Le dossier d’enquête publique déposé du 14
février au 17 mars par EDF en mairie de Flamanville et dans les
mairies des communes limitrophes demande des autorisations de rejets
pour trois scénarios gigognes de fonctionnement du site
nucléaire de Flamanville :
- Fonctionnement du site actuel, réacteurs de 1300 MWe n° 1
et 2
- Fonctionnement du site actuel, réacteurs de 1300 MWe n° 1
et 2 avec des nouveaux combustibles dits à haut taux de
combustion (HTC), à partir de 2009
- Fonctionnement du site actuel, réacteurs de 1300 MWe n° 1
et 2 chargés en combustibles HTC, plus le réacteur EPR de
tête de série « Flamanville 3 » à
partir de 2012 (au plus tôt)
La demande simultanée et concomitante d’autorisations de rejets
dans les trois situations sert à masquer la demande
d’augmentation d’autorisation de rejets liquides de tritium pour les 2
réacteurs actuels de 1300 MWe, comme EDF a été
amené à en faire la demande en 2003 pour les 4
réacteurs de 1300 MWe de Cattenom, ou comme actuellement pour
les 2 réacteurs 1300 MWe de Penly.
Les autorisations de rejets radioactifs actuelles avec leur «
largesse » par rapport aux rejets potentiels du site en
fonctionnement normal sont plutôt des incitations à
polluer que des limitations réglementaires visant à la
protection de l’environnement.
Ces demandes d’autorisations imbriquées sont
effectuées alors que parmi les radionucléides
rejetés par les centrales nucléaires d’EDF, les seuls qui
ne font pas l’objet d’un suivi régulier et d’études
environnementales annuelles sont le carbone 14 et le tritium,
deux radionucléides qui induiraient à eux seuls 95 % de
la dose des populations les plus exposées selon les calculs des
experts EDF.
L’exploitant base ses demandes sur la non accumulation du tritium dans
la chaîne alimentaire sans prendre en compte que la
bioaccumulation du tritium sous sa forme organique constatée par
les Anglais auprès de leurs installations nucléaires au
moins depuis 1999. Cette bioaccumulation sur les poissons, les
mollusques et les crustacés, aussi bien en eau douce qu’en eau
de mer, fait l’objet d’études dans l’environnement proche des
sites nucléaire en Angleterre et au Canada … pas en France.
Encore une exception culturelle,
spécifique au nucléaire français ??
L’ACRO a pu procéder à une étude partielle de ces
dossiers d’enquête dans des conditions d’accessibilité (en
mairie et en sous-préfecture aux heures ouvrables) qui rendent
ce type d’enquêtes purement formelles.
Notre association exprime les demandes fortes suivantes :
que l’exploitant EDF remette gracieusement aux associations de
protection de l’environnement qui en font la demande un dossier
d’enquête complet (comme d’autres l’ont fait dans un passé
récent) et que nous disposions d’un temps d’étude
suffisant pour exercer notre action citoyenne ;
- que la demande d’autorisation de rejets de l’exploitant ne
concerne que les réacteurs 1 et 2 actuels et qu’elle n’inclut
pas celle du futur EPR qui n’est absolument pas d’actualité en
cette année 2007 ;
- que les niveaux d’autorisation de rejets hors tritium soient
revus à la baisse compte tenu de l’écart confortable qui
existe avec les rejets effectifs ;
- qu’aucune augmentation de rejets en Tritium ne soit
accordée car, s’il existe un souci concernant ces rejets qui
atteignent la limite d’autorisation, des solutions techniques
d’entreposage provisoire des effluents les plus actifs doivent
permettre une gestion par décroissance partielle sur site ;
- que l’exploitant engage des études d’impact sanitaire,
pour les radionucléides les plus contributeurs à la dose
(Tritium et carbone 14), qui reposent sur des mesures effectives dans
l’environnement et pas seulement sur une succession de
modélisations purement théoriques, comme dans le domaine
des rejets chimique.
Le Groupe Radio-écologie Nord Cotentin (GRNC) a proposé
(et effectue actuellement) les déterminations environnementales
des polluants chimiques rejetés par toutes les installations
nucléaires du Nord-Cotentin, pour valider les modèles de
calcul d’impact.
Une démarche similaire est hautement souhaitable pour le carbone
14 et le tritium qui représentent à eux seuls 95 % de
l’impact théorique des rejets des centrales nucléaires
EDF.
Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le dossier technique au
format pdf
ici.