Dans le cadre d’une action humanitaire,
axée sur la santé, menée dans le sud-est de la
Biélorussie par L’Agence pour le Développement et la
Coopération Suisse, s’est clairement identifié la
nécessité de mettre en place une surveillance de la
radioactivité avec des moyens locaux de mesure. Ce besoin,
exprimé à l‘origine par quelques habitants de la
région, s’est accompagné d’une volonté de se
regrouper afin d’unir collectivement leurs efforts en fondant une
association. Un tel regroupement de citoyens sous un statut
légal constitue une nouveauté dans un pays où
toute initiative personnelle a longtemps été
considérée d’un mauvais œil. Après avoir franchi
les barrières administratives, Rastok Gesne, en français
« pousses de vie », est née en octobre 2003.
L’association regroupe maintenant une vingtaine de
bénévoles : mères de famille, personnel de
santé, enseignants…
«
Travailler avec les gens et non pour eux… »

|
La participation de l’ACRO
à ce projet, dans l’une des régions les plus
contaminées de Biélorussie, vise à accompagner
cette toute nouvelle
association sur le volet méthodologique et organisationnel. Le
projet a
pour but de mettre en place une surveillance de la contamination et de
développer la promotion d’une culture radiologique pratique,
essentiellement tournée vers les jeunes enfants, les
mères de famille
et les femmes enceintes. Il s’agit concrètement de mettre du
matériel
de mesure (dosimètres et radiamètres) à la
disposition de la population
et de pratiquer une mesure régulière (2 fois par an) de
la
contamination interne des enfants scolarisés dans les
écoles du
district. Les problèmes logistiques sont assurés par
l’institut
indépendant de mesure BELRAD dirigé par le professeur
Nesterenko : mise
en service des postes de mesure et formation des dosimétristes.
L’institut assure également les opérations de mesure
anthropogammamétriques (dosage du césium 137 dans le
corps entier à
l’aide de simple siège muni de détecteurs) avec des
laboratoires
ambulants. La particularité de ce projet est de confier la
coordination
aux habitants eux mêmes, via l’association « pousses de vie
». Il ne
s’agit donc pas de mesurer « pour » eux mais « avec
» eux pour qu’ils
puissent poursuivre ce projet en toute autonomie. |
Le
projet
Cette initiative se développe dans le cadre du
programme international,
CORE
(COopération pour la
Rehabilitation des conditions de vie dans les territoires
contaminés de Biélorussie) qui regroupe des projets
menés sur 4 des districts les plus contaminés de
Biélorussie et basés sur 4 thèmes :
- la santé,
- la mesure,
- l’éducation et la transmission
intergénérationnelle et internationale de la
mémoire,
- l’agriculture.
Il ne s’agit en aucun cas de promouvoir la vie dans les
territoires contaminés mais de contribuer a améliorer les
conditions de vie au travers de projets impliquant la population elle
même.
Ainsi, pour être retenus et promus, les projets doivent prendre
en compte les dimensions locale, nationale et internationale.
Concrètement, la demande doit être locale, l’habilitation
nationale et les partenariats internationaux.
Une déclaration de principe a été signé par
23 institutions internationales gouvernementales et non
gouvernementales comme les Nations Unies (PNUD), l’UNESCO, la
Commission Européenne, les états français,
italiens, allemands, suisse, de Grande Bretagne, suédois, de
république tchèque, de Lituanie (liste non exhaustive).
En France une douzaine d’institutions gouvernementales et non
gouvernementales sont partenaires de l’un des projets : l’institut de
radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), le
ministère de l’agriculture, le centre d’études pour
l’évaluation de la protection dans le domaine de protection
nucléaire (CEPN), Mutadis, cabinet de conseil dans la gestion du
risque, Médecins du Monde, l’ACRO, la Formation pour
l’Epanouissement et le Renouveau de la Terre (FERT), Patrimoine Sans
Frontières (PSF), Graine Environnement, le Lycée du Bois
d’Amour de Poitiers etc. Faute de financement suffisant mais aussi de
demande locale identifiée, les quatre volets ne sont pas
actuellement tous mis en place dans les quatre districts, leur
complémentarité est pourtant évidente et
essentielle. La plupart des projets, prévus pour cinq ans, ne
sont pour l’instant financés que pour trois ans. Dans le cas de
notre projet « mesure », mis en place dans le district le
plus isolé et le plus contaminé de Biélorussie, le
financeur est le Ministère des affaires étrangères
Suisse. Les dépenses concernent essentiellement les achats de
matériels (dosimètres, postes de mesure pour doser le
césium dans les aliments, achats d’ordinateurs, salaires des
dosimétristes, campagnes de mesure de la contamination des
enfants…). A l’exception de nos frais de mission, notre participation
est bénévole. Notre intervention génère
même un coût pour l’ACRO : mise à disposition d’une
salariée, analyses diverses sur des échantillons
prélevés sur place.
Si
près de la zone d’exclusion
Le district de Bragin
située au sud-est de la Biélorussie
constitue le territoire le plus contaminé du pays. Il est
délimité à l’est et au sud par la frontière
avec l’Ukraine et à l’ouest avec la zone d’exclusion des trente
kilomètres autour de la centrale de Tchernobyl. Les principales
communes de la région sont : Bragin (2400 habitants dont 700
enfants scolarisés), Komaryn (2500 habitants, dont 850
scolaires), Krasnoyé (450 habitants dont 160 scolaires), Dublin
(390 habitants dont 80 scolaires), Krakovichi (530 habitants et 180
scolaires), Mikulichi (220 habitants et 80 scolaires). La ville de
Bragin, que la situation géographique plaçait sous les
vents dominants le jour de la catastrophe est la plus contaminée
du district. On y relève par endroits un débit de dose
ambiant de cinq à sept fois le bruit de fond ordinaire.
Près de la moitié du district initial de Bragin se
retrouve classée dans la zone d’exclusion. Une fusion regroupe,
depuis l’exode, Bragin et Komarin qui étaient auparavant deux
entités séparées.
|

|
Cette promiscuité avec le « No man’s Land », la zone
d’exclusion, est ce qui nous a le plus marqué lors de
notre première mission en février 2004. Comment
vivre si près d’une zone invivable ? Munis d’un laissez-passer
en bonne et due forme, nous avons eu l’occasion de visiter la zone
interdite. Avec la neige, épaisse à cette époque
hivernale, l’impression d’abandon, de désolation était
encore plus forte : villages fantômes, objets abandonnés
çà et là comme si l’on était partis
en pensant revenir… Les ressorts d’un sommier dépassaient de la
neige, à proximité des traces de loups. La neige ne nous
a pas permis de réaliser des mesures de débit de dose
ambiant acceptables. Nous avons quand même réussi à
prélever avec les moyens du bord un peu de terre gelée
pour l’analyser en laboratoire. De toutes façons, nous sentions
bien que l’essentiel à ce moment là n’était pas de
mesurer ni même de prélever. Devant nos yeux
s’élevait la vision terrible d’un gâchis
écologique, résultat de la folie de l’homme et de sa
croyance aveugle envers la technologie. Le retour à Bragin fut
difficile. Là, des enfants jouaient dans la rue, à
proximité de l’aire de jeux. Nous n’avions pourtant parcouru que
cinq kilomètres !
«
Si nous voulons décider de vivre ici, c’est à nous de
définir les critères pour le faire »

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Notre rencontre avec
Tatiana, la présidente de l’association
« pousses de vie », nous a révélé le
sens de notre action dans ce projet. Même si la notion de «
choix » est discutable, la réalité reste que des
gens habitent et vivent dans ces territoires contaminés.
Certains sont restés, d'autres n'ont pas pu partir, d’autres
encore sont revenus. Ceux que nous avons rencontrés se
préoccupent de leur sort et de l’état de santé de
leurs enfants. Nous avons appris que des personnes issues des flux
d’immigration fuyant la guerre, la famine (réfugiés
Tchétchènes, Kazaques…, gitans) viennent de plus en plus
nombreux s’installer jusque dans la zone d’exclusion, squattant des
maisons laissées à l’abandon. Comment dans ce cas, faire
prendre conscience des dangers à moyen terme à des
populations préoccupées par leur survie au jour le jour
et qui ignorent cependant pour la plupart la nature et les effets du
danger qui les entoure ? Nous avons pu mesurer l’illusion qui consiste
à penser qu’on peut faire se déplacer des populations
entières. Qu’ils soient restés ou revenus, que leur
décision relève ou non d’un choix et que celui-ci soit
éclairé ou non, des gens habitent ces territoires et
doivent gérer leur vie dans un environnement hostile où
le danger est imperceptible par les sens. Une telle situation semble
certes inacceptable ; certains l’ont choisie, la plupart veulent
apprendre à la gérer. L’ACRO n’a pas les moyens de
provoquer une évacuation autoritaire ni de proposer des zones de
vie alternatives. Avec nos faibles moyens nous tentons d’aider la
population à prendre son destin en main.
Tatiana est infirmière chef au dispensaire de son village de
Krasnoyé. Pour elle, la naissance de l’association
résulte de l’émergence d’une volonté d’individus
qui, comme elle, veulent prendre en charge leurs destins et comprendre
la situation afin d’en limiter les conséquences. « Nous ne
pensons pas assez à la Terre que nous allons laisser à
nos enfants ! Si nous avons décidé de vivre ici, il nous
faut établir nous-mêmes les critères pour le faire
et créer les conditions de notre survie ». Nous avons
longuement discuté ce soir là, jusque tard dans la nuit.
Le rapprochement était facile à faire entre ce que nous
percevions ici et ce qui avait provoqué la naissance de l’ACRO
en France. Produit de la désinformation et d’une prise de
conscience citoyenne des dangers que font peser l’industrie
nucléaire, l’ACRO est en effet née de la catastrophe de
Tchernobyl et voilà que dix-huit ans après, nous
retournons, avec notre expérience, accompagner la
création d’une structure similaire, fondée sur les
mêmes racines et orientée vers les mêmes buts : le
droit pour les gens d’accéder à la connaissance afin de
pouvoir éclairer ses propres choix et décider de ses
actions.
|
Lors de notre premier séjour, nous avons vu beaucoup de visages
inquiets, des interrogations « à quoi bon savoir, s’il n’y
a pas de solution, si on ne peut rien faire ». Néanmoins,
l’accueil chaleureux qui nous était partout
réservé tranchait avec les températures hivernales
(jusqu’à – 25°C) et le « confort » pour le moins
précaire du petit hôtel de Bragin dans lequel le chauffage
était quasi-inexistant et l’eau définitivement glaciale.
Premières
actions concrètes
Dès notre premier voyage en février, nous avions
apporté six radiamétres, achetés en
Biélorussie, pour la mesure du rayonnement ambiant. Nous les
avons confiés à la présidente de « Pousses
de vie » afin qu’elle les distribue et qu’ils soient mis à
la disposition des gens dans les villages.
Lors de notre deuxième mission en avril, deux postes de mesures
ont été installés par les personnels de l’institut
BELRAD à l’hôpital de Bragin et au dispensaire de
Krasnoyé. Piotr, le nouveau dosimétriste venait de
recevoir une formation à l’institut du Professeur Nesterenko .
C’est lui qui, à Krasnoyé, se chargera des mesures sur
les produits apportés par les villageois. Dés le premier
jour, du lait de vache, du lait de chèvre, des carottes, des
pommes de terre et des champignons, de la cendre, ont été
apportés dans le nouveau laboratoire du dispensaire pour
être mesurés. L’opération dure environ dix minutes
par échantillon et chacun repart avec les résultats des
mesures et une appréciation de la qualité sanitaire des
produits. La mesure est effectuée sur les produits locaux de
consommation. Elle permet un classement des produits sensibles : lait,
viande, produits du potager, gibier, champignons, baies…, qui doivent
être suivis régulièrement. Ainsi, par exemple la
qualité du lait, produit de consommation courante, va
dépendre de la saison et de la qualité des près
où ira paître la vache. Il arrive ainsi que, par manque de
réserve suffisante de fourrage propre pour l’hiver, du foin
très contaminé soit coupé dans la zone
d’exclusion. Il faut alors conseiller de donner le foin propre à
la vache laitière plutôt qu’au cheval de trait.
L’idée du projet est de faire progresser la connaissance de
l’état radiologique de l’environnement et des produits
alimentaires aux niveaux individuel et collectif. En effet, Les
analyses radiotoxycologiques réalisées par l’ACRO (cf
ACROnique n°64) auprès des enfants biélorusses en
séjour à Caen et originaires d’un même village ont
mis en évidence une grande disparité prouvant
l’importance de limiter à la source l’ingestion de
radioéléments artificiels. Pour ce faire, il est
important de mesurer la contamination qu’il y a dans son lait, ses
légumes pour ensuite se situer par rapport à son village
puis sa région. L’objectif premier de l’association est de
susciter, chez les habitants, l’envie et le besoin de faire mesurer les
produits avant de les consommer. Tous semblent convaincus que le
succès de cette opération de promotion d’une culture
radiologique pratique ne pourra être obtenu qu’à partir
d’une connaissance précise des niveaux de contamination et d’une
mise en lien étroit avec les professionnels de la santé
et de l’éducation.
Pour qu’une association touche une population la plus large possible,
il lui faut tisser des liens. « Pousses de vie » y
contribue en créant et animant des rencontres d’information mais
aussi de formation à « la vie saine ». Ces
interventions sont proposées aux mères et aux femmes
enceintes du district. En février un séminaire de
lancement de l’opération qui réunissait les porteurs de
projet, les autorités politiques et administratives et les
financeurs s’est tenu à l’hôpital de Bragin. Les
discussions ont fait apparaître que pour tisser une toile plus
grande et plus solide, il serait intéressant de travailler avec
les écoles et les services sociaux afin d’initier des projets
où les enfants pourraient prendre en charge eux-mêmes les
actions : mesures des aliments, réalisation de cartographies
présentant les niveaux de rayonnement ambiant à
l’échelle de leur école, de leur hameau, du village.
L’objectif viserait à favoriser la formation directe des enfants
qui représentent la population la plus exposée d’un point
de vue sanitaire. Par ailleurs, on peut penser que de telles actions
contribueraient à la sensibilisation et à l’apprentissage
des adultes qu’ils côtoient au quotidien. Les premières
discussions que nous avons eues avec les équipes d’enseignants
de deux écoles que nous avons visitées ont
révélé une réelle volonté de mener
de telles actions avec les élèves et un besoin de
formation transversale pour les mener en équipe
pluridisciplinaire. Nous avons également évoqué
des possibilités de jumelages avec des écoles
françaises où les thèmes du risque ou l’initiation
au contrôle de la radioactivité ont été
abordés de cette manière. Les premiers contacts pris avec
les écoles correspondantes en Basse-Normandie ont abouti
à des déclarations d’intention favorables à la
mise en place de tels jumelages. Les échanges entre les enfants
français et les biélorusses serait alors doublement
enrichissants. Nous avons proposé de part et d’autre de
poursuivre cet axe de projet afin de tester concrètement
l’idée avec les écoles de Basse-Normandie qui se sont
déclarées intéressées par ces actions.
Pendant notre dernière mission, l’institut BELRAD de Minsk
démarrait la campagne de mesures anthropogammamétriques
sur l’ensemble des enfants des écoles du district. Grâce
à ses laboratoires mobiles, l’institut parvient à mesurer
l’état de contamination interne d’une soixantaine
d’élèves par matinée. Un siège,
embarqué dans un véhicule automobile, mis au point par le
professeur Nesterenko, permet de mesurer la quantité de
césium 137 dans le corps entier. Des réunions,
organisées le soir même, ont permis de discuter des
résultats avec les familles dont les enfants présentent
les seuils les plus élevés. La contamination de
l’organisme provient essentiellement de l’ingestion quotidienne
d’aliments moyennement contaminés (par exemple du lait à
50 Bq/L en césium 137), ou de la consommation occasionnelle de
produits de la forêt, très fortement contaminés.
Ces derniers, champignons à plus de 10 000 becquerels par kg
sec, baies sauvages..., sont encore récoltés par
tradition dans la région. On voit ici l’importance, pour
comprendre la situation et pour répondre aux interrogations des
familles, de pratiquer aux mesures des produits quotidiennement
consommés par le foyer. Pour le professeur Nesterenko, et
d’après les travaux du professeur Bandajevski, une concentration
supérieure à 20 Becquerel par kilogramme de son poids
doit déjà être considérée comme une
situation préoccupante chez un enfant.
Il est difficile d’imaginer que, 18 ans après la catastrophe, il
soit toujours nécessaire de faire attention aux produits que
l’on mange, aux lieux où l’on se promène. Un examen des
mesures pratiquées sur les enfants pendant la campagne d’automne
a clairement montré que les trois enfants qui
présentaient les taux de contamination les plus
élevés, plus de 200 Bq/kg, appartenaient à une
famille socialement défavorisée.
Nous avons emporté, au retour de février, des
échantillons de lait et de pommes de terre afin de faire
réaliser des dosages de strontium. En effet, ce contaminant,
rejeté avec le césium au moment de l’accident, est plus
difficile à mesurer car non détectable avec des compteurs
classiques. Le strontium 90 (90Sr) est un émetteur bêta
pur, il ne peut être mesuré avec des détecteurs
classiques et doit être isolé chimiquement afin
d’être dosé avec un compteur spécifique.
Faute de moyens, notre laboratoire ne pratique pas cette mesure.
Pourtant du fait de la similitude de ses propriétés
chimiques avec le calcium, le strontium peut contribuer fortement
à l’impact sanitaire lié à la contamination de
l’organisme.
Des
boutures ?
Nous sommes fiers d’accompagner l’association « pousses de vie
» et d’en favoriser le développement et peut être
ses boutures et ramifications. Des souhaits ont été
formulés dans d’autres districts de la Biélorussie pour
fonder des associations de ce type afin de pérenniser des
dispositifs qui, après avoir fonctionné quelques
années et faute d’appui de la part d’un collectif, se sont
épuisés ou n’ont pu faire face aux problèmes de
maintenance du matériel ou du remplacement des
dosimétristes. Le contexte politique Biélorusse ne
facilite pas ces créations mais nous espérons que de
nouvelles initiatives vont voir le jour. La première association
a rédigé des statuts qui devraient permettre la
création d’antennes au cas où les nouvelles initiatives
seraient empêchées. Notre implication dans ce projet est
avant tout humanitaire, dans un domaine qui nous est propre. La notion
d’échange est cependant celle qui gouverne avant tout cette
action car avons beaucoup de chose à apprendre, afin de
transmettre et témoigner de la situation et des conditions de
vie rencontrées là-bas, autour de nous, dans notre
région, identifiée par les chercheurs du LASAR
(Laboratoire d’Analyse Sociologique et Anthropologique du Risque de
l’Université de Caen) comme la plus nucléarisée au
monde.
Tableau 1 : Concentrations en
césium 137 mesurées sur place dans les produits
apportés par les villageois de Krasnoyé ; district de
Braggin ; Biélorussie.
Nature
|
Concentration
en Cs137
|
Champignons
secs
|
10 000
Bq/kg sec
|
Lait
de vache
|
48 Bq/L
|
Lait
de vache
|
36 Bq/L
|
Lait
de chèvre
|
< 7
Bq/L
|
Carottes
|
< 7
Bq/kg frais
|
Pommes
de terre
|
< 7
Bq/kg frais
|
Cendres
de cheminée
|
5 200
Bq/kg
|
Tableau 2 : Concentrations (Bq/kg
sec) en radionucléides émetteurs gamma mesurées
par l’ACRO dans la terre prélevée au mois de
février 2004 en zone interdite, en frontière du district
de Braggin ; Biélorussie.
Lieu
|
Zone
interdite
|
Distance/émissaire
|
<30 km
|
| Direction/émissaire |
Nord Est
|
Pays
|
Bélarus
|
Date
|
16
février 2004
|
Nature
|
Sol
|
Poids sec / poids frais
|
65%
|
Densité analysée
|
1,1
|
Quantité analysée
|
530g
|
Radionucléïdes
artificiels
|
Bq/kg
sec
|
134 Cs
|
4,9 ±
0,9
|
137 Cs
|
2278
± 265
|
154 Eu
|
4,4 ±
1,5
|
155 Eu
|
< 4,1
|
241 Am
|
14 ± 3
|
Radionucléïdes
naturels
|
Bq/kg
sec |
214 Pb
|
14 ± 4
|
228 Ac
|
17 ± 4
|
212 Pb
|
16 ± 3
|
40 K
|
350 ±
44
|