cours du 6ème PNGMDR (Plan National de Gestion des Matières et Déchets Radioactifs), l’ASNR (Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection) a rendu en septembre 2026 un avis dans lequel elle estime qu’une part substantielle des stocks d’uranium appauvri (qui résulte de la production d’uranium enrichi à destination du parc électronucléaire) devrait être requalifiée dès à présent comme déchet. Le stock d’uranium appauvri s’accroit d’environ 10 000 tonnes par an et atteindra le demi-million de tonnes d’ici quelques années d’après l’inventaire national de l’ANDRA (Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs). En attente d’être éventuellement “réutilisés”, ces substances sont considérées comme “matières”. Ainsi, l’inventaire des “déchets” est comptablement bien moindre que la réalité. Classer enfin comme “déchets” des “matières” va de fait, donner davantage à voir combien l’industrie nucléaire produit des restes dont elle ne sait pas quoi faire, et dont les stocks ne cessent d’augmenter. ([1])

Cette proposition de requalification de l’uranium appauvri comme déchet constitue une préconisation portée depuis de longue date par l’ACRO, l’AMFPGN, la CRIIRAD, Global Chance et le GSIEN. Cette préconisation de l’ASNR en ce sens arrive enfin. Cela fait des années qu’elle aurait dû être prise.

Il est donc opportun et impératif de requalifier une majeure partie, voire la totalité, du stock présent et futur d’uranium appauvri comme déchet et d’en confier la gestion à l’ANDRA.

C’est aux acteurs de la filière électronucléaire producteurs de ces déchets d’en assumer dès maintenant le coût et le financement, et non aux générations futures à qui on laisserait et une dette environnementale et une dette financière.

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[1] Les possibilités ou les perspectives d’utilisation de ces stocks sont extrêmement faibles ou incertaines : consommation de moins de 200 tonnes/an pour la fabrication du combustible MOX, une réduction du stock d’uranium appauvri par un procédé de ré-enrichissement qui sera très limitée et couteuse, une utilisation à d’autres fins que la production électronucléaire qui présente des débouchés incertains, un multi recyclage via le déploiement d’un parc composé de réacteurs à neutrons rapides (qui s’il voit le jour) adviendra dans plusieurs décennies et sera probablement peu consommateur. De plus, pour des questions de sûreté, les colis du stock actuel devront à terme être reconditionnés.