EPR mon amour
Communiqué de presse du 12 juillet 2004
L’engouement des élus locaux
pour l’EPR a de quoi surprendre. Normands d’en haut et d’en bas
rivalisent d’imagination pour attirer un réacteur
nucléaire dont l’utilité n’a pas été
démontrée. Des subventions faramineuses sont
votées pour des associations de promotion ou des entreprises de
communication afin de s’attirer les bonnes grâces d’EdF et des
populations sans que le principe de justification qui vient d’entrer
dans la législation française ne soit respecté.
Toute nouvelle pratique entraînant une exposition aux
rayonnements ionisants doit pourtant être justifiée par
ces avantages économiques et sociaux. Or, les trois sages
chargés de piloter le Débat National sur l’énergie
avaient conclu : « qu’il est
difficile, […] de se faire une opinion claire sur son degré de
nécessité et d’urgence. [...] Il a semblé que si
le constructeur potentiel de l’EPR milite pour sa réalisation
immédiate, c’est avant tout pour des raisons économiques
et de stratégie industrielle. [...] En définitive, la
question du nucléaire ne peut être tranchée sans
des compléments d’études allant au-delà des
éléments fournis lors du Débat National. »
Et l’un des sages, le sociologue Edgar Morin, a dans ce même
rapport clairement tranché : «
Les centrales actuelles ne devenant obsolètes qu’en 2020, il
semble inutile de décider d’une nouvelle centrale EPR avant 2010
[car rien] ne permet pas d’être assuré qu’EPR,
conçu dans les années quatre-vingt, serait la
filière d’avenir. »
Réacteur éprouvé et commercialisable en Finlande
qui l’a retenu ou «
démonstrateur » en France pour garder les options
ouvertes, le double langage des autorités n’apporte aucune
clarification. Actuellement, un EPR en France serait essentiellement
destiné à l’exportation d’électricité. En
décidant son lancement sans aucune nouvelle justification, les
autorités méprisent les citoyens et le Débat
National qu’elles ont organisé.
Nous demandons donc que la loi soit appliquée et que l’on
justifie les trois milliards d’euros prévus pour l’EPR par
rapport à une autre politique énergétique. Le
bilan en terme d’emploi, qui seul semble intéresser les
régions, n’a pas été abordé au niveau
national et mériterait aussi d’être étudié
étant donné l’importance de l’enjeu.