Evaluation
de la contamination des
enfants de Biélorussie
Paru dans l'ACROnique du nucléaire 64, mars 2004
L’action
engagée
En collaboration
avec
l’association Solidarité de Biélorussie et de
Tchernobyl le laboratoire
de l’ACRO a procédé à des analyses
radiotoxicologiques auprès des enfants
habitant des territoires contaminés par la catastrophe de
Tchernobyl et qui ont
séjourné en Normandie en juin 2003.
Il s’agissait de
mesurer
le taux de radioactivité, en l’occurrence dû au
césium 137, dans les
urines des enfants.
Les résultats
permettent
d’évaluer le degré de contamination des enfants et
d’estimer les
répercussions d’une alimentation
« saine », additionnée de Vitapeckt.
Ces
mesures devraient permettre d’aider les recherches menées par le
professeur
Nesterenko et son institut Belrad dans le cadre du suivi des
populations
contaminées.
Pourquoi
mesurer les urines ?
Le césium 137
(137Cs)
projeté dans l’atmosphère en grande quantité lors
de l’accident de Tchernobyl
continue de contaminer les territoires proches de la centrale. Avec
d’autres
substances radioactives, il est ingéré continuellement
avec la nourriture et
assimilé par l’organisme dans lequel il va résider durant
un certain laps de
temps avant d’être éliminé en partie avec les
urines. Ainsi, l’analyse des
urines permet de déterminer avec une incertitude acceptable le
niveau de
contamination de l’organisme.
Qu’est-ce
que le césium 137
Il
s’agit d’un élément radioactif (radionucléide)
issu de la fission de l’uranium
et dont la demi-vie (période radioactive) est de trente ans. Il
faudra donc attendre
trois siècles pour que la quantité de césium 137
ait diminué d’un facteur 1000.
Comme
toute substance radioactive, le césium 137 émet un
rayonnement au cours de sa
désintégration. Dans son cas précis, il s’agit
d’un rayonnement relativement
énergétique pouvant endommager les tissus situés
à proximité.
Résultats
Tableau : Concentration en
césium 137 (becquerel par litre) mesurée dans les urines
des enfants
biélorusses en séjour en Normandie au mois de juin 2003
Note :
«NA» signifie que les urines n’ont pas
été
analysées (quantité insuffisante).
Graphe :
Concentration
en
césium 137 (becquerel par litre) mesurée dans les urines
des enfants
biélorusses à leur arrivée en Normandie au
début du mois de juin
2003.
Note : la
limite de détection (ou sensibilité de mesure)
dépend de différents
facteurs : l’appareil de mesure, la quantité de
l’échantillon, le temps de
comptage. Dans le cas
d’Aléna, la durée de mesure ayant été
prolongée, cela a permis d’abaisser la
limite de détection, et donc d’avoir une mesure significative
inférieure à 10
becquerel par litre.
Commentaires
Les résultats
rapportés
dans le tableau ne concernent qu’une partie des enfants. Toutes les
analyses
n’ont pu être effectuées faute de quantité
suffisante d’urine et du fait de la
capacité, hélas réduite, du laboratoire. Néanmoins,
lors de la
première série d’analyses (début juin), l’ensemble
des échantillons a été
mesuré rapidement afin de
« dépister » les échantillons
prioritaires.
Lors de cette première campagne de mesures la plus petite
concentration
décelable (ou limite de détection), est relativement
élevée : autour de
10 becquerel par litre. Par la suite, des analyses
« plus
fines » ont permis d’abaisser la limite décelable
autour du becquerel par
litre.
Du
césium
137 est observé avec une concentration supérieure
à 10 becquerel par litre dans
60% des urines mesurées. Les plus fortes valeurs sont de 68
becquerels par
litre.
Pour
situer les niveaux, il faut rappeler que le césium 137 n’est pas
un produit
radioactif naturel et que l’organisme ne devrait donc pas en
contenir.
Les
concentrations mesurées deux semaines après
l’arrivée des enfants ont chuté en
moyenne de moitié. Cela traduit bien une cinétique
d’élimination du césium dans
un contexte où les enfants bénéficient d’une
alimentation saine.
Chez
deux enfants suivis, on
constate une stabilité voire même une augmentation de la
concentration du
césium 137 dans les urines au cours de leur séjour. Cela peut provenir d’un biais lié
à
l’échantillonnage (par exemple si les urines n’ont pas
été prélevées dès le
réveil de l’enfant),
ou
à une accélération de l’élimination du
césium 137 due à la prise de Vitapeckt.
Vitapeckt : complément alimentaire à
base de pectine de pomme
élaboré par le Pr Nesterenko, pour faciliter
l’élimination du césium 137 de
l’organisme.
Depuis huit ans, l’association
Solidarité
Biélorussie et de Tchernobyl organise l’accueil, à Caen,
d’enfants biélorusses
victimes de la catastrophe de Tchernobyl.
L’association soutient le travail du
Professeur Nesterenko dans les territoires contaminés et appel
au parrainage de
cures de pectine de pomme pour les enfants
biélorusses.
Contact : Association
Solidarité Biélorussie et de Tchernobyl, 74 rue de
Falaise. tél. : 02 31
83 43 76.