L'ACROnique de Fukushima :
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Mardi 15 avril :
• Deux anciens premiers ministres, Junichiro Koïzumi and Morihiro Hosokawa, vont créer une association anti-nucléaire afin de peser sur les décisions politiques. Ils essayent d’associer des personnalités à leur combat. L’assemblée générale constitutive aura lieu le 7 mai prochain.

• La province de Hyôgo a fait faire des simulations d’accident nucléaire dans l’une des nombreuses centrales de la province voisine de Fukui, en supposant un rejet similaire à celui qui a eu lieu à Fukushima. Elle a publié les résultats pour son propre territoire, mais pas pour les provinces voisines, comme Kyôto ou Shiga. Des citoyens les réclament en vain. Ils ont fait appel à la commission d’accès aux documents administratifs, ont eu gain de cause, mais les autorités rechignent toujours.
L’article du Japan Times qui relate l’affaire donne des doses issues de la simulation, mais il n’est pas précisé si c’est au corps entier ou la thyroïde. Au vu des chiffres et des conclusions quant à la distribution d’iode, ce doit être à la thyroïde.

• Chubu Electric avait demandé une autorisation d’augmenter ses tarifs de 4,95% en moyenne pour les foyers et le gouvernement a autorisé 3,77%. L’augmentation aura lieu à partir du 1er mai.

• TEPCo est pressée de toutes part suite à l’erreur de pompage de la veille. Comment cela a-t-il pu arriver ? Pourquoi l’investigation n’a débuté que le lendemain de la découverte du problème ? Quand est-ce que TEPCo va réellement prendre au sérieux sa responsabilité et améliorer la gestion de l’eau ? Les cadres de TEPCo n’ont rien à répondre. La NRA non plus. Voir son communiqué à ce propos.
TEPCo a commencé à analyser la contamination de l’eau souterraine à proximité du bâtiment où de l’eau contaminée a été transvasée par erreur. RAS. (Prélèvements du 14 avril 2014)

• Records de contamination du jour dans l’eau souterraine :
-    dans le puits 2-5, situé près du rivage, il y a maintenant 7 900 Bq/L en tritium (prélèvement du 9 avril 2014).
-    dans le puits voisin 2-7, il y a maintenant 810 Bq/L en bêta total (prélèvement du 13 avril 2014).

Lundi 14 avril :
• Encore un problème d’eau contaminée à la centrale de Fukushima daï-ichi. TEPCo a découvert qu’entre jeudi et dimanche, le niveau d’eau dans des cuves supposées en cours de remplissage ne montait plus. Au contraire, il a même commencé à baisser. Après enquête, elle a trouvé 4 pompes, supposées à l’arrêt, qui envoyaient l’eau dans les sous-sols d’un autre bâtiment qui était sec jusqu’à maintenant. 203 m3 d’eau fortement contaminée y auraient été envoyés par inadvertance. Il y a 37 millions de becquerels par litre pour le seul césium. La compagnie assure que cette ne devrait pas fuir de ce bâtiment et qu’elle va repomper l’eau. Elle va aussi enquêter pour comprendre comment cela a pu avoir lieu.
Ces pompes étaient là en cas de panne sur les autres systèmes de pompage pour envoyer l’eau contaminée vers un autre lieu de stockage temporaire. Ces pompes doivent être démarrées manuellement. Comment une telle erreur est-elle possible ?
L’installation SARRY, qui retire le césium, est située au rez-de-chaussée du bâtiment accidentellement contaminé. Quel sera l’impact sur les travailleurs ? Le débit de dose va-t-il augmenter significativement dans ce bâtiment ?
Un plan peu compréhensible est proposé en anglais par TEPCo.

• TEPCo a découvert une fuite sur un « petit » container en plastique (jerrican) plein d’eau contaminée. Un mètre cube aurait fui et la contamination serait de 1 640 Bq/L pour le césium et 1 400 Bq/L pour le bêta total. C’est bizarre qu’il y ait moins de bêta total que de césium… Le strontium est évalué à 11 Bq/L.
Cette eau a été absorbée par le sol qui va être retiré.
Des ouvriers ont trouvé un trou d’un centimètre environ. Des photos et explications sont ici en anglais.

• Selon le Maïnichi, le 17 mars 2014, le ministère des affaires étrangères a envoyé un email à 18 communes de Fukushima équipées d’un appareil d’anthropogammamétrie (WBC) pour leur demander de transmettre à l’AIEA leurs données sur la contamination interne des habitants. Le message a aussi été envoyé aux autorités provinciales et à la mairie de Namié. Il était demandé de transmettre toutes les données à l’AIEA : contamination interne, relevés des dosimètres individuels, etc… avant le 24 mars.
Le mail suggérait que l’AIEA voulait montrer que cette contamination était inférieure à celle évaluée par d’autres organismes internationaux.
La moitié des communes a refusé sous le prétexte qu’il n’est pas raisonnable de demander des données personnelles par email et qu’elles ne souhaitent pas que l’exposition des résidents soit minimisée.
8 communes ont répondu en enlevant les noms ou en se limitant aux informations déjà rendues publiques. Le gouvernement n’a pas encore transmis les données à l’AIEA qui prétend vouloir faire un rapport objectif. La mission première de l’AIEA est de promouvoir le nucléaire. Si elle était objective, cela se saurait !

• Le taux d’utilisation du parc nucléaire japonais est descendu à 2,3% pour l’année fiscale 2013 qui fini au 31 mars 2014. Seuls deux réacteurs ont fonctionnés jusqu’en septembre 2013.
Pour 2014, ce taux pourrait être encore plus bas…

• Records du jour dans la contamination de l’eau :
-    dans le puits F1, en amont de la cuve qui a fui, il y a maintenant 26 Bq/L en bêta total (prélèvement du 11 avril 2014). Le précédent record était de 25 Bq/L.
-    dans l’eau de mer, à l’intérieur de la barrière, il y a maintenant, 1 100 Bq/l, 1 000 Bq/L et 440 Bq/L en trois points différents (prélèvements du 7 avril 2014).

TEPCo a retiré 638 assemblages de la piscine du réacteur n°4 sur 1 533.

Dernière feuille de route de TEPCo, avec avancement.

Dimanche 13 avril :
• Tous les 48 réacteurs nucléaires japonais sont arrêtés. Il n’y a eu que 17 demandes de redémarrage et les inspections sur site ne pourront commencer que pour deux. Les partisans les plus optimistes du nucléaire espèrent leur redémarrage avant l’été 2014. Combien de réacteurs pourront fonctionner in fine, personne ne le sait. Beaucoup moins qu’avant la catastrophe. Et même si quelques réacteurs redémarrent, ils ne pourront pas utiliser du combustible MOx. Le Japon a fait extraire du plutonium, mais n’en consomme quasiment pas. Il en a 44 tonnes sur les bras sans perspective sérieuse d’utilisation. Cela ne l’empêche pas de continuer à vouloir démarrer l’usine de retraitement de Rokkashô-mura (Aomori) qui n’a jamais fonctionné. Le démarrage a déjà été reporté plus de 19 fois et personne ne sait non plus si elle pourra démarrer un jour.
Selon l’Asahi, l’acharnement du gouvernement japonais à vouloir extraire le plutonium des combustibles usés, et donc d’accroître son stock, inquiète les Etats-Unis à cause des risques de prolifération. Pourquoi le Japon pourrait extraire le plutonium sans utilisation crédible et pas d’autres pays ? La Corée du Sud aimerait faire la même chose mais les Etats-Unis tentent de l’en dissuader. Car, après, d’autres pays voudront faire de même. Au Japon comme ailleurs, cette technologie est déployée avec des arrières pensées militaires.

Samedi 12 avril :
• On s’en souvient, une cuve avait fui pendant un mois avant que TEPCo s’en rende compte durant l’été 2013. 300 m3 d’eau fortement contaminée s’étaient écoulée dans la nature. La NRA avait exceptionnellement classé l’événement au niveau 3 de l’échelle INES. A notre connaissance, il n’y a pas eu d’autre événement classé depuis.
On se souvient aussi que TEPCo avait largement sous-estimé la contamination bêta totale quand la concentration était élevée, car ses détecteurs saturaient. Un faute de débutant. C’était notamment le cas pour la cuve qui avait fui.
La compagnie a réévalué la quantité de radioéléments qui ont fui de la cuve : c’est passé de 80 millions de becquerels à 280 millions de becquerels ! 3,5 fois plus !
TEPCo avait fait 173 prélèvements après la fuite découverte. Elle en a ré-analysé 104. Les 69 autres sont perdus. L’eau qui a fui de la cuve est perdue. La nouvelle estimation est donc basée sur un calcul et des hypothèses non précisées dans les médias.
Elle ne peut pas aller prélever dans la cuve ?

• Après la fuite de la cuve au cours de l’été 2013, TEPCo a mis en place des jauges avec alarme dans chaque cuve qui sont reliées à un ordinateur dans un poste de contrôle. Le 8 avril 2014, deux alarmes ont sonné pendant deux heures sans personne ne s’en rende compte. Heureusement, il s’agissait de fausses alertes. Le lendemain, TEPCo a admis que les alarmes étaient inaudibles pour 433 cuves. Et pourquoi ? Parce que le son de l’ordinateur avait été coupé ! Traduction en anglais d’extraits du Maïnichi.

Vendredi 11 avril :
• Un éleveur d’Iitaté a raconté la situation de son village après la catastrophe, les mensonges des autorités, dans un livre paru en mars 2012. Il y a maintenant un projet de le traduire en anglais et un appel de fonds a été lancé.

• A l’instar de ce qui se fait aux Etats-Unis, il faut maintenant estimer le temps pour évacuer toute la population de la zone de préparation à l’urgence nucléaire qui a un rayon de 30 km au Japon. Autour de la centrale de Higashidori (Aomori), le scénario le plus réaliste conduirait à un temps de 65 heures et 10 minutes (plus de deux jours et demi). Si la circulation peut être contrôlée efficacement, cela pourrait descendre à 27 heures et 20 minutes. En hiver avec de la neige, cela pourrait monter à 70 heures et 50 minutes (presque 3 jours). Ce scénario supposait aussi que 20% de la population était partie avant que le lieu de rassemblement ne soit spécifié soit lancé et 95% d’entre elle partira avec sa propre voiture.
Le scénario dit réaliste suppose que 60% de la population part avant que la destination soit indiquée et que 90% d’entre elle prend sa propre voiture.

• Le gouvernement a adopté plan d’orientation énergétique. Il renonce officiellement à la sortie du nucléaire prônée par le précédent gouvernement. Il maintient le programme dit de recyclage, qui consiste à retraiter les combustibles usés et utiliser du MOx dans les réacteurs où cela est permis.
Cela reste virtuel car tous les réacteurs nucléaires sont encore à l’arrêt et l’usine de retraitement n’a jamais fonctionné. Son démarrage est sans cesse repoussé.
Le plan reste très vague sur les objectifs à atteindre. Le nucléaire est qualifié d’importante source de production d’électricité en base. Les réacteurs nucléaires qui peuvent être redémarrés le seront, tout en disant qu’il faut réduire la part du nucléaire autant que possible. Là encore, cela ne veut rien dire car elle est actuellement réduite au maximum.
La part de chaque type d’énergie n’est pas spécifiée. Aucun objectif n’est fixé. Le précédent plan, daté de 2010, prévoyait 20% d’énergie renouvelable dans la production électrique d’ici 2030. Le nouveau plan parle de faire mieux, sans plus de précision. Difficile de prétendre faire moins… Pour le nucléaire, le précédent plan visait 50% à la même échéance. Le nouveau parle juste d’électricité de base. En 2012, le précédent avait promis l’arrêt complet du nucléaire en 2030.
Devant le parlement, le premier ministre a annoncé attendre le résultat de l’instruction des dossiers de demande de redémarrage et donc le nombre de réacteurs potentiellement en service avant de fixer la part du nucléaire dans le nouveau mix énergétique.
Il a ajouté que le Japon devait devenir plus sobre énergétiquement et favoriser les énergies renouvelables, mais qu’il ne pouvait pas se passer du nucléaire. Il n’a aucun projet de construire de nouveau réacteur. Mais le plan est muet à ce propos.
Les petits producteurs d’énergie renouvelable sont très déçus. Le Japan Times, dans un éditorial, parle de plan rétrograde.

• Le surgénérateur Monju, qui n’a réussi à fonctionner que quelques mois depuis 1995, a été suspendu en mai 2013 suite à des contrôles de sureté défaillants. 14 000 items n’avaient pas été contrôlés alors qu’ils auraient dû. Certains sont pourtant important pour la sûreté. En septembre dernier, le propriétaire a annoncé avoir fini de contrôler les 47 500 items. Mais, en mars 2014, la NRA a découvert qu’au moins 9 nouveaux items n’avaient pas été contrôlés sur 80 inspectés. Ils concernent le circuit secondaire de refroidissement. La NRA avait prévu d’inspecter 700 items, mais elle s’est arrêtée après 80, étant donnée la situation.
Plus grave, la NRA soupçonne des falsifications de rapport de sûreté. Il y aurait plus de 240 révisions non répertoriées dans ces rapports.
Il serait temps d’arrêter l’acharnement thérapeutique et d’arrêter définitivement ce réacteur expérimental qui est un échec technologique et un désastre financier. 1 000 milliards de yens (plus de 7 milliards d’euros) à la construction et 20 milliards de yens (150 millions d’euros) par an en maintenance. La construction de l’usine de retraitement, qui n’a jamais fonctionné, a, quant à elle, coûté 2 000 milliards de yens (14 milliards d’euros).
Dans le projet de loi d’orientation énergétique, Monju est qualifié de centre de recherche sur la réduction des déchets nucléaires. La même fable avait déjà été proposée pour Superphénix. De nos jours, aussi bien l’IRSN que l’ASN reconnaissent qu’il n’y a pas grand chose à attendre de ce côté.

• Record du jour pour la contamination de l’eau souterraine :
- dans le puits E8, situé près de la cuve qui a fui durant l’été 2013, il y a maintenant 19 Bq/L en bêta total (prélèvement du 9 avril).

Jeudi 10 avril :
• Selon les médias, la compagnie Kyûshû Electric pourrait remettre son rapport de sûreté définitif pour sa centrale de Sendaï (Kagoshima)d’ici la fin du mois. La NRA devrait pouvoir l’instruire d’ici la fin mai. Puis, devrait commencer une consultation du public sur l’avis de la NRA qui nous conduira à la fin juin 2014. Si tout va bien, la NRA pourrait alors déclarer que le réacteur satisfait aux nouveaux critères de sûreté à la fin juin 2014. Mais, ce ne sera pas fini pour autant. Il faudra encore mener des inspections sur site et obtenir l’assentiment des élus locaux.
Kyûshû Electric a demandé l’autorisation de redémarrer deux réacteurs. Son dossier est le plus avancé des 17 demandes déposées.

• Records du jour de la contamination de l’eau souterraine :
-    dans le puits E-10, situé en aval de la cuve qui a fui lors de l’été 2013, il y a maintenant 160 Bq/L en bêta total (prélèvement du 8 avril 2014). Le précédent record pour ce puits était de 54 Bq/L.
-    plusieurs records viennent d’être battus dans les puits où TEPCo a pompé de l’eau souterraine dans le but de la détourner vers la mer après contrôle. Les prélèvements ont eu lieu le 8 avril, qui correspond à la veille du pompage. Il y a maintenant, pour le tritium, 230 Bq/L dans le puits n°6, 690 Bq/L dans le puits n°7 et 1 300 Bq/L dans le puits n°12. TEPCo a limité à 1 500 Bq/L la concentration maximale acceptable avant rejet en mer. Elle s’en approche dans le puits n°12, mais elle doit compter sur l’effet de dilution avec l’eau des autres puits pour que cela n’empêche pas le rejet.

• La NRA a mis en ligne des résultats de mesure sur des sédiments marins prélevés au large de la centrale de Fukushima daï-ichi. Les prélèvements datent du 10 septembre et 5 novembre 2013. Il était temps ! La contamination en césium est montée jusqu'à 2 780 Bq/kg de sédiments secs.

Mercredi 9 avril :
• L’Asahi est allé dans le district de Miyakoji où l’ordre d’évacuer a été levé le 1er avril 2014. Sur les 117 familles qui y vivaient avant la catastrophe nucléaire, 26 ont exprimé leur intention de rentrer. Deux autres l’ont déjà fait.
Il y a la crainte des radiations, l’état de la centrale qui n’est toujours pas stabilisée et l’absence de service de base comme un médecin qui freinent le retour. Une ambulance viendra-t-elle en cas de problème de santé ? Le supermarché le plus proche est à Ôkuma, à 15 minutes en voiture, mais il demeure fermé.

• TEPCo a commencé à pomper l’eau souterraine en amont des réacteurs. Elle va être stockée dans des cuves tampon, contrôlée, avant d’être rejetée en mer à partir du mois prochain. Le gouvernement a promis un contrôle par un tiers. Le délai est dû à la mesure du strontium qui prend du temps. Les limites fixées par TEPCo sont ici en anglais.
1 100 m3 ont été pompés en tout.
La compagnie espère ainsi réduire de 100 m3 par jour le volume d’eau souterraine qui s’infiltre dans les sous-sols des réacteurs où elle se contamine. Actuellement, il y a environ 400 m3 par jour qui pénètrent et qui doivent être stockés dans des cuves. Cela devrait donc passer à 300 m3 par jour.
Voir le communiqué de presse de TEPCo en anglais, des photos et une vidéo peu intéressantes.
Le point sur l'eau contaminée stockée est ici en anglais.

Mardi 8 avril :
• Selon TEPCo, le démantèlement devrait générer 560 000 m3 de débris radioactifs d’ici 2027 et elle n’a pas d’emplacement pour les mettre. La compagnie en a déjà 250 000 m3. Elle veut incinérer les matériaux combustibles. Il y a en particulier le bois de la forêt que TEPCo a dû raser pour mettre des cuves de stockage de l’eau contaminée. En ce qui concerne les débris les moins radioactifs, elle veut les compresser et s’en servir pour faire des routes par exemple sur le site de la centrale. Le volume pourrait ainsi être réduit à 220 000 m3. Il manque actuellement des capacités de stockage pour 160 000 m3.
Le cœur des réacteurs avec les déchets les plus radioactifs ne sera pas démantelé avant 2027 et n’est donc pas pris en compte dans ce bilan.

• 79 marines américains ont porté plainte contre TEPCo et réclament 1 milliard de dollars d’indemnisation. Ils prétendent que TEPCo a menti sur le niveau de contamination de la zone où ils effectuaient des opérations humanitaires.
C’est la deuxième fois qu’une plainte est déposée aux Etats-Unis à ce propos. La précédente n’avait pas abouti car elle avait été déposée contre le gouvernement japonais et le tribunal s’était déclaré incompétent.
TEPCo prétend qu’il n’est pas plausible que le commandement du navire dépende des informations de TEPCo pour garantir la sécurité de son équipage.

• Records du jour dans les niveaux de contamination de l’eau souterraine :
-    il y a maintenant 4 100 Bq/L en bêta total dans l’eau du puits 1-17 situé près du rivage (prélèvement du 7 avril 2014).
-    l’eau de mer au niveau de la prise d’eau entre les réacteurs 3 et 4 est maintenant à 430 Bq/L en bêta total (prélèvement du 7 avril 2014).
-    il y a maintenant 13 000 Bq/L en tritium dans l’eau souterraine du puits 1-8 situé près du rivage (prélèvement du 31 mars 2014).

Lundi 7 avril :
• Record de contamination du jour dans l’eau souterraine :
-    Il y a maintenant 54 Bq/l en bêta total dans l’eau du puits E-10 situé près de la cuve qui a fui durant l’été 2013 (prélèvement du 4 avril).

TEPCo a retiré 594 assemblages de la piscine du réacteur n°4, dont 22 neufs.

• Selon deux articles du Maïnichi (ici et ici), 70 personnes âgées se sont fait arnaquer par des escrocs qui leur ont vendu des forêts de Fukushima à 1000 fois leur vraie valeur. Les victimes auraient perdu des sommes allant d’un million de yens (7 200 euros) à 54 millions de yens (386 000 euros).
Des gangs, qui avaient déjà escroqué des gens par le passé, les ont rappelés en leur promettant de les rembourser. Des menaces ont aussi été proférées contre eux et leur famille. Puis, une autre personne leur propose d’investir dans de la forêt à Fukushima afin d’aider à l’effort de reconstruction du pays. Il a aussi promis que le gouvernement rachèterait la parcelle par la suite. Cet argument d’aider la région a fait pencher la balance pour certains.

• Les pêcheurs, qui ont accepté le projet de TEPCo de pomper l’eau souterraine en amont des réacteurs pour la rejeter en mer avant qu’elle ne se contamine plus, ont fait des requêtes au ministre de l’industrie. Ils demandent, entre autres, qu’une tierce expertise soit faite sur l’eau des cuves tampon avant rejet en mer, et que le gouvernement les aide à lutter contre les « rumeurs néfastes ».
Le ministre a répondu qu’il verrait ce qu’il peut faire. La tierce expertise est bien la moindre des choses.

• L’ordre d’évacuer a été levé dans le district de Miyakoji à Tamura. L’école a aussi rouvert. Lors de la cérémonie de rentrée qui a eu lieu ce jour, il n’y avait que 4 nouveaux. Le nombre d’enfants a été divisé par 3.
60% des enfants viendront en bus car leur famille n’est pas rentrée. Ils auront jusqu’à une heure de transport.
Deux magasins ont aussi ouvert dans des bâtiments préfabriqués dans ce district. Ils sont soutenus financièrement par les autorités et tenus par des employés municipaux. Il s’agit de faciliter la vie des habitants qui ont choisi de rentrer et de vendre des produits locaux.

Chikurin-sha, le laboratoire japonais de mesure de la radioactivité, soutenu et équipé par l’ACRO, a mis en ligne une base de données avec tous ses résultats de mesure. C’est ici en japonais.
Il travaille actuellement dans les zones où les autorités ont levé l’ordre d’évacuer ou s’apprête à lever cet ordre.

Dimanche 6 avril :
• Les autorités locales doivent préparer un plan d’évacuation dans un rayon de 30 km autour de chaque centrale nucléaire et, à l’instar de ce qui est exigé aux Etats-Unis, elles doivent aussi évaluer le temps d’évacuation. Selon l’agence Kyodo, cette estimation a pris de retard dans 11 provinces concernées sur 21 : Aomori, Fukui, Fukuoka, Saga, Nagasaki, Kagoshima, Fukushima, Niigata, Shizuoka, Tottori et Shimané.

• Le gouvernement devrait sélectionner deux ou trois universités où il va favoriser le développement de la recherche sur le démantèlement. Un centre de recherche, coordonné par lRID, devrait être installé à Naraha, à proximité de la centrale de Fukushima daï-ichi. Le nombre d’étudiants qui choisissent l’énergie nucléaire est en baisse au Japon.

• Le colloque "Pérégrinations en territoire radiocontaminé", qui s'est tenu à Lyon le 10 janvier 2014, est visible en ligne. Il y a 7 vidéos.

Samedi 5 avril :
• TEPCO peut actuellement stocker jusqu’à 480 000 m3 d’eau contaminée dans ses cuves, qui sont pleines à 90% et elle compter porter cette capacité à 800 000 m3 d’ici mars 2015. Elle installe maintenant des cuves préfabriquées qui arrivent par bateau.

• La chambre basse du parlement japonais a voté en faveur de l’exportation de technologie nucléaire en Turquie et aux Emirats Arabes Unis. Les deux partis au pouvoir, dont le parti bouddhiste, ont voté pour. Le principal parti d’opposition, qui était au pouvoir au moment de la triple catastrophe, a aussi voté pour. Certains de ses élus s’y sont opposés. L’ancien premier ministre, Naoto Kan, qui s’oppose maintenant à l’énergie nucléaire, était opportunément absent.
Le passage devant la chambre haute devrait avoir lieu avant l’été.
Avant 2011, la sûreté du matériel nucléaire exporté devait être garanti par l’autorité de sûreté. La NISA mettait le tampon requis sans rechigner, mais la nouvelle autorité, la NRA, s’y refuse, arguant que ce n’est pas son rôle, étant indépendante.
Il n’est même pas sûr que les réacteurs exportés satisfassent aux nouvelles règles japonaises, prétendument les plus strictes au monde. Le ministère des affaires étrangères veut donc mettre en place un nouveau système de contrôle pour l’exportation.
En Turquie, comme au Japon avant l’accident, l’autorité de sûreté nucléaire n’est pas indépendante.
Comme tous les vendredis, il y a eu des manifestations anti-nucléaire devant le siège du premier ministre et les parlement. La 96ième, qui a eu lieu la veille, a rassemblé environ 350 personnes.

• Les déchets radioactifs issus de la décontamination ne devraient rester que 30 ans maximum dans les deux centres de stockage prévus à cet effet, si l’on en croit les autorités. Après, les déchets seront stockés définitivement en dehors de la province de Fukushima. Interrogés par le Fukushima Minpo, 82,7% des habitants de Fukushima ne croient pas à cette fable. Ils sont 71,5% a penser qu’une loi en ce sens serait nécessaire.

• Selon l’agence de la reconstruction, le terrain a été trouvé pour 3 741 logements pour les évacués de la catastrophe nucléaire. Il reste encore à trouver des terrains pour 1 149 unités. Ce devrait être fait d’ici septembre prochain. Le but est d’avoir tout construit d’ici septembre 2016.

Vendredi 4 avril :
• TEPCo communique sur sa nouvelle entreprise dénommée Fukushima Daiichi D&D Engineering Company. D&D signifie Decommissioning et Decontamination, c’est à dire, Démantèlement et Décontamination.
Présentation de la compagnie en anglais et de sa structure. Communiqué de presse.

• Records du jour dans la contamination de l’eau souterraine :
-    près du rivage, dans le puits 2-8 : 1 400 Bq/L en tritium (prélèvement du 30 mars) ;
-    dans le puits 3-4, c’est la contamination en césium 137 de l’eau qui a atteint sa valeur la plus élevée en ce lieu avec 5,4 Bq/L (prélèvement du 2 avril).

• Réacteur n°3 : TEPCo a fini de démantelé la partie supérieure du bâtiment réacteur, a commencé à retirer une partie des débris de la piscine et va couvrir le haut du bâtiment pour réduire le débit de dose. Une structure analogue à celle construite sur le réacteur n°4 va être mise en place. Elle devra aussi réduire le débit de dose autour du réacteur.
Documents en japonais sur le retrait des débris et sur la protection de la partie haute.

• TEPCO a mis en ligne une vidéo en anglais de présentation de son projet de détournement de l’eau souterraine dans le but de réduire les infiltrations dans les sous-sols où elle se contamine. Cela devrait commencer en mai. Cette vidéo n'est pas sur sa page en japonais.
Basée sur une maquette qui ressemble à du sucre, tout est blanc, propre, net. Le commentateur a quelques raccourcis qui tentent de dédouaner TEPCo :
-    il dit que la centrale est au pied de la colline, sur le trajet de l’eau souterraine, mais ne dit pas que TEPCo a rasé la falaise pour y placer les réacteurs à cet endroit ;
-    quand la compagnie explique qu’elle espère ainsi réduire les infiltrations dans les sous-sols, elle retire des cuves pleines d’eau contaminées de l’image. Mais l’eau souterraine continuera à s’infiltrer et TEPCO continuera à construire des cuves de stockage, à un rythme moins soutenu.
-    le mur face à la mer n’arrêtera pas l’eau car on n’arrête pas un écoulement. Il va juste faire que l’eau choisira d’autres chemins pour finir dans l’océan.
Le commentateur dit que l’eau en amont n’est pas contaminée, mais qu’elle va être contrôlée. Il mentionne qu’elle pourrait transporter de la contamination collectée en surface. Dans les faits, cette eau souterraine pompée en amont est contaminée en tritium, jusqu'à 1 200 Bq/L ! Il suffit de regarder les résultats de mesure des derniers prélèvements.
Le tritium vient des cuves, pas de la pollution des sols. Quant aux contrôles en bêta total, ils indiquent tous « ND », qui signifie non-détecté, mais la limite de détection choisie est très élevée : 16 Bq/L. Pour les rejets d’eau de pluie contaminée, TEPCo s’est fixé une limite de 10 Bq/L en strontium à ne pas dépasser. Pourquoi ce ne serait pas la même chose pour l’eau souterraine ?
TEPCO s’engage à publier ses résultats de mesure dans les cuves tampon avant rejet en mer, mais ne parle toujours pas d’analyse faite par des tiers pour contrôler son travail. Elle s’est pourtant déjà trompée plusieurs fois dans ses mesures.
Certains articles de presse mentionnent que les contrôles seront faits le premier mois et qu'il y aura un laboratoire tiers. Et après un mois ?

Jeudi 3 avril :
• Comme annoncé, la ville de Hakodaté à Hokkaïdô a entamé une action en justice pour arrêter les travaux de construction du réacteur nucléaire d’Ôma (Aomori).
Il s’agit d’un réacteur de type nouveau qui doit fonctionner entièrement au combustible MOx.

• Le Japon a levé l’alerte au tsunami suite au séisme chilien. La vague la plus haute a fait 60 cm à Iwaté. L’industrie nucléaire a beaucoup communiqué pour mettre en avant les précautions prises.
Voir, par exemple, le communiqué de TEPCo qui a suspendu les prélèvements le long du rivage.
Seuls deux petits records de contamination ont donc été battus :
-    près des cuves, en amont des réacteurs, dans le puits F1, il y a maintenant 25 Bq/L en bêta total (prélèvement du 1er avril 2014). Ce puits est en amont de la cuve qui a fui.
-    près du rivage, dans le puits 3-5, il y a maintenant 300 Bq/L en bêta total (prélèvement du 2 avril 2014).

• L’union européenne a assoupli ses contrôles des aliments importés du Japon suite à l’évolution de la situation sur place.
Voir les nouvelles règles en français.

Mercredi 2 avril :
• Cela a déjà été dit et répété sur cette page, au moins un tiers du parc nucléaire japonais ne redémarrera jamais. Deux PDG de compagnie d’électricité ont même avoué que l’arrêt définitif de certains réacteurs âgés était une option. L’agence de presse Reuters a aussi fait un décompte et est arrivé au même résultat : elle estime que seulement un tiers du parc nucléaire japonais pourra redémarrer, au grand maximum les deux tiers.
14 pourraient redémarrer, selon Reuters, même si cela prendra du temps. Pour 17 autres, c’est moins certain. Enfin, pour les 17 derniers, c’est quasiment sans espoir. L’agence a, pour cela, interrogé une douzaine d’experts et les compagnies d’électricité.
17 demandes de redémarrage ont été déposées.

• On s’en souvient, la station de traitement des eaux usées, ALPS, est tombée en panne et de l’eau supposée décontaminée, qui ne l’était pas, a potentiellement contaminé 21 cuves toutes neuves. TEPCo admet la contamination de 9 d’entre-elles. Ces cuves ont été vidées et des ouvriers les nettoient à la main.

• Suite au séisme au large du Chili, TEPCo a suspendu les opérations près du rivage. L’Agence météo a annoncé qu’un tsunami d’un mètre pouvait toucher le Japon.

• Kyûshû Electric Power a, à son tour, demandé une aide financière publique. La compagnie espère que la Banque du développement du Japon achète pour 100 milliards de yens (700 millions d'euros) d'actions préférentielles.

• Le Comité scientifique des Nations Unies sur les effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR) a rendu public son rapport de 321 pages sur les conséquences sanitaires de l’exposition à la radioactivité à Fukushima. Pas encore lu.
Page 108, le rapport explique avoir utilisé nos résultats de mesure au Japon. Page 111, Greenpeace est aussi mentionnée pour les contrôles sur le milieu marin, sachant que c’est l’ACRO qui a fait les mesures.
Le communiqué de presse est ici en anglais.

Mardi 1er avril 2014 :
• Le ministre de l’environnement a annoncé que les travaux de décontamination sont terminés à Ôkuma, Naraha et Kawauchi.

• La compagnie Hokkaïdô Electric Power Co a demandé une injection de capitaux de 50 milliards de yens (351 millions d'euros), à la Banque du développement du Japon, contrôlée par l’Etat.
La banque pourrait acheter des parts spéciales qui ne lui donne pas de droit de vote mais donne la priorité en cas de dividendes. Outre TEPCO, c’est la première compagnie d’électricité japonaise à demander de l’aide.

• Records du jour dans l’eau souterraine :
-    près des cuves, en amont des réacteurs, il y a maintenant 5 500 Bq/L en tritium dans le puits E3 (prélèvement du 30 mars).
-    entre les réacteurs et la mer, dans le puits 1-14, il y a maintenant 1 800 Bq/L en bêta total (prélèvement du 31 mars).
Ces records battus jours après jours montrent bien que la contamination souterraine s’aggrave.
En revanche, du côté des cuves de la zone G, où il y a eu un débordement, la situation s’améliore. Il n’y a « plus » que 53 Bq/L en bêta total et 250 Bq/l en tritium dans le puits G2 (prélèvement du 30 mars).

• Le 1er avril correspond au premier jour de l’année fiscale et administrative au Japon. TEPCo a un nouveau président et est maintenant séparée en deux entités : une dédiée à la production, transport et vente d’électricité, l’autre au démantèlement et à la décontamination.
En ce qui concerne l’électricité, les compagnies japonaises bénéficiaient d’un monopole régional qui leur assuraient une rente confortable et leur permettait d’arroser financièrement toute leur région pour continuer à bénéficier de cette position confortable. L’ouverture du marché interne va changer la donne dans un contexte difficile avec l’arrêt complet du parc nucléaire. TEPCo doit donc changer sa culture d’entreprise et va se développer à l’international.
En ce qui concerne la partie démantèlement, elle va être associée avec les grandes industries nucléaires japonaises (Hitachi, Toshiba et Mitsubishi) dans le but d’être, à terme, les mieux placés dans l’immense marché mondial du démantèlement nucléaire qui s’ouvre.
Telle est la mission du nouveau président présentée dans un communiqué de presse.

• Comme toutes les fins de mois, TEPCo a mis en ligne les dernières statistiques sur les doses enregistrées des 32 546 travailleurs qui sont passés sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi avant le 28 février 2014, dont 28 426 sous-traitants. En février 2014, il y a eu 530 nouvelles personnes, dont 512 sous-traitants, sur les 5 504 travailleurs qui y sont passés.
Il y a 636 travailleurs spéciaux qui ont une limite de dose plus élevée.

• TEPCo a apporté une station de décontamination mobile en vue de décontaminer l’eau de la piscine du réacteur n°3. Des photos et explications en japonais uniquement.

Dernier bilan de la pollution marine par la NRA.

Lundi 31 mars :
• Comme déjà annoncé, l’ordre d’évacuer le district de Miyakoji à Tamura va être levé le 1er avril 2014. Les habitants peuvent déjà dormir chez eux. En revanche, c’est le début du compte à rebours pour les indemnisations qui se tariront dans un an.
Il y a 357 personnes enregistrées dans ce district. 44% veulent rentrer définitivement, selon les statistiques officielles, mais pas forcément dans l’immédiat.

• Presque à chaque jour ses records de pollution dans les nappes phréatiques :
-    près des cuves, en amont des réacteurs, dans le puits E3, il y a maintenant 5 200 Bq/L en tritium (prélèvement du 29 mars) ;
-    près du rivage, dans le puits 2-7, il y a maintenant 640 Bq/L en bêta total (prélèvement du 28 mars) ;
-    au pied du réacteur n°1, dans le puits 1-6, il y a 770 000 Bq/L en bêta total (prélèvement du 27 mars).

• TEPCo a mis en ligne, en japonais uniquement, plus d’explications et de photos sur les circonstances du décès survenu vendredi 28 mars dernier.

Plan de transfert de déchets radioactifs de TEPCo pour l'année fiscale qui commence le 1er avril.

Dimanche 30 mars :
• TEPCo et le gouvernement ont réussi à convaincre les pêcheurs d’accepter le rejet en mer de l’eau souterraine pompée en amont des réacteurs de la centrale de Fukushima daï-ichi. Cela devrait permettre de réduire les infiltrations dans les sous-sols des réacteurs et donc la quantité d’eau qui s’accumule jours après jours.
Les rejets en mer devraient débuter en mai prochain, après la pêche des lançons juvéniles qui a lieu en avril.

• ALPS, la station expérimentale de traitement de l’eau contaminée, a, de nouveau, été complètement arrêtée suite à la panne sur une pompe. Les arrêts et redémarrages s’enchaînent depuis le 18 mars. Une seule des trois chaînes ne fonctionnait. Elle a pu être redémarrée, une fois la pompe réparée.

• TEPCO a repris les opérations dans la piscine du réacteur n°4.

• En 2007, le maire de Toyo (Kôchi, sur l’île de Shikoku) s’était porté volontaire pour accueillir un centre de stockage de déchets radioactifs. Il voulait ainsi améliorer les finances de sa commune. La population n’a pas accepté et il a perdu son poste. En 2012, le nouveau maire a décidé de construire une centrale solaire de 45 000 m2 sur le terrain prévu à cet effet. Cette centrale vient juste d’être reliée au réseau.

Samedi 29 mars :
• Retour sur le décès d’un ouvrier la veille. Son transport à l’hôpital, situé à 40 km, a été fait par ambulance. Il a fallu plus d'une heure de route pour atteindre l'établissement où le décès a été confirmé. Il s'était alors écoulé plus de trois heures depuis l'accident.
Des ouvriers réclament un hélicoptère médicalisé.

• Les partis au pouvoir n’ont pas réussi à s’entendre sur la politique énergétique du pays. Le plan gouvernemental propose des orientations sans se fixer aucun objectif. Des termes comme « favoriser les énergies renouvelables » sonnent donc creux. Le nouveau Kômeitô, le parti bouddhiste, membre de la coalition, réclame des objectifs chiffrés. Il veut un minimum de 20% d’électricité renouvelable à partir de 2030. C’est 10% actuellement, essentiellement de l’hydraulique. Le Parti Libéral Démocratique, le principal parti au pouvoir, est en phase avec cette demande. Mais, pour le moment, les ministres de l’environnement et de l’industrie ne tiennent pas le même discours. Et c’est rarement l’environnement qui gagne…

• 83 323 personnes, soit 14% des électeurs, avaient demandé à l’assemblée régionale de Shimané de s’opposer au nucléaire, mais les élus ont rejeté la demande sous le prétexte qu’il ne leur appartenait pas de fixer la politique énergétique. C’est au gouvernement de le faire.
La centrale de Shimané est située à Matsué, la capitale régionale. En cas d’accident, les perturbations sociétales et économiques seront donc plus fortes qu’à Fukushima.

• Le PDG de Shikoku Electric a aussi laissé entendre qu’il envisageait d’arrêter définitivement le réacteur n°1 de sa centrale d’Ikata (Ehimé) qui a 37 ans.

Vendredi 28 mars :
• Un travailleur a été enseveli sous des gravats et de la terre lors de travaux d'excavation près d'une zone destinée à l'entreposage de déchets radioactifs de la centrale de Fukushima daï-ichi. Il a été transporté à l'hôpital où son décès a été confirmé. Il était à l'intérieur d'un trou de 2 m de profondeur au moment de l’effondrement et a été enseveli.
Il s’agissait d’un sous-traitant. Une enquête de police a été ouverte.
Voir le communiqué de TEPCo. Des photos du trou sont en ligne avec des explications en anglais.

• L’arrêt du pont roulant qui permet de retirer les combustibles de la piscine du réacteur n°4 serait dû à une erreur humaine, selon TEPCo. Un travailleur a actionné le pont alors que le frein de sécurité était mis. Il n’a donc pas bougé. Après s’être aperçu de l’erreur, il a débloqué le frein, mais une alarme avait tout bloqué pour protéger le moteur. Les opérations devraient pouvoir reprendre rapidement.

• La compagnie d’électricité du Tôhoku, basée à Sendaï (Miyagi), va réclamer une indemnisation à TEPCo. La facture s’élève à 170 millions de yens (1,2 million d’euros) et prend en compte le déplacement des installations de la compagnie en dehors de la zone d’évacuation et du matériel de protection contre la radioactivité.
Une autre demande devrait suivre pour compenser la perte de clients et les pertes financières.
Tôhoku Electric avait aussi un projet de centrale nucléaire à Namié qui est maintenant en zone évacuée. Ce projet est abandonné, mais la compagnie de réclamera pas de compensation pour les 18 milliards de yens (130 millions d’euros) déjà investis car c’est juridiquement difficile. Elle n’avait pas fini d’acheter les terrains et la population pourrait être choquée.
Le PDG de Tôhoku Electric a dit avoir attendu que les particuliers soient indemnisés pour faire sa requête.
Les centrales nucléaire de Fukushima, propriété de TEPCo, fournissaient Tôkyô. Les habitants de Fukushima sont fournis par Tôhoku Electric.

• C’est un secret de Polichinelle, une partie du parc nucléaire japonais ne redémarrera jamais, mais aucune compagnie d’électricité ne l’a avoué jusqu’à maintenant. Le PDG de Chugoku Electric Power Co a dit, pour la première fois, que l’arrêt définitif du réacteur n°1 de la centrale de Shimané, qui a 40 ans, était une option. L’investissement pour le remettre aux nouvelles normes de sûreté est probablement trop élevé.
Il s’agit d’un réacteur de 460 MWé qui aura exactement 40 ans le 29 mars 2014 et est arrêté depuis mars 2010 après qu’il a été découvert que plusieurs pièces n’avaient pas été suffisamment contrôlées.
Le maire de Matsué, qui héberge la centrale, est en faveur de l’arrêt définitif. Il y a un deuxième réacteur de 820 MWé. Un troisième, dont la construction a débuté en 2007, était prévu, mais les travaux sont toujours arrêtés, alors qu’ils étaient avancés à 94%.
Cette compagnie, comme de nombreuses autres, envisagent maintenant de construire des centrales thermiques et c’est le charbon qui a leur faveur, en raison de son coût.
Une liste des nouveaux projets est donnée par Reuters.

Jeudi 27 mars :
• Il y avait 54 réacteurs nucléaires commerciaux au Japon au début de 2011. Quatre ont été détruits à Fukushima et deux autres arrêtés définitivement. Le chiffre officiel est donc passé à 48.
Suite à la mise en place de nouvelles règles de sûreté, le 8 juillet 2013, aucun réacteur n’est autorisé à fonctionner. Depuis, des dossiers de demande d’autorisation de redémarrage n’ont été déposés que pour 17 réacteurs. Mais comme l’instruction des dossiers prend du temps et qu’aucun réacteur ne fonctionne, la NRA a proposé de sélectionner dix réacteurs à inspecter en priorité. Les unités 1 et 2 de la centrale de Sendaï à Kagoshima, sur l’île de Kyûshû, ont été récemment classées comme prioritaires. Et cela risque d’être tout avant l’été 2014… Quelle performance ! 2 réacteurs sur 54 potentiellement aptes.
Les autres compagnies n’ont pas soumis leur étude sur les mouvements potentiels du sol avant la date limite du 26 mars ou elles ont été jugées insuffisantes, comme à Ikata et Genkai. Ces données servent à l’évaluation de la résistance aux séismes des installations. 

• Une des trois lignes de traitement d'ALPS, la station supposée résoudre les problèmes d'eau contaminée, a de nouveau été arrêtée alors qu'elle venait à peine d'être remise en route. Il n'y a plus qu'une ligne en cours de test.

• Les jours se suivent et se ressemblent en ce qui concerne la contamination des nappes phréatiques : encore des records de contamination battus dans certains puits.
Toujours 7 000 Bq/L en tritium dans le puits G2 situé près de la cuve qui a débordé récemment (prélèvement du 25 mars 2014). Dans les puits de pompage situés en amont des réacteurs, record aussi pour les n°5 et 6 avec, respectivement, 48 et 210 Bq/L en tritium (prélèvement du 25 mars 2014). Au pied des réacteurs, c’est la contamination bêta totale des puits 2-2 et 2-7 qui arrive à 570 et 620 Bq/L respectivement (prélèvement du 26 mars 2014).
C’était notre rubrique « la situation est sous contrôle ».

• Le gouvernement a remis au gouverneur de Fukushima et aux maires de 8 communes son plan relatif à la création de deux centres d‘entreposage de déchets radioactifs issus de la décontamination.

Mercredi 26 mars :
• La commune de Hakodaté sur l’île de Hokkaïdô a confirmé qu’elle allait porter plainte contre la reprise de la construction de la centrale nucléaire d’Ôma dans la province voisine d’Aomori. Le conseil municipal a donné son accord à l’unanimité. La commune est à 23 km de la centrale et craint les conséquences d’un accident.
Les travaux de construction avaient été arrêtés en 2011 pour reprendre en 2012. L’exploitant espère déposer le dossier de demande d’autorisation de démarrer cet automne pour ce réacteur à eau bouillante prévu pour utiliser du MOx.

• TEPCO a suspendu la reprise des combustibles usés de la piscine de son réacteur n°4 suite à un problème sur le pont roulant qui permet de soulever les assemblages. Une alarme a sonné à 9h30 et a tout stoppé. Il n’y a pas d’assemblage de suspendu.
528 assemblages sur 1 553 ont été retirés. 22 autres sont dans le container de transport.

• Selon le ministère de la santé, TEPCO a sous-estimé la contamination interne de 142 personnes en 2011. L’augmentation moyenne de la dose reçue est de 5,86 millisieverts. Une personne est passée de 90,27 à 180,10 millisieverts, ce qui représente une hausse de 89,83 millisieverts. En dépassant la limite de 100 mSv à ne pas dépasser sur 5 ans, cette personne aurait dû arrêter ses activités à la centrale. Cela n’a pas été le cas. Deux autres dépassent la limite annuelle de 50 mSv.
Sur ces 142 personnes, il y a 24 employés de TEPCo. Les 118 autres sont des sous-traitants employés par 18 compagnies différentes.
Le gouvernement a vérifié l’exposition de 1 536 personnes sur les 7 529 qui sont intervenues en mars – avril 2011. Cela fait plus d’une personne sur 9 pour qui il y a eu sous-estimation ! Et si l’on se souvient que les travailleurs n’avaient pas dosimètre individuel dans les premières semaines, la ré-estimation est peut-être encore minorante. Le ministère critique la méthode d’évaluation des doses faite par TEPCo et demande à la compagnie de suivre les règles établies. Elle a, notamment, sous-estimé l’exposition de ceux qui ont pris des tablettes d’iode pour protéger leur thyroïde.
En juillet dernier, le ministère de la santé avait déjà trouvé que les doses reçues par 642 personnes sur 1 300 avaient été sous-estimées.

• Il y a environ 5 000 vannes sur toute la tuyauterie mise en place par TEPCo depuis le début de l’accident. Les bonnes pratiques veulent que l’on mette une étiquette informative sur chacune d’entre elles pour éviter les erreurs, comme il y a déjà eu. C’est ce qui est fait dans les centrales nucléaires. TEPCo avait négligé cet aspect et n’a commencé à étiqueter les vannes qu’à partir du 21 octobre 2013. Il y a actuellement environ 3 500 étiquettes. Il en reste donc 1 500 à mettre. Cela ne devrait pas être fait avant le 27 juin 2014.
En fait, TEPCo ne sait déjà plus à quoi servent certaines vannes et doit vérifier avant de les étiqueter.
Le débordement de la cuve du mois dernier était dû à des vannes laissées en position ouverte alors qu’elles auraient dû être fermées.

• Le New-York Times avait consacré une enquête aux conditions de travail déplorables à la centrale de Fukushima daï-ichi. Cela n’a pas plu à TEPCo qui a envoyé un droit de réponse : que du blabla lénifiant qui ne répond pas aux problèmes et cas très précis soulevés.

• La contamination en tritium de l’eau souterraine à proximité de la cuve qui a débordé récemment continue d’augmenter de jour en jour. On est à 7 000 Bq/L dans le puits G2 (prélèvement du 24 mars).
Près du rivage, c'est la contamination bêta totale du puits 1-17 qui vient battre son propre record avec 3 500 Bq/L (prélèvement du 24 mars).
Entre le rivage et la barrière mise en place dans le port, c'est la contamination en césium qui a battu son propre record : 31,6 Bq/L (prélèvement du 24 mars).

Mardi 25 mars :
• Le Maïnichi révèle que le gouvernement a retenu des données sur la contamination de villages où une levée de l’ordre d’évacuer est prévue à court terme parce que les résultats étaient trop élevés et auraient pu « effrayer » les habitants.
Selon les documents obtenus par le quotidien, la Japan Atomic Energy Agency (JAEA, le CEA japonais) et le National Institute of Radiological Sciences (NIRS) ont déposé des dosimètres dans le district de Miyakoji à Tamura, dans les villages de Kawauchi et Iitaté et les ont laissés plusieurs jours. Ils étaient mis dans les classes et les cours d’école, dans des maisons et d’autres bâtiments… et même dans les champs et la forêt. Le but était d’évaluer la dose des habitants qui pourraient retourner, en se basant sur le fait qu’ils passeront 8 heures par jour à l’extérieur et 16 heures à l’intérieur.
Les données récoltées ont été transmises au cabinet gouvernemental qui les a comparées à celles obtenues par les dosimètres individuels qui gens qui vont et viennent. Les nouveaux résultats étaient beaucoup plus élevés que les anciens. Ils n’ont pas été publiés car le but était de montrer combien les risques étaient faibles… C’est à Kawauchi que l’écart était le plus élevé. Là où le gouvernement espérait des doses de 1 à 2 mSv/an (l’article écrit par jour, mais ce doit être une erreur car ce serait beaucoup trop élevé pour faire retourner les habitants), elles étaient de 2 à 6,6 mSv/an.
Le gouvernement a donc demandé aux experts de refaire leur calculs avec un mode de vie moins pénalisant : 6 heures par jour à l’extérieur pour un agriculteur. Les nouveaux résultats ont été remis récemment aux autorités qui s’apprêtent à les publier.
Voici quelques données de débit de dose dans la zone des 20 km, sans carte.

• En mai 2013, afin de favoriser le retour des évacués à Fukushima, le gouvernement a mis en place un guichet spécifique dans 7 bureaux d’agences pour l’emploi situés dans 5 provinces. En janvier 2014, cela avait entraîné le retour de… 18 personnes.

• TEPCO est en train de créer une filiale spécialisée dans le démantèlement et la décontamination. Elle devrait être mise en place le 1er avril prochain, qui correspond au début de l’année administrative et fiscale au Japon. Des représentants des trois grandes compagnies industrielles japonaises impliquées dans le nucléaire, Hitachi-GE Nuclear Energy, Toshiba et Mitsubishi Heavy Industries, siègeront dans la nouvelle branche et conseilleront le PDG.
Voir son communiqué de presse.

• TEPCo a re-redémarré les lignes A et C de sa station ALPS.

• La contamination en tritium du puits G2 situé à proximité de la cuve qui a récemment débordé continue à augmenter : il y a maintenant 6 300 Bq/L (prélèvement du 23 mars 2014).

• TEPCo a mis en ligne quelques résultats de mesure sur la contamination des sols. Elle indique le nom du labo qui a fait la mesure. Les mesures datent de 2013. Mieux vaut tard que jamais... Cela monte jusqu'à 263 000 Bq/kg de sol sec pour le césium.

• TEPCo a mis en ligne, comme tous les mois, des données sur la contamination des poissons pêchés dans un rayon de 20 km au large de la centrale de Fukushima daï-ichi.
Les poissons de fond sont les plus contaminés et dépassent parfois les 100 Bq/kg, limite à ne pas dépasser pour la commercialisation.
Les poissons pêchés dans le port devant la centrale sont, quant à eux, beaucoup plus contaminés : une sole atteint 142 000 Bq/kg.

• Jean-Claude Zerbib fait le point sur le retrait des combustibles de la piscine du réacteur n°4 dans une note à télécharger.

• Timothy Mousseau et Anders Pape Møller, spécialistes de l’impact de la radioactivité sur les écosystèmes, ont étudié la décomposition de la litière des sols forestiers en Ukraine. Il s’agit là d’une étape importante pour la vie des forêts : la vie des plantes, et donc des herbivores, en dépend.
D’après ces auteurs, on savait déjà que la contamination radioactive réduit la diversité et l’abondance des invertébrés du sol jusqu’à un facteur 30 au-delà des 3 km de la centrale de Tchernobyl, ce qui contribue à la réduction de la population des oiseaux qui se s’en nourrissent.
Dans cette nouvelle étude, ils ont déposé des feuilles de végétaux non contaminés sur des sols forestiers autour de Tchernobyl. Ils ont aussi déposé ces matériaux dans 155 sacs en nylon avec une petite maille pour empêcher les invertébrés les plus gros d’y pénétrer. Ils ont aussi mis sur les mêmes sites 400 sacs avec une maille plus large afin de les laisser pénétrer. Ils voulaient ainsi comparer la décomposition due aux microorganismes seuls et celle due aux microorganismes et invertébrés. La litière et les sacs ont été déposés sur un même site en septembre 2007, en des lieux avec différents niveaux de rayonnement ambiant. Ils y sont restés 9 mois, jusqu’en juin 2008.
L’épaisseur de la litière déposée sur le sol a été remesurée en mai 2013.
Ils ont trouvé une baisse de la perte de masse de la litière dans les lieux où le rayonnement ambiant est le plus important, sans effet de seuil. Il n’y avait pas de différence significative entre les sacs à petites mailles et ceux à grosses mailles. La litière était plus épaisse dans les lieux où la décomposition des feuilles dans les sacs était la plus faible, comme attendu.
La contamination radioactive induit donc une diminution de la décomposition des végétaux et a donc des conséquences sur toute la vie des forêts. La différence du taux de décomposition a atteint 40% entre les sites les plus contaminés et les moins contaminés. Le débit de dose y était 2 600 plus élevé.
Le fait que la litière se décompose moins vite augmente le risque incendie.
Article en accès payant.

Lundi 24 mars :
TEPCo a reçu 65,7 milliards de yens (470 millions d'euros) d'aide. Il s'agit du 26ième versement.

• Un groupe de résidents et d’experts a rédigé un plan de reconstruction pour la ville de Tomioka et ses 14 000 réfugiés. La gare de Tomioka devrait devenir le centre du nouveau bourg car les niveaux de contamination y sont relativement bas. Mais c’est aussi une zone proche de la mer, détruite par le tsunami. Il faut y reconstruire des logements, commerces, services…
Le groupe demande aussi l’organisation d’événements pour maintenir le lien social entre les habitants dispersés dans tout le Japon. Car les travaux de reconstruction n’avancent pas vite.
Le maire a expliqué qu’il faisait tout son possible pour améliorer la situation et qu’il allait revoir le plan de reconstruction de la ville.

• TEPCo a remis en route les unités A et C de sa station de traitement ALPS après 6 jours d’arrêt. L’unité B reste arrêtée. Mais elle dû les arrêter à nouveau, après 6 heures de fonctionnement… Il y avait une fuite. Un demi-litre aurait fui.

• Il y a 120 Bq/l en bêta total dans l’eau souterraine d’un puits situé à proximité de la cuve où il y a récemment eu un débordement de 100 m3 d’eau contaminée. La contamination en tritium y est de 140 Bq/L. (Prélèvement du 19 mars 2014). Ces valeurs sont passées, respectivement à 240 et 150 le lendemain. Dans le prélèvement du 22 mars, le tritium monte à 4 600 Bq/L.

• La coopérative de pêche de Sôma-Futaba a donné son accord à ce que de l’eau souterraine, pompée en amont des réacteurs, soit rejetée en mer. Celle d’Iwaki devrait suivre.
TEPCo a rasé la falaise pour mettre les réacteurs au niveau de la mer lors de l’installation de la centrale. Les sous-sols des réacteurs se sont retrouvés sur le passage de l’eau souterraine. Avant la catastrophe, la compagnie devait pomper 1 000 m3 par jour pour rabattre la nappe et éviter les infiltrations. Cela s’est arrêté avec la catastrophe et 400 m3 d’eau souterraine pénètrent quotidiennement dans les sous-sols où elle se mélange à l’eau de refroidissement, fortement contaminée. Ces 400 m3 s’ajoutent, jour après jour, au stock d’eau contaminée.
TEPCo veut à nouveau pomper cette eau en amont et espère réduire ainsi les infiltrations et l’eau contaminée qui s’accumule de 100 m3 par jour. L’eau devrait être mise dans une cuve tampon pour être contrôlée avant d’être rejetée. La limite est de 1 Bq/L pour le césium et 1 500 Bq/L pour le tritium. Pour le moment, il y a jusqu’à 1 200 Bq/L en tritium dans ces puits de pompage. Cela risque d’augmenter. Comment fera TEPCo. Diluer ?
L’eau en amont est maintenant contaminée. Les pêcheurs s’étaient donc opposés à son rejet en mer. TEPCo ne leur avait pas dit qu’il y avait des fuites bien plus graves et que cela devrait réduire les rejets en mer, pas les augmenter… Un an a été perdu bêtement à cause des mensonges de la compagnie.
Les pêcheurs ont assorti leur accord de 9 conditions, parmi lesquelles, une information aux consommateurs et un soutien financier renouvelé.
L'eau en amont des réacteurs est polluée au tritium à cause des cuves qui en laisse s'échapper une partie via la vapeur d'eau, indépendamment des fuites qu'il y a eu. Dans le puits E3, situé près des cuves, un nouveau record vient d’être battu, avec 4 500 Bq/L (prélèvement du 19 mars 2014). C’est 4 700 Bq/l le lendemain. Pour redescendre à 2 500 Bq/l le surlendemain.
Il y a eu entre 42 000 Bq/L et 58 000 Bq/L dans le puits E1 aux mêmes dates.
En aval des réacteurs, la contamination de l'eau souterraine ne s'améliore pas : des records viennent d'être battus pour les puits 1-14 et 1-17, avec respectivement 1 100 et 2 900 Bq/l en bêta total (prélèvement du 20 mars 2014). Il y a 1,3 million de becquerels par litre dans le 1-16.

Dimanche 23 mars :
• Environ 270 à 330 habitants de Kawauchi, selon les sources, seront autorisés à passer la nuit chez eux à partir du 26 avril, jour anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, pour une durée de 3 mois. Les travaux de décontamination sont terminés. Le gouvernement veut donc lever l’ordre d’évacuer et entend ainsi permettre aux habitants de préparer leur retour.
40% du village avait dû fuir en 2011. Les habitants, comme ailleurs, sont réservés. Il reste des points chauds et la vie sur place sera difficile si les villages voisins avec des commerces restent évacués.

• Le Tôkyô Shimbun dresse le bilan des lieux d'évacuation des habitants de Fukushima. C'est en japonais.

Vendredi 21 mars :
• Les habitants de Futaba sont restés longtemps dans un lycée désaffecté de la province de Saïtama, en banlieue de Tôkyô. Il y a eu jusqu’à 1 423 personnes sur place. Il n’y a plus personne. 250 volontaires sont allés le nettoyer aujourd’hui, jour férié au Japon.

Editorial cinglant du New-York Times qui parle de démantèlement-décontamination honteux à Fukushima. Il critique les conditions de travail et les faibles revenus des travailleurs peu qualifiés qui conduisent à une série de dysfonctionnements suite à des erreurs humaines. Il critique aussi les nombreuses couches de sous-traitance.
Le fonctionnement actuel est intenable. Le quotidien appelle le gouvernement japonais, qui a promu et fait développer l’énergie nucléaire, à prendre ses responsabilités en prenant le contrôle des opérations.
Est-ce que ce sera vraiment mieux ? Le gouvernement a pris en charge le chantier de la décontamination des territoires évacués et ce n’est guère mieux…

Jeudi 20 mars :
• De nombreux Japonais réclament une deuxième décontamination dans les lieux où le débit de dose reste élevé. Le ministère de l’environnement a annoncé qu’il allait décider au cas par cas, sans donner de critère spécifique.

• Le problème de la station de traitement de l’eau contaminée ALPS semble sérieux. Elle est arrêtée pour un temps indéfini…
La voie B a dysfonctionné, réduisant à peine la contamination de l’eau. 900 tonnes d’eau  supposée « décontaminée », mais encore très radioactive, sont allées dans 21 cuves réservées à l’eau peu contaminée. Cela a recontaminé les 15 000 tonnes d’eau qui y était stockée, ainsi qu’un kilomètre de tuyaux. Un mois de travail de perdu…
TEPCo est en train d’estimer l’ampleur des dégâts. Personne ne s’est rendu compte de rien, une fois de plus. TEPCo n’avait pas pensé que cela puisse arriver. Heureusement que l’eau traitée ne va pas directement dans la mer !
Il y a 340 000 tonnes d’eau contaminée dans des cuves qui est en attente de traitement par ALPS… Plus tout ce qu’il y a dans les sous-sols.
La NRA a demandé à TEPCo de mettre la priorité sur la sûreté à Fukushima daï-ichi car ce problème aurait pu être évité. Elle doit être moins avare pour ce qui concerne la sûreté. Ce n’est pas la première fois. Tant que cela restera des vœux pieux, TEPCo continuera à favoriser le redémarrage hypothétique de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa qui peut lui rapporter de l’argent. Ce démarrage devrait être conditionné par la sûreté à Fukushima daï-ichi.

• La contamination des nappes phréatiques en aval des cuves, mais en amont des réacteurs s’étend. La concentration en tritium dans le puits E3 vient de battre son propre record avec 4 300 Bq/L (prélèvement du 18 mars 2014).
Il en est de même pour l’eau souterraine dans les stations de pompage en amont des réacteurs : il y a 44 Bq/L dans la pompe n°5, la plus éloignée, qui est son nouveau record (prélèvement du 18 mars 2014).

Mercredi 19 mars :
• TEPCo a mis en ligne, sur le site du ministère des affaires étrangères, une présentation en anglais à propos des derniers problèmes rencontrés avec l'eau, à savoir, le débordement d'une cuve pleine suite à une accumulation d'erreurs, et les erreurs de mesure de la contamination en cas de forte pollution.

• L'Agence des pêches a mis en ligne une présentation en anglais résumant les derniers résultats de mesure et sa politique. Il apparaît clairement que les poissons du fond qui se nourrissent de la faune benthique qui vit dans les sédiments sont les plus contaminés.

• Le correspondant du Maïnichi à Kôriyama a assisté aux réunions publiques avec les habitants du district de Miyakoji à Tamura, où l’ordre d’évacuation sera levé à partir du 1er avril prochain. Il a le sentiment que les autorités ont manipulé les habitants. Il explique pourquoi et donne des conseils aux habitants des autres zones où l’ordre d’évacuer devrait être prochainement levé, comme à Kawauchi ou Naraha.
Il note que certains habitants sont très contents de la décision, mais que beaucoup ne sont pas satisfaits. Il a mené une enquête auprès des habitants de Miyakoji et a reçu 73% de réponses. 47% des personnes qui ont répondu ont dit souhaiter une levée de l’ordre d’évacuer après 2015 et 39% préfèrent dès ce printemps.
Lors de la réunion du 23 février avec les 117 foyers de Miyakoji, des habitants se sont opposés à la décision du gouvernement pour diverses raisons : décontamination insuffisante, risques de recontamination, absence d’accès au centre du bourg où il y avait les commerces, médecins, fin de l’indemnisation… Mais à la fin de la réunion, aucune de ces craintes n’a été prise en compte et les autorités ont confirmé leur décision de lever l’ordre d’évacuer au 1er avril 2014.
En juin 2013, à la fin des travaux des décontamination, qui n’a eu lieu qu’à proximité immédiate des habitations, les autorités ont autorisé les habitants à rentrer chez eux et même y passer la nuit. Cette largesse, initialement prévue pour l’été, a été prolongée sans consultation jusqu’en octobre 2013. Le gouvernement voulait lever l’ordre d’évacuer dans la foulée, à partir de novembre 2013. Mais les habitants, surpris par la rapidité de la décision et l’absence de concertation, s’y sont opposés.
La division des habitants a joué en faveur des autorités. Certains, réticents à l’idée de rentrer, ont été accusés de vouloir profiter de l’indemnisation. Des fractures sont apparues entre les habitants.
Miyakoji est divisé en quatre zones. Dans une zone, les habitants ont réclamé un retour rapide. Dans deux autres zones, où la contamination est plus élevée, les habitants voulaient encore attendre une deuxième campagne de décontamination. Dans la dernière zone, il n’y a pas eu de consensus. En janvier 2014, les autorités locales et nationales ont eu des réunions avec chacune des zones séparément. Un calendrier d’une levée de l’ordre d’évacuer n’a été évoqué qu’avec les habitants de la zone où un retour rapide était souhaité. Le 23 février, les autorités ont profité de la division pour faire adopter la levée de l’ordre d’évacuer pour tout le district.
Le journaliste prévient donc les habitants des autres zones qu’il leur faut être conscient que les autorités ont un agenda en tête en faveur d’un retour rapide. Elles ont donc préparé un scénario et une mise en scène. Le droit du choix du lieu de résidence, garanti par l’article 22 de la constitution, a été mis en avant pour donner une tournure solennelle aux discussions et à la décision. La conclusion de la réunion a été tirée au moment le plus favorable de la discussion, sans qu’il soit possible, pour les autres habitants de changer l’ordre des choses.
Le journaliste appelle donc les habitants opposés à un retour rapide de bien s’organiser en amont de la réunion pour parvenir à faire entendre leur voix. Il pense aussi que les opposants s’étaient résignés sous le prétexte que le gouvernement fera ce qu’il veut à la fin. Les mauvaises conditions de vie des réfugiés leur confèrent un sentiment d’infériorité et de résignation. Ils n’ont plus la force de se battre et ont le sentiment d’avoir été trahis par les fonctionnaires qui devraient servir le public.
Enfin, le dernier point soulevé par le journaliste est que de nombreuses réunions n’étaient pas publiques. Il suggère aux habitants d’exiger que les réunions soient publiques et qu’un compte-rendu soit fait par un tiers.
Il espère que ces conseils seront utiles aux habitants face aux autorités.

Mardi 18 mars :
• Le bureau du travail à Fukushima a mené des inspections dans 660 compagnies impliquées dans la décontamination entre juillet et décembre 2013 et a trouvé des violations du droit du travail pour 446 d’entre elles, ou 67,6%. Il a, notamment, trouvé 742 cas où le salaire ou le temps de travail n’étaient pas clairement indiqués dans le contrat de travail, ou pour lesquels les salaires n’ont pas été entièrement versés.
363 cas concernent la protection des travailleurs : absence d’équipements de protection individuelle, de masque ou de dosimètre, ou encore de visite médicale.
Entre janvier et juillet 2013, 387 compagnies avaient été inspectées et des violations du droit du travail avaient été relevées pour 68% d’entre elles. Le bureau du travail menace d’être plus sévère par la suite.

• Un sondage du Asahi montre que 59% des Japonais sont opposés au redémarrage des réacteurs nucléaires, 28% sont pour. Il y avait 56% d’opposants lors des derniers sondages.
En ce qui concerne la sortie du nucléaire, 77% sont pour et 14% contre.
95% des personnes interrogées considèrent que le fait qu’il n’y ait pas de solution pour les déchets radioactifs est problématique.

• TEPCo a entièrement arrêté sa station ALPS de traitement de l’eau contaminée, toujours en cours de test. La chaîne B ne fonctionne pas correctement : la contamination en bêta total de l’eau ne passait que de quelques centaines de millions de becquerels à quelques dizaines de millions de becquerels par litre, ce qui n’est pas très efficace… La contamination aurait être abaissée à quelques centaines de becquerels par litre. TEPCo aurait aussi arrêté les lignes A et C « par précaution », l'eau des trois chaînes se retrouvant dans les mêmes cuves.
Le gouvernement dit qu’il veut développer une nouvelle version de ALPS, plus performante et qui génère moins de déchets. Bref, ALPS, qui aurait dû démarrer en septembre 2012, est un échec. Une autre station est donc envisagée, sans changer le nom...
ALPS venait après SARRY, l’unité de désalinisation et de retrait du césium, qui n’a pas été arrêtée.
Dans ce document en anglaisdu ministère de l’industrie, daté du 13 décembre 2013, il était dit que ALPS devait être mise en service à la mi-2014. Ce ne sera pas le cas, même si TEPCo maintient qu'elle veut officiellement la démarrer le mois prochain.
Ce document en japonais contient une synthèse de l’avancée des travaux pour tenter de résoudre le problème de l’eau, des mesures faites dans les nappes phréatiques et un point sur ALPS.

• Une partie des sacs en plastique utilisés pour stocker les déchets issus de la décontamination ne sont prévus que pour tenir 3 ans… Certains déchets vont bientôt y être depuis 3 ans en attendant mieux.

Lundi 17 mars :
TEPCo a retiré 506 assemblages sur 1 533 de la piscine de combustible du réacteur n°4.

• On le sait, la station de traitement ALPS, même si elle devait fonctionner correctement, n’enlèvera jamais le tritium de l’eau contaminée. Or le stock de tritium est d’environ 40 années de rejet en mer à la limite maximale.
Le ministère de l’industrie a donc mis un groupe de travail tritium pour tenter de trouver une solution. Dans ce document en anglais, plusieurs pistes sont envisagées :
- injecter l’eau tritiée dans le sous-sol ;
- rejeter l’eau tritiée en mer (sans mention du problème de l’autorisation de rejet)
- chauffer l’eau et la rejeter sous forme de vapeur dans l’atmosphère !!!
- rejeter le tritium dans l’atmosphère sous la forme d’hydrogène ;
- enfouissement après solidification ;
- stockage dans des cuves après concentration ;
- stockage dans des cuves comme maintenant.
N’oublions pas qu’il n’y aura pas que du tritium dans cette eau après traitement. Il restera de nombreux autres radioéléments à des concentrations moindres, mais bien présentes.
L’option rejet dans l’atmosphère est complètement folle. Les vents vont disperser la radioactivité dans tous les sens, y compris sur les zones habitées. Et puis, cela va consommer une énergie folle.
L’enfouissement paraît assez utopique car le Japon n’a aucune perspective de site pour les déchets plus toxiques. Restent le rejet en mer, que les pêcheurs n’accepteront jamais, où le stockage dans des cuves, qui laissent fuir environ 1% du tritium par an.
Le groupe de travail tritium a eu droit aux lumières d’un expert de l’IRSN Cherbourg-Octeville. Les autorisations de rejet en tritium de l’usine Areva La Hague ont dû faire rêver les officiels japonais. Ah, si seulement on pouvait rejeter autant…
En attendant la concentration en tritium dans l’eau souterraine en aval des cuves vient de battre un nouveau record dans le puits E-3 : 4 100 Bq/L dans le prélèvement du 13 mars, plus forte valeur enregistrée pour ce puits. Près du rivage, les concentrations peuvent être beaucoup plus élevées. Les rejets en mer continuent.

• Le principal parti au pouvoir veut créer de nouveaux certificats pour les travailleurs du nucléaire. Il n’y a, actuellement, qu’une seule catégorie. Il devrait y en avoir 3 : décontamination, maintenance en milieu nucléaire et radioprotection.

• Les habitants du district de Yamakita à Kawamata ont gagné. Ce quartier était divisé en deux : une partie à plus de 50 mSv/an, classée en zone de « retour difficile » et une partie entre 20 et 50 mSv/an où un retour est envisagé à moyen terme. L’indemnisation prévue dépend de la zone. Mais les habitants ont demandé à être tous traités sur pied d’égalité car ils ne savent pas quand ils pourront retourner. 39 familles ont donc saisi le médiateur du gouvernement pour réclamer une compensation intégrale. TEPCo aurait accepté la demande et va donc devoir indemniser le foncier au prix d’avant 2011.

• Les 9 communes situées dans un rayon de 30 km autour de la centrale de Sendaï (Kagoshima) ont finalisé leur plan d’évacuation en cas d’accident. Il y a 220 000 habitants en tout dans cette zone. Mais les maires citent des problèmes non résolus comme l’évacuation des personnes vulnérables, les embouteillages, la distribution de pastilles d’iode… Il faudrait que ces plans soient évalués.

• Il y a un manque crucial d’aides soignant dans les maison de retraite situées près de la côte de Fukushima. Il y a 3,74 fois plus de postes que de demandeur d’emploi dans ce secteur. Au niveau national, c’est 2,22. Le gouvernement envisage donc de créer un fond de soutien pouvant aller jusqu’à 450 000 yens (3 200 euros) qui couvrirait en partie les frais de formation (150 000 yens) et une aide à l’installation (300 000 yens).

• Selon une enquête du New-York Times, les conditions de travail se détériorent à la centrale de Fukushima daï-ichi. TEPCo a mis son personnel le plus qualifié sur la remise aux normes de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa. Il y a 3 000 travailleurs par jour à Fukushima daï-ichi et 4 500 à Kashiwazaki-Kariwa.
Il est de plus en plus difficile de trouver des travailleurs pour démanteler la centrale accidentée. Les personnes recrutées n’ont aucune formation, ne sont informéss à la va-vite des risques encourus et il n’y a pas de supervision adéquate des tâches à mener. Cela conduit à de nombreux problèmes, erreurs et mise en danger.
Le quotidien cite le cas de travailleurs qui devaient débrancher un tuyau et se sont trompés. Il y a eu une fuite d’eau très contaminée : leur réflexe a été de mettre les mains gantées dans l’eau pour rebrancher le tuyau, arrosant deux autres personnes. L’encadrant s’était éloigné pour surveiller une autre tâche. TEPCo n’a rien voulu dire au journal à ce propos.
Il y a eu aussi le problème des vannes restées ouvertes ou ouvertes par inadvertance qui ont conduit au débordement de 100 m3 d’eau contaminée d’une cuve déjà pleine. L’alarme a été ignorée.
Une partie des ingénieurs les plus qualifiés, qui étaient là au début, ont atteint leur dose limite et ne peuvent travailler à la centrale.
Un ancien chauffeur de bus, employé à construire des cuves, a dit avoir tenté d’alerter TEPCO sur la mauvaise qualité du travail effectué. En vain. TEPCo refuse de commenter.
D’autre travailleurs rapportent des problèmes d’alcoolisme et certains ont avoué être allés travailler malgré s’être saoulé la veille.
Il y a aussi de nombreux marginaux, en rupture avec la société, voire des SDF. Evidemment la pègre en profite.

Dimanche 16 mars :
• Il y a eu des manifestations anti-nucléaire un peu partout au Japon. La plus grosse, avec 6 000 participants, était devant la centrale de Sendaï (Kagoshima), tout en haut de la liste de la NRA pour le redémarrage. Il y avait 2 200 manifestants à Tochigi. A Mihama (Fukui), les manifestants ont lâché 500 ballons pour montrer où pouvaient retomber la radioactivité en cas d’accident. Une opération similaire a été organisée à Shimané.

• Selon le Japan Times, qui reprend un article du Fukushima Minpo, il y a environ 530 détecteurs dans 59 communes de Fukushima où les habitants peuvent aller faire contrôler leur nourriture. Il faut encore ajouter tous les détecteurs des associations, producteurs etc.
Ces détecteurs, simples d’utilisation, requièrent 500 g d’aliments qui sont mixés avant d’être comptés pendant une vingtaine de minutes. D’avril 2013 à janvier 2014, 126 626 mesures ont été faites.
Les autorités régionales veulent introduire un nouveau détecteur plus rapide qui ne nécessiterait pas de broyer les aliments. La limite de détection serait de 20 Bq/kg environ.
Il est déjà utilisé pour contrôler le riz et les kakis séchés (anpo kaki), spécialité locale. Le problème, c’est l’étalonnage. Il faudrait tester l’appareil pour chaque aliment, ce qui n’est pas très pratique et rendra le résultat plus approximatif.
La région a déjà le budget pour fournir un appareil à chaque commune qui en ferait la demande. Mais le déploiement devrait prendre du temps à cause des tests à mener sur chaque type d’aliment auparavant.

Samedi 15 mars :
• Cela fait exactement 6 mois que le Japon est sans énergie nucléaire.

• Le gouverneur de Niigata, peu favorable au redémarrage de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, propriété de TEPCo, dit qu’il est impossible de définir un plan d’évacuation dans un rayon de 30 km autour de la centrale, comme exigé. Il faut d’abord changer la réglementation. Autrement, les chauffeurs de bus n’iront pas dans les zones exposées avec une limite de dose de 1 mSv par an, comme tout membre du public. Il réclame une hausse des doses limites pour la population impliquée dans les secours ou la création d’un escadron prêt à intervenir en cas de catastrophe nucléaire.
Certaines communes proches de la centrale ont déjà un plan d’évacuation, mais le gouverneur pense qu’il n’est pas réaliste.

• Après la désignation par la NRA, de la centrale de Sendaï (Kagoshima) comme prioritaire pour un éventuel redémarrage, la compagnie KEPCo, qui couvre le Kansaï, se prépare à passer son premier été sans nucléaire, qui représentait 40% de sa production avant 2011. Elle va acheter de l’électricité aux compagnies voisines et demander aux consommateurs de faire des efforts.

• Une manifestation a rassemblé environ 5 000 personnes à Tôkyô contre le redémarrage de la centrale de Sendaï et de toutes les autres centrales.

Vendredi 14 mars :
• La province de Kagoshima, où il y a la centrale nucléaire de Sendaï, la mieux placée, selon la NRA, pour obtenir un feu vert à son redémarrage, a budgétisé 1,2 millions de yens (86 000 euros) en promotion de la centrale afin d’obtenir le consentement de la population. Les communes les plus proches, dont les finances dépendent de la centrale, y sont favorables. Les autres, plus éloignées, qui doivent avoir un plan d’évacuation sans contrepartie financière, sont plus réticentes. L’Asahi a interrogé 8 communes dans un rayon de 30 km et quatre d’entre elles veulent être consultées.

• Une centaine de travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi ont manifesté devant le siège de TEPCo, à Tôkyô. Ils se plaignent d’avoir été arnaqués par leur employeur, un sous-traitant, qui les a forcés à faire un travail dangereux pour un salaire de misère.
Certains prétendent qu’on leur a demander de faire des tâches inacceptables sans les protections adéquates. L’un a été mis au chômage après avoir reçu une dose élevée.
Les ponctions à chaque couche de sous-traitance font que la paye est bien inférieure à ce qui a été promis : on leur facture le transport, les repas… Certains n’ont pas reçu la prime de risque de 10 000 yens (72 euros) par jour.
Il y a eu aussi une manifestation devant le siège de Maeda Co., l’un des sous-traitants.
Les tâches les plus dangereuses sont peut-être encore devant nous. il est donc important de se préoccuper des conditions de travail car la main d’œuvre manque déjà.

• La demande en électricité a augmenté de 1,3% en février par rapport au même mois de l’année précédente. C’est la première hausse depuis 4 mois et serait due aux basses températures.

Jeudi 13 mars :
• Avec 27 283 cas, le nombre total de suicides au Japon, est en baisse, mais il augmente à Fukushima. Il a baissé de 2,1% par rapport à l’année précédente, pour la quatrième année consécutive. A Fukushima, il est passé de 10 à 23 par an. Sur ces 23 cas, 16 sont liés à la catastrophe nucléaire, soit par une note laissée ou parce que la personne vivait dans un hébergement provisoire, suite à l’évacuation.
A titre de comparaison, à Iwaté, où il y a eu 4 cas de suicide, un seul est lié à l’évacuation. Le nombre total est aussi en baisse. A Miyagi, où le nombre total de suicide est en hausse, aucun n’a été lié à la catastrophe.

• Plus de 4 000 personnes ont déposé une plainte collective contre les industriels du nucléaire, General Electric, Toshiba et Hitachi. Chaque personne demande 100 yens (70 centimes) de dommages et intérêts. Ils accusent les compagnies d’avoir failli à leur tâche d’améliorer la sûreté des centrales nucléaires. Ils veulent aussi mettre fin à l’impunité dont bénéficie l’industrie nucléaire de par le monde.

• 7 écoles élémentaires et collèges de Fukushima vont fermer leur porte à la rentrée prochaine, en avril 2014, faute d’élève. 38 écoles et collèges ont dû être déplacés à cause de la pollution radioactive. Ils ont perdu 80% de leurs 7 681 élèves. Il y a encore 12 648 élèves été évacués en tout à la date du 1er mai 2013. Ils étaient 13 286 en septembre 2011.

• La NRA a placé les réacteurs n°1 et 2 de la centrale de Sendaï (Kagoshima) sur l’île de Kyûshû sur sa liste des réacteurs à inspecter en priorité. Elle se refuse cependant à donner un calendrier car il reste de nombreux items à contrôler et tout peut arriver. Il y aura aussi 4 semaines de consultation du public et il faudra recueillir l’assentiment des élus locaux. L’exploitant espère avoir un feu vert avant l’été, quand la demande en électricité est la plus forte.
La NRA s’est dite satisfaite par l’approche de l’exploitant à propos du risque sismique et de tsunami.

Mercredi 12 mars :
• Depuis la mise en place des nouvelles règles de sûreté, le 8 juillet 2013, aucun réacteur ne satisfait aux nouvelles normes et des investissements massifs sont nécessaires. La situation dépend de chaque installation. Certaines mesures bénéficient d’un délai de grâce de 5 ans. La NRA n’a reçu que 17 demandes d’autorisation de redémarrage de réacteur nucléaire, sur les 48 restant. Suite à un décompte que j’avais fait, il apparaissait qu’au moins un tiers du parc ne redémarrera probablement jamais. Il y a les failles sismiques maintenant considérées comme actives, les câbles électriques de 13 réacteurs avec un matériau isolant inflammable, les plans d’évacuation d’urgence dans un rayon de 30 km pas toujours réalisables… et l’opposition locale des élus qui ne touchent pas la taxe professionnelle.
L’Asahi a interrogé les exploitants à ce propos et il apparaît qu’il n’y aura pas de demande de redémarrage à court terme pour 30 réacteurs sur 48. Le quotidien estime que 13 réacteurs ne redémarreront pas. Il s’agit du réacteur n°2 de Tôkaï (Ibaraki), des trois réacteurs de Mihama (Fukui), de deux réacteurs à Ôï, Takahama et Tsuruga, toutes dans la province de Fukui, du réacteur n°1 de Shimané, d’Ikata (Ehimé) et Genkaï (Saga).
Pour 5 d’entre eux, la limite d’âge de 40 ans est dépassée ou sera dépassée dans l’année (n°1 de Tsuruga, n°1 et 2 Mihama, n°1 de Shimané, n°1 de Takahama). On peut ajouter aussi les 4 réacteurs de Fukushima daï-ni qui ont été noyés par le tsunami et pour lesquels l’opposition locale est, à juste titre, très forte. Et puis, il y a le réacteur n°5 de Hamaoka dans lequel de l’eau de mer est remontée jusque dans la cuve entraînant de la corrosion. On arrive donc à 18 réacteurs, ou 37,5% du parc. La liste pourrait s’allonger si d’autres failles, en cours d’inspection, sont considérées comme actives. A Hamaoka, située à proximité d’une faille réputée active et menaçante, une étude a montré qu’il faudrait jusqu’à 6 jours pour évacuer toute la population dans un rayon de 30 km. Un redémarrage est-il vraiment envisageable ?
Le réacteur n°2 de Tsuruga est sur une faille active. L’exploitant, qui possède aussi la centrale de Tôkaï risque de perdre tous ces réacteurs. Ce sera donc la fin pour cette compagnie qui ne fait que produire de l’électricité pour la revendre aux distributeurs.
L’instruction des dossiers de demande de redémarrage est bien avancée pour 10 réacteurs : le n°3 de Tomari (Hokkaïdô), les n°3 et 4 d’Ôï (Fukui), les n°3 et 4 de Takahama (Fukui) le n°3 d’Ikata, les n°3 et 4 de Genkaï et les n°1 et 2 Sendaï (Kagoshima).
L’instruction des dossiers a pris du retard pour 7 autres réacteurs : les N°1 et 2 de Tomari (Hokkaïdô), le n°2 d’Onagawa (Miyagi), les n°6 et 7 de Kashiwazaki-Kariwa (Niigata), le n°4 de Hamaoka (Shizuoka) et le n°2 de Shimané.
La télévision publique, la NHK, relève de son côté, que près d’un tiers des communes situées à moins de 30 km d’une centrale nucléaire n’ont toujours pas de plan d’évacuation. Elles ont du mal à trouver des structures d’accueil et sont en négociation avec des communes situées au-delà des 30 km.
En ce qui concerne les hôpitaux et structures d’accueil des personnes dépendantes, seulement 7% ont déclaré avoir un plan d’évacuation et 44% non.

• Gregory Jaczko, l’ancien président de l’autorité de sûreté nucléaire américaine, la NRC, en visite au Japon, a donné plusieurs interview, dont une longue au Japan Times. Pour lui, TEPCo de
Pour lui, l’accident est toujours possible au Japon, même avec les nouvelles règles de sûreté. Il faut donc s’y préparer. Si le Japon ne veut plus d’accident nucléaire, il doit donc arrêter ses centrales.
Il présidait la NRC en mars 2011 et a donc vécu de l’intérieur la phase d’urgence de la catastrophe. Pour lui, l’accident ne se déroule jamais comme durant les exercices. Il faut prendre des décisions avec peu d’information. Il s’est plaint du manque d’information transmis par TEPCo et les autorités japonaises qui l’a conduit, le 17 mars 2011, à recommander aux ressortissants américains d’évacuer dans un rayon de 80 km, alors que c’était 20 km pour les Japonais.
D’après lui, l’opinion de nombreux experts de la NRC au tout début était que la crise ne durerait pas plus que le week-end (le tsunami a eu lieu un vendredi). Elle a duré plus longtemps, les explosions hydrogène des réacteurs 3 et 4 a eu lieu au bout de 3 et 4 jours.
De nombreux experts de la NRC étaient aussi convaincu que la piscine de combustibles usés du réacteur n°4, qui n’est pas dans une enceinte de confinement, était sèche et que si la fusion y avait lieu, les conséquences seraient plus effroyables. TEPCo a confirmé, le 16 mars au soir, qu’il y avait de l’eau dans la piscine, mais des experts de la NRC étaient encore sceptiques. Jaczko avait fait part de ses doutes au congrès américain le 16 mars. Il justifie a postériori cette position, au nom de la transparence. Pour lui, il aurait été plus grave de cacher cette donnée, même si elle n’était pas confirmée.
Pour conclure, il ajoute que les conséquences d’un accident nucléaire sont très différentes de ce qu’il imaginait. Une catastrophe de type Fukushima n’est pas acceptable. Pour lui, la conception des réacteurs actuels n’est pas tenable et devra être remplacée. Il y a des failles rédhibitoires et les systèmes de refroidissement pourraient ne pas suffire. Et s’il n’est pas possible de concevoir des réacteurs pour lesquels l’accident est impossible, il faut se passer de cette énergie.

• Le HCFDC a publié un rapport sur les conséquences des trois catastrophes au Japon avec beaucoup de chiffres et de données.

Blabla lénifiant de TEPCo à l’occasion du troisième anniversaire de la catastrophe.

Mardi 11 mars, troisième anniversaire du déclenchement de la catastrophe :
• La télévision publique NHK a fait la somme des dépenses déjà engagées par TEPCo et le gouvernement japonais suite à la catastrophe nucléaire. Elle arrive à 11 000 milliards de yens (presque 80 milliards d’euros). Il s’agit là d’un minimum car cela ne prend pas en compte la gestion des déchets ni les salaires des fonctionnaires en charge de la gestion de cette catastrophe. le coût de démantèlement n’est pas encore connu, ni celui des indemnisations car personne ne peut dire quand elles finiront.
Et puis, il faudrait ajouter tout ce qui a été payé par les japonais et les compagnies qui souffrent de cette crise. cela ne sera jamais pris en compte.

Lundi 10 mars :
• L'IRSN a mis en ligne un dossier de presse à l'occasion du troisième anniversaire de la catastrophe de Fukushima.
- Concernant les travailleurs, on peut y lire : "Il est à noter que des informations précises quant à la méthodologie mise en oeuvre pour évaluer les doses reçues par les travailleurs ont désormais été transmises par les autorités japonaises aux membres d’un groupe de travail du Comité des Nations Unies en charge de l’étude des effets des expositions aux rayonnements ionisants chargé d’expertiser les évaluations dosimétriques publiées par les autorités japonaises. Les conclusions définitives de cette expertise devraient être publiées au mois d’avril 2014 ; nous pouvons cependant d’ores et déjà confirmer qu’un bon accord a été trouvé entre les évaluations japonaises et celles réalisées par des experts indépendants, au moins en ce qui concerne les travailleurs ayant reçu les doses les plus élevées. Pour les travailleurs ayant reçu des doses inférieures à 100 mSv, le travail d’analyse entrepris par des experts indépendants a montré des écarts parfois importants entre les doses enregistrées par certaines sociétés sous-contractantes et celles évaluées par l’UNSCEAR. Ces écarts ont conduit en juillet 2013 les autorités japonaises à réévaluer les doses estimées pour près de 25 000 travailleurs."
- Concernant l'eau contaminée, l'IRSN confirme que "TEPCO prévoit de réaliser la décontamination de l’eau (hors tritium) fin 2014, ce qui est ambitieux au vu des difficultés rencontrées sur l’ALPS et de la nécessité de construire des modules supplémentaires." En revanche, l'Institut ne fait, comme TEPCo, aucune mention du carbone 14.
Même l'IRSN a peu d'information sur les déchets engendrés par la station de traitement ALPS : "En outre, l’IRSN souligne que, nonobstant les difficultés d’entreposage des eaux accumulées, leur traitement génère des déchets dont la gestion constitue un enjeu d’importance, à la fois en termes d’entreposage pérenne sûr et de conditionnement ultérieur. TEPCO a d’ores et déjà défini des actions en ce sens. Par exemple, des conteneurs dits « à haute intégrité » sont prévus pour les déchets issus de l’installation ALPS et un programme de recherche devrait être engagé. En tout état de cause, les informations disponibles concernant ces sujets restent moins détaillées que celles relatives aux enjeux plus immédiats."

• Des produits de la mer pêchés au Tôhoku seront servis dans les cantines des ministères à Tôkyô… pendant 5 jours seulement.

• Selon une étude rapportée par le Maïnichi, 20% des journalistes locaux qui ont couvert les conséquences des catastrophes naturelles du 11 mars 2011 pourraient souffrir de troubles liés au stress post-traumatique. Il était déjà bien connu que les secours souffraient aussi de ces troubles, et pas seulement les victimes. Les études sur les journalistes sont plus rares.
Un questionnaire a été envoyé à 270 journalistes de la presse locale, 120 ont répondu.
75,8% des répondants ont déclarés être mal à l’aise vis à vis des victimes lors des interviews. 30,8% pensent avoir blessé ou mis mal à l’aise la personne interviewée. 16,7% ont été très émus par le témoignage recueilli et ont dû arrêter l’interview.
40,8% ont dit avoir été critiqués par les populations à propos de la couverture médiatiques. 56,7% ont été remerciés par les personnes interviewées et 41,7% pensent que leur reportage a permis d’aider les victimes.
Lors du premier mois, 41,7% ont pleuré. 38,3% ont senti une forte frustration et un sentiment d’impuissance. 26,7% ont eu des problèmes de sommeil.
Plusieurs symptômes de troubles post-traumatiques ont été analysés et 22,4% des journalistes qui ont répondu ont eu plus de 25 points au test, ce qui permet de considérer qu’ils souffraient encore.
Les journalistes qui pouvaient parler librement de leur problème sur le lieu de travail souffrent moins que les autres.

• Pour visiter virtuellement le réacteur, il y a des photos et vidéos ici.

• Il y a eu une nouvelle fuite sur l’unité de désalinisation : 1,25 litre a fui. La contamination en césium est de 220 Bq/L et celle en bêta total, 23 millions de becquerels par litre. Photo et explications en japonais.

• Selon un sondage de la télévision publique japonaise, la NHK, 76% des japonais qui ont répondu sont en faveur d’arrêter tout ou une partie du parc nucléaire japonais. Ils sont 36% pour un arrêt total.

• Après avoir hésité, le gouvernement va décontaminer les réservoirs qui servent à l’irrigation à Fukushima. Il y en a 576 où la contamination de la boue dépasse 8 000 Bq/kg et 14 où elle dépasse 100 000 Bq/kg.

Dimanche 9 mars :
• Entre 4 000 et 10 000 personnes ont manifesté contre le nucléaire près du parlement à Tôkyô, à l’occasion du troisième anniversaire de la catastrophe de Fukushima. D'autres évènements ont eu lieu en d'autres lieux de la capitale. Les organisateurs estiment à 32 000 le nombre total de participants.

• Conformément à la demande du gouverneur de Fukushima, le gouvernement n’a pas retenu la ville de Naraha pour installer un centre d’entreposage des déchets radioactifs issus de la décontamination. Il veut y installer une unité de traitement des cendres radioactives issues de l’incinération des végétaux radioactifs.

Samedi 8 mars :
• Le Japon espère profiter de la catastrophe de Fukushima pour devenir le leader mondial du démantèlement nucléaire, un marché énorme au niveau mondial. La stratégie gouvernementale et des entreprises impliquées sur le site de la centrale accidentée est orientée dans ce sens. C’est aussi l’objet de la création récente de l’International Research Institute for Nuclear Decommissioning. Beaucoup d’argent public est mis dans le développement de nouvelles technologies, dont de la robotique,
TEPCo va aussi se scinder en deux entités, une pour la production et le transport de l’électricité, son activité traditionnelle, et l’autre sur le démantèlement et la décontamination.
Il y a effectivement un effort technologique sans précédent à faire pour venir à bout de la centrale de Fukushima daï-ichi, avec son corium que personne ne sait comment aller récupérer, pour traiter l’eau qui s’accumule… Mais, il faut aussi penser à la sûreté du chantier, aux facteurs humains et sociaux… Ils sont 3 000 chaque jour sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi. Les robots ont besoin d’hommes pour les piloter, les contrôler, voire aller les rechercher s’ils tombent en panne. Sur ces aspects là, il y a aussi d’immenses progrès à faire ! Les scandales à répétition sur le chantier qu’est devenu la centrale accidentée montre que TEPCo est loin d’avoir fait ses preuves.
Et puis, il y aura toujours les volumes énormes de déchets radioactifs sans solution pour le moment.
Le démantèlement est peut-être une belle opportunité économique, mais les exploitants du nucléaire vont toujours ergoter sur les coûts. TEPCo, en faillite si elle n’avait pas été nationalisée, choisit toujours l’option la moins chère. Cela concerne les matériaux retenus, mais aussi les outils. Pourquoi dépenser pour un outil qui sera contaminé et qui finira en déchet radioactif ? L’autre marge de manœuvre financière est la masse salariale.
L’enjeu principal pour ces compagnies va donc être de mettre en avant leur maîtrise du démantèlement tout en cachant les problèmes qui ne vont pas manquer d’apparaître du fait des options bon marché choisies. La transparence va s’en trouver affectée.
La communication en anglais de TEPCO a déjà été reprise en main. Presque plus aucune info sur les incidents, mais de belles déclarations sur les succès remportés. Les médias, forcément embarqués comme sur une zone de conflit, ne pourront voir que ce que la compagnie voudra bien leur montrer.
Business as usual… Il est donc indispensable d’avoir une autorité de sûreté puissante et stricte comme contre-pouvoir. Pour le moment, la NRA consacre plus de ressources humaines à l’instruction des dossiers de demande de redémarrage qu’à la surveillance du chantier de Fukushima daï-ichi.
En dehors de la centrale, les expériences de décontamination ne sont pas probantes, comme nous l’avons déjà rapporté de multiples fois sur cette page. L’AIEA et autres experts internationaux ont droit à des chantiers Potemkine. Mais la presse, des ONG peuvent enquêter et des scandales éclatent de temps en temps : rejet des déchets dans les rivières ou la forêt, sous-traitance en cascade, exploitation des travailleurs…

• L’eau reste le cauchemar principal de TEPCo sur le site de la centrale.
La compagnie a tout misé sur sa nouvelle station de traitement ALPS, supposée retirer 62 radioéléments, initialement prévue pour septembre 2012 et dont le démarrage officiel est sans cesse repoussé. La compagnie n’a, semble-t-il, pas de plan B. En attendant, l’eau s’accumule et la situation sur place est de plus en plus complexe. Le rayonnement ambiant a fortement augmenté. Certaines sont bon marché, car TEPCo pensait ne pas avoir à les utiliser longtemps et doivent être remplacées.
Les cuves avec près de 400 000 m3 d’eau contaminée sont vulnérables. Que se passera-t-il en cas de fortes secousses ? Des fuites massives qui vont contaminer les terrains et rendre le travail sur place plus difficile ?
Il serait temps que TEPCo réfléchisse à une autre option. Elle retire déjà une partie du césium dans son installation SARRY. Pourquoi ne pas retirer les quelques éléments supplémentaires pour lesquels la nouvelle station est performante ? Cela diminuerait les risques. Surtout s’il y a le strontium parmi eux car il domine dans la contamination de l’eau et est particulièrement radiotoxique.
Pourquoi la NRA n’impose pas un changement de stratégie ?

• Les présentations faites lors du colloque sur la thyroïde de Tôkyô sont disponibles en ligne. Pas regardé.

Vendredi 7 mars :
• En 2012, les douanes jamaïcaines ont découvert qu’un minibus Toyota Hiace importé du Japon avait une contamination radioactive qui dépasserait les normes. Il est encore dans le port. L’ambassade du Japon à Kingston aurait fait procéder à ses propres mesures, confirmé les données des douanes et déclaré que la contamination était inférieure aux limites en vigueur dans le pays d’origine.
Les douanes veulent renvoyer le véhicule.

• La Japan Atomic Power Company possède un réacteur nucléaire à Tôkaï (Ibaraki) mis en service en 1978. C’est un réacteur à eau bouillante qui nécessite des investissements majeurs pour être remis aux normes : il faut installer des filtres à particule radioactives en cas de dépressurisation d’urgence, changer l’isolant des câbles électriques qui est inflammable (il y en a des milliers de km)… et en cas d’accident, il y a presque 1 million de personnes à évacuer dans un rayon de 30 km. Pourtant, la compagnie veut le remettre en route. C’est de l’acharnement thérapeutique !
Elle exploitait aussi les réacteurs de Tsuruga, qui sont sur une faille déclarée active par la NRA. Elle risque de perdre tous ces réacteurs.

• Hokkaïdô Electric s’était trompée en rédigeant sa demande d’autorisation de redémarrage des réacteurs 1 et 2 de sa centrale de Tomari. Certaines données ne correspondaient pas aux réacteurs, mais venaient du réacteur n°3. La NRA s’en était aperçu rapidement et la compagnie a dû revoir sa copie. C’est maintenant chose faite et la NRA va pouvoir reprendre l’instruction du dossier.

• La NHK a sondé des évacués volontaires qui ont quitté d’eux-mêmes les zones contaminées de Fukushima où il n’y a pas eu d’ordre d’évacuation. Il apparaît que 74% des 307 personnes qui ont répondu ne veulent pas retourner et vont s’installer là où elles sont. Certaines sont retournées à Fukushima pour en repartir. C’est la crainte des radiations qui est mise en avant. 65% ont vu une baisse significative de leur pouvoir d’achat.
Parmi ces réponses, il y a 129 familles où le père est resté à Fukushima et la mère est partie avec les enfants. Dans 97% des cas, c’est à cause de la profession du père. Pour un quart de ces familles, il y a divergence de vue relative aux risques et à l’évacuation, qui est source de conflit et de séparation.
Les liens familiaux se sont détériorés pour 37% des familles séparées.
23% des 307 personnes ayant répondu ont divorcé ou sont en instance de divorce.

• Outre les deux commissions d’enquête sur la catastrophe de Fukushima diligentées par le gouvernement et le parlement japonais, une fondation privée a fait sa propre enquête. Le rapport est disponible en japonais depuis 2012 et vient seulement d’être traduit en anglais. Il est vendu sous forme papier. Voir le site de la fondation.

• Les villages évacués suite à la catastrophe nucléaire ont tenté de maintenir des écoles pour garantir une continuité et une cohésion sociale pour les enfants évacués, mais ce n’est pas facile quand les familles sont dispersées. Le nombre d’enfants inscrits est très faible. Le soutien du ministère de l’éducation est maintenu.
Avec la baisse de la natalité, il y a une diminution générale du nombre d’élèves qui entraîne une restructuration de la carte scolaire. Mais pour les écoles des villages évacuées, il y aura une exception. Par ce soutien, le gouvernement veut aussi favoriser le retour des populations. Les évacués commencent à s’habituer à la vie dans leur nouveau lieu de résidence, les enfants se font de nouveaux camarades et oublient leur commune d’origine. De nombreux autres ne se font pas à leur nouvelle école et sont victimes de « ijimé » (intimidations et brimades).
Les habitants de Futaba étaient parti à Kazo (Saïtama), situé à 200 km de là. Avec le changement de maire, un repli à Iwaki est en cours. La commune veut ouvrir à Iwaki une école, un collège et un lycée dès la rentrée d’avril 2014. Il y a quatre enfants d’inscrits dans chaque pour le moment… Ils étaient 551 en primaire et collège avant le 11 mars 2011.
Selon le Maïnichi, la ville de Namié avait ouvert une école, un collège et un lycée dès août 2011 à Nihonmatsu (Fukushima). Seulement 3% des enfants inscrits avant la catastrophe y sont allés. Ils ne sont plus que 58 en tout cette année. L’école élémentaire de Tsushima a rouvert cette année avec seulement trois frères. Tomioka a rouvert une crèche et 4 établissements (écoles et collèges) à Miharu, 6 mois après le 11 mars 2011. Des parents se sont plaints que c’était trop tardif. Il n’y a eu que 64 inscrits dans ces quatre établissements. Il y a zéro inscrits en CP à la rentrée prochaine…
Katsurao a aussi rouvert une école à Miharu en avril 2013 et il n’y pas de nouveaux inscrits pour la rentrée prochaine.
Pour Naraha, 20% des enfants sont allés dans les établissements scolaires rouverts par la commune à Iwaki, mais le nombre d’inscrits diminue.
Ôkuma a rouvert un mois après la catastrophe à Aïzuwakamatsu grâce à l’aide de la commune d’accueil. Mais une partie des réfugiés ont déménagé à Iwaki qui est plus proche de leur lieu d’origine. Le nombre d’inscrit va passer de 284 actuellement à 197 à la rentrée prochaine.

Jeudi 6 mars :
• A trois ans de la catastrophe nucléaire, il n’y a toujours pas de solution en vue pour les déchets radioactifs qui se sont accumulés un peu partout dans le pays. A Fukushima, deux centres d’entreposage sont prévus, mais les élus locaux s’opposent à ce que l’on y mette des déchets venus d’autres provinces.
Rien que dans le grand Tôkyô, cela se compte en milliers de tonnes. Il s’agit de cendres d’incinérateur, de boues de station d’épuration… qui contiennent plus de 8 000 Bq/kg en césium. Dans la province de Chiba, il y en 3 612 tonnes. Les trois principales villes de Chiba touchées par la catastrophe, Kashiwa, Matsudo et Nagaréyama, ont produit à elles seules 2 564 tonnes de cendres radioactives. Le gouvernement a promis de trouver un emplacement pour un centre de stockage définitif à Chiba d’ici 2015, mais il doit faire face à une forte opposition. Les riverains des sites de stockage temporaire s’impatientent et certains ont porté plainte, de crainte que le stockage devienne définitif.
Dans la ville de Tôkyô, il y a 982 tonnes de déchets radioactifs qui sont, à une tonne près, entreposés sur une parcelle gagnée sur la mer, sans voisin.
La province de Saïtama, toujours dans la banlieue de Tôkyô, a 245 tonnes de cendres radioactives, mais elle ne les a pas fait enregistrer comme déchets radioactifs pour ne pas avoir à rechercher un site. Elle espère pouvoir s’en débarrasser discrètement plus tard. Pour cela, elle mise sur la décroissance radioactive qui devrait faire passer ces déchets sous la barre des 8 000 Bq/kg.
Fin 2013, il y en avait 140 843 tonnes de déchets radioactifs réparties dans 12 provinces.

• Toujours avec l’approche du troisième anniversaire, les bilans continuent dans la presse japonaise. 21 480 hectares de terrains agricoles ont été endommagés par le tsunami dans les provinces d’Aomori, Iwaté, Miyagi, Fukushima, Ibaraki et Chiba. Parmi eux, 2 120 hectares se trouvent en zone évacuée à cause de la radioactivité, soit 10%.
Ce printemps, 70% des terrains agricoles endommagés par le tsunami pourront être cultivés. C’était 63% l’an dernier. Il y a le problème de la salinité des sols, et surtout la réfection des digues dans les zones côtières.
En ce qui concerne les ports de pêche, 143 sur 319 ont été réparés.

• TEPCo est toujours à la peine avec l’eau radioactive : des records viennent d’être battus dans deux puits, ce qui prouve que le problème continue à s’aggraver.
Il y a le puits 2-8 situé près du littoral : la contamination en tritium y est de 950 Bq/L, qui la plus forte valeur enregistrée pour ce puits. (Prélèvement du 2 mars 2014).
Il y a aussi le puits E3, situé en amont des réacteurs, pas très loin de la cuve qui a fui lors de l’été 2013 : la contamination en tritium y est de 3 500 Bq/L, qui est aussi la plus forte valeur enregistrée pour ce puits. (Prélèvement du 4 mars 2014).
Un peu plus en aval, mais toujours en amont des réacteurs, le puits de pompage de l’eau souterraine n°12 a une contamination en tritium de 1 200 Bq/L, plus forte valeur enregistrée pour ce puits. (Prélèvement du 4 mars 2014).
En amont des réacteurs, il y a le problème de la fuite massive qui a eu lieu depuis une cuve et qui se retrouve en partie dans la nappe. Mais cela n’explique pas tout car la tendance devrait être nettement à la baisse depuis. En fait, ce que n’explique pas TEPCo, c’est qu’on ne sait pas stocker le tritium. Il s'échappe des cuves, essentiellement sous forme gazeuse, pour se retrouver dans l’eau de pluie, puis dans la nappe phréatique. L'ordre de grandeur pour un fût est de 1% du tritium contenu qui s'échappe par an.

Mercredi 5 mars 2014 :
• L’IRSN et le CEPN organisent à Paris un séminaire sur le programme « ICRP Dialogue Initiative » à Fukushima. L’information est restée assez confidentielle : rien sur les sites internet des organisateurs ! Etonnant pour une démarche dite de dialogue… Cela ressemble plutôt à un séminaire d’autosatisfaction. (Programme disponible à l’ACRO sur demande).

• Le gouvernement japonais qui ne sait plus quoi faire pour sauver le surgénérateur Monju fait appel à la France en espérant qu’elle collaborera. S’il avoir à faire valoir un intérêt international, n’est pas la preuve que Monju est utile ? Le pire, c’est que la France pourrait accepter alors que cette filière est sans avenir à cause des risques encourus. Un surgénérateur refroidi au sodium est bien trop dangereux.

• Un groupe d’habitants d’Iitaté a présenté un projet de réhabilitation au maire du village : ils veulent reconstruire leur vie dans le district de Fukaya. La demande inclut des logements pour les personnes âgées et prévoit, entre autres, la culture de fleurs, l’installation d’une immense centrale solaire… pour relancer l’économie locale de ce village classé parmi les 100 plus beau du pays.

• La cabinet du premier ministre a mis en ligne une présentation succincte des mesures mises en place ou à venir pour faire faire au problème de l'eau contaminée. C'est ici en anglais.

Mardi 4 mars 2014 :
• TEPCo organise un voyage de presse le 10 mars prochain, la veille de l’anniversaire de la catastrophe.

Lundi 3 mars 2014 :
• Comme tous les lundis, TEPCo fait le point sur le retrait des combustibles usés de la piscine du réacteur n°4. Elle en est à 418 assemblages sur 1 533, ce qui fait 19 transports. Mis à part le premier transport test avec 22 assemblages neufs, elle a retiré 396 assemblages usés.

• Suite à la fuite d’un mois sur une cuve durant l’été 2013, TEPCo avait foré plusieurs puits de contrôle de l’eau souterraine en aval. La contamination en tritium du puits E3 vient d’atteindre 3 300 Bq/L, ce qui la plus forte valeur pour ce puits. (Prélèvement du 1er mars 2014). Il y a 24 000 Bq/L dans le puits E10.

• Le débordement récent de 100 m3 d’eau contaminée d’une cuve pleine à 98% a conduit la NRA à demander à TEPCo à limiter à 95% le remplissage des cuves pour prévenir d’autres débordements en cas de fort séisme. TEPCo a refusé, mettant en avant le manque de place…

• La NRA a absorbé la Japan Nuclear Energy Safety Organization et récupéré 380 employés. Elle a donc maintenant un millier d’employés environ.

• La pénurie de main d’œuvre ralentit toujours les travaux de reconstruction dans les régions frappées par la triple catastrophe. Le manque de matériaux de construction est un autre obstacle. Le gouvernement a aussi créé plus de 20 000 postes pour aider les réfugiés rien qu’à Miyagi.
Cela rejaillit sur d’autres secteurs d’activité : une usine de transformation du poisson qui a repris ses activités à Kesennuma (Miyagi) n’a plus qu’une cinquantaine d’employés alors qu’ils étaient une centaine avant 2011. La construction paye près de 10 000 yens par jour, un gardien d’un village de préfabriqués pour réfugiés, 8 000. Les 6 000 yens par jour proposés par l’usine de transformation du poisson ne sont pas attractifs.
60% des maires des communes affectées par le séisme et le tsunami pensent que les travaux pour les JO de 2020 seront prioritaires et que cela va retarder encore plus la reconstruction. L’Asahi a interrogé 42 maires de villes côtières ou de la zone évacuée de Fukushima. L’agence de presse Kyodo aussi : il sont plus de la moitié à se plaindre des délais. Les maires de Namié et Futaba, communes évacuées à cause de la radioactivité, n’ont vu aucun progrès.
Des chantiers pour les JO ont déjà commencé : il y en a pour 500 milliards de yens (3,6 milliards d’euros). Il faut ajouter 6 000 milliards de yens (43 milliards d’euros) dans des routes et autoroutes. Les JO devraient coûter jusqu’à 20 000 milliards de yens (143 milliards d’euros).
Les prix de la construction augmentent et les pouvoirs publics du Tôhoku ne peuvent plus suivre : Aïzu-Wakamatsu a eu du mal à trouver un constructeur pour loger 2 000 réfugiés d’Ôkuma. Il a dû lancer plusieurs appels d’offre en augmentant les prix de 6% pour pouvoir y arriver. Le prix du béton a augmenté de 45% environ.

• Les autorités ont classés les territoires évacués en trois zones en fonction de la contamination. Le calendrier de retour n’est pas le même et les indemnités non plus. A Ôkuma et Futaba, les mairies ont obtenu une indemnisation uniforme. Mais ce n’est pas le cas à Tomioka et les réfugiés ne comprennent pas cette différence de traitement. Ceux qui sont originaires d’une zone où la contamination est la plus forte ne pourront pas revenir et ont droit à plus. Mais de nombreux habitants des autres zones ne reviendront pas et veulent bénéficier des mêmes aides, selon le Maïnichi. Le retour ne sera pas possible avant 2017 dans cette commune et les sondages montrent que seulement 12% des habitants veulent rentrer. Ils vont donc tous souffrir longtemps. Pour cette différence de traitement ?
A Hirono, située entre 20 et 30 km de la centrale de Fukushima daï-ichi, il y a eu ordre de se mettre à l’abri, puis d’évacuer. L’ordre a été levé en septembre 2011 et l’indemnisation a cessé en août 2012. Pourtant, seulement 1 300 personnes sur 5 200 sont rentrées. Les habitants se plaignent de l’arrêt de l’aide alors qu’il est difficile de rentrer sans travail ni services publics.

• 15 884 décès et 2 636 disparus : tel est le dernier bilan de la triple catastrophe. Cela fait un total de 18 520 victimes.

Dimanche 2 mars 2014 :
• Selon un sondage pour l’agence de presse Kyodo, seulement 37 (24%) des 156 autorités locales situées à moins de 30 km d’une centrale nucléaire ne donneront leur accord à un redémarrage, même si l’autorité de sûreté donne son feu vert. Parmi elles, 13 le feront sans condition et 24 demanderont des garanties. 66 communes ou provinces (42%) se déclarent incapables de prendre une décision. Enfin 32 y seront opposées, même si la NRA donne son accord.
Sur les 156 entités interrogées en février 2014, il y a 135 communes et 21 provinces.

• 33,8% des enfants affectés par les trois catastrophes qui ont frappé le Tôhoku en 2011 souffrent de troubles de stress post-traumatique. L’étude a été menée sur 198 enfants d’Iwaté, Miyagi et Fukushima âgés de 3 à 5 ans en 2011. Une étude comparable a été menée à Mié, loin de la zone. Il n’y avait que 3,7% des enfants qui montraient des troubles de stress post-traumatique.

Samedi 1er mars 2014 :
• A l’approche du 3ième anniversaire, c’est l’heure des bilans. Suite aux trois catastrophes, il y a encore 267 000 réfugiés, dont 100 000 vivent dans des logements préfabriqués. Les autorités régionales de Fukushima recensent encore 136 000 réfugiés dont la vie reste difficile.

• Les procureurs ont décidé de ne poursuivre personne suivre au triple accident nucléaire à Fukushima daï-ichi. Etaient visés, l’ancien premier ministre Naoto Kan au moment de la catastrophe, des membres de la précédente autorité de sûreté ou l’ancien PDG de TEPCo. Il y a eu une manifestation à Tôkyô pour protester contre cette décision.
La rapport d’enquête parlementaire avait conclu à une catastrophe d’origine humaine, mais sans coupable…
Les plaignants ont décidé de faire appel. D’autres plaintes ont été déposées contre TEPCo à propos des indemnisations ou au civil.

Vendredi 28 février :
TEPCo a mis en ligne des statistiques sur les doses enregistrées par les travailleurs sur le site de sa centrale. En janvier 2014, il y a eu 924 employés de TEPCo et 5 813 sous-traitants qui prennent les doses les plus fortes. Aucun employé de TEPCo n’a pris plus de 5 mSv en un mois alors que c’est le cas de 247 sous-traitants.
Ils sont 32 034 à être passés sur le site depuis le début de la catastrophe.

• Suite de la fuite de 100 m3 d’une cuve suite à une accumulation d’erreurs humaines. Dans un nouveau document mis en ligne (en japonais uniquement), on voit une photo de l’étendue de la flaque. TEPCo a pompé l’eau qui a fui et a retiré la terre contaminée. Il y a aussi des photos. Elle a récupéré 42 m3 d’eau et retiré 130 m3 de terre. De la terre contaminée inaccessible aux engins reste. TEPCo veut aussi creuser 3 puits pour surveiller l’eau souterraine à proximité.
La compagnie suspecte toujours un acte de malveillance concernant les vannes qui étaient ouvertes alors qu’elles n’auraient pas dû l’être. Elle a mis des cadenas et montre les photos. Elle va aussi installer des caméras de surveillance.

• Comme cela faisait longtemps, des données sur les sédiments marins devant la centrale qui sont toujours fortement contaminés en césium.

• Les pêcheurs de Fukushima ne pêchent que 32 espèces, les font contrôler avant de les mettre sur le marché. Ils ont adopté une limite de 50 Bq/kg, qui est la moitié de la limite gouvernementale. Mais ils ont récemment pêché une rascasse à 110 Bq/kg au large d’Iwaki. Les 13,2 kg de rascasse ne seront pas commercialisés et les 2,5 kg pêchés la veille seront repris, même s’ils ne dépassaient pas la limite. La pêche à la rascasse est suspendue.

• La levée de l’ordre d’évacuer les villages d’Iitaté et de Katsurao va être reportée d’un an à cause du retard pris dans les travaux de décontamination. 2 120 personnes vivaient dans les zones concernées de ces deux villages, où l’exposition externe devrait être inférieure à 20 mSv/an. La nouvelle date annoncée, mars 2015, n’est pas sûre. Pour les zones plus contaminées, où l’exposition externe pourrait atteindre une valeur comprise entre 20 et 50 mSv/an, le gouvernement garde l’objectif de mars 2016.
Ce n’est pas le seul endroit où les retards s’accumulent.

• Le gouvernement a approuvé la loi de libéralisation du marché de l’électricité. Actuellement, 10 compagnies d’électricité se partagent le marché avec un monopole régional. Une nouvelle entité va être mise en place pour coordonner l’offre et la demande. En 2016, ce sera l’ouverture du marché pour les petits consommateurs. Puis, entre 2018 et 2020, les compagnies devront séparer le réseau de distribution de la production pour faciliter l’entrée sur le marché de nouveaux producteurs.

Jeudi 27 février :
• L’eau des puits situés en amont des réacteurs, où TEPCo veut pomper pour la rejeter en mer avant qu’elle ne se contamine plus, est systématiquement contaminée en tritium, jusqu’à 1 100 Bq/L. Cela vient des fuites des cuves car on ne sait pas stocker le tritium. Voir les prélèvements du 25 février.
En aval des réacteurs, la contamination en tritium peut atteindre 220 000 Bq/l (prélèvement du 24 février). L'eau s'y contamine avec de nombreux autres éléments.
On en retrouve aussi systématiquement en mer au large de la centrale, à des teneurs beaucoup plus faibles grâce à la dilution. Il faut ajouter la contribution directe des réacteurs. Il y a aussi du césium et du strontium. Voir les prélèvements de novembre 2013 près de la centrale et au large (affichés récemment).

• Une équipe de chercheurs japonais a étudié les doses reçues par des habitants vivant en bordure de la zone évacuée. Les résultats ont été publiés dans une revue scientifique en libre accès. Des données complémentaires sont ici.
Ils ont sélectionné 483 personnes vivant à Kawauchi et dans le district de Haramachi à Minami-Sôma, situés entre 20 et 30 km de la centrale de Fukushima daï-ichi, ainsi qu’à Tamano, commune de Sôma, située plus loin, en bordure d’Iitaté. Ces personnes ont porté un dosimètre pendant deux mois en Août-Septembre 2012. Les résultats ont été relevés et la contribution de la radioactivité naturelle soustraite. Ils ont aussi contrôlé la nourriture de 117 personnes et les poussières pour évaluer l’exposition interne.
L’irradiation externe varie beaucoup d’un individu à l’autre. A Kawauchi, la dose reçue varie de 0,04 mSv à 1,2 mSv pour deux mois (0,24 mSv à 7,2 mSv si l’on extrapole à l’année). La personne qui a pris le plus est retournée régulièrement dans sa maison située en zone évacuée. La deuxième plus forte dose à Kawauchi a été prise par une personne qui va travailler en forêt. D’autre, avec des doses élevées ont participé à des travaux de décontamination. A Haramachi, les doses étaient comprises entre 0,14 mSv et 0,40 mSv sur deux mois (0,84 mSv et 2,4 mSv si l’on extrapole à un an). A Tamano, c’était compris entre 0,17 mSv et 1,1 mSv sur deux mois (1,02 mSv et 6,6 si l’on extrapole sur un an).
L’exposition interne liée à la nourriture ou à l’inhalation de poussières a été calculée à partir des mesures et conduit à des valeurs plus faibles. La valeur maximale pour la nourriture est de 0,120 mSv par an. Il faut noter que ce calcul est très approximatif car la contamination des aliments varie beaucoup en fonction de la saison. Or les mesures ont été faites sur tous les aliments consommés pendant 24 heures. La consommation d’un ou deux aliments plus contaminés que la moyenne un autre jour peut conduire à de forts changements.
En ce qui concerne l’inhalation de poussières, les auteurs de l’études évaluent la contribution la plus élevée à 0,023 mSv/an pour un adulte et à,027 mSv/an pour un enfant.
Cette étude confirme donc d’autres études qui montrent que c’est bien l’exposition externe qui domine et que les variations peuvent être très grandes d’un individu à l’autre. Les auteurs comparent ces résultats à l’exposition naturelle, mais les règles de radioprotection n’y font pas référence car cela s’ajoute. Ils se hasardent ensuite à calculer la dose sur 10 ans, jusqu’en 2022 et à calculer le nombre de cancers engendrés. Ces derniers calculs doivent être pris avec précaution, surtout en ce qui concerne l’impact sanitaire des faibles doses encore mal compris.

Mercredi 26 février :
• Suite aux scandales à répétition lors de l’été 2013 concernant les fuites d’eau en mer, le gouvernement s’était engagé à prendre les choses en main et a proposé de financer une barrière souterraine gelée tout autour des 4 réacteurs pour isoler les sous-sols des réacteurs des écoulements souterrains.
Il s’agit de creuser les puits d’une trentaine de mètres de profondeur, d’y faire circuler un liquide réfrigérant à -40°C. Le projet coûterait plus de trente milliards de yens (214 millions d’euros).
Les premiers tests devraient avoir lieu bientôt et seront lancés, au plus tôt, le 11 mars prochain, jour anniversaire. Ils concerneront une surface de 100 m2 seulement à proximité du réacteur n°4. Le gel devrait prendre un mois.
Il s’agit de tester l’étanchéité de la solution malgré la présence de tuyaux, galeries… Les travaux à grande échelle devront démarrer plus tard durant l’année. Le mur devrait alors aller jusqu’à 35 m de profondeur car de la contamination a été détectée si bas.
Personne ne sait si cette solution ne va pas modifier la stabilité des sols, ni elle est pérenne car le chantier est là pour des décennies.

• La province de Fukushima a dépensé 1,7 milliard de yens (12 millions d’euros) pour combattre les « rumeurs néfastes » et promouvoir l’économie locale. C’est 4 fois plus que l’année précédente. Les produits agricoles locaux se vendent toujours mal.

• Le Japon possède 331 kg de plutonium de qualité militaire qui vient du Royaume Uni et qui lui a été fourni par les Etats-Unis pendant la guerre froide. Depuis 2010, les Etats-Unis réclament au Japon de rendre ce matériau proliférant. Le Japon a finalement cédé et demande du plutonium de moins bonne qualité à la place pour continuer son effort de recherche. Dire qu’il a une usine toute neuve d’extraction de plutonium qui n’a jamais servi car elle ne fonctionne pas.
Ce plutonium est à Tôkaï (Ibaraki). L’annonce officielle devrait être faite au sommet sur le sécurité nucléaire de La Hague les 24 et 25 mars 2014.

• Une des deux lignes de la station ALPS de traitement des eaux en cours de test est à nouveau tombée en panne. L’autre ligne traite 250 m3/j.

• Les médias ont été invité à visiter la salle de commande des réacteurs 1 et 2 de la centrale de Fukushima daï-ichi qui a dû être abandonnée au tout début de l’accident car le débit de dose y était trop élevé.

Mardi 25 février :
• L’exploitant de la centrale de Tôkaï (Ibaraki), la Japan Atomic Power Company, veut déposer une demande d’autorisation de redémarrage pour son réacteur. Elle va auparavant signer un accord avec 11 communes environnantes dans lequel elle s’engage à venir s’expliquer avant de déposer le dossier. Un problème majeur est l’absence de plan d’évacuation dans un rayon de 30 km où vivent près d’un million de personnes.

• Le refroidissement de la piscine du réacteur n°4 a été stoppé suite à un court-circuit. Ce sont des travaux de creusement au sud qui ont endommagé le câble électrique. Le refroidissement a repris 4 heures plus tard. Le retrait des combustibles usés a aussi été suspendu. La température de l’eau de la piscine n’a presque pas changé.
Photos et explications en japonais. Communiqué de presse en anglais.

• C’est bien connu, le césium s’accumule dans les sédiments et c’est particulièrement vrai dans les bassins, lac, réservoirs qui recueillent l’eau de pluie qui lessive les sols. Selon une étude de la province de Fukushima et du ministère de l’agriculture, la concentration en césium radioactif dépasse 8 000 Bq/kg dans les sédiments de 576 réservoirs agricoles utilisé pour l’irrigation sur 1 939 contrôlés. Il y en a 3 730 en tout. 8 000 Bq/kg constitue la limite à partir de laquelle les autorités japonaises considèrent que les boues de station d’épuration, les cendres d’incinérateur et les déchets issus de la décontamination doivent être traité comme déchets radioactifs.
Parmi ces réservoirs, il y en a 14 où la contamination dépasse 100 000 Bq/kg. Cela monte à 370 000 Bq/kg à Motomiya ou 390 000 Bq/kg à Futaba.
108 des 576 bassins de rétention contaminés sont en zone évacuée. Et 9 sur les 14 les plus fortement contaminés sont aussi en zone évacuée.
En été, quand le niveau de l’eau est bas, le débit de dose à proximité augmente. Les autorités régionales s’inquiètent aussi pour les champs et rizières irriguées, même si le niveau de contamination de l’eau reste faible. En cas de sécheresse, la boue pourrait devenir poussière et contaminer les environs. Cependant, le ministère de l’environnement n’a aucune intention de curer ces bassins. Et celui de l’agriculture renvoie vers l’environnement car la décontamination n’est pas de sa compétence. Il se contente de transmettre l’information. Et s’il le faisait, il ne pourrait pas se faire indemniser par TEPCo.
Les autorités régionales ont évalué à 15,4 milliards de yens (plus de 100 millions d’euros) le coût de la décontamination et de la prise en charge des déchets. Le gouvernement pourrait commencer par les réservoirs les plus contaminés en zone non évacuée.

• Le gouvernement a rédigé son nouveau programme énergétique qui devrait être adopté en mars prochain. Il ne change quasiment pas, même s’il insiste plus sur les énergies renouvelables. Le nucléaire reste une énergie de référence, sans valeur cible quant à sa part. Personne ne peut dire combien de réacteurs seront autorisés à repartir, ni quand. Ce qui est fort probable, c’est qu’au moins un tiers du parc ne reparte jamais.
Le gouvernement maintient aussi l’option du retraitement, même si ni l’usine de retraitement ni le surgénérateur Monju ne marchent.
Le nouveau plan ne propose rien pour les déchets radioactifs et joue sur les mots : le nucléaire passe du statut d’énergie de base à énergie en base, c’est à dire la part de l’électricité qui ne varie entre le jour et la nuit et au fil des saisons.
Bref, cette nouvelle stratégie énergétique est bien vague.

• On le sait, les mesures de contamination bêta total de TEPCo étaient fausses quand la contamination est forte. La compagnie a mis 6 mois à rendre public ce scandale.
Dans un communiqué en anglais, elle annonce qu’elle va demander de l’aide à l’extérieur pour expertiser ces procédures de mesure et faire des essais inter-laboratoire. Elle va aussi s’adresser à l’international.

• Le gouvernement tente toujours de faire accepter ces deux centres d’entreposage des déchets les plus radioactifs issus de la décontamination à Futaba et Ôkuma. Le gouverneur de Fukushima voulait que soit inscrit dans la loi que ces centres ne sont là que pour trente ans et que les déchets seront mis ailleurs par la suite, conformément aux promesses faites. Mais le gouvernement ne le veut pas il sait très bien que ce n’est pas réaliste. Qui acceptera ces déchets dans 30 ans ?

• TEPCo indemnise le stress dû à l’évacuation à hauteur de 100 000 yens par personne et par mois (715 euros). Elle compense aussi la perte de revenu, mais elle veut cesser à partir de février 2015 sous prétexte que le marché de l’emploi s’est amélioré. Cela va à l’encontre des instructions du comité gouvernemental qui stipule que TEPCo doit payer aussi longtemps que les revenus sont inférieurs à leur niveau d’avant la catastrophe.

• Retour sur la fuite de 100 m3 d’eau contaminée d’une cuve. En plus d’avoir négligé le contrôle des vannes et l’alarme, les personnes sur place n’ont pas remarqué que le niveau de l’eau dans la cuve qui devait être remplie ne bougeait pas, bien qu’elle était équipée d’une jauge. TEPCo a mis 9 heures pour se rendre compte de la fuite. Cela avait pris un mois lors de l’été 2013. C’est un progrès significatif, mais c’est encore inacceptable. C’est toute la culture de sûreté qui est à revoir.

• L’Institut océanographique de Bedford à Vancouver au Canada a détecté l’arrivée de la contamination en césium en provenance de Fukushima sur la côte Ouest du pays. La concentration est faible, mais la présence de césium 134 signe une origine récente. Les premières traces, à moins de 1 becquerel par m3 ont été vues en juin 2013. La modélisation prévoit une concentration de 2 à 27 Bq/m3 à la mi-2015.

• A Hirono, commune située à une trentaine de kilomètre de la centrale, les habitants ont d’abord été confinés, puis encouragés à partir. Le conseil à l’évacuation a été levé après 6 mois. Pourtant peu d’habitants sont rentrés. Ils étaient plus de 5 000 avant le 11 mars 2011, ils sont actuellement 1 352. L’économie locale ne repart pas. Les magasins, restaurants restent fermés. En revanche, il y a environ 2 500 travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi dans des dortoirs, hôtels et autres hébergements. Un propriétaire de « combini » (magasin dépanneur ouvert 24h/24, 7j/7) a vu ses ventes augmenter depuis la catastrophe. La municipalité a donc le projet de développer l’accueil des travailleurs.
Les habitants sont divisés : certains y voient une bonne opportunité pour relancer l’économie locale. D’autres craignent l’insécurité, ce qui n’est pas sans vexer les travailleurs en question.

Lundi 24 février :
• Retour sur la levée de l'ordre d'évacuer le district de Miyakoji à Tamura à partir du 1er avril 2014. Il y avait 358 âmes dans ce hameau (117 familles) avant la catastrophe et les travaux de décontamination sont terminés depuis juin 2013. Les habitants pouvaient rentrer pour réparer leur maison.
Lors de la réunion publique organisée par les autorités le 23 février dernier, qui a duré 3 heures, ils étaient une centaine.
C'est un début, le gouvernement espère lever l'ordre d'évacuer de 6 communes dans les deux ans à venir : 30 000 personnes auront à décider ce qu'elles font, rentrer ou refaire leur vie ailleurs. Pour trois communes, ce devrait être dès ce printemps.
Le représentant de l'agence de reconstruction gouvernementale a expliqué que l'ordre d'évacuer est en contradiction avec la liberté de choisir son lieu de vie garantie par la constitution. Il se réjouit donc que cette liberté soit recouvrée partiellement. Ce sont surtout les coûts liés aux indemnisations des évacuations qui le motive.
Les avis des habitants sont mitigés. Certains sont contents car les entreprises du bâtiment seront moins hésitantes à venir y travailler. D’autres sont contents pour l’agriculture : trois familles ont repris les cultures et espèrent que cette décision leur permettra de lutter contre les « rumeurs néfastes ».
D’autres, surtout avec des petits enfants, demandent une décontamination plus poussée car elle est limitée aux environs immédiats des habitations et autres lieux de vie. Lors d’un retour en famille, un habitant a expliqué que ses enfants sont allés jouer dans des zones non décontaminées, sans le savoir. Il demande donc que le point de vue des parents soit pris en compte avant de lever l’ordre d’évacuer. Sa décision est prise, il ne rentrera pas.
Comme nous l’avons déjà répété, la limite de dose fixée pour le retour est toujours de 20 mSv/an en supposant que les habitants passent 8 heures par jour à l’extérieur. C’est trop, et en contradiction avec les recommandations de la CIPR. 20 mSv/an, c’est pour la phase d’urgence, qui est terminée depuis longtemps. Mais les autorités espèrent que les habitants adapteront leur mode de vie pour limiter leur exposition.
Pour relativiser cette limite de dose, une grande partie de la presse française a copié-collé une dépêche AFP qui explique que « une radio effectuée dans un hôpital délivre quelque 10 millisieverts, d'après l'Institut national des sciences radiologiques du Japon. » (Voir ici par exemple) Ce chiffre est complètement farfelu. Une radio dentaire, d’un bras, jambe… c’est mille fois moins. Pour l’abdomen, c’est moins de 1 mSv. Un scanner peut atteindre 10 mSv. (Voir ce document IRSN-INVS).
Et puis ces doses médicales, qui ne sont inoffensives, viennent s’ajouter aux doses liées à la pollution. Ce n’est pas l’un ou l’autre, mais l’un et l’autre.
Voir des photos prises par Greenpeace à Tamura.

• Les experts de la NRA qui sont allés ausculter la faille sous la centrale de Higashidôri (Aomori) sont partagés. Il n’y a donc pas consensus sur le fait que cette faille soit active ou pas.

• Le ministère de la santé et des affaires sociales va contrôler la thyroïde de 1 972 travailleurs qui étaient présents sur le site de la centrale au début de la catastrophe et qui auraient eu une dose à la thyroïde supérieure à 100 mSv. L’équipe devrait ausculter la thyroïde de près de 2 000 autres travailleurs qui auraient reçu une dose inférieure afin de comparer.
TEPCo avait d’abord déclaré 178 travailleurs ayant reçu une dose supérieure à 100 mSv à la thyroïde à l’OMS, avant que le ministère ne revoit ce chiffre à la hausse.

TEPCo a de nouveau reçu 145,6 milliards de yens (1 milliard d’euros) d’aide sans intérêt. C’est la 25ième aide.

• Voir une synthèse de TEPCo en japonais sur la dernière fuite de 100 m3.

Dimanche 23 février :
• Les autorités japonaises ont redéfini les territoires évacués en trois zones. Dans la partie la moins contaminée, les populations sont autorisées à rentrer chez elles durant la journée pour faire des travaux, mais pas à dormir sur place. Sauf dans le district de Miyakoji de Tamura où il est possible de rester dormir chez soi, sans que l'ordre d'évacuer ne soit levé. Cet ordre devrait être levé le 1er avril 2014. Les habitants continueront à toucher une indemnisation pendant un an. C'est la première fois que des habitants pourront officiellement rentrer chez eux. Combien rentreront ?

• L'université médicale de Fukushima et la CIPR ont signé un accord (ici en anglais). Il n'y a pas de clause de secret cette fois-ci, comme c'était le cas avec l'AIEA.... (Source en japonais).

Samedi 22 février :
• 5 000 résidents de Fukushima(-ville), Kôriyama et Iwaki s'apprêtent à déposer une demande d'être mieux indemnisés. Ils ont reçu 120 000 yens  chacun (860 euros) en dédomagement du stress occasionné par la catastrophe. Les femmes enceintes et les enfants, ont reçu 600 000 yens en plus (4 300 euros).
Ces personnes estiment que cela ne suffit pas et que la différence est énorme par rapport aux personnes qui ont dû évacuer. Elles réclament donc 1 million de yens (2 millions pour les femmes enceintes et les enfants) pour les trois années écoulées et une indemnisation jusqu'à ce que la radioactivité ait retrouvé les niveaux d'avant la catastrophe.

• L'Union européenne devrait alléger la surveillance des produits alimentaires en provenance du Japon à partir du 1er avril prochain. Cette décision repose sur le contrôle de 85 000 produits. La surveillance va continuer pour certains produits de Gunma, Ibaraki, Tochigi, Miyagi, Saitama, Iwaté et Chiba.

• La NRA a commencé à inspecter les failles sous la centrale de Shika (Ishikawa). Un trou de 40 m de profondeur a été creusé à cet effet, ainsi qu'un tunnel. La faille S1 passe sous le réacteur n°1 et pourrait être active.

• TEPCo exclut maintenant la panne de la valve pour expliquer la fuite de 100 m3 d'eau contaminée et cherche qui a bien la laisser en position ouverte. Des photos montrent qu'elle fonctionne correctement. La manivelle pour l'ouvrir et la fermer est restée en place alors qu'elle n'aurait pas dû.
Il a fallu que trois vannes soient laissées ouvertes pour que l'eau aille dans la mauvaise citerne, déjà pleine, alors qu'elles auraient dû être fermées. Comment est-ce possible ? Et puis, l'alarme a été ignorée.
Hideka Morimoto, secrétaire général adjoint de l'autorité de sûreté, la NRA, se pause des questions sur la compétence de TEPCo. Les erreurs sont trop nombreuses. Est-elle capable d'exploiter des réacteurs nucléaires ? La NRA va aussi consulter l'AIEA sur l'opportunité de classer cet incident sur l'échelle INES. Elle ne peut pas décider toute seule ? Il ne s'agit que d'une échelle de communication.

• Seulement 68% des débris du tsunami des zones non évacuées de Fukushima ont été traités, alors que c'est 98% à Iwaté et Miyagi. Il y en avait près de 17 millions de tonnes en tout, dans ces trois provinces.

• Bien que le réacteur Monju n'ai fonctionné que quelques mois depuis 1994, qu'il cumule les déboires, le gouvernement japonais s'y accroche et ne veut pas l'abandonner. Il a coûté plus de 1 000 milliards de yens (10 milliards d'euros) pour rien. La nouvelle loi sur l'énergie, en préparation, maintient cet équipement. Il n'est pas sûr que l'autorité de sûreté donne son feu vert.

• L'autoroute Joban qui passe dans la zone interdite des 20 km a été réouverte après décontamination. Les panneaux d'affichage donnent aussi des informations sur le débit de dose dans cette zone...

Vendredi 21 février :
• Retour sur la fuite de 100 m3 d'eau très contaminée annoncée la veille : deux valves avaient été laissées ouvertes et une autre était endommagée selon TEPCo. Et l'eau était allée dans une cuve déjà pleine qui a débordé. L'alarme avait aussi été supposée défectueuse par les ouvriers qui n'avaient rien vu.
Maintenant, la valve ne serait peut-être pas endommagée et c'est l'erreur humaine qui est mise en avant. Les vannes auraient été laissées ouvertes par mégarde.
L'eau reste le cauchemar quotidien de TEPCo. Elle en a 520 000 m3 dans des cuves, dont 340 000 m3 d'eau fortement contaminée.
La NRA avait classé au niveau 3 de l'échelle INES la fuite de 300 m3 de l'été 2013. Va-t-elle classer cette nouvelle fuite ?
Document en anglais.

Jeudi 20 février :
• Le nombre de décès officiellement liés à l'évacuation à Fukushima est maintenant de 1 656. C'est beaucoup comparé aux deux autres provinces touchée par le tsunami : l'évacuation des côtes a entraîné 434 décès à Iwaté et 879 à Miyagi. 90% des personnes décédées à cause du stress et des mauvaises conditions de vie avaient plus de 66 ans.
C'est à Minami-Sôma qu'il y a eu le plus de décès post-accidents : 447. Suivi par Namié, 317 et Tomioka, 225.
La reconnaissance officielle du lien avec l'évacuation intervient quand la famille réclame une indemnisation, après validation par une commission ad-hoc. Parmi les causes, il y a le manque de soin, le suicide, l'isolement... Cette procédure avait été mise en place après de séisme de 2004 à Niigata. Mais il n'y a plus eu de décès post-catastrophe après un mois. Avec la catastrophe nucléaire, cela continue après presque 3 ans.
A titre de comparaison, le séisme et tsunami ont provoqué 1 607 décès ou disparus à Fukushima et environ 18 000 sur tout le Japon.

TEPCo a annoncé une fuite de 100 m3 environ d'eau fortement contaminée sur une cuve qui a débordé.
L'eau de cette cuve avait déjà été partiellement décontaminée dans l'installation SARRY qui retire du césium. La contamination en bêta total est de 230 millions de becquerels par litre. Si on multiplie par 100 m3=100 000 L, on arrive à une fuite de 23 000 milliards de becquerels en bêta total (23 TBq).
Parmi les radioéléments émetteurs gamma dans cette eau, on trouve 3 800 Bq/L en césium 134, 9 300 Bq/L en césium 137, 1 800 Bq/L en cobalt 60, 1 300 Bq/L en manganèse 54 et 41 000 Bq/L en antimoine 125. Le reste, c'est du strontium ?
Il y a un réceptacle au pied des cuves, entouré d'un muret pour retenir l'eau qui fuit. Mais l'eau qui a débordé est allée dans une gouttière qui part du sommet de la cuve pour rejeter l'eau de pluie au-delà du réceptacle. L'eau contaminée se serait donc écoulée dans le sol sans aller jusqu'à la mer située à 700 m. Elle aurait contaminé 870 m2 de terrain. La gouttière a été installée en novembre 2013.
TEPCo aurait immédiatement commencé à recueillir l'eau qui restait et la terre contaminée.
Deux vannes d'injection de l'eau dans la cuve seraient restées ouvertes et une troisième semble défectueuse. L'eau est allée dans une cuve pleine de la zone H6 au lieu d'aller vers la zone E.
TEPCo ne sait pas pourquoi deux vannes sont restées ouvertes. Une alarme a sonné vers 14h le mercredi 19 février, mais les ouvriers n'ont pas pu détecter d'anomalie. C'est la patrouille qui surveille les cuves qui a découvert la fuite, le même jour à 23h25. Il a encore fallu 6 heures pour arrêter la fuite.
Plus d'informations ici en anglais avec photos, plans etc. La fuite n'est pas sur la page Facebook de la compagnie...
La réaction de l'autorité de sûreté, la NRA, est ici en anglais.
Les pêcheurs de Fukushima ont exprimé leur inquiétude.

• Selon TEPCo, il ne reste plus qu'un seul thermomètre en état de fonctionner dans le réacteur n°2. Dans la partie inférieure de l'enceinte de confinement, il y avait plus que deux thermomètres, mais un a été détruit suite à une erreur humaine : un technicien a créé un court-circuit en appliquant une tension de 250 V au lieu de 100 V lors d'un test.
TEPCo a mis plus de 24 heures pour se rendre compte de la panne car le thermomètre défectueux affichait la même valeur que celui en état de marche. L'installation d'un nouveau thermomètre va prendre du temps à cause la radioactivité ambiante.
Avant la catastrophe, il y avait neuf thermomètres en bas de cette enceinte.

• TEPCo a du mal avec sa nouvelle station de traitement des eaux contaminées ALPS, supposée retirer 62 radioéléments. L'unité en cours de test devrait avoir une performance de 750 m3 par jour, mais la réalité est plus proche de 560 m3 par jour à cause des nombreux arrêts de maintenance et de contrôle.
TEPCo espère un démarrage en octobre 2014 avec un doublement de la capacité. Et le gouvernement devrait payer une autre ligne avec une capacité nominale de 500 m3/j. TEPCo arriverait à une capacité installée de 2 000 m3/j. Mais avec les performances actuelles, cela ferait plutôt 1 500 m3/j, sans compter les pannes.
Et cela ne suffira pas, comme le révèle le Yomiuri, journal promoteur de l'industrie nucléaire. TEPCo affirme avoir besoin de traiter 1 960 m3/j.
TEPCo injecte environ 360 m3 d'eau par jour dans les réacteurs pour les refroidir. Cette eau se contamine et s'enfuit dans les sous-sols. TEPCo pompe des sous-sols environ 760 m3/j. Les 400 m3 supplémentaires viennent des infiltrations d'eau souterraine.
Cette eau est traitée avec SARRY qui ne retire que le césium avant d'être réinjectée ou stockée.
TEPCo pompe aussi l'eau des tranchées entre les bâtiments turbine et les réacteurs, enlève une partie du césium et réinjecte l'eau dans la tranchée, comme expliqué dans la vidéo en anglais. Il est question de 20m3/h, ce qui fait 480 m3/j par installation. Et comme il y a deux installations mobiles, on arrive à un total de 960 m3/j. Mais cette eau ne doit pas entrer dans le bilan présenté par TEPCo.
Les 1 960 m3/j annoncés par TEPCo - 760 m3/j pompés dans les sous-sols = 1 200 m3 par jour pour traiter l'eau accumulée dans les cuves en un an ? Est-ce cela le calcul de TEPCo ? Le journal ne l'explique pas.
Pour le moment ALPS n'est pas au point : les performances sont moins bonnes que prévu pour certains radioéléments et elle génère beaucoup de déchets. Et même si elle était au point, elle suffirait pas selon TEPCo. Veut-elle que le gouvernement lui paye une quatrième chaîne de traitement ?

• Un groupe de chercheurs japonais et américains ont commencé à étudier l'impact de la radioactivité sur l'ADN d'une quarantaine de vaches restées à moins de 20 km de la centrale. Il vont comparer à des vaches d'Aomori qui n'ont pas été exposées. Dans l'équipe, il y a Timothy Mousseau, qui est connu pour ses travaux dans la zone interdite de Tchernobyl.

• Le ministère de l'environnement a mis en ligne, en anglais, une présentation de l'avancement de la décontamination.

• Les poissons pêchés dans le port devant la centrale sont systématiquement contaminés, à des valeurs souvent très élevées, avec un maximum à 171 000 Bq/kg pour les deux césiums. Dans un rayon de 20 km, plusieurs prises dépassent encore la limite maximale admissible de 100 Bq/kg. La pêche commerciale y est interdite.

Mercredi 19 février :
• Greenpeace Japon a invité ses homologues à un voyage à Fukushima. Greenpeace France nous délivre une chronique quotidienne sur son site.

• Une partie des cuves de stockage de l'eau contaminée de TEPCo ont été construites à la va-vite et les joints ont une durée de vie de 5 ans, sans compter la dégradation due aux radiations. Suite à la fuite de 300 m3 d'eau fortement contaminée d'une de ces cuves durant l'été 2013, qui était restée inaperçue pendant un mois, TEPCo s'était engagée à reprendre ces 750 cuves et les remplacer par d'autres plus solides. Les travaux devraient commencer en mars 2014 pour se terminer en mars 2015.

• La NRA a reçu 10 demande de redémarrage de réacteur en juillet 2013. 7 autres demandes sont venues s'ajouter depuis. La NRA devrait proposer, dès le mois prochain, une liste de réacteurs pour lesquels la fin de l'instruction sera menée en priorité. Elle va aussi procéder à des auditions publiques pendant quatre semaines sur le rapport final. Des réunions publiques seront organisées dans les communes proches des centrales concernées.

• Dans un discours en amont du troisième anniversaire du déclenchement de la catastrophe de Fukushima (ici en anglais), au-delà des déclarations de bonnes intention, le PDG annonce que l'indemnisation des victimes va coûter à la compagnie 4 900 milliards de yens (35 milliards d'euros - c'est prix de 10 EPR au tarif annoncé avant construction, ou de 4 EPR au tarif actuel). Tout cela sans connaître le calendrier de retour des populations. c'est donc un minimum optimiste.
Il confirme la décision de séparer TEPCo en deux entités, une en charge de la production et distribution de l'énergie, l'autre en charge de la décontamination et du démantèlement probablement appelée Fukushima D&D Engineering. Il n'est pas sûr que les résidents locaux acceptent l'utilisation du nom de la région... Il espère qu'elle va devenir une référence internationale en la matière. Faudrait que TEPCO commence par à apprendre à faire des mesures de la radioactivité qui sont justes !
Il propose aussi une vidéo en anglais et une page Facebook avec 778 j'aime !

• La contamination bêta total de l'eau du puits 1-16 est toujours très élevée : 2 millions de becquerels par litre dans le prélèvement du 17 février. C'était 3 millions dans celui du 13 février. Le record était de 3,1 millions.

• TEPCo a mis en ligne une vidéo en anglais qui explique, pendant 10 minutes, les mesures qu'elle a prises pour tenter de colmater les fuites en mer. Cette vidéo ne semble pas exister en japonais. Il n'est pas fait mention des erreurs de mesure...
Cette vidéo montre une action qui m'avait échappée : TEPCO pompe l'eau des galeries souterraines entre les bâtiments turbine et la mer, retire une partie du césium, et la réinjecte dans les galeries. Elle espère ainsi diminuer la contamination de cette eau et les fuites en mer. TEPCo parle d'eau purifiée dans sa vidéo, alors qu'elle toujours fortement contaminée en strontium, très radiotoxique. Cela a commencé en novembre 2013 et le niveau en césium aurait été divisé par 3 après une semaine de "purification". Il en reste donc aussi des dizaines de  millions de becquerels par litre dans l'eau "purifiée".
On voit aussi les tests de gel des passages vers ces galeries afin de ralentir, voire arrêter, les écoulements. Les images ont été prises avec de l'eau non contaminée dans une cuve de test.

Mardi 18 février :
• Selon l'Asahi, les compagnies d'électricité japonaises qui exploitent du nucléaire, investissent 1 620 milliards de yens (12 milliards d'euros) pour mettre leurs réacteurs aux nouvelles normes de sûreté. C'est 60% de plus que ce qu'elles avaient estimé il y a un an et cela pourrait encore augmenter en fonction des avis de la NRA. De nombreux réacteurs ne redémarreront jamais car ils sont trop vieux ou parce qu'ils sont sur des failles considérées comme actives. Il n'y a donc aucune garantie de résultat et les compagnies pourraient perdre beaucoup. Mais elles prennent le risque.
Les coûts sont plus élevés pour les réacteurs à eau bouillante.
Avec 300 milliards de yens (plus de 2,1 milliards d'euros), c'est Chubu Electric qui investit le plus. C'est le double du chiffre annoncé il y a un an. Et l'opposition au redémarrage de sa centrale de Hamaoka est forte. Elle avait été arrêtée sur ordre du premier ministre en mai 2011 à cause des risques encourus. Outre la faille Nankaï qui pourrait provoquer un séisme majeur, un accident couperait les principales liaisons entre l'Est et l'Ouest (autoroute, train à grande vitesse...).
TEPCo en est à 270 milliards de yens (1,9 milliards d'euros) pour sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa ; Kansaï Electric, 285 milliards de yens (2 milliards d'euros) ; Shikoku Electric 83,2 milliards de yens (600 millions d'euros).

• 7 communes de Shizuoka (Fujieda, Yaïzu, Shimada, Fukuroï, Iwata Yoshida et Mori), situées entre 21 et 30 km de la centrale de Hamaoka se plaignent de ne pas avoir assez d'information alors qu'elles doivent se préparer à faire face à une catastrophe nucléaire.
Chubu Electric a signé un accord avec quatre communes, Omaezaki et Makinohara situées à moins de 5 km et Kakégawa et Kikugawa à moins de 10 km. Elle s'est engagée à recueillir leur avis avant de redémarrer des réacteurs. Ces quatres communes ont été informées avant que Chubu Electric soumette sa demande de redémarrage à la NRA. Les 7 autres, l'ont découvert après. Elles réclament donc de signer un accord avec la compagnie, qui n'est pas favorable à ajouter des obstacles à sa demande de redémarrage.
Pour rappel, la zone de préparation à une situation d'urgence est maintenant de 30 km au Japon.

• TEPCo affirme qu'il faudra de 3 à 6 mois pour étudier les failles sous sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa.

• La NRA a mis en ligne le dernier bilan de la contamination de l'eau de mer, à proximité et au large.

Lundi 17 février :
• La NRA inspecte les failles sous la centrale de Kashiwazaki-Kariwa (Niigata), propriété de TEPCo. Il y en a 23 et tous les 7 réacteurs sont concernés, sauf le n°4. Il s'agit d'abord de déterminer si l'approche de TEPCo est correcte et d'observer la géologie dans une fosse creusée sur place.
TEPCo est convaincue, bien-entendu, que les failles ne sont pas actives et que tout va bien. Elle maintient son plan de redémarrer les réacteurs 6 et 7 en juillet 2014.
Le gouverneur de Niigata rechigne toujours à donner son feu vert au redémarrage, même si la NRA devait donner son accord. TEPCO a installé des filtres pour retenir une partie des radio-éléments en cas d'accident. Ces filtres ne retiennent pas l'iode par exemple. Mais le gouverneur veut un engagement que TEPCo ne décompressera pas son réacteur sans son accord en cas d'uregnce. C'est une exigence assez surprenante qui ne peut être acceptée par la NRA, même si elle part d'un bon sentiment : laisser le temps à la population de fuir avant rejet. TEPCo vient de faire des calculs et affirme pourvoir attendre 18 heures avant d'éventer l'enceinte de confinement en cas d'accident.

• TEPCo a rehaussé les barrières qui entourent les cuves pour pouvoir mieux retenir l'eau qui pourrait fuir ou l'eau de pluie qui se contaminerait. Mais la compagnie a trouvé 7 fuites au niveau de ces barrières. En un point, 19,2 m3 (19 200 litres) auraient fui et auraient été absorbés par le sol. La contamination en strontium 90 de l'eau restante serait de 23 Bq/L, ce qui est 2,3 fois plus que la limite que TEPCo s'est fixée pour pouvoir rejeter l'eau de pluie.

• Le ministère de l'environnement a annoncé avoir procédé à la décontamination de 80 000 habitations en dehors de Fukushima. Cela représente 59% des maisons à traiter dans 58 communes. Il y aurait une accélération qui s'explique par le fait que certaines maisons n'auraient plus besoin de décontamination après avoir effectué de nouvelles mesures.
Les travaux sont presque terminés à Chiba et Gunma, mais seulement 30% des maisons de Miyagi et d'Ibaraki qui doivent être décontaminées l'ont été.
Le tableau avec tous les chiffres est ici en japonais.

• Le gouvernement pourrait changer la finalité du surgénérateur Monju qui n'a presque jamais fonctionné afin de tenter de le sauver. Il va servir à étudier la transmutation des déchets. La même chose avait été envisagée pour Superphénix, mais c'est une supercherie : le réacteur n'est pas plus sûr et les bénéfices attendus sont extrêmement maigres. C'est ce qu'avait conclu la commission Castaing de 1996. Dans son cahier d'acteur pour le débat cigéo, l'IRSN écrit : "La séparation/transmutation consiste à retirer des déchets une partie des atomes radioactifs à vie longue pour les transformer en atomes à durée de vie plus courte. En dépit de l’avancée des recherches qui se poursuivent aujourd’hui, il est vraisemblable que ces opérations ne seront pas réalisables à l’échelle industrielle dans un proche avenir ni applicables aux déchets déjà produits. Par ailleurs, la transmutation nécessite de déployer un parc de réacteurs dits de quatrième génération dont la conception est encore à l’étude. De plus, la transmutation ne permet pas d’éliminer tous les radionucléides à vie longue et des déchets HA et MA-VL resteront à gérer même si cette technique est mise en oeuvre. Ainsi, dans l’état actuel des connaissances, la transmutation ne constitue pas par elle-même une solution suffisante pour gérer les déchets de ce type. L’IRSN estime en outre qu’elle n’apporterait pas un gain probant pour la sûreté."
Bref, le village nucléaire sait mieux recycler les mauvaises idées que les déchets...

• Les coopératives de pêche de Fukushima ont lancé un nouveau site Internet pour tenter de rassurer sur la qualité de leur produits. C'est en japonais.

• La production d'électricité en janvier a baissé de 0,7% par rapport au même mois de l'année précédente. C'est le troisième mois consécutif de baisse. Les compagnies d'électricité expliquent cette tendance par un hiver relativement doux. Cela a changé en février, avec de fortes chutes de neige. Il n'y a toujours aucun réacteur nucléaire en fonctionnement sur 48 restant.

• En septembre dernier, la compagnie d'électricité de Hokkaïdô avait augmenté ses tarifs de 7,73% en moyenne pour les foyers et 11% pour les entreprises, et envisage de les augmenter à nouveau. Ce serait la première compagnie japonaise à les augmenter deux fois. Mais elle n'est pas très optimiste quant à un redémarrage de sa centrale nucléaire de Tomari.

• La contamination de l'eau des nappes phréatiques se remettent à monter : dans le puits 1-6, situé près des réacteurs, il y a maintenant 640 000 Bq/L en bêta total (prélèvement du 13 février). Un record pour ce puits.
Du côté des cuves, la contamination en tritium du puits E10 est passée à 36 000 Bq/L (prélèvement du 15 février). Celle en bêta total du puits E1 est de 220 000 Bq/L (prélèvement du 16 février).
Ces valeurs ne sont pas des records, mais sont très élevées.

Dimanche 16 février :
• La construction de logements pour les réfugiés à Fukushima prend du retard. Les autorités régionales ont prévu un complexe de 16 unités à Aïzuwakamatsu mais les 8 compagnies qui ont répondu à l'appel d'offre ont proposé un tarif bien trop élevé pour la région. C'est dû à un manque de main d'oeuvre et de matériaux de construction.
C'est le deuxième appel d'offre : lors du précédent à Kôriyama, en août 2013, c'était pareil. L'appel d'offre a échoué deux fois et les autorités ont dû relever le prix par deux fois.Les premiers emménagements dans la vingtaine d'unités prévues dans ce projet devraient avoir lieu en octobre 2014.
Trouver du terrain prend aussi plus de temps que prévu. Sur les 3 700 nouvelles unités d'habitation prévues pour la fin 2015, l'achat du terrain est finalisé pour 60% d'entre elles seulement (2 360 unités). Les autorités veulent en construire 4 890 en tout.
Les autorités veulent favoriser l'emménagement de personnes qui sont devenues proches dans les hébergements provisoires ou avant dans les mêmes unités afin de préserver du lien social.

• Les révélations continuent à propos du scandale de la sous-estimation de la mesure bêta total sur des échantillons très contaminés à cause de la saturation du détecteur. Une erreur de débutant...
TEPCO a fait faire 20 866 mesures bêta total depuis le début de l'accident. La sous-estimation interviendrait quand la contamination dépasse 200 000 Bq/L. Il y a 167 analyses dans ce cas qui sont à refaire. TEPCo s'est engagée à publier les nouveaux résultats alors qu'elle a caché les anciens pendant 6 mois.
Ces chiffres sont ici en japonais.

Samedi 15 février :
• On s'en souvient, TEPCo avait oublié de mesurer le rayonnement X pour évaluer le débit de dose en bordure de sa centrale. Il pouvait atteindre 8 mSv/an par endroit alors qu'il est limité à 1 mSv/an. Ces chiffres ne prennent en compte que le rayonnement dû à la centrale, pas la radioactivité naturelle, ni les dépôts de césium sur le sol. Le problème est surtout pour les travailleurs.
Ce rayonnement vient des cuves pleines d'eau contaminée : le rayonnement bêta provoque une émission de rayons X sur l'acir des cuves. TEPCo s'est engagée à repasser sous la limite de 2 mSv/ avant mars 2015 et sous 1 mSv/an avant la fin mars 2016.

Vendredi 14 février :
• TEPCo a développé un nouveau dosimètre avec Fuji Electric Co qui serait plus précis que ceux sur le marché. Espérons qu'il soit plus fiable que ses mesures en bêta total de l'eau souterraine...

• Avec la neige et le froid, la demande en électricité a atteint 93% des capacités de production de TEPCo au moment des pointes.

• La contamination de l'eau du tout nouveau puits 1-13, qui était la plus élevée jamais mesurée en césium a fortement augmentée : il y a 93 000 Bq/L en césium 137 et 37 000 Bq/L en césium 134 (prélèvement du 13 février). Il y a aussi 260 000 Bq/L en bêta total. L'eau a été prélevée à 16 m de profondeur.
En amont des réacteurs, dans la zone où une cuve avait fui, la contamination en tritium vient aussi de battre un record : 1 000 Bq/L dans le puits E11 et 2 900 Bq/L dans le E12 (prélèvements du 12 février).

• TEPCo a mis de nouvelles photos (commentées en japonais) et une vidéo du réacteur n°3 : on voit que les travaux de démantèlement ont bien progressé. Mais on voit aussi l'endommagement du bâtiment et de la structure de soutainement. Espérons que cela tiendra aux séismes car les humains ne peuvent pas aller la renforcer.

• L'AIEA a publié son dernier rapport de mission à Fukushima. Pas lu. Dans son communiqué de presse, l'AIEA réitère son soutien à l'option rejet en mer pour l'eau contaminée, après avoir été décontaminée, dans la limite des autorisations de rejet. Or la station ALPS qui doit décontaminer ne marche pas et le tritium stocké dépasse largement les autorisations de rejet. Bref, que des conseils très utiles.... L'AIEA encourage TEPCo à améliorer les performances d'ALPS.

SimplifyInfo, alias Fukuleaks, a mis en ligne des liens vers plusieurs témoignages de personnes évacuées.

• Comme prévu, Chubu Electric a déposé son dossier de demande d'autorisation de redémarrage du réacteur n°4 de la centrale de Hamaoka. C'est la 17ième demande déposée sur 48 réacteurs.

Jeudi 13 février :
• TEPCo a creusé un nouveau puits, le n°1-13 et la contamination en césium de l'eau y bat tous les records : 54 000 Bq/l en césium 127 et 22 000 Bq/l en césium 134. (Prélèvement du 12 février 2014). Ce puits est à 50 m du rivage, à proximité du réacteur n°2.
TEPCo pense s'être approchée du point où les sous-sols fuient. Ah bon, ils fuient ? Mais pas très loin, tient-elle à rassurer.

• Le ministère japonais de l'environnement, l'université médicale de Fukushima et l'Agence pour l'Energie Nucléaire de l'OCDE organisent un workshop à Tôkyô sur les cancers de la thyroïde. Tous les intervenants sont du village nucléaire planétaire. L'ouverture à la société civile va être promue sans que cette société civile ne soit invitée à donner son point de vue...
On imagine le contenu de la conférence de presse à la fin de la conférence.

• Statistiques sur la thyroïde d'une clinique de Tôkyô. En anglais.

Reporters sans frontière a classé le Japon au 59ième rang de son classement mondial de la liberté de la presse. L'ONG écrit, sur sa page Asie :
"Fukushima censuré
Arrestations, perquisitions de domicile, convocations par les services du Renseignement intérieur, menaces de poursuites judiciaires, qui eût pu croire que les journalistes indépendants prenaient autant de risques en couvrant l’après-Fukushima ? Depuis l’accident nucléaire en 2011, le système unique au monde des « Kisha clubs », ces clubs de presse dont seuls les membres sont accrédités auprès des autorités, exacerbe les discriminations dont sont victimes les journalistes free-lance et la presse étrangère. Souvent exclus des conférences de presse organisées par TEPCO et le gouvernement, privés d’une information réservée aux grands médias au sein desquels l’autocensure est la règle, les journalistes indépendants luttent à armes inégales contre le « village nucléaire ». Après que le gouvernement de Shinzo Abe a légiféré sur les « secrets d’État », leur combat pour la liberté d’informer s’annonce encore plus dangereux."

• L'association des médecins contre la guerre nucléaire a publié un rapport, en octobre 2013, pour critiquer les conclusions de l'UNSCEAR. C'est ici en anglais.

Mercredi 12 février :
• La NRA s'est enfin fâchée suite aux erreurs de mesures inadmissibles de TEPCo. Il n'est pas acceptable qu'elle fasse des erreurs si importantes pendant plus de deux ans. M. Tanaka, le président de la NRA a déclaré à la presse : "Quelque chose comme cela ne doit pas arriver... Ces données servent de base à la prise de décision, ils doivent donc tout faire pour éviter les erreurs en mesurant la radioactivité".
(Pour rappel, les détecteurs saturaient et ne comptaient pas toute la radioactivité présente en cas de forte contamination).
TEPCO ne communique presque plus en anglais et n'a encore rien dit sur ce scandale, si ce n'est pour corriger un article de presse qui lui déplait : une dépêche de jiji affirmait que TEPCo savait depuis juillet 2013 que la mesure en strontium dans l'eau du puits 1-2 était de 5 millions de becqurels par litre. TEPCo donne la "vraie chronologie" :
- 5 juillet 2013 : prélèvement ;
- 26 juillet, début de la mesure du strontium ;
- 12 septembre, résultat de la mesure dont la publication a été suspendue car elle n'était pas plausible ;
- 5 février, annonce de la cause des problèmes ;
- 6 février, annonce des résultats.
L'agence jiji s'est peut-être trompée sur les dates, mais pas sur le fond : que s'est-il passé entre le 12 sept. et le 5 février ? Pourquoi TEPCo n'a rien dit ? Rien à ce propos dans son communiqué rectificatif...

• Des décontamineurs avaient trouvé des débris très radioactifs dans le lit de la rivière Idégawa à Naraha durant l'été 2013. TEPCo les a fait analyser par la JAEA (le CEA japonais) et les résultats sont ici en japonais. Les niveaux sont similaires à ce que l'on trouve dans les débris de la centrale, c'est à dire énormes ! L'échantillon n°3, qui fait 0,4 g, a 2 millions de becquerels en césium 137.
TEPCO affirme qu'ils sont liés à l'accident, mais ne peut en donner l'origine exacte. Cela ressemble à des débris du réacteur n°3 sans que TEPCO ne sache comment ils sont arrivés là. Certains sont en plastique, un autre en bois...
Les premiers tableaux sont en Bq/échantillon. Celui sur le césium et cobalt, en Bq/g. Il faut donc multiplier par 1 000 pour avoir des Bq/kg.

• Le président de la NRA a annoncé qu'aucune instruction de dossier de demande de redémarrage ne sera terminée d'ici la fin de l'année fiscale (31 mars). Sur 16 dossiers de demande déposés, l'évaluation a bien avancé pour 10 réacteurs, situé dans l'Ouest. Mais des travaux complémentaires devront être effectués.
Un membre de la NRA a expliqué que certaines compagnies n'ont pas changé d'attitude vis à vis des autorités, d'autres ont compris les enjeux et ont fait des efforts. Il n'a pas donné de nom...

• Le principal parti au pouvoir, le parti libéral démocrate, veut introduire une qualification pour les ouvriers engagés dans les travaux de décontamination ou de démantèlement, avec 3 niveaux et un examen.

• TEPCo a trouvé deux fissures de 8 et 12 m de long dans la dalle en béton qui est sous les cuves d'eau contaminée. De la neige contaminée a pu s'écouler par là après avoir fondu. Ces fissures ne sont pas loin de la cuve qui avait perdu 300 m3 d'eau contaminée pendant un mois durant l'été 2013. TEPCo a trouvé 58 Bq/L en césium dans la neige fondue et 2 100 Bq/L en strontium. Comment la neige a-t-elle pu se contaminer autant ?
Des photos commentées et quelques explications sont ici en japonais et ici en anglais.
L'eau souterraine à proximité reste fortement contaminée. Il y a 51 000 Bq/L en tritium dans le puits E1 (prélèvement du 10 février 2014). Il y a 7 200 Bq/L en bêta total. Comment expliquer cette contamination persistante autrement que par des fuites persistantes ?

• La NRA a finalement confirmé ses précédentes conclusions à propos des failles sous la centrale d'Ôï (Fukui) et considère qu'elles ne sont pas actives. Si elles l'avaient été, les réacteurs n'auraient pas pu redémarrer.

• La NRA a mis deux résultats de mesure de contamination marine dans la baie de Tôkyô : il y a entre 39 et 66 Bq/kg en césium dans les sédiments secs et de l'ordre de 0,01 Bq/L dans l'eau de mer. Cette pollution est due au lessivage des sols et s'accumule dans la baie presque fermée. La contamination des sédiemnts a augmentée par rapport aux précédents prélèvements aux mêmes points.
Pour les sédiments, c'est du même ordre que ce qui est trouvé au large (une centaine de km) de la centrale de Fukushima. Pour l'eau de mer, les niveaux sont similaires à ce qui est trouvé au large de Miyagi.

• La ville de Hakodaté (Hokkaïdô) a entamé une action en justice pour arrêter les travaux de construction d'un réacteur nucléaire à Ôma (Aomori). C'est le premier réacteur de Electric Power Development Co. (J-Power) qui doit fonctionner au MOx uniquement. Une partie du territoire communal de Hakodaté est à moins de 30 km de la centrale et fait donc partie de la zone de préparation à l'urgence nucléaire.
La ville justifie son action sur le fait que le réacteur en construction a été conçu pour satisfaire des critères de sûreté devenus obsolètes. Elle veut aussi avoir le droit de peser sur la décision car elle est à moins de 30 km. Pour le moment, seules les communes qui accueillent une centrale ont leur mot à dire. Et comme elles touchent des taxes, elles sont favorables !
Les travaux de construction ont commencé en 2008 et ont été suspendus en 2011 après la catastrophe nucléaire. Ils ont repris en octobre 2012.

Mardi 11 février :
TEPCo a retiré 308 assemblages de la piscine de combustible du réacteur n°4, dont 22 neufs.

• Selon les indiscrétions recueillies par la presse japonaise, le gouvernement devrait présenter son plan énergétique à court et moyen terme d'ici la fin du mois. Il devrait réaffirmer le rôle de l'énergie nucléaire en base, c'est à dire la part de l'électricité dont on a toujours besoin, quelles que soient les variations. La presse cite l'opposition des Japonais face à cette énergie qui a longtemps fait hésiter le gouvernement. Mais comme cela ne semble pas se traduire dans les urnes, le gouvernement hésiterait moins à réaffirmer ses positions en faveur de cette énergie.
Que le public soit pour ou contre, que le gouvernement soit pour ou contre, pour le moment aucun réacteur ne peut fonctionner, faute de pouvoir satisfaire aux nouveaux critères de sûreté. Le fossé est grand tant il y avait du laisser aller. Le meilleur ennemi de l'industrie nucléaire reste l'industrie nucléaire elle-même.

Lundi 10 février :
• La candidat conservateur, soutenu par le gouvernement, a remporté le poste de maire-gouverneur de Tôkyô, avec 45% des suffrages exprimés. Ses deux principaux challengers, ont recueilli 20% des suffrages chacun (estimations à la sortie des urnes). L'ancien premier ministre, M. Hosokawa, retiré de la politique, était revenu dans la course en axant toute sa campagne sur une sortie rapide du nucléaire. Il avait dû démissionner de son poste de pemier ministre suite à des problèmes d'argent jamais clarifiés et il voulait prendre la suite d'un gouverneur démissionnaire pour les mêmes raisons... La sortie rapide du nucléaire n'a pas pu faire la différence. L'autre challenger, M. Utsunomiya, soutenu par le parti communiste et le parti social démocrate et arrivé en deuxième position, était aussi opposé au nucléaire.
La vainqueur a promis de faire passer la part des énergies renouvelables dans la consommation d'énergie à Tôkyô, de 6 à 20%.
Le taux de participation était de 46%, un des plus bas.

• Le gouvernement avait promis une nouvelle politque énergétique mais repousse sans cesse l'échéance. Il a du mal à faire la synthèse entre les différentes opinions de la majorité. Il ne sait toujours pas quand ni combien de réacteurs nucléaires pourront redémarrer. Et il n'a pas de solution pour les déchets nucléaires. En attendant, de nouveaux opérateurs attendent l'ouverture complète du marché de l'électricité en 2016 en investissant dans les énergies renouvelables.

• Lire l'excellente dépêche Reuters sur la course contre la montre engagée par les exploitants du nucléaire pour satisfaire aux nouveaux critères de sûreté. Des milliers d'employés ont été envoyés à Tôkyô, à proximité des locaux de l'autorité de sûreté, pour répondre à ses questions. Les conditions de vie depuis des mois dans des hôtels bon marchés, loin de la famille, sont difficiles, les exploitants rognant sur tous les frais. Les journées de travail sont aussi très longues. Mais il n'y a pas que le papier. Les investissements pour remettre les réacteurs aux normes sont aussi massifs. C'est pourquoi le nombre de demande de redémarrage reste très limité.
Mitsubishi Heavy Industry, qui a mis 2 800 personnes sur ce dossier, est le principal sous-traitant, dont dépendent tous les exploitants. C'est un autre frein.
Bref, personne ne peut dire quand ce travail sera fini et quand des réacteurs pourront redémarrer.

Samedi 8 février :
• TEPCo a reconnu que toutes ses mesures de contamination en bêta total pourraient être sous-estimées quand la valeur est élevée ! TEPCo va revoir toutes ses données depuis le début de la crise jusqu'en octobre 2013. Cela va prendre du temps !
Ce serait dû à un problème de saturation des détecteurs. Il faut alors diluer la solution à analyser pour être sûr que tout est bien pris en compte. Quand la concentration n'est pas trop élevée, TEPCo pense que les résultats sont corrects. Si un labo associatif avait une telle erreur, tout le village nucléaire l'aurait cloué au pilori.
TEPCo a identifié qu'il y avait un problème durant l'été 2013, mais l'a caché. Elle trouvait plus de strontium 90, émetteur bêta, que de bêta total. Et c'est seulement maintenant qu'elle se penche dessus. La NRA n'a rien vu ? Elle ne va pas la punir ?
Un scandale de plus pour cette compagnie, qui les cumule, et pas des moindres. Mais quand les pêcheurs refusent de lui faire confiance, c'est à cause des rumeurs néfastes...
Des explications de TEPCo sont ici en japonais.

• 180 habitants d'Iitaté et un millier de Daté, où les évacuations ont été tardives, avaient demandé une indemnisation à la commission mise en place pour régler les litiges, car ils se font du soucis pour leur santé. La commission avait donné un avis favorable, mais TEPCo refusait de payer au prétexte que la demande des habitants ne reposait sur aucune base scientifique.
Mais TEPCo vient de changer d'avis : elle va verser des indemnités pour régler ce litige, tout en maintenant qu'elle n'a aucun devoir de le faire, mais qu'elle souhaite prendre en compte la situation de ces personnes.

• Il y a eu deux séismes d'une magnitude de 5 et 4,8 dans la matinée à Fukushima.

Vendredi 7 février :
• Les nouvelles statistiques sur les cancers de la thyroïde viennent d'être publiées : il y a 75 cas potentiels, dont 33 confirmés après intervention chirurgicale, sur 254 000 enfants contrôlés. C'était respectivement 59 et 26 en novembre dernier. Les autorités maintiennent qu'elles ne pensent pas que ce soit lié à la catastrophe nucléaire. Et c'est toujours le même argument qui est avancé : à Tchernobyl, l'apparition des cancers est apparue 4 à 5 ans après la catastrophe. Mais il n'y avait pas eu un tel dépistage systématique et la découverte des cancers y a été plus tardive.
L'université médicale de Fukushima va faire une analyse génétique des glandes retirées pour voir si un lien peut être fait avec les radiations.
375 000 enfants en tout ont droit à une échographie de la thyroïde pour dépistage.
Plus de détails statistiques peuvent être trouvés ici en japonais. Une traduction très partielle est ici en anglais.

• Les erreurs de mesure de la contamination en bêta total entraîne un questionnement de la véracité de tous les autres résultats. En particulier, il y a le cas de la fuite de 300 m3 d'eau contaminée d'une cuve pendant un mois lors de l'été 2013. TEPCo avait mesuré jusqu'à 80 millions de becquerels par litre dans l'eau qui a fui et la NRA avait classé l'évènement au niveau 3 de l'échelle internationale INES. Si TEPCo a aussi fortement sous-estimé l'ampleur de la fuite, il faudrait peut-être reclasser son niveau. La réévaluation va prendre du temps.

• Le gouvernement veut revoir sa politique de communication sur la catastrophe. Il va donc sélectionner un panel de citoyens pour en discuter. La réunion aura lieu le 17 février à Fukushima et sera ouverte au public.

• La NRA va aller inspecter les failles de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa (Niigata) pendant deux jours à partir du 17 février prochain. Une tranchéede 30 m de profondeur a été creusée.

• Le gouverneur de Fukushima confirme son refus de l'installation d'un centre d'entreposage des déchets radioactifs à Naraha car la commune est moins contaminée que les deux autres, Ôkuma et Futaba où le gouvernement veut aussi y mettre les déchets issus de la catastrophe.

• Il y a toujours 3,1 millions de Bq/L en bêta total dans l'eau du puits 1-16, sous réserve que cette mesure est juste (prélèvement du 3 février).

Jeudi 6 février :
• Une nouvelle fuite a eu lieu sur le circuit de refroidissement. 600 litres ont fui, avec une contamination en bêta total de 2 800 Bq/L. Cela fait 1,7 millions de becquerels dans le sol. TEPCo a retiré 1 m3 de terre.
Les photos et explications sont ici en japonais.

TEPCo a publié des analyses de strontium (ici en anglais) sur des échantillons d'eau souterraine prélevée durant l'été 2013. Dans le puits 1-2, il y avait 5 millions de becquerels de strontium 90 par litre d'eau le 5 juillet, alors que la contamination bêta totale dans le même échantillon est de 900 000 Bq/L. Ce n'est donc pas possible car le strontium est un émetteur bêta. Le 8 août c'était 4 millions de Bq/L pour le strontium et 170 000 Bq/L en bêta total.
La mesure sur le strontium a été refaite après que TEPCo ait découvert que ces précédentes mesures étaient fausses. Un représentant de TEPCo a déclaré à la presse qu'il n'excluait pas que la contamination en bêta total soit de 10 millions de becquerels par litre. Les mesures vont être refaites.
Cela signifie-t-il que d'autres mesures bêta total sont fausses ?
Le puits, situé entre les réacteurs 1 et 2, est à 25 m du rivage.
TEPCo n'avait pas publié 140 résultats de mesure de strontium faites entre juin et novembre 2013 car les résultats étaient surprenants. Elle n'avait rien dit sur ce problème.

• Le ministre de l'économie et de l'industrie a laissé entendre que le gouvernement pourrait autoriser la reprise des travaux pour les réacteurs en cours de construction. En revanche, il ne compte pas lancerde nouveaux chantiers. Il y a trois réacteurs déjà approuvés, dont un de TEPCo à Higashidôri (Aomori) qui était prévu pour 2017. Sur son site TEPCo mentionne maintenant 2020. Le problème des failles qui passent sous cette centrale n'est pas réglé. Les deux autres sont à Shimané qui est presque terminé et Ôma (Aomori) où les travaux ont à peine commencé.

• La NRA a demandé à TEPCo de réduire l'exposition des travailleurs qui participent au retrait des combustibles usés de la piscine du réacteur n°4. La NRA aurait mesuré un fort niveau de radiation dû au Cobalt 60 à cause des poussières issues du découpage de métaux lors de travaux de démantèlement qui sont tombées dans la piscine. Elle a trouvé qu'en mettant des plaques de plomb, l'irradiation pourrait être réduite à un tiers du niveau initial.
Voir ce document en japonais à partir de la page 5. Il y a des photos du réacteur dans les pages précédentes.

• La compagnie d'électricté se prépare à demander l'autorisation de redémarrer le réacteur n°4 de sa centrale de Hamaoka qui a été mis en service en 1993. Cette centrale avait été arrêtée sur demande du premier ministre en mai 2011 à cause de sa position, à proximité d'une faille majeure et de nombreux réseaux (train, autoroute...) entre l'Est et l'Ouest du Japon. Un mur anti-tsunami de 22 m de haut devrait être terminé en septembre 2015.
Le dossier pourrait être déposé aux alentours du 14 février. La demande pour le réacteur n°3 est aussi dans les tuyaux et pourrait être déposée en avril prochain.

• Le principal casse-tête des autorités concerne le retour des populations dans les territoires évacués. Pour cela, il a déterminé trois zones en fonction de l'exposition externe calculée en supposant que les habitants restent 8 heures par jour à l'extérieur et sont moins exposés à l'intérieur. Ces zones sont :
- moins de 20 mSv/an : retour possible ;
- entre 20 et 50 mSv/an : retour envisagé une fois la décontamination terminée pour faire passer cette exposition sous la limite de 20 mSv/an ;
- plus de 50 mSv/an : retour "difficile", euphémisme pour dire dans longtemps, plus de 5 ans.
En temps normal, la limite est à 1 mSv/an. En cas d'urgence, la CIPR, qui établit les recommandations internationales en matière de radioprotection, écrit, dans sa publication 109 que le niveau de référence doit être fixé entre 20 et 100 mSv, au total ou par an. Les autorités japonaises, qui ont fixé à 20 mSv/an la limite pour évacuer les populations, se sont vantées d'avoir choisi la limite basse de la CIPR. Pourtant, le 22 avril 2011, lorsque que l'ordre d'évacuer les zones contaminées à plus de 20 mSv/an au-delà des 20 km, a été pris, on était probablement déjà plus dans l'urgence.
Maintenant, la phase d'urgence est terminée depuis longtemps. Le gouvernement a même déclaré l'arrêt à froid des réacteurs le 16 décembre 2011. Il faut donc se référer à la publication 111 de la CIPR qui recommande que les niveaux de référence soit fixés dans la limite basse de l'intervalle 1 - 20 mSv/an. La NRA, l'autorité de sûreté nucléaire japonaise, dans son avis, a ajouté qu'il s'agissait d'un objectif à long terme, tout en se gardant bien de donner un calendrier.
L'idée des autorités, qui n'ont pas réussi à faire baisser de façon significative la contamination, malgré avoir dépensé beaucoup d'argent, est donc de distribuer des dosimètres et radiamètres pour que les habitants adaptent leur mode de vie de façon à réduire la dose externe reçue. Elles espèrent ainsi que les habitants arriveront à être à des niveaux proches de 1 mSv/an. En ce qui concerne les habitants qui n'ont jamais été évacués, mais qui vivent en territoire contaminé, la situation est moins claire. Ou ceux qui sont partis d'eux même, sans aucun soutien. Va-t-il distribuer les mêmes appareils de mesure ? La NRA recommande de ne pas les oublier, sans pour autant proposer le même programme.
Le gouvernement, qui a un devoir régalien de protéger les populations, se décharge ainsi de sa responsabilité. C'est inévitable après une catastrophe nucléaire. Mais si les populations doivent prendre en charge leur radioprotection, elles doivent être aidées et soutenues, comme le rappelle la NRA. Et surtout, elles doivent pouvoir participer au processus de décision, tant au niveau individuel que collectif. Il ne doit avoir aucune discrimination entre les personnes qui décident de rentrer et celles qui décident de refaire leur vie ailleurs. L'avis de la NRA reconnaît ce droit à chosir, ce qui ne semblait pas être le cas du gouvernement qui envisage de donner plus d'indemnités à ceux qui rentrent.
Dans les faits, ce sont surtout les personnes âgées qui rentrent et les familles avec enfants évitent de le faire quand c'est possible. Cela signifie une nouvelle organisation collective, car toute la vie des collectivités locales va se trouver affectée pendant longtemps.
Comme le gouvernement a refusé d'abaisser la limite d'évacuation, il ne peut pas choisir une limite plus basse maintenant pour le retour, car les personnes non évacuées ne comprendraient pas ! Il n'est plus possible de leur demander de partir sans justifier le fait d'avoir attendu 3 ans. Bref, le gouvernement est coincé et les recommandations de la CIPR sont difficilement applicables, à cause de la mauvaise articulation entre la phase d'urgence et la phase post-accidentelle.
Extraits des recommandations de la CIPR :
103: In the context of developing response plans for emergency exposure situations, the Commission recommends that national authorities should set reference levels between 20 mSv and 100 mSv effective dose (acute or per year, as applicable to the emergency exposure situation under consideration).
109: The reference level for the optimisation of protection of people living in contaminated areas should be selected in the lower part of the 1–20 mSv/year band recommended in Publication 103 (ICRP, 2007) for the management of this category of exposure situations. Past experience has demonstrated that a typical value used for constraining the optimisation process in long-term post-accident situations is 1 mSv/year. National authorities may take into account the prevailing circumstances, and also take advantage of the timing of the overall rehabilitation programme to adopt intermediate reference levels to improve the situation progressively.

Mercredi 5 février :
• Le gouvernement voulait ouvrir trois centres d'entreposage pour les déchets radioactifs les plus contaminés (plus de 100 000 Bq/kg) à Fukushima. Face à l'opposition à Naraha, le gouverneur a proposé au gouvernement de n'en ouvrir que deux, à Ôkuma et Futaba. Il en a parlé aux maires de ces deux communes qui réservent leur réponse. Il s'agit de stocker de 22 à 28 millions de m3, pour une durée maximale de 30 ans, officiellement. Mais personne ne croit que les autorités reprendront ces déchets. 96% des zones habitées de ces deux communes sont classées en "zone de retour difficile" car l'exposition externe y dépasserait 50 mSv/an.

• TEPCO a bien progressé dans le démantèlement télécommandé du réacteur n°3 et a plongé une caméra depuis une grue pour osculter les étages supérieurs. Il y a des fissures dans la structure en béton aux niveaux 4 et 5 (3ième et 4ièmes étages). Voir les photos commentées en japonais sur le site du Ministère de l'économie et de l'industrie. La résistance aux séismes est donc diminuée de 50%. Comme les êtres humains ne peuvent pas aller pour renforcer la structure, TEPCo ne propose pas de contre-mesure dans ce document.
Rappelons qu'il y a du combustible MOx dans la piscine de ce réacteur.

• TEPCO n'avait pas signalé des résultats de mesure du strontium qui lui paraissaient aberrants. Et pour cause, la contamination en strontium y était supérieure à celle en bêta total. TEPCo vient de trouver l'erreur : l'appareil de mesure, situé près des réacteurs 5 et 6 donne des résultats erronés depuis 2003.
Les explications en japonais sont ici et les photos commentées en japonais, ici. Des explications sont aussi disponibles en anglais, avec des photos.

Mardi 4 février :
• Le ministère de la santé, du travail et des affaires sociales veut mener une étude sur la santé des travailleurs qui sont intervenus à la centrale accidentée. Il a lancé un groupe de travail qui doit proposer l'étude d'ici le mois de mai prochain.

• La plus grande partie du village de Kawauchi est située entre 20 et 30 km de la centrale. Après l'ordre de se tenir à l'abri, le village de 3 000 âmes a été évacué. L'ordre d'évacuation a été levé, sauf pour les parties à moins de 20 km, et des travaux de décontamination ont été menés. Le maire appelle au retour des habitants. Le village a 2 700 habitants inscrits, mais seulement 535 étaient rentrés chez eux en octobre dernier. Ils étaient 342 en avril 2012. 65% des villageois ont plus de 65 ans, contre 35% avant la catastrophe. Les jeunes ne rentrent pas car les obstacles sont nombreux : le lycée de secteur est toujours en zone évacuée. D'autres se sont habitués à une vie plus urbaine et ne veulent pas retourner.
Avant mars 2011, les habitants de Kawauchi faisaient 30 min en voiture pour se rendre à Ôkuma ou Tomioka pour voir un médecin, faire des courses ou travailler. Ce n'est plus possible car ces deux bourgs sont évacués.
Le maire fait tout pour développer les services et commerces. Il espère aussi attirer de nouveaux habitants.

• Les travaux de remise aux normes du réacteur n°3 de la centrale de Tomari à Hokkaïdô vont encore prendre des mois. La remise en route n'est pas pour bientôt. Il fait pourtant partie des 16 réacteurs pour lesquels un dossier de demande de redémarrage a été déposé.
Le système de refroidissement de secours n'a qu'un seul tuyau d'injection d'eau et la NRA en réclame deux. La compagnie d'électricité a essayé de tergiverser en disant que la probabilité que l'unique tuyau soit endommagé est très faible, mais la NRA n'a pas cédé. C'est le seul réacteur à eau sous pression dont le dossier a été déposé à être dans ce cas. Tous les autres ont déjà deux tuyaux.
Pour cette centrale, il y a aussi des désaccords concernant l'amplitude du séisme qui pourrait survenir.

Lundi 3 février :
• Pour réduire la quantité d'eau souterraine qui pénètre dans les sous-sols des réacteurs où elle se contamine fortement, TEPCo voulait pomper l'eau en amont et la rejeter en mer. Les pêcheurs s'y étaient opposés. Il faut dire qu'à l'époque, TEPCO s'y était reprise à plusieurs fois avant de donner une mesure fiable de la contamination en césium. Et puis, elle avait menti en disant qu'il n'y avait plus de fuite en mer. (Voir notre synthèse sur les évènements de l'été 2013).
Le gouvernement revient à la charge sur le sujet et a rencontré les pêcheurs. Evidemment, il est encore question de "rumeurs néfastes" qui pourraient pénaliser les pêcheurs. Le président des coopératives de pêche est encore d'accord cette fois-ci, mais il faut convaincre la base qui s'y était opposée la dernière fois, tant elle était exaspérée.
Le pompage devra permettre de réduire de 100 m3 la quantité d'eau qui pénètre chaque jour dans les sous-sols, qui devrait ainsi passer de 400 à 300 m3/j. L'eau pompée en amont est contaminée. Il y avait le lessivage des sols et surtout, il y a eu des fuites sur des cuves. Ce n'est pas aussi simple. TEPCo promet donc de satisfaire aux autorisations de rejet d'avant la catastrophe. La limite à ne pas dépasser était de 10 Bq/L en bêta total et 30 000 Bq/L en tritium. TEPCO promet que l'eau pompée sera contrôlée avant rejet et que le rejet n'aura lieu que si la contamination en bêta total est inférieure à 5 Bq/L et en tritium à 1 500 Bq/L. Pour le césium 137, ce sera 1 Bq/L, comme avant. Voir le document de TEPCo en japonais. Ce document ne dit rien sur la contamination actuelle de l'eau de ces puits. C'est pourtant primordial pour juger. Les données sont dans un autre document, exprimées en Bq/cm3 au lieu des habituels Bq/L pour diminuer d'un facteur mille les résultats. La contamination en tritium y serait inférieure à 100 Bq/L.
Sur ce document en anglais, on voit clairement la position des puits prévus pour le pompage (bypass) et des puits à proximité des cuves où il y a eu la fuite, plus en amont. La contamination en tritium près des cuves dépasse la limite. Que se passera-t-il quand TEPCo pompera ?
Les limites de TEPCo sur les rejets sont probablement pour le mélange afin de bénéficier de l'effet dilution.
La concentration maximale ne suffit pas comme critère, il faut aussi limiter la quantité totale rejetée par an. Il n'y a rien à ce propos dans le document. Et puis, si les pêcheurs n'ont pas confiance, ce qui est compréhensible, il faut leur proposer de faire des contrôles par eux même. Rien n'est prévu dans ce sens.
Bref, le dossier est encore une fois mal préparé. Mais un nouvel échec de TEPCo sera encore dû aux "rumeurs néfastes"... Et attendant, les fuites en mer continuent.

• A Iitaté, un groupe de travail avec des élus municipaux et des habitants a rédigé un plan pour les années à venir afin de sauver le village. Il prévoit notamment la construction de nombreux services sur une zone de 26 hectares. Il est aussi prévu une centrale électrique solaire et un retour en 2016. c'est plus tard qu'initialement prévu, mais encore bien optimiste.

TEPCo a mis en ligne les dernières statistiques concernant les doses prises par les travailleurs sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi. Elle fait des efforts en publiant 6 documents ! Au 31 décembre 2013, on arrive à un total de 31 383 intervenants enregistrés : 4 086 employés de TEPCo et 27 297 sous-traitants.
Ce document en japonais, donne la répartition des doses enregistrées par classe d'âge pour les employés de TEPCo (première colonne) et les sous-traitants (deuxième colonne), le total étant la dernière colonne. Les âges sont indiqués en haut de chaque tableau, à gauche.
Ce document en japonais donne la répartition des doses prises chaque mois (la colonne de gauche est à lire année mois avec des chiffres collés). Ce document en japonais donne la contribution de la dose externe et celui-là de la dose interne.
Rappelons que la plupart des intervenants résident en zone contaminée durant leur séjour à Fukushima et que la dose en dehors de la centrale n'est pas prise en compte. Et, en mars 2011, il n'y avait pas un dosimètre par personne et que les chiffres annoncés sont à prendre avec recul. Il y a aussi eu de la triche.

TEPCo a mis en ligne un communiqué où elle se vante des progrès accomplis. Tout va bien. Ainsi, les réacteurs 5 et 6 n'auraient pas été endommagés par le tsunami. Juste lavés à grande eau ? Mais ils seront démantelés. Quel sens du sacrifice !
Les efforts pour mettre la centrale de Kashiwazaki-Kariwa aux normes continuent, sans un mot sur le laxisme qui a prévalu durant des années et qui explique l'immensité des travaux à effectuer.
TEPCo aurait fait des progrès dans la gestion de l'eau contaminée alors que sans le scandale médiatique de l'été 2013, elle n'aurait rien fait ! Mais bon, les progrès avoués sont sur la qualité des cuves et l'administration ! Faut bien positiver pendant que les fuites en mer continuent comme avant et qu'il faut toujours une cuve nouvelle tous les deux jours.
Ce genre de communiqué, qui montre le pouvoir repris par la com, est complètement inutile. Il n'explique rien et décrédibilise toute autre prise de parole. Et dire que TEPCo se vante d'avoir fait des progrès dans la communication sur les risques...

Samedi 1er février :
• Lors de la réunion de la veille à propos de l'eau contaminée, la NRA a entendu TEPCo à propos du débit de dose trop élevé à la bordure du site, depuis la prise en compte du rayonnement X. Il monte jusqu'à 8 mSv/an alors que la limite est de 1 mSv/an. C'est un problème pour les travailleurs. Pour résoudre, le problème, TEPCo a dit qu'elle voulait filtrer l'eau, mais la station ALPS n'est toujours pas au point et TEPCO n'a pas pu donner de calendrier. Bref, la compagnie n'a pas de plan B alors que la station ALPS, initialement prévue pour septembre 2012, cumule les déboires sans remplir les performances attendues.

• Le ministère de l'environnement a classé 2,9 tonnes de boues de Kanagawa (au Sud de Tôkyo, à 300 km de la centrale) comme déchets radioactifs. Il va devoir les prendre en charge. Il s'agit de boues récoltées dans les caniveaux, gouttières... qui ont plus de 8 000 Bq/kg en césium.
Il y a 140 000 tonnes de boues en tout dans 11 provinces en tout.

• Le tore (chambre de supression) qui entoure le réacteur n°2 est percé, selon TEPCo, et l'eau fuit. Le trou fait 3 cm.

• Les derniers résultats de la contamination de l'eau souterraine à 25 m de profondeur sont ici en japonais uniquement. Il y a jusqu'à 60 Bq/L en strontium, mais TEPCo annonce qu'elle ne recherchera plus cet élément.

Vendredi 31 janvier :
TEPCo a annoncé officiellement l'arrêt définitif des réacteurs 5 et 6 de sa centrale de Fukushima daï-ichi. Il lui reste encore à prendre une décision  pour les 4 réacteurs de Fukushima daï-ni qu'elle ne pourra pas redémarrer. Elle a encore 7 réacteurs à Kashiwazaki-Kariwa (Niigata).
Le nombre total de réacteurs de production d'électricité est donc de 48 maintenant au Japon, contre 54 avant le 11 mars 2011.

TEPCo a présenté des comptes bénéficiaires. Pour les 9 premiers mois de l'année fiscale 2013, qui commence au 1er avril, son bénéfice, avant impôt, serait de 189,22 milliards de yens (1,4 milliards d'euros). Elle avait perdu presque la même somme l'année précédente. Si l'on ajoute l'argent prêté par le gouvernement dans les recettes, le profit montre à 772,9 milliards de yens (5,6 milliards d'euros).TEPCo continue à réclamer plus d'aides, qui sont sans intérêts.
Les recettes issues des ventes d'électricité ont augmenté de 10% suite à l'augmentation de ses tarifs. L'arrêt définitif des réacteurs 5 et 6 implique une perte de 39,8 milliards de yens (290 millions d'euros) seulement car le gouvernement japonais a changé la loi.

• TEPCo avait découvert deux fuites dans l'enceinte de confinement du réacteur n°3. L'analyse des images a conduit la compagnie à estimer que 3,3 tonnes par heure sortaient par ces deux trous. Comme elle en injecte 4,5 tonnes par heure, il y en a encore 1,2 tonnes qui fuient par ailleurs vu que tout part.

• Interrogé au parlement, le premier ministre a déclaré que son gouvernement allait faire des efforts pour réduire la dépendance à l'énergie nucléaire en diversifiant les sources d'énergie.

TEPCo a mis en ligne toute une série de photos sur les débris qu'elle est en train de faire déblayer du côté de l'océan. Il y a, à chaque fois, avant-après.

TEPCo a mis en ligne une vidéo montrant les fissures dans des assemblages de combustible usé de la piscine du réacteur n°4. Il y a aussi des vidéos concernant les assemblages déformés.

La NRA a mis en ligne des résultats de mesure sur l'eau potable dans tout le Japon. Il y a du césium (à très faible concentration) dans l'eau du robinet dans les provinces d'Iwaté, Miyagi, Yamagata, Fukushima, Ibaraki, Tochigi, Gunma, Saïtama, Chiba, Tôkyô, Kanagawa et Niigata (12 provinces sur 47). La plus forte concentration est de 7,4 mBq/L (0,007 4 Bq/L) à Tochigi.

Jeudi 30 janvier :
• TEPCo avait laissé fuir une cuve pendant un mois durant l'été 2013 et 300 m3 d'eau fortement contaminée a pollué le sol et les nappes phréatiques à proximité. La compagnie a fait retirer une partie de la terre contaminée, et veut maintenant "rattrapper" le strontium parti dans la nappe phréatique qui se trouve en amont des réacteurs. Pour cela, elle veut y mettre un matériau absorbant (de l'apatite) à titre expérimental, utilisant une technologie américaine déjà mise en oeuvre à Hanford. Elle va donc creuser un puits de 20 m de profondeur à proximité de la cuve et y placer l'absorbant. Dans le puits le plus contaminé à proximité de cette cuve, il y a encore 10 000 Bq/L en bêta total (prélèvement du 29 janvier 2013).
En aval, l'eau souterraine se contamine continuellement au contact des sous-sols des réacteurs. Vouloir la décontaminer de cette façon est assez illusoire. Il se peut que les absorbants soient rendus inefficaces par la salinité de l'eau.

• 1 400 personnes ont porté plainte contre les trois constructeurs de la centrale de Fukushima daï-ichi. Ils réclament 100 yens (70 centimes) par personne à Hitachi, Toshiba et General Electric. Il y a parmi eux 38 résidents de Fukushima, mais aussi 400 étrangers de Corée, Taiwan.... Ils espèrent être bientôt 10 000.
La loi japonaise ne prévoit pas de compensations de la part du constructeur, seulement de l'exploitant. Mais les plaignants pensent que les constructeurs doivent aussi payer car les indemnités de TEPCo sont en fait prises en charge par les contribuables et les consommateurs d'électricité.

• La radio NHK a demandé à un édirorialiste du matin, un professeur d'économie, de ne pas parler de nucléaire pendant la campagne électrorale à Tôkyô alors qu'il avait préparé une chronique à ce sujet qui critiquait les coûts de cette industrie. Il a donc quitté la radio.
Il voulait mentionner l'augmentation des coûts de production due à l'augmentation des polices d'assurance, des investissements massifs pour améliorer la sûreté et la sous-estimationdes charges liées au démantèlement.

Mercredi 29 janvier :
• TEPCo a commencé les travaux pour installer une barrière souterraine gelée dans les tunnels et galeries souterraines qui relient les bâtiements réacteurs aux bâtiments turbines. Elle espère pourvoir pomper l'eau de ces galeries ensuite. Elle pense que les fuites en mer viennent de là. Le pompage des 11 000 m3 d'eau contaminée devrait commencer en mars pour finir en mai. Le problème est qu'il y a des câbles et des tuyaux qui passent par là et il n'est pas sûr qu'elle arrive à bloquer les écoulements. Et l'eau s'enfuit vers la nappe pas d'autres endroits fort probablement.
TEPCo a aussi commencé à construire une autre barrière dans le port en le comblant de blocs et de ciment afin de ralentir les fuites (voir le document en japonais). Répétons encore une fois ce qu'un enfant qui a construit des barrages dans un ruisseau sait : on n'arrête pas un écoulement, on le dévie. L'eau souterraine rejaillira ailleurs.
La contamination de l'eau du puits 1-16 fleurte toujours avec les niveau records : 3 millions de becquerels par litre en bêta total (prélèvement du 27 janvier). La contamination en tritium dans le puits 1-10, le long du littoral, vient d'atteindre 270 000 Bq/L. Ce n'est pas un record, mais la valeur la plus élevée depuis novembre (prélèvement du 27 novembre).

• On s'en souvient, TEPCo n'avait pas publié des données sur la contamination en strontium car elle estimait qu'elles étaient fausses. Et elle n'avait rien dit. Elle trouvait plus de strontium que de bêta total et avait conclut que la mesure strontium était fausse (voir des exemples ici en japonais). Mais il se pourrait que ce soit la mesure bêta total qui soit fausse...

• Le conseil municipal de Naraha a rejeté la demande de référendum concernant l'installation d'un centre de stockage de déchets radioactifs dans la commune. Il y a eu 4 voix pour et 6 contre. L'argument du maire est que la problématique de ces déchets concerne toute la province de Fukushima et qu'il n'est pas correct vis à vis des autres communes d'avoir un référendum sur cette question à Naraha uniquement.

Lu ici, ces propos de Pierre-Franck Chevet, le président de l’autorité de sûreté nucléaire (ASN) : « Schématiquement, si vous dessinez un cercle de 80 km autour d’une centrale européenne – ce qui a été plus ou moins la zone d’impact de l’accident de Fukushima – vous êtes dans la plupart des cas à cheval sur plusieurs pays ». Les PPI autour des centrales sont toujours limités à 10 km en France et 30 km au Japon. C'est 10 miles (16 km) aux Etats-Unis.

Mardi 28 janvier :
• La décontamination menée jusqu'à maintenant se limite aux environs immédiats des habitations. Quelques expériences sont menées sur les parcelles agricoles, et c'est tout. Fukushima, c'est 70% de forêt. Comment faire ? A Hirono, où seulement 20% de la population est rentrée, un expérience est menée dans la forêt, sur 200 m2. Le sol contaminé n'est pas enlevé, mais recouvert de sacs remplis de terre non contaminée sur une épaisseur de 10 cm. Des mesures vont être faites et les résultats devraient être communiqués en avril prochain.
Le sol forestier est à la base de la vie. Quelles sont les conséquences de cette pratique ?

• La NRA a demandé de nombreuses études complémentaires à la Japan Nuclear Fuel Limited concernant la sûreté de son usine de 'retraitement' de Rokkashô-mura. Son démarrage n'est pas encore pour bientôt.

Lundi 27 janvier :
• L'Asahi a découvert que les compagnies d'électricité ont financé partiellement les campagnes électorales d'hommes politiques défendant le nucléaire. Les dirigeants de ces compagnies étaient déjà connus pour avoir versé de l'argent lors de campagnes électorale. Mais là, ce sont directement les compagnies qui ont payé. Les sommes versées ne dépassaient pas 200 000 yens (1 400 euros) à chaque fois pour pouvoir rester anonymes. Ainsi, Akira Amari, membre du cabinet, qui est allé tenter de convaincre le gouverneur de Niigata d'accepter la demande de redémarrage de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, aurait reçu plusieurs millions de yens par ce biais.
Neuf compagnies d'électricité auraient mis la main à la poche en 2006 quand il est devenu ministre de l'économie et de l'industrie et qu'il avait la charge de ces compagnies... Cela a continué les années suivantes. Des sous-traitants ou filiales ont aussi contribué. TEPCo aurait arrêté en 2011, après sa quasi-faillite, mais pas les autres.
Ce n'est pas le seul cas. TEPCo aurait créé une échelle pour classer les membres de la classe politique et les soutenir en conséquence.

• 28% des enfants des trois régions du Tôhoku les plus touchées par le tsunami souffrent de troubles psychiques selon le ministère de la santé. Une équipe médicale a interrogé 178 enfants d'Iwaté, Miyagi et Fukushima âgés entre 3 et 6 ans à la date du tsunami, ainsi que leurs parents ou tuteurs deux ans après la catastrophe. Ils ont ensuite comparé les résultats avec ceux d'une étude similaire menée sur 82 enfants de la province de Mié, très éloignée. Ils ont posé une centaine de questions et sont arrivés à la conclusion que 28% des enfants du Tôhoku interrogés souffraient de troubles d'introversion graves, comme de l'isolement, de la dépression ou des angoisses. C'est 4,5 fois plus qu'à Mié.
21% sont aggressifs ou ont d'autres indicateurs de comportement "extraverti". 26% ont des troubles d'adaptation sociale ou autres.
La méthode retenue a été celle du contrôle du comportement des enfants (Child Behaviour Check List - CBCL).
Ces enfants vont être suivi sur une décennie. Les médecins pensent qu'il faut fournir des soins à ces enfants, sinon leur état pourrait empirer, mais il y a un manque de spécialistes dans la région.
L'étude a aussi montré que 25% des enfants ont perdu leur maison et que 25% autres ont vu leur maison endommagée. 58% des enfants vivaient dans de la famille à l'époque de l'enquête et 31% dans des abris. 31% ont été séparés de leur parents pendant au moins un temps.

• Les Etats-Unis réclament depuis des années que le Japon renvoie 331 kg de plutonium de qualité militaire qu'ils avaient prêté pendant la guerre froide pour "des études scientifiques". Ce plutonium est à Tôkaï-mura (Ibaraki) et permettrait de faire entre 40 et 50 têtes nucléaires. L'administration Obama demande le retour, mais le Japon veut le garder car ils en auraient besoin pour l'étudier. Une preuve de plus que le Japon est un pays du seuil qui fait tout pour pouvoir assembler une bombe nucléaire en quelques mois en cas de troubles.
Le plutonium vient du Royaume-Uni qui a longtemps été le pouvoyeur des Etats-Unis après l'arrêt du retraitement. Les négociations sont donc tripartites, les EU voulant récupérer chez eux ce plutonium. le Japon pourrait céder.

• TEPCo a mis en ligne une synthèse en anglais des résultats de sa surveillance de la contamination de l'eau souterraine. Elle a mis aussi en ligne une présentation en anglais de la lutte qu'elle mène pour tenter, en vain, de résoudre le problème. Le problème de l'eau souterraine qui s'infiltre serait "naturel". Mais c'est TEPCo qui a creusé pour y mettre les réacteurs. Les effets de l'eau contaminée seraient limités au port...
Aucune explication sur les retards de ALPS, sur le tritium, sur le carbone 14... Bref de la com.

• TEPCo a mis une présentation en anglais de l'avancement des travaux de sa feuille de route.

• Le maire de Naraha a demandé au gouvernement de revoir sa copie concernant l'implantation d'un centre de stockage de déchets radioactif dans sa commune. Il n'est prêt à accepter que des déchets issus de sa commune ayant moins de 100 000 Bq/kg. Il craint que le projet gouvernemental freine le retour des habitants. Le conseil municipal va discuter de la demande de référendum ce mercredi 29 janvier.

• Le conseil des sciences du Japon va étudier l'option de l'entreposage pérennisé pour les déchets les plus radioactifs car l'option de l'enfouissement est actuellement dans l'impasse.

• La Wood Hole Oceanographic Institution invite les habitants de la côte Ouest des Etats-Unis à prélever de l'eau de mer pour surveiller l'arrivée de radioéléments du Japon. Il en coûtera entre 550 et 600 dollars aux préleveurs volontaires. Elle a même créé un site oueb dédié.
L'ACRO fait une surveillance citoyenne de la radioactivité dans l'environnement depuis des années et cela ne coûte rien aux préleveurs volontaires. Vous êtes les bienvenus. De même que les informations en ligne sur cette page sont en accès gratuit malgré l'énorme quantité de travail que cela représente. Mais un don ou une adhésion sont bienvenus si vous pensez que notre travail est utile. L'argent sera utilisé à bon escient !

Vendredi 24 janvier :
• A Tsuchiyu, un célèbre onsen (source thermale) de Fukushima qui a perdu de nombreux touristes, des hôteliers ont investi dans la génération d'électricité grâce à l'eau chaude naturelle. Après avoir fait tourné une turbine, l'eau est encore assez chaude pour être utilisée dans les bains. Ils espèrent ainsi générer 2,8 MWh d'électricité, de quoi fournir 500 foyers.

• TEPCo a annoncé qu'elle allait mener une étude des failles sous sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa, pour confimer qu'elles ne sont pas actives.
Il y a 23 failles sous cette centrale et la NRA a demandé des études complémentaires. Cette étude va prendre plusieurs mois. TEPCo le savait, mais cela ne l'a pas empêcher d'annoncer un redémarrage de deux réacteurs de cette centrale à partir de juillet prochain dans son plan financier avalisé par le gouvernement.

• L'AIEA est allée visiter des chantiers de décontamination Potemkine. Son rapport final est ici. Rien sur les scandales liés aux déchets réjetés dans les rivières, rien sur la sous-traitance et les conditions de travail. Mais une affirmation que n'importe quelle dose entre 1 et 20 mSv/an est acceptable. Les membres de l'équipe seraient-ils prêts à aller y vivre avec leurs enfants ?

• TEPCo a mis en ligne des images avec explications en anglais de son inspection du tore du réacteur n°2 (chambre de suppression).

• TEPCo va envoyer un robot dans les étages supérieurs du réacteur n°2 afin d'explorer comment retirer les combustibles usés de la piscine. Le débit de dose y est trop élevé pour les hommes, mais le haut du bâtiment n'a pas été détruit par une explosion hydrogène. Tout devrait être en place pour mener les opérations. Voir les photos et explications en japonais.

• Un groupe de travail de la NRA sur les fuites n'exclut que de l'eau contaminée contenue dans les sous-sols du bâtiment turbine du réacteur n°1 contamine les nappes phréatiques. TEPCo s'en tient toujours à une galerie pleine d'eau contaminée située entre les réacteurs 2 et 3 qui avait fui en avril 2011 comme étant la source des problèmes. Mais l'eau d'un puits situé près du réacteur n°1 a vu sa contamination en tritium monter récemment pour atteindre 5 600 Bq/L (prélèvement du 19 janvier, puits 0-2).
La présentation de TEPCo, en japonais, lors de la réunion du groupe de travail sur la contamination de l'eau souterraine est en ligne. On voit sur les graphes, en échelle logarithmique, que la contamination augmente dans de nombreux puits. Cela commence à poser un problème pour les ouvriers qui travaillent entre les réacteurs et la mer.

Jeudi 23 janvier :
• TEPCo a mis en ligne ses derniers résultats de mesure sur les poissons pêchés dans le port devant la centrale : ils sont tous contaminés, souvent à de fortes teneurs. Cela monte à 244 000 Bq/kg pour les deux césium. Il y a aussi des résultats sur des poissons pêchés dans un rayon de 20 km devant la centrale : de nombreux spécimens dépassent encore la limite de 100 Bq/kg. La plus forte valeur est de 400 Bq/kg.

• Les autorités régionales d'Iwaté et de nombreuses communes de cette province ont réclamé environ 54 millions d'euros de dédommagement à TEPCo. Mais la compagnie a refusé certaines demandes. Elles ont donc saisi la commission d'arbitrage pour une somme de l'ordre de 10 millions d'euros environ. C'est la première fois qu'une province fait une telle demande.

• La campagne officielle pour le poste de maire/gouverneur de Tôkyô a officiellement commencé. Il y a 16 candidats, dont M. Hosokawa qui axe sa campagne sur le nucléaire. Etant donné que l'accident a eu lieu sur une centrale qui aliment Tôkyô (Fukushima est alimentée par une autre compagnie, celle du Tôhoku) et que la ville région est un gros actionnaire de TEPCo (1,2% des parts), il est bienvenu que ce thème fasse partie de la campagne électorale. En revanche, ce n'est pas le seul critère de décision pour les électeurs et il sera difficile d'interpréter les résultats.
Il y a presque 11 millions de votants potentiels.

• Quelques maigres informations en anglais sur la fuite découverte dans le réacteur n°3. On ne sait toujours pas grand chose sur cette fuite : d'où elle vient et depuis quand elle existe ? Est-elle en partie responsable de la perte de refroidissement ?
La version japonaise est à peine plus fournie, mais sans évoctation des questions cruciales.

Mercredi 22 janvier :
• La NRA a mis en ligne des résultats de mesure de la contamination des sédiments marins au large de la centrale de Fukushima et au-delà. On trouve du strontium 90, particulièrement radiotoxique, à de grandes distances, mais à un niveau moindre que le césium. Les prélèvements ont eu lieu en mai 2013. La contamination en césium seulement aux mêmes points, mais sur des prélèvements en novembre 2013, sont aussi disponibles. Au Nord, la tendance à la baisse est notable. C'est pas le cas au Sud où il y a des points où cela augmente.
Il y a aussi des données sur la contamination de l'eau de mer, avec quelques mesures de strontium dans des prélèvements de mai 2013, ainsi que dans des prélèvements d'août 2013.
En ce qui concerne la contamination de l'eau de mer à proximité de la centrale, la NRA a commencé à afficher les résultats en potassium 40 (K-40)  naturel à côté de ceux pour le césium. Les prélèvements datent de décembre 2013.

• Selon une étude, le fleuve Abukuma, qui se jette dans l'océan à Miyagi après avoir traversé Fukushima, a rejeté environ 10 TBq (10 000 milliards de becquerels) de césium lors de la première année de la catastrophe. Et 60% de ce rejet aurait eu lieu suite au passage du typhon n°15 en septembre 2011 (6,2 TBq).

TEPCO a reçu 118 milliards de yens (843 millions d'euros) des autorités. Il s'agit d'une petite partie de l'argent du prêt sans intérêtpour payer les indemnisations. La somme totale, de 3 357,7 milliards de yens (240 milliards d'euros) ne sera pas suffisante.

• Nouveau record pour la contamination de l'eau du puits 1-16 : 3,1 millions de becquerels par litre en bêta total (prélèvement du 20 janvier). Le précédent record était de 2,7 MBq/l dans le prélèvement du 16 janvier.

Mardi 21 janvier :
TEPCo communique enfin en anglais sur la fuite découverte dans le réacteur n°3. Elle reconnaît explicitement que l'eau sort de l'enceinte de confinement. Elle aussi mis une nouvelle vidéo en ligne où le débit de l'écoulement semble plus faible.

• Les autorités ont distribué des dosimètres individuels à Fukushima, d'abord aux enfants et femmes enceintes, puis à toute la population. Ce sont les mairies qui en ont la charge. La télévision publique, la NHK, a contacté 26 mairies et il apparaît qu'il y a une forte baisse de l'utilisation de ces appareils, de 40% par rapport à 2011. Et c'est dans la ville de Fukushima que la baisse est la plus forte.
Environ 85 000 personnes continuent à les utiliser.

• Un responsable du ministère de l'environnement est allé recontrer les maires des 3 communes où le gouvernement veut faire des études géologiques en vue de l'implantation d'un site de stockage de déchets radioactifs issus de la catastrophe. Il s'agit de Kurihara, Kami et Taïwa à Miyagi. Les maires ne semblent pas ravis d'avoir été choisis et ils ne comprennent pas le processus de sélection. L'un a un site touristique, l'autre dit que de l'eau située à proximité alimente un réservoir.

• Un ouvrier, qui participait à un chantier de décontamination du réacteur n°2, a subi une contamination interne qui va entraîner une dose estimée à 0,38 mSv. Il aurait retiré son masque pour essuyer la buée.

• On se souvient de l'histoire de ses employés de TEPCo qui ont dû évacuer leur logement suite à la catastrophe nucléaire et à qui la compagnie a demandé de rembourser les indemnitées reçues. Le Maïnichi, qui continue à enquêter sur le sujet, a découvert que, dès octobre 2011, TEPCo a demandé à ses employés de ne pas demander de compensations. Ofiiciellement, il s'agissait, à l'époque, de laisser la priorité aux autres victimes alors que les demandes affluaient. Mais cela durer pendant plusieurs mois, TEPCo décourageant ses employés ou refusant leur demande.
Le document déniché par le quotidien, daté du 27 octobre 2011, explique que la section en charge des indemnisations est débordée, mais qu'elle va bien indemniser ses employés qui ont souffert comme les autres. Elle leur demande juste d'attendre avant d'envoyer leur dossier. Et d'ajouter que la situation devrait s'améliorer à la fin novembre ou au début décembre 2011. Mais entre 10 et 20 employés de la centrale, qui ont déposé leur demande au début 2012, conformément à la requête de leur employeur, se sont vus refuser toute indemnisation alors qu'ils y ont droit, comme toute personne qui habitait un territoire évacué. Tous les employés qui ont quitté la province de Fukushima ou qui ont été mutés ailleurs ont essuyé un refus.
Chaque personne évacuée à droit à 100 000 yens par mois (714 euros) à cause du stress engendré, en plus de la compensation de la perte éventuelle de l'emploi, du loyer etc. Les employés de TEPCo et leur famille souffrent autant que les autres. Le quotidien cite le cas d'une famille avec deux enfants qui étaient locataires pendant une dizaine d'année à proximité de Fukushima daï-ichi. La femme et les enfants ont  quitté Fukushima de peur d'être stigmatisés comme famille d'employés de TEPCo. Ils ont perdu toute vie sociale sur le nouveau lieu de vie. La femme ne va pas aux réunions de réfugiés de sa nouvelle commune pour les mêmes raisons. Quand le mari, qui ne voit sa famille qu'une fois par semaine, a, début 2012, demandé des indemnisations, elles lui été refusées, sous prétexte qu'il n'a plus le statut de réfugié. Mais pour lui, c'est un devoir de rester à la centrale de Fukushima daï-ichi, malgré la vexation.
Après, le PDG de TEPCo déclare dans la presse qu'il veut retenir ses employés qui quittent la compagnie... Et c'est sans vergogne que la compagnie, annonce sur son site qu'elle va indemniser toutes les personnes éligibles, "jusqu'à la dernière personne". Il y a des personnes moins éligibles que d'autres...

Lundi 20 janvier :
• Retour sur la fuite découverte dans le réacteur n°3 : TEPCo n'en connaissait pas l'origine, mais a émis une hypothèse rassurante liée à de l'eau de pluie. Elle n'a pas mentionné d'hypothèse inquiétante...  Elle donne maintenant des informations (en japonais uniquement) sur cette eau :
- la température est de 20°C alors que l'eau injectée est à 7°C (à 17h) ;
- il y a 1,7 MBq/l en césium 137 (1,7 million de becquerels par litre), 700 000 Bq/l en césium 134, 25 000 Bq/l en Cobalt 60 et 24 MBq/l en bêta total. (Les données de TEPCo sont en Bq/cm3 pour faire moins peur). C'est donc beaucoup plus contaminé que l'eau injectée dont la composition est ici en anglais.
TEPCo en conclut pudiquement que "ce n'est pas l'eau qui pénètre dans le réacteur". Certes, mais elle n'en dit pas plus sur la provenance. Toujours pas d'hypothèse alarmante, alors que la veille, elle n'avait pas hésité à suggérer qu'il pouvait s'agir d'eau de pluie... Quand les médias l'interrogent, le porte-parole de la compagnie ne peut nier que cette eau doit sortir de l'enceinte de confinement.
Cette eau a donc fort pobablement pénétré dans la cuve où elle a été en contact avec le combustible. La fuite existe-t-elle depuis le début ? Est-elle partiellement responsable de la fusion ? Si oui, est-elle due au séisme ou au tsunami ? Ces questions sont cruciales pour la sûreté des autres réacteurs. Rien à ce propos, même en japonais.
Et comme les débits de dose sont très élevés sur place, aucun être humain ne peut aller inspecter. La réponse à ces questions va tarder.

• Le ministère de l'environement a sélectionné 3 sites potentiels dans la province de Miyagi (Kurihara, Kami et Taïwa) pour y mettre les déchets radioactifs ayant plus de 8 000 Bq/kg en césium, comme les cendres d'incinérateur, les boues de station d'épuration... Ces sites sont éloignés des habitations et des cours d'eau. Des études géologiques doivent encore y être menées avant d'un sélectionner un. Quatre autres sites seront ouverts dans d'autres provinces sans que l'on sache où.

• Katsunobu Sakuraï a été réélu au poste de maire de Minami-Sôma. Il était devenu célèbre dans le monde entier suite à son appel sur Youtube où il appelait à l'aide au tout début de la catastrophe en expliquant sobrement la situation sur place. La partie Sud de la commune côtière est à moins de 20 km de la centrale et a dû être évacuée. Le tsunami a aussi fait des dégâts. Sur 54 000 électeurs, 11 000 vivent en dehors de la commune.
Il est devenu anti-nucléaire et très actif dans le mouvement des élus locaux opposés à cette énergie, alors que ses deux rivaux, proches du principal parti au pouvoir, soutenaient l'énergie nucléaire... dans les autres régions.

• La NRA avait conlu que les failles sous la centrale de Tsuruga (Fukui) étaient actives. Cette conclusion, qui implique l'arrêt définitif des réacteurs, était, bien-entendu, contestée par l'exploitant, qui a mené des études complémentaires pour prouver ses dires. Les inspecteurs de la NRA sont donc retournés sur le terrain pour deux jours afin de ré-examiner les failles.

• TEPCo veut investir 2 670 milliards de yens (20 milliards d'euros) d'ici 2022 pour se développer au Japon et à l'étranger, retrouver les profits et proposer un avenir à ses employés qui quittent la compagnie. Elle va notamment investir dans les gaz de schiste. Elle n'a pas l'argent et compte sur de nouveaux emprunts bancaires.
Elle a perdu un dizième de cette somme depuis le début de la catastrophe nucléaire.

• TEPCO a mis en ligne des résultats d'analyse de l'eau souterraine qui font apparaître une forte contamination en strontium, particulièrement radiotoxique : 1 100 Bq/l dans le puits n°1, 5 100 Bq/l dans le puits 1-5, un peu plus en amont, jusqu'à 1 300 Bq/l dans le 1-8... Dans l'eau de mer, à l'intérieur de la barrière mise en place le long du littoral, cela monte à 720 Bq/l.
La contamination en tritium dans le puits n°1 atteint 430 000 Bq/l, presque autant que ce qui sort des réacteurs.

Voir et lire l'excellent visuel interactif du journal Le Monde intitulé Fukushima, an III.

Dimanche 19 janvier :
• Un robot qui inspectait le rez de chaussée du bâtiment réacteur n°3 a trouvé une fuite d'eau. TEPCo ne sait pas d'où vient l'eau. D'un tuyau qui amène l'eau au réacteur ? De la cuve elle-même ? Dans l'un ou l'autre des cas, elle est fortement radioactive, ce qui ne va pas simplifier les choses. En revanche, TEPCo prétend que cette eau va dans les sous-sols et qu'elle ne fuit pas vers l'extérieur. Elle n'exclut pas qu'il s'agisse d'eau de pluie.
Si cette eau coule depuis le début de l'accident, ce pourrait expliquer en partie la perte de refroidissement et aurait des conséquences pour la sûreté des autres réacteurs.
Voir le document en japonais avec photo de la fuite. Il y a aussi une vidéo où l'on voit bien l'eau couler. La photo est maintenant disponible en anglais, mais aucun document explicatif, ni communiqué.

• L'association des dentistes de Fukushima va récupérer les dents des enfants de 5 à 15 ans volontaires pour contrôler la contamination en strontium, particulièrement radiotoxique, mais difficile à mesurer. Ayant les mêmes propriétés chimiques que le calcium, il a tendance à se fixer dans les dents et les os. Le projet est soutenu par le ministère de l'environnement et par d'autres associations de dentistes du Japon, de Hokkaïdô à Kyûshû.
Une spectrométrie gamma, plus simple, sera d'abord faite sur chaque dent. S'il y a une quantité significative de césium, une analyse de strontium sera faite. Pour les autres dents, la mesure ne sera pas individuelle, mais par groupe de 10 dents.
L'association a trouvé deux universités qui ont accepté de participer au projet : Tôhoku University à Miyagi fera les mesures et Ou University (?) à Fukushima analysera les données.
1 000 à 2 000 enfants devraient ainsi être contrôlés durant l'année fiscale qui commence le 1er avril. La recherche continuera au-delà en fonction de la demande. Le directeur de l'association s'est engagé à publier les résultats. La contamination en strontium des sols est faible. Les initiateurs du projet ne s'attendent donc pas à trouver du strontium et espèrent ainsi rassurer les habitants de Fukushima.

• Nous avions déjà signalé que des cochons abandonnés s'étaient croisés avec des sangliers. Il y a des photos dans ce document en japonais sur le site du METI, le ministère de l'économie, des finances, de l'industrie... Les photos ont été prises à Tomioka. Un néologisme a été inventé pour nommer ces bestioles : "inobuta", contraction de "inoshishi" (sanglier) et "buta" (cochon).

• Selon le Maïnichi en japonais, l'eau contenue dans les cuves dépasse désormais 400 000 tonnes (ou m3). La quantité de tritium dans ces cuves serait de 817 TBq (817 000 milliards de becquerels). Il y aurait aussi 58 TBq dans les sous-sols des bâtiments réacteur et turbine. Cela fait donc un total de 875 TBq.
Comme l'autorisation de rejet annuelle pour la centrale avec 6 réacteurs est de 22 TBq, (voir ce document en anglais) le stock de tritium représente donc 40 années de rejets à la limite. Si la station de traitement ALPS devait marcher, TEPCo devra revoir à la hausse ses autorisations de rejet avant de pouvoir rejeter l'eau qu'elle a sur les bras. Ce n'est pas gagné.
Voir aussi le document de TEPCo en japonais pour le groupe de travail tritium :
- Page 4, on voit le circuit de l'eau : 400 m3/j injectés, 800 m3/j pompés des sous-sols. Les 400 m3 supplémentaires proviennent des infiltrations des nappes phréatiques.
- Page 5 : le schéma des 4 réacteurs accidentés avec les températures et le volume d'eau injectée par heure dans chaque réacteur. Le total est de 15 m3/h, ou 360 m3/j. Contredit la page précédente...
- Page 11 : on voit des photos des cuves où il y a 430 000 m3 d'eau contaminée. TEPCo prétend pouvoir aller jusqu'à 800 000 m3 en 2016.
- Page 13 : on voit l'évolution de la quantité d'eau stockée en fonction du temps.
- Page 14 : on voit l'évolution de la concentration en tritium en Bq/l dans l'eau : cela passe de 4,2 millions de Bq/l en sept. 2011 à 630 000 Bq/l de nos jours. (Sur ce document en anglais, il y a un peu plus de 400 000 Bq/l en sortie de SARRY).
- Page 15 : on voit l'évolution de la quantité totale de tritium stocké dans les cuves. Il y a 817 TBq (817 000 milliards de becquerels).

Selon l'Asahi, presque un tiers des communes ont voté une délibération contre l'énergie nucléaire et l'ont soumise au parlement. Il s'agit notamment de communes qui se trouvent à moins de 30 km d'une centrale et qui sont maintenant dans la zone de préparation à l'évacuation d'urgence, mais pas seulement.

• Le projet de recherche DEVAST a fait une étude comparative des évacuations dues au tsunami et des évacuations dues à la catastrophe nucléaire. Lire l'excellent rapport en anglais.

Samedi 18 janvier :
• La ville de Hakodaté (Aomori) veut porter plainte contre le gouvernement afin d'annuler l'autorisation de construire une centrale nucléaire à Ôma, tout au Nord de l'île principale. La ville, qui est à 23 km du projet de centrale, n'accepte pas de ne pas avoir été consultée, alors que le rayon de la zone de préparation à une catastrophe nucléaire est étendu à 30 km.

• L'eau du puits 1-16 a désormais une contamination bêta totale de 270 000 Bq/L. C'est un nouveau record. Le prélèvement date du 16 janvier 2014.

Vendredi 17 janvier :
TEPCo a retiré 10% du combustible de la piscine du réacteur n°4 : 154 assemblages sur 1 533.

• Le Japon va revoir sa préparation face aux catastrophes. En particulier, les personnes vulnérables, qui ne peuvent pas fuir par elles-mêmes, seront répertoriées. Lors du tsunami du 11 mars 2011, 60% des victimes avaient plus de 60 ans. Des pastilles d'iode seront distribuées aux habitants dans un rayon de 5 km autour des centrales et la zone de préparation à une catastrophe nucléaire sera étendue de 10 à 30 km.

• TEPCo a mis en ligne, en japonais, des relevés de débit de dose dans le réacteur n°1. Aux points 10 et 11 (cf p.3), il y a respectivement 1,66 et 1,1 sievert par heure. Les hommes ne peuvent donc pas encore y pénétrer.
Page 8 du document, il y a deux points, les 20 et 21, avec respectivement 2,1 et 5,2 sieverts par heure !
On voit aussi des photos prises par le robot.

• Tohoku Electric Power Company, propriétaire de la centrale de Higashidôri (Aomori), a conclut que les failles qui passent sous sa centrale ne sont pas actives. Quelle surprise ! Les experts de la NRA, qui n'étaient pas convaincus jusqu'à présent, vont étudier ce nouveau dossier.

Jeudi 16 janvier :
• La ville d'Ôkuma a été fortement touchée par la catastrophe nucléaire, puisque 96% de sa surface sont classés en "zone de retour difficile". La commune veut construire une ville nouvelle avec tous les services publics dans une zone au Sud de la commune qui n'est pas trop contaminée. Il y avait 300 habitants, il devrait y en avoir 3 000 en 2018, quand les travaux seront terminés, dont 2 000 qui travailleront à la centrale accidentée toute proche.
Le calendrier semble bien optimiste ! Il y avait 11 000 habitants à Ôkuma, tous évacués.

Mercredi 15 janvier :
• Le gouvernement japonais a approuvé le plan de redressement de TEPCo qui prévoit le redémarrage de deux réacteurs de Kashiwazaki-Kariwa dès juillet 2014 et de deux autres tranches en 2015. C'est complétement irréaliste, mais le gouvernement a accepté.
Le gouverneur de Niigata est toujours opposé à ce redémarrage. Il a parlé de plan chimérique et critique le fait que les banques et les actionnaires n'aient pas pris leurs responsabilités.

• Environ 180 habitants du district de Nagadoro d'Iitaté, qui avaient été évacués tardivement malgré une forte contamination, ont demandé une compensation à TEPCo, à cause de l'angoisse engendrée. La structure de conciliation qui a été saisie leur a donné raison, mais TEPCo rechigne à payer et n'accepte pas la décision.

Une compagnie de pêche de Seattle a fait mesurer la contamination de saumons du Pacifique. Sur les 7 spécimens, elle en a trouvé 2 qui étaient légèrement contaminés. Mais un échantillon a plus de césium 134 (1,2 Bq/kg) que de césium 137 (< 1Bq/kg). Un tel résultat est surprenant.
Un autre a 1,4 Bq/kg en césium 137 et une contamination inférieure à 1 Bq/kg pour le césium 134, ce qui est plus plausible.

• Un taxi de Tsuruga (Fukui) a refusé de prendre un homme politique qui est contre l'énergie nucléaire. Avec l'arrêt de la centrale de Tsuruga à cause d'une faille et les déboires de Monju, le nucléaire de la ville est en mauvaise posture et l'économie locale s'en ressent. La situtation est tendue. Mais cela n'excuse pas ce refus.

Mardi 14 janvier :
Un site humoristique américain, connu pour ses canulars, a fait un montage photo présentant un calamar géant échoué sur une plage de Californie. Pour plus d'explications, voir le blog sur le site du Monde.

• Le gouverneur de Tôkyô a dû démissioner suite à une histoire de prêt personnel douteux. Des élections auront lieu le 9 février pour le remplacer. L'ancien premier ministre Hosakawa, qui avec un autre ancien premier ministre, Koïzumi, soutient une sortie du nucléaire, s'est porté candidat, malgré ses 76 ans. Il avait aussi dû démissionner de son poste de premier ministre suite à une histoire de prêt...
L'actuel premier ministre, en déplacement à l'étranger, a appelé à ne pas faire du nucléaire, l'enjeu de l'élection à Tôkyô. Le principal challenger de M. Hosokawa, Yoïchi Masuzoé, soutenu par la majorité au pouvoir, s'est aussitôt déclaré, lui-aussi, opposé à l'énergie nucléaire.
Et comme la région est un des actionnaires principaux de TEPCo, elle peut faire pression.

• La NRA a rassemblé dans un seul fichier (de 3,4 Mo à cause de la photo...) les derniers résultats de mesure sur la contamination de l'eau de mer. Il y a toujours beaucoup plus de césium près de la centrale qu'au large et du tritium qui ne s'accumule pas dans les sédiments : les fuites continuent.

• Les cartes avec l'évolution de la contamination terrestre de la NRA sont en ligne en anglais.

• Le désormais fameux puits 1-16 vient de voir un nouveau record de contamination : 2,4 millions de becquerels par litre en bêta total. Le prélèvement date du 13 janvier.

• La station ALPS de décontamination ne l'eau n'est toujours pas au point : elle n'arrive pas à remplir les objectifs assignés pour certains éléments comme l'iode. En attendant, l'eau s'accumule dans les cuves et le débit de dose augmente sur place. Et avec la prise en compte récente des rayons X, ce n'est pas anodin pour les travailleurs. TEPCo devrait revoir entièrement sa stratégie. La NRA suggère de se limiter d'abord au retrait du césium (déjà effectué par SARRY) et du strontium afin de baisser significativement la contamination bêta totale de l'eau et le rayonnement X induit.

• Le dernier bilan des doses enregistrées pour les 30 904 travailleurs qui sont passés sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi est en ligne.

• Le gouvernement japonais avait repoussé à la fin janvier 2014 sa nouvelle stratégie énergétique. Le ministre de l'industrie a annoncé un nouveau report, faute de concensus sur le nucléaire, même à l'intérieur de la majorité au pouvoir. Il a confirmé qu'il n'est pas prévu de construire de nouveux réacteurs nucléaires.

• La province de Fukushima a effectué un exercice de crise dans la zone évacuée, où les habitants sont autorisés à retourner durant la journée seulement, en imaginant un accident dans les centrales nucléaires de Fukushima. Une vingtaine de véhicules ont sillonné la zone avec des haut-parleurs pour prévenir les habitants de rester enfermés. Le message n'a pas été bien entendu dans 26 lieux sur 36. Les personnes équipées d'un vieux téléphone portable n'ont pas reçu de mail d'urgence. En revanche, les talkies-walkies prêtés aux habitants de Futaba et Ôkuma, ont été efficaces. Les autorités régionales vont essayer d'améliorer le plan d'urgence.

• Des militants anti-nucléaire de Kyûshû ont célébré leur 1 000ième jour d'occupation devant le siège de la compagnie Kyushu Electric à Fukuoka. Ils sont là de 10h à 17h en semaine, avec des banderoles.

• Un groupe de recherche privé (Kankyo Keizai Kenkyujo) a évaluer qu'il fallait au minimum 12 heures pour évacuer les populations dans un rayon de 30 km autour des centrales nucléaires japonaise. Si des routes sont endommagées par un séisme, cela pourrait prendre jusqu'à 5 jours et demi autour de Tôkaï (Ibaraki) où il y a près d'un million d'habitants et 6 jours autour de Hamaoka (Shizuoka) où il y a 740 000 personnes. Il serait donc quasiment impossible de protéger les populations en cas d'accident complexe impliquant aussi un séisme, car une mise à l'abris de 5 à 6 jours n'est pas tenable non plus.
L'étude s'est basée sur les plans d'évacuation et a supposé que 30% des bus enregistrés et 50% des voitures individuelles étaient disponibles. Elle a pris en compte les forts embouteillages engendrés qui vont freiner l'arrivée des secours à la centrale.
Les autorités régionales de Hokkaïdô avaient aussi estimé qu'il fallait un minimum de 12 heures et demie pour évacuer la population autour de Tomari. Voir l'article du Maïnichi qui rapporte l'étude.
Redémarrer les réacteurs implique aussi améliorer le réseau routier des zones les plus peuplées.

• Le bâtiment fait face à une forte pénurie de main d'oeuvre au Japon avec la reconstruction des zones dévastées, les chantiers de relance de l'économie et les Jeux Olympiques et envisage de se tourner vers de la main d'oeuvre étrangère.

Lundi 13 janvier :
• Le district de Miyakoji de Tamura, commune située à une vingtaine de kilomètres de la centrale, devrait être le premier à voir l'ordre d'évacuer levé. Lors d'une rencontre entre les autorités, des représentants de la commune et 25 habitants du district, ces derniers ont demandé à ce qu'ils puissent officiellement rentrer à partir du 1er avril prochain, car cela correspond au début de l'année fiscale et scolaire.
Ils peuvent déjà rester chez, même pour la nuit, mais l'ordre d'évacuation est maintenu pour qu'ils puissent continuer à recevoir un soutien financier.
Les travaux de décontamination sont officiellement terminés. Mais des familles avec enfants réclament une nouvelle décontamination et des objectifs en terme de débit de dose. Le gouvernement refuse ces objectifs chiffrés car il ne pourra probablement pas les atteindre. D'autres demandent une décontamination plus vaste car elle se limite actuellement à la proximité immédiate des zones de vie. Une fois les habitants rentrés, le gouvernement continuera-t-il à décontaminer ? Certains en doutent et réclament un engagement ferme des autorités.

• Le dernier train de débris du tsunami est arrivé à Tôkyô, ce jour. Il a pratiquement fait un voyage par jour depuis septembre 2012. 184 000 tonnes de déchets ont été transportées. La masse totale de débris est estimée à 17 millions de tonnes. Pour Iwaté et Miyagi, les autorités pensent avoir fini de les traiter d'ici le 31 mars prochain. En revanche, pour les 2,5 millions de tonnes de débris à Fukushima, contaminés par l'accident nucléaire, il n'y a toujours pas de solution.

Dimanche 12 janvier :
• L'industrie nucléaire a tenu son forum pour l'emploi. Le nombre d'étudiants est encore 5 fois plus faible qu'avant la catastrophe. Les quelques étudiants interrogés par la NHK veulent travailler dans la décontamination ou le démantèlement pour aider leur pays.

• Une portion de l'autoroute Joban, qui traverse les territoires contaminés, est fermée depuis mars 2011. Elle a été endommagée par le séisme et les travaux retardés par la radioactivité. Elle devrait rouvrir à la fin février prochain.

• TEPCO a cessé de mettre en anglais sur son site Internet toutes les informations relatives à l'avancement des travaux et aux incidents. Mais elle vient de publier un communiqué de presse pour contredire "certaines informations" étrangères sur la centrale de Fukushima daï-ichi.
Moralité, pour avoir des infos, il faut faire circuler des rumeurs et attendre que TEPCo communique...

• Le comité gouvernemental qui fixe le tarif de rachat des énergies renouvelables a proposé d'augmenter le tarif de rachat pour l'éolien off-shore, qui est actuellement au même prix que l'éolien terrestre, et de le baisser pour le solaire. L'investissement est plus élevé pour les éoliennes en mer que sur terre, où la place manque. Pour le solaire, le prix des panneaux photovoltaïques baisse.

• L'ancien premier ministre, Junichiro Koïzumi, a déclaré à une journaliste du Asahi : "Denjiren (la Fédération des compagnies électriques du Japon) a dit un paquet de mensonges. Quand les experts disent que la production d'énergie nucléaire est sûr et ne coûte pas cher et que c'est la seule voie à suivre si nous voulons cesser de compter sur le charbon, bien, nous les croyons. Mais ils nous ont menti pendant des années. Et le fait est que nous ne connaissions pas grand chose à propos de la production d'énergie nucléaire connus. Nous avons eu peu d'intérêt pour ce sujet avant le 11 mars 2011, et nous avions aucune idée de comment il est difficile de contrôler l'énergie nucléaire."

Samedi 11 janvier :
• L'autorité de sûreté nucléaire japonaise, la NRA, a fait installer environ 400 autres balises de mesure de la radioactivité dans 12 communes autour de Fukushima, dont des communes évacuées. Les résultats des mesures, actualisés toutes les 10 minutes, sont disponibles en ligne.

• TEPCo a trouvé 60 Bq/L en strontium 90 dans l'eau souterraine prélevée entre les réacteurs 3 et 4 à 25 m de profondeur (prélèvement du 10 décembre 2013). Il y a aussi 9,4 Bq/L en césium dans ce même échantillon. La contamination en tritium est inférieure à 110 Bq/L, alors qu'elle était de 780 Bq/L une semaine plus tôt.
La mesure du strontium prend un mois et l'on n'a pas encore les données pour les semaines suivantes. Mais comme la contamination en bêta totale reste significative, on peut supposer qu'il y a encore du strontium à une concentration inférieure.
TEPCo a mis en place une barrière souterraine entre les réacteurs et la mer qui n'arrête pas les écoulements mais les dévie. C'est un signe que l'a pollution s'enfonce et qu'il sera de plus en plus difficile de stopper les fuites en mer.

L'agence de recherche des coopératives de pêche annonce avoir pêché une dorade grise avec 12 400 Bq/kg en césium. Elle a été prise dans l'embouchure du fleuve Niidagawa, à 37 km à vol d'oiseau de la centrale le 17 novembre dernier. Deux autres aveint 197 et 426 Bq/kg. L'agence a pêché 37 dorades en tout au large d'Iwaki en octobre-novembre dernier et les autres spécimens étaient tous en dessous de la limite de 100 Bq/kg.
Il s'agissait d'une pêche expérimentale : la pêche commerciale de ce poisson est interdite au large de Fukushima et Miyagi. Les coopératives de pêche des communes au Nord d'Ibaraki ne le pêche pas non plus.

Vendredi 10 janvier :
• Le ministère de l'environnement a mis en ligne des statistiques en anglais sur le traitement des débris du tsunami : 90 et 96% des débris seraient traités à Iwaté et Miyagi, mais seulement 62% à Fukushima, à cause de la radioactivité, bien que la zone d'évacuation ne soit pas prise en compte dans ces statistiques. Rien n'y a été fait pour le moment.
Il a aussi mis en ligne une présentation sur les progrès de la décontamination et ses projets de centres d'entreposage : tout va bien.

• TEPCo a redémarré sa station de traitement des eaux ALPS. Le pont roulant pour décharger les containers de déchets avait un moteur en panne. Mais le pont peut fonctionner avec les trois autres. TEPCo va réparrer le moteur défaillant.

• Le Japon veut réorganiser le démantèlement des installations nucléaires, un immense marché international. Il a déjà créé l'International Research Institute for Nuclear Decommissioning (IRID), soutenu par l'industrie nucléaire, exploitants et constructeurs, bien qu'initié par le gouvernement. Il veut créer une division "démantèlement" dans la structure en charge de la compensation des victimes, ce qui en a surpris plus d'un, car ce sont deux choses différentes. Cette division devrait absorber l'IRID qui a pour but de développer des nouvelles technologies.
Mais le président de l'IRID pense que le Japon devrait plutôt créer une agence en charge du démantèlement, à l'instar du Royaume Uni. Il est soutenu par des fonctionnaires qui ne comprennent pas le couplage de démantèlement et de l'indemnisation.

• Un groupe d'audit interne de TEPCo a trouvé que la compagnie payait trop chères certaines prestations par faute d'ouvrir suffisamment ses appels d'offres. Certains coûts pourraient être réduits d'un facteur 2 à 5. Comme la compagnie est soutenue par de l'argent public, elle doit encore réduire ses dépenses selon cet audit.

• Un groupe d'habitants de Naraha demande l'organisation d'un referendum local sur la construction d'un centre d'entreposage de déchets issus de la décontamination dans leur commune. Ils ont récolté 2 151 signatures valides, ce qui est beaucoup plus que le minimum requis pour que le sujet soit considéré par le conseil municipal qui a 20 jours pour prendre une décision.

Jeudi 9 janvier :
• TEPCo n'aurait pas mesuré les rayons X émis par ces cuves de stockage d'eau contaminée et le débit de dose à la limite de la centrale dépasse les limites imposées par la NRA. La compagnie s'est engagé à ce que la dose en bordure soit inférieure à 1 mSv/an alors qu'elle peut dépasser les 8 mSv/an en prenant en compte les X (ces chiffres ne prennent pas en compte la contamination des sols qui entraînent une irradiation plus forte). Il n'y a personne qui habite près de la centrale. Le problème concerne donc surtout les travailleurs présents sur le site. TEPCo et la NRA devraient en parler vendredi prochain, pour tenter de trouver une solution.
La majorité du rayonnement émis par l'eau contaminée est de type bêta qui ne traverse pas le métal de la cuve, mais qui interagit avec le fer qui, lui, émet ensuite un rayonnement X qui traverse la cuve.
TEPCo a ignoré ce problème, mais durant l'été 2012, l'autorité de sûreté lui a demandé de le prendre en compte. Elle revu ses calculs en mars 2013 et doit maintenant trouver une solution car, le nombre de cuves augmentant, le problème s'aggrave.
Le débit de dose total ne dépassait pas 1 mSv en mars 2013 et est passé à 7,8 mSv/an en mai à cause des cuves mises près de la bordure.

• TEPCo a caché 140 résultats de mesure du strontium dans l'eau souterraine et l'eau de mer entre juin et novembre 2013 car elle les considérait comme erronés. En effet, les concentrations en strontium dépassaient les valeurs en bêta total, ce qui n'est pas possible. Elle n'a pas publié ces valeurs, ni n'a mentionné le problème.
La compagnie s'est engagée à trouver le problème, corriger les valeurs et les publier avant la fin du mois.

• Avec la libéralisation complète du marché de l'électricité à partir de 2016, TEPCo veut s'implanter dans d'autres zones du Japon. Mais sous un autre nom... Elle pense que "TEPCo" n'est pas très vendeur. Le nom sera connu avant avril 2015.
Mais comme elle a les deuxièmes tarifs les plus élévés du pays, ce ne sera pas facile.

Mercredi 8 janvier :
• TEPCo a mis en anglais des images de combustibles endommagés de la piscine du réacteur n°4. Le document est daté du 27 décembre dernier. L'endommagement date d'avant la catastrophe nucléaire.

TEPCo va réinstaller une webcam du côté du réacteur n°1. Pour accéder aux images en direct, c'est ici.

• TEPCo avait arrêté le transfert de combustibles de la piscine du réacteur n°4 le 22 décembre dernier pour les fêtes de fin d'année. Elle a repris et en était à 132 assemblages transférés à la date du 6 janvier. Il est toujours prévu de finir en décembre 2014.

• Les trois chaînes de la station de traitement de l'eau contaminée, ALPS, toujours en cours de test, sont de nouveau arrêtées à la suite d'une panne.Le palan pour retirer les cuves de déchets radioactifs pleins ne fonctionne plus. Le redémarrage pourrait prendre du temps.

Mardi 7 janvier :
• Japan Nuclear Fuel Limited, qui espère toujours pouvoir démarrer un jour son usine de "retraitement" des combustibles usés de Rokkashô-mura, a fait une demande à l'autorité de sûreté, montrant qu'elle satisfaisait aux nouvelles règles de sûreté. Personne ne sait combien de temps l'instruction prendra. Au minimum 6 mois. Et ce n'est pas dit que l'usine, dont le démarrage a déjà été repoussé 21 fois, puisse fonctionner. Les travaux de construction de l'usine ont commencé en 1993 et elle n'a jamais marché... Enfin, les failles de la péninsule Shimokita doivent être réétudiées. Cela pourrait aussi changer la donne.
L'utilité de l'usine reste à démontrer car le surgénérateur Monju, qui doit utiliser le plutonium extrait, n'est pas au point. Les réacteurs traditionnels sont tous arrêtés. Pourront-ils utiliser du MOx ?

Lundi 6 janvier :
• Le Maïnichi revient sur les indemnités qui doivent être remboursées par les employés de TEPCo qui ont été évacués (cf 4 janvier). Les 100 000 yens par mois (710 euros) sont reçus par chaque personne évacuée et TEPCo demande le remboursement pour tous les membres de la famille de ses employés !
TEPCo réclame plus de  30 millions de yens (214 000 euros) à une famille. Les membres de la famille des travailleurs ne sont pas responsables de la catastrophe et souffrent autant que les autres. Ils ont des frais similaires pour racheter ce qui a été abandonné lors de l'évacuation : meubles, vêtements...
La famille en question, deux adultes et deux enfants, vivaient dans une zone maintenant classée en "retour difficile" car l'exposition externe peut y dépasser 50 mSv/an. Elle avait droit, comme les autres habitants de ces régions, à demander une somme forfaitaire correspondant à 5 années d'indemnisation à partir de juin 2002, ce qu'elle a fait. Elle a donc reçu 24 millions de yens. Puis TEPCO a envoyé une demande de remboursement de plus de 30 millions de yens sous le prétexte que la famille avait trouvé à se reloger à partir de l'été 2011. Elle n'est donc plus considérée comme "évacuée".
Rappelons que les autres habitants dans une situation similaire, mais qui ne sont pas employés par TEPCo, n'ont pas reçu de demande remboursement. Selon le quotidien, quatres familles avec un membre employé par TEPCo, ont aussi reçu des demandes de remboursement, qui, dans deux cas, dépassent les 10 millions de yens (71 000 euros).

• La chaîne australienne ABC mentionne le cas de M. Yoshizawa, éleveur à 14 km de la centrale accidentée, qui refuse que son troupeau soit abattu. Il pense qu'il est plus important que ses bovins, fortement contaminés, fassent l'objet d'études scientifiques sur l'impact de la radioactivité. Cette situation est illégale, mais il résiste. Certaines bêtes ont des taches blanches que l'on peut voir sur la vidéo et qu'aucun vétérinaire ne peut expliquer.

• Un des 8 ordinateurs de la salle de contrôle du surgénérateur Monju, situé dans la province de Fukui, aurait été piraté depuis la Corée du Sud. Il y avait 42 000 mails et des rapports internes dans cet ordinateur, mais aucune information importante pour la sécurité, selon l'exploitant qui s'était déjà fait critiqué pour son manque de protection contre le terrorisme par la NRA.

• Selon le Tôkyô Shimbun du 31 décembre dernier, l'AIEA et l'université médicale de Fukushima, en charge de l'étude d'impact sanitaire dans la province de Fukushima, ont signé un protocole d'accord incluant des clauses de secret : selon le journal, il y est mentionné la possibilité que des informations ne soient pas publiées si elles peuvent attiser l'anxiété de la population.
L'ACRO a reçu depuis le texte signé qui est sur le site du ministère des affaires étrangères japonais. L'article 8 mentionne que les signataires publieront leurs résultats tout en respectant la confidentialité imposée par l'autre partie. C'est article est assez commun, mais suffisamment vague pour permettre des dérives. Dans le contexte actuel de défiance vis à vis des autorités sur un sujet aussi sensible et après le vote de la loi sur le secret, il aurait été bienvenu de mieux préciser les choses. Il aurait été préférable de dire que toutes les données seront rendues publiques tout en garantissant la vie privée des personnes concernées.
Parmi les sujets abordés par cet accord, il y a "la peur des radiations"...

Dimanche 5 janvier :
• TEPCo donne une prime de risque à tous les intervenants sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi. Mais elle ne parvient pas toujours aux employés des sous-traitants à cause des ponctions lors des étapes intermédiaires. Et comme le montant de cette prime, variable en fonction du travail, de l'exposition etc, n'est pas connu, les travailleurs ne peuvent pas faire valoir leurs droits.
Selon le Maïnichi, le 8 novembre dernier, TEPCo a révélé que la prime était de 10 000 yens par jour (un peu plus de 70 euros au cours actuel) et qu'elle allait la doubler à partir de décembre. Lors de la conférence de presse, le PDG de TEPCo a clairement annoncé que cette nouvelle prime, dont le montant est connu, devrait être intégralement reversée aux travailleurs. Mais, le 29 novembre, TEPCo a envoyé une note explicative à ses sous-traitants, où elle expliquait que l'augmentation de la prime de 10 000 yens par jour ne signifiait pas que les salaires devaient être augmentés d'autant.
Dans les faits, certains sous-traitants ont augmenté les salaires de 10 000 yens par jour, d'autres non. Sur place, c'est mal ressenti.

Samedi 4 janvier :
• Pour limiter les fuites, TEPCo veut vider les tunnels et galeries souterraines. Mais comme l'eau y revient immédiatement, elle va d'abord tenter de boucher les accès en les gelant. Elle va commencer à installer les tuyaux dès ce mois-ci. Le pompage de l'eau devrait commencer en avril prochain.

• TEPCO doit payer 100 000 yens par mois (714 euros par mois) à chaque personne forcée à évacuer pour compenser le stress et les frais engendrés par la nouvelle vie (voyage vers l'ancienne habitation, achat de meubles, habits, électroménager...). Mais, selon le Maïnichi, ce soutien financier a été arrêté pour une centaine d'employés de TEPCo qui ont dû évacuer. Pire, la compagnie réclame à au moins une quinzaine d'entre eux de rembourser une partie de ce qu'ils ont déjà reçu !
Un des employés concernés a déménagé dans un nouvel appartement qu'il loue. Comme il habitait avant dans un appartement en location, TEPCo juge qu'il s'agit d'un simple déménagement et qu'il n'est plus évacué. Elle a donc supprimé l'aide financière et lui réclame le trop versé. Les autres personnes évacuées, qui ne sont pas employées par TEPCo, continuent à toucher cette aide, même si elles ont emménagé dans le parc locatif.
L'employé en question a donc porté l'affaire devant la structure de conciliation qui a été mise en place pour gérer les conflits en matière d'indemnisation qui lui a donné raison. Il n'a pas à rembourser et doit même continuer à toucher les indemnisations. Mais TEPCo ne veut rien entendre et refuse cette décision qui n'est pas contraignante.
Dans un autre article, le quotidien présente plus précisément un de ces cas : la personne en question était à la centrale durant les premières heures de la catastrophe, a risqué sa vie pour rétablir la situation et a été exposée à de fortes doses. Cette attitude de TEPCo est donc extrêmement choquante et a cassé le moral des personnes qui se sont beaucoup données. Les salaires ont déjà été amputés de 20%. Cette mesquinerie est la goutte qui fait déborder le vase. De nombreux jeunes quittent donc la compagnie.

Vendredi 3 janvier :
• Le retour rapide des personnes évacuées, dont l'indemnisation coûte cher, est toujours la priorité du gouvernement japonais. Et pour que les gens rentrent, il leur faut aussi un emploi. Selon l'Asahi, le vice-ministre de l'industrie, qui est à la tête du groupe gouvernemental relatif à la catastrophe, a trouvé la solution : les impliquer dans le démantèlement de Fukushima daï-ichi ! Et comme le chantier va durer des décennies, c'est un emploi durable. Ainsi, ces personnes prendront des doses au travail et à la maison. Max 20 mSv/an à chaque fois. La comptabilité sera-t-elle séparée ou cumulée ?

• L'eau du puits 1-16 continue à être fortement contaminée à son niveau record : 2,1 millions de becquerels par litre en bêta total (prélèvement du 30 décembre). La contamination en tritium est systématique dans les puits le long du rivage et atteint 240 000 Bq/L dans le puits n°1.

• TEPCo a fait un communiqué en anglais pour signaler que de la vapeur d'eau au dessus du réacteur n°3 est fréquemment observée, surtout quand le temps est humide ou froid.

Jeudi 2 janvier 2014 :
• Selon la NRA, aucun réacteur nucléaire ne pourra redémarrer rapidement car les exploitants sous-estiment encore l'amplitude des séismes potentiels qui pourraient secouer leurs installations. Le président de l'autorité nucléaire, qui a déjà tenu 65 réunions à propos de ces demandes, n'est pas capable de donner un calendrier.

• TEPCo veut accélérer la réhabilitation de J-Village. Ce complexe sportif, situé à une vingtaine de kilomètres de la centrale accidentée, propriété de TEPCo, de la Fédération japonaise de Football et des autorités locales, a été transformé en base pour la gestion de l'accident. TEPCo veut le rendre en 2018, juste deux ans avant les JO. Elle va le décontaminer pour qu'il puisse accueillir à nouveau des camps d'entraînement de foot.

• Pour les courageux, les 242 pages en japonais de la dernière feuille de route de TEPCo est ici en ligne. Il y a de nombreuses images et graphes.
On y apprend, par exemple (p 152-158), que TEPCo a commencé à retirer les débris de la piscine du réacteur n°3. Ce travail est toujours télécommandé car le débit de dose y est trop élevé pour des humains. Un résumé en anglais antérieur, daté du 28 novembre, est aussi disponible.

Mercredi 1er janvier 2014 :
• La station ALPS de traitement des eaux contaminées qui s'accumulent jour après jour à la centrale de Fukushima daï-ichi devait être initialement prête pour septembre 2012. Depuis, on ne compte plus les reports. TEPCo a officiellement admis que ce ne sera pas avant avril 2014, sans donner de date. Il y a eu des problèmes de corrosion après seulement quelques mois de test. TEPCo les aurait réglés et repris les tests. Qu'est-ce qui coince ?
Ex-skf a déniché et partiellement traduit un document officiel sur le site du ministère de l'industrie, où il apparaît qu'ALPS produit trop de boues radioactives.  Une des premières étapes du procédé, qui consiste en une coprécipitation avec des ions fer et carbonates, produit à elle seule 95% des déchets. Le document suggère de remplacer cette étape par un procédé qui utilise une autre technique. Laquelle ? C'est ce qui semble coincer.
Il apparaît que 93% du césium est sous forme de colloïdes et 5% de particules. Le reste est sous forme d'ions. Pour les autres émetteurs bêta, dont le très toxique strontium, 59% est sous forme de colloïdes et 37% de particules.
Et donc l'étape de coprécipitation des boues et particules forme des boues très radioactives pour lesquelles il n'y a pas de solution par la suite. Les résines échangeuses d'ions, qui devaient retirer la majorité des éléments radioactifs, n'en retirent donc qu'une faible partie.

Mardi 31 décembre :
• La pollution radioactive dans le puits 1-16 vient de battre un nouveau record : 2,1 millions de becquerels par litre en bêta total (prélèvement du 26 décembre).

• TEPCo observe de nouveau de la vapeur au dessus du réacteur n°3, comme c'était déjà le cas cet été. Voir les communiqués en japonais du 24 décembre, 25 décembre et 27 décembre. TEPCo a cessé de traduire en anglais ces communiqués.
Cela a conduit un site américain à en déduire que la fusion du réacteur n°3 a repris et d'alerter la population américaine à se préparer au pire. Pas les Japonais, semble-t-il ! La photo qui accompagne le texte date de 2011.
Ce genre d'alerte, reprise par quelques sites français, est ridicule : si la fusion avait repris, il y aurait des rejets massifs (ceux qui menacent les Américains) qui auraient été vus par les nombreuses balises accessibles sur Internet et les nombreuses stations de mesures indépendantes au Japon.
La situation est déjà suffisamment grave pour qu'il ne soit pas nécessaire d'en rajouter.

Lundi 30 décembre :
• Le Sri Lanka a trouvé de la radioactivité dans des aliments à base de produits marins importés du Japon : la contamination est inférieure à 100 Bq/kg. La presse mentionne 15 à 20 Bq/kg.

• Le gouvernement japonais va autoriser les ouvriers engagés dans la décontamination et la réhabilitation des zones évacuées à dormir sur place si l'exposition externe est inférieure à une dose équivalente à 20 mSv/an. Il s'agit de satisfaire à une demande des compagnies et des autorités locales afin de gagner sur le temps de transport pour accélérer la décontamination. La dose en dehors des heures de travail va-t-elle être prise en compte ?
Les habitants originaires de ces zones peuvent rentrer dans la journée mais ne sont pas autorisés à dormir sur place.
Les municipalités devront en faire la demande auprès du gouvernement. Iitaté l'a déjà fait.

• L'agence de presse Reuters continue à enquêter sur les conditions de travail après la catastrophe nucléaire. Elle propose un article, des photos et une vidéo sur des sans-abris embauchés dans des travaux de décontamination. A lire !
La pénurie de main d'oeuvre incite donc les compagnies à user de tous les moyens pour trouver des travailleurs qui acceptent de faire le sale boulot pour un salaire ridicule, souvent inférieur au salaire minimum après les ponctions de chaque couche de sous-traitance. Les sans-abris recrutés à Sendaï (Miyagi) interrogés par Reuters travaillaient sur un chantier de la deuxième compagnie de construction du Japon, Obayashi, une des majors du bâtiment qui ont remporté les marchés de décontamination sans aucune expérience.
Le recrutement des personnes les plus vulnérables pour servir de main d'oeuvre sur les chantiers est souvent contrôlé par la pègre.
Les nombreuses couches de sous-traitance permettent tous les abus et rendent les contrôles difficiles. Reuters a dénombré 733 compagnies impliquées dans les chantiers de décontamination des zones les plus contaminées prises en charge par le gouvernement et l'autoroute. Parmi elles, 56 ne sont pas habilitées par le ministère de l'environnement. Les contrats associés représentent 2,5 milliards de dollars.
L'agence a aussi découvert 5 compagnies fantômes, sans adresse, téléphone, site Internet, ni enregistrement.
Le ministère de l'environnement, qui gère là son plus gros budget depuis qu'il existe, se défausse entièrement sur les quelques majors qui ont remporté les contrats. Elles mêmes sous-traitent tout et ne contrôle pas la situation. Un patron d'une compagnie sous-traitante avoue que s'il commençait à contrôler tous les contrats, cela n'avancerait pas et il n'aurait pas le dixième de la main d'oeuvre nécessaire. Alors tout le monde ferme les yeux.
Ces problèmes de sous-traitance existaient déjà avant la catastrophe dans le batiment et la décontamination nucléaire. Ils ont été exacerbés par l'ampleur de la tâche suite à la catastrophe, la pénurie de main d'oeuvre et l'attrait de la prime de risque de 100 000 yens par jour qui n'est pas toujours versée aux travailleurs. Selon la police qui a enquêté sur les sans-abris de Sendaï, seulement un tiers de ce qui est versé par Obayashi arrive dans la poche des travailleurs journaliers. Après leur avoir pris les frais de logement et nourriture, il ne leur reste plus que 6 dollars de l'heure, ce qui est moins que le salaire minimum qui est 6,5 dollars de l'heure. Certains sans-abris auraient même des dettes quand tous les frais ont été déduits !
Le recruteur des sans-abris à Sendaï a été arrêté en novembre et relâché sans charge car la police voulait remonter la chaîne de d'embauche et coincer la pègre locale qui logeait les sans-abris dans des dortoirs insalubres et se faisait 10 000 dollars par mois sur leur dos. Le membre de la pègre qui a été arrêté, a dû payer une amende de 2 500 dollars. La compagnie qui a embauché les sans abris envoyés par la pègre a eu une amende de 5 000 dollars, son manager aussi. Elle les a ensuite envoyés à une autre compagnie, à peine plus grosse, qui prétend n'avoir prélevé que 10 dollars par personne avant de les envoyer au véritable sous-traitant. Cette deuxième compagnie et son manager ont aussi eu une amende de 5 000 dollars chacun. Elle prétend que si l'on ne traite pas avec la pègre, il n'est pas possible d'avoir de la main d'oeuvre : ce serait toujours ainsi dans le bâtiment. Quant sous-traitant sur les chantiers, il prétend ne pas être au courant du recrutement. Cette compagnie et la major du bâtiment, n'ont pas été punies.
Des pratiques similaires existent sur les chantiers de traitement des débris du tsunami.

Dimanche 29 décembre :
• Un ancien employé de TEPCo a mis en place une organisation pour venir en aide aux travailleurs de la centrale de Fukushima daï-ichi. Il donne aussi des conférences pour expliquer les conditions de travail déplorables à la centrale. Selon l'Asahi, il collecte de l'argent pour acheter des sous-vêtements chauds et des chaufferettes pour les ouvriers qui doivent faire face aux frimas de l'hiver. Pourquoi ce n'est pas TEPCo qui fournit ces équipements ?
Le site internet de cette initiative, entièrement en japonais, contient quelques photos.

Samedi 28 décembre :
• TEPCo a mis en ligne (en japonais et en anglais) des photos d'un des assemblages endommagés de la piscine du réacteur n°4. Le problème date d'avant le séisme du 11 mars 2011. La compagnie prétend que le débit de dose n'est pas anormal à proximité et suggère qu'il ne fuit pas. Qu'en est-il des autres assemblages endommagés ?

Vendredi 27 décembre :
TEPCo vient de procéder à la cinquième demande d'augmentation du soutien financier de l'Etat japonais : elle réclame 999 milliards de yens de plus (7,1 milliards d'euros). Cela fait un total de 4 789 milliards de yens (34,2 milliards d'euros). Elle justifie cette nouvelle demande par le changement de règles concernant l'indemnisation du foncier et à la prolongation des indemnisations liées aux restrictions de vente de produits de Fukushima et aux "rumeurs néfastes".
La veille, le comité gouvernemental en charge de fixer les règles d'indemnisation a demandé à TEPCo de payer 7 millions de yens (50 000 euros) supplémentaires à chaque personne qui ne pourra pas rentrer chez elle tout au long de sa vie. La compagnie devra aussi les aider à acheter une nouvelle maison. 25 000 personnes, originaires des zones où la contamination pourrait engender une dose annuelle supérieure à 50 mSv, sont concernées. Ces personnes recoivent déjà 100 000 yens (715 euros) par mois.

• TEPCo a mis en ligne la version anglaise des informations et photos concernant les dernières fuites des réceptacles sous les cuves. Elle a aussi mis en ligne une vidéo montrant les mesures prises pour éviter que cela se reproduire.
TEPCo n'a pas trouvé de fissure dans ces réceptacles et pense donc que ce sont les joints qui ont laisser fuir l'eau de pluie contaminée. Elle a donc ajouté une résine par dessus les joints. Le bricolage continue... TEPCo va mettre de la résine sur les 20 réceptacles et mieux les surveiller.

• Tôhoku Electric Power Co a déposé une demande d'autorisation de redémarrage du réacteur n°2 de sa centrale d'Onagawa (Miyagi) qui avait été fortement secouée lors du séisme du 11 mars 2011. C'était l'installation nucléaire la plus proche de l'épicentre. Les trois réacteurs se sont arrêtés automatiquement lors du séisme. La vague de tsunami faisait 13 mètres, mais n'avait pas submergé la centrale. Un incendie s'était déclaré et certains générateurs de secours avaient été noyés.
La compagnie est en train de construire un mur anti-tsunami de 29 m de haut pour pouvoir faire face à une vague de 23 m, ce qui fait 10 m de plus que ce que était estimé auparavant. Les filtres pour retenir les particules radioactives pour limiter les rejets en cas d'accident ne seront pas installés avant mars 2016. C'est obligatoire, sans période de grâce, pour les réacteurs à eau bouillante.
C'est la 16ième demande de redémarrage.

• Les autorités régionales de Fukushima avaient distribué un questionnaire aux populations pour estimer a posteriori la dose reçue. Il s'agissait de reconstituer l'emploi du temps des personnes concernées, du temps passé à l'extérieur, du lieu etc afin de calculer l'expostion à partir de la reconstitution des retombées radioactives. Le questionnaire avait été envoyé quelques mois après le début de la catastrophe aux 2 millions d'habitants de la province. Le taux de retour est toujours de 23,6%. Plus le temps passe, plus il sera difficile de le remplir.

• La NRA devrait confirmer que la faille qui passe sous la centrale d'Ôï (Fukui) n'est pas active.

Jeudi 26 décembre :
• TEPCo a présenté un nouveau plan financier, accepté par son conseil d'administration. La compagnie espère renouer avec les profits, mais prévoit pour cela le redémarrage de deux réacteurs de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa (Niigata) à partir de juillet 2014 et deux autres réacteurs à partir du printemps 2015. Elle espère aussi pouvoir rassurer les banques et obtenir des prêts supplémentaires. Mais la compagnie est peut-être trop optimiste sur le redémarrage de ses réacteurs et personne ne peut dire combien coûtera le démantèlement des réacteurs accidentés et définitivement arrêtés. Ni combien coûtera l'indemnisation des victimes de la catastrophe.
Si la compagnie fait à nouveau des bénéfices, elle baissera ses tarifs : elle n'a pas trop le choix car à partir de 2016, le marché de l'électricité sera entièrement libéralisé et les tarifs de TEPCo sont très élevés.
Pour les trois réacteurs restants de Kashiwazaki-Kariwa, TEPCo parle d'un redémarrage après 2016, voir 2023. C'est à dire jamais...

• Le gouvernement a admis qu'il lui faudra plus de temps pour traiter les débris du tsunami à Fukushima à cause de la radioactivité. Cela devrait durer jusqu'en 2016, soit deux ans de retard, sans compter les zones les plus contaminées où rien n'est prévu pour le moment. La quantité totale de déchets des zones où les travaux sont possibles serait de 802 000 tonnes.
En ce qui concerne la décontamination, le gouvernement se donne trois ans de plus pour finir en mars 2017. La simple idée que la décontamination puisse avoir une fin est assez saugrenue : les niveaux atteints restent élevés et les habitants ne s'en satisfont pas. Il y a aussi 70% de montagnes et forêts à Fukushima qui ne sont pas décontaminées et qui recontaminent certaines zones près des habitations.
Le gouvernement va mettre la priorité sur les infrastructures et les zones habitées de façon à permettre le retour des habitants. Les zones les plus contaminées, où l'exposition externe dépasserait 50 mSv/an, ne sont pas concernées par ce plan. Ni la commune de Futaba car les discussions avec la municipalité n'ont pas abouti. 96% de cette commune sont classés en zone de retour difficile.

Mercredi 25 décembre :
• Comme l'an dernier, les personnes évacuées provenant de zones pas trop contaminées peuvent retourner chez elles pour les fêtes du nouvel an, et sont même autorisées à dormir sur place. Seulement 1 700 personnes, réparties dans 556 familles en ont fait la demande alors que 27 150 auraient pu le faire.

• Chûgoku Electric Power Company a officiellement demandé à la NRA l'autorisation de redémarrer le réacteur n°2 de sa centrale de Shimané. C'est un réacteur à eau bouillante qui ne bénéficie pas d'un délai de grâce pour l'installation de filtres à particules radioactives. La compagnie ne va pas les installéer avant mai 2014. Elle a rehaussé la digue de protection contre les tsunamis de 6,5 à 15 m. La salle de contrôle excentrée ne sera mise en service qu'à partir de septembre 2014.
Cette centrale est située près de la capitale régionale. En cas d'accident, il faudrait évacuer 470 000 personnes dans un rayon de 30 km.
La compagnie envisage de demander l'autorisation de démarrer le réacteur n°3 qui est presque fini de construire. Le réacteur n°1, qui a été mis en service en 1974, nécessite des investissements massifs pour être remis aux normes.
C'est la 15ième demande de redémarrage sur 48 réacteurs (54 avant la catastrophe), aucune n'a été accordée pour le moment et le Japon a toujours zéro réacteur en fonctionnement.

• La NRA a fait refaire des mesures du débit de dose à partir l'hélicoptères dans un rayon de 80 km autour de la centrale accidentée. Les valeurs rapportée à 1 m du sol montrent une diminution moyenne de 47% depuis les premières cartes. C'est dû la disparition progressive du césium 134 qui a une demi-vie de 2 ans et au lessivage des sols par l'eau de pluie. Cette baisse doit être prise comme référence pour évaluer l'efficacité de la décontamination. Les données datent de septembre 2013 et une présentation est ici en anglais.
La précédente carte a été publiée en mai 2013 avec des données de mars 2013.

Mardi 24 décembre :
• Il y a de moins en moins d'étudiants à Fukushima alors que dans les provinces voisines, le nombre d'étudiants est revenu au niveau de l'avant 11 mars 2011. C'est surtout le nombre d'étudiants en provenance d'autres régions qui a chuté.

Le blog ex-skf a déniché et traduit une petite annonce pour aller décontaminer à Fukushima : "Travail facile, surtout tonte, élagage et élimination de la couche supérieur de sol". Aucune mention de la radioactivité, même si les lieux concernés sont contaminés.

• TEPCo continue de découvrir des fuites dans les réceptacles autour des cuves. Dans deux nouveaux cas l'eau accumulée a baissé de 7 et 11 cm respectivement depuis vendredi 20 décembre. Et cette eau a 20 et 440 Bq/l de strontium 90 et ne peut donc pas être rejetée dans l'environnement. La compagnie va vider les réceptacles pour trouver par où l'eau a fui. 225 m3 se seraient ainsi échappés.
Les cas précédents étaient dus à des fissures dans le béton et à un joint qui n'était plus étanche. TEPCo a bouché ces fuites. Voir des photos et explications en japonais, ainsi qu'en anglais.

TEPCo a reçu 141,2 milliards de yens (1 milliard d'euro) d'aide sous forme de prêt sans intérêt du gouvernement.

TEPCo a mis en ligne la version anglaise d'une partie de ses nouvelles conclusions sur l'accident (cf 13 décembre).

Lundi 23 décembre :
• TEPCo a trouvé de nouvelles fuites au niveau des barrières qui entourent les cuves. Le volume d'eau qui aurait fui serait de 2,6 m3 (il inclut les 1,6 m3 de la veille). Dans un des réceptacles, il y avait 190 Bq/L en strontium 90. A partir de 10 Bq/L, TEPCo est supposée pomper cette eau et ne peut pas la relâcher. Dans l'autre réceptacle qui a fui, ce serait 0,8 m3 qui se serait échappé, avec 3 Bq/l en strontium.
La compagnie prétend que cette eau n'a pas atteint la mer.
Par ailleurs, le Maïnichi donne la parole à une personne employée par un sous-traitant de TEPCo pour construire les cuves : ellle dénonce un travail bâclé car il fallait faire vite. Elle dit craindre d'autres fuites. La peinture anti-rouille n'a pas toujours été bien appliquée. La dalle en béton n'était pas toujours bien plate non plus. On pouvait parfois passer un doigt sous la cuve. Quand le témoin trouvé par le Maïnichi a signalé le problème au contremaître, il lui a été répondu que cela ne servait à rien car personne n'écoute au-dessus d'eux.
Le quotidien a interrogé TEPCO et Taisei, son sous-traitant, qui se sont voulus rassurants, sans pour autant répondre aux questions précises.

• Deux centrales japonaises sont particulièrement exposées au risque volcanique : il s'agit de la centrale de Sendaï à Kagoshima, tout au Sud de l'île de Kyûshû et de la centrale de Tomari au Sud de l'île de Hokkaïdô. D'autres sont aussi concernées (Higashidori, Genkaï, Ikata...).
Les compagnies d'électricité doivent étudier les risques engendrés par les volcans situés dans un rayon de 160 km autour de leurs centrales et déterminer le rique d'éruption dans les 60 ans à venir.
Même si la lave n'atteint pas directement la centrale, les cendres peuvent perturber fortement son fonctionnement. Les secours peuvent aussi être empêchés de rejoindre la centrale en cas d'accident durant une éruption volcanique.

• Nouvelle manifestation anti-nucléaire dimanche 22 décembre qui a encerclé le parlement. Il y avait 15 000 personnes, selon les organisateurs, et 2 000 selon la police.

• La municipalité de Minami-Sôma a mis en ligne quelques données de mesure sur des champignons avec des contaminations en césium qui montent à plus de 400 000 Bq/kg.

Dimanche 22 décembre :
Les dernières données mises en ligne sur le site de la NRA concernant la contamination de l'eau de mer montrent que la pollution est toujours beaucoup plus forte près de la centrale qu'au large, ce qui prouve que les fuites en mer continuent et sont visibles.

• TEPCo a découvert une nouvelle fuite : de l'eau de pluie contaminée, qui aurait dû être retenue dans les réceptacles autour les cuves, se seraient écoulée eta été absorbée par le sol. TEPCo estime à 1,6 m3 la fuite.

Vendredi 20 décembre :
• TEPCo a mesuré  les débits de dose le long de la cheminée de rejet des réacteurs 1 et 2 : cela monte jusqu'à 3,6 mSv/h à 10 m du sol. (Données et photos en japonais).

Chûgoku Electric Power Co va demander aux autorités locales de la province de Shimané et de la ville de Matsué l'autorisation de soumettre à la NRA la demande de redémarrage du réacteur n°2 de la centrale de Shimané. C'est un réacteur à eau bouillante.
La compagnie du Tôhoku, quant à elle, envisage de faire une demande similaire pour le réacteur n°2 de sa centrale d'Onagawa (Miyagi) qui avait été fortement secouée par le séisme du 11 mars 2011. Ce serait la première demande pour un réacteur affecté par ce séisme. C'est aussi un réacteur à eau bouillante.

• 60% des communes qui sont à moins de 30 km d'une centrale nucléaire n'ont toujours pas finalisé leur plan d'évacuation en cas de catastrophe : 82 sur 135 à la date du 2 décembre 2013. Elles ont du mal à trouver des centres d'accueil, surtout pour les résidents en maisons de retraite ou les personnes hospitalisées.

• Le gouvernement veut accélérer le retour des populations en leur donnant une prime de retour pour les aider à reconstruire leur vie sur place. Les personnes qui rentreront dans les deux ans qui suivent la levée de l'ordre d'évacuation devraient recevoir 900 000 yens supplémentaires (6 400 euros). Les détails sur cette prime seront connus à partir du printemps prochain. Il va aussi leur distribuer des dosimètres individuels pour qu'elles puissent contrôler leur exposition réelle dans des zones où elle pourrait monter jusqu'à 20 mSv/an, comme pour les travailleurs du nucléaire. De nombreuses associations d'aide aux victimes réclament de laisser le choix aux populations évacuées en leur proposant soit de rentrer, soit de se réinstaller ailleurs sans discrimination financière.
Pour le moment, l'aide à la réinstallation ailleurs n'est prévue que pour les 25 000 personnes qui vivent dans une zone classée "retour difficile" car l'exposition externe pourrait y dépasser les 50 mSv/an.
C'est TEPCo qui devra payer ces aides supplémentaires grâces aux prêts sans intérêt du gouvernement.

TEPCo a annoncé qu'elle allait créer une filiale chargée du démantèlement. La compagnie va donc séparer la production d'électricité de la prise en charge des conséquences de la catastrophe. (Voir aussi le deuxième communiqué à ce propos).

• TEPCo aurait trouvé de la pollution radioactive dans de l'eau souterraine prélevée à 25 m de profondeur sous le réacteur n°4 : il y aurait 6,7 Bq/L en césium 137 et 89 Bq/L en bêta total. Les nappes phréatiques sont fortement contaminées, mais c'est la première fois que TEPCo trouve une pollution à une telle profondeur. La compagnie n'exclut pas une nouvelle erreur de mesure. (Données en japonais).
Par ailleurs, la contamination de l'eau du puits 1-16 vient de battre un nouveau record avec 1,9 millions de becquerels par litre en bêta total. (Prélèvement du 19 décembre).

Jeudi 19 décembre :
• Le gouvernement japonais a finalement remonté à 9 000 milliards de yens (65 milliards d'euros) le plafonds des prêts sans intérêt qu'il compte accorder à TEPCo. C'est le contribuable qui payera les intérêts. Il était de 5 000 milliards de yens auparavant. TEPCo a déjà dépensé plus de 3 000 milliards de yens (22 milliards d'euros) en indemnisation.
Le gouvernement va aussi prendre en charge la décontamination au-delà des 2 500 milliards de yens (18 milliards d'euros) payés par TEPCo et les centres d'entreposage de déchets issus de la décontamination pour un total de 1 100 milliards de yens (8 milliards d'euros).

• TEPCO a mis en ligne une présentation des progrès effectués à la centrale de Fukushima daï-ichi (en anglais).

• Le gouverneur de Fukushima a réitéré sa demande de voir tous les réacteurs nucléaires de sa province définitivement arrêtés. TEPCo n'a pas encore pris officiellement de décision pour les 4 réacteurs de Fukushima daï-ni qui ont été innondés par le tsunami.

• Japan Nuclear Fuel Ltd a reporté pour la 20ième fois la date de démarrage de son usine dite de retraitement des combustibles irradiés de Rokkashô-mura (Aomori). La nouvelle date est octobre 2014. Il lui faut mettre son usine aux nouvelles normes de sûreté entrée en vigueur la veille. La toute première date de démarrage proposée était en 1997...

• Suite du voyage de presse français à Fukushima encadré par l'IRSN : les journalistes sont allés visiter une coopérative de production de kakis séchés et ont vu le détecteur qui permet de contrôler tous les colis mis sur le marché. Une machine coûte 63 millions de yens (450 000 euros). Il y en a 5 prises en charge par TEPCo, qui paye aussi 1 000 yens (7 euros) par analyse. C'est une coquette somme. Les fournisseurs d'instruments de détection de la radioactivité s'en mettent plein les poches.
L'ACRO a un devis pour une chaîne de spectrométrie gamma comme celle que nous avons financée et installée au Japon, mais proposée par Canberra : c'est trois fois plus que ce que nous avons payé chez Itech ! L'ordinateur, avec clavier et OS japonais, était proposé à 4 280 euros HT avec l'imprimante. Il n'est même pas plaqué or.

Mercredi 18 décembre :
Voici un écho du voyage de presse au Japon qui détonne par rapport aux autres articles. Une vingtaine de journalistes français ont rencontré leurs homologues de Fukushima et il en ressort que : "Les mêmes journalistes présents à la réunion racontent comment les familles se divisent sur le fait de savoir s’il faut ou non rester au pays. Et comment, bien souvent, elles éclatent, minées par les divisions internes. Un phénomène qui semble s’être massifié. A Iitate, le maire confiait que sa ville comptait 1.700 ménages avant mars 2011. Or depuis, les séparations et les divorces se sont à ce point multipliés que le nombre de foyers fiscaux a presque doublé pour atteindre le chiffre record  de 3.000." (Ce n'est le seul phénomène qui explique cette augmentation du nombre de foyers, comme nous l'avons déjà signalé : les familles incluaient souvent plusieurs générations qui n'ont pas pu trouver à se reloger ensemble. Le problème des divorces est cependant bien réel.)
"Ce sont encore les réfugies des zones contaminés qui, selon qu’ils appartiennent à la zone la plus proche de la centrale ou non, ont reçu des indemnités allant de un million de yens à 80.000. Ou presque rien, provoquant de fortes jalousies au sein de "la diaspora des évacués de Fukushima."
"C’est Masaya Hayakawa, du Fukushima Minpo Newspaper, qui explique la difficulté d’informer les populations locales. [...] "Tepco, dit-il, en assurant parler au nom de tous ses confrères, n’est pas pour nous un source fiable. Non pas parce qu’ils falsifient les données, mais tout simplement parce qu’ils sont dépassés, débordés, et littéralement affolés. Deux ans et neuf mois sont passés depuis l’accident, et Tepco n’est toujours pas en mesure de trier les informations qui se bousculent dans ses bureaux".

• TEPCo a mis en ligne des données sur la contamination des poissons pêchés dans un rayon de 20 km autour de la centrale. Il y a encore de nombreux spécimens qui dépassent les 100 Bq/kg en césium. Cela monte jusqu'à 1 070 Bq/kg. En ce qui concerne les poissons pêchés dans le port devant la centrale, la contamination est toujours beaucoup plus élevée car ils ne peuvent pas sortir et sont directement exposés aux fuites en mer. Elle monte jusqu'à 131 000 Bq/kg.

• TEPCo en est à 88 assemblages retirés de la piscine du réacteur n°4.

• La station de traitement des eaux contaminées ALPS est toujours en phase de test. Son démarrage a été une nouvelle fois reporté de novembre 2013 à avril 2014. Les premières annoncent mentionnaient septembre 2012... Elle coûte 15 milliards de yens (107 millions d'euros).
Le dernier bilan de l'eau contaminée accumulée est ici en anglais.

TEPCO a officiellement annoncé qu'elle avait engagé la procédure de mise à l'arrêt définitif des réacteurs 5 et 6 de Fukushima daï-ichi. Elle devrait être effective le 31 janvier prochain. Les 6 réacteurs de la centrale seront donc définitivement arrêtés après 42 ans de fonctionnement pour le plus ancien. Il faudra plus de temps pour les démanteler...
Le démantèlement des réacteurs 5 et 6, secoués par le séisme et noyés par le tsunami, mais pas accidentés, servira de laboratoire au démantèlement des réacteurs accidentés (voir le document en anglais). TEPCo a commencé à retirer le combustible des cuves pour le mettre dans les piscines de refroidissement. Elle en aura jusqu'en septembre prochain.
En ce qui concerne les 4 réacteurs de Fukushima daï-ni, TEPCo n'a pas encore pris de décision officielle.
Le Japon n'aura donc plus que 48 réacteurs contre 54 avant le 11 mars 2011.

• Le puits 0-3-2 est soudainement devenu très contaminé. TEPCo avait annoncé 63 000 Bq/L en bêta total dans l'eau. Et comme il n'est pas séparé de la mer par le mur souterrain, cela a beaucoup inquiété quant à l'ampleur de la fuite. Le lendemain, la contamination est redevenue indétectable. TEPCo pense donc avoir fait une erreur et mélangé l'échantillon de ce puits avec un échantillon beaucoup plus contaminé (provenant du puits 1-16 ?).

• L'International Research Institute for Nuclear Decommissioning vient de lancer un nouvel appel à idées pour aller inspecter et démanteler le combustible fondu (page spéciale, avec document explicatif).

• Sept habitants de Futaba vivaient encore dans le lycée désaffecté de Kazo (Saïtama), dans la banlieue de Tôkyô. Ils ont tous plus de 60 ans. Ils ont trouvé un nouveau logement et  devront quitter les lieux avant la fin de l'année.

• La NRA avait estimé que la centrale de Tsuruga (Fukui) est sur une faille active et qu'elle ne peut donc pas être redémarrée. L'exploitant n'a pas accepté ce verdict et a apporté de nouvelles données pour démontrer l'inverse. La NRA va donc rouvrir le dossier.

Mardi 17 décembre :
• Le directeur de l'IRSN et son équipe étaient en visite à Fukushima daï-ichi la veille, accompagné d'une armada de journalistes français. Il y a donc de nombreux articles dans la presse française aujourd'hui. Cela s'apparente à une belle opération de communication. On n'apprend pas grand chose de neuf si ce n'est que les discussions pour rejeter en mer l'eau partiellement décontaminée ne débuteront pas avant deux ou trois ans.

• Le nombre de décès liés à l'évacuation provoquée par l'accident nucléaire à Fukushima est maintenant de 1 605 (au 30 novembre 2013). C'est plus que le nombre de décès directs dus au séisme et tsunami dans la province : 1 603. C'est aussi beaucoup plus que les 919 décès indirects qui avaient suivi le séisme de Kôbé en 1995. A Miyagi, les décès indirects liés à l'évacuation provoquée par le tsunami s'élèvent à 878. C'est 428 à Iwaté.
Ces décès incluent des personnes qui n'ont pas pu recevoir des soins appropriés, ou qui ont développé de nouvelles maladies, ou encore, qui se sont suicidées.
A Fukushima, 309 dossiers de demande de reconnaissance de décès liés à la catastrophe ont été rejetés. 76 dossiers sont en cours d'évaluation. Cela devient de plus en plus difficile de faire le lien avec l'évacuation.
Si le décès est reconnu comme état lié à la catastrophe, les familles peuvent recevoir 5 millions de yens. Mais il n'y a pas de critères prédéfinis et les dossiers sont examinés au cas par cas.

• Japan Nuclear Fuel Limited, qui a fait construire l'usine de retraitement à Rokkashô-mura, espère pouvoir la démarrer à partir d'octobre 2014.

• La contamination bêta totale de l'eau du puits 1-16 stagne à un niveau très élevé : 1,4 million de becquerels par litre (prélèvement du 13 décembre) et 1,7 million de becquerels par litre (prélèvement du 16 décembre). A noter que la contamination du puits 0-3-2 augmente aussi fortement.

• La NRA a mis en ligne un recueil de données sur la contamination de l'eau de mer au large de la centrale de Fukushima. L'eau est contaminée, à de faibles niveaux, sur des centaines de kilomètres.

Lundi 16 décembre :
La NRA a mis sur Internet des débits de dose mesurés dans la zone des 20 km autour de la centrale de Fukushima daï-ichi et leur évolution. C'est encore fortement contaminé. Pour rappel, la limite d'évacuation, considérée comme trop élevée par beaucoup, est fixée à 3,8 microsievert par heure.

• La dette de TEPCo auprès de 77 banques et autres institutions financières privées va être plafonnée à 4 500 milliards de yens (32 milliards d'euros). Cette dette vient d'augmenter de 300 milliards de yens (un peu plus de 2 milliards d'euros). C'est plus de deux fois la dette de la compagnie avant l'accident.
Il faut aussi ajouter ce que TEPCo doit au gouvernement.

• A Shirakawa, les sacs contenant les déchets radioactifs issus de la décontamination sont entreposés à l'air libre dans un parc, comme partout ailleurs. Mais ce parc est juste devant des immeubles et une habitante a vu des enfants jouer sur ces sacs. Elle a alerté les autorités régionales, propriétaires des habitations, qui n'ont pas réagi. Un journaliste du Maïnichi, qui révèle l'affaire, a mesuré jusqu'à 2,23 microsieverts par heure à proximité de sacs situés près de la rue. Il y avait 10 fois moins en s'éloignant des sacs. Le quotidien est ensuite aller inspecter d'autres complexes d'habitations, dans la même ville. Il a trouvé deux collégiens (ou collégiennes) en train de bavarder à proximité de tels sacs sans être informé(e)s du risque.
Le quotidien rappelle que les autorités locales sont responsables des déchets et de la protection des populations. La loi impose un débit de dose inférieur à 1 mSv/an (ou 0,23 microsievert par heure) au niveau de la bordure du site d'entreposage.La région a réagi après l'intervention du journal.
La région possède 78 complexes d'habitation et n'en a décontaminé que 21.

Samedi 14 décembre :
• Alors que le démantèlement des réacteurs de Fukushima, puis de tous ceux qui ne pourront pas redémarrer, va devenir une activité centrale de l'industrie nucléaire japonaise, l'autorité de sûreté, la NRA a aucun expert sur le sujet. le Japon vient à peine de mettre en place un Research Institute for Nuclear Decommissioning.

• Le gouvernement va acheter les terrains où il veut installer les centres d'entreposage des déchets radioactifs issus de la décontamination. Mais la valeur du terrain va être calculée en prenant en compte leur dépréciation suite à la catastrophe. Le gouvernement va tenter d'estimer la valeur des terrains en fonction de leur utilité potentielle après la levée de l'ordre d'évacuation. Le manque à gagner suite à la dépréciation devra être compensé par TEPCo. Le gouvernement applique ainsi les règles habituelles pour les expropriations, à savoir la veleur du terrain au moment de l'achat. Mais on ne sait pas comment il va estimer la valeur du terrain dans le futur, car l'ordre d'évacuation ne sera pas levé de si peu dans ces zones.
La surface totale à acheter est de 19 km2 pour 28 millions de m3. Elle inclut un centre de tri et d'incinération sur chaque site. Trois communes sont concernées pour le moment : Ôkuma (11 km2), Naraha (3 km2) et Futaba (5 km2) et plusieurs milliers de propriétaires. Certains demandent un achat au prix du terrain avant la catastrophe. D'autres ne veulent pas vendre. Cela va prendre du temps.
Les ministres de l'environnement et de la reconstruction étaient en visite à Fukushima pour convaincre les autorités locales d'accepter les sites d'entreposage. Les concertations avec les habitants évacués auront lieu l'an prochain.
On se demande pourquoi le gouvernement veut acheter les terrains si l'entreposage est limité à 30 ans. Il pourrait aussi les louer. Cette limitation dans le temps n'est pas crédible.

• Le gouvernement prête de l'argent à TEPCo pour qu'elle puisse indemniser certaines victimes de la catastrophe. Le plafond est fixé à 5 000 milliards de yens (36 milliards d'euros), mais le gouvernement pourrait le remonter à 9 000 voire 10 000 milliards de yens.
Le gouvernement, déjà fortement endetté, emprunte lui-même ces sommes et les intérêts sont à la charge du contribuable.

• La contamination bêta totale de l'eau du puits 1-16 continue de monter et de battre des records : 1,5 million de becquerels par litre (prélèvement du 9 décembre), puis 1,8 million de becquerels par litre (prélèvement du 12 décembre).
Un bilan de la contamination de l'eau souterraine est ici en anglais.

Vendredi 13 décembre :
• On s'en souvient, les habitants de la partie Est du district de Miyakoji à Tamura, située à moins de 20 km de la centrale, peuvent retourner et dormir chez eux pour rétablir les conditions de vie sur place. L'ordre d'évacuation n'est pas encore levé pour qu'ils puissent continuer à recevoir une indemnisation. Il devrait l'être au printemps prochain et l'aide financière s'arrêtera un an plus tard.
Sur 117 foyers concernés, seuls 30 sont revenus pour une longue durée. Le débit de dose est tel que l'irradiation externe dépasse 1 mSv par an, la limite de dose en temps normal. Les jeunes avec enfants ne veulent donc pas rentrer.Certaines personnes âgées préfèrent rentrer, d'autres préfèrent rester avec leurs enfants et petits enfants.
L'Asahi a interrogé les 117 foyers et a obtenu 60 réponses : 16 vont rentrer après la levée de l'ordre d'évacuation, 7 ne rentreront jamais. 24 ne rentreront pas, mais n'excluent pas de le faire plus tard. Les 13 restant sont indécis.
Le quotidien a ensuite demandé aux 37 foyers qui n'ont pas encore de réponse définitive, quelle seraient les conditions nécessaire à un retour. C'est la stabilisation de la situation à la centrale qui arrive en premier (29 réponses), suivie par la baisse des niveaux de contamination (26 réponses). Trois réponses étaient possibles.

• Les dernières statistiques du ministère de l'éducation, après examen de 700 000 enfants âgés de 5 à 17 ans, montre que le surpoids diminue dans le pays, sauf à Fukushima où il continue d'augmenter. Le ministère met en avant le manque d'activité physique et la perturbation des conditions de vie.

• TEPCo a rendu publiques de nouvelles conclusions sur la fusion du coeur du réacteur n°3. Elle avait estimé, que la fusion avait commencé le 13 mars 2011 à 13h40. La fusion est due à un manque d'eau qui serait dû, d'après la nouvelle étude, à un dysfonctionnement d'un système de secours (pas vraiment une révélation...). Le système d'injection d'eau de refroidissement sous pression serait tombé en panne. Le rapport d'enquête gouvernemantale avait dit que ce système avait été arrêté manuellement, mais TEPCo prétend qu'il était déjà défaillant. La fusion aurait donc pu commencé plus tôt et plus de combustible pourrait avoir fondu et percé la cuve.
Ce n'est pas le seul problème : l'eau injectée par les camions pompier à partir de 9h ce jour là ne serait pas parvenue dans la cuve du réacteur à cause de vannes restées ouvertes qui auraient dévié une partie de l'eau vers d'autres zones. TEPCo prétend que la quantité d'eau injectée était suffisante. Plus de 7 fois la quantité nécessaire pour le réacteur n°2. Des problèmes similaires sur les vannes auraient eu lieu dans les réacteurs 1 et 2, où il y a aussi eu fusion du coeur. Il était impossible d'envoyer des personnes actionner les vannes à cause de la trop forte radioactivité.
Voir le document, la présentation et le communiqué de presse en japonais. Le version anglaise est maintenant disponible pour la présentation.
TEPCo connaissait ces problèmes de circulation de l'eau depuis la fin mars 2011, mais n'en a jamais parlé avant... TEPCo reste TEPCo. Elle a modifié les vannes en conséquence dans ses réacteurs de Kashiwazaki-Kariwa, toujours à l'arrêt.

• Les maires de Futaba et Ôkuma, communes qui hébergent la centrale de Fukushima daï-ichi, ont accepté l'arrêt définitif des réacteurs 5 et 6. Il faut encore l'accord des autorités régionales avant que TEPCo n'engage les démarches administratives.

• La loi sur le secret a été promulguée... mais l'opposition reste forte.

• L'ACRO inaugure son nouveau détecteur, le même que celui qui équipe le laboratoire Chikurin que nous aider à mettre en place au Japon.

Jeudi 12 décembre :
• Toshiba et ses 17 sous-traitants se sont fait rappeler à l'ordre par l'inspection du travail car les ouvriers ont travaillé trop longtemps à proximité de l'eau radioactive. La loi japonaise limite à 10 heures par jour la durée du travail quand il y a des risques, 8 heures plus deux heures supplémentaires. Toshiba et ses sous-traitants ont reconnu que certains de leurs employés ont dépassé cette durée. Et comme les alarmes des dosimètres sonnaient au bout de 9 heures et trente minutes de travail, ils étaient changés avant de retourner sur le chantier.
Ils ont donné comme excuse qu'ils ne savaient pas que le temps de préparation et d'attente est compris dans le temps de travail. Un représentant de la compagne a même dit que le dépassement n'était, au plus, que de quelques heures... Après dix heures de travail, on l'espère ! Si une multinationale comme Toshiba n'est pas capable de comprendre correctement le droit du travail, c'est inquiétant.

• Le conseil municipal de Tomioka a accepté une demande d'arrêt définitif des réacteurs de Fukushima daï-ni. Les réacteurs 3 et 4 sont à la limite de son territoire. C'est la première fois qu'une commune vote un tel texte à Fukushima.

• Le gouvernement envisage de mettre dans la loi que les centres d'entreposage de déchets radioactifs qu'il veut installer à Fukushima ne dépasseront pas 30 ans et que les déchets seront stockés en dehors de la province. Il espère ainsi rassurer les élus locaux. Mais comment trouvera-t-il un autre site d'ici là ?

• Des cochons abandonnés lors de l'évacuation se sont croisés avec des sangliers sauvages. Ils pénètrent dans les maisons et les fermes abandonnées à la recherche de nourriture. Les autorités veulent demander à des chasseurs de les abattre pour faciliter le retour des populations.

• TEPCo veut goudronner le sol de sa centrale afin de réduire le débit de dose et limiter les infiltrations d'eau de pluie qui finissent dans les nappes phréatiques. Elle doit d'abord retirer les débris, racler le sol avant de pouvoir l'asphalter (voir des photos et les mesures envisagées, en japonais).

• Alors que la loi sur le secret continue de faire des remous, que les sondages montrent une forte opposition, le premier ministre se veut rassurant. Il a promis qu'il n'y aurait pas d'abus. Mais les promesses n'engagent que ceux qui y croient... Il a aussi proposé, à la dernière minute, la mise en place d'une commission qui supervisera le secret. Mais, comme l'explique le Maïnichi, depuis la mise en place de la nouvelle autorité de sûreté, en septembre 2012, le secret concernant le nucléaire n'est contrôlé par personne. Une telle commission avait été mise en place par la précédente autorité de sûreté, la NISA. La nouvelle, qui est plus indépendante, se déclare être, elle même juge dans cette affaire. Mais elle a surtout des compétences techniques et d'autres urgences. En attendant, les compagnies classifient ce qu'elles veulent.

Mercredi 11 décembre :
• Le gouvernement va acheter les terrains où il compte installer les centres d'entreposage des déchets issus de la décontamination : cela devrait lui coûter 100 milliards de yens (plus de 700 millions d'euros) sur le budget 2014 qui ne seront pas remboursés par TEPCo. La construction des centres et leur exploitation devraient coûter 10 fois plus. En 2013, 14,6 milliards de yens (100 millions d'euros) ont été affectés aux études préliminaires sur les sites présentis à Futaba, Ôkuma et Naraha.
Le gouvernement espère commencer à y mettre des déchets en 2015. Les estimations sont de l'ordre de 3 à 5 km2 pour ces sites et le gouvernement prévoit d'acheter 18 km2 de terrains. Le volume de déchets à y mettre serait de l'ordre de 15 à 28 millions de m3. Les deux ministres viendront le 14 décembre tenter de convaincre les élus locaux.

• On l'a déjà dit, l'installation de retraitement de Tôkaï-mura (Ibaraki) a des déchets liquides qui menacent. La NRA va donc autoriser la reprise partielle des activités afin de reprendre ces solutions. Il y a 3,5 m3 d'une solution qui contient du plutonium et plus de 400 m3 de déchets très radioactifs à vie longue. La solidification du plutonium devrait prendre deux ans et la vitrification des déchets liquides, 21 ans !

• TEPCo devrait annoncer la semaine prochaine qu'elle va demander l'arrêt définitif des réacteurs 5 et 6 de Fukushima daï-ichi, comme cela lui a été fortement suggéré par le premier ministre. Elle va consulter les élus locaux avant.

Mardi 10 décembre :
• Le président de la commission d'enquête parlementaire qui avait travaillé sur l'accident de Fukushima, n'est pas entièrement satisfait de la nouvelle autorité de sûreté japonaise, la NRA. Elle est certes indépendante, comme cela avait été réclamé, mais il l'a trouve trop repliée sur elle-même. Dans un interview à l'agence Bloomberg, il réclame une internationalisation de la sûreté à l'instar de ce qui a été fait pour l'aviation civile.
Les grandes compagnies d'électricité gardent une grande influence sur la politique du pays et font un lobbying intense pour retarder certaines décisions concernant l'ouverture du marché.

• Un groupe gouvernemental veut limiter les indemnisations reçues par les évacués de la catastrophe de Fukushima de 10 à 14 millions de yens (71 000 à 100 000 euros). Et comme les habitants des zones les plus contaminées, où l'exposition externe dépasse les 50 mSv/an, ont déjà reçu 7,5 millions de yens, ils seront bientôt au maximum. De nombreuses personnes concernées sont furieuses.

• Le gouvernement va promulguer la loi sur le secret ce vendredi 13 décembre. En France, ce sera la sainte Lucie, fête de la lumière. Au Japon, celle de l'opacité...

• Les ministres de l'environnement et de la reconstruction sont à Fukushima pour prier les populations locales d'accepter les centres d'entreposage des déchets radioactifs issus de la décontamination dans les commune de Futaba, d'Ôkuma et de Naraha, qui sont les plus proches de la centrale.
Officiellement, ces déchets n'y resteront que 30 ans, le temps de trouver un site définitif, mais personne n'est dupe. Ces trois communes avaient accepté les études pour la recherche de site, pas les sites. Les discussions sont avec le gouverneur de Fukushima et les trois maires.
Les deux ministres veulent aussi convaincre le maire de Tomioka d'accepter les boues de station d'épuration et les cendre d'incinérateur qui dépassent les 100 000 Bq/kg en césium.
Le ministre de l'environnement va aussi mettre en place un groupe de travail pour discuter du transport des déchets vers ces trois sites. La quantité totale de sol contaminé est de l'ordre de 35 millions de tonnes, selon les estimations officielles. Cela va donc prendre des années.

La contamination de l'eau souterraine du puits 1-16, qui avait battu des records, augmente encore : 1 400 000 Bq/L en bêta total. Pas d'explications en anglais.
La contamination en tritium de l'eau du puits E1, situé près de la cuve qui avait fui cet été, remonte : 450 000 Bq/L.

TEPCo a refait un transport de combustibles de la piscine du réacteur n°4 vers la piscine commune. Elle a retiré 66 (3x22) assemblages sur 1 533.

Lundi 9 décembre :
• A Nagadoro, une des zones les plus contaminées d'Iitaté, des rizières ont été décontaminées en retirant la couche superficielle et plantées au printemps dernier. Après la moisson d'octobre dernier, 3 kg de ce riz ont été analysés et la contamination en césium était inférieure à 10 Bq/kg, ce qui est moins que la limite fixée à 100 Bq/kg. L'agriculture dans les zones évacuées est interdite et le riz produit ne sera pas vendu, mais cette expérience sera renouvelée l'année prochaine.

• 540 kg de riz de Fukushima vont être servis à la cantine d'un ministère à Tôkyô pendant neuf jours. Ils ne prennent pas beaucoup de risques...

• L'Asahi a étudié les logements des personnes forcées à évacuer 7 communes de Fukushima et a trouvé que de nombreuses familles sont encore disloquées, plus de 1 000 jours le déclenchement de la catastrophe nucléaire. Les grandes familles avec plusieurs générations sous un même toit n'ont souvent pas trouvé à se reloger ensemble. La recherche d'un nouvel emploi a aussi forcé certains à se séparer.
Le quotidien a compté 1,3 logement temporaire de personnes évacuées pour un logement avant la catastrophe. A Iitaté, c'est même 1,6.

• L'équipe d'inspecteurs mandatés par la NRA pour osculter les failles sous la centrale de Mihama (Fukui) ont fini sans pouvoir conclure, par manque de données. L'exploitant, KEPCo, va donc devoir mener des investigations supplémentaires.

• Le ministère du travail va mieux contrôler les doses prises par les personnes engagées dans les travaux de décontamination et introduire un carnet de doses, comme pour les travailleurs du nucléaire. Voir le communiqué de presse et son annexe avec plus de détails. Enfin ! Espérons que le système sera appliqué et effectif.

Samedi 7 décembre :
• TEPCo a découvert un point chaud avec un débit de dose de 25 Sv/h (par d'erreur, c'est bien des sieverts par heure), dose qui est léthale en 20 minutes, près d'un tuyau reliant le bâtiment réacteur à la cheminée de rejet des réacteurs 1 et 2 qui 120 m de haut. Voir des photos et plans en japonais. Il s'agit d'un calcul à partir de mesures prises à distance. Un autre point chaud aurait 15 Sv/h.

• TEPCo a mis en ligne des photos prises par un robot dans le réacteur n°1 (en japonais et en anglais).

• La NRA a commencé à inspecter les failles sous la centrale de Mihama (Fukui).

• Les manifestations contre la loi sur le secret continuent.

Vendredi 6 décembre :
• La chambre haute du parlament a, à son tour, voté la loi sur le secret. Un grand recul pour la démocratie. Pour rassurer les opposants, qui craignent l'arbitraire dans le classement des documents, le premier ministre a promis la mise en place d'une agence qui surpervisera le secret, mais dont les contours sont très flous. Et comme elle sera uniquement constituée de hauts-fonctionnaires, elle ne sera pas indépendante.
La précipitation avec laquelle la coalition au pouvoir a imposé cette loi, sans prendre le temps d'écouter l'opposition, la population, la presse... a beaucoup choqué. Même des prix Nobel en sciences comme Toshihide Maskawa et Hideki Shirakawa, peu connus pour leur implication politique, on pris position contre cette loi liberticide qui permettra au gouvernement de classer ce qui l'arrange. Le monde du cinéma aussi. Des associations de juristes, journalistes, d'écrivains... ont manifesté leur opposition.
Le secrétaire général du principal parti au pouvoir, le parti libéral démocrate, a traité les manifestations d'actes de terrorisme.
Un triste jour pour le Japon.

• Allison Macfarlane, à la tête de la NRC, l'autorité de sûreté nucléaire américaine, en visite au Japon, a déclaré que l'eau partiellement décontaminée par ALPS, mais contenant toujours beaucoup de tritium, devrait être rejetée en mer, après avoir été diluée, car il n'y a pas d'autre solution.

• Selon une étude de l'Agence de reconstruction, presque 70% des personnes évacuées à Futaba et Ôkuma, qui sont les communes les plus proches de la centrale, ne veulent pas rentrer chez elles. Il y a 2 760 foyers à Ôkuma et 1 730 à Futaba. Plus précisément, à Ôkuma, 67% des familles ont abandonné l'idée de rentrer, 9% veulent rentrer et 20% sont indécises. A Futaba, c'est respectivement  65, 10 et 17%.
Pour 70% de ceux qui ne veulent pas rentrer, c'est la crainte des radiations qui conduit à cette décision. 65% disent aussi que les délais sont trop longs.

• L'eau du puits de contrôle 1-16, situé à 40 m du rivage, avait battu un record de contamination (cf 3 décembre). La contamination bêta total continue d'augmenter : il y a maintenant 1,3 million de becquerels par litre. TEPCo affirme que c'est une conséquence de la fuite d'avril 2011. Elle disait déjà cela avant d'avouer que les fuites en mer continuent. Et de présenter ce résultat comme un succès... sans expliquer pourquoi.
Celle du puits E1, situé près de la cuve qui a fui cet été, repart à la hausse.

• Le président de TEPCo, Kazuhiko Shimokobé, quittera ses fonctions en juin, après l'assemblée générale des actionnaires.

Jeudi 5 décembre (1 000ième jour de la catastrophe) :
• Il y a encore 278 000 réfugiés suite aux trois catastrophes du 11 mars 2011. Ils étaient 470 000 dans les premiers jours. Il y a eu 15 883 décès directs et 2 651 disparus, ce qui fait un total de 18 534. Il faut ajouter 2 688 décès supplémentaires (à la fin mars 2013) dus aux conditions de vie dans les refuges et aux suicides liés à l'évacuation. 

• Au 3 décembre 2013, TEPCo prétend avoir 390 000 m3 d'eau contaminée dans des cuves, dont 31 000 m3 traités par ALPS. Il faut encore ajouter tout ce qu'il y a dans les sous-sols.

• La NRA a demandé à Kansaï Electric (KEPCo) de démontrer qu'une faille active passant à proximité de la centrale de Mihama (Fukui) ne peut pas affecter d'autres failles passant sous la centrale. La faille en question passe à 1 km à l'Est de la centrale et pourrait faire bouger 9 autres failles connues sous la centrale, dont 6 sous les réacteurs, selon certains sismologues.
KEPCo prétend que ces 9 failles n'ont pas bougé durant ces 120 000 dernières années et ne peuvent donc pas être considérées comme actives et que, bien-sûr, elles ne peuvent pas être affectées par d'autres failles. Cela n'a pas suffit à convaincre à la NRA qui a demander des études complémentaires.

• La demande d'indemnisation auprès de TEPCo était limitée à 3 ans, c'est à dire bientôt. Le parlement vient d'étendre à 10 ans cette période. Les partis au pouvoir, qui ont proposé la loi, se justifient en disant que certaines personnes ne peuvent pas justifier leurs bien en vivant loin de chez elles et ne peuvent donc pas remplir les dossiers. La loi demande aussi au gouvernement de faciliter les démarche en proposant de l'information et de l'aide.

TEPCo a mis en ligne des résultats de mesure sur des poissons, crabes... pêchés entre 1 et 3 km de la centrale de Fukushima daï-ichi. La compagnie donne, pour la première fois, la teneur en argent 110m. Les crabes sont systématiquement contaminés par cet élément. Pour les poissons, c'est plus variable. L'ACRO, qui avait fait des mesures pour Greenpeace Japon la première année, trouvait aussi de l'argent 110 parfois. La demi-vie de cet élément est de 250 jours. S'il est encore présent avec de telles teneurs, c'est qu'il y a encore des fuites en mer.
Le tableau donne aussi quelques résuiltats de mesure en strontium 90, qui est très radiotoxique, mais difficile à mesurer : il semble être présent à chaque fois qu'il a été recherché, mais à des teneurs assez faibles.
A noter qu'il y a des spécimens dont la concentration en césium dépasse la limite de mise sur le marché de 100 Bq/kg.

Mercredi 4 décembre (999ième jour de la catastrophe) :
• A la veille du 1 000ième jour de la catastrophe, important pour les médias, c'est l'heure des bilans. Que ce soient les personnes déplacées du tsunami ou celles de la catastrophe nucléaire, elles ont l'impression de ne pas voir le bout du tunnel. Les projets de reconstruction ont pris beaucoup de retard. Les populations quittent donc les zones dévastées, voire la région du Tôhoku.
D'après le Yomiuri, à Onagawa, par exemple, dans la province de Miyagi, 2 236 nouvelles unités d'habitation sont prévues. Aucune n'est terminée, mais 203 devraient l'être d'ici la fin mars 2014. Seulement 580 devraient être construites d'ici mars 2016. Le problème principal est de trouver des terrains en hauteur mais plats. Ou les propriétaires des terrains sont parfois décédés et il faut trouver les héritiers. Cela prend du temps et il n'y a pas pas assez d'employés municipaux. La situation est assez semblable ailleurs.
Le taux d'occupation des logements provisoires mis en place par les autorités est toujours de plus de 80% (86,7% à la fin octobre). C'était beaucoup moins 1 000 jours après le séisme de Kôbé en 1995 (58,4%).

• L'AIEA a rendu un rapport préliminaire suite à sa dernière mission à Fukushima (communiqué et rapport). La mission de 19 membres a fait 19 constats et 19 recommandations. En particulier, elle souligne qu'il faudra sûrement rejeter le tritium en mer, sans préciser que la quantité à rejeter dépasse largement l'autorisation annuelle de rejet. Elle n'apporte pas de solution autre qu'une étude environnementale pour expliquer que les rejets massifs en tritium ne poseront pas de problème...

Mardi 3 décembre :
• L'Université Médicale de Fukushima et l'AIEA ont organisé une conférence internationale qui s'est tenue à Fukushima, du 21 au 24 novembre dernier, intitulée "Rayonnements, Santé et Société : les implications post-Fukushima pour les professionnels de santé". Cela semble intéressant, mais quand on y regarde de plus près, il n'est quasiment question que de santé mentale, risque et communication... Voir l'annonce, le poster et le programme.

• Cinq organisations internationales de protection des droits humains, dont Human Rights Watch et Amnesty International, ont protesté auprès de gouvernement japonais à propos de son projet de loi sur le secret. Le Haut Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU, Navi Pillay, a aussi alerté le gouvernement sur ce projet de loi trop flou et qui pouvait conduire à des dérives. Elle a ajouté qu'il n'y a pas d'urgence et qu'il fallait d'abord garantir l'accès à l'information et la liberté d'expression.

• La municipalité d'Ôkuma va compléter l'indemnisation des populations évacuées car elle n'est pas satisfaite par les propositions gouvernementales. C'est la première commune à agir ainsi. Le gouvernement a fixé des niveaux différents de compensation en fonction de la zone évacuée. Comme ces disparités peuvent diviser la communauté, la municipalité va compléter de façon à ce que tout le monde soit traité de la même façon.

• Un groupe gouvernemental s'est réuni pour proposer des solutions à propos de l'eau contaminée qui continue de s'accumuler. Il est question de boucher les galeries et les fissures, de construire des cuves géantes avec un mur de protection, de mettre de l'asphalte pour limiter les infiltrations de l'eau de pluie... Il a aussi été question de construire un autre mur souterrain autour du projet de mur gelé, sans qu'aucune décision ne soit prise à ce propos.
Le groupe va aussi travailler sur le tritium. Ce que les médias ne disent pas, c'est que les stocks actuels dépassent largement les autorisations de rejet. Il faudra donc revoir les autorisations à la hausse si TEPCo veut rejeter l'eau filtrée en mer.
En attendant, TEPCo continue de construire une cuve tous les deux jours pour stocker l'eau contaminée...

• Selon la NRA, l'entreposage de solutions contenant du plutonium et d'autres substances dangereuses à l'unité de retraitement de Tôkaï-mura est très dangereuse en cas de défaillance installations. Il y a 3,5 m3 de liquide contenant du plutonium et 430 m3 de déchets liquides très radioactifs. En cas d'arrêt du refroidissement, cette dernière solution pourrait se mettre à bouillir 55 heures. En 23 heures pour la solution au plutonium. En cas de défaillance du système d'extraction de l'hydrogène, une explosion hydrogène serait possible au bout de 38 heures pour les déchets et 11 heures pour le plutonium.
L'exploitant dit qu'il lui faut 18 mois pour transformer le plutonium en combustible MOx, sans solution d'utilisation par la suite, et 20 ans pour vitrifier les déchets liquides. Cela ne pourra commencer qu'après avoir démontré que les installations satisfont aux nouveaux critères de sûreté qui entreront en application le 18 décembre prochain. L'exploitant, la JAEA, a donc demandé l'autorisation d'exploiter ses installations au plus vite, sans attendre l'instruction de ses dossiers...

La pollution de l'eau souterraine vient de battre un nouveau record : 1,1 million de becquerels par litre en bêta tota dans le puits 1-16 situé à 40 m du rivage, à l'Est du réacteur n°2. Le prélèvement date du 28 novembre 2013. Il n'y a plus de communiqué de presse en anglais sur le site de TEPCo à propos de la pollution.
Le précédent record était dans un prélèvement du 25 novembre dernier : 910 000 Bq/L dans le puits 1-16 (tableau de données).

• TEPCo prévoit de redémarrer les 7 réacteurs de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa d'ici 2016. Ben voyons ! Les réacteurs 1 et 2 sont sur une faille active. On ne sait même pas si les dossiers déposés pour les réacteurs 6 et 7 sont recevables. C'est pourtant dans l'accord entre TEPCo et le fond gouvernemental qui lui avance l'argent. Est-ce que TEPCo pense que les banques sont assez stupides pour gober de tels pronostiques ?
La compagnie va aussi investir en Asie du Sud-Est pour tenter de faire des profits à l'étranger. Les habitants apprécieront de payer les dégâts au Japon. Elle veut aussi se préparer à l'ouverture du marché domestique en vendant de l'électricité en dehors de sa zone de monopole. Mais comme elle a l'électricité la plus chère du pays, à l'exception d'Okinawa, ce ne sera pas facile. Surtout si elle ne peut pas redémarrer de réacteurs nucléaires qui continuent à lui coûter cher sans rien produire.
La compagnie devrait dédier 28 milliards de yens (200 millions d'euros) à l'investissement dans l'amélioration de l'efficacité de son parc thermique et à des investissements à l'étranger.

• Japan Nuclear Fuel, l'entreprise qui espère pouvoir exploiter un jour l'usine de retraitement des combustibles usés à Rokkashô-mura, va devoir investir 200 milliards de yens supplémentaires (1,4 milliard d'euros) pour la mettre aux nouvelles normes de sûreté. Cela devrait augmenter son coût de 10%. Elle n'a encore jamais fonctionné alors qu'elle aurait dû démarrer en 1997 ! Ce sont les actionnaires qui paieront. TEPCo, le plus gros actionnaire, détient 28,6% des parts... Cela va donc lui coûter plus de 60 milliards de yens.

• La NRA a de nouveau mis en ligne un recueil de données sur la pollution marine.

• TEPCo a mis en ligne des photos de robots décontamineurs pour le réacteur n°2.

• La contamination du fameux puits E1 continue de diminuer rapidement : il reste tout de même 8 000 Bq/L pour le bêta total et 4 000 Bq/L pour le tritium (prélèvement du 1er décembre).

Lundi 2 décembre 2013 :
TEPCo a mis en ligne une vidéo promotionnelle en anglais du transfert des combustibles. Cette vidéo ne dit comment la compagnie va s'y prendre avec les assemblages endommagés. On voit beaucoup de monde à côté de la piscine. Ce ne sera pas possible pour les réacteurs 1 à 3 car le débit de dose y est trop élevé. La compagnie ne dit pas non plus comment elle compte procéder.
Le container de transport est en partie flouté.

• Une campagne de la contamination dans la commune de Toridé située au Sud de la province d'Ibaraki a commencé. Il s'agit de déterminer quelle habitation nécessite une décontamination. Environ 70% de la commune est a priori concernée et 35 000 habitations seront contrôlées.
La décontamination des écoles et des parcs a déjà commencé.

• Avec l'approche de l'hiver et ses frimas, la campagne de réduction de la consommation d'électricité a débuté au Japon. Elle durera jusqu'au 31 mars. Aucun objectif chiffré n'est donné, sauf à Hokkaïdô où une baisse de 6% par rapport à la consommation de 2010 est demandée entre le 9 décembre et le 7 mars.

• Le fameux puits E1, situé à proximité de la cuve qui a fui cet été, a vu sa contamination chuter brusquement en 24 heures : le tritium est passé de 360 000 Bq/L (prélèvement du 29 novembre) à 18 000 Bq/L (prélèvement du 30 novembre). Pour la contamination bêta totale, c'est passé de 38 000 à 5 800 Bq/L entre ces deux jours.

• L'autorité de sûreté américaine, la NRC, a déclassifié des documents relatifs aux premiers jours de la crise à Fukushima (voir cet article avec les liens). Si la loi sur le secret passe au Japon, ils pourraient être emprisonnés !

Dimanche 1er décembre 2013 :
• TEPCo a détecté une fuite d'acide chloridrique sur une des chaînes de sa station ALPS de traitement des eaux, toujours en cours de test. C'est un joint de pompe qui est en cause. La fuite serait de l'ordre d'un litre.La station a été arrêtée.
Des photos et un schéma sont disponibles en japonais.

Samedi 30 novembre :
• TEPCo a transféré les 22 assemblages de combustible usé dans la piscine commune.

TEPCO a mis en ligne les dernières statistiques relatives aux doses prises par les travailleurs. Ils sont maintenant plus de 30 000 à être passés sur le site de la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi : plus de 26 000 sous-traitants pour 4 000 employés de TEPCo. En octobre dernier, ils sont 3 500 sous-traitants à être intervenus, contre 813 employés de TEPCO. Il y a eu 561 nouvelles personnes en octobre.

Vendredi 29 novembre :
• TEPCo a fini de retirer un deuxième lot de combustibles de la piscine du réacteur n°4. Les 22 assemblages étaient usés, cette fois-ci.
La compagnie a mis photos et vidéos en ligne.

• Les nouvelles données concernant la contamination marine concernant le césium mettent en évidence un fort gradient de concentration dans l'eau, ce qui indique que les fuites continuent. Il y a aussi du tritium dans l'eau de mer au large de la centrale, qui ne s'accumule pas dans les sédiments marins, qui montre, sans ambiguité que les fuites sortent toujours du port, contrairement aux affirmations du premier ministre. (C'est moins que dans la Manche).

• Le lycée privé Shoei de Minami-Sôma va fermer ses portes en mars prochain par manque d'étudiants. Situé à moins de 30 km de la centrale, il avait dû fermer après le 11 mars 2011. La fermeture est maintenant définitive. Des indemnités vont être demandée à TEPCo.

• TEPCo a fait tomber une caméra vidéo dans la piscine du réacteur n°3.

• Un ancien intervenant sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi, embauché par une compagnie au 5ième niveau de sous-traitance, a porté plainte (aux prudhommes?) suite à son licenciement en juin denier. A l'embauche, on lui aurait dit que le travail serait sans danger, mais, au bout d'un certain temps et il aurait été exposé à de fortes radiations. Il a donc refusé une tâche qui lui a été assignée et a été licencié.
Il ne recevait que 13 000 yens par jour (100 euros), alors qu'il pense que TEPCo payait 50 000 yens. Le reste aurait donc été ponctionné par les couches de sous-traitance. Il devait payer pour son logement.

• TEPCo aurait oublié de signaler à l'autorité de sûreté le remplacement de 5 équipements divers sur ces centrales entre août 2008 et avril 2001. Des réacteurs de Fukushima daï-ichi et daï-ni sont concernés, ainsi qu'à Kashiwazaki-Kariwa.

Jeudi 28 novembre :
• TEPCO avait récemment découvert une contamination de l'eau souterraine de 6 000 Bq/L en bêta total dans un puits près du rivage, entre les réacteurs 1 et 2. C'est plus que son autorisation de rejet. Elle a donc décidé de pomper cette eau, mais vient de reporter les opérations, faute de place pour la stocker.

• Le gouvernement avait déjà décidé de consacrer 47 milliards de yens (336 millions d'euros) au problème de l'eau radioactive qui pénètre dans les sous-sol et celle accumulée. Il devrait ajouter 20 milliards de yens (143 millions d'euros) à cette somme, afin de tester d'autres technologies.

• Mardi, la chambre basse du parlement japonais a adopté le projet de loi qui consiste à punir sévèrement tout fonctionnaire qui ferait fuir des documents secrets. Jusqu'à 10 ans de prison sont prévus. Et pour tout journaliste qui chercherait à les obtenir, cela peut aller jusqu'à 5 ans. Cette loi est fortement critiquée par la presse et toutes les associations citoyennes qui craignent que le gouvernement ne disent même pas ce qu'il classe comme secret. Il pourrait donc classer tout ce qu'il veut, ce qui est menace pour la démocratie. Sur certains sujets, le classement est de 60 ans renouvelables, c'est à dire à jamais. Evidemment, sous prétexte de sécurité, des informations cruciales concernant les centrales nucléaires pourront devenir secrète. Et comme le texte de loi est tellement vague, qu'il pourrait même concerner des données environnementales ou concernant la catastrophe en cours.
Des auditions ont été menées la veille à Fukushima où l'opposition était claire. Les personnes consultées sont outrées : à quoi servent les consultations ?

• La NRA a décidé de revoir la sismicité des failles qui passent sous la centrale de Kashiwazaki-Kariwa (Niigata). TEPCo prétend qu'aucune des 23 failles n'est active, bien évidemment. Mais la NRA n'a pas été convaincue par les arguments de la compagnie et demande des investigations complémentaires en creusant une tranchée. L'instruction des dossiers est suspendue, le temps qu'elle présente un plan d'investigation.Le redémarrage des réacteurs va donc être moins rapide que ce qu'espérait TEPCo.
Par ailleurs, TEPCo s'était engagée auprès du gouverneur de Niigata de ne dépressuriser les réacteurs et donc relâcher des gaz radioactifs en cas d'accident qu'après avoir obtenu son accord. Ce n'est pas acceptable pour la NRA. Une mesure de sûreté ne peut pas toujours attendre et la NRA ne donnera pas son autorisation de redémarrer dans ces conditions.

Mercredi 27 novembre :
• Le J-Village était le centre d'entraînement national pour le foot. Situé à Naraha, à environ 20 km de la centrale de Fukushima, il a été transformé en base de vie pour les travailleurs qui interviennent à la centrale accidentée. Mais TEPCo va construire une nouvelle base de vie et rendre à temps le J-Village pour les jeux olympiques de 2020 !

TEPCo a dévouvert une nouvelle fuite sur une valve de citerne à raison d'une goutte par seconde. L'eau ne serait pas sortie du réceptacle, ni fait de flaque.

• Une alarme a sonné dans un poste électrique. Après investigation, ce serait dû à de l'urine de souris... Pourtant ces rongeurs, qui ont fait disjoncter 9 installations électriques dans le passé, n'étaient plus supposés pouvoir entrer dans les armoires électriques. Il y avait une faille dans celle là. Pas de communiqué en anglais sur ce sujet.

• TEPCO a décidé de limiter à 50 milliards de yens par an (385 millions d'euros) ses remboursements de l'argent prêté par les autorités pour indemniser les populations sinistrées. Et c'est donc le contribuable qui va payer les intérêts supplémentaires. C'était le double auparavant. La compagnie justifie cette décision par le fait qu'elle veut consacrer plus de moyens au démantèlement. Comme les autorités se sont engagées à prêter 5 000 milliards de yens, TEPCO mettra plus de 100 ans à rembourser. Pour les banques, elle sera plus rapide à rembourser.

• Le container de transport de combustible est entièrement chargé de combustibles usés de la piscine n°4. Il contient donc 22 assemblages. Nouvelle vidéo.

• La NRA a adopté les nouvelles règles de sûreté pour les installations nucléaires autres que les réacteurs. Elles seront appliquées à partir du 18 décembre prochain. L'exploitant de l'usine de retraitement devrait déposer rapidement son dossier, mais personne ne sait combien de temps prendra l'instruction. Et puis, il y a le problème des failles qui peuvent être actives.

Mardi 26 novembre :
• L'autorité de sûreté japonaise a mis en ligne un bilan de la surveillance de la pollution marine. On retrouve du césium à des centaines de kilomètres de la côte du Japon.

• Le gouvernement et les municipalités se sont mis d'accord pour limiter les indemnisations pour les terres agricoles aux seules communes évacuées. Les fermes de la zone comprise entre 20 et 30 km où l'évacuation était recommandée, mais pas obligatoire, ne seront donc pas indemnisées.

• TEPCo a, comme prévu, commencé le retrait de combustibles usés cette fois-ci de la piscine du réacteur n°4. 6 assemblages ont été déposés dans le conteneur.
Elle continue aussi à soigner sa communication sur le sujet : page oueb spéciale avec décompte des assemblages retirés et nouvelle vidéo.

• L'Asahi fait le point sur l'inventaire en plutounium du Japon. Il y a 260 tonnes de plutonium sur la planète, dont 120 tonnes au Royaume-Uni. Sur ces 120 tonnes, 96 proviennent de réacteurs britanniques. Sur les 24 autres tonnes, 17 appartiennent au Japon. En Grande-Bretagne, aucun réacteur n'utilise de combustible au plutonium (MOx).
Le Japon a aussi 17,9 tonnes de plutonium en France et 9,3 tonnes sur son territoire. Les perspectives d'utiliser ce combustible sont très réduites car aucun réacteur ne fonctionne actuellement. Le seul réacteur japonais à utiliser du MOx était à Fukushima... Cela n'empèche pas le Japon à souhaiter démarrer un jour son usine de retraitement toute neuve qui n'a jamais servi. Elle peut produire 7 tonnes de plutonium par an.
L'Allemagne, qui veut consommer tout son plutonium avant 2016, a fait des échanges avec le Japon. Du plutonium Japonais stocké en France a été échangé contre du plutonium allemand stocké en Grande-Bretagne. La France a ensuite transformé le plutonium devenu allemand en MOx et le Royaume Uni est payé pour entreposer le plutonium devenu japonais.
La loi japonaise est telle que les exploitants n'ont pas d'autre solution que le retraitement, même si ce n'est pas rentable économiquement, car les piscines d'entreposage près des réacteurs sont bientôt pleines et il n'y a pas d'entreposage centralisé. La province d'Aomori n'accepte d'entreposer des combustibles usés qu'à la condition qu'ils soient destinés à être retraités.

• La province de Fukushima va reprendre la vente d'une de ses spécialités culinaires : les kakis séchés (anpo). Cela avait été suspendu après la découverte d'échantillons dépassant la limite de mise sur le marché. Mais à Daté et Yanagawa, cette contamination est passée sous la limite et la vente va pouvoir reprendre. 580 fermes, soit la moitié des producteurs du Nord de Fukushima, ont donc repris la récolte et la préparation. Des mesures de la radioactivité seront à nouveau effectuées avant la vente.

Lundi 25 novembre :
• L'Asahi consacre un article à la spirale d'irresponsabilité qui a conduit à nier les fuites en mer jusqu'à l'été 2013 alors que tout le monde savait. La troïka de l'irresponsabilité, comme l'appelle le quotidien, qui regroupe TEPCo, le ministère des finances et celui de l'industrie, se chamaille encore pour savoir qui va prendre en charge l'eau contaminée, la décontamination et le démantèlement. En attendant les fuites en mer continuent...
TEPCo, ne voulant pas payer, a tout fait pour reculer les mesures pour colmater les fuites. Elle aura pu installer un mur souterrain en amont pour dévier l'eau souterraine, mais n'a rien fait. Le gouvernement propose maintenant une technologie beaucoup plus complexe qui consiste à geler le sol.
Pendant tout ce temps, les deux ministères se disputaient pour savoir qui doit payer la décontamination. 5 mois après le déclenchement de la catastrophe, une loi a établi que le gouvernement allait avancer l'argent, mais se ferait rembourser par la compagnie, au nom du principe pollueur-payeur. Le ministère de l'industrie a fait pression sur le nouveau parti au pouvoir pour changer la loi et faire prendre en charge une partie de la décontamination par le contribuable. Mais le ministère des finances a réussi a changer le texte de la nouvelle proposition de loi pour ne pas engager l'argent public.
En ce qui concerne la prise en charge du démantèlement par une agence d'Etat, c'est le ministère de l'industrie qui s'y est opposé car il ne voulait pas être tenu pour responsable et trouvait bien pratique d'avoir TEPCo comme bouc-émissaire.

• La contamination bêta totale de l'eau du du fameux puits E1 diminue, mais celle en tritium reste très élevée (prélèvements du 21 novembre et du 22 novembre). La contamination de l'eau dans les bâtiments turbine 1 et 2 est aussi très élevée : il y a 3,3 millions de Bq/L en césium dans le 1 et 22,6 millions Bq/L dans le 2. Pour la contamination bêta totale, c'est respectivement 3,4 millions et 91 millions de Bq/L. Le tritium n'est pas indiqué.

• TEPCo a mis en ligne des résultats de mesure sur des poissons pêchés à 20 km de la centrale de Fukushima où un spécimen dépasse les 100 Bq/kg en césium total et dans le port devant la centrale où la contamination est beaucoup plus forte, allant jusqu'à 110 000 Bq/kg.

• Seulement un tiers des évacués de Minami-Sôma (Fukushima) veulent rentrer chez eux, selon une enquête menée par l'agence de reconstruction auprès de 5 677 foyers. 3 543 ou 62% ont répondu. 44% des personnes qui ont répondu hésitent encore et 26% ne rentreront pas. Pour les 44% d'indécis, les infrastructures et services publics feront pencher la balance d'un côté ou de l'autre.

• Deux autres maires sortant de Fukushima viennent, à leur tour, de perdre les élections municipales. Il s'agit des communes de Nihonmatsu et de Hirono.

Dimanche 24 novembre :
• Le tracé de la future ligne à grande vitesse (Shinkansen) fait l'objet d'âpres négociations, les élus locaux voulant un passage près de chez eux. Et, d'après le Japan Times, ceux qui ont du nucléaire ont un moyen de pression supplémentaire : leur feu vert en faveur du redémarrage en échange de la ligne à grande vitesse. Le gouverneur de Fukui est un spécialiste de ce genre de marchandages. A quoi tient la politique énergétique du pays...

• Le prochain retrait de combustibles de la piscine du réacteur n°4, qui devrait débuter mardi 26 novembre, devrait concerner du combustible usé.

Samedi 23 novembre :
• Le gouvernement envisage d'acheter les terrains autour de la centrale de Fukushima daï-ichi afin d'y entreposer les déchets radioactifs. Il est question de 15 km2, ce qui signifie des milliers de propriétaires. La bande fait 5 km de long dans la direction Nord-Sud et 3 km de large dans la direction Est-Ouest. Il s'agit aussi de créer une zone tampon autour de la centrale.

• TEPCO n'a pas encore obtenu l'autorisation de redémarrer deux réacteurs de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa (Niigata) qu'elle rêve déjà d'en redémarrer deux autres pour en avoir 4 en fonctionnement en 2015. Ce sont les réacteurs 1 et 5 qui devraient suivre alors que le 1 est sur une faille maintenant considérée comme active.

• TEPCo et Mitsubishi veulent construire deux centrales à charbon à Fukushima. Une à Hirono et une à Iwaki. Elles feront 500 MWh chacune pour un démarrage prévu en 2020 environ. C'est surtout Mitsubishi qui va financer la construction et TEPCo aura l'exploitation.

Vendredi 22 novembre :
• Le comité en charge de définir le niveau d'indemnisation propose de verser une somme fortaitaire aux personnes originaires de zones où l'irradiation externe dépasse les 50 mSv/an et où le retour n'est pas possible avant longtemps.

• TEPCo a reçu 119,2 milliards de yens (presqu'un milliard d'euros) d'aide supplémentaire de la part des autorités. C'est le 22ième versement.

• Les 22 assemblages neufs de la piscine du réacteur n°4 transportés la veille sont maintenant dans la piscine commune située au niveau du sol, à une centaine de mètres du réacteur. TEPCo a mis en ligne des photos et des vidéos.

Jeudi 21 novembre :
TEPCo a transporté le container de transport chargé de 22 assemblages de combustible neuf de la piscine du réacteur n°4 vers la piscine commune. Elle a mis en ligne des photos et une vidéo.
Les médias ont aussi envoyé des hélicoptères pour couvrir l'évènement, ce qui n'a pas été du goût de TEPCo qui a protesté pour des raisons de sécurité.
Cette opération devra être répétée 70 fois environ.

• La NRA a débuté sa première inspection des réacteurs 6 et 7 de Kashiwazaki-Kariwa (Niigata) suite à la demande de redémarrage déposée par TEPCo.

TEPCo a débuté des tests sur la chaîne B de sa station ALPS de traitement des eaux contaminées. Les trois chaînes sont donc en fonctionnement pour test maintenant. Elles avaient été arrêtées en juin dernier suite à des fuites dues à des problèmes de corrosion.
Une fois les tests terminés, TEPCo ne devrait utiliser que deux chaînes sur trois en parallèle. Chaque chaîne peut traiter 250 m3/jour. Si tout va bien, le nombre de chaîne devrait être doublé, grâce à un soutien financier gouvernemental.

Mercredi 20 novembre :
• Le Japon a connu, au mois d’octobre, un déficit commercial pour le seizième mois d’affilée. Ce solde négatif était deux fois plus élevé qu’un an plus tôt, et s’est établi à l’équivalent de 8,25 milliards d’euros. En cause, la hausse très forte (26%) de la valeur des importations, qui s’explique par une augmentation des importations d’hydrocarbure suite à l'arrêt du parc nucléaire et la dévaluation du yen.

• L'autorité de sûreté, la NRA, a confirmé son intention de proposer au gouvernement de passer d'une dose estimée à une dose mesurée en fournissant un dosimètre à chaque personne qui rentrera chez elle. Le but est d'obtenir une dose plus faible et de rassurer les gens. Une équipe de conseillers dans chaque commune va aider les populations à réduire leur dose. On propose donc aux populations évacuées de rentrer vivre dans la zone contrôlée d'une centrale nucléaire avec limite de dose égale à celle des travailleurs et dosimètres. Les autorités se défaussent de leur pouvoir régalien de protéger les populations sans pour autant les consulter sur leur avenir et leurs droits.
Et les dosimètres distribués aux enfants et femmes enceintes de zones non évacuées n'affichent que les doses cumulées. Il n'est donc pas facile de s'en servir pour tenter de diminuer la dose reçue en contrôlant l'impact de chaque action. Les autorités envisagent donc de procurer un dosimètre plus évolué qui peut aussi donner le débit de dose, la moyenne journalière ou hebdomadaire.
Le ministère de l'environnement va inscrire 670 millions de yens (5 millions d'euros) à son budget de l'an prochain, pour financer 4 200 dosimètres. Cela fait cher le dosimètre...

• Le gouvernement japonais attendait depuis 2002 que des communes se portent volontaires pour accueillir les déchets nucléaires. Faute de candidat, il va changer son approche. La commune de Toyo (Kôchi) avait candidaté, puis s'est rétractée face à l'opposition des habitants. Il va rechercher lui-même le site le plus adapté, proposer des mesures d'accompagnement financier et aller rencontrer les élus locaux pour les convaincre. Une carte des lieux potentiellement favorables, où l'activité sismique et volcanique est réduite, devrait être publiée l'an prochain.
Le gouvernement devrait aussi réorganiser l'organisme en charge des déchets.

• TEPCo a finalement décidé de demander l'arrêt définitif des réacteurs 5 et 6 de sa centrale de Fukushima daï-ichi, conformément à la demande du premier ministre. Ces deux réacteurs, arrêtés et partiellement déchargés le 11 mars 2011, ont pu être sauvé grâce à un générateur diesel. Comme ils ont aussi été noyés par le tsunami, il s'agit d'une sage décision. La décision offcielle devrait être prise en décembre prochain.
Ces deux réacteurs vont aussi servir de centre d'entraînement au démantèlement avant de s'attaquer aux réacteurs où le coeur a fondu.

• TEPCo prévoit maintenant le redémarrage de ses réacteurs 6 et 7 de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa en juillet 2014. Elle est encore bien optimiste... mais cela lui permettrait d'afficher un résultat bénéficiaire supposé rassurer les banques. Si le démarrage n'a lieu qu'en janvier 2015, l'année prochaine sera encore déficitaire.

TEPCo a mis en ligne une vidéo prise sous l'eau, dans la piscine de combustible du réacteur n°4 lors du retrait des combustibles. Le container avec ses 22 assemblages neufs, a été sorti de la piscine et posé au niveau du sol pour être décontaminé avant d'être transporté. Il pèse 91 tonnes.

Mardi 19 novembre :
• "Happy" est le pseudonyme d'un intervenant sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi qui twitte régulièrement et a 87 000 abonnés. Cela presque 20 ans qu'il travaille dans le nucléaire et est à Fukushima depuis le début de la catastrophe. Il a écrit un livre sur les 700 premiers jours et a répondu à une interview du Asahi. Les chefs d'équipe ne se rendent presque plus sur le site de la centrale car ils ont presque atteint la limite de dose. Ils donnent donc des instructions aux équipes, mais sont de plus en plus coupés de la réalité, ce qui complique les tâches et entraîne des erreurs.
Il confirme aussi que TEPCo cherche à dimunuer les coûts et choisi l'option la moins chère. Au tout début de la catastrophe, TEPCo ne se préoccupait pas du coût. Puis, une fois l'arrêt à froid déclaré, en décembre 2011, le siège à Tôkyô est devenu plus regardant sur les prix.

• Le chargement du container de transport de combustible dans la piscine du réacteur n°4, se poursuit. TEPCo a fini de le remplir de ses 22 assemblages neufs vers 18h30. Il n'y a eu aucun incident.
Il faut environ 40 minutes pour déplacer un assemblage. Les équipes de 6 personnes ne restent pas plus de 2 heures à cause de la radioactivité et des conditions de travail difficiles. Ils ont trois paires de gants, un masque intégral... ce qui complique chaque geste. Le débit de dose au bord de la piscine est de l'ordre de 0,4 mSv/h. Deux membres de l'équipe manipulent le pont roulant qui soulève les assemblages, deux les caméras qui sont dans la piscine. Leur équipement rend les communications difficiles.

La contamination de l'eau souterraine prélevée dans le puits 1-9 situé à proximité du rivage, entre les réacteurs 1 et 2, a soudainement augmenté pour battre un record : 2 100 Bq/l en bêta total alors que le précédent record était de 600 Bq/l en septembre 2013. Cela a rebaissé le lendemain, à 470 Bq/L. TEPCo ne peut pas expliquer ces fortes variations.

Lundi 18 novembre 2013 :
• TEPCo a commencé le retrait de combustibles de la piscine du réacteur n°4 et a mis des photos en ligne, avec une chronologie détaillée (en japonais et en anglais). On voit des êtres humains à côté de la piscine en train de surveiller les opérations. Ce ne sera pas possible pour les autres réacteurs car le débit de dose y est trop élevé. Une vidéo est aussi disponible ici.
TEPCo a plongé un container de transport de combustible dans la piscine. Il sera chargé de 22 assemblages, fermé hermétiquement, décontaminé, puis transporté par camion vers la piscine de combustibles commune située à proximité au niveau du sol où le container sera déchargé. Quatre assemblages neufs, qui ne dégagent pas de chaleur et sont peu radioactifs, ont été mis dans le container lors de cette première journée. Ce sera le cas pour tous les assemblages de ce premier transport qui devait prendre une semaine. TEPCo a deux containers et va en charger un pendant qu'elle décharge l'autre.
Elle espère avoir vidé la piscine d'ici la fin 2014.
Pour la compagnie, qui a fortement médiatisé l'évènement, il s'agit d'une étape importante dans le démantèlement. Voir son communiqué de presse en anglais. Pour le réacteur n°4, à l'arrêt et complètement vidé au moment de l'accident, le démantèlement est possible. En revanche, pour les réacteurs 1 à 3, où il y a eu fusion du coeur, la tâche est beaucoup plus complexe. Et dans tous les cas, le Japon n'a aucune solution à proposer pour les déchets engendrés par ces opérations. C'est déjà le cas pour les réacteurs non accidentés en cours de démantèlement. A Tôkaï-mura (Ibaraki), Japan Atomic Power Co. a, encore une fois, reporté le début des travaux de démantèlement, faute de solution pour les déchets. Le réacteur en question, mis en service en 1966 et arrêté en 1998, est le premier réacteur commercial à devoir être démantelé. Les travaux auraient dû commencer en 2011.
Le pays n'a pas plus de solution à proposer pour les combustibles usés ou les combustibles fondus, ainsi que les déchets de haute activité à vie longue. Les combustibles usés de la piscine commune de la centrale de Fukushima daï-ichi vont rester là pendant longtemps.

• Après Kôriyama, Iwaki et Tomioka, cette année, c'est au tour du maire de Fukushima de perdre son siège lors des élections. Toutes ces municipalités ont été fortement affectées par la catastrophe nucléaire. A Fukushima, le taux de participation, de 49%, est supérieur à celui des dernières élections en 2009, 38%. Le nouveau maire a récolté 72 441 suffrages contre 32 851 pour le maire sortant.
Le nouveau maire, un indépendant complètement inconnu il y a quelques mois, a axé sa campagne sur la décontamination, la gestion des déchets et le retour à une "vie normale". Le maire sortant était pourtant soutenu par les principaux partis politiques du conseil municipal. 6 000 personnes ont quitté la ville de Fukushima par crainte des radiations, sans soutien car la ville n'est pas classée en zone à évacuer et il y a 115 000 habitations à décontaminer. Les travaux n'ont été menés que pour 18% d'entre elles. Les travaux de décontamination n'ont même pas commencé pour certains chemins menant à des écoles.

Dimanche 17 novembre :
• Il y a 173 stations de mesure de la contamination en césium pour le riz à Fukushima. Chaque sac produit dans la province est contrôlé. L'an dernier, cela a représenté 10 millions de sac de 30 kg. La mesure prend une minute et une étiquette est collée si la contamination est inférieure à 100 Bq/kg. Seulement 71 sacs avaient plus que cette limite et la plus forte concentration était de 360 Bq/kg. Les agriculteurs dopent leurs champs en engrais à base de potassium pour diminuer le transfert du césium vers la plante. Ils étendent aussi parfois des zéolites qui absorbent le césium. Et il s'avère que si l'on laisse la paille de riz dans les champs, le taux de césium dans le riz est moindre.
Le riz produit à Fukushima est toujours vendu moins cher sur le marché. Avant la catastrophe, le koshihikari, un riz très prisé, produit à Fukushima était vendu plus cher que la moyenne du pays. En 2012, il était de 92 à 98% de la moyenne nationale.
Environ 20% des Japonais déclarent hésiter ou éviter à acheter des produits agricoles de Fukushima.

• TEPCo a finalement reconnu que 80 assemblages de combustible étaient endommagés avant la catastrophe, dont 70 dans la seule piscine du réacteur n°1. Cela représente près du quart des 292 assemblages ! Il y en a aussi 3 dans la piscine du réacteur n°2 et 4 dans celle du 3, et 3 dans celle du 4. TEPCo ne sait pas encore comment elle va les retirer.
Le réacteur n°1 de Fukushima daï-ichi est le plus ancien de la compagnie. Au début la qualité des assemblages laissait à désirer. Cela s'est amélioré par la suite.

• Les mobil-homes où sont hébergés de nombreuses personnes évacuées suite à la catastrophe nucléaire se dégradent très vite. Il y a plus de 300 demandes de réparation par mois. Les habitants se plaignent et craignent l'arrivée de l'hiver quand les ouvertures ne ferment plus. Ils ont aussi peur en cas de fort séisme. Est-ce que cela tiendra ?
Il y a 29 500 personnes dans ces logements provisoires à Fukushima.

Vendredi 15 novembre :
• TEPCo devrait commencer à retirer du combustible de la piscine du réacteur n°4 à partir de lundi 18 novembre. Elle va commencer par du combustible neuf.

• Le groupe d'experts de la NRA a finalement conclu que la faille F6 sous la centrale d'Ôï (Fukui) n'est pas active, conformément aux affirmations de l'exploitant.

• Un consortium de banques a accepté de prêter 500 milliards de yens (3,8 milliards d'euros) à TEPCo. Il y a 300 milliards de reconduction et 200 milliards d'augmentation de la dette. Pour convaincre ses créanciers, TEPCo a mis en avant un redémarrage de deux réacteurs de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa en 2014 qui devrait lui permettre de faire jusqu'à 100 milliards de yens de bénéfice en 2014. Ce n'est pas encore gagné... La perte pourrait être de 80 milliards de yens sans redémarrage et pourrait être compensée par une nouvelle augmentation de 10% des tarifs d'électricité.
La compagnie pourrait, en 2014, réduire sa masse salariale de plusieurs centaines, voire d'un millier d'emplois, sur la base d'un départ volontaire, souvent en pré-retraite, afin de réduire ses frais et espérer ainsi obtenir une aide supplémentaire de l'Etat. La compagnie a déjà réduit sa masse salariale depuis le début de l'accident : avec 37 000 employés, elle en a 2 400 de moins qu'en avril 2011.

• Le Japon a réduit ses ambitions en terme de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il veut désormais avoir des émissions de CO2 en 2020 inférieures de 3,8% au niveau de 2005. Ce sera 3,1% de plus que le niveau de 1990 alors que le précédent engagement de 2009 était une réduction de 25% par rapport au niveau de 1990 en s'appuyant, notamment, sur un développement de l'électricité nucléaire.
Pour s'en sortir, le Japon explique que cet objectif et de 15% inférieur à ce qu'auraient été les émissions en 2005 s'il n'y avait pas eu d'énergie nucléaire. Ce calcul n'est pas honnête car le Japon aurait pu consommer moins d'électricité s'il avait été sans nucléaire en 2005. Il suppose aussi que le Japon sera sans nucléaire en 2020. Et d'ajouter qu'il va financer des mesures de réduction d'émission de CO2 dans les pays en développement. Pourquoi ne peut-il pas les dépenser dans son pays ?

• L'un des arguments de l'ancien premier ministre Koïzumi pour demander l'arrêt de la production d'électricité nucléaire est l'absence de solution pour les déchets radioactifs. Cela a réveillé ses collègues qui vont lancer un groupe d'étude parlementaire pour proposer des solutions qui incluera des membres de l'opposition. Le Japon a 17 000 tonnes de combustibles usés. Et puis, il y a ce qu'il a envoyé en Europe.

TEPCo a découvert une nouvelle cuve provisoire en train de fuir à raison d'une goutte toutes les 4 secondes. L'eau serait restée dans le réceptacle sous la cuve (voir des photos commentées en japonais). Quant aux conséquenses de la cuve similaire qui avait fui pendant un mois cet été avant que TEPCo ne s'en aperçoive, elles ne se résorbent pas : l'eau souterraine de l'eau du puits E1 reste fortement contaminée avec 650 000 Bq/l en bêta total et 310 000 Bq/L en tritium.

• TEPCo a mis en ligne des nouvelles images de l'inspection du réacteur n°1 par un bateau robot qui avait permis de découvrir par où de l'eau fuyait de l'enceinte de confinement.

Jeudi 14 novembre :
• Alors que TEPCo s'apprête à commencer un retrait test d'assemblages de combustibles de la piscine du réacteur n°4, la compagnie reconnaît que certains assemblages sont endommagés depuis longtemps, bien avant l'accident nucléaire. L'un d'entre eux l'est depuis 1982, suite à une erreur de manipulation. Un câble empêcherait le retrait de deux autres assemblages. La compagnie le sait depuis 2010. Enfin, certaines barres auraient des microfissures qui laissent s'échapper des gaz radioactifs. TEPCo ne sait pas encore comment retirer ces trois assemblages qui posent problème.
Chaque assemblage fait 4,5 m de long et contient de 60 à 80 barres.

• Alors que la plupart des réacteurs nucléaires vont être arrêtés encore longtemps, voire définitivement pour certains d'entre eux, la province d'Ibaraki va changer son système de taxe pour continuer à avoir des revenus du nucléaire : elle va taxer le combustible.
Elle touchait 1,1 milliard de yens par an avant l'arrêt du seul réacteur commercial de la province, puis 600 millions après. En taxant le combustible, elle espère récolter 8,8 milliards de yens sur 5 ans.

Mercredi 13 novembre :
• Alors que les échographies de la thyroïde des enfants de Fukushima se poursuivent, le nombre de cas de cancer a encore augmenté. 226 000 enfants ont été contrôlés, ce qui représente 33 000 de plus que lors de la publication des derniers résultats. Il y a maintenant 26 mineurs qui ont développé un cancer de la thyroïde confirmé après une opération chirurgicale. C'est 8 de plus qu'avant. Un enfant a été opéré, mais le nodule était bénin. Le nombre de cas suspects est de 32. Il y a donc 59 cas avec un cancer ou suspectés pour 226 000 enfants contrôlés.
Sur les 26 cas de cancer avérés, 10 concernent des enfants provenant de villages évacués et 16 de commnues non évacuées. Si l'on rapporte cela à la population concernée, il y a 3 fois plus de risque de développer un cancer pour les enfants évacués qui ont été plus fortement exposés dans les premiers jours de la catastrophe que pour les enfants non évacués.
On est donc à quasiment 12 cancers confirmés pour 100 000 enfants alors qu'en 2007, il n'y avait 1,7 enfants sur 100 000 qui développait un cancer de la thyroïde entre 15 et 17 ans.
Les spécialistes japonais en charge de l'étude disent que le nombre de cas détectés augmente à cause de la campagne de dépistage systématique et que l'on ne peut pas accuser l'accident nucléaire. Mais, on ne peut pas le disculper, et cela ils ne le disent pas. Par ailleurs, le Japon a lancé une campagne de dépistage de moindre ampleur dans d'autres provinces, et aucun cas de cancer n'y a été détecté.
Les dernières données sont ici en japonais (une traduction non officielle de quelques tableaux est ici en anglais). Les statistiques de 2012 pour tous les cancers au Japon sont ici en deux langues.

• La NRA avait mis comme condition, une amélioration de la culture de sûreté à la centrale de Fukushima daï-ichi ainsi que pour la gestion de l'eau contaminée, avant d'instruire la demande de redémarrage de TEPCo pour deux réacteurs de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa (Niigata). TEPCo a fait des annonces, mais il manque encore des preuves. Mais la NRA semble s'en contenter et va lancer l'instruction. Le président de la NRA, maintient, cependant, que la priorité de TEPCo doit être la gestion de l'eau et la sûreté.
Le gouverneur de Niigata a demandé plus d'explications sur ce revirement, alors que les fuites en mer continuent. Et même si la centrale satisfait aux nouveaux critères de sûreté, rien ne dit qu'elle sera exploitée correctement. Il attend aussi des garanties sur la protection des habitants en cas d'accident grave.

• Un robot a découvert par où l'eau contaminée fuyait du réacteur n°1. Il a repéré deux trous dans l'enceinte de confinement par où l'eau s'écoule. TEPCo ne connaît pas le débit de la fuite, mais il semble important, comme de l'eau qui jaillit d'un robinet. Les débits de dose sont de l'ordre de 0,9 à 1,8 Sv/h. Il est donc impossible d'y envoyer des humains.
Voir les photos commentées en japonais et en anglais.

• La contamination bêta total de l'eau du fameux puits E1 a légèrement baissé, mais reste très élevée : 650 000 Bq/L dans le prélèvement du 11 novembre.

Mardi 12 novembre :
• Le premier ministre a accepté le plan élaboré par les membres de la coalition au pouvoir à propos du non retour des populations originaires des zones les plus contaminées, où l'exposition externe peut dépasser les 50 mSv/an. Il a aussi acccepté la prise en charge d'une partie des coûts par l'Etat, et donc le contribuable. Le ministre de l'environnement, Nobuteru Ishihara, fils de l'ancien gouverneur ultra-conservateur de Tôkyô, n'est pas d'accord avec ce deuxième point. Pour lui, c'est à TEPCo de payer la majeure partie des conséquences de la catastrophe, au nom du principe pollueur-payeur.
Quant aux principaux intéressés par le non-retour, ils regrettent que les politiciens leur aient donnés de faux espoirs. On aurait dû leur dire depuis longtemps qu'il y a des zones où les habitants ne rentreront jamais. C'était évident depuis le début.
C'est le cas, en particulier pour 96% du village d'Ôkuma. Que va-t-il devenir ? Les habitants vont-ils se disperser ? Un nouveau village va-t-il être créé ailleurs ? Les autorités n'ont aucune réponse à proposer.
Le gouvernement veut autoriser le retour là où la dose annuelle est inférieure à 20 mSv comme pour les évacuations, mais c'est trop. Qu'en est-il pour ceux qui sont originaires d'une zone où il y a entre 20 et 50 mSv/an. Et pour ceux à qui il sera proposé de rentrer, ce sera un dosimètre par personne pour limiter la dose par rapport aux estimations faites à partir de la contamination ambiante. Mais comment mettre cela en pratique ? Avec quelle limite ? Les individus qui dépassent les doses seront punis ? Réévacués ?
81 000 personnes sont concernées par cette politique de retour et non-retour. Il n'est pas acceptable que le gouvernement se défausse sur les populations pour assurer leur propre sécurité sans leur permettre de donner leur avis. Il y a toujours 280 000 évacués en tout, suite aux trois catastrophes. Ils étaient 470 000 en 2011.

• L'aéroport international de Narita à côté de Tôkyô va recevoir 3,2 milliards de yens (25 millions d'euros) d'indemnités de TEPCo pour compenser la baisse de fréquentation...

• Suite à une réunion entre TEPCo et le gouvernement, des mesures ont été proposées pour limiter les fuites radioactives en cas de fortes pluies : un cheneau autour des cuves va être installé, ce qui devrait diminuer de 60% l'eau de pluie qui s'accumule au pied des réservoirs. Le muret qui retient l'eau va être élevé pour atteindre 60 cm minimum. Il pourra atteindre 1,30 m par endroit. Les zones déjà contaminées vont être repeintes.

• Nous avons signalé la veille que la contamination de l'eau du puits E1, situé près de la cuve qui a fui cet été, était repartie à la hausse. Elle vient de battre un nouveau record : 710 000 Bq/L en bêta total (prélèvement du 10 novembre). C'était 550 000 Bq/L la veille. TEPCo ne met plus de note en anglais pour expliquer cette valeur.

• L'ancien premier ministre de 2001 à 2006, ce qui est très long pour le Japon, continue sa campagne contre l'énergie nucléaire, au grand dam du premier ministre actuel, pourtant issu de la même formation politique. Il suffirait que le gouvernement annonce la fin du nucléaire et tout le monde suivrait : "Si M. Abe décide maintenant, il y aura peu de parlementaires pour s'opposer à un tel plan, tandis que la population coopérera et que les intellectuels fourmilleront d'idées". Et d'ajouter qu'il y a de nombreux autres membres du parti qui sont aussi opposés à cette énergie.
Il a aussi réclamé un abandon immédiat du retraitement des combustibles usés. Une autre raison à son opposition, est l'absence de solution pour les déchets.

Selon un sondage effectué auprès de 521 personnes, 77,5% des Coréens ont réduit leur consommation de poissons et autres produits de la mer par crainte des conséquences des fuites radioactives dans l'océan. Les autorités japonaises n'arrivent toujours pas à convaincre les autorités coréennes à lever l'embargo sur les produits marins.

L'agence de presse AP publie une enquête inquiétante sur les conditions de construction des cuves qui contiennent l'eau radioactive à Fukushima. Selon un des ouvriers qui a monté des cuves pendant 6 mois l'an dernier, un mécanicien auto qui n'y connaissait rien, le travail était bâclé à cause de la forte pression qui reposait sur les équipes. Ils n'attendaient pas que ce soit sec pour mettre de l'anti-rouille sur les boulons et les joints. Même sous la pluie ou la neige. La dalle en béton n'était pas toujours bien plate. Des ouvriers auraient même vu que de l'eau a été mise dans des cuves non finies ! Depuis, il a peur chaque qu'il y a un séisme.
En octobre 2012, on lui a demandé de remplacer les couvercles de l'orifice par lequel on insère un tuyau par une plaque en acier de la taille d'une assiette. Il a alors découvert que le précédent couvercle n'était que du papier collant...
Un membre de la NRA prétend que les tests d'étanchéité étaient parfois faits sous la pluie et qu'il était, par conséquent, impossible de détecter une fuite.

• La NRA a fini d'inspecter l'installation de retrait des combustibles de la piscine du réacteur n°4. Elle n'a pas trouvé de problème. Elle doit encore inspecter les procédures avant de donner son feu vert.
Voir la présentation par TEPCo, en anglais, sur le sujet.

Lundi 11 novembre :
• L'autorité de sûreté nucléaire japonaise, la NRA, a mis en place un groupe de travail, en août dernier, pour évaluer la politique gouvernementale de retour dans les zones contaminées qui se base sur une prise en charge individuelle de la dose grâce à un dosimètre individuel. Nous en avons déjà parlé, le but étant que la dose enregistrée est inférieure à celle calculée avec des conditions pénalisantes comme rester 8 heures par jour à l'extérieur. Ce groupe de travail a auditionné cinq experts extérieurs lors de trois réunions. Ils se basent aussi sur une étude de l'Agence de reconstruction qui montre que 90% des personnes évacuées de Fukushima ne veulent pas rentrer chez elles ou n'arrivent pas à prendre une décision. Lors de la troisième réunion, le 16 octobre dernier, le groupe de travail a souhaité interroger directement ces personnes pour mieux comprendre la problématique et proposer des mesures qui répondent aux préoccupations des personnes concernées.
Mais quand le président de la NRA a découvert la proposition, fin octobre, il l'a rejetée, selon le Maïnichi. Il a conseillé, à la place, d'aller interroger les maires qui sont favorables au retour des populations et peuvent avoir un avis responsable. Il a aussi suggéré plus spécialement Shoji Nishida, maire de Daté et Norio Kanno, maire d'Iitaté. Une audition de ce dernier a eu lieu le 1er novembre dernier.
Mais le président de la NRA craignait que les entretiens avec les personnes évacuées montrent un fort rejet de la politique de retour et un souhait de refaire sa vie ailleurs.
Les recommandations du groupe de travail, qui sont attendues pour ce mois ci, ne répondrons pas aux préoccupations des populations...
Quant à la NRA, elle a officiellement acceptée la proposition gouvernementale de baser la politique de retour sur les dosimètres individuels.

• La contamination du puits E1, situé à proximité de la cuve qui a fui cet été, repart à la hausse laors que des travaux ont lieu à proximité. La contamination en tritium fluctue toujours autour de 230 000 240 000 Bq/L, mais celle en bêta total (hors tritium) est passée de 420 000 à 550 000 Bq/L en trois jours. Voir les résultats pour les prélèvements du 7 novembre, 8 novembre et du 9 novembre.

• Un groupe de travail de membres de la coalition au pouvoir suggère au gouvernement de revoir sa politique de retour pour les personnes évacuées suite aux rejets radioactifs massifs. Il reprend l'idée présentée il y a quelques jours d'augmenter l'indemnisation des personnes originaires des zones les plus contaminées, où l'exposition externe les 50 mSv par an, afin de les aider à refaire leur vie ailleurs car il considère qu'il est irréaliste d'envisager un retour à moyen terme pour ces personnes. Il demande aussi de mettre la priorité sur les zones où la contamination est la plus faible en remettant en service les hôpitaux, écoles et autres services publics, ainsi que les commerces. Mais même dans ces zones, la décontamination n'entraîne pas une forte baisse de l'irradiation externe qui reste au dessus de 1 mSv par an, qui est la limite à ne pas dépasser en temps normal.
Ce groupe demande aussi à ce que le gouvernement prenne en charge la gestion des déchets.

Dimanche 10 novembre :
• TEPCo veut geler l'eau contenue dans les tuyaux galeries souterraines connectées aux bâtiments turbine afin de bloquer les passages, puis les vider. Le gel devrait commencer en décembre 2013 et le pompage, en avril 2014. Rien que pour les réacteurs 2 et 3, il y aurait 10 000 m3 d'eau fortement contaminée dans ces galeries où il y a eu des fuites massives en mer au tout début de la catastrophe. TEPCo pense qu'elles contaminent aussi l'eau souterraine qui s'écoule en mer.
TEPCo a testé la méthode et pense qu'elle a trouvé, là, un moyen de bloquer l'eau. Une fois vidées de leur eau, ces galeries seront remplies de béton. Les débits de dose doivent être très élevés à cause de l'eau. La compagnie doit encore trouver un moyen de limiter l'exposition des travailleurs.

• Des associations anti-nucléaire japonaises et d'autres groupes ont fait l'objet d'une cyber-attaque : plus de 2,53 millions de mails ont été envoyés depuis la mi-septembre à 33 organisations qui envisagent de porter plainte. Cela a commencé les 18 et 19 septembre et 2,1 millions de mails ont été envoyés jusqu'au 30 septembre. Certains messages menaçaient de tuer les anti-nucléaire. Entre le 24 octobre et le 4 novembre, 2 groupes ont reçu 430 000 mails.

Samedi 9 novembre :
• Le gouvernement envisage de faire passer sa prise en charge des conséquences de la catastrophe nucléaire de 5 000 milliards de yens (38 milliards d'euros) à 8 000 (62 milliards), voire 10 000 milliards de yens (77 milliards d'euros). Une partie de cet argent est prêté, sans intérêt, à TEPCo pour les indemnisations. Les intérêts, dans un pays très endetté, sont donc à la charge du contribuable. Le reste est utilisé pour financer la décontamination. Le coût des indemnisation pourrait presque doubler, pour passer de 3 800 milliards de yens (11,5 milliards d'euros) à 5 à 6 000 milliards (38 à 46 milliards d'euros). Le gouvernement veut aussi prêter de l'argent à TEPCo pour financer d'autres charges. La décontamination n'est pas aussi efficace que rêvé et il faut repasser là où il y a déjà eu tentative. Le coût de ces deux postes augmente donc plus vite que ce qui a été estimé initialement.
Le gouvernement compte toujours sur un remboursement de TEPCo plus une taxe sur l'électricité d'ici 30 ans.

TEPCo annonce une nouvelle fuite depuis un réceptacle sous les cuves où il y avait 12 cm d'eau. a contamination en césium serait inférieure à 24 Bq/L, celle en strontium 90, de l'ordre de 140 Bq/L. Voir les photos. Voir d'autres photos avec les mesures prises plus tard.

• Dans un éditorial, le Maïnichi critique sévèrement les autorités qui ont reconnu une responsabilité dans l'accident nucléaire pour justifier la prise en charge par le contribuable d'une partie des coûts engendrés par la catastrophe, mais qui continuent à promouvoir l'énergie nucléaire, comme si elles n'avaient pas tiré les leçons de se qui s'est passé.

• La NRA veut aussi contribuer à l'accélération du retour des habitants dans les territoires contaminés par la radioactivité où la décontamination a été décevante pour les autorités. Pour cela, elle accepte de changer de système de mesure de la radioactivité ! Au lieu de prendre les débits de dose mesurés par hélicoptère pour évaluer la dose annuelle, elle accepte la prposition des autorités de fournir un dosimètre à chaque personne afin d'évaluer la dose individuelle. Les premières expériences ont montré que la dose ainsi enregistrée est inférieure à celle évaluée en supposant que les personnes concernées passent 8 heures par jour à l'extérieur. Cette idée avait déjà été suggérée par le gouvernement en juin dernier. L'Etat se défausse ainsi de son rôle régalien de protéger les populations. Ce n'est pas la seule situation, mais il ne faut pas s'étonner ensuite si les citoyens n'ont plus confiance dans les autorités.
Mais la NRA continue à dire qu'il faut continuer à décontaminer et laisser les habitant choisir le moment de leur retour. Elle se garde bien d'utiliser des termes comme "niveau sûr" en ce qui concerne l'exposition aux radiations, mais se propose de venir expliquer les niveaux "acceptables" aux résidents. Une dose inférieure à 20 mSv/an est "acceptable" pour les autorités et l'AIEA, mais pas pour de nombreux résidents qui ne veulent pas vivre dans un environnement qui correspond à celui d'une zone contrôléed'une centrale nucléaire.

Vendredi 8 novembre :
• Des images de la centrale prise lors du voyage de presse organisé par TEPCo. A voir sur CNN.

• TEPCo est pressée de se diviser en plusieurs compagnies. Il s'agit de préparer l'ouverture totale à la concurrence à partir de 2016 en séparant la production du transport de l'électricité. Mais la compagnie veut aussi redémarrer au plus vite ses réacteurs de Kashiwazaki-Kariwa (Niigata). Et comme la NRA refuse d'instruire les dossiers tant qu'elle n'aura pas amélioré la sûreté à Fukushima, elle envisage aussi de séparer aussi la gestion des conséquences de l'accident. La partie production pourra alors facilement se dédouaner des problèmes qui ne manqueront pas de surgir à Fukushima.
Le gouvernement encourage TEPCo à agir en ce sens et est prêt à mettre la main à la poche pour soutenir la structure en charge du démantèlement. Les voix sont de plus en plus nombreuses au Japon pour réclamer que TEPCo soit d'abord mise en faillite afin que les banques et les actionnaires prennent aussi leur responsabilité et annulent quelques créances.
C'est, bien entendu, un non sens que TEPCo soit encore autorisée à exploiter du nucléaire.

• TEPCo s'est engagée à améliorer le sort des 3 000 travailleurs qui interviennent quotidiennement sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi. Elle va doubler la prime de risque, qui va passer à 20 000 yens par jour (154 euros/j) pour les travaux les plus dangereux. Est-ce que les compagnies sous-traitantes vont garder l'argent ou le donner aux ouvriers ? Elle va aussi construire une nouvelle base de vie avec salle de repos pour 1 200 personnes et cantines pour 3 000 personnes. Ce devrait être terminé avant début 2015.
La compagnie veut aussi faire passer les capacités de stockage de l'eau radioactive de 400 000 m3 à 800 000 m3 d'ici 2016 et faire passer le nombre de personnes en charge de la gestion de cette eau de 100 à 320.
Voir son communiqué de presse et la présentation des mesures qu'elle compte prendre pour améliorer la situation (en japonais).

Jeudi 7 novembre :
• TEPCo a montré, la veille, la piscine de combustibles aux médias alors qu'elle s'apprête à faire un test de retrait de combustible usé. Il y a 1 331 assemblages usés et 202 neufs. TEPCo veut rassurer alors que beaucoup s'inquiètent sur les conséquences d'un incident. La gestion désastreuse de l'eau contaminée n'incite pas à la confiance. Et il y a encore de nombreux débris de petite taille dans cette piscine qui pourraient coincer un assemblage lors de son retrait.L'eau de mer a peut-être corrodé certains assemblages.
Le retrait des débris qui restent devrait être effectué la nuit, au fur et à mesure, alors que le retrait des combustibles usés, télécommandé car trop radioactifs, aura lieu de jour.
Une photo du container de transport est disponible en ligne sur le site de TEPCO. TEPCo devrait en utiliser deux.
Rappelons qu'il y a des piscines similaires dans les réacteurs 1, 2 et 3. Le réacteur n°4 était arrêté et entièrement déchargé au moment de l'accident. Des hommes ont pu travailler sur place pour le démantèlement et l'installation de la structure qui couvre le réacteur et le pont roulant. Ce ne sera pas le cas pour les trois autres réacteurs où il y a eu fusion du coeur, ce qui entraîne un débit de dose trop important pour que des hommes y restent longtemps. TEPCo veut néanmoins enchaîner avec le réacteur n°3 à la mi-2015. Il y a du MOx dans la piscine.
Un assemblage fait 4,5 m de long et pèse 300 kg. Une fois transférée dans la piscine commune de la centrale, située au niveau sol, le combustible va y rester des décennies car le Japon n'a aucune solution pour ces déchets les plus radioactifs.

• Suite à des années de promotion, les fruits de Fukushima étaient réputés pour leur qualité. C'est en cas en particulier pour les pêches, les pommes, les nashis et le raisin. La production est de 72 000 tonnes pour ces quatre fruits. Mais, avec la catastrophe nucléaire, les fruits se vendent mal sur le marché intérieur et les producteurs se tournent vers l'export, en espérant trouver des consommateurs. Le Sud-Est asiatique est particulièrement visé par des campagnes de promotion. Des grossistes de Thailande ont été invités au Japon pour observer le système de mesure de la radioactivité, visiter des vergers et goûter les fruits. Une campagne similaire a eu lieu en Malaisie. Il y a, dans ces deux pays, une classe aisée qui peut se payer des fruits japonais. Pour le moment, le prix de vente couvre à peine les frais de transport.
Les exportations de fruits étaient de l'ordre de 50 tonnes par an lors des années qui précédaient la catastrophe. 90% allaient vers Taiwan et Hong-Kong qui ont suspendu leurs importations.

• Suite aux fortes pluies du mois dernier, TEPCo a encore 2 700 m3 d'eau de pluie contaminée dans deux réservoirs souterrains. Comme certains de ces réservoirs avaient fui lors de leur première utilisation, cette situation n'est pas pérenne, mais la compagnie peine à trouver une autre solution. Les autorités régionales l'accusent de traîner les pieds sur ce dossier car la compagnie aurait laissé entendre qu'elle attend que sa nouvelle station de traitement des eaux contaminée, dont on n'a plus de nouvelles, soit opérationnelle. Et comme elle a déjà plus d'un an de retard...

Mercredi 6 novembre :
• L'eau du fameux puits E1, situé à proximité de la cuve qui a fui massivement cet été, est très contaminée. TEPCo a commencé à retirer la terre polluée autour pour éviter qu'il ne se contamine plus (voir des photos) car il est situé en amont des réacteurs. Et si l'eau souterraine est fortement contaminée en amont, TEPCo ne pourra pas la rejeter en mer si elle tente de la détourner pour qu'elle ne pénètre plus dans les réacteurs.
Mais la contamination de l'eau dans le puits E1 a recommencé à monter, sans atteindre les records passés. Voir les données pour les prélèvements du 3 novembre, 4 novembre, 5 novembre...

• L'autorité de sûreté nucléaire japonaise, la NRA, estime que la protection contre le terrorisme du surgénérateur Monju (Fukui) n'est pas suffisante. Elle a découvert 4 infractions avec les règles de sécurité. Par exemple, le passé des visiteurs n'est pas assez contrôlé. Ou des barrières ont 30 cm de moins que ce qui est stipulé dans les règles de l'exploitant. Les caméras de contrôle ne sont pas vérifiées régulièrement... La NRA a expliqué que de telles lacunes pour un site avec du plutonium est sans précédent. Et d'accuser, une fois de plus, l'organisation de l'exploitant, la Japan Atomic Energy Agency, qui n'a pas permis de détecter les failles par elle-même. Le président de la NRA s'inquiète aussi des retombées internationales car le terrorisme et la prolifération sont des sujets sensibles.
Rappelons que ce réacteur a fonctionné moins d'un an depuis 1994, qu'il pose de grave problèmes de sûreté. Il est temps que le Japon l'abandonne. Il fera des économies car il a déjà coûté plus de 1 000 milliards de yens (8 milliards d'euros) pour rien.

• La communication de TEPCo a régressé : presque plus de communiqués de presse. Toutes les fins de mois, on avait droit au bilan des doses reçues par les intervenants sur le site de la centrale. Rien depuis la fin octobre !

• TEPCo préparerait un nouveau rapport sur les causes de l'accident nucléaire à Fukushima. Son but est de rassurer afin de convaincre qu'elle peut redémarrer sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa. Elle le soumettra aux autorités régionales de Niigata. On s'attend à un rapport impartial...
La compagnie prévoit aussi de redémarrer les deux réacteurs les plus récents en juillet 2014, alors qu'elle affichait avril 2014 jusqu'à maintenant. Cette date est irréaliste car il faut plus de six mois à la NRA pour étudier de dossier de sûreté et elle n'a pas commencé, ni même annoncé quand elle avait l'intention de commencer... Les banques, à qui sont destinées ces annonces, se laisseront-elles convaincre ?

Mardi 5 novembre :
• Le gouvernement travaille à un plan pour meilleure prise en charge médicale en cas d'accident nucléaire. Des hôpitaux avec un service d'urgence vont être désignés pour pouvoir accueillir des patients légèrement contaminés. Il veut aussi augmenter le nombre de personnes qui peuvent traiter des patients plus fortement irradiés.
Six hôpitaux de Fukushima auraient dû pouvoir accepter des patients contaminés. Mais quatre étaient dans la zone évacuée ou de confinement. L'évacuation des patients a parfois été dramatique et a entraîné de nombreux décès.De plus, les victimes de catastrophes naturelles étaient à la charge du ministère de la santé et celle d'une irradiation, à la charge du ministre des sciences et technologie. Cela n'a pas facilité les choses.
Il est donc nécessaire de réformer les procédures d'urgence nucléaire. La NRA, qui est la nouvelle autorité de sûreté, va être impliquée.

Lundi 4 novembre 2013 :
• Nous avions recommandé d'aller voir le film de fiction "The Land of Hope". Il est possible de le voir en ligne, dans la version doublée en français.

• TEPCo devait commencer le retrait des combustibles de la piscine du réacteur n°4 à partir du 8 novembre prochain, mais elle aurait reporté les opérations de plusieurs semaines. Seul un essai est programmé pour le moment, à la demande de la Japan Nuclear Energy Safety Organization.
Ce test n'avait pas été prévu ? TEPCo est pressée de toutes parts pour accélérer le retrait des combustibles et est assez sûre d'elle, comme d'habitude, sous prétexte qu'il s'agit d'une opération banale. Mais il reste des débris dans la piscine et des barres ou des supports ont pu être endommagés, gênant le retrait.

• Les réactions sont variées après les propos du secrétaire général du principal parti au pouvoir, qui a déclaré qu'il est temps de dire clairement qu'il y a des zones où les populations ne rentreront pas. Beaucoup sont choqués par le manque de courage du gouvernement qui laisse un membre du parti tester les réactions face à ce sujet tabou. Des habitants réclament depuis longtemps une position claire : si l'on ne peut pas rentrer, dites-le nous.

Dimanche 3 novembre :
• Le secrétaire général du principal parti au pouvoir, le Parti Libéral Démocrate, a déclaré, lors d'un discours, qu'il est temps que le gouvernement dise clairement qu'il y a des zones où les habitants ne pourront jamais rentrer et qu'il doit prévoir des aides spécifiques pour les aider à refaire leur vie ailleurs. Il serait effectivement temps de le dire clairement alors que c'est évident depuis les premiers mois de la catastrophe.
Il a aussi déclaré que l'objectif d'une irradiation externe inférieure à 1 mSv/an dans les zones évacuées n'est pas atteignable avec la décontamination et qu'il faudrait aussi le dire. Il plaide pour une réévaluation des objectifs à atteindre avant un retour des populations. Il n'est, en revanche, pas prévu d'un débat démocratique sur le sujet, ni même de demander leur avis aux personnes concernées. Ce serait, pourtant, la moindre des choses.

Samedi 2 novembre :
• Suivant la suggestion des Etats-Unis, le Japon devrait ratifier la Convention sur la réparation complémentaire des dommages nucléaires. Cela devrait favoriser l'implication d'entreprises américaines et des quelques autres pays signataires. Le traité a été signé par 16 pays, mais n'a été ratifié que par 4 d'entre eux (Etats-Unis, Maroc, Argentine et Roumanie). Avec cette nouvelle ratification, cela fera 5 pays membres, minimum nécessaire pour que la convention entre en action.

• Suite aux suggestions du parti au pouvoir, TEPCo réfléchit à se scinder en plusieurs compagnies. TEPCo est prête à tout pour accélérer l'instruction de sa demande de redémarrage des réacteurs de Kashiwazaki-Kariwa.
Quant au gouvernement, il devrait prendre à sa charge plus de 1 000 milliards de yens (environ 10 milliards d'euros) de travaux de décontamination. TEPCo devra contribuer à hauteur de 3 000 milliards de yens (23 milliards d'euros). L'Etat devrait aussi prendre à sa charge la remise en route des infrastructures publiques laissées à l'adandon (parcs, écoles...) ainsi que le stockage des déchets radioactifs.
Dans un éditorial, l'Asahi, demande une clarification de la politique gouvernementale qui ne peut se limiter à verser l'argent public. Le quotidien a toujours soutenu que TEPCo ne pourra jamais tout payer et que les autorités ont aussi une part de responsabilité dans l'accident. Mais l'argent public doit être utilisé à bon escient. La compagnie devrait donc être mise en faillite pour que les actionnaires prennent aussi leur part de responsabilité. Une politique énergétique claire, avec l'arrêt définitif et le démantèlement immédiat des réacteurs qui ne peuvent pas satisfaire aux nouveaux critères de sûreté est aussi nécessaire. Ainsi qu'un arrêt définitif de l'usine de retraitement qui n'a jamais marché et du surgénérateur Monju qui utilisent énormément d'argent public et des compagnies d'électricité pour rien. Et puis, il ne faut pas oublier les ouvriers qui sont exploités et irradiés. Ils ont droit à une protection digne car on a besoin d'eux.

Vendredi 1er novembre 2013 :
• Le parti au pouvoir veut proposer une loi pour que le gouvernement prenne en charge le problème de l'eau contaminée sans limitation de budget. Il suggère que l'Etat prenne aussi en charge la décontamination et veut séparer TEPCo en plusieurs compagnies, dont une serait en charge du démantèlement. C'est donc le contribuable qui va tout payer, ainsi que les générations futures car le pays est déjà très endetté.

• Kansaï Electric (KEPCo) a aussi renoué avec les bénéfices au cours des six derniers mois. Elle a aussi augmenté ses tarifs d'électricité. Hokkaïdô Electric, quant à elle, est toujours dans le rouge.

• La contamination en césium de l'eau de mer est toujours plus élevée à proximité de la centrale qu'un peu plus au large. On trouve aussi du tritium qui ne provient pas des sédiments. Ici aussi. cela prouve que la centrale continue à fuir en mer et que la radioactivité n'est pas confinée dans le port comme le prétend le premier ministre. Elle se dilue en allant vers le large.

TEPCo a présenté un bilan des actions engagées pour faire face à la catastrophe et ses plans pour le futur. Cela fait 29 pages et c'est en anglais.
Dans un communiqué de presse, elle vante aussi les progrès effectués.

• Le gouvernement a demandé aux consommateurs de baisser leur consommation d'électricité de 6% entre 16 et 21h les jours ouvrables cet hiver à Hokkaïdô. La compagnie devrait pouvoir faire face à la demande, mais le gouvernement craint une panne. C'était 7% l'hiver dernier.

Jeudi 31 octobre :
La contamination dans l'eau souterraine à proximité de la cuve qui a fui cet été stagne. Deviner ce que va faire TEPCo ? Pomper ! Pour cela, elle va creuser 5 puits supplémentaires et pomper environ 10 tonnes par jour. Elle va donc ajouter des cuves supplémentaires. Elle est aussi en train de retirer la terre contaminée tout autour. Comme pour la fuite, qu'elle a mis un mois à découvrir, elle aura mis du temps à tenter de réparer les dégâts. TEPCo reste TEPCo.

• Environ 600 employés de bureau en costume cravate ont manifesté contre le nucléaire à Tôkyô. La manifestation a durée une quarantaine de minutes sur deux kilomètres. Ils sont passés devant le siège de TEPCo.

TEPCo a annoncé des profits pour ces six premiers mois de l'année fiscale 2013, qui commence le 1er avril. Ses bénfices avant impôts seraient de 141 milliards de yens (un peu plus d'un milliard d'euros).
Ses ventes d'électricité ont baissé par rapport à la même période, un an avant, mais ses profits augmentés grâce à l'augmentation des tarifs d'électricité. La compagnie a baissé ses dépenses de personnel, et a reporté des réparations. Cela paraît artificiel, alors qu'elle négocie la reconduction de sa dette avec les banques. Et surtout, elle continue à recevoir de l'argent public pour payer les indemnisations. Quand va-t-elle commencer à rembourser ?

Certains médias japonais donnent aussi la parole à des travailleurs de "ichi-efu" pour 1-F ou Fukushima n°1. Certains témoignages sont traduits ici en anglais. A lire.

• Chubu Electric a finalement demandé l'autorisation d'augmenter de 4,95% en moyenne ses tarifs d'électricité pour les particuliers à partir d'avril prochain.

Mercredi 30 octobre :
• L'autorité de sûreté nucléaire japonaise, la NRA, a approuvé le plan de retrait des combustibles usés de la piscine du réacteur n°4 proposé par TEPCo. Les opérations devraient commencer le 8 novembre prochain et cela devrait durer jusqu'à la fin 2014. La compagnie devrait commencer par les assemblages neufs qui sont peu dangereux.
Les supports actuels des assemblages peuvent avoir été endommagés par le séisme et l'explosion hydrogène. Des débris peuvent aussi gêner les opérations. Le président de la NRA a exorté TEPCo à être prudente, de ne pas se presser, ni de forcer si un assemblage ne veut pas sortir. Et d'avouer qu'il est plus inquiet que pour l'eau contaminée.
TEPCo a mis en ligne une vidéo en images de synthèse pour montrer comment elle va procéder.

• Les pêcheurs de Fukushima ont limité leur pêche à 18 espèces différentes. Il veulent passer à 27. Les neufs nouvelles espèces ont une contamination inférieure à la limite gouvernementale depuis plus de 18 mois. Un contrôle de la contamination radioactive est effectué avant la mise sur le marché.

• Le gouvernement aurait renoncé à voir tous les habitants rentrer dans les territoires contaminés. Pour les zones où l'exposition externe peut dépasser 50 mSv/an, il se résigne finalement à les considérer comme inhabitable avant longtemps. Il va soutenir les familles à refaire leur vie ailleurs. 25 000 personnes sont concernées. Il s'agit d'un revirement considérable car jusqu'à présent, il était toujours question du retour de tous les habitants. Il lui en aura fallu du temps pour reconnaître l'évidence !
Il est maintenant officiel qu'un minimum de 25 000 personnes ne rentreront pas chez elles. Il y a aussi 23 000 personnes originaires des zones où l'exposition externe est comprise entre 20 et 50 mSv par an plus 33 000 dans des zones où elle est inférieure à 20 mSv/an. Sur ces 56 000 personnes supplémentaires, combien rentreront, combien iront refaire leur vie ailleurs ? Garder une limite de 20 mSv/an pour le retour n'est pas acceptable. A ces 81 000 personnes déplacées de force, s'ajoutent presque autant de déplacés volontaires, même si ce chiffre est plus approximatif.
Par ailleurs, il veut accélérer la décontamination et la remise en service des infrastructures et des services publics dans les autres zones. Mais il ne dit pas comment. Il va aussi consacrer 1 000 milliards de yens (7,5 milliards d'euros) aux centres de stockage des déchets radioactifs en ajoutant des taxes sur l'électricité. Ce ne sera donc plus à TEPCo de payer...
Enfin, la question de séparer en deux TEPCo est toujours sur la table : une partie s'occuperait des conséquences de la catastrophe, et l'autre de la production, du transport et de la vente de l'électricité.

• J'ai déjà signalé des vidéos pédagogiques des principales conclusions de la commission d'enquête parlementaire. Elles sont aussi disponibles en anglais maintenant.

• Le site oueb de la télévision publique a ajouté une rubrique "nuclear watch" à sa page d'information... Plus de deux et demi après la catastrophe, il ne s'est pas passé un jour sans que les médias japonais ne parlent de la catastrophe nucléaire. Il n'y a pas beaucoup de sujets d'actualité qui ont droit à un tel traitement.

Mardi 29 octobre :
• TEPCo devrait annoncer qu'elle a renoué avec les bénéfices cette année, même sans redémarrage de réacteurs nucléaires. Avec la vague de chaleur de l'été, elle a vendu plus d'électricité que prévu et elle a coupé dans ses dépenses, repoussant de nombreux travaux.
Comme la compagnie est en train de renégocier ses prêts bancaires, il lui faut être optimiste...

• L'exploitant de l'usine de "retraitement" de Rokkashô a encore reporté un essai de fonctionnement de son usine. C'est le 11ième report, mais le premier sans calendrier... Le nouveau calendrier devrait être fixé avant la fin de l'année : sera-t-il aussi fiable que les précédents ?
Par ailleurs, plusieurs communes de la province d'Aomori, qui recevaient beaucoup d'argent de l'industrie nucléaire pour accueillir les déchets et l'usine de retraitement qui ne fonctionne pas, devraient voir les dons diminuer car les compagnies sont dans le rouge. Plusieurs maires sont allés voir le gouverneur pour lui demander que la province finance ce que les compagnies d'électricité ne financent plus... 25 communes, qui ne sont pas supposées recevoir de taxes liées aux installations nucléaires locales, ont reçu de tels dons. Il y en avait pour 872 millions de yens (6,5 millions d'euros) cette année.

• Plusieurs ministres avancent que le gouvernement va prendre à sa charge une partie des coût de décontamination, confirmant ainsi les révélations du Asahi du 27 octobre. Ils veulent accélérer le processus, mais ne disent pas comment : il manque de la main d'oeuvre et il n'y a toujours pas de site pour les déchets. Le ministre des finances a même ajouté qu'il était normal que TEPCo ne paye pas tout car le gouvernement a toujours fait la promotion de l'énergie nucléaire.

• Sous un titre trompeur, un article de Newsweek traduit en français par Slate, raconte les hésitations des autorités américaines au début de la catastrophe alors que des milliers d'Américains vivent au Japon où il y a des bases militaires. Fallait-il évacuer ces gens ou pas ? Quel est le scénario du pire ? Les estimations divergeaient.
avait fixé 20 à 30 kmDes estimations simplistes mais rapides, qui sont forcément enveloppe pour protéger les populations, estimaient qu'en cas de fusion de la piscine du réacteur n°4, le débit de dose à Yokosuka, de l'autre côté de Tôkô où il y a une importante base navale américaine, dépasserait les normes en vigueur aux Etats-Unis. Le premier Ministre japonais a aussi eu, la première semaine, un scénario du pire similaire. Il a été décidé de ne pas évacuer préventivement les bases américaines, pour des raisons géostratégiques, mais d'aider les citoyens américains qui demandaient à partir. Rappelons que les Etats-Unis avaient demandé à leur concitoyens d'évacuer dans un rayon de 80 km autour de la centrale alors que le gouvernement japonais.
Puis des calculs beaucoup plus sophistiqués fait à Livermore ont montré, dans les derniers jours de mars, alors que le pire avait été évité, qu'il n'aurait pas été nécessaire d'évacuer Tôkyô, même en cas de rejets beaucoup plus massifs. Au Japon aussi, les estimations du pire ont été rafinées : un incendie de la piscine du réacteur n°4 aurait provoqué une évacuation forcée jusqu'à 170 km et une évacuation volontaire jusqu'à 250 km.
L'article critique finalement les autres journaux qui favorisent les scénarios exagérés même s'ils ne sont pas fondés.

• Dans une interview à Reuters, le gouverneur de Niigata, où il y a la centrale de Kashiwazaki-Kariwa que TEPCo espère redémarrer, déclare qu'il va mettre en place une commission d'enquête sur la catastrophe nucléaire. Si TEPCO refuse de coopérer, il s'opposera au redémarrage. Cet ancien fonctionnaire du ministère de l'économie pense que TEPCo devrait faire faillite et que le gouvernement devrait prendre en charge le démantèlement. Il pense aussi que 6 000 personnes impliquées dans ces travaux devraient devenir des fonctionnaires de l'Etat. Ce serait une façon d'exprimer la gratitude des autorités face aux risques que prennent ces personnes.

• Après Tamura, Greenpeace Japon a mis en ligne des relevés de débit de dose à Daté, ville de 65 000 habitants dont seuls les points chauds ont été évacués. Il y a encore de nombreux points qui dépassent 0,23 microsievert par heure, qui correspond à 1 mSv par an. L'organisation a aussi fait des relevés dans la ville de Fukushima où vivent 280 000 personnes. Le constat est identique.
Voir le communiqué de presse en japonais.

Lundi 28 octobre :
• Le gouvernement japonais, comme tous les autres gouvernements, espère enfouir les déchets nucléaires les plus radioactifs. Mais il n'a pas de site pour le moment. Le processus est dans les limbes : en 2000, le gouvernement avait lancé un appel à candidature pour accueillir le site, mais n'a reçu aucune proposition. Les autorités ont donc mis en place un comité scientifique qui doit évaluer le projet d'enfouissement. Le promoteur du projet a certifié qu'il n'y avait pas de problème et que l'enfouissement était sûr. Mais il n'a pas convaincu les sismologues qui ne peuvent pas prédire ce qui va se passer sur 100 000 ans. La Japan Atomic Energy Agency a montré à la presse son laboratoire souterrain, situé à Horonobé (Hokkaïdô).

• Le président de l'autorité de sûreté, la NRA, a reçu le PDG de TEPCo. Il a demandé à TEPCo d'améliorer la sûreté à Fukushima daï-ichi. Avec la eprise des combustibles irradiés de la piscine du réacteur n°4, les incidents pourraient avoir des conséquences plus graves. TEPCo a reconnu qu'elle avait des difficultés à trouver de la main d'oeuvre qualifiée, qu'il y avait de sproblèmes de communication à cause des équipement de protection, et que certaines tâches étaient inhabituelles. Elle s'est engagée à améliorer les choses. Pouvait-elle dire autre chose ?

• La contamination de l'eau des drainages avait battu un record de contamination le 24 octobre dernier, avec 140 000 Bq/L en bêta total. Le lendemain, il y avait encore 110 000 Bq/L au même endoit. La baisse se poursuit. Il y avait 4 800 Bq/L le 27 octobre. En revanche, plus en amont, la contamination bêta totale passe de 41 000 à 45 000 Bq/L entre ces deux jours.
Par ailleurs, TEPCo a mis en ligne des résultats de mesure de la contamination de l'eau de pluie dans les réceptacles sous les cuves. Dans la zone H4, où il y a eu une fuite massive cet été, il y a 490 000 Bq/L en bêta total ! Il y a aussi 13 000 Bq/L en strontium très radiotoxique. De fait, l'eau de pluie est chargée en strontium dans presque tous les réceptacles. (Ce qu'il y a de surprenant dans ces résultats, c'est la rapidité avec laquelle TEPCo donne les valeurs en stontium alors que la mesure prend habituellement un mois. D'où viennent ces chiffres sur des prélèvements faits le jour même ?)

• En juin dernier, TEPCo avait stoppé sa station de traitement des eaux contaminées, ALPS, toujours en cours de test, suite à de la corrosion qui avait entraîné des fuites. La ligne de traitement a été remise en route en septembre dernier. TEPCo vient de remettre en route la ligne A pour faire un test. Combien de temps tiendra-t-elle ?

• La contamination en tritium du puits E1, situé à proximité de la cuve qui a fui, stagne entre 220 000 et 240 000 Bq/L. Celle en bêta total remonte pour atteindre 260 000 Bq/L (Résultats des prélèvements du 23 oct., 24 oct., 25 oct. et 26 oct.).

Dimanche 27 octobre :
• On l'a déjà signalé, TEPCo rechigne à rembourser au gouvernement une partie des frais engendrés par la décontamination. Le gouvernement, quant à lui, proteste mollement. Comme il est actionnaire majoritaire de la compagnie, il a les moyens d'imposer son point de vue, mais le dossier ne progresse pas. Le quotidien Asahi a demandé l'accès à des documents administratifs et a pu lire ainsi une lettre de refus de TEPCo datée du 21 février 2013. Le fait que le gouvernement n'ai pas rendu publique cette lettre et qu'il n'ait pas saisi les instances ad-hoc laisse entendre qu'il accepte la situation et que ce seront les contribuables qui paieront.
En novembre 2012, le ministère de l'environnement a réclamé 40,4 milliards de yens (311 millions d'euros) à TEPCo qui n'en a payé que 6,7 milliards (52 millions d'euros).
Parmi les sommes que TEPCo ne veut pas payer, il y a les études préliminaires pour trouver des centres d'entreposage des déchets radioactifs issus de la décontamination : 105 millions de yens. Elle ne veut pas payer pour les études sur les nouvelles technologies de décontamination (440 millions), ni les relations publiques (960 millions de yens).
Elle ne veut pas payer deux fois non plus, sachant qu'elle indemnise déjà une partie du foncier, elle ne veut pas encore payer pour sa décontamination.
Le coût total de la décontamination pourrait atteindre 5 000 milliards de yens (40 milliards d'euros).

• TEPCo aurait perdu 5 800 gros clients au cours de ces six derniers mois, qui consomment plus de 50 kW. Elle en aurait perdu 7 000 l'année précédente. Kansaï Electric (KEPCo) en aurait perdu 2 036 en six mois et Kyûshû Electric 688, contre 61 et 168 respectivement pour l'année précédente.

Samedi 26 octobre :
• Alors que le gouvernement s'apprête à lever l'ordre d'évacuation dans un district d'un village qui a été "décontaminé", se pose le problème des indemnisations. Jusqu'à quand doivent-elles être versées ? Actuellement, il est prévu qu'elles le soient pendant un an après la levée de l'ordre d'évacuation. Mais le comité d'évaluation en charge des conflits concernant les indemnisations propose de se garder la possibilité d'indemniser plus longtemps les personnes concernées en fonction des circonstances. En particulier, il faut des infrastructures sociales et des emplois pour que les personnes puissent à nouveau vivre sans soutien financier. Il ne sera pas non plus obligatoire de rentrer pour continuer à toucher une compensation financière.
84 000 personnes forcées à évacuer reçoivent 100 000 yens (770 euros) par mois et par personne au titre de l'indemnisation des souffrances psychologiques. Plusieurs maires soutenaient l'option d'un an après la levée de l'ordre d'évacuation pour que les gens rentrent et que le village revive. Mais la décontamination n'est que partielle et il est plus juste de parler d'îlots de décontamination. Il n'y a toujours pas de solution pour les déchets engendrés et une grande partie des populations concernées, surtout celles avec enfants, ne rentreront pas. Quelle vie et quelles activités économiques sont-elles possibles dans de telles circonstances ?
En ce qui concerne le foncier, la commission d'arbitrage des indemnisations envisage de fixer la compensation minimale des habitations à une valeur allant de 60 à 80% du prix neuf. Pour les terrains, c'est plus complexe.

• L'UNSCEAR, le comité des nations unies sur les effets des radiations vient de publier un rapport de 283 pages, accompagné d'un communiqué de presse, qui confirme que les enfants sont beaucoup plus sensibles que les adultes et qu'ils devaient donc être mieux protégés. Le taux de cancers est 25% plus élevé que chez les adultes pour les leucémies, la thyroïde, les cancers du sein et du cerveau. Cela peut mettre être plus en fonction des circonstances. Pour le cancer du colon, la sensibilité est la même que chez les adultes et pour le cancer du poumon, elle est moindre.
Par ailleurs, en cas de contamination, les organes sensibles des enfants sont généralement plus exposés que ceux des adultes car leur corps est plus petit et les organes moins protégés. Le régime alimentaire peut aussi influencer le risque d'exposition. C'est le cas en particulier avec le lait et l'iode.
Voilà qui vient confirmer les craintes des parents qui réclament une meilleure protection de leurs enfants.

• Le gouvernement envisage de prendre à sa charge les centres d'entreposage de Fukushima pour les déchets issus de la décontamination. Cela devrait lui coûter entre 1 000 et 2 000 milliards de yens (7,5 à 15 milliards d'euros) qu'il devrait financer en taxant l'énergie.

• L'IRID, l'Institut de Recherche International sur le Démantèlement nucléaire, avait lancé un appel d'offre et a reçu des offres de 779 compagnies et individus. 30% viennent de l'étranger.
Parmi les suggestions, il y a celles de SimplifyInfo.

• Le typhon attendu a été déclassé en dépression. Il se dirige vers le Nord. TEPCo devrait pouvoir faire face à la pluie.

• De la confiture de myrtilles bio importée d'Italie et fabriquée à partir de fruits bulgares et vendue au Japon a 164 Bq/kg de césium 137. Elle a dû être retirée du marché.

• Le prochain forum des Iles du Pacifique aura lieu à Iwaki, à une cinquantaine de kilomètres de la centrale de Fukushima daï-ichi, en mai 2015.

Vendredi 25 octobre :
• L'agence de presse Reuters consacre une longue enquête (ou en pdf avec photos, graphes...) à la situation des travailleurs sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi. A lire. Les nombreuses couches de sous-traitance, les mauvaises payes, les conditions de travail très difficiles, font qu'il est difficile de trouver une main d'oeuvre qualifiée et motivée. Il y a 800 compagnies qui interviennent sur le site de la centrale. Il y a 25% plus d'offres d'emploi que de demandes à Fukushima. Si l'on prend en compte la décontamination, cela concernerait 50 000 travailleurs.
Les nomades du nucléaires ont toujours existé pour faire le sale boulot au Japon. La catastrophe n'a fait qu'exacerber le problème. La pègre japonaise en profite parfois pour le recouvrement de dettes : les victimes sont forcées à travailler à la centrale ou dans la décontamination et une partie du salaire est confisqué. Cette enquête confirme les nombreux autres articles sur le sujet.
Elle cite notamment le cas de Hayashi qui a d'abord été affecté dans une zone très irradiante sans en avoir été informé avant d'être sur place. Il s'est plaint à la cascade de sous-traitants qui étaient au-dessus de son employeur et s'est fait licencier. Il y est retourné pour un autre emploi et un autre employeur qui prélevait 30% de son salaire et lui payait le reste en liquide.
Son carnet de radiation a ausi été falsifié : l'employeur indiqué n'était pas celui qui le payait, ce qui est illégal au Japon.
Ce témoignage, comme les quelques autres de l'enquête, ne représentent que la partie immergée de l'icerberg. La plupart des personnes exploitées refusent de parler, par crainte des représailles. Elles osent encore moins porter plainte. Et puis, les employeurs ne sont presque jamais punis, alors ces pratiques continuent.
Hayashi est une exception car il a fait connaître ouvertement les conditions de travail dans les médias.

64 ONG japonaises lancent un appel à plus d'objectivité de la part des agences de l'ONU qui étudient les conséquences de la catastrophe nucléaire. Elles visent, en particulier, l'UNSCEAR dont le dernier rapport va être présenté à la 68ième assemblée générale de l'ONU. Les experts de cet organisme ne sont pas venus inspecter à Fukushima. Ils se basent uniquement sur les données transmises par les autorités japonaises. Ils existe de nombreuses autres données de mesure qui ne sont pas prises en compte. Et de rappeler que l'enquête menée par les autorités régionales de Fukushima sur l'occupation des populations au tout début de la catastrophe, n'a eu que 20% de retour. Comment faire une étude sérieuse avec si peu de données ?
Les ONG relèvent aussi des contradictions entre les différents rapports de l'ONU sur les conséquences de la catastrophe, en particulier avec ceux de l'OMS et d'Anand Grover, rapporteur spécial pour les droits de l'homme.

• Du thon en boîte provenant des Philippines et acheté en Suisse a été analysé au laboratoire cantonal de Bâle et du césium 137 et 134 ont été découverts.  La contamination est faible, 0,4 Bq/kg pour le césium 137, mais doit probablement venir de Fukushima car ces poissons sont des grands migrateurs. Cependant, comme la concentration en césium 134 est inférieure à la limite, on ne peut pas exclure une pollution plus ancienne.
Et comme la contamination des sédiments marins au large de Fukushima ne baisse pas, voire augmente par endroit, la chaîne alimentaire marine va continuer à être contaminée pendant longtemps (voir ces mêmes résultats sur une carte).

• Alors qu'un nouveau typhon approche, la NRA a donné son accord à ce que TEPCo mette en place une procédure simplifiée de gestion de l'eau de pluie en cas de fortes précipitations. Plus besoin de transférer l'eau de pluie accumulée dans les réceptacles sous les cuves avant de la rejeter. Un contrôle rapide en quatre points de mesure sera suffisant. Cette procédure n'est valable qu'en cas de situation exceptionnelle.
La compagnie n'a toujours pas fini de transférer l'eau de pluie du dernier typhon de dimanche dernier, alors qu'elle a augmenté le nombre de pompes. Cette fois-ci, elle a mis en ligne des explications sur la mise  en oeuvre des mesures prises pour faire face à la situation. Elle va tester, entre autres, la mise en place de bâches pour éviter que l'eau de pluie s'accumule au pied des cuves.
Une vidéo est aussi disponible.

• Quand un touriste chinois part en vacances à l'étranger, il rapporte toujours du lait pour bébé tant la demande intérieure est grande pour les marques étrangères. Suite au scandale ayant entraîné le décès de plusieurs bébés en 2008, les Chinois n'ont plus confiance dans le lait domestique. La marque japonaise Meiji va cependant se retirer du marché chinois car ses produits se vendent mal suite à la catastrophe de Fukushima. Le lait japonais est interdit depuis 2010 suite à une épidémie de fièvre aphteuse. Le lait vendu par Meiji provient d'Australie et est transformé au Japon, ce qui augmente les coûts. Les ventes ont fortement baissé après la catastrophe nucléaire. Les tensions diplomatiques entre les deux pays ont aussi une influence sur les relations commerciales.

• Le ministre de l'industrie a dit qu'il se donnait trois ans pour redéfinir la politique énergétique du pays. Il espère, d'ici là, connaître le nombre de réacteurs nucléaires qui pourront redémarrer. Il est bien optimiste car, pour certaines centrales, les travaux demandés sont tels, que ce ne sera pas fini dans 3 ans.

• Une séisme d'une magnitude de 7,1 a eu lieu au large de Fukushima. Une alerte au tsunami a entraîné une mise à l'abri des personnes à la centrale. Heureusement, la vague a fait moins d'un mètre. Selon la compagnie d'électricité du Tôhoku, elle avait 55 cm de haut à la centrale d'Onagawa.

Jeudi 24 octobre :
• La contamination de l'eau des drainages continue à augmenter fortement pour atteindre la plus forte valeur jamais enregistrée : selon un communiqué, c'est 140 000 Bq/L en bêta total pour le prélèvement du 23 octobre, contre 59 000 Bq/L au même endroit la veille. Le point de prélèvement est à 600 m de l'océan. Plus en amont, c'est passé de 340 à 15 000 Bq/L entre les 22 et 23 octobre. TEPCo soupçonne de la terre contaminée emportée par de l'eau de pluie. Elle devait être très contaminée.

• Il y a 5 000 réfugiés de la catastrophe nucléaire à Niigata. Pour la plupart, il s'agit de mères de famille avec des enfants qui sont des évacués volontaires. La perspective de voir la centrale de Kashiwazaki-Kariwa redémarrer les effraie et ils craignent de devoir encore trouver un autre refuge.

Mercredi 23 octobre :
• TEPCo va commencer à retirer le combustible usé de la piscine du réacteur n°4 à partir du mois de novembre prochain. Elle a quasiment fini d'installer une couverture au-dessus du réacteur détruit par une explosion hydrogène et un palan sur rails pour retirer le millier d'assemblages. Il lui reste à obtenir le feu vert de la NRA.
Les assemblages seront mis dans un container et transportés vers la piscine commune de combustibles usés situées à une centaine de mètres de là. Il y a 1 331 assemblages de combustibles usés et 202 assemblages neufs. Le retrait devrait prendre un an.
Vider rapidement cette piscine, était une demande des associations de protection de l'environnement au Japon, qui avaient lancé une pétition internationale en ce sens.

• Des membres du parti au pouvoir veulent complètement réorganiser l'industrie nucléaire japonaise. Il y a actuellement 9 compagnies de production d'électricité qui utilisent l'énergie nucléaire. Des membres du groupe de travail du parti veulent créer une seule compagnie qui aurait la charge de tout le parc du pays et de financer les conséquences de la catastrophe de Fukushima. Ils espèrent aussi que cela va renforcer l'impact de cette industrie à l'international et favoriser la libéralisation du marché intérieur.
Si un tel plant était mis en place, TEPCo n'aurait plus de centrale nucléaire et se limiterait au transport et à la vente d'électricité.

• Le premier ministre a redit devant le parlement, le 22 octobre, que les "effets" de l'eau contaminée sont complètement bloqués dans le port devant la centrale. Reste à comprendre ce qu'il entend par "effets". Au-delà les niveaux de contamination sont dans les normes de sûreté a-t-il précisé.

• Alors que de nouveaux typhons approchent, TEPCo est engagée dans une course contre la montre pour évacuer l'eau de pluie potentiellement contaminée des réceptacles pour faire de la place pour l'eau à venir. Et elle la met dans les réservoirs souterrains car les cuves pour l'eau de pluie sont pleines. Certains de ces réservoirs ont fui par le passé. Elle en a choisi 3 qui n'ont pas fui et les capacités supplémentaires de stockage sont de 9 000 tonnes.
Les mesures qu'elle a mises en place pour gérer l'eau de pluie ne fonctionnent pas en cas de typhon, comme on l'a déjà souligné. TEPCO réfléchit donc à d'autres procédures et en discute avec la NRA. Mais comme on ne peut pas exclure qu'une cuve fuit lors de fortes pluies, la NRA maintient son exigence de trasnférer l'eau de pluie vers des cuves tampon où elle doit être contrôlée avant de pouvoir être rejetée.
TEPCo a mesuré jusqu'à 140 000 Bq/L en bêta total dans l'eau d'un de ces réceptacles. Cela augmente depuis plusieurs jours (voir le tableau). Il semble que la pollution du sol due à la fuite passée de la cuve se dissout dans l'eau de pluie. C'est passé à 510 000 Bq/L dans le prélèvement du 23 octobre !
TEPCo a aussi trouvé 50 000 Bq/L bêta total dans l'eau d'un drainage (prélèvement du 23 oct.), en aval de la cuve qui a fui cet été. Il y avait 21 000 Bq/L au même endroit la veille. La compagnie a mis des sacs de sable en travers du drainage pour stopper l'écoulement d'eau radioactive avant qu'elle ne rejoigne l'océan et compte la pomper.
TEPCo a mis en ligne, en japonais, des photos, des plans et des résultats de mesure sur la contamination des drainages. Les données ne sont pas nouvelles, mais cette mise en perspective permet de mieux comprendre.
En ce qui concerne le désormais fameux puits E1 situé à proximité de la cuve qui a fui cet été, la contamination en tritium est de 500 000 Bq/L pour le tritium et 290 000 Bq/L en bêta total (prélèvement du 20 oct.), puis 340 000 Bq/L et 230 000 Bq/L respectivement dans le prélèvement du 21 octobre et 290 000 Bq/l et 230 000 Bq/L dans celui du 22 octobre. Cela baisse, en espérant que cela ne remonte plus.
Le dernier bilan de l'eau contaminée est ici.

• TEPCo compte beaucoup sur le redémarrage de deux réacteurs nucléaires à Kashiwazaki-Kariwa (Niigata) pour être à nouveau bénéficiaire. Mais l'instruction des dossiers de sûreté ne commencera pas de si tôt car la compagnie doit d'abord régler le problème de l'eau radioactive à Fukushima daï-ichi. La NRA a été claire le 4 octobre dernier : TEPCo doit y améliorer la sûreté et limiter les fuites. Le plan soumis par la compagnie le 15 octobre, qui explique comment gérer les deux centrales en toute sûreté, n'a pas satisfait la NRA. Son président va donc rencontrer le PDG de TEPCo. La NRA ne comprends pas comment TEPCo peut prétendre exploiter correctement Kashiwazaki-Kariwa, alors qu'elle ne peut pas surmonter les problèmes à Fukushima daï-ichi. Elle n'a peut-être pas les ressources humaines nécessaires. Et il n'y a pas que l'eau contaminée. Personne ne sait comment TEPCo va gérer le combustible usé et tous les déchets radioactifs.
Ce sera la première rencontre directe entre les deux hommes. L'instruction du dossier prendra au moins six mois, dans le meilleur des cas.
En plus, toutes les autres demandes de redémarrage concernent des réacteurs à eau sous pression alors que les réacteurs de Kashiwazaki-Kariwa sont à eau bouillante, comme à Fukushima. Cela complique l'instruction des dossiers. Et puis, le gouverneur de Niigata a accepté que TEPCo soumette son dossier de sûreté, pas le redémarrage. TEPCo doit aussi travailler aux plans d'évacuation des populations dans un rayon de 30 km avec les autorités locales. Lors du dernier exercice de crise, des habitants ont été évacués sous les vents, comme à Fukushima. Il y a donc des progrès à faire de ce côté aussi.
Difficile de croire à un redémarrage en 2014, alors que TEPCo présente cette échéance aux banquiers qui lui ont prêté de l'argent.

TEPCO a reçu 48,1 milliards de yens (370 millions d'euros) d'aide des autorités. C'est le 21ième versement.

Mardi 22 octobre :
• Le gouvernement envisage de demander une baisse de 6% de la consommation d'électricité à Hokkaïdô cet hiver, par rapport à l'année 2010. L'an dernier, un objectif de 7% lors des pics de consommation avait été fixé.
L'approvisionnement électrique devrait être suffisant, mais le gouvernement veut se garder une marge de sécurité en cas de panne sur une centrale.

• Chubu Electric a demandé aux syndicats de pouvoir baisser de 20% en moyenne les salaires, hors heures supplémentaires. Il s'agit de mieux faire accepter la demande d'augmentation des tarifs d'électricité.

• Le maire de Matsumoto (Nagano), Akira Sugenoya, a été très impliqué dans l'aide aux victimes de la catastrphe de Tchernobyl. Comme chirugien, spécialiste de la thyroïde, il a quitté son poste dans une université japonaise pour aller en Biélorussie pendant plusieurs années, où il a opéré une centaine d'enfants victimes de cancer. Il a aussi créé une fondation et forme des chirurgiens biélorusses au Japon. Il est aujourd'hui très impliqué pour protéger les enfants de Fukushima, en amont des problèmes de santé. L'Asahi lui consacre un article.
La ville a ouvert un dortoir pour que des enfants de Fukushima puissent être scolarisés à Matsumoto et va prendre en charge une partie des coûts. Il y a de la place dans ses écoles à cause de l'exode rural. Les responsables de la ville sont allé présenter le "projet Matsumoto" à Fukushima et des parents ont faire part de leur intérêt. Il y a déjà environ 200 réfugiés de Fukushima à Matsumoto.
Le maire craint pour la santé des enfants : "si ces craintes sont infondées, ce sera une bonne nouvelle" déclare-t-il, "mais si elles sont avérées, il faut se dépécher avant qu'il soit trop tard".

• Un nouveau typhon approche et TEPCo n'a pas fini de retirer l'eau de pluie du précédent typhon qui s'est accumulée au pied des cuves. Elle aura donc de nouveau des difficultés à faire face. Elle veut installer 19 pompes de plus, plus de tuyaux etc. Mais elle devrait se concerntrer sur les zones les plus contaminées, bien connues, et laisser filer l'eau de pluie ailleurs.

• TEPCO soupçonne toujours une galerie souterraine pleine d'eau contaminée d'être la source principale des fuites vers les nappes phréatiques et finalement vers la mer. Si elle vide la galerie, l'eau revient. Elle doit donc boucher les accès.
Elle a fait une réplique de ce tunnel dans une autre galerie afin de tester une nouvelle méthode qui consiste à geler l'eau du côté des accès. Au bout d'un mois et demi, il y avait un mur de glace de 2 m de haut et de 2 m de large qui a fait office de bouchon. Mais les ingénieurs ont dû installer plus de tuyaux avec du liquide de refroidissement qu'initialement prévu pour arriver à ce résultat. Et c'est difficilement transposable à la galerie qui pollue à cause des débits de dose très élevés. Mais TEPCo espère y arriver l'an prochain. En attendant, les fuites continuent et continueront encore, car cette galerie n'est pas la seule cause des fuites.

• TEPCo a montré à la presse les filtres à particules radioactives qu'elle doit installer à sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa (Niigata) pour satisfaire aux nouvelles normes. En cas d'incident ou accident, ces filtres sont supposés limiter les rejets radioactifs.

• TEPCo va installer des balises sous marines pour mesurer la radioactivité en continu et détecter plus rapidement les fuites nouvelles. Pour le moment, elle fait un prélèvement par jour.

• TEPCo a mis en ligne des résultats de mesure sur des animaux marins pêchés à moins de 20 km de la centrale. Il y a encore des spécimens qui dépassent la limite de mise sur la marché fixée à 100 Bq/kg pour les deux césium. Dans le port devant la centrale, la contramination est beaucoup plus élevée. Cela monte jusqu'à 69 000 Bq/kg.
La compagnie a aussi mesuré 1,6 Bq/L pour les deux césiums dans l'eau de mer à 1 km au large. Le prélèvement date du 18 octobre. Ce n'est pas la première fois.
Le ministre de l'industrie continue à proclamer que la contamination n'atteint pas l'océan et reste confinée dans le port.

Lundi 21 octobre :
• La demande en ciment devrait atteindre un pic dans les deux ans à venir le long du littoral ravagé par le tsunami. Il pourrait y avoir pénurie pour d'autres chantiers. Le sable va aussi commencer à manquer dans les trois provinces à reconstruire. Il faut de le faire venir de loin. Il y a aussi pénurie de main d'oeuvre qualifiée et les habitants craignent la concurrence des chantiers des J.O..

• Suite de la surveillance du puits E1 qui a vu sa contamination augmenter soudainement. Voici les derniers résultats :
Date de prélèvement
17 oct.
18 oct.
19 oct.
Contamination bêta totale (Bq/L)
400 000
300 000
330 000
Contamination en tritium (Bq/L)
790 000
620 000
550 000

• Il a encore beaucoup plu la veille et TEPCo a encore dû laisser filer de l'eau de pluie contaminée. Cela a débordé par dessus 11 murets construit autour des cuves. C'est un record. Dans 6 cas, c'était plus contaminé que la limite autorisée de 10 Bq/L que TEPCo vient d'introduire. La plus forte contamination était de 710 Bq/l en bêta total. Cela a dû aller vers la mer. Voir le communiqué de presse.
Une fois encore, les mesures proposées par TEPCo et avalisées par la NRA pour gérer l'eau de pluie, se révèlent inopérantes en cas de fortes précipitations.
Un autre typhon devrait arroser le Japon cette semaine. TEPCO va mettre plus de pompes en service.

• La mission de l'AIEA a rendu son rapport à propos de la décontamination. Un communiqué de presse est aussi en ligne : le but de 1 mSv par an dans les territoires contaminés n'est pas accessible avant longtemps, et le gouvernement devrait le dire aux populations. L'AIEA estime que la limite de 20 mSv par an fixée par le gouvernement pour autoriser le retour des habitants est "acceptable". C'est la limite pour les travailleurs. Les experts de l'AIEA recommandent aussi l'utilisation de dosimètres par les personnes qui rentrent. Ils préconisent donc que les Japonais aillent vivre dans "la zone contrôlée" d'une centrale nucléaire. Iraient-ils y vivre eux-mêmes ?
Rappelons que la mission de l'AIEA est de promouvoir l'énergie nucléaire en évitant la prolifération, pas de protéger les populations.

Samedi 19 octobre :
• L'Agence de la pêche va créer un site Internet en plusieurs langues sur la contamination des ressources marines afin de rassurer les pays qui interdisent l'importation de ces produits en provenance du Japon. L'agence a déjà des pages en anglais et japonais. Elle va en ajouter en chinois et coréen.
Quant au premier ministre japonais, en visite dans un port de Fukushima, il s'est engager à lutter contre les "rumeurs" qui prétendent que les produits de la pêche sont contaminés. Et de manger des produits locaux devant les caméras.
La coopérative de pêche d'Iwaki a vendu sa pêche de la veille.

• Le ministère de l'environnement a annoncé que la décontamination pourrait prendre jusqu'à trois ans de plus qu'initialement prévu dans 6 communes de Fukushima. Le gouvernement s'était engagé à décontaminer 11 communes d'ici la fin de cette année fiscale (31 mars 2014), mais il n'y arrivera pas pour sept d'entre elles. A Iitaté, ce sont trois années supplémentaires qui seront nécessaires, deux à Minami-Sôma. Kawamata, Namié, Tomioka et Katsurao sont aussi concernées par les prolongations.
Le ministère a étudié plusieurs scénarios avec un nombre de travailleurs qui varie. Un des scénarios impliquerait 9 600 personnes par jour à Iitaté... Les autorités municipales l'ont considéré comme irréaliste.

Vendredi 18 octobre :
• Une coopérative de pêche d'Iwaki a aussi repris ses activité et compte vendre ses prises si elles ne dépassent pas limite de mise sur le marché. 13 bateaux ont pêché à une quarantaine de kilomètres du littoral et à plus de 150 m de profondeur. Ils n'ont gardé que 8 espèces.
Avant l'accident plus de 100 espèces étaient capturées. Il n'y en a plus que 18 actuellement. Et les bateaux ne partent en mer qu'une fois par semaine pour observer la réaction des consommateurs. Evidemment, les pêcheurs espèrent augmenter rapidement leurs prises.

• Le fameux puits E1, situé à une dizaine de mètres de la cuve qui a fui cet été, continue à faire des siennes : la contamination bêta totale de l'eau est passée de 61 Bq/L dans le prélèvement du 16 octobre à 400 000 Bq/l dans celui du 17 octobre. Il a 7 m de profondeur. Quant à la contamination en tritium, elle serait passée à 790 000 Bq/L. (Voir le communiqué de TEPCo en anglais).
Si la nappe phréatique est bien contaminée en amont des réacteurs, TEPCo ne pourra plus pomper cette eau pour la rejeter en mer comme elle espère pouvoir le faire un jour. La compagnie a donc annoncé qu'elle prendra des mesures, qui arriveront trop tard, une fois de plus, pour contenir cette pollution de la nappe. Elle avait retiré une partie du sol contaminé par la fuite de la cuve, mais ce qui était sous les nombreux tuyaux. Elle va le faire à présent, pour éviter que la nappe ne continue à se contaminer.
Par ailleurs la contamination de l'eau d'un drainage a aussi brusquement augmentée : il y a 34 000 et 28 000 Bq/L en bêta total (prélèvement du 17 octobre) là où il y avait 2 300 et 2 200 Bq/L la veille (prélèvement du 16 octobre).
La compagnie a annoncé, par ailleurs, que 2 400 tonnes d'eau de pluie avaient été relâchées des réceptacles sous les cuves lors du passage du typhon et que cette eau était dans la limite autorisée en termes de contamination. Cette procédure viole les prescriptions établies par TEPCo et approuvées par la NRA qui consistent à d'abord transférer cette vers une cuve, la contrôler, puis la rejeter si les limites ne sont pas dépassées. Il s'agissait certes d'une situation exceptionnelle, mais les nouvelles règles auraient dû prendre en compte un tel évènement. La compagnie veut rehausser les murets autour des cuves pour qu'ils puissent retenir plus d'eau. Ils font actuellement 30 com et elle veut passer à 60 voire 130 cm par endroit.

• TEPCo a mis en ligne des résultats de mesure sur des sédiments marins : c'est toujours aussi contaminé. Les courbes d'évolution ne mettent pas en évidence de baisse.

• Le principal parti d'opposition, le Parti Démocratique du Japon, qui était au pouvoir en mars 2011, a rédigé une proposition de séparer TEPCo en deux entitées : une reprendrait les activités de production et de distribution de l'électricité, l'autre, le démantèlement et la gestion de l'eau contaminée à Fukushima daï-ichi. Cette dernière serait financée conjointement par TEPCo et l'Etat et pourrait aussi prendre en charge le démantèlement des autres centrales par la suite.
Les articles de presse ne disent pas qui devrait payer les compensations aux innombrables victimes dans ce scénario.
Le parti va soumettre cette proposition au parlement après fixé la part de financement qui incomberait à chacun. Mettre TEPCo en faillite impliquerait aussi de ne pas rembourser les banques et de les mettre face à leurs responsabilités. La compagnie maintient toujours plusieurs réacteurs dans ses avoirs, alors qu'elle ne les redémarrera jamais.
Le premier ministre s'est opposé à cette idée.
Il est évident depuis le début qu'il y aura sociabilisation des pertes après la privatisation des profits. Reste à savoir si cela se fera ouvertement et de manière encadrée ou discrètement.

Jeudi 17 octobre :
Nouveau débordement d'une cuve qui reçoit l'eau pompée des nappes souterraines : TEPCo a donc arrêté de pomper. L'eau aurait été retenue par le muret qui entoure les cuves en question. Et TEPCo a aussi instalé un système pour que l'eau qui fuyerait retourne dans le puits où l'eau souterraine est pompée. La compagnie exclut donc toute contamination de l'environnement.

• TEPCo a découvert une contamination plus élevée à la confluence de deux drainages, où il y a 2 100 Bq/L en bêta total. Elle classe cela comme une conséquence de la fuite sur une cuve durant l'été 2013 et le récent débordement d'une série de 5 cuves, car il y a aussi de plus fortes contamination à proximité de ces cuves. Cette pollution aurait été transportée par les écoulements liés aux fortes pluies pendant le passage du typhon.
Il y a aussi 1 400 Bq/L à 300 m de la mer, ce qui est 70 fois plus élevé qu'avant le typhon. La compagnie accuse le ravinage des sols.
Communiqué et résultats de mesure.
Le puits E1 continue à avoir une contamination élevée en tritium 260 000 Bq/L bien qu'officiellement il n'y a plus de fuite.

• TEPCo a mis en ligne des photos montrant l'avancement des travaux de démantèlement du réacteur n°3. Elles ne sont commentées qu'en japonais pour le moment.

Mercredi 16 octobre :
• Le thyphon qui vient de passer sur le Nord-Est du Japon a fait d'énormes dégâts, tué 17 personnes et une cinquantaine de disparus. Du côté de la centrale, il a entraîné des débordements d'eau de pluie contrôlée par TEPCo. La compagnie avait promis de mettre provisoirement l'eau de pluie dans des cuves tampon et de contrôler son activité avant de la rejeter. Mais cela n'a pas été possible. Elle a dû ouvrir neuf valves pour laisser s'échapper l'eau de pluie.
De l'eau contaminée s'est aussi accumulée en deux endroits. Elle a été transférée vers un des réservoirs souterrains de manière provisoire pour faire face à l'urgence. TEPCo en a choisi un qui n'avait pas fui.
Dans les nouvelles règles, approuvées la veille par la NRA, TEPCo avait proposé de rejeter l'eau de pluie si la contamination en césium 134 n'excédait pas 15 Bq/l, celle en césium 137, 25 Bq/l et celle en strontium, 10 Bq/L. TEPCO n'a pas pu mesurer le strontium en un temps si court, mais prétend que la contamination en césium de l'eau rejetée ne dépassait pas ces valeurs limites.
TEPCo prétend avoir aussi rejeté 40 m3 de réservoirs et que la contamination en césium 137 était de 21 Bq/L, ce qui est moins que la limite acceptée par la NRA.
Voir le communiqué de TEPCo.

• Selon un audit de l'équivalent de la cour des comptes sur les finances de TEPCo et l'argent avancé par le gouvernement pour payer les compensations aux personnes évacuées, aux pêcheurs et agriculteurs qui ont perdu leur gagne pain, il faudra de nombreuses années à l'Etat pour recouvrer ses créances. Le gouvernement a émis des obligations d'une valeur de 5 000 milliards de yens (39 milliards d'euros) à ces fins. Il espère être remboursé par TEPCo et les autres compagnies exploitant du nucléaire. Mais se ne sera pas avant 2044 si TEPCO reste dans le rouge, et vers 2030 si elle arrive à renouer avec les bénéfices. Les intérêts de la dette coûteront 79,4 milliards de yens (610 millions d'euros) à l'Etat dans l'hypothèse la plus pessimiste. 37,4 milliards de yens (288 millions d'euros) dans l'autre hypothèse. Ces chiffres sont basés sur un taux d'intérêt de 0,1%. Ils pourraient être plus élevés en cas de hausse des taux.
Et ce n'est pas fini, car il y a encore de la décontamination à payer et le foncier à indemniser.
L'audit recommande à TEPCO de vendre ses propriétés et filiales afin de diminuer le coût pour les finances publiques.
Il a aussi estimé que seulement 60% des 750 milliards de yens (5,8 milliards d'euros) destinés à la décontamination ont été dépensés.
Par ailleurs, TEPCo n'a remboursé que 6,7 milliards de yens sur les 40,4 milliards de yens que lui réclament le gouvernement pour la décontamination, c'est à dire 16,7%.

• La NRA a demandé à TEPCo de rechercher des fuites éventuelles auxquelles elle n'aurait pas pensé jusqu'à maintenant car la mise en place d'une barrière le long du littoral n'a pratiquement pas changé la pollution en césium dans le port devant la centrale. Ce qui signifie que les explications de TEPCo et les remèdes ne sont pas satisfaisants. Une membre de la NRA a même ajouté qu'il est raisonnable de supposer que la quantité de radioéléments rejetés en mer a augmenté.
Lors de la réunion, la compagnie s'est engagée à affecter 80 personnes de plus à la gestion de l'eau contaminée. Elle aurait déjà ajouté 200 personnes depuis septembre dernier.
De son côté, le premier ministre, a réitéré, devant le parlement cette fois-ci, que la situation de l'eau contaminée était globalement sous contrôle à la centrale de Fukushima daï-ichi. Le terme "globalement" est nouveau. Il a reconnu que les fuites continuent, mais qu'elles n'affectent qu'une petite surface limitée au port.

• L'instruction des dossiers de demande de redémarrage de réacteur ne sera pas finie avant a fin de l'année. La NRA et les exploitants ne s'entendent pas sur la secousse maximale à prendre en compte et le tsunami le plus haut.
Les exploitants ne semblent pas prêts, non plus, à faire des études probabilistes des risques.

• Selon un sondage, les consommateurs semblent accepter les hausses de tarif d'électricité. Ils préfèrent cela à un redémarrage des réacteurs et ont généralement pu compenser cette hausse par des mesures d'économie d'énergie.

• Alors que l'AIEA et le Japon discutent d'une coopération dans le surveillance de la contamination marine, la Corée a demandé à se joindre. Les pourparlés sont en cours, mais rien de concret n'est sorti pour le moment.

• Encore un long article sur les conditions de travail à la centrale. C'est au tour du Guardian, cette fois-ci.

Mardi 15 octobre :
• Le plus fort typhon depuis 10 ans arrive sur le Nord-Est du Japon et donc la centrale de Fukushima. Espérons que les dégâts ne soient pas trop graves. La compagnie a prévu 50 personnes pour pomper l'eau qui va s'accumuler dans les réceptacles sous les cuves et 4 000 m3 de capacité de stockage.

• TEPCo a finalement conclu que la fuite de la cuve de l'été était due à un problème de joint en caoutchouc. Cela peut donc arriver aux 300 cuves provisoires. Mais pour le moment, TEPCo ne peut pas vider ces cuves car elle n'a pas de cuve de secours. Lors de la réunion, la NRA a expliqué que cela pourrait aussi arriver avec les cuves plus solides.

• Le district de Nagadoro à Iitaté est particulièrement contaminé : le retour ne sera pas permis avant longtemps. La couche de terre de surface a été retirée d'une parcelle de  rizière, du riz y a été planté et récolté à la faucille. Il s'agit d'un test pour voir si l'agriculture peut reprendre. La récolte sera détruite.

• Suite de l'évolution de la contamination en tritium du puits E1, à proximité de la cuve qui a fui cet été : après un nouveau record à 320 000 Bq/l dans le prélèvement du 10 oct., il y a enfin une légère baisse : 300 000 Bq/L dans le prélèvement du 11 oct, 280 000 Bq/L dans celui du 12 oct. et 270 000 Bq/L dans celui du 13 oct. Toujours pas d'explication de TEPCo.

• L'usine de "retraitement" de Rokkashô-mura a cinq ans de retard. C'est essentiellement dû à l'étape de vitrification qui devait être mise au point par Japan Nuclear Fuel. Mais le creuset se bouchait et le verre liquide ne s'écoulait plus. La compagnie aurait résolu le problème et a montré le résultat aux médias. L'usine ne pourra pas démarrer pour autant car il faut revoir ses règles de sûreté et tout réexaminer. Il n'est pas sûr que cette usine soit mise en service, finalement.

• La coopérative de pêche de Sôma a finalement mis sur le marché 900 kg de tout petits poissons pêchés au large de Fukushima. Aucune contamination n'aurait été détectée.

Lundi 14 octobre :
• Cela fait plus de deux ans et demi que je tiens cette chronique intitulée "la catastrophe au jour le jour". Et je viens de découvrir, que, selon Kelvin Kemm, PDG de Nuclear Africa, il n'y a pas eu de catastrophe à Fukushima : "Le nombre total de morts par les radiations est zéro. Le nombre total de blessé par les radiations zéro". Et d'ajouter que "l'incident de Fukushima est, de fait, une illustration magnifique de la sûreté de l'énergie nucléaire".
Désolé pour ces années de berlue. Il n'y a rien eu à Fukushima. J'ai été victime d'illusion. Il est temps que j'arrête.
160 000 personnes déplacées, 1 500 morts lors de l'évacuation d'urgence, des territoires perdus à jamais et 18 cas de cancer de la thyroïde chez les enfants de Fukushima. Il ne s'est rien passé de grave. Juste une hystérie collective. Abject.

Voir des données sur la contamination du riz récolté à Minami-Sôma. La dernière colonne donne la contamination totale pour les deux césium. Tout est contaminé à plus de 50 Bq/kg et tout sera vendu, sauf les deux lots où la contamination est de 120 Bq/kg.

• C'est au tour de l'Asahi de parler des conditions de travail à la centrale, suite aux "erreurs humaines" en série. Il est difficile de recueillir leur témoignage. Ils ne parlent que sous couvert de l'anonymat, de peur de perdre leur emploi, souvent précaire. Cela facilite les abus et fait de ces travailleurs les oubliés de la catastrophe dont peu se préoccupent. Ce manque de considération et de reconnaissance se traduit par un manque de motivation et d'implication des ouvriers et chefs de chantier les plus qualifiés qui trouvent du travail ailleurs. Le travail de décontamination est souvent mieux payé avec des doses inférieures. Et puis avec plusieurs compagnies qui souhaitent redémarrer leurs réacteurs nucléaires, il leur faut du personnel qui n'a pas atteint sa limite de dose.
Les nombreuses couches de sous-traitance font que les responsabilités ne sont pas claires, les ouvriers mal payés à cause des ponctions à chaque niveau et qu'il n'y pas toujours d'esprit d'équipe.
Un ouvrier rapporte que le nombre de personnes contaminées augmente : cela est parfois dû simplement à des moments d'inattention quand elles enlèvent leurs habits de protection avec des gants contaminés. Cela s'ajoute à la dose externe qui peut atteindre jusqu'à 2 mSv par jour.

• Selon la NRA, l'instruction des dossiers de demande de redémarrage de réacteurs nucléaire prend du retard car les exploitants tardent à soumettre les pièces supplémentaires demandées. Six mois étaient initialement prévus. Ce sera beaucoup plus long.

• Quand une compagnie japonaise, qui exporte du matériel nucléaire, veut un prêt ou une assurance, le matériel doit être inspecté avant d'être livré. Il s'agit d'une garantie avant tout financière car, si la pièce était défectueuse, le remplacement, voire l'accident, pourraient coûter très cher. Les autres pièces qui ne bénérficient pas de ce soutien de l'Etat ne sont pas inspectées. Le Maïnichi a découvert que 40% des sommes engagées dans des contrats à l'exportation de matériel nucléaire, concernaient des pièces qui n'ont pas été inspectées comme elles l'aurait dû.
Selon les statistiques du ministère de l'économie et de l'industrie, l'industrie nucléaire japonaise a exporté, vers 23 pays ou territaoires, pour 124,8 milliards de yens (presque un milliards d'euros) de matériel entre 2003 et 2012. Sur cette somme, 73,7 milliards de yens de matériels exportés vers la Chine, la France, la Belgique, les Etats-Unis et la Finlande, ont bien été inspectés. Le reste, d'une valeur de 51,1 milliards de yens, ne l'a pas été. C'est le cas, en particulier, de matériels exportés vers Taiwan, la Suède, le Brésil...
Comme une partie des documents officiels reçus par le quotidien ont été expurgés, il n'est pas sûr que ce qui a été officiellement inspecté, l'ai vraiment été complètement.

• Le district de Miyakoji à Tamura est le premier à être "décontaminé" et à voir le courant, l'eau... rétablis. Les habitants ont été autorisés à retourner chez eux pour préparer leur retour, et même à y passer la nuit. L'ordre d'évacuation n'est pas officiellement levé pour qu'ils puissent continuer à bénéficier des indemnités de réfugiés. Ce statut intermédiaire se termine au 31 octobre et le gouvernement devrait lever l'ordre d'évacuer au 1er novembre. Mais les habitants ont demandé un report de la levée de l'ordre d'évacuer au printemps prochain. Le gouvernement pourrait reculer cette date.
En fait de décontamination, il s'agit plutôt d'îlots décontaminés, autour des habitations et lieux de vie. Mais dès que l'on s'éloigne un peu, les débits de doses peuvent être très élevés. Le retour à l'anormal.

Dimanche 13 octobre :
• 40 000 personnes ont manifesté contre l'énergie nucléaire à Tôkyô.

Samedi 12 octobre :
• TEPCo a renforcé la surveillance de la contamination radioactive dans le port devant la cetrale et a noté une augmentation significative à l'entrée. C'est la plus forte valeur depuis le début de la survaillance en juin dernier : 10 Bq/L pour les deux césiums. Le précédent record était de 6,3 Bq/L le 19 août 2013.
Quant à la contamination en tritium du puits E1, situé à proximité de la cuve qui avait fui cet été, elle continue à monter avec un nouveau record à 320 000 Bq/L (prélèvement du 10 oct.).

• L'UNSCEAR, le Comité Scientifique des Nations Unies sur les Effets Radiations Atomiques, a remis un rapport pour la 68ième session de l'Assemblée Générale des Nations Unies, (accessible depuis ici dans la langue de votre choix, voir le III) où il réévalue à la hausse les doses prises par les travailleurs à la centrale de Fukushima daï-ichi lors des premiers jours de la catastrophe. Il écrit, page 13 : "La contribution potentielle de l’absorption d’isotopes d’iode plus éphémères, en particulier d’iode 133, n’a pas été prise en compte [par TEPCo] ; il se peut donc que les doses dues à l’exposition interne aient été sous-estimées d’environ 20 %. En raison du long délai intervenu avant que ne commence la surveillance, la présence d’iode 131 dans la thyroïde n’a pas été détectée chez de nombreux travailleurs et les doses internes estimées pour ces travailleurs par la TEPCO et ses sous-traitants sont entachées d’incertitudes."
L'iode 132 et 133 ont une demi-vie de 2 et 20 heures, respectivement.
Selon l'Asahi, 1 100 personnes présentes sur le site au début ont reçu une dose au corps entier supérieure à 50 mSv. Elles ont droit à un dépistage gratuit du cancer de la thyroïde, des poumons, du colon et de l'estomac. Près de 2 000 personnes ayant reçu une dose au corps entier inférieure à 50 mSv, mais une dose à la thyroïde supérieure à 100 mSv ont droit à un dépistage gratuit du cancer de la thyroïde. Avec les calculs de l'UNSCEAR, ces chiffres devraient aussi augmenter.
Le quotidien rapporte aussi que le suivi médical des travailleurs n'est pas à la hauteur des enjeux. Le gouvernement a mis en place une base de données sur la santé de ces travailleurs et a réclamé aux employeurs les dossiers médicaux de 20 000 personnes avant décembre 2011. Mais en Août 2013, il manquait encore 4 297 dossiers. Le ministère continue à réclamer les dossiers à TEPCo et 81 autres compagnies. Mais certaines n'ont peut-être jamaisfait passer de visite médicale à leurs employés.

Ce rapport estime également, que "les adultes vivant dans la ville de Fukushima auraient reçu, en moyenne, une dose efficace d’environ 4 mSv au cours de la première année ayant suivi l’accident; les doses reçues par les nourrissons d’un an étaient environ deux fois plus élevées. [...] La dose efficace moyenne sur la vie entière (imputable à l’accident) pouvant être
reçue par les personnes restées dans la préfecture de Fukushima a été estimée à un peu plus de 10 mSv; ce chiffre est fondé sur l’hypothèse qu’aucune mesure de décontamination ne sera prise ultérieurement pour réduire les doses et constitue donc peut-être une surestimation. La contribution la plus importante à ces doses estimées était due au rayonnement externe émis par les matières radioactives qui s’étaient déposées. Dans le cas de personnes ayant des habitudes ou des comportements nettement différents de la moyenne et/ou qui vivent dans des zones où les niveaux de radioactivité passés ou présents s’écartent nettement de la moyenne du district ou de la préfecture considérés, les doses estimées peuvent être supérieures ou inférieure aux valeurs moyennes ci-dessus. Dans le même district, les doses individuelles reçues par expositions interne et externe se situent généralement dans une fourchette allant approximativement du tiers au triple de la valeur moyenne. Des doses plus élevées ne peuvent pas être totalement exclues dans le cas de certaines personnes, en particulier si elles ont consommé certaines denrées alimentaires produites localement après l’accident, malgré les conseils donnés par le Gouvernement, ou ont continué de résider pendant un certain temps dans les zones d’évacuation. Il se peut que certains nourrissons aient reçu des doses à la thyroïde de 100 mGy, voire davantage."

• Ce sont finalement 11 tonnes d'eau contaminée, et non 7 tonnes comme initialement annoncé, qui ont fui de l'unité de désalinisation de SARRY. Cette eau avait aspergé plusieurs travailleurs.

Vendredi 11 octobre :
Libération publie à son tour un article intéressant sur les "humains jetables" de Fukushima : « On ne parle pas assez de ce qui se passe ici. Les ouvriers de Fukushima sont abandonnés. Ce sont des humains jetables. On les prend, on les utilise et quand on ne peut plus s’en servir, on les jette. Moi aussi, je suis jetable, » dit un ouvrier de 19 ans. Il quittera son emploi dans un mois, car il va « bientôt dépasser la limite des 20 mSv ». Et d'ajouter : « Il faut vraiment ne rien savoir de ce qui se passe ici pour ne rien reprocher à Tepco. Les ouvriers restent une semaine et puis s’en vont. Il y a un turnover incroyable. Les sous-traitants embauchent pour une mission précise puis, quand les ouvriers arrivent, on leur dit de faire autre chose. Ils sont trompés en permanence ».
En 2012, le charpentier Tetsuya Hayashi (vrai nom) a été employé par une kyrielle de sous-traitants de Tepco pendant près de deux mois. Après dix ans passés dans la charpenterie et la construction, il s’est porté candidat pour un poste de couvreur sur le bâtiment du réacteur 3. La mission est reportée et commence alors, selon ses dires, une succession de folles expériences. On lui demande de compléter un CV prérempli avec des expériences falsifiées.
Après avoir reçu une formation express, «franchement mal faite», il doit contrôler les niveaux de contamination des ouvriers. Changement de programme en juin. On lui propose d’intervenir sur une machine de décontamination d’Areva tombée en panne. «Mais l’exposition était très élevée, 1 mSv à la minute. En vingt minutes, j’atteignais ma dose annuelle ! Je devais mettre deux combinaisons Tyvek [qui repoussent les aérosols et les liquides à base d’eau et fait office de barrière contre les particules, ndlr], plusieurs paires de gants, un masque, un poncho, porter une bouteille à oxygène et intervenir 5 à 10 minutes avant d’être remplacé. Finalement, l’intervention est annulée.» Nouvelle mission : changer des tuyaux abîmés par le gel au moment où le site fait face à des fuites à répétition. «Je me suis retrouvé avec des jeunes de 18-20 ans du Kyushu, de Hokkaido, qui n’avaient reçu aucune formation. On leur avait dit qu’ils allaient gagner de l’argent en ramassant des débris et, au lieu de ça, on les fait intervenir sur des zones où la radioactivité était élevée. Personne ne comprenait ce qu’ils devaient faire.»
Tetsuya Hayashi est allé voir le responsable de la société ABL, qui l’employait. « Ça ne va pas de faire travailler des jeunes comme ça, de leur mentir et d’être malhonnête ! » Il est viré immédiatement. Contacté par téléphone, ABL n’a pas voulu «préciser les conditions de travail» de ses employés ni répondre à nos questions. A l’automne 2012, Tetsuya Hayashi a retravaillé auprès d’un «sous-traitant correct» pour construire des «castors», ces conteneurs étanches qui servent à transporter du combustible nucléaire. Après, il s’est installé en banlieue de Tokyo, puis a décidé de témoigner à visage découvert. Ce qui lui vaut, à 41 ans, « d’être blacklisté dans le milieu de la charpente et de la construction ». Il s’en moque. De cette expérience, il a tiré des conclusions sans appel. « Les ouvriers bien formés, qui travaillent bien, représentent peut-être 5-10% du total. Le reste ne réfléchit pas. Seuls les gens qui n’arrivent pas à trouver un travail finissent à Fukushima. Alors la qualité des travaux est mauvaise, il faut parfois refaire le boulot, corriger des erreurs. La situation ne s’améliore pas. »
Pas étonnant que les "erreurs humaines" se multiplient.

• Les personnes qui inspectent les cuves ont détecté de forts débits de dose à proximité de 3 cuves. Il y avait jusqu'à 19,95, 39,95 et 69,9 mSv/h respectivement. Aucune fuite n'aurait été détectée. La valeur la plus forte est proche de la zone où un débit de dose record avait été détecté début septembre (2 200 mSv/h). La mesure est faite à 5 cm de la cuve.

• Des records de chaleur sont battus au Japon et ce mois d'octobre est le plus chaud depuis presque 140 ans. Il y a plus de 30°C dans la journée dans de nombreuses villes du pays. A Tôkyô, la demande en électricité a atteint 95% des capacités de production de TEPCo. Cela s'explique aussi par l'arrêt d'une unité de production.

• Les pêcheurs ont repris la pêche de petits poissons pour la friture pour la première fois depuis mars 2011 au large de Fukushima. 34 bateaux sont partis du port de Matsukawaura à Sôma. Cette décision fait suite à l'absence de contamination détectée ou de faibles concentrations depuis quelques temps.

• Selon un décompte de l'Asahi, la construction de près de 9 000 logements prévus pour les refugiés des catastrophes de mars 2011 a pris du retard. C'est près de 30% des 28 017 logements prévus pour héberger les personnes qui sont actuellement dans des mobile-homes. Le gouvernement voulait reloger tout le monde d'ici mars 2015. Ce ne sera pas possible pour plus de 10 000 personnes. A la fin août 2013, seulement 448 bâtiments ont été construits (1,5%).
Parmi les freins, les administrations locales citent la difficulté de trouver des terrains, le manque d'employés, la difficulté de trouver des constructeurs à cause d'un manque de matériaux et de main d'oeuvre.

Jeudi 10 octobre :
Le Monde publie un article intéressant sur les conditions de travail à la centrale de Fukushima daï-ichi où il y a une pénurie de main d'oeuvre qualifiée à cause des salaires peu élevés et des doses qui limitent la durée des contrats. Il est aussi devenu difficile de trouver des chefs d'équipe qualifiés. Résultats, "les travaux sont souvent défectueux et bâclés". Même les employés de TEPCo quittent la compagnie dès que possible. "La centrale manque de bras. Il y a un millier d'offres d'emploi dans la préfecture de Fukushima : à peine un quart de ces emplois sont pourvus", selon le directeur adjoint de l'agence pour l'emploi d'Iwaki.
Les outils sont aussi bon marché, car une fois contaminés, ils doivent être abandonnés.

• Officiellement, la décontamination est terminée à Tamura. La culture du riz a même repris par endroit. Les habitants peuvent y retourner la journée et dormir sur place. Ce devrait être le premier village où l'ordre d'évacuation devrait être levé. Greenpeace est allé faire des mesures et a découvert que les objectifs gouvernementaux n'étaient souvent pas atteints. Certaines parties de la voie publique ainsi que de vastes zones de champs et montagnes montrent des niveaux élevés de contamination.
L'organisation a aussi fait des prélèvements qui ont été analysés par la laboratoire Chikurin-sha, mis en place avec le soutien de l'ACRO. Les résultats sont ici en anglais. Les rapports d'analyse ici en japonais.
Voir la page en japonais avec tous les résultats et une vidéo sous-titrée en anglais.

• Dans une interview au Maïnichi, le Président de la nouvelle autorité de sûreté déclare que l'instruction des des dossier de demande de redémarrage des réacteurs 6 et 7 de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa sera retardée à cause de la situation à la centrale de Fukushima où les problèmes sont quotidiens. TEPCo doit d'abord stabiliser la situation de se centrale accidentée avant d'espérer pouvoir faire fonctionner des réacteurs nucléaires.
Il explique que d'autres compagnies résistent face aux inspections et que cela allait retarder le redémarrage. Il vise particulièrement KEPCo, dans le Kansaï.

• TEPCo a enregistré une augmentation soudaine de la contamination en césium de l'eau de mer dans le port devant la centrale de Fukushima daïichi. C'est beaucoup plus élevé que la veille au même endroit, situé près de la barrière mis en place au niveau de la prise d'eau du réacteur n°2. Il y a maintenant 1 200 Bq/l pour les deux césium à l'intérieur de la barrière et 227 Bq/L à l'extérieur (voir le tableau de résultats). La veille l'eau était plus contaminée à l'extérieur... Il n'y a pas d'augmentation significative au niveau des autres points de prélèvement. TEPCo soupçonne les travaux en cours à proximité du réacteur n°2 où il y a toujours injection de produits chimique pour tenter de bloquer les écoulements d'eau contaminée (ce qui est impossible).
Voir la localisation des points de prélèvement ici.
(Reuters a confondu cette augmentation avec l'eau qui a aspergé des ouvriers la veille. Voir par exemple Le Monde, Ouest-France...)
La compagnie a aussi détecté une contamination en césium de l'eau de mer à 1 km de l'entrée du port devant la centrale, vers l'Est, là où, d'habitude, c'est inférieur à la limite de détection, qui est assez élevée. Il y avait 1,4 Bq/L pour le seul césium 137 dans l'échantillon du 8 octobre. La veille et le lendemain, c'était en dessous de la limite de détection de 0,72 Bq/L.

• La contamination en tritium de l'eau du puits le plus proche de la cuve qui a fui lors de l'été 2013, le fameux E1, vient de battre continue de monter après deux records successifs : 260 000 Bq/L dans le prélèvement du 8 octobre et 280 000 dans celui du 9. Toujours pas d'explication de TEPCo.

• D'autres données sur la contamination de l'eau de mer par la NRA. Cela reste contaminé sur des centaines de kilomètres.

Mercredi 9 octobre :
• Des chercheurs japonais ont étudié les testicules et le sperme de trois taureaux abandonnés dans la zone évacuée et n'ont trouvé aucun effet biologique. La durée d'exposition était assez courte, 10 mois au maximum.
Ils veulent aussi étudier les effets génétiques.
L'étude est disponible en libre accès.

• Le gouvernement japonais et l'AIEA se sont mis d'accord pour oeuvrer ensemble afin de réduire les craintes relatives à la contamination de la mer. L'AIEA ayant pour mission de promouvoir l'énergie nucléaire, n'est pas plus objective...

• La mairie d'Iitaté a accepté l'installation sur son territoire d'une usine d'incinération des déchets issus de la décontamination, à la condition de limiter les opérations à 3 ans et d'une reprise rapide des cendres. Les déchets ne viendront pas seulement d'iitaté, mais aussi de communes voisines. Il devrait y avoir aussi une installation pour retirer le césium des cendres afin de pouvoir les utiliser dans des matériaux de construction.

• Un fuite d'eau dans l'unité de désalinisation de SARRY a entraîné une contamination de plusieurs travailleurs qui ont été arrosés.
L'"incident" a eu lieu à 9h35 quand un des ouvriers, qui étaient là pour changer des tuyaux, a desserré un joint sur un mauvais tuyau. Une alarme a sonné, la pompe arrêtée. Le joint a ensuite été resserré et le système remis en route vers 10h30. Mais le joint continuait à fuir légèrement. Il a donc été remis une deuxième fois et la fuite a cessé.
7 m3 environ auraient fui, sans aller vers l'environnement, selon TEPCo. Le débit de dose bêta-gamma à la surface est de 1,2 mSv/h. La radioactivité bêta totale de cette eau est de 34 millions de becquerels par litre.
Il y avait 11 ouvriers sur place, 6 ont été contaminés, malgré les équipements de protection imperméables. Les visages n'auraient pas été touchés et TEPCo exclut toute contamination interne. Les ouvriers ont été décontaminés et la dose la plus forte serait de 1,2 mSv, selon TEPCo.
Quelques explications en anglais.

• Retour sur la cuve qui a fui pendant un mois cet été avant que TEPCo ne s'en rende compte. La compagnie a mis en ligne une présentation avec des photos à propos de son origine. On se souvient qu'elle avait soupçonné des boulons mal serrés ou desserrés. Elle confirme son diagnostique et met en évidence le rôle de la corrosion qui a fragilisé la structure. Combien de temps tiendront les autres cuves ?
La contamination en tritium de l'eau du puits le plus proche de la cuve, le fameux E1, vient de battre un nouveau record : 250 000 Bq/L.
TEPCo a aussi annoncé qu'elle allait accélérer l'installation de cuves de stockage d'eau contaminée et atteindre une capacité de stockage supplémentaire de 800 000 m3 d'ici mars 2015. Pour cela, elle va passer d'une cuve tous les deux jours à une cuve par jour.Elle prévoit aussi un fonctionnement normal pour sa station de décontamination ALPS.

• La NRA a fait des progrès dans la présentations des résultats de la contamination marine : elle regroupe tout dans un seul fichier avec des cartes. Il manque encore des courbes montrant l'évolution.

Mardi 8 octobre :
• TEPCo a démarré deux centrales à charbon en septembre 2013 car ce combustible est le moins cher des énergies fossiles. Elle a brûlé 711 000 tonnes de charbon en septembre 2013, contre 184 000 une année aupraravant. La consommation de fuel a diminué.

• La moisson du riz a commencé dans le district de Miyakoji à Tamura. C'est la première récolte à moins de 20 km de la centrale de Fukushima daï-ichi depuis le début de la catastrophe. Ce riz sera mis sur le marché après contrôle si sa contamination en césium ne dépasse pas les 100 Bq/kg.
Les populations peuvent rentrer à Tamura et rester la nuit si elles le souhaitent, mais seulement 20% des 119 foyers du district de Miyakoji sont rentrés et seulement trois ont semé du riz.

• Une association a fait des mesures de débit de dose dans des sites présentis pour les JO de 2020 à Tôkyô et les environs. Elle a trouvé des lieux où cela dépasse 0,23 microsievert par heure à 1 m du sol, qui correspond au seuil à partir duquel une décontamination doit être effectuée. Ce groupe n'a fait des mesures qu'à Tôkyô et ses environs, pas dans d'autres sites potentiels situés dans le Tôhoku.
La plus forte contamination était dans le stade Yumenoshima dans le district de Koto. Jusqu'à 0,484 microsievert par heure à 5 cm du sol ont été découverts. Et il y avait 3 000 Bq de césium par kilogramme de terre. Le groupe ne sait pas pourquoi une telle contamination en ce lieu a été trouvée. L'ACRO avait aussi mesuré une contamination anormalement élevée pour Tôkyô dans cet arrondissement au tout début de la catastrophe : c'était dû à l'incinérateur de boues de station d'épuration.
D'autres lieux sont mentionnés dans l'article de l'Asahi. Les données ont été envoyées au CIO qui n'a pas réagi. Les autorités régionales se refusent à envisager une décontamination.

• On suit la contamination en tritium du puits E1, situé à proximité de la cuve qui a fui cet été, depuis quelques temps. Après quelques mouvements en yo-yo, cette contamination vient de battre un nouveau record que TEPCo n'explique pas : 230 000 Bq/L, pour le prélèvement daté du 6 octobre (voir tableau).

Lundi 7 octobre :
• En appuyant sur le mauvais bouton, un technicien a arrêté par erreur une pompe du système de refroidissement d'un des réacteurs. Le système de secours a immédiatement pris le relais (premier communiqué de TEPCo, suivi du communiqué qui reconnaît l'erreur humaine). L'arrêt a eu lieu à 9h47 au niveau du réacteur n°1.
Le PDG de TEPCo a immédiatement annoncé qu'il allait prendre des mesures pour limiter les erreurs humaines. Il serait temps ! Mais quand il dit cela, il pense plus à son dossier de demande de redémarrage de deux réacteurs à Kashiwazaki-Kariwa où il doit faire la preuve qu'il a amélioré la culture de sûreté, qu'à la centrale de Fukushima daï-ichi.
TEPCo a mis en ligne des photos et des explications en japonais.

• Les déchets issus de la décontamination continuent à s'entasser un peu partout, jusque dans les jardins, faute de solution. Les personnes vivant à proximité de ces déchets n'en peuvent plus d'attendre qu'on les en débarrasse. Le Maïnichi fait le point.
Le Ministère de l'environnement estime qu'il y en aura entre 18,7 et 28,15 millions de mètres cubes dans la seule province de Fukushima. Des travaux de prospection pour trouver des sites dans les zones les plus contaminées sont en cours. La réaction des anciens riverains, tous évacués, diffère en fonction des lieux. Les élus locaux restent très prudents. Les municipalités de Naraha et d'Ôkuma ont accepté les travaux d'étude géologique. La mairie de Futaba s'y était d'abord opposé. Mais le nouveau maire a donné son feu vert le 27 septembre dernier. Cela ne signifie pas pour autant que ces communes ont accepté les sites de stockage. Le maire de Naraha refuse des déchets venant d'autres communes. Il s'oppose aussi à ce que des déchets avec plus de 100 000 Bq/kg pour les deux césiums y soient stockés. L'issue des négociations dépend aussi du montant des compensations et des aides qui sont prévues pour les personnes évacuées.
Les réfugiés, qui ont, pur beaucoup un sentiment d'abandon, voient là un moyen de pression pour obtenir de meilleures aides pour refaire leur vie ailleurs. Une cinquantaines d'habitants du district de Shisan à Futaba ont signé une pétition pour donner leur accord aux investigations pour le centre de stockage, à une époque où l'ancien maire s'y opposait. Ils sont, bien entendu, attaché à cette terre, mais savent que le district n'a pas d'avenir avec les jeunes qui refont leur vie ailleurs. Ils préfèrent donc une meilleure indemnité pour faire comme eux.
A Naraha, la situation est plus contrastée car le gouvernement espère un retour dans certaines parties de la commune où l'exposition externe ne dépasse pas 20 mSv/an. Certains habitants refusent de voir un centre de stockage dans une commune où les gens retourneront vivre, alors que d'autres disent qu'ils ne peuvent pas refuser les déchets en provenance des communes où ils ont été accueillis comme réfugiés.
L'été dernier, 1 700 habitants d'Ôkuma, soit 10% de la population, ont signé une pétition demandant au gouvernement de racheter leur terre pour y mettr ele centre de stockage. Certains expliquent qu'il n'y a pas de raison de décontaminer la zone et que l'argent économisé pourrait servir à aider les réfugiés.

• La contamination en tritium du puits E1, près de la cuve qui a fui cet été, continue à osciller entre 130 000 (prélèvement du 3 oct.) et 160 000 Bq/L (prélèvement du 5 oct.).

• La cheminée d'évacuation des gaz des réacteurs 1 et 2 commence à rouiller. Des photos et des explications en japonais. Elle a aussi été fragilisée par les explosions hydrogène. Comme elle est très contaminée - c'est là que TEPCo avait mesuré des débits de dose de plusieurs sieverts par heure - une rupture ou un effondrement pourraient avoir des conséquences graves pour les travailleurs, en plus du risque pour les bâtiments voisins.

• L'Asahi, en japonais, revient sur la contamination des urines des enfants et cite les mesures de l'ACRO à l'occasion de la publication d'une étude sur les urines d'enfants de Kashiwa, ville de Chiba, dans la grande banlieue de Tôkyô, qui a été particulièrement contaminée ainsi que d'autres communes plus au Nord. Cette nouvelle étude montre que 58 enfants sur 85 testés ont des urines contaminées, ce qui fait 70%.
Voir aussi, en anglais, Fukuleaks, un autre blog qui suit de près la catastrophe de Fukushima.

Dimanche 6 octobre :
• Keigo Higashino, un des maîtres du polar japonais, a écrit, en 1998, un roman intitulé "l'abeille du ciel" (天空の蜂) qui vient d'être traduit en français sous le titre La prophétie de l'abeille. On y apprend beaucoup sur l'industrie nucléaire japonaise, le risque d'accident, etc. Un roman bien renseigné, à lire.

Samedi 5 octobre :
• La première éolienne flotante vient d'être installée au large, à 20 km de la centrale de Fukushima daï-ichi. D'autres vont suivre.
Les énergies renouvelables progressent plus vite que ce que le gouvernement avait envisagé. Un an après la mise en place du tarif de rachat avantageux, il y a 3 666 MWhe installés, environ 3 réacteurs nucléaires. Les panneaux solaires représentent 95% des nouvelles installations, car leur mise en place est rapide.

Vendredi 4 octobre :
Fukushima voice, un site Internet, lancé par Our planet-tv, donne la parole aux habitants de Fukushima sous forme de vidéos. Tout est en japonais.

• Les compagnies d'électricité sont dans le rouge et augmentent leurs tarifs. TEPCo serait en faillite sans l'argent public. Elle refuse de payer tout ce qu'elle doit pour la décontamination, a du retard dans les indemnisations des victimes de la catastrophe nucléaire et rogne sur la sûreté, avec les conséquences que l'on sait leur l'eau contaminée. Mais, avec Tôhoku Electric, elle vient de faire un don de 200 millions de yens (1,5 millions d'euros) au village de Rokkashô (Aomori) qui est La Hague japonaise.
Très critiquée par la presse japonaise, TEPCo explique que ce don avait été promis avant la catastrophe, que c'est lié à un projet de construction de centrale nucléaire et que l'on ne peut pas parler de don. La centrale en question, de Higashidôri, a un réacteur appartenant à Tôhoku Electric et un autre en construction. TEPCo voulait y construire deux réacteurs, dont un à peine commencé en 2011.
Les deux compagnies se sont engagées à payer 200 millions de yens chaque année pendant 5 ans à partir de 2010. Elles ont versé cette somme jusqu'en 2012. 133,4 millions pour TEPCo et 66,6 pour Tôhoku Electric. Mais, en 2012, quand le gouvernement a injecté de l'argent public dans TEPCo, la compagnie avait promis de cesser ces versements. La municipalité de Rokkashô espère encore recevoir de telles subventions les années à venir afin de financer les programmes qu'elle a lancés.
Rappelons que l'Etat est actionnaire majoritaire de TEPCo et qu'il a donc les moyens de faire cesser ces pratiques.

• La station de traitement de l'eau contaminée en cours de test, ALPS, a de nouveau été arrêtée, pour la deuxième fois cette semaine, après plusieurs mois d'arrêt. Cette fois-ci, c'est suite à une alarme qui s'est mise à sonner vers 6h43. Aucune fuite ou anomalie n'aurait été découverte.
Les techniciens ont découvert que l'alarme a sonné car deux signaux contradictoires ont été envoyés en même temps à une cuve avec de l'eau contaminée. L'unité a été remise en route, mais TEPCO veut l'arrêter trois jours durant pour de la maintenance.

• Le secrétaire général de la NRA a sermonné TEPCo en lui demandant de mettre en oeuvre tous les moyens nécessaires pour cesser ces fuites à répétition. La dernière fuite est due à une erreur humaine qui aurait pu être évitée. Elle est aussi due à une situation absurde : TEPCo a construit un muret de 30 cm autour des cuves pour récupérer l'eau contaminée qui aurait pu fuir. Mais comme ce réceptacle se remplissait d'eau de pluie, elle a laissé les vannes ouvertes. Et comme le contrôle était légé, TEPCo a mis un mois, cet été, pour s'apercevoir que de l'eau fuyait. 300 m3 sont partis vers la mer et les nappes et la fuite a été classée au niveau 3 de l'échelle INES.
La NRA a ordonné à TEPCo de fermer les vannes et la compagnie doit pomper l'eau de pluie pour la mettre dans les cuves. Elle vient de définir des critères pour en relâcher une partie dan sla nature, mais ils sont en cours d'instrcution par la NRA qui a des doutes sur la mesure. Quand il y a de fortes pluies, supérieures à 120 mm, l'eau passe par dessus les murets. De telles pluies sont rares, environ une fois par an, a dit TEPCo. Il y en a déjà eu deux en un mois... TEPCo envisage donc de rehausser les murets, ce qui va prendre du temps et ne sera pas terminé avant la fin de l'année.
Suite au typhon du 15 septembre dernier, TEPCo a dû pomper 1 400 tonnes d'eau de pluie.

• La contamination en tritium du puits E1, situé près de la cuve qui a fui durant l'été, est repartie à la hausse : 160 000 Bq/L.

Jeudi 3 octobre :
• Retour sur la fuite découverte la veille : un employé a découvert une nouvelle fuite depuis le sommet d'une cuve dans la zone B. L'eau ne s'écoulait pas seulement dans le réceptacle sous la cuve, mais aussi au-delà à cause de l'espèce de balcon installé tout autour. La contamination bêta totale de l'eau du réceptacle est de 200 000 Bq/L. Il y a aussi 72 Bq/L de césium. Dans la cuve, la contamination bêta totale est de 580 000 Bq/L.
Dans son style inimitable, TEPCo avoue qu'il ne peut pas être nié que cette eau ait rejoint la mer située à 200 m via les drainages. Et toujours les mêmes excuses.
TEPCo explique que les cuves dans cette zone penchent légèrement à cause de la pente et que cela a conduit au débordement. Il y a 5 cuves connectées entre elles et c'est la plus en aval qui a débordé. La jauge, située sur la cuve la plus en amont, n'a donc servi à rien. Les ouvriers, qui ajoutaient de l'eau de pluie, pensaient qu'en remplissant à 98% la cuve la plus en amont, ce qui est 50 cm sous le sommet, cela irait. Ils se sont trompés. Voir les explications en anglais, avec photos et schémas.
430 litres auraient fui vers l'environnement, au-delà du muret qui entoure les cuves. TEPCo met cela sur le compte du manque de vigilance.
La compagnie a initialement annoncé que le débordement s'est arrêté quand elle a arrêté de pomper, avant de découvrir que le somme de la cuve la plus en amont continuait à fuir à raison d'une goutte par seconde. TEPCo récupère cette eau et a commencé à pomper de l'eau dans la cuve en aval afin de stopper les fuites. Elle est mise dans une autre cuve.
Les autorités régionales de Fukushima veulent faire leurs propres mesures dans l'eau de mer devant l'embouchure du drainage.
L'Asahi a aussi mis en ligne une vidéo avec des images prises par hélicoptère.

• Autres fuites du jour :
- suites aux fortes pluies liées au passage d'un typhon, un réceptacle sous une cuve de la zone H8 a débordé. TEPCo a rapidement mis en place un pompage. Une mesure rapide de la contamination de cette eau indique, en bêta total, environ 15 Bq/L. TEPCo estime à 23 m3 cette fuite peu grave. D'autres mesures donneront une contamination inférieure à la limite de détection.
- un employé a trouvé un tuyau qui fuyait. La pompe a été immédiatement arrêtée. TEPCo estime à 500 ml la quantité qui serait restée dans le réceptacle.
Toutes ces fuites à répétition dans une "centrale sous contrôle" sont dues à un renforcement de la surveillance. Cela laisse penser qu'il y a probablement eu de nombreuses fuites non découvertes dans le passé.

• TEPCo fait le point, en anglais, sur la contamination des eaux sur le site de sa centrale et sur les mesures mises en place. Il y a 5 fichiers :
- état de la contamination ;
- principales mesures ;
- mesures d'urgence ;
- un point sur la situation après la fuite de la cuve de l'été 2013 ;
- mesures pour réduire de risque de fuite.
Et puis, le dernier bilan régulier sur la situation de l'eau contaminée est ici en anglais.
La contamination en tritium du puits E1 continue de stagner : 140 000 Bq/L.
Quant à l'eau contenue dans les sous-sols des bâtiments turbine n°1 et 2, elle est respectivement de 4,7 et 40 millions de becquerels par litre pour les deux césiums.

• L'Autorité de Sûreté Nucléaire japonaise, la NRA, a expliqué qu'elle allait examiner la demande déposée par TEPCo pour ses réacteurs 6 et 7 de sa centrale de Kasiwazaki-Kariwa (Niigata), mais qu'elle prendra aussi en compte la gestion de l'accident à Fukushima dans son évaluation. Le problème des fuites à répétition doit être réglé. Et d'ajouter que les centrales de Kashiwazaki-Kariwa et de Fukushima étaient liés.
Une telle position est sensée car les machines ne font pas tout. Il y a aussi la culture de sûreté. Et là, TEPCo fait la preuve qu'elle n'est pas à la hauteur des enjeux.

• Une association d'Ôsaka et des agriculteurs de Daté se sont regroupés pour installer une station de production d'électricité photovoltaïque.

• Un article du New York Times, accompagné de photos et d'une vidéo, rapporte de désarroi des personnes déplacées. Les promesses gouvernementales d'une décontamination et d'un retour empêche une partie d'entre eux de reconstruire leur vie ailleurs, même s'ils savent, au fond d'eux même, que ce sera difficile, voire impossible.

Mercredi 2 octobre 2013 :
• Une nouvelle cuve a fui selon TEPCO qui a trouvé de l'eau très contaminée dans le réceptable de secours. Le volume qui a fui n'est pas connu, mais la contamination est élevée : 200 000 Bq/L en bêta total. TEPCO ne sait pas si cela a fui vers l'environnement. La cuve, de 450 m3, est du même type que celle qui a fui durant l'été.
C'était notre feuilleton "la situation est sous contrôle".

La contamination en tritium du puits E1 continue de stagner : 140 000 Bq/L.

• TEPCo a invité les médias à venir visiter sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa afin de leur montrer tout ce qu'elle met en place pour renforcer la sûreté et qui devrait être terminé en mars 2014. Elle leur a expliqué investir environ 120 milliards de yens (presqu'un milliard d'euros) dans la sûreté de cette centrale.

TEPCo a analysé l'eau de pluie qui a débordé la veille et a trouvé une contamination bêta totale de 390 Bq/L. Elle avait annoncé 160 Bq/L la veille, qui correspondaient à la contamination juste après le typhon. La compagnie n'explique pas d'où vient cette contamination. Des restes de la fuite de la cuve ? D'autres fuites ? Ni pourquoi il y avait 160 Bq/L avant que la cuve déborde et 390 Bq/L après.
C'est plus que l'autorisation de rejet en mer pour le strontium qui impose une concentration inférieure à 30 Bq/L. Cette fuite est moins grave que les précédentes, mais vient s'y ajouter. Elle sera suivie par d'autres, c'est inévitable. Comment peut-on affirmer que la situation est sous contrôle ? Et un autre typhon approche...
TEPCo aussi mis des photos en ligne.

• Même si ALPS permet de réduire significativement la contamination de l'eau qui ne cesse de s'accumuler, cette station en cours de test n'enlève pas le tritium, l'hydrogène radioactif directement attaché à la molécule d'eau. Il existe des procédés onéreux et gourmands en énergie qui sont mis en oeuvre en Corée par exemple dans le but de vendre le tritium. TEPCo n'en a pas les moyens.
Kurion, une entreprise américaine spécialisée dans la dépollution, qui était aux côtés d'Areva au tout début de la catastrophe, vient d'annoncer qu'elle a mis au point un moyen simple et efficace de retirer le tritium. Une demande de brevet vient d'être déposée.
La compagnie vise en premier le marché japonais et la centrale de Fukushima. Mais, elle n'explique pas ce qu'elle va faire du tritium collecté qui est aussi difficile à stocker car il s'échappe facilement des fûts ou des cuves.
N'oublions pas que ALPS ne retire pas non plus le carbone 14 et qu'aucune mesure de ce radioélement n'a été effectuée.

Mardi 1er octobre 2013 :
• L'ancien maire de Futaba avait emmené ses habitants de refuges en refuges avant de finir dans un lycée désaffecté de la banlieue de Tôkyô, à Kazo dans la province de Saïtama. Les services municipaux étaient aussi installés dans ce lycée.
Il reste encore 90 personnes. Beaucoup d'autres ont trouvé à se reloger à proximité ou sont retournés plus près de leur lieu d'origine. La nouvelle équipe municipale avait décidé de transférer son administration et ses services à Iwaki. Mais elle vient aussi d'ouvrir un bureau dans la mairie de Kazo avec une vingtaine d'employés temporaires pour les habitants qui sont restés. Elle va les aider à se reloger afin de fermerle dernier refuge.

• Le ministre de l'industrie, Toshimitsu Motegi, a déclaré devant le parlement qu'il comprennait la volonté des habitants et des élus de Fukushima de voir les 4 réacteurs de Fukushima daï-ni mis à l'arrêt définitivement. Et d'ajouter qu'il pensait "que l'on peut pas traiter le cas de Fukushima daï-ni comme les autres centrales".

• Le parlement japonais continue ses auditions sur la gestion de l'eau contaminée à la centrale de Fukushima daï-ichi. Le ministre de l'industrie était présent pour la première fois. Il a redonné la position du gouvernement qui est que TEPCo doit garder l'entière reponsabilité de la gestion de la catastrophe, même si le gouvernement va s'impliquer pour l'eau et s'il a pris en charge la décontamination dans les territoires évacués. Il est aussi devenu l'actionnaire principal de TEPCo.

• Un club d'alpinisme de Fukushima a établi une carte de la contamination des montagnes de la région. Fukushima Tokokai a mesuré le débit de dose sur 143 montagnes entre octobre 2011 et septembre 2013. Il y a 10 points de mesure par montagne, comme le point de départ, d'arrivée, le sommet, etc... C'est la Toratori-yama, près d'Iitaté et Daté, qui est la plus contaminée. Il y avait jusqu'à 6,6 microsievert par heure. A Hi-yama, près de Nihonmatsu, il y avait jusqu'à 5,2 microSv/h. A Nekonaki-yama, dans la commune d'Iwaki, et à Kamakura-daké, dans la commune de Tamura, c'était 5,1 microSv/h.

• Le gouvernement ne semble pas très optimiste pour l'avenir de l'énergie nucléaire dans son pays : il compte fixer les réductions de gaz à effet de serre à l'horizon 2020 à 6 à 7% de moins de ce qu'elles étaient en 2005 en supposant qu'aucun réacteur nucléaire ne fonctionnera. Mais c'est plus que le niveau de 1990 qui sert généralement de référence.
En 2009, le premier ministre de l'époque, Yukio Hatoyama, s'était engagé à ce que le niveau d'émissions en 2020 soit de 25% inférieur au niveau de 1990, en supposant une augmentation de la part d'électricité nucléaire.
Bref, le gouvernement actuel n'est pas très ambitieux.
Le gouvernement a aussi décidé d'assouplir les règles en cas de décision d'arrêter définitivement un réacteur nucléaire. La règle actuelle demande aux exploitants d'approvisionner le fond de démantèlement durant la durée d'exploitation du réacteur fixée à 40 ans. La nouvelle règle leur donne dix de plus, au-delà de la mise à l'arrêt définitif. Elle devrait s'appliquer aux réacteurs 5 et 6 de Fukushima daï-ichi.
Le ministère de l'industrie estime ce coût entre 57 et 77 milliards de yens (moins de 600 millions d'euros). Il est probablement optimiste.

• Le gouvernement a décidé que les personnes qui ont dû évacuer leur domicile à cause de la radioactivité continueront à recevoir les indemnités pendant un an après la levée de l'ordre d'évacuation. Cet ordre devrait être levé quand les travux de décontamination seront terminés et que l'eau et l'électricité auront été rétablies. Ce n'est pas encore arrivé pour le moment.
Elles sont 84 000 concernées. Les 100 000 yens (770 euros) reçus par mois les aident à survivre dans leur logement provisoire.
Cette durée risque d'être trop courte, car ce n'est pas parce que l'ordre d'évacuation a été levé que ces personnes retrouveront un emploi et pourront repartir dans la vie sur leur lieu d'origine. Quant aux familles avec de jeunes enfants, elles ne veulent pas rentrer, ce qui est compréhensible. La limite fixée pour le retour est toujours de 20 mSv/an, ce qui correspond à la limite à ne pas dépasser pour les travailleurs du nucléaire. Ce n'est pas acceptable.

• Les cuves de stockage d'eau contaminée sont entourées d'un petit muretde 30 cm supposé retenir l'eau en cas de fuite. Mais quand il pleut ce réceptacle se remplit. Avant la fuite sur la cuve, elle avait laissé les vannes en position ouverte et le muret ne servait à rien. Maintenant, les vannes sont en position fermée et les ouvriers doivent évacuer régulièrement l'eau, mais n'avaient pas de règles précises à suivre.
TEPCo vient enfin d'établir des règles de gestion de cette eau, plus de 2 ans et demi après déclenchement de la catastrophe et les a soumises à la NRA. Avant d'ouvrir les vannes, les ouvriers devront vérifier que la contamination bêta totale est bien inférieure à 10 Bq/L. C'est un tiers de l'autorisation de rejet pour le strontium. Pour le césium, TEPCO a aussi mis la limite à un tiers de l'autorisation de rejet.
Il y a encore eu une fuite, mais avec de l'eau de pluie contaminée cette fois-ci. 4 tonnes d'eau seraient parties dans la nature.
Des ouvriers pompaient l'eau de pluie des réceptables sous les cuves et l'on envoyée dans une cuve déjà pleine qui a débordé. Ils ont mis 20 minutes à s'en rendre compte et tout stopper. La contamination bêta totale après le typhon était de 160 Bq/L, ce qui est plus que l'autorisation de rejet en mer.

• Le ministère de l'environnement a engagé des travaux de décontamination test dans les zones les plus contaminées, où l'exposition annuelle entraînerait une dose supérieure à 50 mSv. 5 zones à Namié et Futaba ont été sélectionnées pour estimer le bénéfice engendré en terme de dose. Le ministère veut aussi évaluer le coût et la dose prise par les travailleurs. Un chef de district de Namié est très sceptique : il pense qu'il ne sera pas possible de baisser de façon significative la dose sans décontaminer de vastes espaces, incluant les forêts et les rivières. Il pense que le gouvernement ferait mieux d'aider les habitants à refaire leur vie ailleurs plutôt que de se focaliser sur la décontamination.

• Un plat simple, populaire et bon marché est le "gyûdon" (牛丼). Il s'agit d'un bol de riz avec de la viande de boeuf sauté par dessus. Une chaîne de fast-food qui en a fait sa spécialité, Yoshinoya, a annoncé son intention de produire son propre riz et ses légumes dans la préfecture de Fukushima. Elle a une exploitation agricole "Yoshinoya Farm Fukushima" dans l'agglomération de Shirakawa, à 80 km de la centrale accidentée qui devrait atteindre jusqu'à 13 hectares.
Les produits agricoles de Fukushima sont aussi moins chers à cause la faible demande. Comme les autres compagnies agoalimentaires, Yoshinoya en profite, en le disant.

• TEPCo fait un bilan de la contamination de l'eau de mer sur le mois de septembre, avec un plan qui aide à comprendre. Les dates sembles arbitraires :
- en dehors du port où l'on trouve un point avec du tritium ;
- dans le port où l'on trouve du tritium jusqu'à 23 Bq/L et du césium jusqu'à 4,4 Bq/L. Rien sur les sédiments ;
- à l'intérieur de la zone où il y a des barrières sous marines, le long du littoral, où l'on trouve du tritium jusqu'à 1 400 Bq/L et du césium jusqu'à 106 Bq/L.
- dans l'eau souterraine le long du littoral. Là il y a du tritium jusqu'à 340 000 Bq/L, une contamination bêta total qui monte à 700 000 Bq/L et du césium jusqu'à 510 Bq/L.

• La contamination en tritium du puits E1, situé près de la cuve qui a fui, stagne : 140 000 Bq/L après un mouvement en yo-yo (tableau de résultats).

TEPCo va construire comme un petit monte-charge afin de prendre des photos du réacteur n°1 et connaître l'état d'endommagement avant de commencer des travaux de démantèlement similaires à ce qu'elle effectue sur le réacteur n°3.

• Comme tous les mois, TEPCo fait le bilan des doses enregistrées pour les travailleurs engagés dans la gestion de la catastrophe de Fukushima. Ils sont 29 332 à être enregistrés depuis le début et jusqu'à la fin août 2013. En fin de document, il y a les doses enregistrées pour les 866 travailleurs supplémentaires qui ont une limite supérieure de 100 mSv en raison de leurs compétences indispensables.

Lundi 30 septembre 2013 :
• La ministre coréenne des Affaires maritimes et de la Pêche, Yoon Jin-sook, a vertement critiqué le Japon de n'avoir pas informé ses voisins à propos des fuites en mer. Selon l'agence de presse Yonhap, la ministre a précisé que les produits de la mer japonais ont été testés et ne présentent pas de danger mais que le gouvernement n’avait d’autre choix que de les interdire à cause de l'inquiétude de ses concitoyens. Elle aurait déclaré : « Nous nous sommes demandés si nous devions protéger des personnes aussi immorales sous des protocoles diplomatiques, nous avons donc interdit l’importation des produits aussi vite que possible ». « Le Japon semble aussi ignorer son peuple », a-t-elle ajouté.
Ces fuites étaient évidentes pour les experts qui se penchaient sur le déroulement de la catastrophe en cours. La Corée n'a pas de tels experts ?
La Russie et Taiwan ont aussi interdit l'importation de produits marins en provenance du Japon et ce dernier n'a, semble-t-il pas protesté. La Chine maintient ses restrictions depuis le début de la catastrophe.

TEPCO a repris à 2h40 la décontamination de l'eau avec sa nouvelle station ALPS, encore en cours de test.

• La NRA avait stoppé toute tentative de redémarrage du surgénérateur Monju (Fukui) après avoir découvert que l'exploitant avait négligé d'inspecter plusieurs milliers de pièces, dont certains sont très importantes pour la sûreté. L'exploitant vient d'annoncer qu'il a terminé l'inspection de 14 300 pièces. Mais cela ne suffit pas : c'est toute la réorganisation de la sûreté qui a été réclamée par la NRA. Et puis la faille sous le réacteur est peut-être active. Bref, cela relève de l'acharnement thérapeutique.

Dimanche, 29 septembre :
• Le Japon pourrait ne pas imposer de restriction de consommation d'électricité cet hiver, même avec aucun réacteur nucléaire en fonctionnement.

• La panne sur la station de traitement de l'eau contaminée ALPS, toujours en cours de test, pourrait être due à un tapis en caoutchouc retrouvé par TEPCo dans une cuve. Ce tapis avait été mis pour empêcher que l'échelle glisse et oublié sur place... Il a bouché l'évacuation. Il y avait deux tapis oubliés dans la cuve...
Photos commentées en japonais et en anglais.

• L'ancien premier ministre conservateur de 2001 à 2006, Junichiro Koïzumi, a appelé le gouvernement actuel à arrêter rapidement de produire de l'électricité nucléaire. Le premier ministre actuel lui avait succédé en 2006 avant de revenir récemment au pouvoir.
Koïzumi aurait eu la révélation lors d'un récent voyage en Finlande où il a visité le chantier du centre d'enfouissement souterrain des déchets radioactifs et a découvert la durée de la toxicité de ces déchets, même s'il avait commencé à avoir des doutes après la catastrophe de Fukushima. Il était temps... On ne lui avait pas dit quand il était au pouvoir ?

• TEPCo a confirmé avoir découvert une fuite d'eau faiblement contaminée sur une cuve provisoire de 500 m3. C'est de l'eau de mer pompée des sous-sols des réacteurs 5 et 6 qui y est stockée.

• Le PDG de TEPCo a affirmé que la compagnie espérait déposer des demandes de redémarrage pour deux autres réacteurs de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa : le 1 et le 5. Mais le 1 est sur une faille active, ce qui ne semble pas le déranger...

• La contamination en tritium dans le puits E1 situé près de la cuve qui a fui a enfin cessé d'augmenter et baisse à nouveau : 160 000 Bq/L (prélèvement du 27/09, voir le tableau de résultats), puis 140 000 Bq/L (prélèvement du 28/09, voir le tableau de résultats).

Samedi 28 septembre :
• Des produits de la mer comme des poulpes, pêchés au large de Fukushima, viennent d'arriver sur les étals à Tôkyô.

• TEPCo a annoncé avoir réparé la barrière sous marine où une brèche était apparue du côté des réacteurs 5 et 6.

• Le mur anti-tsunami devant la centrale de Hamaoka a été rehaussé après la catastrophe de Fukushima et fait maintenant 18 m de haut. Mais ce n'est pas suffisant car une nouvelle étude a montré qu'une vague de tsunami de 19 m était possible. Alors l'exploitant, Chubu Electric, vient de lancer les travaux pour ajouter 4 m supplémentaires. La digue fait 1,6 km de long et va coûter environ 150 milliards de yens (plus d'un milliard d'euros) et devrait être terminée en septembre 2015.

• Les manifestants anti-nucléaire du vendredi soir ont exprimé leur opposition au redémarrage de récateurs de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa.

• TEPCo a obtenu un report pour ses 77 milliards de yens de prêts auprès de 28 institutions financières, qui arrivent à échéance fin octobre. Ses dettes sont beaucoup plus élevées. Elle a 200 autres milliards de yens qui arrivent à échéance en décembre et elle espère pouvoir emprunter 300 milliards de yens supplémentaires.
Petit retour en arrière : la compagnie veut à tout prix redémarrer plusieurs réacteurs de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa pour limiter ses pertes. Le gouverneur de Niigata s'y oppose fermement et dit qu'il faut attendre que toute la lumière soit faite sur l'accident en cours à Fukushima. Le 5 juillet dernier, quand TEPCo est allé lui présenter son dossier, il n'a rien voulu entendre. Le 25 septembre dernier, le PDG de TEPCo est allé réitérer sa demande. Le lendemain, le gouverneur donne son feu vert à ce que le dossier soit examiné par la NRA. C'est la même demande qu'en juillet et toute la lumière n'a pas été faite sur l'accident en cours. Il y a juste eu le scandale des fuites en mer entre les deux... Un jour plus tard, le 27, TEPCo dépose sa demande de redémarrage pour les réacteurs 6 et 7. Et le 28 elle obtient un prêt des banques. Quel happy end !
Quelles pressions a subi le gouverneur de Niigata ? Qu'a-t-il obtenu en échange ?

• La station de traitement des eaux contaminées, ALPS, toujours en cours de test, est à nouveau tombée en panne, à peine un jour après avoir été remise en service. Seulement 100 tonnes d'eau ont été traitées.

• La contamination en tritium dans le puits E1 situé près de la cuve qui a fui continue à augmenter : 190 000 Bq/L. Que se passe-t-il ? (Voir le tableau de résultats). TEPCo a aussi trouvé 1 100 Bq/L en amont des réacteurs, à proximité du n°3 (tableau de résultats). C'est beaucoup plus à proximité du littoral (voir le tableau de résultats avec de nombreux points.

Vendredi 27 septembre :
TEPCo a découvert une très forte contamination en bêta total dans un nouveau puits situé à l'Est des réacteurs : 400 000 Bq/L.

Un sous traitant a dévouvert une fuite sur une cuve de la zone F qui contient de l'eau des sous-sols des réacteurs 5 et 6 et qui doit donc être moins contaminée. Cela goutte à un rythme d'une goutte toutes les 20 secondes. TEPCo a mis un récipient pour recueillir cette eau. Après investigation, TEPCo a déclaré qu'il n'y avait pas de fuite et que ce n'était que de l'eau qui avait condensé.
Un autre sous-traitant a découvert une autre fuite, avec une goutte toutes les 50 secondes. Il s'agit encore d'eau des réacteurs 5 et 6.

• Suite à la rupture de la barrière sous marine du côté des réacteurs 5 et 6, TEPCO a fait des mesures sur l'eau de mer et n'a pas détecté d'augmentation de la contamination en césium.

• Un point sur la contamination de l'eau de mer fait par la NRA, avec de nombreuses données.

• Le ministre de l'environnement a annoncé vouloir installer 5 centres de stockage de déchets radioactifs issus de la décontamination dans chacune des deux municipalités de Naraha et Ôkuma.

• Le PDG de TEPCo a reconnu avoir reporté la construction d'un mur souterrain autour des réacteurs car il y avait d'autres urgences. Cet aveu, fait devant une commission parlementaire, arrive après la révélation par un ancien conseiller du premier ministre Naoto Kan qu'au printemps 2011 TEPCo s'était engagée oralement à construire ce mur sans l'annoncer officiellement, et qu'elle n'a rien fait. Doux euphémisme pour dire qu'elle y avait renoncé.
Le PDG a aussi reconnu que TEPCo est était consciente dès le début des risques de fuite. Encore un doux euphémisme : les fuites sont connues et avérées depuis longtemps.
Enfin, TEPCo a revu à la hausse l'impact de la fuite en mer : ce seraient maintenant 400 m3 d'eau contaminée par jour qui s'écouleraient vers l'océan, contre 300 m3 annoncés durant l'été 2013. TEPCo estime à 800 m3 par jour la quantité d'eau souterraine à passer sous les réacteurs accidentés. 400 m3 doivent être pompés quotidiennement et 400 autres m3 s'écouleraient. Le PDG de TEPCo a dit qu'il estimait qu'une partie seulement de cet écoulement était contaminé, mais par mesure conservative, la compagnie va agir comme si tout était pollué. Là encore, on est probablement dans l'euphémisme : avant la catastrophe, TEPCo pompait entre 850 et 1200 m3 d'eau souterraine par jour pour maintenir le niveau de la nappe sous le niveau des sous-sols et la rejetait en mer. Sans ce pompage, il y avait des infiltrations.

TEPCo a déposé sa demande d'autorisation de redémarrage des réacteurs 6 et 7 de Kashiwazaki-Kariwa (Niigata). C'est la première demande pour des réacteurs à eau bouillante (BWR en anglais). TEPCo prépare les dossiers de demande pour d'autres réacteurs de cette centrale. Les 1 et 2 sont sur une faille qui est maintenant considérée comme active. Ils ne devraient pas être redémarrés. Quant aux autres, ce n'est pas encore clair. TEPCo espère pourtant redémarrer les réacteurs 6 et 7 avant la fin mars 2014, mais ce n'est pas encore gagné.
TEPCo a 80 milliards de yens de dette à renégocier en octobre prochain. Il lui faut donner des garanties aux banques. Elle compte donc beaucoup sur sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa.
Encore une fois, on retire le permis à un chauffard, pas à une compagnie d'électricité responsable d'un des pires accidents nucléaires...

Jeudi 26 septembre :
• LA NRA va, avec l'aide de l'AIEA, mettre en place un site Internet destiné à informer la communauté internationale sur la catastrophe de Fukushima afin de la rassurer. Est-ce vraiment son rôle ?

• Le logiciel TiPEEZ (pour Protection of NPPs against Tsunami and Post Earthquake Considerations in the External Zone) a été montré. Il doit faciliter l'évacuation en cas d'accident nucléaire en prenant en comptes les routes barrées par un séisme, tsunami etc etc. Le développement de ce logiciel avait été lancé en 2004, bien avant la catastrophe de Fukushima, mais n'avait qu'un budget limité. L'ancienne autorité de sûreté, la NISA, prétendait que ces études pouvaient attiser la crainte des riverains.
Si ce logiciel constitue un progrès, il ne résoud pas les nombreux problèmes rencontrés lors de la catastrophe de Fukushima. En particulier pour les personnes vulnérables, malades ou personnes âgées.

• Un des chalutiers partis pêcher à 50 km au large la veille a pris, outre des débris du tsunami, 2,5 tonnes d'animaux marins. Après avoir trié les seules espèces éligibles, il ne restait que 250 kg. Le reste a été rejeté à la mer. C'est dur pour un pêcheur. Mais, le pêcheur interrogé par l'Asahi, comprend la réaction des consommateurs : il ne donnerait pas lui-même du poisson contaminé à ses petits enfants.
Site des coopératives de pêche de Fukushima.

• La NRA a demandé à Hokkaïdô Electric d'étudier le risque volcanique pour sa centrale nucléaire de Tomari. L'exploitant affirme avoir étudié 39 volcans dans un rayon de 160 km, mais pour la NRA, les données sont insuffisantes. Elle demande à l'exploitant de mener ses propres études au lieu de ne mentionner que des publications scientifiques et de regarder, par exemple, la dispersion des cendres.
2 dossiers de demande de redémarrage de réacteur à la centrale de Tomari ont déjà été rejetés pour description non conforme des intallations en place.Cela va donc prendre beaucoup plus de temps que prévu pour cette centrale.

• TEPCo aurait terminé de réparer une des trois chaînes de traitement de sa station ALPS prévue pour retirer 62 radioéléments de l'eau contaminée (la C). Elle va reprendre les tests dès le 27 septembre. Initialement prévue pour septembre 2012, cette station a pris beaucoup de retard. Des fuites radioactives, due à de la corrosion après seulement quelques mois de tests, avaient entraîné la suspension des opérations.
Les deux autres chaînes de traitement devraient être remises en service fin octobre (pour la A) et à la mi-novembre pour la B. Chaque chaîne est prévue pour traiter 250 m3 d'eau par jour. TEPCo voudrait doubler cette capacité et le gouvernement ajouter une nouvelle station pour arriver à traiter 2 000 m3 par jour.
TEPCo ne sait toujours pas quoi faire avec l'eau filtrée qui sera toujours contaminée car la station n'est pas efficace à 100% et ne retire le le tritium, ni le carbone 14.

• Le gouverneur de Niigata a donné son accord à ce que TEPCo soumette son dossier de sûreté à la NRA pour les réacteurs 6 et 7 de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa. Il a posé comme condition, qu'en cas d'accident, TEPCo ne puisse pas ventiler ses réacteurs sans l'accord du gouverneur. Même après avoir installé des filtres à particules radioactives. TEPCo a même promis d'installer de sfiltres de secours, ce qui n'est pas exigé dans les nouvelles normes de sûreté.  Les deux mairies concernées ont déjà donné leur accord. Quant à la population locale, elle n'est pas consultée...
TEPCo va déposer sa demande d'instruction de la sûreté dès le vendredi 27 septembre. Blabla de TEPCo. Il est incroyable que TEPCo soit autorisée à exploiter du nucléaire après les accidents à Fukushima et le faible niveau de culture de sûreté sur place.

• TEPCo tente de retenir les fuites radioactives dans le port devant la centrale. Pour cela, elle a mis en place une barrière sous marine qui doit retenir les sédiments, mais qui laisse passer l'eau à cause des marées.
TEPCo a annoncé avoir découvert un trou dans cette barrière, dans la partie qui doit retenir les radioéléments en provenance de la zone des réacteurs 1 à 4 en direction des réacteurs 5 et 6.
La NRA lui a ordonné de contrôler l'eau de mer devant les réacteurs 5 et 6.
Voir les photos commentées en japonais.

• La contamination en tritium de l'eau souterraine du puits E1 situé près de la cuve qui a fui, continue à monter : 170 000 Bq/L dans le prélèvement du 24 septembre (voir le tableau de résultats). L'eau souterraine en amont des réacteurs est aussi contaminée en tritium. Peut-on vraiment tout mettre sur le dos de la fuite de la cuve ?

Mercredi 25 septembre :
• Pub : Ecouter l'ACRO sur France Inter, dans l'émission Là bas si j'y suis, parler de son observatoire citoyen de la radioactivité et de la catastrophe de Fukushima.

• Sumio Mabuchi, qui était conseiller spécial du premier ministre Naoto Kan au tout début de la catastrophe, explique au quotidien Asahi, qu'il y avait régulièrement des infiltrations d'eau souterraine dans les réacteurs 1 à 4, juste après leur construction, et avant que TEPCo ne mette en place des mesures spécifiques. Après le déclenchement de la catastrophe, il a donc demandé à TEPCo de mettre en place un mur souterrain fait d'argile pour isoler les sous-sols des nappes phréatiques. Le coût était de l'ordre de 100 millions de yens (1 millions d'euros à l'époque) et le gouvernement était prêt à mettre la main au portefeuille. On connaît la suite : TEPCo, de crainte d'être déclarée en faillite, a demandé au gouvernement de ne pas annoncer ce plan et de ne promettre que des recherches sur ce mur souterrain, avec engagement oral de le mettre en place. Et elle n'a rien fait...
Il continue à penser qu'un mur en argile serait préférable à un mur surgelé.
L'Agency for Natural Resources and Energy (ANRE) a lancé un appel d'offre international pour trouver des idées pour résoudre la crise de l'eau contaminée. Il y a 6 items :
- l'accumulation d'eau contaminée ;
- traitement de l'eau contaminée ;
- la décontamination du port ;
- la gestion de l'eau dans les bâtiments
- la gestion de l'afflux d'eau souterraine sur l'ensemble du site ;
- la compréhension de l'écoulement de l'eau souterraine.
La date limite est le 23 octobre.
Le magnat russe du nucléaire, Rusatom, veut être plus impliqué dans la gestion de l'eau contaminée, mais TEPCo aurait toujours rejeté ses offres jusqu'à présent.

• La commune de Hirono, située à moins de 30 km de la centrale de Fukushima daï-ichi, a commencé à moissoner du riz pour la première fois depuis 2010 dans le but de le vendre. La récolte test de l'an dernier était sous la limite de 100 Bq/kg pour le césium.
Il y a 110 hectares de cultivés, ce qui représente la moitié des rizières de la commune. Toute la production va être contrôlée. Les consommateurs vont ils acheter ce riz ?
A Iwanuma, dans la province de Miyagi, c'est le sel apporté par l'eau de mer qui posait problème. 150 hectares de rizières ont été détruits dans le district de Tamaura Nanbu. 10 hectares ont été semés cette année après avoir désalé la terre. Là aussi, c'est la première récolte depuis 2010. Pas de problème pour vendre le riz, dans ce cas. La coopérative de 15 agriculteurs veut passer à 70 hectares l'an prochain.

• Après 3 mois d'arrêt, 21 chalutiers ont repris la mer depuis le port de Matsukawaura à Sôma pour une pêche dite de test à plus 50 km de la centrale et à 150 m de profondeur. Seules 16 espèces marines peuvent être capturées, dont des pieuvres, des sèches et des crabes. Si la contamination en césium est inférieure à 50 Bq/kg, les prises seront vendues sur le marché pour voir si les clients sont prêts à acheter. La limite gouvernementale est deux fois plus élevée. Ils ont déchargé 5,2 tonnes et 11 espèces. Des mesures de la radioactivité sont en cours. Ils ont aussi attrapé des débris du tsunami.
La coopérative d'Iwaki va faire de même à partir du 3 octobre.
Selon l'Agence de la pêche, seulement 3 spécimens sur 472 prélèvements entre le 1er et 19 septembre, avaient une contamination qui dépassait la limite gouvernementale de mise sur le marché de 100 Bq/kg. Cela fait 0,6%. C'était 2,3% en juillet août 2013.
Sur les 472 échantillons de septembre 2013, 86% avaient une contamination inférieure à 10 Bq/kg.
En dehors de la province de Fukushima, aucun des 407 échantillons ne dépassaient 50 Bq/kg en septembre 2013. 0,4% des échantillons de juillet-août 2013 dépassaient les 100 Bq/kg.
Ces statistiques ne concernent que quelques espèces sélectionnées, dont certaines très contaminées par le passé.
En revanche, certaines espèces qui vivent dans de l'eau peu profonde (moins de 100 m) sont encore contaminées au-delà de la limite. C'est particulièrement le cas le long de la côte (Nom en anglais des poissons contaminés : marbled flounder, stone flounder, olive flounder, sea bass, Japanese rockfish et Japanese black porg).
Certaines de ces espèces sont toujours interdites de pêche à Miyagi, Ibaraki ou Iwaté.
Toutes ces données concernent le césium 137 et 134. Le strontium, difficile à mesurer, n'est presque pas contrôlé. Seulement 40 mesures ont été effectuées et l'agence de la pêche estime le niveau moyen en strontium à 12% de celui en césium. Il est, en revanche, beaucoup plus toxique.

• Le PDG de TEPCo est à Niigata pour convaincre le gouverneur de donner son accord à l'étude de la sûreté de deux réacteurs de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa en vue de leur redémarrage. C'est leur première rencontre depuis le 5 juillet, date à laquelle où le gouverneur avait rejeté la demande de TEPCo.
Le PDG de TEPCo a demandé au gouverneur d'accepter la mise en place de filtres à particules radioactives pour limiter les rejets en cas d'accident. Ces filtres sont requis par les nouvelles règles de sûreté.
TEPCo va attendre le feu vert du gouverneur avant de soumettre son dossier de sûreté à la NRA.

• La centrale de Hamaoka avait été arrêtée sur ordre du premier ministre en mai 2011 car elle est située à proximité d'une faille sismique importante, elle risquait d'être inondée en cas de tsunami et un accident couperait les principaux axes de communication entre l'Est et l'Ouest du pays. De l'eau de mer avait pénétré dans le réacteur n°5 lors de son arrêt. C'est peut-être la fin pour lui. Les réacteurs 1 et 2 sont arrêtés définitivement et doivent être démantelés.
L'exploitant, Chubu Electric, a rehaussé la digue et veut demander l'autorisation de redémarrer le réacteur n°4. Il compte déposer le dossier avant mars 2014. Plusieurs mairies des environs sont opposées au redémarrage.

• Le ministre des sciences et technologies a fait part de son plan d'exploiter le surgénérateur Monju pendant 6 ans avant de décider sur son sort. Un tel acharnement est ridicule : il n'a fonctionné que 240 jours depuis sa mise en service en 1994. Sa sûreté laisse à désirer, l'exploitant ayant négligé d'inspecter des milliers de pièces. La NRA a donc interdit d'envisager sa mise en service actuellement. Et puis, il est peut-être sur une faille sismique active.
Refroidi au sodium liquide qui s'enflamme spontanément à l'air et explose dans l'eau, il est en plus extrêmement dangereux.

• Depuis quelques jours, la contamination en tritium dans l'eau du puits E1 situé à proximité de la cuve qui a fui, en amont des réacteurs donc, remonte. Il y a 150 000 Bq/l dans le prélèvement du 23 septembre. TEPCo ne donne aucune explication pour cette remontée. Nouvelle fuite ?

• TEPCo continue d'examiner la cuve qui a fui. Après avoir trouvé 5 boulons mal serrés, la compagnie a trouvé des fissures. TEPCo a mis de la mousse près des boulons et a pompé l'air dans la cuve ce qui lui a permis de découvrir l'origine probable de la fuite. Des photos commentées en japonais sont en ligne.

• TEPCo a mis en ligne, en japonais uniquement pour le monent, des photos commentées de la couverture située au dessus du réacteur n°4 et du nouveau palan de déchargement des combustibles usés de la piscine.

• Des nouvelles, en japonais pour le moment, de la grue du réacteur n°3 qui s'était cassée. TEPCo aurait trouvé la cause.

Mardi 24 septembre :
• Le gouvernement tarde à appliquer la loi d'aide aux victimes de la catastrophe nucléaire. Pour faire taire les critiques, il a publié une liste de 33 communes de Fukushima qui auront droit à une aide spécifique. Il n'y a ausune commune en dehors de la province, même si la radioactivité ne s'est pas arrêtée à la frontière. Au moins 13 communes touchées par les retombées radioactives, toutes situées en dehors de Fukushima, ont envoyé des commentaires lors dela consultation publique qui se terminait le 23 septembre. Une telle démarche est très rare au Japon et est motivée par le sentiment d'injustice. Une commune de Chiba va jusqu'à dire que l'esprit de la loi n'est pas respecté.Elles réclament, en particulier, une meilleure protection des enfants et des femmes enceintes.
Les communes repérées par le Maïnichi sont : Noda, Kashiwa, Kamagaya, Matsudo, Shiroi, Nagareyama, Sakura, Abiko et Inzai à Chiba ; Toride, Moriya et Joso à Ibaraki ; et Nasushiobara à Tochigi.
Il y a une centaine de communes, dans 8 provinces, avec des débits de dose qui dépassent 1 mSv/an. Ces 13 en font partie.

• Le parlement japonais va commencer des auditions concernant les fuites d'eau radioactive en mer le 27 septembre alors qu'il n'est pas en session.

• Voir les transparents du chercheur Michio Aoyama sur les rejets en mer et leur devenir.

• Le photographe, Ryuichi Kino a mis en ligne des photos récentes de l'ex zone interdite.

TEPCo a reçu 74,1 milliards de yens supplémentaires de la part des autorités. C'est la vingtième fois.

• La contamination en tritium dans le puits E1, situé à proximité de la cuve qui a fui, continue à remonter : 150 000 Bq/L. Voir le tableau de résultats.

Lundi 23 septembre :
• La contamination en tritium dans le puits E1, situé à proximité de la cuve qui a fui, est repartie à la hausse : 130 000 Bq/L. Voir le tableau de résultats. Il était de 70 000 Bq/L dans le prélèvement du 19 septembre.

• Les derniers résultats sur la contamination de l'eau souterraine le long du litoral et dans le port montrent une concentration élevée et que les fuites en mer, oups dans le port et pas au-delà selon le premier ministre japonaise, continuent.

Dimanche 22 septembre :
• Les autorités chinoises auraient saisi des métaux contaminés en provenance du Japon. Il y en a 952 tonnes et les niveaux seraient deux fois plus élevés que la limite. Ce n'est pas la première fois.

Samedi 21 septembre :
• La NRA a trouvé des lacunes dans le dossier de demande de redémarrage des réacteurs 3 et 4 de la centrale de Genkaï (Saga), sur l'île de Kyûshû. Les générateurs électriques de secours et le tableau de commande électrique sont situés au même niveau qu'à la centrale de Fukushima daï-ichi. Kyûshû Electric a promis de construire d'autres installations, mais il n'y a, pour le moment, qu'une ligne de transmission qui pourrait être coupée. Il ne sert à rien de multiplier les générateurs si la transmission n'est pas aussi renforcée.

• Selon le ministère de la santé et des affaires sociales, la santé des travailleurs dans les centrales de Fukushima daï-ichi et daï-ni se dégrade. Parmi 6 700 travailleurs qui sont intervenus en 2012 dans des travaux sous rayonnement, 284, ou 4,41%, ont un bilan de santé avec problèmes. Ils ont dû avoir des examens médicaux complémentaires ou des traitements. Ce chiffre est en augmentation.

• La réclamation d'indemnisation est actuellement limité à 3 ans. On approche donc de la date limite. Le principal parti au pouvoir pense prolonger la demande d'indemnisation de 7 ans pour avoir une durée de 10 ans. 10 000 victimes de la catastrophe n'ont toujours pas fait de demande de dédommagement. Certains s'y refusent. Mais beaucoup vivent dans des conditions précaires et n'ont pas la force de remplir les dossiers complexes à renseigner. Cela va augmenter les coûts pour TEPCo et reporter ses espoirs de redressement financier.
TEPCo a déjà dû payer 3 800 milliards de yens (30 milliards d'euros) d'indemnisation. La décontamination dépasse les 5 000 milliards de yens (40 milliards d'euros).

• Kansaï Electric a annoncé qu'elle allait bientôt commencer à vendre de l'électricité dans la région de Tôkyô. Pour le moment, seul le marché des grands consommateurs est ouvert.

Vendredi 20 septembre :
• Le ministre de l'industrie veut introduire le concept de stockage réversible pour l'enfouissement des déchets radioactifs à vie longue. Il espère ainsi que le projet de stockage sera plus facilement accepté par la population... Mais le Conseil Scientifique du Japon, attaché au premier ministre, avait émis des réticences sur l'enfouissement car le Japon est une zone sismique et volcanique. Difficile de garantir la stabilité d'un stockage sur de très longues durées.

• En se rendant à la centrale et faisant montre de prendre les choses en main tout en affirmant que la situation est sous contrôle, le premier ministre prend des risques politiques. Mais, il n'a pas convaincu les personnes proches de la centrale et les travailleurs, selon l'Asahi. Le maire de Minami-Sôma a déclaré : "comment peut-il comprendre la situation depuis un bus et en faisant un tour dans la centrale ?" Le maire de Futaba aimerait qu'il vienne voir les réfugiés pour leur expliquer que la "situation est sous contrôle". Et les pêcheurs craignent que ces déclarations soient plus nuisibles que de dire honnêtement que les fuites en mer continuent mais que les niveaux restent faibles au large.
Pour des travailleurs, le premier ministre n'a pas compris les enjeux. Même TEPCo ne comprend et ne sait pas tout. Comment le premier ministre peut utiliser des mots comme "situation sous contrôle" ou "eau bloquée" ? Un travailleur affirme qu'un jour, il a vu un sous-traitant tenter de colmater une fuite d'une cuve en resserrant des boulons. Il avait un imperméable par dessus sa cote de protection et l'eau contaminée lui coulait dessus. Il a revu une scène similaire un autre jour, mais TEPCo n'a jamais signalé ces incidents. Le sous-traitant n'aurait peut être pas prévenu TEPCo. Ce travailleur est convaincu qu'il y a d'autres fuites. Il a lui même participé à l'assemblage des cuves du type de celle qui a fui. Personne n'avait jamais fait ce travail avant et les ouvriers changeaient tout le temps. Les conditions de travail sont très difficile. Surtout en été, avec les fortes chaleurs. Et puis, tout est contaminé. Même la salle où ils prennent leur repas.
Le ministre de l'industrie a, quant à lui, franchi le "mur du çon" : il aurait déclaré que le démantèlement des réacteurs 5 et 6 fera de la place pour mettre l'eau contaminée. Surtout qu'il a ajouté qu'il espérait que le problème de l'eau serait réglé en 2014. Comme si le démantèlement d'un réacteur nucléaire se faisait en quelques mois.

• Des étudiants ont fait des vidéos pédagogiques pour expliquer le contenu du rapport de la commission d'enquête parlementaire sur l'accident nucléaire. Elles sont ici en japonais. Elles ont été validées par le président de la commission.

• La plus grosse centrale électrique géothermique devrait être constuite à Fukushima, avec une capacité de 270 000 kWe environ. 10 compagnies se sont unies pour ce projet.

• La teneur en tritium dans l'eau du puits E1, situé près de la cuve qui a fui, continue de baisser : 41 000 Bq/L. Cette contamination devait donc être bien due à la fuite de la cuve.
TEPCo affirme que la cuve qui a fui avait été mal assemblée. Il y avait 5 boulons instables vers le fond. Est-ce l'origine de la fuite ? Il est encore prématuré pour conclure selon TEPCo.
Il y a aussi de la rouille. Voir les photos commentées en anglais.

Jeudi 19 septembre :
• Le premier ministre est allé visiter la centrale de Fukushima daï-ichi.
TEPCo lui a fourni une cote blanche avec son nom mal orthographié. Sur la photo AFP, Abé est écrit 安部, alors que cela s'écrit 安倍 (voir son site perso) !
Lors de sa visite, il a demandé à TEPCo de renoncer définitivement aux réacteurs 5 et 6 et de les démanteler. Ils sont entrés en fonction en 1978 et 1979. Pourquoi seulement ces deux là et pas les quatre de Fukushima daï-ni ? D'
Il a aussi demandé à TEPCo d'avoir un fond pour renforcer la sûreté et d'accélérer la mise au point de la nouvelle installation de traitement des eaux contaminées, ALPS.
La réponse de TEPCo reste laminaire, comme d'habitude et n'engage pas à grand chose. Elle annonce 1 000 milliards de yens (7,7 milliards d'euros) supplémentaires pour la sûreté et le démantèlement et que ALPS aurait fini de filtrer avant mars 2015. On ne sait pas où elle trouvera l'argent. Quant à l'eau, encore faut-il que la station, initialement prévue pour septembre 2012, fonctionne et que TEPCo puisse rejeter en mer l'eau filtrée... Elle contient trop de tritium et l'on ne connaît toujours pas sa contamination en carbone 14.
Le démantèlement des réacteurs 5 et 6, de conception proche des réacteurs 1 à 4, pourra aussi servir à tester les techniques mises en oeuvre pour les réacteurs accidentés.
Le premier ministre a, de nouveau, affirmé que l'eau contaminée qui fuit des installations était "bloquée dans l'espace de 0,3 kilomètre carré du port de la centrale", comme il l'avait affirmé devant le Comité international olympique.

• La NRA a mis en ligne des résultats de mesure de la contamination des sédiments dans la Baie de Tôkyô. Cela monte jusqu'à 192 Bq pour les deux césium par kilogramme de matière sèche.

• La teneur en tritium dans l'eau du puits E1, situé près de la cuve qui a fui, continue de baisser : 58 000 Bq/L. En revanche, l'eau souterraine en amont des réacteurs est, maintenant, bien contaminée. Il y a jusqu'à 740 Bq/L.
Le démantèlement de la cuve qui a fui continue. Voir les dernières photos.

Mercredi 18 septembre :
• TEPCo continue de démanteler des cuves, dont celle qui a fui. Elle a mis des photos en ligne.

• TEPCo a mis en ligne des résultats d'analyse sur l'eau avant et après son installation de traitement SARRY. Toutes les valeurs sont en Bq/cm3 et doivent être multipliées par 1 000 pour obtenir des Bq/L. Le ratio entre le césium 134 et le césium 137 devrait être le même partout. C'est loin d'être le cas ce qui montre que ces résultats sont très approximatifs. Il reste encore plusieurs milliers de becquerels par litre de césium. Pour le tritium, on est plutôt de l'ordre du million de becquerels par litre. Toujours pas de donnée sur le carbone 14.

• Les poissons pêchés dans le port devant la centrale de Fukushima daï-ichi continuent d'être très contaminés. Seuls 3 poissons sur 56 ont une contamination inférieure à la limite de mise sur le marché (100 Bq/kg pour les deux césium). Le record est à 190 000 Bq/kg. Au large, il y a encore beaucoup de spécimen qui dépassent cette limite.

• Selon un membre du principal parti d'opposition, Sumio Mabuchi, qui était conseiller du Premier ministre Naoto Kan en 2011, en charge de la catastrophe nucléaire, TEPCo s'était engagée auprès du gouvernement de construire une barrière souterraine pour éviter les fuites en mer. L'accord avait été conclu en juin 2011, mais TEPCo avait demandé à ce qu'il ne soit pas rendu public à cause de son coût très élevé, de l'ordre de 100 milliards de yens (770 millions d'euros). Si cette somme était ajoutée dans les dettes de la compagnie, elle aurait été considérée en danger de faillite par les marchés. Comme l'AG des actionnaires approchait, TEPCo aurait demandé au ministre de l'industrie de l'époque, Banri Kaieda, de rester vague sur le coût et les délais lors de ses communications à la presse. A l'époque le gouvernement ne songeait pas à injecter de l'argent public dans la compagnie et craignait pour le paiement des salaires et des indemnisations. Le ministre a accepté la proposition de TEPCo contre une promesse verbale du Vice-président de la compagnie, Sakae Muto.
Interrogée par l'Asahi, TEPCo met en avant des difficultés techniques pour justifier le fait que les travaux n'ont pas été faits. Comme d'habitude...

• Le site de la centrale de Fukushima daï-ichi était à l'origine à 30 m au dessus du niveau de la mer, mais la colline a été rasée et les réacteurs n'étaient plus qu'à 10 m du niveau de la mer. Le terrassement, fait de roche concassée, laisse facilement passer l'eau. L'eau souterraine, abondante à cet endroit, effleure donc les réacteurs. Avant l'accident, TEPCo pompait entre 850 et 1200 m3 d'eau souterraine par jour pour maintenir le niveau de la nappe sous le niveau des sous-sols et la rejetait en mer. Les drains de collecte de l'eau sont inopérants depuis le séisme et tsunami du 11 mars 2011. C'est ainsi que 400 m3 par jour s'infiltrent dans les sous-sols avant d'être pompés et stockés dans les cuves. TEPCo doit donc ajouter une cuve de 1 000 m3 tous les deux jours.
Le stock d'eau contaminée au 10 septembre 2013 est de 435 000 m3 en comptant ce qu'il y a dans les cuves et les sous-sols inondés. 137 000 m3 de plus en un an.
L'Asahi a mis en ligne une infographie sur les mesures prévues pour réduire les rejets radioactifs en mer.

• Entre 200 et 300 tonnes de copeaux de bois radioactifs ont été découverts à proximité du lac Biwa dans la province de Shiga. Il y a 3 000 Bq/kg en césium selon les autorités. C'est moins que la limite de 8 000 Bq/kg qui obligerait un traitement spécifique comme déchet radioactif, mais c'est plus que la limite de 100 Bq/kg en dessous de laquelle un recyclage est permis.
Une partie de ces copeaux a été utilisée pour faire des chemins et le reste est encore en sacs.
Les autorités locales vont faire retirer le bois.

• Un détecteur de fuite de sodium est tombé en panne dans le surgénérateur Monju. La panne a durée plus d'une heure et l'exploitant n'en connaît pas l'origine.

• TEPCo a commencé à démanteler la cuve qui a fui.

TEPCo a découvert des fissures dans la cheminée de rejet commune aux réacteurs 1 et 2 lors d'une inspection sur la résistance sismique. Comme les débits de dose sont très élevés, la comapgnie doit trouver un moyen pour mener des inspections plus poussées.

De la vapeur a encore été vue au dessus du réacteur n°3. C'est toujours le matin.

Mardi 17 septembre :
Bande dessinée intéressante du Mangaka Jean-Paul Nishi, mari d'une journaliste française au Japon, à propos des dessins du Canard Enchaîné.

• TEPCo propose un nouveau vidéo tour en anglais de 20 minute de la centrale. Il reprend toute l'histoire depuis le début.

• Le ministre de l'industrie a de nouveau fait part de l'intention du gouvernement de réduire la part du nucléaire au Japon.

• Les responsables d'une école maternelle d'Ishinomaki (Miyagi) ont renvoyé 12 enfants chez eux lors du tsunami du 11 mars 2011. Le bus a pris une route côtière après avoir déposé 7 enfants et a été englouti par la mer. L'école, quant à elle, située sur une hauteur, n'a pas souffert du tsunami.
Les familles de 4 de ces enfants ont porté plainte pour faute grave. Les responsables de l'école se sont défendus en disant qu'il n'était pas possible de prévoir qu'il y aurait un tel tsunami. La justice a reconnu qu'il y avait une faute de l'école privée qui n'a pas pris en compte l'alerte au tsunami et a tranché en faveur des victimes qui recevront une indemnité de 177 millions de yens (1,4 millions d'euros). Elles avaient demandé 270 millions de yens.
Les responsables de l'école se sont dit surpris par la décision et regrettent que leurs arguments n'aient pas été retenus. Ils ont aussi réitéré leur peine à propos des enfants, indépendamment du jugement.
C'est le premier jugement sur une telle affaire. Des dizaines d'autres sont en cours d'instruction. Les victimes espèrent que cela va entraîner une révision des mesures de protection en cas de catastrophe naturelle.
Cette décision contraste avec celle de n'inculper personne suite à la catastrophe nucléaire.

• TEPCo a annoncé avoir rejeté 1 130 tonnes d'eau de pluie vers la mer. Cette eau s'était accumulée dans les réceptacles sous les cuves qui sont supposés retenir les fuites et qui ont été inondés par le thyphon. 7 zones sont concernées. La compagnie estime le rejet à 8,85 millions de becquerels en bêta total.
Elle a mis en ligne des photos et des chiffres ici en anglais. L'eau a aussi déplacé des sacs de sable supposés retenir l'eau.
Comme les valves de ces réceptacles étaient laissées ouvertes avant la découverte de la fuite de la cuve, cela signifie que l'eau de pluie qui s'est écoulée continuellement depuis deux ans était aussi contaminée. Ce rejet reste très faible par rapport aux autres fuites, mais vient s'y ajouter.

• On s'en souvient, en 2011, des éleveurs avaient donné de la paille de riz contaminée à des bovins sans le savoir et la viande avait été vendue. Cela avait un scandale avant de découvrir l'origine de la contamination. De la paille avait été vendue à l'autre bout du pays, contaminatant la viande loin de la centrale. Si l'alimentation est mieux contrôlée depuis, il y a encore 68 000 tonnes de paille et de foin contaminés en attente de stockage dans 10 provinces, selon le Yomiuri. Ces déchets radioactifs sont toujours dans les fermes. La limite est, comme pour les autres déchets, fixée à 8 000 Bq/kg pour les deux césium. En dessous, c'est traité comme des déchets ordinaires.
C'est aux autorités locales de prendre en charge ces déchets, le temps que le gouvernement propose un stockage centralisé par province. Mais tout a pris du retard. Même la paille à moins de 8 000 Bq/kg est parfois refusée par les incinérateurs de déchets.
Certains éleveurs craignent de voir leur ferme transformée en centre de stockage de déchets radioactifs.

TEPCo a de nouveau vu de la vapeur d'eau au dessus du réacteur n°3.

Lundi 16 septembre :
• Un puissant typhon a frappé le Japon. Il a provoqué des inondations et glissements de terrain en plusieurs points du pays.
Le surgénérateur Monju, situé dans la province de Fukui, sur la mer du Japon, a été touché. La cellule de crise nationale, qui reçoit en permanence des données des centrales nucléaires, même en temps normal, ne reçoit plus de données de Monju depuis 2h55. Le réacteur est aussi devenu inaccessible à cause d'un glissement de terrain, des arbres couchés...Le personnel n'a pu rejoindre le réacteur qu'à partir de 14h30.
Heureusement qu'il est arrêté et qu'il n'y a pas eu d'incident à ce moment là. La NRA n'a été prévenue qu'à 3h45 et la réparation des fibres optiques rompues va prendre plus d'une semaine.
A Fukushima, TEPCo s'est préparée à affronter les vents violant en arrimant les grues, tuyaux, etc. L'eau l'inquiète car elle pourrait aggraver l'inondation permanente des sous-sols et galeries souterraines. Les réceptacles sous les cuves, supposés retenir les fuites, ont rapidement été pleins d'eau de pluie et ont débordé. Le muret qui entoure un ensemble de cuves fait 30 cm de haut. TEPCo a laissé l'eau s'écouler dans la mer en prétextant que la contamination était faible. Elle était de 3 à 24 Bq/L en bêta total. La limite pour le strontium est de 30 Bq/L. Les rejets en mer d'eau de pluie non collectée ont commencé vers 12h40 et se sont arrêtés à 16h30.
Dans la zone H4, là où il y a eu la fuite de la cuve, l'eau de pluie avait jusqu'à 170 000 Bq/l en bêta total. Elle a été pompée dans une cuve, selon TEPCo. Cette valeur est surprenante. L'eau de pluie, abondante, a forcément dilué l'eau contaminée présente, qui devait être beaucoup plus polluée.
La contamination de l'eau de pluie dans les différentes zones où il y a des cuves est ici en anglais. De l'eau a été pompée pour être mise dans des cuves en 11 points différents. Y-a-t'il eu des fuites par le passé en ces points ?

• Les coopératives de pêche ont envoyé une délégation en Corée pour tenter de convaincre le pays de lever son interdiction d'importer des produits marins du Japon. Mais la Corée a refusé de revenir sur sa décision.

La contamination de l'eau souterraine du puits E1 près de la cuve qui a fui continue à augmenter. Il y a 170 000 Bq/L dans le prélèvement du 14 septembre (tableau). Dans celui du 15 septembre, on note enfin une légère baisse après 5 jours de hausse fulgurante : il y a 140 000 Bq/L (tableau).
TEPCo a aussi commencé à analyser l'eau du puits E4 et a trouvé une contamination bêta totale similaire à celle du puits E1.

Dimanche 15 septembre :
• Le gouverneur de la province d'Ehimé, sur l'île de Shikoku, demande l'interdiction des survols des centrales nucléaires par l'armée américaine alors que la compagnie d'électricité de l'île a déposé une demande d'autorisation de redémarrage du réacteur n°3 de sa centrale d'Ikata. Le 25 juin 1988, un hélicoptère de l'armée américaine était tombé à un kilomètre de la centrale.
Cette demande, faite avant la chute d'un hélicoptère de l'armée américaine sur l'île d'Okinawa, a été rendue publique après le crash, le 9 août dernier. Un accord de 1999 entre la Japon et les Etats-Unis interdit à l'armée de survoler les installations nucléaires et les aéroports commerciaux, mais elle aurait été négligente à ce propos. L'arrivée d'un engin entre l'hélicoptère et l'avion, appelé Osprey, qui a déjà eu plusieurs accidents, inquiète les riverains de la centrale d'Ikata. Un Osprey est encore tombé en Août au Nevada et a pris feu.
Les Osprey ont commencé à voler au Japon en mars dernier, malgré les importantes contestation de la population, et passent au-dessus de l'île de Shikoku à basse altitude. Ils ont été vus à Ehimé. Un avion de surveillance a aussi été vu au dessus de la centrale le 30 mars 2013. Depuis 2007, il y aurait eu 7 passages repérés au-dessus d'un installation nucléaire.
Les installations nucléaires doivent avoir une deuxième salle de contrôle excentrée qui doit pouvoir résister aux séismes et aux chutes d'avion pour satisfaire aux nouvelles règles de sûreté. Mais elles bénéficient d'une période de grâce de 5 ans.

• La NRA va lancer une cartographie de la contamination des fonds marins autour de la centrale de Fukushima daï-ichi, sur 1 000 km2 environ. Elle prévoit 600 000 points de mesure contre 200 actuellement. Elle dispose pour cela d'un nouvel instrument de mesure au bout d'un filin qui peut faire la mesure directement sans faire de prélèvement qui sont ensuite analysés sur le bateau comme c'est pratiqué en ce moment.

• Une manifestation anti-nucléaire a rassemblé 8 à 9 000 personnes à Tôkyô samedi 14 septembre.

• Arrêt du dernier réacteur en fonctionnement à la centrale d'Ôï (Fukui). Personne ne sait quand un réacteur nucléaire pourra redémarrer. La politique énergétique du pays est toujours des plus floues. Le premier ministre qui, pendant sa campagne électorale avait plaidé pour une relance du nucléaire, déclare maintenant vouloir baisser la part de cette énergie et favoriser les énergies renouvelables. Cette baisse est inéluctable car de nombreux réacteurs ne pourront jamais repartir. Il vaut mieux, pour un politicien, apparaître comme l'ayant décidé que comme devant le subir...

De la vapeur a encore été vue au dessus du réacteur n°3.

La petite digue de 30 cm, supposée retenir le fuites des cuves, a été submergée par de l'eau de pluie dans la zone B. TEPCo a pompé l'eau pour la mettre dans une cuve. Des sacs de sable mis en travers d'un drainage pour retenir d'éventuel débordements ont été emportés par l'eau de pluie. Le typhon ne fait qu'approcher.

Samedi 14 septembre :
• Selon le Yomiuri, 150 000 tonnes de déchets radioactifs issus des travaux de décontamination, sont laissés à ciel ouvert avec une protection minimale, faute de solution de stockage. Cela représente 30% de déchets produits. Les communes non évacuées qui ont la charge des travaux peinent à trouver des sites car les riverains s'y opposent.

• Des experts de la NRA ont découvert que TEPCO a systématiquement sous-estimé la contamination en césium dans l'eau de mer prélevée à proximité de la centrale, à cause d'une erreur triviale concernant le bruit de fond. Les données publiées depuis juin sont corrigées.

• TEPCo a revu à la baisse l'ampleur de ses fuites en mer : ce sont sont plus 1 000 m3/j qui descendent de la montagne, mais 800. Comme 400 m3 pénètrent chaque jour dans les sous-sols de la centrale où ils sont pompés, il en reste 400 m3 qui s'écoulent. La moitié seulement serait contaminés avant de rejoindre la mer. Bref, l'estimation est toujours aussi grossière qu'avant. Rien ne permet d'affirmer que 50% de l'eau qui rejoint la mer est contaminée.

• L'eau du drainage entre la cuve qui a fuit et la mer avait soudainement augmenté à cause des travaux de décontamination (cf 13 sept.). Elle continue à être plus contaminée que d'habitude. Pour TEPCo, il s'agit d'un résidu.
Quant à l'eau souterraine du puits E1, elle augmente encore pour le 4ième jour consécutif. Il y a maintenant 150 000 Bq/L. Tableau.

Vendredi 13 :
• TEPCo avait vidé, en août dernier, une galerie liée au réacteur n°2 soupçonnée de fuir. Il y avait 2,35 GBq/l (milliards de becquerels par litre) de césium dans cette eau qui a été transferée dans le bâtiment turbine en attendant de trouver mieux. Les travaux se sont terminés le 24 août après avoir pompé 210 tonnes (ou m3). Lors d'une réunion avec la NRA, TEPCo a annoncé que l'eau revenait et que le niveau augmente de 8 cm/j, comme nous l'avions prédit.

• Selon un sondage du Maïnichi, 80% des personnes déplacées par la triple catastrophe du 11 mars 2011 veulent s'intaller ailleurs. 30% l'ont déjà fait.

• La coopérative de pêche de Sôma-Futaba, qui avait suspendu ses projets de reprendre ses activités, a décidé de mener une campagne test à la fin du mois de septembre.
La NRA a mis en ligne une présentation de l'évolution de la contamination des ressources halieutiques. C'est en japonais.
La page qui regroupe la surveillance de la mer est ici en japonais.

• Suites de a fuite de la cuve H4-I-5 qui avait été déplacée, tout comme deux autres cuves. TEPCo a commencé à démonter une de ces deux autres cuves et mis des photos en ligne qui permettent de voir sa taille. Elle doit ajouter une telle cuve tous les deux jours !
L'eau souterraine du puits E1 situé à proximité de la cuve continue à augmenter. Il y a 130 000 Bq/L là où il y avait 97 000 Bq/L un jour avant.
La compagnie a aussi découvert une augmentation de la contamination de l'eau dans un drainage entre les cuves et la mer. Il y avait 220 Bq/L en bêta total le 11 septembre et c'est repassé sous la limite de détection le lendemain. Le point de prélèvement est à 150 m de la mer.
Des ouvriers ont commencé à décontaminer le drainage, suite à la fuite de la cuve, et ont utilisé de l'eau sous pression. C'est très probablement une partie de cette eau de nettoyage qui est partie vers la mer.

TEPCo a de nouveau observé de la vapeur d'eau au dessus du réacteur n°3. Elle n'aurait pas été vue depuis le 7 août dernier.

• Lors d'une réunion à Kôriyama, un employé de TEPCo, Kazuhiko Yamashita, a reconnu que la situation n'était pas sous contrôle concernant l'eau contaminée, contredisant ainsi les propos du premier ministre japonais devant le CIO. La compagnie l'a aussitôt contredit dans un communiqué de presse où elle tente d'expliquer que la pollution reste bien dans le port devant la centrale. Quant au porte-parole du gouvernement, il a immédiatement réagi, en expliquant que M. Yamashita faisait référence à la fuite de la cuve et pas aux rejets en général. Et de rappeler qu'il y a plus de patrouilles, etc, etc...
Il a fallu deux ans à TEPCo pour reconnaître qu'il y a des fuites en mer. Dans deux, elle reconnaîtra peut-être que la pollution ne reste pas dans le port... Et il n'est pas sûr que l'implication du gouvernement dans la gestion de l'eauimplique une plus grande transparence.

• TEPCo publie un tableau avec la contamination de l'eau souterraine en amont et en aval des réacteurs. Les points de prélèvement sont tout proches des réacteurs. Il y a du tritium partout, jusqu'à 320 Bq/L en amont, et la contamination est beaucoup plus forte en aval, jusqu'à 20 000 Bq/L près du réacteur n°2.
En revanche, il y a plus de césium en amont, jusqu'à 16,8 Bq/L, alors qu'en aval, cela ne dépasse pas le becquerel par litre. Il y a aussi de l'antimoine dans un des puits. Est-ce dû aux fuites sur les cuves situées en amont ?

Jeudi 12 septembre :
• Alors que le Japon va se trouver à nouveau sans électricité d'origine nucléaire ce week-end, pour une durée indéterminée, l'ACRO fait le point.

• Des indignés anti-nucléaires qui campent devant le ministère de l'industrie auront bientôt une deuxième audience dans le cadre du procès intenté contre eux par le gouvernement japonais. Cela arrive à un moment où le parquet a décidé de ne pas poursuivre les responsables du gouvernement et de TEPCo... Drôle de justice !

• TEPCo a mis en ligne des résultats partiels sur la contamination de l'eau de la cuve qui a fui. Il y a 2,4 millions de Bq/l en tritium. Si on suppose que c'est la même contamination dans les autres cuves et qu'il y a 350 000 m3, cela fait 840 TBq de tritium en tout. Avec une limite annuelle de rejet fixée à 22 TBq/an avant la catastrophe, il faudra au moins 38 ans pour tout rejeter. Sauf si TEPCo obtient le droit de rejeter plus chaque année, ce sera difficile à faire passer. Le président de la NRA est très flou quand il parle des futurs rejets "contrôlés" qui viendront s'ajouter aux fuites.

• Comme s'il fallait encore des preuves que l'eau de la cuve qui a fui pendant un mois est en partie allée dans la nappe, les derniers résultats de contamination de l'eau souterraine prélevée à proximité sont là pour en témoigner : 64 000 Bq/l en tritium dans le puits E1 hier, là où il y avait 29 000 Bq/l la veille et 4 200 Bq/l l'avant veille... Voir le communiqué en anglais. Et c'est passé à 97 000 Bq/l aujourd'hui ! (Tableau de résultats) TEPCo ne peut pas donner d'explication à cette hausse.
Si l'on considère que les rejets en mer ne doivent pas dépasser 60 000 Bq/L en tritium, une limite vient d'être franchie.
Dans d'autres puits, plus proches du littoral, il y a bien plus.
TEPCo ne sait toujours pas, non plus, pourquoi cette cuve a fui. Elle va donc l'ouvrir pour essayer d'en savoir plus.

• Le Canard Enchaîné daté du 11 septembre 2013 a publié un article sur le problème de l'eau contaminée à Fukushima qui est partiellement inspiré de notre synthèse, complétée par une interview de l'ACRO. Il est accompagné d'un dessin de Cabu qui a choqué les autorités japonaises. Il va protester auprès de l'ambassade de France et du journal satirique.
Le Canard a répondu à la presse qu'il ne voyait pas pourquoi il devait s'excuser et que la satire faisait partie de la tradition de la presse française.
De son côté, le président de l'autorité de sûreté nucléaire japonaise estime qu'"On ne peut pas nier que de l'eau contaminée fuit [dans la nature], mais il n'est pas nécessaire de s'inquiéter outre mesure des conséquences environnementales". Et d'ajouter : "Je ne pense pas que ce que M. Abe a dit soit scientifiquement faux. Il est néanmoins nécessaire de prendre des dispositions pour mettre fin à ces fuites."

Mercredi 11 septembre, deux ans et demi plus tard :
• 30 mois après les séisme, tsunami et catastrophe nucléaire, c'est l'heure des bilans :
- Le nombre de décès dû aux séisme et tsunami est officiellement de 15 883. Il y a aussi 2 654 disparus. Enfin, l'vacuation aurait entraîné le décès de 2 688 personnes. Il y a eu 6 146blessés dans 20 provinces.
- 289 611  personnes vivent encore loin de chez elles suite aux trois catastrophes. Parmi elles, 103 600 vivent dans les logements provisoires type mobile-home. Ces logements sont pleins et les personnes qui sont parties loin, au début de la catastrophe, dans de la famille par exemple, peinent à rentrer.
- Plus de 84 000 personnes ont été forcées à partir de chez elles à cause de la radioactivité. Parmi elles, 52 277 ont quitté la province de Fukushima. Mais seules les plus âgées veulent rentrer. Les plus jeunes tentent de refaire leur vie ailleurs.
- La chaîne de télévision publique, NHK, a interrogé les municipalités pour compter le nombre d'évacués volontaires à Fukushima. Il seraint de 49 000, soit 4 000 de moins qu'il y a un an. Il s'agit de souvent de la mère et des enfants. Pour certaines familles, ce n'est plus tenable financièrement.

• 30 mois après les séisme, tsunami et catastrophe nucléaire, les services médicaux n'ont pas encore été entièrement rétablis. Les hôpitaux et centres de soins détruits par le tsunami n'ont pas tous été reconstruits. Et à Fukushima, il y a toujours un manque de personnel. A Minami-Sôma, une clinique avec 230 lits n'a du personnel que pour150 personnes. Les infirmières partent rapidement après avoir été embauchées.

• 30 mois après les séisme, tsunami et catastrophe nucléaire, c'est l'heure des bilans :
- La décontamination a pris du retard : le gouvernement a pris directement en charge les villages évacués où la contamination est la plus forte. Il n'a fini que dans la commune de Tamura. Il est en retard dans 7 communes (Minami-Sôma, Iitaté, Kawamata, Katsurao, Namié, Tomioka et Futaba) sur 11 et n'a pas donné de nouveau calendrier. A Naraha, Ôkuma et Kawauchi, ce devrait être fini pour mars 2014. Les travaux n'ont pas commencé à Namié et Tomioka, et ne sont même pas plannifiés à Futaba. C'est très dur pour les personnes évacuées qui ont du mal à imaginer leur avenir.
- Une centaine de communes dans 8 provinces, qui ont été contaminées, mais pas évacuées ont aussi des travaux de décontamination à mener. La décontamination des écoles est généralement terminée. En revanche, seulement 20% des 380 000 unités d'habitation ont été décontaminées.
- En ce qui concerne les déchets du tsunami : le gouvernement annonce qu'il aura fini à Iwaté et Miyagi, mais qu'il est en retard à Fukushima. Il y a 26 millions de tonnes en tout dans ces trois provinces qui ont été les plus touchées. 62% des débris d'Iwaté et 77% de ceux de Miyagi ont été traités. A Fukushima, c'est seulement 42%, même dans les zones non évacuées.

• En prévision de l'ouverture totale du marché de l'électricité en 2016, une centaine de compagnies se sont enregistrées pour produire de l'électricité et 40% en produisent déjà. Il y a beaucoup d'initiatives locales avec des énergies renouvelables qui bénéficient d'un tarif de rachat intéressant.
Le PDG de Softbank, un opérateur de téléphonie mobile, et une des plus grandes fortunes du Japon, investit actuellement dans les énergies renouvelables en Asie. Il rêve d'un super-réseau transfrontalier pour vendre une partie de cette électricité au Japon. Mais les relations diplomatiques actuelles du Japon avec ses voisins rend les choses difficiles. Et puis le réseau intérieur japonais est encore aux mains des 10 compagnies d'électricité qui ne feront pas de cadeau à ce nouveau concurrent. Ses premiers projets sont en Mongolie.
La NRA a validé les nouvelles règles de sûreté pour les installations nucléaires liées au combustible. Elles sont mises en consultation et devraient pouvoir être appliquées à partir du 18 décembre 2013.

• La gestion de la catastrophe par TEPCo n'est pas satisfaisante, tout le monde en convient. Ces derniers temps, le gouvernement a même tiré à boulets rouges sur la compagnie, dont il est pourtant actionnaire majoritaire. Il a débloqué une forte somme pour prendre à sa charge une partie du problème de l'eau contaminée. Un nouvel Institut de Recherche sur le Démantèlement va prendre en charge tous les coûts liés à la R&D. Mais l'organisation des tâches n'est pas changée. C'est toujours TEPCo qui a la charge de la gestion des réacteurs accidentés qui restent très menaçants. Pourquoi ? Un intéressant article de Reuters tente de répondre.
Certaines personnes, comme le gouverneur de Niigata par exemple, pensent qu'il faut arrêter d'injecter de l'argent public dans TEPCo et la laisser faire faillite. Le travail de démantèlement pourrait être alors pris en charge directment par une agence gouvernementale. Mais les répercussions sur les marchés financiers seraient telles que les autorités n'osent pas. Les banques, à la fois actionnaires et qui ont prêté de grosses sommes à la compagnie, seraient secouées. TEPCo est trop grosse pour faire faillite... et le gouvernement continue à injecter continuellement de l'argent public. Il a investi 1 000 milliards de yens (8 milliards d'euros) l'an dernier et a ouvert une ligne de crédit de 5 000 milliards de yens (40 milliards d'euros) pour avancer l'argent des indemnisations. Cela ne suffira pas car il y a aussi la décontamination et le démantèlement des réacteurs. Et ce n'est pas fini car la compagnie perd de l'argent. Il en faudra au moins deux fois plus.
Et puis, si le gouvernement prend directement en charge la gestion des conséquences de la catastrophe, c'est lui qui essuiera toutes le critiques. Plus possible de taper sur TEPCo pour se protéger.
TEPCo a été créée en 1951, après la privatisation du secteur de l'électricité. En situation de monopole à Tôkyô, l’une des plus grandes mégapoles de la planète, elle faisait partie des premières compagnies mondiales d'électricité. Avec son énorme budget publicitaire et sa contribution au Keidanren, la puissante fédération patronale japonaise, elle incarnait la puissance, la richesse et occupait une place enviable au Japon. Elle n’a pas hésité à falsifier des rapports de sûreté, se sentant intouchable. Cela n'a, malheureusement, pas beaucoup changé.

• L'ACRO a mis à jour son point sur l'eau contaminée à Fukushima, qui inclut maintenant la fuite de la cuve.

Mardi 10 septembre :
• Shinzô Abé, le premier ministre japonais, a déclaré devant le comité international olympique, samedi 7 septembre, que la situation était sous contrôle concernant l'eau contaminée et qu'elle était complètement bloquée dans le port de la centrale qui ne fait que 0,3 km2.
"Some may have concerns about Fukushima. Let me assure you, the situation is under control. It has never done and will never do any damage to Tokyo."[...] “effects from the contaminated water have been perfectly blocked within the (artificial) bay”.
Si c'est passé devant de CIO, cela a choqué chez lui. Rien qu'en langue anglaise, l'Asahi, le Maïnichi et le Japan Times critiquent ses propos trop éloignés de la réalité. Lors de la conférence de presse quotidienne du 9 septembre, TEPCo a été pressée de questions pour avoir des données qui confirment les propos du premier ministre.
Le port est fermé par une barrière supposée retenir les sédiments, mais elle laisse passer le tritium et a une ouverture à cause la marée. Une simulation faite par TEPCo il y a un mois avait montré que jusqu'à 10 terabecquerels de strotium et 20 terabecquerels de césium 137 avaient rejoint l'océan.
TEPCo a tenté de justifier les propos du premier ministre en disant que la contamination de l'eau de mer le long des côtes était inférieure aux critères de non-potabilité de l'OMS. C'est ce que le premier ministre entend par "effets de l'eau contaminée". Mais c'est dû à la dilution, pas à une "situation sous contrôle" et un "blocage de la baie".
Le gouvernement a tenu une réunion inter-ministérielle sur la crise de l'eau contaminée. Il a été décidé que 20,6 milliards de yens de la réserve seront affectés à la crise dès cette année. Il y a 13,6 milliards pour le mur gelé souterrain et 7 milliards pour ALPS, la station de décontamination qui ne fonctionne pas. Cela fait cher pour une situation déjà "sous contrôle"...

• Le gouvernement voulait terminer la décontamination en mars 2014, mais il n'y arrivera pas et les travaux dureront au-delà dans 7 des 11 communes concernées. A en croire le ministre de l'environnement, Nobuteru Ishihara, fils de l'ancien gouverneur ultra-conservateur de la région de Tôkyô, c'est la faute des habitants qui ne veulent pas des centres de stockages et qui ne donnent pas leur accord immédiatement pour que l'on décontamine leur maison. Les personnes interrogées par les médias se plaignent du retard et attendent avec impatience que les travaux commencent chez eux. A Iitaté, seulement 3% des maisons ont été décontaminées. Les réfugiés restent dans l'incertitude quant à leur vie future alors qu'il était évident que le gouvernement ne pourrait pas tenir les délais trop optimistes.

TEPCo a invité Mr. Lake H. Barrett, spécialiste américain des questions de décontamination et des problèmes d'eau contaminée, à rejoindre ses réunions concernant l'eau contaminée. Il a été impliqué dans la gestion the l'accident de Three Miles Island.

• L'AEN, l'Agence pour l'Energie Nucléaire de l'OCDE, a publié un rapport sur l'accident de Fukushima. Pas lu.

Lundi 9 septembre :
TEPCo a foré un nouveau puits à une vingtaine de mètres de la cuve H4-I-5 qui a fui (puits E-1) et a trouvé 3 200 Bq/l en bêta total. C'est plus qu'avant la fuite et plus que dans le puits voisin E-2 où il y avait 650 Bq/l (cf 5 sept). Il y a aussi 4 200 Bq/l en tritium dans E-1 contre environ 300 Bq/l dans E-2. (Voir le tableau de résultats).
Il n'y a plus aucun doute, l'eau de la cuve a bien atteint la nappe phréatique.

• Le gouvernement a demandé à TEPCo de produire d'ici octobre un plan de remplacement des 300 cuves provisoires comme celle qui a fui, lors de la prochaine réunion du comité de suivi.

• Les procureurs, en charge de la plainte déposée contre une quarantaine de personnes dont des dirigeants de TEPCo et l'ancien premier ministre Naoto Kan, ont décidé de ne pas donner suite car ils considèrent qu'elles ne peuvent pas être tenues criminellement responsables.
La commission d'enquête parlementaire avait conclu que la catastrophe de Fukushima était une catastrophe d'origine humaine, mais les responsables ne sont pas coupables...

• Selon le Maïnichi, le nombre de décès dus aux mauvaises conditions de vie et au stress suite à la catastrophe nucléaire est actuellement de 1 539. 109 autres familles ont demandé une demande d'indemnisation dans ce sens après le décès d'un proche. En mars 2012, ce chiffre était de 734, avec 33,7% liés à la fatigue de vivre dans un centre d'évacuatio, 29,5% dus à la fatigue liée aux déménagements et 14,5% dus à une aggravation de la maladie faute de soins. Il y avait aussi 9 suicides.
A titre de comparaison, ce chiffre est proche de celui lié au séisme et tsunami : 1 599.

• Le blog ex-skf a repéré une annonce de recrutement d'un inspecteur pour les cuves  dont voici quelques caractéristiques :
- emploi à plein temps
- Surveillance des cuves d'eau contaminée à Fukushima daï-ichi
- Horaires : 08:00-17:00, 16:00-01:00 ou 00:00-09:00
- Pause : 60 minutes
- Salaire : 10 000 à 14 000 yens par jour (80 à 108 euros par jour)
- Description : surveillance des cuves d'eau contaminée à Fukushima daï-ichi. Vous allez patrouiller dans la zone avec un débitmètre avec un autre travailleur, inspecter visuellement les cuves et rédiger des rapports. Une ronde dure 30 à 40 minutes et vous ferez 4 à 6 rondes par période. Le travail est intermitent et la durée effectivement travaillée par jour est de 3 heures environ. Quand vous n'êtes pas en patrouille, vous êtes dans la salle d'attente protégée des radiations. Travailleurs à l'essai sont aussi acceptés.
- Niveau d'éducation requis : aucun
- Expérience professionnelle requise : aucune

Samedi 7 septembre :
• Tôkyô vient de remporter l'organisation des jeux olympiques de 2020. Le gouvernement va devoir expliquer comment il compte mener de front, la reconstruction des zones sinistrées par le tsunami, la gestion de la catastrophe nucléaire en cours et cet évènement. Les chantiers de relance de l'économie lancés par l'actuel gouvernement avaient aggravé la pénurie de main d'oeuvre sur les chantiers de décontamination.

• Un certain nombre de stations de mesure de la radioactivité équipées de détecteur NaI, le laboratoire Chikurin, équipé de détecteurs plus sophistiqués et soutenu par l'ACRO, et la fondation Takagi, se sont mis en réseau pour échanger des informations, faire des essais inter-laboratoires et mettre en place une base de données qui va collecter tous les résultats de mesure de radioactivité dans l'alimentation. Cette base est en cours d'élaboration depuis plusieurs mois et le lancement est prévu ce jour. L'ACRO a participé à une des réunions cet été.

• Le Conseil des Sciences du Japon, placé sous la houlette du premier ministre, a fait toute une liste de recommandations sur les conséquences de la catastrophe de Fukushima. Il demande un renforcement des contrôles de la radioactivité dans les aliments pour regagner la confiance des consommateurs et une meilleure organisation. Les mesures sont actuellement effectuées par plusieurs ministères sans coordination ni base de donnée centralisée. Les ONG sont donc en avance sur le gouvernement à ce sujet... Le Conseil recommande ainsi la mise en place d'un service centralisé qui aurait la gestion de la surveillance radiologique et de la publication des résultats.
Plus particulièrement, il recommande de contrôler chaque ferme, de publier des cartes de la contamination, de faire des études sur les coefficients de transfert vers les plantes. Il pense aussi qu'il faut soutenir la mesure citoyenne.

Vidéo pédagogique du Monde sur le problème de l'eau à Fukushima.

Vendredi 6 septembre
:
• TEPCo a changé sa page d'accueil en anglais qui débute maintenant avec une nouvelle profession de foi du PDG de TEPCo qui reconnait enfin que contrôler l'eau contaminée est le problème le plus urgent et sérieux auquel il fait face. Vous pouvez même l'écouter et le regarder dans une vidéo mise en ligne. La page en japonais, quant à elle, n'a pas changé. Si avec cela Tôkyô n'a pas les jeux olympiques ce sera la faute aux rumeurs néfastes...

• TEPCo a annoncé qu'elle allait installer des jauges dans ses cuves temporaires de stockage de l'eau contaminée d'ici la fin novembre. Le niveau de l'eau pourra ainsi être contrôlé à distance et un alarme va sonner en cas de baisse. Actuellement, seulement 55 cuves provisoires sur 337 sont équipées de jauge qui ne peuvent pas être contrôlées à distance.

• Le ministère de l'environnement a annoncé avoir trouvé deux sites satisfaisants pour l'entreposage des déchets radioactifs issus de la décontamination. Ils sont à Ôkuma et Naraha, près de la centrale de Fukushima daï-ichi et ont fait l'objet d'études géologiques. Le gouvernement espère pouvoir commencer des investigations similaires sur un troisième site situé à Futaba.

• La Corée a annoncé qu'elle interdisait l'importation de produits marins en provenance de 8 provinces japonaises (Fukushima, Aomori, Ibaraki, Gunma, Miyagi, Iwaté, Tochigi et Chiba). 50 produits sont concernés et ont représenté 5 000 tonnes l'an dernier. Elle va aussi renforcer ses contrôles. Le gouvernement japonais a appelé la Corée à réagir "scientifiquement" en argumentant que les produits alimentaires japonais sont contrôlés avant d'être mis sur le marché et que les fuites récentes n'ont eu qu'un impact très limité.
La décision coréenne est due à une forte inquiétude de la population et à une baisse des ventes de produits de la mer.

• Le quotidien Maïnichi a essayé d'obtenir les comptes rendus ou le verbatim des réunions inter-agences concernant l'indemnisation des victimes de la catastrophe de Fukushima : cela n'existe pas ! L'agence pour la reconstruction a tenu de nombreuses réunions avec d'autres agences gouvernementales et des ministères, mais ne souhaite pas que cela se sache. Elle ne veut même pas reconnaître que ces réunions ont existé.
Le quotidien veut savoir comment le gouvernement est arrivé à sélectionner 33 communes où les aides seront renforcées et a demandé à avoir accès aux comptes-rendus ou verbatim. Tout ce qu'il a obtenu, c'est la le lieu et la date des réunions, ainsi que les participants. Les comptes-rendus n'existeraient pas. Et les 120 pages de documents de travail qui ont servi de base à la réflexion lors de ces réunions sont secrètes.
La loi de protection des victimes de la catastrophe demande pourtant que les populations soient consultées et que le processus de décision soit transparent. Et le gouvernement avait été fortement critiqué pour n'avoir gardé aucun enregistrement des réunionsde crise au début de la catastrophe. Il n'en a pas tiré les leçons.

Jeudi 5 septembre :
• Suite à la fuite de la cuve H4-I-5 TEPCo a creusé un puits à proximité (E-2) et a prélevé de l'eau souterraine à 7 m de profondeur : il y a 650 Bq/l en bêta total et TEPCo en conclut que l'eau de la cuve a atteint la nappe phréatique. Tableau de résultat.
La contamination le long d'un drainage de la zone où il y a eu la fuite jusqu'à la mer est donnée dans ce tableau.

• La flêche d'une grue au dessus du réacteur n°3 s'est effondrée.

Mercredi 4 septembre :

Google a mis en ligne des images de la zone interdite et s'est approchée très près de la centrale accidentée.

• TEPCo annonce le renforcement des inspections des cuves avec 4 patrouilles par jour et 96 inspecteurs, contre 9 auparavant et met en ligne une vidéo. TEPCo ne publiait (presque) jamais d'image des ses cuves et de la place qu'elles prennent. Ce sont les médias qui ont pris des photos par hélicoptère ou lors de visites et qui ont publié des images qui permettent de se rendre compte de l'ampleur du problème. Sur la vidéo, on voit que le réceptacle pour récupérer l'eau des éventuelles fuites a des flaques dues à la pluie. Comment distinguer l'eau de pluie d'une fuite sans instrument de mesure comme auparavant ? Et en cas de fuite par jour de pluie, la situation devient ingérable.
TEPCo continue donc à faire des mesures de débit de dose à proximité des cuves et a trouvé juqu'à 2 200 mSv/h (2,2 Sv/h) en dose équivalente dans la même zone où 1 800 mSv/h avaient été trouvés. Le résultat est très sensible à la façon dont fait la mesure et une telle variation n'est pas surprenante.
La compagnie confirme qu'elle n'a pas détecté de fuite à ces endroits et elle a commencé à installer des écrans pour diminuer les risques. Là où elle avait trouvé 2 200 mSv/h, il ne reste plus que 30 mSv/h.

• Grâce à une endoscopie dans les sous-sols du bâtiment turbine du réacteur n°1, TEPCo a trouvé de l'eau souterraine qui y pénètre. TEPCo va donc étudier un peu mieux la zone et essayer de boucher cette entrée d'eau. Des photos et explications sont en ligne en anglais. Des vidéos aussi. C'est un bon début, mais on est encore loin des 400 m3/jour.

• L'Asahi est très critique à propos des mesures annoncées par le gouvernement japonais. Les deux mesures proposées, à savoir geler le sol autour des réacteur pour freiner les échanges d'eau souterraine et le renforcement d'une station de traitement qui ne marche pas ne sont que des solutions à moyen terme alors que la situation est urgente. Il n'est même pas sûr que cela soit des solutions efficaces.
Pourquoi le gouvernement ne finance-t-il pas le remplacement des cuves provisoires comme celle qui a fui et qui sont menaçantes ? "Cela va être envisagé dans le futur". Telle fut la réponse à une question dans ce sens lors de la conférence de presse.
D'autres médias soulignent que la précipitation du gouvernement à faire des annonces n'avait d'autre but que de rassurer la communauté internationale à quelques jours de la décision d'attribuer les JO de 2020 pour lesquels Tôkyô est candidate.

• Un membre de l'équipe d'experts mandatés par la NRA pour inspecter les failles sous la centrale de Higashidori (Aomori) a déclaré à la presse, qu'après deux jours sur place, cette nouvelle inspection n'a pas changé son opinion et que les failles sont bien actives. Il faut encore étudier le rapport d'étude fourni pas l'exploitant avant de conclure.

• La région de Tôkyô a mis en ligne un site en anglais qui présente les résultats de mesure de la radioactivité dans la capitale pour rassurer les étrangers et le Comité International Olympique.

Suivi chronologique
Les archives de ce suivi sont dans d'autres fichiers, classées chronologiquement par thème. Elles ont été rédigée en direct, au jour le jour. Je les laisse ainsi, avec toutes les fautes de frappes, un français parfois approximatif et les liens qui ne sont peut-être plus valables. Car ce travail est entièrement fait bénévolement.
Les archives de l'an I sont ici.
Les archives de l'an II sont ici.
Les archives de l'an III sont ici.

Nous continuons aussi la reconstitution des premières heures de l'accident en fonction des information glanées ça et là. C'est ici en français.

Nous avons aussi rédigé deux rapports qui font un bilan de la première année de la catastophe :
- Rapport sur les initiatives citoyennes au Japon suite à la catastrophe de Fukushima, février 2012 (pdf, 1,4 Mo)

- Les enseignements de Fukushima : Contribution de l'ACRO au rapport de Greenpeace International, février 2012 (pdf, 4,6 Mo). Une version anglaise, espagnole et allemande sont aussi disponibles.


Ce qui pécède, est essentiellement basé sur la presse japonaise, quelques blogs et sites officiels pertinents, ainsi que sur des informations transmises directement par quelques personnes avec qui nous sommes en contact.



Autres sources d'information :

De nombreux autres sites Internet suivent l'évolution en continu de la catastrophe nucléaire :
- au Japon, mais en anglais, par Greenaction à Kyoto, association avec laquelle nous avons des liens très serrés ;
- au Japon, et toujours en anglais, EX-SKF, qui épluche et traduit la presse japonaise ;
- en France, Enerwebwatch, qui recense tout ce qui apparaît sur internet ;
- en France encore, le blog de Fukushima et génération 4 qui font un suivi régulier avec un oeil critique ;
- en France toujours, Information Fukushima qui ratisse la toile ; fukushima-is-still-news qui collecte les articles de la presse japonaise en anglais
- en France, Dissensus Japan met en ligne des vidéos sous-titrées en français et/ou anglais.
- en Suisse, un suivi est fait par 2000watts.org ;
- au Etats-Unis, le New York Times ;
- en France, l'ASN et l'IRSN ;
- au niveau international, l'AIEA.


La centrale accidentée est déjà visible sur google-earth.
Une webcam permet de voir le site de la centrale.
Les photos fournies à la presse par TEPCo sont ici.
Des images satellites de la centrale avant et pendant la catastrophe sont disponibles ici.
Des photos aériennes de grande qualité sont disponibles ici.
Les photos du quotidien Asahi sont visibles ici et les archives des jours précédents ici.
Une vidéo prise par un drone peut être visualisée en trois parties ici
Des photos prises par une personne sur place sont disponibles ici.
Photos en ligne de Kazuma Obara sur les environs de la centrale de Fukushima daï-ichi et les manifestations contre le redémarrage des centrales nucléaires.

Les débits de dose sur le site de la centrale sont disponibles ici. Les autres données sont regroupées ici.

Les conditions météo sur place peuvent être consultées en français ici.

Tous les tremblements de terre qui ont eu lieu au Japon depuis le 11 mars sont répertoriés ici. Il y en a eu plus de 1 700.
Une vidéo recense tous les séismes de l'année 2011 en anglais et japonais.
Le site officiel de prévision des risques sismiques est ici en anglais.

De nombreuses données sismiques sont disponibles ici.

Des images satellites et une cartographie de l'impact du tsunami sont disponibles ici.

TEPCo avait falsifié des données importantes pour la sûreté dans la passé. Voir l'article de l'ACRO à ce sujet et un reportage de la télévision japonaise sur Youtube, sous-titré en anglais si l'on clique sur cc.

Articles de l'ACRO en ligne

pour comprendre la radioactivité :
- La radioactivité expliquée aux enfants, suivie de la mesure de la radioactivité expliquée aux enfants (2011)
- Notions de base de radioactivité, fiche technique
- La contamination et l'irradiation, fiche technique
- Exposé sur la radioactivité et ses effets (pdf, 2011)
- Définition des zones contaminées en Biélorussie (1991) Plus de détails ici

et sur des évènements passés au Japon :
- A propos des falsifications de TEPCo dans le passé
- A propos de l'accident de Tokai-mura le 30 septembre 1999
- A propos du tremblement de terre de 2007 et de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa (juin 2008)

 
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