« Faut-il tout dire pour bien
informer ? »
Communiqué de presse ACRO du 3 avril 2007
L’ANDRA (Agence Nationale pour la
Gestion des Déchets Radioactifs) organise le 5 avril à
Cherbourg Octeville un colloque sur comment « Mieux
répondre aux attentes d’information du public ». La
principale question posée aux intervenants et re-débattue
le soir est : « faut-il tout dire pour bien informer ? ».
L’ANDRA aurait-elle quelque chose à cacher ? Aurait-elle honte
de divulguer certaines informations ? Alors que les autorités
s’enorgueillent d’avoir fait voter une nouvelle loi sur la «
transparence » nucléaire, dont les décrets
d’application sont en cours de préparation, cette question en
forme d’aveux n’est pas innocente.
Les droits français et européen sont très
ambitieux sur ce sujet. La charte de l’environnement, maintenant
adossée à la constitution française, impose que
« toute personne a le devoir de prendre part à la
préservation et à l’amélioration de
l’environnement ». Afin de pouvoir exercer ce devoir, «
toute personne a le droit, dans les limites définies par la loi,
d’accéder aux informations relatives à l’environnement
détenues par les autorités publiques et de participer
à l’élaboration des décisions publiques ayant une
incidence sur l’environnement ». Quant à la convention
d’Aarhus, ratifiée en 2002 par la France, elle est beaucoup plus
précise et très contraignante sur ce sujet.
Alors que la question primordiale est la mise en pratique de la
convention d’Aarhus, malgré les réticences des pouvoirs
publics, l’ANDRA remet-elle en cause les bases même de cette
démocratie participative appliquée aux questions
environnementales ?
Ces nouvelles dispositions, qui ne sont pas dues à une
poignée d’« écolos » idéalistes,
voire « illuminés », tardent à
être appliquées. Ainsi, l’ANCLI a demandé la mise
en place d’une Commission Pluraliste et Permanente de Débat sur
les déchets et matières radioactifs qui doit accompagner
les dix années de recherche prévues par la nouvelle loi
sur les déchets. Malheureusement, personne ne veut en entendre
parler. On en est encore à se demander si une agence nationale
doit tout dire.
Par le passé, l’ANDRA a eu beaucoup de choses à cacher,
n’hésitant pas à porter plainte contre l’ACRO quand elle
osait divulguer les dysfonctionnements du Centre de Stockage de la
Manche. Le fonctionnement à huis clos a permis tous les abus et
nous en payons encore aujourd’hui les conséquences. Nos
descendants et les générations futures aussi. Mais chut,
il ne faut pas leur dire…