L'ACROnique de Fukushima :
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Nous vous invitons à aller voir le très beau film de fiction "The land of hope" (希望の国, kibô no kuni).

Jeudi 23 mai :
• TEPCo fait un nouveau point sur l'eau contaminée accumulée. Cela continue à monter sans que la compagnie n'ait de solution en vue.
La vidange des réservoirs qui fuient n'est pas encore terminée. Il y a du tritium dans l'eau à proximité des fuites, jusqu'à 4 900 Bq/L.
Au 7 mai, il y avait 290 000 m3 d'eau contaminée dans 940 cuves, plus environ 94 500 m3 dans les sous-sols des réacteurs. Le stock continue à augmenter de 400 m3/jour. Parmi ces cuves 280 sont considérées comme "temporaires" car elles ne peuvent être utilisées que pendant 5 ans. TEPCo devra commencer à les remplacer au printemps 2016 si elles tiennent bien comme prévu.
TEPCo avait envisagé de construire une barrière souterraine en amont des réacteurs pour dévier les nappes phréatiques. Mais elle y a officiellement renoncé par crainte que l'eau contaminée des sous-sols des réacteurs ne prenne la place. Quant à l'idée de pomper une partie de cette eau en amont et de la rejeter en mer, elle est toujours suspendue, suite à l'opposition des coopératives de pêche. On est sans nouvelle des progrès de la station de traitement des eaux contaminées en cours de test. La fameuse "Alps". Cette station ne retirera pas tout et la contamination en tritium de l'eau traitée, de l'ordre de 1 à 5 millions de becquerels par litre, dépasse les autorisations de rejet fixées à 60 000 Bq/L. TEPCo veut donc diluer l'eau avant de la rejeter en mer... Mais qui arrivera-t-elle à convaincre ?
Bref, l'eau reste le cauchemar n°1 de TEPCo qui aurait déclaré, lors d'une conférence de presse le 16 mai dernier, qu'elle espère recevoir des suggestions.

• Retour sur l'étude de la contamination du plancton (cf 21 mai) qui a montré que tous les 10 échantillons sont contaminés aux césiums 134 et 137. Ils ont été prélevés moins d'un an après la catastrophe, en janvier-février 2012, de 500 à 2 100 km de la centrale.
Les points où le plancton est le plus contaminé ne sont pas les points où l'eau est la plus contaminée. Les chercheurs n'ont pas l'explication.
La contamination de l'eau de mer ne baisse pas au large de Miyagi, selon les derniers relevés de TEPCo.

• TEPCo fait face à une pénurie de main d'oeuvre. La compagnie refuse de l'admettre, mais les témoignages des personnes qui sont intervenues mentionnent la forte demande de main d'oeuvre dans le bâtiment pour reconstruire les zones dévastées par le tsunami. De nombreux travailleurs qualifiés ont aussi atteint la limite de dose et ne peuvent plus travailler dans une centrale nucléaire. TEPCo se refuse à donner le nombre de ces personnes qui partent. Si les autres exploitants sont autorisés à redémarrer leurs centrales, ils auront aussi besoin de main d'oeuvre et la situation sera encore plus tendue.
Et comme ce n'est pas TEPCo qui emploie la plupart des 3 000 intervenants quotidiens, mais des sous-traitants, avec parfois 5 niveaux de sous-traitance, la compagnie n'est pas consciente des difficultés et des réalités. Et comme la compagnie semble plus préoccupée par la réduction des coûts que par les conditions de travail, de nombreuses personnes, même très qualifiées, quittent le chantier.
Tous les témoignages sont anonymes car les contrats de travail interdisent tout contact avec la presse.
En ce qui concerne la "décontamination" autour de la centrale, ce n'est pas mieux. Selon l'administration, il y a eu 2 124 emplois publiés durant le premier trimestre 2013 et seulement 312 postes pourvus.

Mercredi 22 mai :
• la NRA a officiellement validé l'avis de son groupe d'experts à propos des failles sous la centrale de Tsuruga. Le réacteur n°2, qui a 26 ans, ne pourra donc pas redémarrer. La NRA joue sa crédibilité dans cette affaire. L'exploitant est furieux. La NRA va lui demander l'étudier la tenue de la psicine de combustible usé à un séisme impliquant ces failles.
Pour Monju, la décision de la NRA sera officiellement annoncée le 29 mai.

• Environ 44% des réfugiés des catastrophes du 11 mars 2011 qui se sont installés à Tôkyô veulent y rester. Ils étaient 37% l'an dernier. 32% ont répondu vouloir rentrer, contre plus de 50% l'année précédente. L'enquête a été distribuée à 3 555 foyers par les autorités régionales. 1 139 ont répondu, dont 81% de Fukushima. Parmi les réponses, 26% des foyers ont maintenant un membre avec un emploi stable à Tôkyô, mais pour 50% des foyers, c'est toujours le chômage.

Mardi 21 mai :
TEPCo a reçu 154,9 milliards de yens (1,2 milliards d'euros) des autorités.

• Des chercheurs de la Japan Agency for Marine Earth Science and Technology ont prélevé du plancton en 10 points du Pacifique au large de la centrale de Fukushima, de Hokkaïdô à Guam, et ont trouvé une contamination systématique en césium 134 et 137. La contamination la plus élevée en césium 134 est de 8,2 à 10,5 Bq/kg et la plus basse, de 1,9 Bq/kg. Il faut ajouter le césium 137 : 14,9 Bq/kg pour l'échantillon le plus contaminé.
Le plancton est tout en bas de la chaîne alimentaire marine et le césium peut s'accumuler tout au long de cette chaîne.

• Environ 500 bénévoles tentent de décontaminer les rue où aura lieu un festival début juin afin de rassurer les touristes. Il s'agit du Tôhoku Rokkon Saï qui sera célébré les 1er et 2 juin. Le débit de dose aurait baissé dans la plupart des lieux, parfois jusqu'à 90%. Un des organisateurs ne veut pas s'arrêter là et veut continuer après le festival.

• Les compagnies d'électricité du Tôhoku et de Shikoku ne pourront pas augmenter leur tarifs d'électricité pour les particuliers avant le mois d'août au plus tôt alors qu'elles espéraient un feu vert du gouvernement pour juillet. Le groupe du ministère de l'économie qui étudie leur demande a besoin de plus de temps.

Le Monde mentionne cet appel lancé au gouvernement japonais pour qu'il protège mieux les 3 000 personnes qui interviennent quotidiennement sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi et en particulier des sous-sous-traitants qui font le sale boulot avec des CDD. Quand la dose limite est atteinte, c'est le chômage.

• Environ 700 habitants de Hippo, situé à Miyagi, sur la frontière avec la province de Fukushima, ont porté plainte pour obtenir la même indemnisation que celle reçue par les résidants de Fukushima. Ils ont demandé à TEPCo de leur verser 70 millions yens (5,4 millions d'euros) en dommages-intérêts. Les résidants de Hippo ont soutenu que les niveaux de radiation dans leur district dépassaient ceux de Fukushima, mais le plan d’indemnisation de base du gouvernement japonais ne concerne que les habitants de Fukushima.

Lundi 20 mai :
• Les derniers résultats mis en ligne sur le site de la NRA montrent que les sédiments marins continuent à être toujours très contaminés à proximité de la centrale de Fukushima daï-ichi. Les analyses ont été faites par TEPCo qui met en ligne sur son site les mêmes résultats présentés différemment. La compagnie montre aussi l'évalution temporelle qui ne met pas en évidence de baisse significative. D'autres mesures plus récentes sont aussi en ligne sur le site de la NRA.

Dimanche 19 mai :
• TEPCo met les bouchées doubles pour pouvoir demander l'autorisation de redémarrer ses 7 réacteurs de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa dès la fin juillet, quand le nouveau référentiel de sûreté sera dans la loi. Elle veut doubler ses concurrents pour que les inspecteurs de la NRA, qui ne sont pas assez nombreux pour tout inspecter simultanément, viennent d'abord chez elle. Mais, ce n'est pas gagné pour autant. Il y a le problème des failles dont l'étude peut prendre du temps. Et puis, une partie des autorités locales n'est pas prête à signer un chèque en blanc. Le gouverneur de Niigata a toujours dir qu'il fallait d'abord tirer toutes les conclusions de la catastrophe de Fukushima avant de prendre une décision. Mais TEPCo, qui est en faillite, compte sur ces réacteurs pour espérer voir les profits revenir.

• Les Etats-Unis ont donné leur feu vert à l'exportation de gaz de schiste vers le Japon, ce qui va faire baisser les prix du gaz naturel liquide. Les importations de Chubu Electric et Osaka Gas, qui devraient débuter en 2017, représenteront environ 5% des importations de gaz naturel. D'autres compagnies pourraient suivre et les gaz de schiste pourraient représenter 20% des importations, ce qui devrait changer la donne énergétique du pays.

• Un groupe de personalités, présidé par Akito Arima, physicien nucléaire, ancien président de l'université de Tôkyô, ancien membre du parlement, ancien ministre de l'éducation et de la recherche, a envoyé un avis de 5 pages au premier ministre en février dernier, demandant le redémarrage rapide des réacteurs nucléaires et critiquant la nouvelle autorité de sûreté, la NRA. Ce texte a été signé par 29 personalités. Si les dirigeants des compagnies d'électricité ne sont pas parmi les signataires, on trouve des personnes affiliées à l'industrie nucléaire.
L'Asahi a découvert que c'est l'Agence des resources naturelles et de l'énergie, qui dépend du ministère de l'industrie, qui a rédigé le texte. Le quotidien a obtenu de nombreux documents électroniques officiels pour appuyer ses dires. Un haut fonctionnaire de la division nucléaire de l'agence a confirmé que le premier jet a été proposé par l'Agence dont des membres étaient présents lors des réunions. Ce sont aussi des membres de cette agence qui ont organisé le rendez-vous entre le groupe et le premier ministre.

Samedi 18 mai :
• Des agriculteurs du district de Miyakojimachi dans la commune de Tamura, situé à 15 km de la centrale, ont planté du riz avec l'intention de vendre la récolte. Ils ont répandu du potassium pour limiter l'absorption du césium. 6 hectares sur 3 exploitations sont concernés. Les habitants ne peuvent toujours pas habiter à Miyakojimachi, seulement y passer la journée.

• La NRA continue ses inspections des deux réacteurs de la centrale d'Ôï en fonctionnement. Elle a notamment demandé à KEPCo, l'exploitant, d'étudier l'impact d'un mouvement simultané de trois failles lors d'un séisme. Mais l'exploitant rejette la demande sous le prétexte que ses recherches ont montré qu'il était peu probable que les trois failles bougent simultanément. Mais des experts de la NRA affirment que cette éventualité ne peut pas être exclue et doit donc être étudiée. Pourtant, quand KEPCo demandait l'autorisation de redémarrer ces deux réacteurs il y a un an, le président de la compagnie avait promis de se plier aux nouvelles normes de sûreté quand elles seraient prêtes. Mais, au Japon aussi, les promesses n'engagent que ceux qui y croient. Et la principale leçon de Fukushima est qu'il faut aussi se préoccuper des évènements peu probables s'ils menacent la sûreté des réacteurs. KEPCo ne semble pas avoir compris, comme le dénonce l'Asahi dans un éditorial.

Vendredi 17 mai :
• Comme tous les vendredis depuis plus d'un an, les manifestations continuent devant la résidence du premier ministre.

• Le groupe d'experts de la NRA a confirmé que certaines zones de déformation sous la centrale de Higashidôri (Aomori) sont actives. Tôhoku Electric, l'exploitant, n'est, évidemment, pas d'accord. Cette compagnie pourrait aussi perdre tous ses réacteurs nucléaires.

• Les autorités régionales de Chiba et Tôkyô n'auraient rien fait après avoir appris que des anguilles pêchées dans la rivière Edogawa qui fait la frontière entre les deux régions. Le 9 mars dernier, une dame a pêché une anguille qu'elle a fait analyser par une université qui a trouvé 147 Bq/kg en césium. L'université a prévenu les autorités fin mars et l'agence de la pêche a prévenu les autorités régionales qui n'ont pas réagi. Avec comme excuse qu'il ne s'agissait pas d'une pêche professionnelle vendue dans le commerce. Et puis la saison de pêche est en été.
L'université a analysé d'autres anguilles pêchées par la même dame près de l'embouchure et il y avait 97,4 et 129,6 Bq/kg.

• Le président de la Japan Atomic Energy Agency qui tente d'exploiter le surgénérateur Monju a démissionné suite à la décision de l'autorité de sûreté de geler tous les travaux pour manquements graves à la sûreté. Il a 70 ans et était en place depuis 2010. La sûreté de l'installation n'en est pas pour autant améliorée. C'est toute la culture d'entreprise et l'organisation qu'il faut revoir.

• Selon, la télévision nationale NHK, la décontamination a très peu avancé. Dans les zones évacuées, c'est le gouvernement qui en la charge et il a délégué le travail à des majors du BTP. Seulement 4% des terrains ont été décontaminés. Ailleurs, ce sont les municipalités qui prennent en charge les travaux, avec une aide financière du gouvernement : seulement 5% des habitations qui devaient être décontaminées ont été nettoyées. Et où les travaux ont eu lieu, ce n'est souvent pas suffisant : il y a toujours plus de 1 mSv/an pour 77% des terrains décontaminés. Bref, le bilan n'est pas concluant et cette toute la politique de retour qui est à revoir.

Il y a encore eu une fuite d'eau découverte à 8h55. 27 m3 d'eau traitée auraient fui et auraient été absorbés par le sol.
TEPCo a revu à la baisse la quantité d'eau qui a fui des réservoirs. Pour le réservoir n°2, où la première fuite a été découverte,  c'est passé de 120 000 litres (120 m3) à 300 litres ! Pour les réservoirs 1 et 3, ce seraient maintenant 90 litres qui auraient fui. En plus, sur ces 390 litres, seulement 30 litres se seraient infiltrés dans le sol. Le reste serait resté entre les trois couches qui forment le fond des réservoirs. Comment expliquer une telle variation ?
D'après les dernières données mises en ligne, il y a toujours beacoup plus de césium dans l'eau de mer à proximité de la centrale qu'ailleurs, ce qui laisse penser que les fuites vers la mer via l'eau souterraine continuent.

Jeudi 16 mai :
• Les indignés, qui campent devant de ministère de l'économie et des finances, ont entamé une grève de la faim pour protester contre leur expulsion. Elle va durer jusqu'à mercredi prochain, qui la veille du procès suite à la plainte déposée par le gouvernement pour occupation illégale.

D'après les derniers résultats mis en ligne, les eaux souterraines sont presques toutes contaminées au tritium sur le site de la centrale et c'est proche de la mer, en aval des réacteurs que la contamination est la plus forte : 3 600 Bq/L (puits n°3).
Les autres résultats de mesure de TEPCo peuvent être consultés ici en anglais.

Mercredi 15 mai :
• La NRA s'est réunie aujourd'hui et a avalisé les rapports de ses experts et inspecteurs. Ainsi, comme cela a déjà été annoncé :
- le redémarrage du surgénérateur Monju (qui n'a fonctionné que quelques mois en 18 ans) est suspendu jusqu'à nouvel ordre car les problèmes de sûreté y sont trop nombreux.
- le réacteur n°2 de la centrale de Tsuruga (Fukui) est bien sur une faille jugée fort probablement active. Cet avis avait déjà été annoncé en janvier dernier. L'exploitant, a apporté des arguments contradictoires qui ont été rejetés par la NRA, car jugés non convainquants. Il va donc continuer les études destinées à prouver que la faille n'est pas active pour sauver son réacteur. Un rapport est attendu en juillet.
Le maire de Tsuruga, qui craint de voir les finances de sa commune fondre, comme d'autres politiciens, a essayé de faire pression, en vain.
Le patron de Japan Atomic Power, l'exploitant, est furieux et a tenu à le faire savoir : il n'aurait pas eu la chance de faire valoir ses arguments, le point de vue de la NRA ne serait pas basé sur des faits et données. Il critique aussi le fait de ne pas avoir été invité à la réunion.
Les travaux de construction de ce réacteur ont commencé en 1982 et il a démarré en 1987.
Comme les deux autres réacteurs de la Japan Atomic Power ont aussi peu de chance de redémarrer, elle va faire faillite. Et ses actionnaires sont les neuf compagnies d'électicité qui exploitent l'énergie nucléaire (Tokyo Electric Power Co. : 28,23%, Kansai Electric : 18,54%, Chubu Electric : 15,12 %, Hokuriku Electric : 13,05%, Tohoku Electric : 6,12%, Electric Power Development Co. : 5,37%, Kyushu Electric Power Co. : 1,49% et Chugoku Electric Power Co. : 1,25%). L'impact financier va donc bousculer tout le Japon. De plus, d'autres centrales pourraient être sur des failles actives et ne redémarreront pas.

Mardi 14 mai :
France 3 Basse-Normandie a mis en ligne un feuilleton sur le déplacement de la délégations des trois CLI du Nord-Cotentin. Dans l'épisode 3, on voit chikurin, le labo monté par l'ACRO dans la banlieue de Tôkyô.

• Selon simplyinfo.org, une compagnie israélienne, Magna BSP, a installé des caméras de surveillance sur le site de la centrale de Fukushima daï-ichi en 2010 pour la protéger contre les intrusions de personnes malveillantes. Selon la compagnie, ce système aurait dû résister aux séismes et tsunami. Après les explosions hydrogène, peut-être pas. Il est équipé de batteries de secours. Simplyinfo montre des photos du site accidenté où l'on voit des caméras de surveillance.
Où sont les images ? TEPCo ne les a jamais mentionnées. Il se pourrait même que les caméras thermiques soient sensibles à la radioactivité, selon le patron de la compagnie.

• Selon le Maïnichi, ce sont maintenant 8 communes (Makinohara, Kikugawa, Kakégawa, Fukuroï, Iwata, Fujiéda, Yoshida et Mori) situées près de la centrale de Hamaoka (Shizuoka) qui s'opposent à son redémarrage. Elles sont toutes situées à moins de 30 km de la centrale, dans le périmètre d'évacuation.

Lundi 13 mai :
• Le surgénérateur expérimental Monju, arrêté depuis 1995, après quelques mois de fonctionnement seulement, suite à une fuite de sodium et que l'exploitant tente de redémarrer, pourrait être définitivement arrêté. L'autorité de sûreté nucléaire pense qu'il ne satisfait pas aux critères de sûreté et elle ne donnera pas d'autorisation de d'exploitation. La décision est attendue mecredi 15 mai.
L'exploitant n'avait pas inspecté plus de 10 000 pièces, dont certaines importantes pour la sûreté comme un détecteur de neutron ou un diesel de secours. Même après un rapport interne sur ce problème, la situation a perduré. La NRA a aussi trouvé des violations des règles internes de l'exploitant.
Bref, tout est à revoir et la Japan Atomic Energy Agency (l'équivalent du CEA) ne peut pas espérer un redémarrage avant 2014, ce qui fera 20 ans d'arrêt ! Et cela avant même que de nouvelles règles de sûreté soient adoptées. Et puis, il y a le problème de la faille qui passe sous le réacteur qui pourrait être active.
Il serait temps d'abandonner ce projet. Les surgénérateurs au sodium ne marchent pas et sont trop dangereux. Et comme l'usine de retraitement qui doit fournir le plutonium ne marche pas non plus, c'est toute la gestion des combustibles usés qui est à revoir. Elle reposait sur des chimères. Il faut maintenant tout reprendre à zéro sur des bases réalistes.
Le Japon a déjà dépensé 1 000 milliards de yens (8 milliards d'euros) sur le projet Monju, pour rien.

• TEPCo a eu une réunion avec les coopératives de pêche pour obtenir leur accord afin de rejeter en mer de l'eau souterraine et limiter ainsi les infiltrations dans les sous-sols des réacteurs. Officiellement, cette eau serait moins contaminée que celle des rivières. TEPCo a mesuré jusqu'à 0,12 Bq/L de césium 137 dans cette eau. C'est moins que pour l'autorisation de rejet, mais cela signifie que la nappe est déjà bien contaminée et confirme l'hypothèses de fuites en mer. Qu'en est-il pour le tritium, beaucoup plus mobile ?
Mais les coopératives de pêches ont refusé de signer un chèque en blanc et demandent plus de temps pour décider. Les prochaines discussions auront lieu en juin, au plus tôt. TEPCo a sous estimé la défiance des pêcheurs. Les leaders des coopératives étaient d'accord, mais pas la base.
TEPCo estime que le volume d'eau quotidien s'infiltrant dans les sous-sols pourrait passer de 400 à 300 m3.
Greenpeace Japon et la Surfrider foundation ont proposé un contrôle citoyen de l'eau souterraine rejetée. Ces deux organisations s'opposent, bien entendu, aux rejets en mer d'eau contaminée.

Samedi 11 mai :
• L'autorité de sûreté, la NRA, a demandé à KEPCo de revoir la résistance des réacteurs de sa centrale d'Ôï en supposant que les trois failles bougent en même temps lors d'un séisme. La compagnie prétend que c'est inutile car les failles, situées à moins de 30 km de la centrale, ne seraient pas liées. Deux sont sous la mer et une sous terre.

• Le marché de l'électricité est libéralisé pour les compagnies qui peuvent choisir leur fournisseur depuis mars 2000. TEPCo a perdu 7 000 clients en 2012, ce qui est la plus forte perte. C'est dû, en partie, à la hausse de ses tarifs de 14,9% en moyenne. Elle a perdu 22 400 clients depuis 2000.

• Le ministère du travail a mis en garde trois compagnies sous-traitantes basées à Nagasaki pour avoir envoyés illégalement des travailleurs à la centrale de Fukushima. C'est la première fois que le ministère publie les noms des entreprises réprimandées. Les travailleurs s'étaient retrouvés à travailler à Fukushima alors que ce n'était pas mentionné dans le contrat. D'autres ont été moins payés que promis.
Un des travailleurs concernés avait alerté le ministère en juillet 2012 et il a fallu presqu'un an pour que des mesures disciplinaires soient prises et TEPCo n'a pas pu résoudre le problème.

• Le ministère de l'environnement a annoncé qu'il allait revoir les règles d'évacuation pour prendre en compte les animaux de compagnie.

Jeudi 9 mai :
• Une station médicale a ouvert dans la mairie de Namié, dans une zone évacuée. Elle est là pour prendre en charge les résidents qui rentrent chez eux durant la journée et qui en aurait besoin, avec un médecin et une infirmière présents de 9h30 à 15h. C'est le premier centre de ce type à ouvrir à moins de 20 km de la centrale de Fukushima daï-ichi.

• La décision finale de la NRA à propos de la faille qui passe sous le réacteur n°2 de la centrale de Tsuruga, prévue pour le 15 mai, est attendue. Le groupe d'experts mandaté a, à l'unanimité, considéré la faille fort probablement active, ce qui signifie la fin de l'exploitation du réacteur. L'exploitant, Japan Atomic Power Co. (JAPC), qui exploite trois réacteurs pour revendre l'électricité produite aux compagnie d'électricité, est dans une situation critique. Le réacteur n°1 de Tsuruga a plus de 40 ans et celui de Tôkaï fait face à une forte opposition locale. La compagnie a donc fait savoir qu'elle utiliserait tous les moyens possibles pour obtenir l'autorisation de redémarrer le réacteur, y compris aller en justice contre le gouvernement. L'argent semble plus important que la sûreté pour elle...

• TEPCo va retirer la structure qu'elle a construite autour du réacteur n°1. Les explications sont ici en japonais et ici en anglais. L'espèce de chapiteau avait été installé en octobre 2011 pour limiter les rejets radioactifs et l'eau de pluie. TEPCo avait alors prévu de faire de même pour les autres réacteurs. Elle a, depuis, revu ses plans. Les travaux commenceront cet hiver. Elle veut démanteler l'enchevètrement de poutrelles, comme pour le réacteur n°3. Puis, une autre structure sera construite dans 4 ans.
Les rejets atmosphériques seraient 100 fois plus faibles qu'au moment où la structure a été installée.

Nouveau bilan de l'eau contaminée par TEPCo.

• Le nouveau référentiel de sûreté des installations nucléaires japonaises est maintenant disponible en anglais, dans ses grandes lignes. Les liens pour accéder aux documents sont ici. Il s'agit de prescriptions provisoires.

Mercredi 8 mai :
• On trouve encore des points chauds. Dans la ville de Fukushima, deux parkings viennent d'être fermés après qu'une association ait découvert une contamination anormalement élevée : 430 000 Bq de césium par kilogramme de sol. La contamination des autres points dépasse aussi 100 000 Bq/kg et le débit de dose varie de 0,6 à 3,8 microsieverts par heure. 100 000 Bq/kg, c'est la limite à partir de laquelle les autorités classent les déchets en déchets radioatifs nécessitant un traitement spécial. Plus de deux ans après les rejets massifs, une cartographie précise de la contamination reste à faire.

• Un sondage montre que 70% des experts de la Société Japonaise pour l'Energie Atomique sont toujours confiants dans l'énergie nucléaire. C'était 62% en 2011. 92% d'entre eux pensent qu'il faut continuer à exploiter cette énergie.

• TEPCo a creusé douze puits en amont des réacteurs, côté Ouest, afin de pomper l'eau souterraine et de la rejeter en mer. L'idée est d'abaisser le niveau des nappes phréatiques pour réduire les infiltrations dans les sous-sols des réacteurs. En effet, TEPCo estime qu'il y a 400 m3 d'eau souterraine qui s'infiltre chaque jour dans les sous-sols où elle se mélange à l'eau très contaminée qui a servi à refroidir les combustibles fondus (corium). Cette eau est pompée pour éviter les débordements en mer et la compagnie ne sait plus où la mettre ensuite.
Le test a consisté à pomper 200 m3 d'eau phréatique qui n'est, selon TEPCo, pas plus contaminée que celle des rivières voisines. Ce qui ne veut pas dire grand chose. Elle ferait mieux de donner des chiffres.
TEPCo espère obtenir l'accord des coopératives de pêche le 13 mai et commencer à pomper le 14. Le principal risque est que l'eau des sous-sols vienne contaminer les nappes phréatiques.
TEPCo continue à observer une contamination au tritium de l'eau souterraine à proximité de la mer. La contamination la plus forte est de 3 500 Bq/L.

Mardi 7 mai :
• La presse japonaise rapporte de nouveaux extraits des enregistrements des visio-conférences des premiers jours de la catastrophe : dans la nuit du 14 mars un débit de dose 3,2 millisieverts par heure est détecté par la balise située au portail d'entrée de la centrale. Pour être sûr d'être bien compris, le directeur de la centrale précise que c'est plus de 3 000 microsieverts par heure. Un des directeurs à Tôkyô demande si c'est bien la plus forte valeur enregistrée jusqu'à présent. Le directeur de la centrale, Masao Yoshida, répond : "On a déjà eu des valeurs comme 1 500 ou 2 000 microsieverts. Maintenant, on ne fait plus attention".

• C'est au tour de Futaba d'être "rezoné" : la plus grande partie de la commune a une contamination qui entraîne une dose annuelle supérieure à 50 mSv et est donc classée en zone de "retour difficile". L'accès y est interdit pendant au moins quatre années. Seule une toute petite partie, avec 250 habitants sur 6 520 va rouvrir. C'est la dernière commune située dans un rayon de 20 km à être rezonée. L'entrée en application aura lieu le 27 mai à minuit.

• Le nombre d'enfants scolarisés à Fukushima a chuté et est passé sous la barre des 100 000. C'est 19 000 de moins qu'avant la catastrophe. L'Asahi rapporte que dans deux écoles, il n'y a plus qu'un seul élève. C'est le cas d'Ônami, située à 57 km de la centrale, où un seul garçon de 11 ans vient en classe (l'école primaire dure 6 ans au Japon) et est en dernière année. Il y avait 41 élèves avant la catastrophe. Trois personnes sont là pour s'occuper de lui...

• Le séisme et le tsunami du 11 mars 2011 a généré 26 millions de tonnes de débris à Iwaté, Miyagi et Fukushima. Le gouvernement s'est donné pour but de tout ramasser pour mars 2014. L'objectif sera probablement atteint à Iwaté et Miyagi, mais pas à Fukushima où la radioactivité freine les travaux. Le devenir de ses débris n'est pas fixé non plus. Pour Iwaté et Miyagi, d'autres provinces en ont accepté 700 000 tonnes. Pas pour Fukushima.

• La pêche de tout petits poissons, comme des très jeunes sardines, a repris dans la province d'Ibaraki. Elle avait été suspendue après la découverte de spécimens très radioactifs. Ces poissons seront bouillis et séchés pour faire du "shirasu" avant d'être vendus. Ils seront contrôlés avant et après le process.

Lundi 6 mai :
• L'Asahi poursuit son enquête sur la décontamination bâclée alors qu'un Yakuza vient d'être condamné à Yamagata pour avoir détourné une partie de la paye des sous-traitants qu'il a envoyé faire le sale boulot. Il est très difficile d'évaluer l'ampleur de la main-mise de la pègre sur ces chantiers très lucratifs. Dans un contexte de pénurie de main d'oeuvre, les employeurs ne sont pas trop regardants. Il y a des dizaines de milliers de compagnies sous-traitantes impliquées dans les nombreux chantiers. Le cas de Yamagata avec condamnation était à un troisième niveau de sous-traitance.

• A peine plus de deux ans après le début de la catastrophe, un tiers des provinces japonaises (17) ont des projets de grosses centrales solaires. C'est une conséquence du nouveau tarif de rachat établi par le précédent gouvernement.

Vendredi 3 mai :
• Début du repiquage du riz à Hirono, pour la première fois depuis deux ans pour certains agriculteurs. Ils ont bon espoir que la moisson satisfasse aux normes.

Jeudi 2 mai :
TEPCo a trouvé du tritium dans de l'eau souterraine dans deux puits creusés à proximité de la mer. Il y avait du tritium dans deux puits sur huit. La concentration maximale est de 3 800 Bq/L. TEPCo souligne que ce ne doit pas être dû aux fuites dans les réservoirs, même s'il y a aussi du tritium dans l'eau souterraine à proximité des réservoirs.
Ce résultat n'est pas une surprise car l'on trouve régulièrement du tritium dans l'eau de mer à proximité de la centrale qui provient de fuites via l'eau souterraine.

• LA NRA va étudier les dégâts causé par le séisme lors de la catastrophe de Fukushima. Ce sujet est très polémique et les conclusions peuvent avoir un impact énorme sur le reste du parc nucléaire. Elle veut aussi compléter les enquêtes indépendantes sur l'accident qui ont laissé de nombreuses questions en suspend.

• Le Japon devrait vendre des réacteurs ATMEA en partenariat avec Areva à la Turquie et a signé un accord de coopération nucléaire avec les Emirats arabes unis. La Turquie est un pays très sismique. Quant aux Emirats, ils n'ont pas besoin de nucléaire pour leur approvisionnement énergétique.

Mercredi 1er mai :
• Sur les 10 compagnies d'électricité du Japon, qui se sont partagées le territoire, 8 sont dans le rouge lors de l'année fiscale 2012 (1er avril 2012 - 31 mars 2013) : les pertes cumulées s'élèvent à 1 560 milliards de yens (12 milliards d'euros). Pour quatre d'entre elles, il s'agit d'une perte record : Hokkaido Electric Power Co. (132,8 milliards de yens), Kansai Electric Power Co. (243,4 milliards de yens), Shikoku Electric Power Co. (42,8 milliards de yens) and Kyushu Electric Power Co. (332,4 milliards de yens). Le nucléaire représente environ 40% de leur production électrique.
Les seules à faire des bénéfices sont la compagnie d'électricité d'Okinawa qui n'a pas de nucléaire et Hokuriku Electric Power Co. qui n'a qu'une seule centrale nucléaire.
La maintenance des réacteurs nucléaires qui sont presque tous arrêtés a coûté 1 200 milliards de yens (preque 10 milliards d'euros) durant cette même année fiscale et ils n'ont presque rien produit... Les investissements pour mettre les réacteurs qui le peuvent aux nouvelles normes devrait coûter autant selon les compagnies.
Les tarifs d'électricité vendue par les compagnies d'électricité du Kansaï et de Kyûshû augmentent de 9,75% et 6,23% en moyenne pour les ménages à partir de ce jour. Leurs tarifs pour les entreprises ont été augmentés le mois précédent de de 17,26% et 11,94% en moyenne.

• La campagne "cool biz", qui consiste à ne plus mettre de cravate et à s'habiller moins chaudement pour aller travailler début à nouveau au Japon dans le but de réduire la climatisation. La climatisation ne devrait pas descendre en dessous de 28°C.

TEPCo a mis en ligne son dernier bilan de l'eau contaminée sur le site et a légèrement progressé dans la présentation de ses courbes.

Mardi 30 avril :
• Une étude scientifique (aussi ici, dans Nature) fait le point sur la contamination des poissons d'eau douce à Fukushima. Certains poissons comme les ayu, sont contaminés dans tout l'Est du Japon et jusqu'à Shizuoka, 400 km à l'Ouest de la centrale. La carte de la contamination est très étendue.
Ils ont une contamination moyenne en césium 137 seulement de 2 657 Bq/kg dans la rivière Mano au Nord-Ouest de la centrale. La contamination des poissons carnivores est deux fois plus élevée que celle des ayu qui sont hebivores.

TEPCo a présenté ses résultats financiers pour l'année fiscale 2012, qui s'est terminée le 31 mars 2013 : elle est encore dans le rouge avec une perte de 685 milliards de yens (5,3 milliards d'euros). La perte était de 781 milliards de yens lors de l'exercice précédent. Elle a provisionné plus de 1 000 milliards de yens (près de 10 milliards d'euros) d'indemnisation pour cette année, ce qui portera à 3 686,9milliards de yens (près de 30 milliards d'euros) la totalité des indemnisations depuis le début de la catastrophe.

TEPCo a mis en ligne les doses reçues par les personnes qui travaillent sur le site de Fukushima daï-ichi durant les mois de janvier, février et mars 2013. Ce sont toujours les sous-traitants qui prennent les doses les plus fortes car leur statut précaire ne les protège pas. Près de 27 000 personnes sont intervenues à la centrale accidentée.

Lundi 29 avril :
TEPCo a fini de transférer 4 600 m3 d'eau contaminée du réservoir n°1 vers une première cuve en surface. L'eau restante sera transférée ultérieurement, quand les tuyaux seront installés vers l'autre cuve.

Dimanche 28 avril :
• Les compagnies d'électricité travaillent sur le dossier de sûreté de certaines de leurs installations nucléaires pour tenter de décrocher un feu vert des autorités le plus rapidement possible. Elles pourraient soumettre leur demande dès juillet, une fois la nouvelle loi votée. KEPCo espère ainsi pouvoir démarrer rapidement deux réacteurs de sa centrale de Takahama (Fukui), Kyûshû Electric, sa centrale de Sendaï (Kagoshima) et Shikoku Electric celle de Ikata (Ehimé). On ne sait pas combien de temps il faudra pour les inspections et si les autorités locales donneront leur feu vert.

Samedi 27 avril :
• Le Maïnichi revient sur la surveillance de la thyroïde exercée par les autorités régionales de Fukushima et montre la frustration de la population. Il mentionne le cas d'une mère de Nihonmatsu qui a amené son garçon de 6 ans faire l'échographie officielle de la thyroïde : l'examen n'a duré que deux munite et elle n'a reçu aucune information, même si l'opérateur semblait avoir détecté quelque chose. Elle est donc aller refaire faire une échographie dans un hôpital. L'examen a duré 10 minutes et un nodule de 7 mm a été découvert. Son enfant devrait être classé dans la catégorie B qui implique un autre examen. Cependant, quand, un mois plus tard, elle a reçu les résultats officiel des autorités régionales, son fils était classé dans la catégorie A2, qui signifie qu'un suivi doit être fait, sans rien de plus. Aucune autre information n'est fournie. Elle a donc réclamé le rapport d'examen complet où il est mentionné un kyste de 1,6 mm et pas de nodule.
De plus, il apparaît que les examens officiels ne sont pas complets. L'Association japonaise d'échographie de la thyroïde et du sein préconise de contrôler 12 items lors d'un examen de la thyroïde. Les autorités régionales se sont toujours référées à ce guide dans leur communication, mais il s'avère que 4 items sur 12 ne sont pas contrôlés lors du dépistage officiel. Comme il y a 360 000 enfants à contrôler, le but des échographies est de faire un dépistage des cas les plus graves et pas un examen complet, afin de gagner du temps.
De nombreux parents sont choqués. Lors d'une réunion publique à Aïzuwakamatsu en mars dernier, les autorités ont expliqué que leur but était de rassurer les parents. Une mère a alors clairement expliqué que ce qu'elle attendait, ce n'était pas que les autorités la rassurent, mais la vérité. Elle tirera elle-même ses propres conclusions.
Des citoyens et des mairies commencent donc à s'organiser pour effectuer leurs propres examens thyroïdaux. C'est le cas en particulier de Motomiya et de Namié. Une association qui propose des examens thyroïdaux a aussi été créée à Iwaki. Comme pour la mesure de la radioactivité, les autorités n'ont plus le monopole.

TEPCo a creusé des puits d'accès à la nappe phréatique autour des réservoirs et a commencé à contrôler la contamination à partir du 24 avril. Résultat, elle a trouvé une contamination dans 13 puits sur 22. La valeur maximale est de 48 Bq/L en bêta total. Le 27 avril, il n'y avait plus que 2 puits sur 22 où la contamination dépasse le limite de détection. Puis, c'est passé à 0 puits.

Vendredi 26 avril, jour anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl :
• Pour gagner du temps, TEPCo a décidé de fabriquer elle-même les systèmes de filtrage des gaz qui pourraient être relachés en cas d'accident à sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa (Niigata). On ne sait pas qui va qualifier le système, ni comment. Elle espère être prête pour cet été et ce serait les premiers réacteurs à eau bouillante du Japon à être équipés.En espérant que le système soit plus robuste que ce qui a été fait à Fukushima...

• Une usine à légumes faisant de l'agriculture hors sol vient d'ouvrir à Kawauchi. Tout y est artificiel, même l'éclairage, mais la production est garantie sans césium. Il est prévu que d'ici 3 ans, elle fasse 2 500 m2 et produise 280 tonnes de laitues par an. Jusqu'à une centaine de légumes pourraient y être produits. La municipalité espère ainsi relancer la production agricole du village qui a été évacué et changer l'image des produits. Une partie de la commune est à moins de 20 km de la centrale.
La presse reprend les termes officiels de "nourriture saine" pour lutter contre les "rumeurs néfastes" et d'un "renouveau de l'agriculture dans les territoires contaminés".
L'usine a coûté 580 millions de yens.

Jeudi 25 avril :
• TEPCo a annoncé qu'elle avait arrêté volontairement le refroidissement de la piscine du réacteur n°3 à 9h39 pour pouvoir effectuer des travaux sur le circuit électrique. La coupure devrait durer 33 heures. La température de l'eau devrait augmenter de 5°C. Mais comme elle est de 16°C, cela ne devrait pas poser de problème. Elle fera de même avec le circuit électrique de la piscine du réacteur n°4 où la coupure devrait être de 9 heures.

• La compagnie Hokkaïdô Electric a demandé l'autorisation d'augmenter ses tarifs de 10,2% en moyenne pour les ménages. Les compagnies et industries, l'augmentation devrait être de 13,46% en moyenne et n'a pas besoin du feu vert du gouvernement.

• Le Yomiuri croit savoir que Mitsubishi et Areva ont remporté le contrat pour constuire 4 réacteurs nucléaires en Turquie. L'annonce officielle sera faite lors du déplacement du premier ministre japonais sur place. Le contrat pour les 4 réacteurs de moyenne puissance ATMEA serait de 2 000 milliards de yens (15,4 milliards d'euros). La centrale est située à Sinop sur la Mer Noire. Il s'agit d'une zone sismique...

• Nous en avions parlé le 14 avril, plusieurs familles avaient porté plainte au nom de leurs enfants pour obtenir le droit à évacuer avec compensations de la ville de Kôriyama, qu'ils considèrent trop contaminée. Elles avaient déjà été déboutées en décembre 2011 et avaient fait appel de la décision. Elles viennent à nouveau d'être déboutées.

• Le gouvernement a toujours 17 000 tonnes de riz contaminé sur les bras et ne sait pas quoi en faire. Il veut l'incinérer, mais les incinérateurs municipaux ne peuvent techniquement pas brûler des grains et il n'a pas trouvé d'installation privée qui l'accepterait. Et d'invoquer, comme toujours, le risque de "rumeurs néfastes". Un seul incinérateur privé a accepté, mais il n'a brûlé que 10% du stock.
Il y a deux tonnes de la moisson 2012 qui dépasse la norme de 100 Bq/kg pour les deux césium. Le reste provient de la moisson 2011 : à cette époque, quand la limite de 500 Bq/kg était dépassée dans une ferme, toute la récolte du district était interdite à la vente et stockée. Il s'avère, finalement, que 95% de ce riz avait une contamination inférieure à la limite.
De nombreux agriculteurs sont choqués par le fait que le riz qui satisfait aux normes soit traité comme un déchet. Ils proposent de l'utiliser pour le bétail ou pour faire du bio-carburant. Mais, comme les producteurs concernés ont déjà été indemnisés par TEPCo, le ministère de l'agriculture pense que c'est impossible : il n'y a pas d'autre choix que de le traiter comme un déchet.

• L'Autorité de sûreté nucléaire, la NRA, n'a pas autorisé les tests sur l'usine de "retraitement" des combustibles usés de Rokkashô-mura. Il faut attendre que les nouvelles règles de sûreté pour ce type d'installation soient établies et ce devrait être fait en décembre 2013. L'exploitant, qui n'a jamais réussi à faire fonctionner son usine depuis plus de 5 ans n'est plus à cela près. D'autant plus que le seul réacteur à utiliser du MOx (avec du plutonium recyclé) était le n°3 de Fukushima daï-ichi... 3 autres sont autorisés, mais on ne sait même pas s'ils vont redémarrer.

Mercredi 24 avril :
• Les Etats-Unis font pression contre le Japon à propos de l'usine de "retraitement" qui extrait le plutonium des combustibles usés. Comme il n'y a pas de plan pour utiliser le plutonium, les Etats-Unis s'inquiètent des risques de prolifération. Cela rendrait moins crédibles les pressions vers l'Iran et la Corée du Nord.
L'exploitant prétend pouvoir démarrer son usine en octobre 2013. Mais cela fait plus de 5 ans qu'elle doit démarrer dans six mois... Et comme il lui faudra la renforcer pour satisfaire aux nouvelles règles de sûreté, cette annonce n'est pas plus crédible que les précédentes. Cependant, même à plus long terme, la question de l'utilité de cette usine se pose.
En France, moins de 4% de ce qui sort des centrales est recyclé, le reste est classé en "matières recyclables", même si ce n'est pas recyclé. C'est donc avant tout une usine de blanchiment qui permet de ne pas classer ce qui sort des centrales en déchets, même si aucune technologie n'existe actuellement pour le recyclage.

• La compagnie d'électricité, Tôhoku Electric, prépare une demande d'indemnisation de plus de 20 milliards de yens (154 millions d'euros) suite à la catastrophe nucléaire. Cette compagnie fournit la région de Fukushima et elle a enregistré une baisse de 10% de la demande en 2011. Son projet de centrale nucléaire à Namié-Odaka, à 10 km de Fukushima daï-ichi, a aussi dû être abandonné. Elle y avait déjà investi 18,5 milliards de yens (142 millions d'euros). Elle a aussi perdu deux centres à Tomioka et Namié, villes évacuées.
Alors que les compagnies d'électricité ont promu le nucléaire ensemble, une telle attitude est surprenante. Elles aussi contruit en commun certains réacteurs (le n°1 de Kashiwazaki-Kariwa et le n°1 de Higashidôri). Leurs zones de vente étant contigües, elles se sont souvent échangé de l'électricité.
Suite à un accord avec le syndicat maison, Tôhoku Electric ne donnera pas de prime à ces employés cet été, pour la première fois de son histoire. La compagnie a été créée en 1951.

• La maire de Minami-Sôma, K. Sakuraï, a fait le bilan des 3 catastrophes qui ont frappé sa ville en 2011 devant la délégation des 3 CLI du Nord-Cotentin :
- il y avait 71 000 habitants avant la catastrophe. Ce nombre est descendu à 10 000 et est actuellement de 46 000. 25 000 autres ne sont pas revenus.
- le tsunami a entraîné le décès de 686 habitants. 406 autres, des personnes âgées essentiellement, sont décédées suite à l'évacuation forcée qui a fait suite à la catastrophe nucléaire.

Dernier bilan officiel du stock d'eau contaminée. TEPCo continue à vider le réservoir n°1 quand il fait jour.

Mardi 23 avril :
• Selon le Yomiuri, il y a 389 balises de mesure de la radioactivité dans le pays, situées dans un rayon de 30 km des installations nucléaires, mais 40% d'entre elles (160) n'ont pas de générateur électrique de secours. Et de montrer le cas d'une balise nouvellement installée à 11 km de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa (Niigata). Les câbles électriques sont prêts, mais il n'y a pas de générateur ou batterie de secours.
De nombreuses autres balises sont équipées de batteries de secours qui ont une autonomie très courte, de quelques minutes. Elles peuvent faire face à une coupure électrique due à l'orage, par exemple, mais pas à un arrêt prolongé. Pour les autres, l'autonomie varie de 1 à 7 jours en fonction des cas.
Selon les nouvelles règles, c'est le gouvernement qui a la charge des balises, mais il s'est déchargé sur les pouvoirs locaux pour leur installation. Un responsable de la province de Niigata explique que les fonds versés ne permettent pas de financer le générateur électrique...
En 2012, le gouvernement a débloqué 8,9 millions de yens (89 000 euros) pour augmenter le nombre de balises qui est passé de 162 à 389.
Dans la province de Shimané, deux nouvelles balises ont été installées suite à l'extension de la zone d'évacuation à 30 km : aucune n'a de générateur de secours et elles saturent à 10 microsieverts par heure alors que le seuil d'évacuation immédiate est de 500 microsieverts par heure... Les autorités régionales prévoient l'utilisation de véhicules équipés pour faire face à la situation, ce qui entraînera l'exposition des conducteurs en cas d'accident.
Il n'y a pas d'instructions spécifiques pour ces balises et chaque province se débrouille comme elle peut.

• Le gouvernement a approuvé un projet de loi qui reporte la date limite pour porter plainte contre TEPCo afin d'être indemnisé. Comme il y a actuellement prescription au bout de 3 ans que la moitié des 6 000 dossiers de réclamation n'ont pas encore été résolus, le gouvernement prévoit d'autoriser les personnes concernées à porter plainte dans un délai d'un mois après l'échec de la demande de compensation. Un mois, c'est court pour préparer un dossier de plainte.

• Le maire d'Ôsaka va continuer à plaider la sortie du nucléaire lors de la prochaine AG des actionnaires de KEPCo qui aura lieu en juin. Mais ce ne sera pas lui qui représentera la municipalité, premier actionnaire, à l'AG.

• Contrairement au réacteur n°4 où ce sont des humains qui ont démantelé la partie supérieure du réacteur, ce n'est pas possible pour les autres réacteurs à cause des combustibles fondus qui irradient tout. Le démantèlement du réacteur n°3 se fait donc avec des grues télécommandées. TEPCo a réussi à dégager le haut de la pisicine de combustibles usés et a mis une protection. Des photos et explications en anglais sont en ligne.

• TEPCo a trouvé un repreneur pour le combustible MOx en France prévu pour son réacteur n°3 de Fukushima daï-ichi : une compagnie allemande. En échange, TEPCo aurait récupéré l'équivalent en plutonium au Royaume-Uni où il restera longtemps. Et c'est sans vergogne que TEPCo prétend ainsi oeuvrer en faveur de la "promotion des utilisations pacifiques du plutonium ainsi que d'une utilisation efficace des ressources énergétiques". C'est beau, un tel dévouement ! 400 kg de plutonium ont été échangés, mais on ne connaît pas le coût de la transaction.
La compagnie possède maintenant 2,1 tonnes de plutonium en France et 5,3 tonnes en Grande-Bretagne.

TEPCo a commencé à transvaser l'eau contaminée du réservoir n°1 vers une cuve en surface.

Lundi 22 avril :
• Les autorités régionales de Fukushima ont toujours refusé de publier les données détaillées des résultats des échographies de la thyroïde qu'elles effectuent. En particulier, elles refusent de donner les résultats par municipalité pour ne pas stigmatiser une commune plutôt qu'une autre et ses habitants. Cependant, selon le Maïnichi, une ONG a obtenu ces données commune par commune, en s'adressant à la commission d'accès aux documents administratifs, mais ne les a pas publiées. Elles font apparaître de fortes disparités. La proportion d'enfants classés A2, qui ont des nodules inférieurs à 5 mm, varie de 25,2 à 41,6%. Pour les enfants classés B, avec un nodule plus grand que 5 mm, mais qui ne nécessite pas d'examen médical supplémentaire, ce taux varie de 0 à 1,7% selon les communes.
L'ONG a les données depuis janvier 2013, mais en février 2013, lors de la présentation des derniers résultats officiels, le prof. Shin'ichi Suzuki, qui pilote l'étude, a refusé de donner de tels détails.

• TEPCo a trouvé à 10h13 deux cadavres de souris dans un transformateur électrique lié au réacteur n°2. Elle a dû couper le courant pour enlever les cadavres et vérifier le circuit électrique. Le système de refroidissement de la piscine de combustibles du réacteur n°2 a donc été suspendu à 11h36. La température de l'eau est de 13,6°C et TEPCo a du temps avant qu'elle atteigne un température trop élevée. L'échauffement serait de 0,187°C/h. Une présentation avec des photos est ici en anglais. Le refroidissement a repris à 15h48.
Une autre présentation bilan avec photos est ici en anglais.

• La présentation du 17 avril dernier du président de TEPCo à propos des fuites des réservoirs et des solutions apportées est maintenant disponible en anglais. TEPCo a continué de pomper l'eau du réservoir n°2 vers une cuve en surface pendant le jour. Elle s'est arrêtée à 9h53 après avoir transféré 1 070 m3. Elle va bientôt pomper l'eau du réservoir n°1 vers la même cuve.
Elle continue aussi à pomper l'eau qui a fui pour la remettre dans les réservoirs percés.

Dernière liste officielle des restrictions alimentaires.

• L'AIEA a rendu ses conclusions aux autorités japonaises et tenu une conférence de presse. Le communiqué lénifiant est ici en anglais. La presse française, qui reprend l'AFP, et la presse japonaise n'ont pas retenu la même chose. Pour la presse française, « l’eau accumulée sur le site est le plus gros problème (...) il faut une stratégie complète nouvelle pour gérer cette énorme quantité. Il faut renforcer le contrôle des risques de fuites ». Et d'ajouter que « Tepco doit poursuivre ses efforts pour améliorer la fiabilité des systèmes essentiels, pour évaluer l’intégrité des installations et pour élever la protection vis-à-vis des risques extérieurs ». Bref, que des évidences. Pas besoin d'être un expert de l'AIEA pour savoir cela.
La presse japonaise a plutôt retenu qu'« il sera presque impossible de garantir le temps du démantèlement d’une installation si complexe en moins de 30 ou 40 ans, comme cela est actuellement défini dans la feuille de route ». Un autre évidence qui mérite d'être rappelée.

• L'Asahi a fait mesurer par le CRMS, un réseau de stations de mesures citoyennes à Fukushima, de la boue de deux piscines scolaires de la ville de Fukushima et d'une de Minami-Sôma. Ces piscines n'ont pas été vidées depuis le 11 mars 2011. La contamination dépasse les 100 000 Bq/kg à Fukushima et les 8 000 Bq/kg à Minami-Sôma. Ces boues doivent être traitées comme des déchets radioactifs, et même comme des déchets spéciaux à Fukushima. Le débit de dose à proximité des piscines ne dépasse pas le niveau ambiant car l'eau atténue le rayonnement.
63 des 70 piscines scolaires de la province ont été vidées et l'eau rejetée dans la rivière ou des canaux d'irrigation. Quant aux boues collectées, elles n'ont pas eu droit à un traitement spécial. Les autorités avaient vérifié l'eau avant de la rejeter, mais pas la boue.

• Des élections municipales ont porté au pouvoir des maires opposés au redémarrage de la centrale de Hamaoka, située dans la province de Shizuoka. Cela porte à 4, le nombre de municipalités officiellement opposées au redémarrage.
La compagnie, Chubu Electric, continue à investir massivement dans sa centrale et espère pouvoir la redémarrer après 2015.

Suivi chronologique
Les archives de ce suivi sont dans d'autres fichiers, classées chronologiquement par thème. Elles ont été rédigée en direct, au jour le jour. Je les laisse ainsi, avec toutes les fautes de frappes, un français parfois approximatif et les liens qui ne sont peut-être plus valables. Car ce travail est entièrement fait bénévolement.
Les archives de l'an I sont ici.
Les archives de l'an II sont ici.
Les archives de l'an III sont ici.

Nous continuons aussi la reconstitution des premières heures de l'accident en fonction des information glanées ça et là. C'est ici en français.

Nous avons aussi rédigé deux rapports qui font un bilan de la première année de la catastophe :
- Rapport sur les initiatives citoyennes au Japon suite à la catastrophe de Fukushima, février 2012 (pdf, 1,4 Mo)

- Les enseignements de Fukushima : Contribution de l'ACRO au rapport de Greenpeace International, février 2012 (pdf, 4,6 Mo). Une version anglaise, espagnole et allemande sont aussi disponibles.


Ce qui pécède, est essentiellement basé sur la presse japonaise, quelques blogs et sites officiels pertinents, ainsi que sur des informations transmises directement par quelques personnes avec qui nous sommes en contact.



Autres sources d'information :

De nombreux autres sites Internet suivent l'évolution en continu de la catastrophe nucléaire :
- au Japon, mais en anglais, par Greenaction à Kyoto, association avec laquelle nous avons des liens très serrés ;
- au Japon, et toujours en anglais, EX-SKF, qui épluche et traduit la presse japonaise ;
- en France, Enerwebwatch, qui recense tout ce qui apparaît sur internet ;
- en France encore, le blog de Fukushima et génération 4 qui font un suivi régulier avec un oeil critique ;
- en France toujours, Information Fukushima qui ratisse la toile ; fukushima-is-still-news qui collecte les articles de la presse japonaise en anglais
- en France, Dissensus Japan met en ligne des vidéos sous-titrées en français et/ou anglais.
- en Suisse, un suivi est fait par 2000watts.org ;
- au Etats-Unis, le New York Times ;
- en France, l'ASN et l'IRSN ;
- au niveau international, l'AIEA.


La centrale accidentée est déjà visible sur google-earth.
Une webcam permet de voir le site de la centrale.
Les photos fournies à la presse par TEPCo sont ici.
Des images satellites de la centrale avant et pendant la catastrophe sont disponibles ici.
Des photos aériennes de grande qualité sont disponibles ici.
Les photos du quotidien Asahi sont visibles ici et les archives des jours précédents ici.
Une vidéo prise par un drone peut être visualisée en trois parties ici
Des photos prises par une personne sur place sont disponibles ici.
Photos en ligne de Kazuma Obara sur les environs de la centrale de Fukushima daï-ichi et les manifestations contre le redémarrage des centrales nucléaires.

Les débits de dose sur le site de la centrale sont disponibles ici. Les autres données sont regroupées ici.

Les conditions météo sur place peuvent être consultées en français ici.

Tous les tremblements de terre qui ont eu lieu au Japon depuis le 11 mars sont répertoriés ici. Il y en a eu plus de 1 700.
Une vidéo recense tous les séismes de l'année 2011 en anglais et japonais.
Le site officiel de prévision des risques sismiques est ici en anglais.

De nombreuses données sismiques sont disponibles ici.

Des images satellites et une cartographie de l'impact du tsunami sont disponibles ici.

TEPCo avait falsifié des données importantes pour la sûreté dans la passé. Voir l'article de l'ACRO à ce sujet et un reportage de la télévision japonaise sur Youtube, sous-titré en anglais si l'on clique sur cc.

Articles de l'ACRO en ligne

pour comprendre la radioactivité :
- La radioactivité expliquée aux enfants, suivie de la mesure de la radioactivité expliquée aux enfants (2011)
- Notions de base de radioactivité, fiche technique
- La contamination et l'irradiation, fiche technique
- Exposé sur la radioactivité et ses effets (pdf, 2011)
- Définition des zones contaminées en Biélorussie (1991) Plus de détails ici

et sur des évènements passés au Japon :
- A propos des falsifications de TEPCo dans le passé
- A propos de l'accident de Tokai-mura le 30 septembre 1999
- A propos du tremblement de terre de 2007 et de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa (juin 2008)

 
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